Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 19:56

 

AhnJunggeun.JPGLe 26 mars 2010 marquait le centième anniversaire de la mort du patriote Ahn Jung-geun, cher au coeur de tous les Coréens. Le 26 octobre 1909, dans la gare de Harbin en Chine, Ahn Jung-geun assassinait Hirobumi Ito, premier Résident général japonais en Corée (exerçant les fonctions de gouverneur militaire). Arrêté, jugé et condamné à mort, Ahn est resté fidèle à ses principes et à son idéal d’une Corée indépendante libérée du joug colonial japonais, refusant même de faire appel du jugement du tribunal. Il a été exécuté par pendaison le 26 mars 1910 dans la prison de Lushun, à Dalian, en Chine. Avant sa mort, Ahn a laissé des textes dans lesquels il expliquait que son geste avait pour but de défendre la paix en Asie, en espérant que les autorités nippones comprendraient son message. Mais, après sa mort, le Japon annexa purement et simplement la Corée. Pour rendre hommage à Ahn Jung-geun, des délégations des deux Corée sont allées se recueillir ensemble au mémorial des combattants de l’indépendance, dans la prison de Lushun. Cent ans après la mort de Ahn Jung-geun, le Japon refuse toujours de coopérer pour permettre le retour des restes de ce patriote coréen dans son pays.


Le 26 mars 2010, cent ans après l'exécution de Ahn Jung-geun condamné par un tribunal du Japon impérial, la Corée du Nord et la Corée du Sud ont mis leurs différends de côté le temps d'une messe en la mémoire de Ahn (converti au catholicisme en 1897) à Dalian, en Chine, où est situé la prison de Lushun, théâtre de l'exécution du patriote coréen. Après une longue période de préparation, cette première cérémonie commémorative Nord-Sud était organisée en présence d'une délégation de l'Association pour la mémoire de Ahn Jung-geun (Corée du Sud) conduite par le Père Ham Se-ung, et d'une délégation du Conseil des religieux de Corée (du Nord) conduite par son président, Jang Jae-un.


Dans son discours, le Père Ham a demandé que, tant que la dépouille de Ahn ne sera pas retrouvée, les 80 millions de Coréens du Nord et du Sud gardent sa mémoire, vivent comme il le fit et oeuvrent afin de devenir une nouvelle génération de Ahn Jung-geun. Le Père Ham a ensuite prié pour l'unité et la réconciliation entre la Corée du Nord et la Corée du Sud.


Le président du Conseil des religieux de Corée, Jang Jae-un, a rappelé que, un siècle auparavant, Ahn Jung-geun a sacrifié sa précieuse vie comme un simple brin de paille pour parvenir à l'indépendance de la Corée, pour retrouver la souveraineté nationale qui avait disparu après l'invasion des impérialistes japonais, et pour bâtir un pays prospère. Il a appelé la Corée du Nord et la Corée du Sud à prendre exemple sur cette commémoration conjointe du martyr de Ahn Jung-geun pour surmonter leurs différences idéologiques et travailler à l'unification indépendante de la Corée.


En même temps qu'avait lieu cette cérémonie, le Parti social-démocrate de Corée (du Nord) et le Parti démocratique du travail (de Corée du Sud) faisaient une déclaration commune exigeant « des excuses et des réparations » de la part du Japon « pour ses crimes passés ». (voir ci-dessous le texte de la déclaration)


Après la cérémonie religieuse de Dalian, la délégation inter-coréenne s'est rendue à la prison de Lushun. Devant le mémorial construit à l'endroit même où Ahn Jung-geun fut tué en 1910, les Coréens du Nord et du Sud ont chanté Notre souhait est la réunification. Bien qu'ayant visité ce lieu de mémoire à plusieurs reprises, Jang Jae-un a dit que ce jour était totalement différent car les Coréens du Nord et du Sud étaient rassemblés. En ce jour, il n'y avait plus de Corée du Nord et de Corée du Sud mais une seule Corée, comme l'aurait voulu Ahn Jung-geun.

 

Lushun_26032010.JPG

Le Père Ham Se-ung, de Corée du Sud, et Jang Jae-un, président du Conseil des religieux de Corée (du Nord),

devant le buste de Ahn Jung-geun, au mémorial de la prison de Lushun, le 26 mars 2010 (photo : Hankyoreh)

 


Sources :

Hankyoreh, « Koreans come together to memorialize Ahn Jung-geun », Séoul, 27 mars 2010

KBS, « Centième  anniversaire de la mort d’Ahn Jung-geun », Séoul, 26 mars 2010

KCNA, « Meeting Marks Centenary of Death of An Jung Gun », Pyongyang, 27 mars 2010

Wikipedia

 


Déclaration commune

du Parti social-démocrate de Corée (du Nord)

et du Parti démocratique du travail (de Corée du Sud)

pour le centième anniversaire de la mort de Ahn Jung-geun, le 26 mars 2010


Le 26 mars marque le centième anniversaire de la pendaison de Ahn Jung-geun par les impérialistes japonais.


 En ce jour, tous les Coréens se remémorent l'acte patriotique de Ahn Jung-geun, un événement qui tient une place particulière dans l'histoire du mouvement anti-japonais de la nation coréenne, et ils sont secoués par la haine immense qu'ils éprouvent pour les impérialistes japonais qui ont commis des crimes odieux contre eux dans le passé.


Il s'est écoulé 100 ans depuis le martyr de Ahn et 65 ans depuis la défaite de l'impérialisme japonais dans la guerre mais le Japon continue à toute allure ses démarches pour devenir un géant militaire, saisi par une sauvage ambition militariste, et falsifie encore plus désespérément son histoire, travaillant dur pour récupérer les îles Tok et intensifiant la répression contre les Coréens du Japon, loin de réparer ses crimes passés. Ces actes de la part du Japon ne font que s'ajouter aux crimes déjà commis contre les Coréens.


Pour le centième anniversaire de ce martyr, le Parti social-démocrate de Corée et le Parti démocratique du travail de Corée du Sud déclarent ce qui suit, au nom de Ahn Jung-geun et des autres patriotes martyrs anti-japonais, et de 70 millions de compatriotes :


1) Nous demandons instamment au Japon qu'il s'excuse sincèrement pour les crimes affreux sans précédent commis contre la nation coréenne au cours de sa domination coloniale sur la Corée et qu'il procède à leur réparation complète.


Le Japon a mis en oeuvre en Corée la domination coloniale répressive la plus dure jamais vue à la pointe de ses baïonnettes pendant plus de 40 ans, tuant brutalement au moins un million de Coréens innocents, forçant plus de 200.000 femmes coréennes à devenir des esclaves sexuels et envoyant plus de 8,4 millions Coréens jeunes et moins jeunes sur les champs de bataille et sur des lieux de travail où ils furent réduits en esclavage. En même temps, il commettait des crimes aussi affreux que le vandalisme et le pillage des biens culturels et des ressources. Mais le Japon n'a pas encore présenté d'excuses sincères et de réparation pour ces crimes hideux. Cela ne fait que démontrer la vulgarité politique et morale du Japon et son absence de pudeur. Si le Japon désire vraiment ne pas rester un ennemi juré du peuple coréen, il devrait faire des excuses honnêtes et réparer complètement ses crimes, même tardivement.


2) Nous dénonçons vivement les efforts persistants du Japon pour se transformer en puissance militaire et ses déformations de l'histoire, ses revendications sur les îles Tok, et sa politique maltraitant les Coréens du Japon comme une violation flagrante de la souveraineté de la nation coréenne.


Les actions de plus en plus évidentes du Japon pour se transformer en puissance militaire, déformer l'histoire et s'emparer des îles Tok, et sa politique de répression et de discrimination contre les Coréens du Japon révèlent sa folle ambition d'organiser un retour en Corée et sont des actes irresponsables trahissant la perte de tout sens de l'époque.


Le Japon serait bien avisé de comprendre distinctement la nation coréenne d'aujourd'hui et d'arrêter immédiatement ses actions anachroniques et chauvines.


3) Nous ne tolérerons jamais le moindre acte de soumission et de traîtrise, tel que s'opposer aux compatriotes et bloquer la réconciliation et l'unité nationales en se liguant avec des forces étrangères.


Une leçon amère enseignée par l'histoire de la nation coréenne est que l'asservissement et la dépendance à l'égard des forces étrangères mènent à la ruine et à la honte de la nation. Les actes consistant à s'opposer aux compatriotes et au maintien sur la voie de la concorde et de l'unité nationales, en cédant aux forces étrangères, en étant totalement indifférent à la destinée du pays et de la nation, sont voués à être sévèrement jugés par l'histoire.


En cette année 2010, il y a 105 ans que les impérialistes japonais ont préparé et obtenu par la coercition la signature du « Traité d'Eulsa en cinq points », ce qui mena la Corée à la ruine, et il y a 100 ans qu'ils ont fabriqué de la même manière le « Traité d'annexion de la Corée par le Japon ».


Cette année, il y a aussi 90 ans qu'ils ont lancé la « grande opération punitive de 1920, l'année du singe », 65 ans qu'ils ont fait exploser l' Ukishima Maru , massacrant des Coréens innocents, 70 ans que le Japon a obligé les Coréens à changer leurs noms pour des noms japonais dans le but d'éradiquer complètement l'identité nationale coréenne.


Les deux parties expriment le souhait qu'en cette année de commémoration de la lutte anti-japonaise commune, tous les Coréens du Nord, du Sud et d'outre-mer mèneront activement le combat solidaire de toute la nation pour exposer et condamner les 100 ans d'histoire des crimes commis par le Japon contre la nation coréenne, et pour exiger de lui des excuses et des réparations.


Source : KCNA, « Joint Statement Issued on Centenary of Death of An Jung Gun », Pyongyang, 26 mars 2010   (traduction : AAFC)

 

 

Partager cet article

Repost 0
Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Histoire de la Corée
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Association d'amitié franco-coréenne
  • Association d'amitié franco-coréenne
  • : Soutenir une réunification indépendante et pacifique de la Corée, conformément à l'aspiration légitime du peuple coréen et dans l’intérêt de la sécurité et de la paix dans le monde
  • Contact

Recherche

D'où venez-vous?

aujourd'hui


dans les 30 derniers jours

 
 

Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)