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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 22:16

Il y a 17 ans, le 15 juin 2000, la première rencontre au sommet entre Kim Jong-il, Président de la Commission de la défense nationale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), et Kim Dae-jung, Président de la République de Corée (Corée du Sud), aboutissait à la signature d'une déclaration historique Nord-Sud qui ouvrait la voie au dialogue intercoréen, à la réconciliation et à la réunification. Alors que 9 ans de présidence conservatrice à Séoul ont rompu l'ensemble des canaux d'échanges intercoréens, le retour au pouvoir des démocrates au Sud, avec l'élection de Moon Jae-in, ouvre la voie à une reprise sincère des échanges Nord-Sud. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) fait le point, en reprenant chacun des cinq principes de la déclaration du 15 juin 2000.

17 ans après la déclaration du 15 juin 2000, quelles perspectives pour les relations intercoréennes ?

Le premier point de la déclaration commune Nord-Sud dispose que "le Nord et le Sud ont décidé de résoudre en toute indépendance le problème de la réunification du pays grâce à l'union de notre nation qui en est responsable". Alors que la RPD de Corée a fait du principe d'indépendance nationale la pierre angulaire de sa diplomatie, les nouvelles autorités sud-coréennes manifestent une volonté de plus grande indépendance vis-à-vis de Washington que les conservateurs - reste à savoir si Séoul découplera effectivement les questions de sécurité nationale de celles touchant à la réunification, alors que les récents tirs de missiles balistiques nord-coréens ont conduit la République de Corée à réaffirmer son alliance militaire traditionnelle avec les Etats-Unis.

Selon le point 2 de la déclaration du 15 juin, le Nord et le Sud
"ont reconnu qu'il y a des points communs entre le projet de fédération dans son étape inférieure présenté par le premier et le projet de commonwealth avancé par le second et décidé d'orienter dans ce sens la réunification". Si la RPD de Corée a réaffirmé à plusieurs reprises le principe de République fédérale démocratique de Koryo comme projet de réunification, la République de Corée s'était éloignée du principe de "commonwealth" pourtant défini de longue date, avant même le début de la politique sud-coréenne du "rayon de soleil" d'ouverture au Nord. Le fait que Moon Jae-in ait été l'un des responsables du dialogue intercoréen sous les administrations démocrates rend crédible le retour à cette ligne traditionnelle de coopération intercoréenne définie par Séoul.

Suivant le point 3 de la déclaration du 15 juin 2000, le Nord et le Sud  avaient "décidé, à l'occasion du 15 août prochain, d'échanger des groupes de visite de familles et de proches dispersés et de résoudre au plus tôt le problème des anciens prisonniers de guerre non convertis et d'autres problèmes humanitaires". La reprise des réunions de familles séparées est une perspective crédible pour une relance à court terme des échanges Nord-Sud. Par ailleurs, dix ans de dérive autoritaire, au Sud, ont conduit à l'emprisonnement de dizaines de nouveaux prisonniers politiques, dont la libération serait un signal de la volonté de libéralisation politique à Séoul. Enfin, les nouvelles autorités sud-coréennes sont favorables à une reprise des échanges humanitaires, notamment sous forme de livraisons de produits alimentaires et de première nécessité au Nord.

Aux termes du point 4, le Nord et le Sud avaient
"convenu de développer de façon équilibrée l'économie nationale par la coopération économique et de promouvoir la collaboration et les échanges dans différents domaines, notamment social, culturel, sportif, sanitaire et environnemental en vue d'approfondir la confiance mutuelle". Outre la reprise des échanges culturels, sportifs et sociaux par des canaux non gouvernementaux (à nouveau autorisés par Séoul), la réouverture de la zone économique intercoréenne de Kaesong, ayant fermé en février 2016, avait déjà été proposée par le Nord à la veille des élections législatives sud-coréennes du printemps 2016, en cas de victoire de l'opposition. La confiscation de sa victoire à l'opposition par les autorités conservatrices de Séoul avait cependant rendu caduc un tel projet, défendu sur le principe par les démocrates, ce qui rend crédible, à moyen terme, la réouverture du parc industriel de Kaesong, ou à défaut d'autres zones économiques spéciales qui seraient gérées conjointement par les deux parties.

Enfin, le point 5 de la déclaration du 15 juin 2000 convenait de la nécessité
"d'ouvrir au plus tôt un dialogue entre autorités" pour appliquer les points 1 à 4 de la déclaration. La réouverture des canaux de dialogue est aujourd'hui identifiée comme l'une des priorités par Séoul, notamment la hotline à Panmunjom établie en 1971.

 

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations intercoréennes
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Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)