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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 19:45

Le 15 juillet 2015 une nouvelle descente de police a été opérée dans les locaux de l'Alliance coréenne, une ONG proche de la tendance Corea 21 du Parti progressiste unifié (PPU) - dissous en décembre 2014 dans des conditions inacceptables au regard des principes démocratiques de base. Après la dissolution du PPU les militants de Corea 21 avaient déjà été les premiers visés par la répression gouvernementale contre les forces progressistes. Les motifs invoqués par la police étant anciens, rien ne justifiait le nouveau coup de poing de ce 15 juillet - si ce n'est la nécessité pour la présidente sud-coréenne Mme Park Geun-hye de montrer qu'elle ne tolèrerait pas l'opposition de gauche, en instaurant un climat de terreur visant à empêcher ses militants de toute action politique. Il est temps que les gouvernements occidentaux cessent de fermer les yeux sur la dérive autoritaire qui s'aggrave chaque jour davantage en Corée du Sud.

Saisie de livres, de disques durs et d'autres documents au siège de l'Alliance coréenne

Saisie de livres, de disques durs et d'autres documents au siège de l'Alliance coréenne

Une descente de police a eu lieu le 15 juillet 2015 au siège de l'Alliance coréenne et dans cinq autres locaux liés à l'organisation (notamment ses trois imprimeries), à partir de 5 heures du matin heure locale selon les informations qui ont été transmises à l'AAFC.

 

Les accusations ne sont pas nouvelles : violation de la "loi de sécurité nationale", qui interdit tout contact entre des Sud-Coréens et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). En l'occurrence, une militante - Mme Hwang Hye Ro - a été indirectement citée (sans être nommée dans les premiers articles de presse rendant compte du raid opéré le 15 juillet à Séoul) et est tout particulièrement visée : elle avait été présente aux obsèques du dirigeant nord-coréen Kim Jong-il en décembre 2011. Une autre cible, également non directement citée, est l'avocat Jang Kyung-uk, coupable d'avoir participé à une conférence en Allemagne, fin 2013, pour un traité de paix en Corée, où avaient aussi été présents des Nord-Coréens.

 

Une chasse à l'homme a été lancée contre 10 militants de l'Alliance coréenne, dont 8 résident en Corée et 2 à l'étranger. Une personne, Mme Kang, a été arrêtée à son domicile. Neuf autres personnes sont toujours recherchées. Il appartient aux gouvernements étrangers, et d'abord aux gouvernements occidentaux, s'ils sont cohérents avec les principes démocratiques qu'ils entendent défendre, de ne pas donner suite aux mandats d'arrêt lancés par les autorités sud-coréennes, sur la base d'une loi - la loi de sécurité nationale - qui est une violation flagrante de la liberté d'expression. Ainsi que l'a rappelé Byun Jeong-pil, responsable d'Amnesty International en Corée dans un entretien à NK News, "il y a de nombreux cas où cette loi a été appliquée de manière arbitraire, et l'article 7 doit être modifié". L'article 7 a servi encore récemment, en janvier 2015, à l'expulsion de Corée du Sud d'une Coréenne américaine, Shin Eun-mi, dont le crime était de ne pas dépeindre la Corée du Nord comme l'enfer, l'image que s'évertuent à donner du Nord les autorités sud-coréennes et leurs services de renseignement. C'est aussi au nom de la loi de sécurité nationale que le secrétaire général de l'AAFC a été interdit d'entrée en Corée du Sud en février 2015.

 

Mais pourquoi ce regain de violence contre l'Alliance coréenne, alors que les principaux faits incriminés - datant de fin 2011 et fin 2013 - ne sont pas nouveaux ? En fait, le principal grief à l'encontre des membres de l'Alliance coréenne est de continuer à militer pour la paix et la démocratie (comme le souligne le site NK News, l'objectif principal de l'Alliance coréenne est la réunification pacifique de la Corée, et elle avait récemment dénoncé la perspective de déploiement du dispositif américain antimissile THAAD en Corée du Sud), en critiquant ouvertement l'administration conservatrice sud-coréenne de Mme Park Geun-hye : cette dernière, prompte à assimiler toute critique comme une allégeance à la Corée du Nord, veut faire un exemple. Dans ce contexte, l'Alliance coréenne peut lui apparaître comme la cible parfaite, puisque certains de ses membres ont effectivement eu des contacts avec la Corée du Nord. Et elle juge certainement qu'un procès truqué - avec des preuves fabriquées en tant que de besoin, comme dans le cas de l'ancien député Lee Seok-ki - lui apportera les coudées franches, grâce au soutien d'une justice aux ordres.

 

La descente de police est aussi une contre-attaque à l'annonce, faite la veille par l'Alliance coréenne, qu'elle porterait plainte pour les violences commises par la police à son encontre, l'Alliance coréenne observant qu'elle a mené des actions pacifiquement et dans le cadre de la loi sud-coréenne.

 

C'est bien aujourd'hui l'instauration d'un règne de la terreur qui menace tous les militants de gauche sud-coréens, ce qui implique plus que jamais d'être solidaire de tous ceux qui, en République de Corée, militent pour la paix et la démocratie, notamment en s'engageant dans le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud.

 

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique sud-coréenne
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)