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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 00:01

Pendant la Seconde Guerre mondiale, des centaines de milliers de jeunes femmes asiatiques, dont de nombreuses Coréennes, ont été forcées de prostituer dans les bordels militaires japonais ou soumises aux travaux forcés dans les usines japonaises. Sept coréennes dont la jeunesse a été ainsi volée ont dû subir une nouvelle humiliation fin 2009 : à l'issue d'un procès de onze années, elles ont été indemnisées par le gouvernement japonais... à hauteur de 1 dollar américain. Alors que la lutte se poursuit, y compris sur le terrain judiciaire, cette aumône indigne a suscité une vague de protestations dans toute l'opinion publique coréenne, au Sud comme au Nord de la péninsule.

99-yen.jpg

Soumise aux travaux forcés dans les usines du groupe japonais Mitsubishi pendant la Seconde Guerre mondiale,

la Sud-Coréenne Yang Geum-deok (81 ans) exprime sa détresse au cours d'une manifestation

devant l'ambassade du Japon à Séoul, le 24 décembre 2009  (photo : Associated Press)

 

 

Le 24 décembre 2009, Yun Mi-hyang, représentant du Conseil sud-coréen pour une solution au Corps des volontaires (euphémisme désignant les travailleurs forcés), a publié une déclaration accusant les autorités japonaises d'insulter les femmes réduites en esclavage par le Japon pendant la Seconde Guerre mondiale, après qu'un procès de onze années se fut soldé par le versement d'une indemnisation d'un montant indigne à sept victimes : 99 yen (environ 1.200 won sud-coréens), soit 1 dollar américain. En l'absence d'excuses du gouvernement japonais pour les agissements passés du Japon impérial, le lourd préjudice physique et psychique subi par ses victimes est aggravé par le versement d'une aumône. Une huitième plainte a été déclarée irrecevable, au prétexte qu'elle avait été intentée par les descendants d'une femme décédée en 1944, et non par cette dernière.

 

Cette décision inacceptable s'explique notamment par le choix comme référence de la valeur du yen lors de la guerre, sans tenir compte de l'inflation. Mais 99 yen, en 1945, ne correspondaient déjà qu'au prix de deux écharpes...

Les plaignantes font partie d'un groupe de 138 femmes du Sud Jeolla, envoyées dans les industries lourdes du groupe Mitsubishi d'octobre 1944 à août 1945. L'agence de sécurité sociale japonaise, responsable du paiement des retraites, avait reconnu en septembre dernier que les sept femmes survivantes avaient droit au versement d'une pension évaluée à 99 yen par la préfecture de Aichi où se trouve le siège de Mitsubishi.

Le principe même d'une indemnisation a toutefois constitué un premier pas vers la réparation du lourd préjudice causé notamment aux "femmes de réconfort"
exploitées par les soldats japonais pendant la guerre : comme l'observe Chung Chin-sung, conseil des victimes, le gouvernement japonais rejetait jusqu'à présent le principe d'une indemnisation, en estimant la question réglée par le traité de San Francisco de 1952 et l'accord bilatéral nippo-sud-coréen de 1965.

Le 4 janvier, un groupe civique de soutien a tenu une conférence de presse devant le centre d'exposition automobile de Mitsubishi-Industries lourdes à Kwangju, pour exhorter les autorités japonaises à réexaminer leur décision, en fixant un délai au 15 janvier, sous peine sinon de poursuivre l'action engagée. Yang Geum-deok, victime aujourd'hui âgée de 81 ans, a déclaré : "si le gouvernement japonais avait eu de la sensibilité, il ne nous aurait pas donné cette somme de misère."

Alors que l'année 2010 marque le centième anniversaire du début de l'occupation japonaise de la Corée, et que le Premier ministre japonais 
Yukio Hatoyama a fait un geste en direction d'une reconnaissance des préjudices causés par le Japon impérial, l'AAFC juge comme un devoir moral pour les autorités japonaises de reconnaître sans délai les crimes commis pendant l'occupation, et de verser une juste indemnisation.

Sources : 
Agence de presse allemande, Hankyoreh, KCNA

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Japon-Corée
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)