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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 22:24

Dans son ouvrage Les voyages de François Mitterrand. Le PS et le monde (1971-1981), issu d'un mémoire de master, Judith Bonnin a analysé les 88 voyages à l'étranger effectués au cours de la décennie 1971-1981 par François Mitterrand après son accession au poste de Premier secrétaire du Parti socialiste, et jusqu'à son élection comme Président de la République française. Si la visite en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), en février 1981, de celui qui était alors candidat à la présidence de la République - et représenté sur un timbre nord-coréen dès décembre 1981 - a suscité de nombreux commentaires et interprétations, Judith Bonnin a replacé utilement cette visite - à l'invitation du Parti du travail de Corée - dans le contexte des relations qu'avait nouées le Parti socialiste dans différentes parties du Tiers Monde.

Secrétaire national au tiers monde à partir de 1975, Lionel Jospin a décrit avec précision les raisons de l'intérêt du Parti socialiste pour la RPDC, dans une note du 1er juin 1977 adressée à Robert Pontillon, responsable aux relations internationales du Parti socialiste, et à François Mitterrand, citée par Judith Bonnin : 

"Sans être particulièrement zélateurs d'un régime communiste où le culte de la personnalité atteint de hauts sommets, nous tenons compte dans notre attitude à l'égard de la Corée du Nord de la politique de relative indépendance affirmée depuis quelques années par ce pays par rapport à l'URSS et par rapport à la Chine (la Corée du Nord a été admise à la Conférence de Lima en 1975 au Groupe des pays non alignés et elle a noué dans le Tiers Monde un réseau de relations importants : avec le Sénégal par exemple)."

Cette note interne est particulièrement éclairante : d'une part, elle exprime les distances du Parti socialiste français - en tant qu'organisation politique - avec le système politique de la RPD de Corée ; d'autre part, elle apprécie les positions nord-coréennes à l'aune de leur volonté d'indépendance par rapport aux grandes puissances (ce qui rapproche Pyongyang de la tradition diplomatique française) et de la participation active de la RPDC au mouvement des non-alignés - faisant ainsi écho à la sensibilité "tiers-mondiste" des socialistes français à la même époque. Au demeurant, certains pays en développement avec lesquels Pyongyang avait noués des liens privilégiés étaient aussi proches de la France, comme le Sénégal que cite Lionel Jospin, ce qui ne peut qu'inciter à la prise en compte par la France de la diplomatie nord-coréenne. Par contrecoup, on observera que la fin de la guerre froide et la moindre influence du mouvement des non-alignés sont de nature à expliquer un relatif désintérêt de la France vis-à-vis de la Corée du Nord au cours du second septennat de François Mitterrand (1988-1995).

Entrevue entre François Mitterrand et Kim Il-sung, février 1981 (source : Naenara)

Entrevue entre François Mitterrand et Kim Il-sung, février 1981 (source : Naenara)

Sur le voyage de février 1981 au Nord de la péninsule coréenne, Judith Bonnin donne la composition exacte de la délégation officielle du Parti socialiste français - alors que beaucoup de témoignages négligent ce point : François Mitterrand était accompagné de Lionel Jospin, Gaston Defferre, Claude Estier, Jean-Marie Cambacérès, Serge Moati, Marie-Pierre Rieux et Brigitte Godet.

 

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations France-Corée
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)