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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 23:30

Trois jours de cinéma coréen à Barjac, dans le Gard, à l'occasion des 11èmes rencontres hivernales les 25, 26 et 27 janvier 2013 : un évènement rare à souligner, dont le mérite revient à la commission culturelle de la municipalité dirigée par Edouard Chaulet. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) revient sur cette manifestation, qu'elle avait annoncée dans son édition du 18 janvier 2013, et à laquelle a participé son vice-président Robert Charvin, dans le compte rendu ci-dessous qu'il nous a fait parvenir.

  

visuel_culture-et-loisirs.jpg

 

Sept films dont un de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), avec un débat animé par Jean-Michel Bovy, conseiller municipal, Tiyan Wong et Robert Charvin, au nom de l'Association d’amitié franco-coréenne. Ont été projetés La servante de Kim Ki-young, Bonbon à la menthe de Lee Chang-dong, puis un bijou, finement ciselé, Jiburo de Lee Jung-hyang, qui mériterait une large audience, particulièrement dans la jeunesse : un petit citadin passe ses vacances chez sa grand-mère, paysanne pauvre, qui réussit à « re-civiliser » ce garçon de Séoul, intoxiqué de coca et de jeux vidéos. Au fil des images, avec une économie de moyen absolue, l’enfant standardisé redevient coréen.

 

 Les organisateurs ont aussi choisi La jeune bouquetière de Pak Hak et Choe Ik-kyu, film venu de Pyongyang et réalisé en 1972. Depuis, le temps s’est écoulé et le cinéma nord coréen a évolué durant les années 2000. On assiste à quelques scènes de l’oppression japonaise sur la Corée qui a duré un demi-siècle et que l’Occident ignore. On y pleure beaucoup : mais, peut être, les peuples qui savent encore pleurer ont de l’avenir !

 

L’ivresse de l’argent de Im Sang-soo, dénonce avec efficacité la corruption régnant en Corée du Sud et la difficulté qu’a tout subordonné à échapper à l’emprise de ces nouveaux riches qui bénéficient de la complicité des pouvoirs publics, des Américains et mettent la  Corée du Sud en coupe réglée.

 

Les deux chefs-d’œuvre où s’affirme la culture coréenne riche et délicate, sont Printemps, été, automne, hiver.. et printemps de Kim Ki-duk et Ivre de femmes et de peinture de Im Kwon-taek. Ces deux films offrent une photographie exceptionnelle, de multiples scènes où s’expriment les valeurs du confucianisme, mêlées à des interrogations très contemporaines. Dans une pagode au bord d’un lac, un bonze et son disciple traversent les étapes de la vie et des saisons, avec leurs succès et leurs échecs. Sisyphe est ici coréen : il faut « monter », avec effort, toujours plus haut.

 

Ivre de femmes et de peinture fait le récit d’un peintre coréen célèbre, Oh-won, du XIX° siècle, mais soulève aussi les problèmes de la création, de l’engagement de l’artiste mêlé à l’Histoire, qu’il le veuille ou non. Ces deux grands films sont révélateurs d’une civilisation que l’Occident néglige par inculture et suffisance. Ils réconcilient avec un cinéma qui n’a plus rien à voir avec les stocks d’images commerciales dont nous sommes abreuvés ! Ils démontrent qu’on peut parler d’aujourd’hui sans se détacher de l’Histoire, qu’il y a une étonnante modernité dans le passé, et que le monde bouge plus qu’il ne change. 

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 23:03

Pour la première fois, un film sud-coréen a reçu l'une des quatre principales récompenses au Festival du film Sundance : "Jiseul", de O Muel, a reçu le Grand prix du jury. Le long métrage revient sur l'une des pages les plus sombres de l'histoire de la Corée : le massacre de dizaines de milliers d'habitants de l'île de Jeju, en 1948, marquant l'établissement du régime autoritaire de Syngman Rhee. O Muel a souhaité dédier sa récompense aux victimes du massacre de Jeju.

 

Film Jiseul O-Muel Jeju Corée massacre

 

"Ce qui m'a poussé à faire ce film, ce sont les âmes des habitants de Jeju qui ont été massacrés (...) et je pense aussi que leurs âmes nous ont aidés pendant le tournage. Je souhaiterais partager le prix avec eux" : ces paroles, sobres mais dignes, sont celles qu'a prononcées O Muel lorsqu'il a appris que son film "Jiseul" avait reçu le Grand prix du jury au 29ème édition du Festival Sundance. La cérémonie a eu lieu le 26 janvier 2013 à Park City, dans l'Utah, aux Etats-Unis. Après le soulèvement du 3 avril 1948, ce sont 14.000 à 60.000 habitants de l'île sud-coréenne qui ont été massacrés, après le soulèvement contre le régime autoritaire de Syngman Rhee, soutenu par les forces d'occupation américaine.

 

Film à petit budget (250 millions de won, soit 231.500 dollars) aux images puissantes, tourné en noir et blanc dans un format conforme aux traditions ancestrales du peuple coréen, "Jiseul" est basée sur l'histoire vraie des habitants de l'île qui se sont cachés dans les cavernes de Seogwipo, après que les autorités d'occupation américaines eurent désigné tous les habitants dans un rayon de 5 km depuis les côtes comme des "émeutiers" et donné l'ordre qu'ils soient exécutés. Le mot "Jiseul" désigne, dans le dialecte de Jeju, la pomme de terre et le symbole de l'espoir de survie des insulaires.

 

Lui-même originaire de Jeju, O Muel a souligné la puissance du symbole que le film soit récompensé aux Etats-Unis, devant un public qui était ému aux larmes : "Le 3 avril doit être considéré dans l'histoire du monde comme un massacre de civils de l'époque de la guerre froide dans lequel l'administration militaire américaine était complice (...) Il est significatif qu'une histoire comme celle-ci soit montrée aux Etats-Unis et reconnue par les artistes là-bas".

 

En espérant que le film soit bientôt disponible en France, l'Association d'amitié franco-coréenne rappelle que sa projection en avant-première aura lieu le 1er mars à Jeju, avant une diffusion en salle en Corée du Sud à partir du 21 mars.

 

Source : Hankyoreh (dont photo).

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 21:46

Les 25, 26 et 27 janvier 2013, la ville de Barjac, dans le Gard, consacrera ses 11èmes rencontres hivernales au cinéma coréen - au cinéma de toute la Corée. En effet, outre des chefs-d'oeuvre récents du cinéma sud-coréen, il sera proposé un classique du cinéma nord-coréen, La Jeune bouquetière, de Pak Hak et Choe Ik-kyu. Ces séances, accompagnées de dégustations coréennes, montreront ainsi les traits communs à la psychologie et à l'histoire de l'ensemble de la péninsule coréenne et que retrace le cinéma du pays du Matin calme - marqué par une exacerbation des sentiments et la puissance des drames qui se nouent dans le huis-clos que constitue la scène du spectacle. Il est prévu, samedi 26 janvier, la participation aux projections et aux débats de Robert Charvin, vice-président de l'Association d'amitié franco-coréenne. Nous reproduisons ci-après le programme de la manifestation.

 

visuel_culture-et-loisirs.jpg

 

Week-end du 25, 26 et 27 janvier 2013 : 11èmes rencontres hivernales, "le cinéma coréen"

(séances à 3 euros, films en version origonale sous-titré français sauf Jiburo)

Vendredi 25 janvier

18h15 : La Servante, de Kim Ki-young (1h51)

Soupe coréenne (préparée par Tyang) possible entre les deux séances (5 euros), sur réservation au 04.66.24.50.09 et à l'adresse mél bibliotheque-barjac@orange.fr)

21h15 : Bonbons à la menthe, de Lee Chang-dong (2h09)

Samedi 26 janvier

14h00 : Jiburo, de Lee Jung-hyang (film jeunesse, version française, 1h25)

16h30 : La Jeune bouquetière, de Pak Hak et Choe Ik-kyu (1h50)

19h repas coréen (15 euros, tout compris), réservations au 04.66.24.50.09 et à l'adresse mél bibliotheque-barjac@orange.fr avant le 23 janvier

21h15 : L'Ivresse de l'argent, de Im Sang-soo (1h55, en sortie nationale)

Dimanche 27 janvier

15h00 : Printemps, été, automne, hiver... et printemps, de Kim Ki-duk (1h43)

17h30 : Ivre de femmes et de peinture, de Im Kwon-taek (1h57)

 

Source : site Internet de la ville de Barjac

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 23:10

Lors de la 69ème Mostra de Venise, pour la première fois un réalisateur sud-coréen a obtenu le Lion d'or du meilleur long-métrage. Récompensé pour son film Pieta, Kim Ki-duk a dénoncé l'argent comme seul moteur social. Une consécration pour le cinéaste qui a dû lutter pour devenir l'un des plus grands cinéastes contemporains, observateur impartial des sociétés capitalistes.

 

kim ki duk mostra venise

 

L'image est peu banale et n'a pas échappé à Michèle Levieux du quotidien L'Humanité : lorsqu'il a reçu le Lion d'or à la Mostra de Venise pour son film Pieta, le Coréen Kim Ki-duk a levé le poing, avant d'entonner le traditionnel chant coréen Arirang, a capella et d'une voix de baryton, accompagné sur scène de la principale interprète du film, Cho Min-soo. Le public a longuement applaudi Kim Ki-duk et Cho Min-soo. Or Arirang est aussi le titre du film qu'il a réalisé sur sa propre situation, difficile, dans un film qui a obtenu le prix "Un certain regard" au festival de Cannes en 2011.

 

Né dans un village de montagne de la province de Gyeongsang en 1960, venu en 1969 à Séoul, Kim Ki-duk a dû arrêter ses études au lycée agricole alors qu'il n'avait que 17 ans, avant de devoir travailler comme ouvrier. Largement autodidacte, il a réalisé en 1996 son premier film, Crocodile, en s'inspirant largement de sa propre expérience.

 

Agé de 51 ans, Kim Ki-duk est le premier réalisateur coréen à obtenir le Lion d'or. Auparavant, il avait déjà été récompensé du Lion d'argent du meilleur réalisateur pour Bin-jip.

 

Tirant son nom de la sculpture de Michel-Ange, Pieta est le récit de la tentative de rédemption d'un petit malfrat (Kang-do), qui travaille comme recouvreur de dettes, jusqu'à sa rencontre avec une femme qui se présente comme sa mère. Les portraits psychologiques sont âpres, dans la description d'une société gangrénée par l'argent.

 

Lors de la présentation du film dans le cadre du festival, Kim Ki-duk avait été très clair sur le message porté par le film : « les gens de notre époque sont obsédés par l'illusion que l'argent peut tout résoudre ». Un des protagonistes du film déclare de même : « L'argent est le début et la fin de toute chose ». Ces déclarations ont parfois étonné le public occidental, mais le rôle de l'artiste, comme porteur d'un message social et devant montrer la voie à suivre, est profondément ancré dans la culture coréenne, empreinte de confucianisme. 

 

Sources :

- Michèle Levieux, "Poing levé et chant grave de Kim Ki-duk, lion d'or", in L'Humanité, 12 septembre 2012 ;

- « Pieta » du Sud-Coréen Kim Ki-duk, Lion d'or à Venise, sur la site Internet du quotidien Le Soir (avec AFP) ;

- Photo 7 sur 7.

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 23:03

crossing_the_line_daniel_gordon_affiche.jpgIl y a cinquante ans, le 15 août 1962, un soldat américain en Corée du Sud, James Dresnok, faisait défection en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). James Dresnok n'est ni le premier, ni l'unique défecteur américain en Corée du Nord - mais les autres GIs ayant choisi de franchir le 38ème parallèle (Larry Abshier, Jerry Parrish, Roy Chung et Joseph White) sont aujourd'hui décédés et le dernier, Charles Jenkins, est retourné en Occident. Dans son troisième long métrage documentaire consacré à la RPD de Corée (après Le match de leur vie et Les demoiselles de Pyongyang), réalisé en 2006 avec Nicholas Bonner (qui dirige l'agence de tourisme Koryo Tours, spécialisée dans les voyages en Corée du Nord), le réalisateur britannique Daniel Gordon a décrit le destin peu commun de James Dresnok : né d'une rencontre en juin 2004, Crossing the line est le récit touchant et captivant d'un Américain devenu nord-coréen. 

 

Né dans une famille séparée de Richmond en 1941, élevé par son père, James Joseph Dresnok a connu une enfance difficile. Puis il a choisi de s'engager dans l'armée américaine, le lendemain de son dix-septième anniversaire. Dans Crossing the line, il a également décrit les frustrations de sa première affectation en Allemagne, où suite à une faute mineure il a été soumis à une punition extrêmement sévère. Pour la première fois, il aurait alors envisagé d'aller vivre dans "un pays communiste" - mais comme il l'a déclaré lors d'un entretien en 2008 avec Mark Seddon, du Guardian, la République démocratique allemande (RDA) se contentait d'interroger les défecteurs, avant de les renvoyer dans leur pays d'origine.

 

A son retour d'Allemagne en 1960, il découvre que son épouse l'a quitté pour un autre homme. Alors affecté en Corée, il affirme que plus rien ne le retenait pour vivre aux Etats-Unis. Ayant rencontré une femme coréenne et imité la signature de son supérieur, il encourt le risque d'être soumis au procès d'une cour martiale : il fait alors le choix de faire défection en Corée du Nord, pour une nouvelle vie, en franchissant un champ de mines. Près d'un demi-siècle plus tard, il nous dit ne rien regretter.

 

Initialement, avec d'autres Américains ayant également déserté au Nord du 38ème parallèle en franchissant la DMZ, James Dresnok n'envisageait pas de rester. Leurs conditions initiales de vie en Corée du Nord ne sont pas faciles. Comme l'a observé James Dresnok, dans un pays dévasté une décennie plus tôt par les bombardements américains de la guerre de Corée, l'anti-américanisme est un sentiment spontané : à Mark Seddon, il a déclaré "Les gens ici, vous voyez, apprennent à détester l'impérialisme américain. Tous ces bombardements ! Combien de gens ont-ils massacré ? Ils ont tué les Coréens comme des sauvages. Bien sûr les gens vont détester les Américains". 

 

 

 

Les ouvrages du Président Kim Il-sung leur sont donnés. James Dresnok déclare que "l'homme est le maître de son destin" (un des principes fondamentaux des idées du Juche, le socialisme de la RPD de Corée), et déclare que "petit à petit il a commencé à comprendre le peuple coréen". Ayant acquis la nationalité nord-coréenne, ils deviennent professeurs d'anglais, et surtout des célébrités du cinéma de la RPDC, reconnus dans la rue, lorsqu'ils commencent de jouer - à partir de 1978 - les rôles des Américains dans les films nord-coréens. James Dresnok était effrayé par la tâche, mais il a déclaré : "le camarade Kim Jong-il était alors dans l'industrie cinématographique (...) Il nous appris comment jouer dans un film".

 

S'étant marié une première fois à une Roumaine, Doina Bumbea, décédée d'un cancer des poumons, James Dresnok s'est remarié avec la fille d'un diplomate togolais et d'une Nord-Coréenne, dont il a eu un fils en 2001. De son premier mariage en Corée, James Dresnok a eu deux fils, dont l'aîné apparaît dans Crossing the line : étudiant en anglais dans la prestigieuse Université des langues étrangères de Pyongyang, il espère devenir diplomate, pour changer l'image de son pays. James Dresnok attache de l'importance à l'éducation de ses enfants, pour qu'ils ne soient pas, comme lui, "illettrés".

 

Fatigué par les demandes d'entretien des journalistes occidentaux, James Dresnok est maintenant un homme âgé, affaibli par la consommation d'alcool et de tabac. Il est reconnaissant au gouvernement de la RPD de Corée de prendre soin de lui, et il ne peut pas cacher son émotion sur le traitement préférentiel qu'il a reçu pendant les années de pénurie alimentaire de la dure marche. Tout en observant que sa vie est en Corée du Nord, il rêve de pouvoir, un jour, visiter à nouveau les Etats-Unis.

 

jamesjosephdresnok460x276.jpg

 

Sources :

- Mark Seddon, "The Dear Leader Takes Car of Me", article d'après un entretien avec James Dresnok, publié dans The Guardian, 9 septembre 2008 (dont photo) ;

- Penny Sillers, "Last US Defector in North Korea", article publié le 23 janvier 2007 sur BBC News ;

- fiche technique sur l'Internet movie database (IMDB) ;

- présentation du film sur le site de l'agence Koryo Tours ;

- vidéo : Youtube.

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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 15:42

la-servante_kim_ki_young_lee_eun_shim.jpgSorti en salles le 11 mars 1960, La Servante de Kim Ki-young est un des films fondateurs du cinéma sud-coréen. Son réalisateur, Kim Ki-young, a inspiré notamment Park Chan-wook, Bong Joon-ho, Kim Ki-duk et Im Sang-soo, qui en a d'ailleurs fait en 2010 un remake, intitulé The Housemaid. Actuellement à l'affiche à Paris, La Servante peut être vu dans une version originale restaurée, grâce notamment au mécénat de la World Cinema Foundation fondée par Martin Scorsese. L'AAFC s'est intéressée à ce que le film révèle, de façon crue, de la société sud-coréenne en 1960.

 

En 1960, la société sud-coréenne sort du régime autoritaire de Syngman Rhee et connaît une brève parenthèse démocratique, avant le coup d'Etat du général Park Chung-hee en 1961. La Corée du Sud est encore un des pays les plus pauvres du monde, qu'a ravagé la guerre de Corée ayant pris fin en 1953, et qui ne connaîtra réellement un début de décollage économique qu'au cours de la décennie 1960-1970. Dans une société encore largement rurale, le statut d'un des principaux protagonistes, père de famille, professeur de musique dans une usine pour femmes et ayant récemment emménagé dans une maison à deux étages, traduit les aspirations d'une classe sociale soucieuse d'enrichissement matériel. Embaucher une jeune servante s'inscrit dans une conception ordinaire de l'ascension sociale - suivant un esprit matérialiste volontiers raillé par le réalisateur, qui fait dire à la maîtresse de maison que leurs malheurs viennent du désir qu'ils ont eu de devenir propriétaires d'une telle maison à deux étages, et d'embaucher une domestique pour la décharger des tâches matérielles. Accessoirement, dans les rares images du monde extérieur que l'on entrevoit - au bar, à la télévision (le couple est très fier d'être le premier du quartier à acheter un poste de télévision, et de nouveaux objets peuplent peu à peu l'intérieur du logement, comme autant de signes extérieurs de richesse) - le luxe est - déjà - vu sous le prisme de la culture américaine.

 

La société décrite par Kim Ki-young est une société de classes, fortement hiérarchisée, encore imprégnée du vieil esprit confucéen : la servante est méprisée par les enfants du couple (le cadet la tutoie, ce qui est insultant dans une société où les positions se fondent sur l'âge) ; le professeur de musique est viscéralement attaché à sa respectabilité, à laquelle il sacrifiera tout. Il entretient une relation hautaine vis-à-vis des ouvrières qu'il forme au chant et au piano et qu'il n'hésite pas à dénoncer, dans le respect de la loi et de l'ordre - tout en se révélant d'une faiblesse coupable lorsqu'il laisse la servante détruire sa famille, alors même qu'il a sa part de responsabilité dans le drame qui se noue. Le huis-clos du logement où se joue l'intrigue - l'escalier avec l'étage est le théâtre des drames - ajoute encore à l'atmosphère angoissante qui imprègne un film au ton remarquablement juste.

 

Pour qui ne connaît pas la société coréenne, plusieurs explications sont nécessaires : l'adultère reste encore aujourd'hui un délit pénal en Corée du Sud ; une personne en situation d'échec (comme l'ouvrière renvoyée de l'usine) porte la responsabilité de ses malheurs, et doit en assumer les conséquences ; une faute cachée et connue de personne n'a pas de portée sociale ni juridique ; dans la famille, les garçons sont plus désirés, notamment car ils perpétuent le culte des ancêtres ; le professeur et l'enseignant sont des figures respectables et respectées ; surtout, la fiction doit avoir un caractère édifiant, ce qui suffit à expliquer l'insert en fin de film, qui suscite parfois l'hilarité des spectateurs occidentaux. Mais dans la tradition confucéenne l'écrivain comme le cinéaste doivent enseigner ce qu'est une conduite juste. Sans doute faut-il y voir aussi un jeu du chat et de la souris de Kim Ki-young avec la censure, pour ce film qui fit scandale - pas seulement en raison de sa violence (très présente dans le cinéma sud-coréen, qui joue sur le paroxysme des sentiments et des situations, notamment dans la scène finale que ne renierait pas le cinéma expressionniste), mais aussi du caractère jugé profondément immoral de la servante, jouée avec finesse par Lee Eun-shim. Assimilée par le public à son personnage dans le film de Kim Ki-young, elle ne jouera plus jamais aucun autre rôle, et épousera le réalisateur Lee Seong-gu.

 

Source principale : [à l'affiche :] LA SERVANTE - Kim Ki-young, article de Rock Brenner sur le site de la revue Cut (dont photo).

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 18:15

Le 26 décembre 2010, le film de Gurinder Chadha Joue-la comme Beckham a été diffusé sur les écrans nord-coréens. Une diffusion qui doit beaucoup à l'implication des diplomates britanniques à Pyongyang, qui ont fait de la culture et du sport des vecteurs privilégiés d'échanges entre le Royaume-Uni et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), dans un pays où le football - y compris le football féminin - est un des sports les plus populaires.

 

Bend_It_Like_Beckham_movie.jpgLe film Joue-la comme Beckham a été diffusé sur les écrans de télévision nord-coréens le 26 décembre 2010.

 

La comédie britannique de 2002, avec Parminder Nagra et Keira Knightley, raconte comment une jeune Britannique issue d'une famille indienne hindoue orthodoxe, admiratrice de David Beckham, se voit ouvrir des perspectives différentes de celles que ses parents envisageaient pour elle après avoir été contactée par un club de football féminin.

 

En 2004, le film, dont on doit la musique à Craig Pruess, avait reçu le prix de la musique au Festival international du film de Pyongyang (FIFP), après avoir été vu par 13.000 spectateurs. L'agence britannique Koryo Tours, spécialisée dans les voyages en Corée du Nord, avait déjà organisé la diffusion au FIFP, en collaboration avec les studios Ealing et l'ambassade britannique en RPD de Corée. Les responsables de Koryo Tours racontent que "pendant le festival [ils] avaient été inondés de demandes de billets de la part du personnel de l'hôtel Yanggakdo", où ils logeaient.

 

Dans un pays où le football est extrêmement populaire - et dont la sélection nationale féminine se classe aux premiers rangs mondiaux - et réputé socialement conservateur, le film aborde aussi des sujets tels que les relations parents-enfants, les relations interethniques et l'homosexualité. Des questions comme l'orientation professionnelle des jeunes ou les relations parents-enfants sont un des thèmes du cinéma nord-coréen, et sont au coeur, par exemple, du premier film nord-coréen sorti en salles en France, en décembre 2007, sous le titre Journal d'une jeune Nord-Coréenne (le titre coréen original se traduit plutôt par Journal d'une écolière).

 

Joue-la comme Beckham a été diffusé sur la télévision nord-coréenne à l'occasion du dixième anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre le Royaume-Uni et la République populaire démocratique de Corée, grâce notamment à l'implication de l'ambassade britannique à Pyongyang et de Koryo Tours.

 

De fait, Londres a mis l'accent sur le sport et la culture pour approfondir les échanges et la compréhension mutuels entre Britanniques et Nord-Coréens, dans le cadre des relations diplomatiques bilatérales. Après l'établissement des relations diplomatiques, l'Association britannique pour les études coréennes, en collaboration avec le British Museum, a organisé des journées d'étude en 2001 et en 2002, dont les travaux ont été publiés dans un recueil intitulé North Korean Culture and Society. Enfin, en octobre 2010, l'équipe féminine de football de Middlesbrough a joué en RPDC, toujours avec l'appui de Koryo Tours, dont un des collaborateurs, Hannah Barraclough, travaille aujourd'hui au projet d'inviter l'équipe de football féminin du club du 25-Avril pour venir jouer en Europe en 2012.

 

Ce ne peut être qu'un encouragement pour le Quai d'Orsay à franchir le pas de la reconnaissance diplomatique de la République populaire démocratique de Corée, en sortant d'une vision étroitement politique ignorant les enjeux culturels, sportifs et la simple dimension humaine. La France est l'un des deux derniers pays de l'Union européenne à ne pas avoir établi de relations diplomatiques avec la RPDC.

 

Sources :

- AAFC

- Koryo Tours

- "N. Korea airs British football film", channelnewsasia, 31 décembre 2010

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 10:07

Du 17 au 24 septembre 2010 s'est tenu le douzième festival international du film de Pyongyang. Le jury, présidé par Derek Elley, a décerné le premier prix au film Aller à l'école à pied, du Chinois Peng Xin. Comme lors des précédentes éditions, le cinéma français a été une fois encore à l'honneur. Mais l'événement du festival 2010 a été la redécouverte d'une production franco - nord-coréenne de 1958, Moranbong, grâce notamment à l'implication de Jérémy Segay, membre du comité de sélection de la Quinzaine des réalisateurs.

 

bonnardot_moranbong.jpgDans l'après guerre de Corée (1950-1953), avec le soutien logistique du Parti communiste français, des intellectuels français font le voyage dans une République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) alors en pleine reconstruction. Cette expérience peu banale a été relatée par Claude Lanzmann dans Le Lièvre de Patagonie. Elle a donné lieu à un livre du photographe et réalisateur Chris Marker Coréennes (qui a dit, pour l'édition coréenne de son ouvrage en 1997, qu'il cherchait d'abord en Corée et à Cuba "une rupture avec le modèle soviétique"), et à un film, Moranbong, une aventure coréenne, réalisé en 1958 par Jean-Claude Bonnardot sur un scénario d'Armand Gatti, dans un partenariat si étroit avec les Nord-Coréens qu'on peut véritablement parler d'une coproduction franco - nord-coréenne - la première de la RPD de Corée avec un pays n'appartenant pas au bloc socialiste.

 

Moranbong transpose à l'époque de la guerre de Corée un récit coréen traditionnel aussi célèbre que Roméo et Juliette en Europe, l'histoire de la fidèle Chunhyang. Le chant de la fidèle Chunhyang est un pansori, l'opéra traditionnel coréen, qui narre les amours contrariées, dans la Corée royale, d'un jeune noble, Mongnyong, et de la fille d'une courtisane, Chunhyang. Chunhyang a juré un amour éternel à Mongnyong mais ce dernier doit partir suivre son père à Séoul, alors que le nouveau gouverneur de la province, le brutal Byeon Hakdo, a décidé de faire de Chunhyang sa courtisane. Moranbong reprend les formes du pansori, en faisant le récit douloureux des blessures de la guerre et de la séparation forcée de deux amants.

 

Présenté pour la première fois en République populaire démocratique de Corée à l'occasion du douzième festival international du film de Pyongyang, Moranbong de Jean-Claude Bonnardot et Armand Gatti a reçu le prix spécial du comité d'organisation.

 

Jérémy Segay, membre du comité de sélection de la Quinzaine des réalisateurs, a permis qu'une copie soit remise aux Nord-Coréens à l'occasion du festival. Il travaille aujourd'hui à la réalisation d'un documentaire sur l'histoire peu banale du film, interdit en France à sa sortie le 15 mai 1960, pour sa critique des troupes de l'ONU (dont un bataillon français) pendant la guerre de Corée. Un destin en partie similaire a frappé un autre récit français de la guerre de Corée, la pièce Les Coréens de Michel Vinaver. En 2008, une copie du script d'Armand Gatti dans sa version coréenne a été retrouvée par Jean-Jacques Hocquard, directeur du centre de création culturelle La Parole errante.

 

Mais l'histoire de Moranbong croise aussi celle de l'Association d'amitié franco-coréenne, fondée en 1969, qui a organisé des projections du film en France à ses adhérents et sympathisants au début des années 1970, à la faveur de l'éloignement de la censure tâtillonne ayant suivi les années de la guerre de Corée. Un des membres fondateurs de l'AAFC, le chansonnier Francis Lemarque, faisait partie de la délégation française partie en Corée avec Claude Lanzmann, Jean-Claude Bonnardot, Armand Gatti et Chris Marker.

 

Sources : AAFC ; Philippe Pons, "Un film ressuscité au festival de Pyongyang", in Le Monde, 28 septembre 2010, p. 2 ; Moranbong, aventure coréenne, sur le site des archives du fonds documentaire Armand Gatti à La Parole errante (dont photo).

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 21:44

Dans le cadre de la deuxième édition du festival "Un état du monde... et du cinéma" qui se déroulera à Paris du 29 janvier au 7 février 2010, le Forum des images propose de s'interroger sur l'avenir de la Corée et de son identité au travers d'une dizaine de films et d'une table ronde animée par des spécialistes. Parmi les films projetés, les spectateurs pourront découvrir La Jeune Bouquetière, classique du cinéma nord-coréen réalisé en 1972, et Moranbong, une aventure coréenne, film français tourné en Corée du Nord en 1958.


"Corée : bouleversement d’une identité"


- Table ronde :


"Corée, singulier ou pluriel ?"

animée par Sylvain Bourmeau, journaliste à France Culture

avec

Alain Delissen, directeur adjoint du Centre de recherches sur la Corée (Ecole des hautes études en sciences sociales),

Valérie Gelézeau, géographe spécialiste de la Corée (Ecole des hautes études en sciences sociales),

Adrien Gombeaud, critique spécialiste du cinéma coréen (sous réserve),

Patrick Maurus, directeur du Centre de recherches indépendantes sur la Corée (Institut national des langues et civilisations orientales).

Entrée libre dans la limite des places disponibles

durée : 2h00

samedi 6 février à 15h30


- Films :


Moranbong, une aventure coréenne

de Jean-Claude Bonnardot

France – fiction – VOSTF - 1958 – n&b

durée : 1h24

Dans le village de Kaesong, alors que la guerre de Corée éclate, un jeune ouvrier et la fille d’un musicien traditionnel s’aiment. Ce film réalisé en Corée du Nord a été censuré lors de sa sortie en France, en 1960. (fiche du film sur le site du Fonds documentaire Armand Gatti

samedi 30 janvier à 18h00


Intérieur Nord

de David Carr-Brown

France – documentaire – VOSTF - 2001 – coul.

durée : 51 min.

Incursion dans la société nord-coréenne à travers l’analyse de son cinéma.

samedi 30 janvier à 20h30


Bouqueti-re.jpgLa Jeune Bouquetière

de Choe Ik-kyu et Pak Hak

Corée du Nord – fiction – VOSTF - 1972 - coul.

durée : 2h07

Dans une Corée occupée par les impérialistes japonais, la jeune Koppun vend des fleurs pour gagner de quoi acheter des médicaments pour sa mère malade, alors que son frère s’est engagé dans la résistance communiste. Ce film - inédit en France - est représentatif de la production nord-coréenne des années 1970.

dimanche 31 janvier à 15h00

mercredi 3 février à 17h30

 


et aussi


Himalaya

de Jeon Soo-il

Corée du Sud/France - fiction - VOSTF - 2009 – coul.

durée : 1h30

dimanche 31 janvier à 20h30


La Vallée de Pia

de Lee Kang-cheon

Corée du Sud/France - fiction - VOSTF - 1955 - n&b

durée : 1h50

mardi 2 février à 18h00 et dimanche 7 février à 16h30


If You Were Me

Corée du Sud

jeudi 4 février à 16h30


"Hallyu, une vague coréenne"

conférence

avec Seok-hyeong Hong-Mercier, maître de conférences, et Olivier Lehmann, journaliste

durée : 1h30

jeudi 4 février à 18h15


Hello Stranger

de Kim Dong-hyun

Corée du Sud - fiction – VOSTF - 2007 – coul.

durée : 1h52

vendredi 5 février à 16h30


Bandhobi

de Shin Dong-il

Corée du Sud - fiction – VOSTF - 2008 – coul.

durée : 1h47

vendredi 5 février à 19h30


Land of Scarecrows

de Roh Gyeong-tae

Corée du Sud/France - fiction – VOSTF - 2009 – coul.

durée : 1h30

samedi 6 février à 17h45



Forumdesimages janv2010"Un état du monde... et du cinéma"

du 29 janvier au 7 février 2010 au Forum des images

Forum des Halles

2, rue du Cinéma

75045 Paris Cedex 01

Accès :

Métro : Les Halles, ligne 4 (sortie Saint-Eustache, Place Carrée) et Châtelet, lignes 1, 7 et 14 (sortie Place Carrée)

RER : Châtelet-Les Halles, lignes A, B et D (sortie Rambuteau puis Forum - Place Carrée)

Bus : 67, 74, 85 arrêt Coquillière les Halles

 

Plus d'informations sur le site du Forum des images

 

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 20:29

Le quatorzième festival international du film de Pusan s'est ouvert avec un film de Jang Kin Good morning President, récit de la vie personnelle de trois présidents (fictifs) qui se succèdent à la tête de l'Etat. Un récit humoristique et distancié sur un sujet politique, rarement traité suivant une telle approche en Corée du Sud, mais dans lequel certains partisans du président actuel, le conservateur Lee Myung-bak, ont voulu voir une critique de ce dernier.

En présentant chaque année environ 270 films, et en accueillant 7.000 professionnels de l'industrie cinématographique et 1.700 journalistes spécialisés, le
Festival international du film de Pusan est l'un des grands rendez-vous du cinéma asiatique et du cinéma mondial. L'édition 2009 comporte 355 films provenant de 70 pays, dont 98 premières mondiales et 46 premières internationales.

La quatorzième édition du Festival, du 8 au 16 octobre 2009, s'est ouverte avec un long métrage de Jang Kin. Le réalisateur a choisi de traiter sur un ton décalé un thème politique : Good morning President examine la vie privée de trois présidents de la République successifs : un ancien dissident embarrassé par un billet de loterie gagnant, un jeune politicien de belle prestance qui a fait un don d'organe et la première femme à accéder à la magistrature politique suprême, mais dont le mari est confronté à un scandale professionnelle lourd de menaces non seulement pour sa présidence, mais aussi pour son mariage.

Dans une société sud-coréenne encore fortement imprégnée d'un confucianisme qui se fonde, notamment, sur le respect pour les autorités, ce mode d'approche a suscité des réactions hostiles parmi les partisans de l'actuel président de la République, le conservateur Lee Myung-bak. Car Jang Kin a beau plaider qu'il s'agit de personnes fictifs, les traits de caractère qu'ils prêtent à ses personnages sont criants de vérité  : alors que la corruption est un mal endémique de
la vie politique sud-coréenne, un scandale impliquant la famille de son prédécesseur Roh Moo-hyun a conduit ce dernier au suicide entraînant, curieusement, la fin des poursuites judiciaires. Enfin, alors que Lee Myung-bak a battu (de peu) sa rivale dans la primaire interne au Grand parti national, empêchant Park Geun-hye (fille du général Park Chung-hee, au pouvoir jusqu'en 1979) de devenir la première femme Présidente de la République, les deux prédécesseurs de Lee Myung-bak, les démocrates Roh Moo-hyun et Kim Dae-jung, ont été des opposants courageux au régime militaire.

La politique est d'ailleurs particulièrement présente tout au long du quatorzième Festival international du film de Pusan, puisque celui-ci se clôturera avec la projection du Message, un film d'espionnage de Chen Kuo-fu et Gao Qunshu se projetant en 1942, dans la Chine sous occupation japonaise.

Good morning President est un film à voir, non seulement pour l'habilité des portraits psychologiques dépeints par Jang Kin, mais aussi par ce qu'il révèle de la société politique sud-coréenne, ainsi que du nouveau rapport des citoyens sud-coréens à la chose publique, débarrassés des pesanteurs du régime militaire. 

Sources :
Unifrance, fil de presse L'Etoile, vimooz.com (dont photo)

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