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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 13:06

Après la disparition tragique de l'étudiant américain Otto Warmbier six jours après sa libération par les autorités nord-coréennes, l'administration Trump a décidé d'interdire à ses ressortissants de visiter la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) : la mesure doit entrer en vigueur le 27 juillet 2017 avec une période de tolérance d'un mois ; passé ce délai, les détenteurs d'un passeport américain visitant la RPD de Corée verraient leur passeport invalidé. Si la mesure aura des conséquences importantes sur les agences spécialisées proposant des circuits touristiques en Corée du Nord (comme Koryo Tours, qui aurait accueilli 40 % des 800 touristes américains ayant visité la RPD de Corée en 2016), ce sont les coopérations américano-nord-coréennes - à caractère humanitaire, culturel, sportif, scientifique... - qui seront le plus fortement impactées, comme l'a observé Richard Stone de la revue Science, en citant l'exemple emblématique de l'Université de Science et de Technologie de Pyongyang (Pyongyang University of Science and TechnologyPUST). L'université privée américaine, qui a ouvert ses portes dans la capitale nord-coréenne en 2009 avant d'accueillir la première promotion d'étudiants nord-coréens en 2010, compte une quarantaine d'universitaires et administratifs américains, dont son Président, Yu-taik Chon, et forme des centaines d'étudiants de la RPD de Corée. Bien que particulièrement concernée par les arrestations de citoyens américains en RPD de Corée (sur les trois actuellement emprisonnés, on compte deux enseignants de la PUST : Sang-duk (Tony) Kim et Hak-song Kim), la PUST a déploré la décision de l'administration américaine, par la voix de son chancelier Chan-mo Park, informaticien coréen américain, ancien Président de l'Université Pohang de Science et de Technologie (POSTECH), basée en Corée du Sud. Nous traduisons ci-après de l'anglais l'entretien donné par M. Chan-mo Park à Richard Stone, publié le 21 juillet 2017 dans Science, et qui revient également sur l'impact négatif des sanctions pour les échanges universitaires conduits par la PUST et les fantasmes quant à l'impact de ces échanges sur le développement des programmes militaires nord-coréens.

Chan-mo Park

Chan-mo Park

Question : Si les citoyens américains sont interdits de voyager en Corée du Nord pour enseigner à la PUST, dans quelle mesure votre université sera-t-elle affectée ?

Réponse : Ce serait une très mauvaise nouvelle. Nous devrions trouver des enseignants d'autres pays. Les professeurs nord-coréens peuvent enseigner certaines matières, mais seulement quelques-uns d'entre eux peuvent donner des cours en anglais, et nous sommes partisans que tous les cours à la PUST soient donnés en anglais. Il y aurait donc des conséquences irrémédiables sur les programmes actuels. C'est vraiment décourageant pour moi.

Q. : Quels efforts a faits la PUST en ce qui concerne Tony Kim et Hak-song Kim ? 

R. : Depuis leurs arrestations qui n'étaient pas liées à leur travail à la PUST, les professeurs et les personnes administratifs n'ont rien pu faire d'autre que prier beaucoup pour eux. 

Q. : Comment leur détention a-t-elle affecté la perception de l'Université en dehors de la Corée du Nord ?


R. Beaucoup de personnes, en particulier parmi nos familles et ceux qui nous soutiennent, ont été très surpris et inquiets quant à la sécurité des citoyens américains à la PUST. Toutefois, je vois que la plupart des enseignants des cours d'été [venant des Etats-Unis] sont actuellement sur le campus.

Q. : Les sanctions imposées à la Corée du Nord ont-elles touché la PUST ? 

R. : En raison des sanctions [des Nations unies], il est devenu difficile depuis le début de l'année dernière d'envoyer de l'argent en Chine pour acheter du matériel et des équipements de recherche. Alors que des universitaires sud-coréens viennent enseigner à la PUST, les sanctions imposées par la Corée du Sud interdisent aux ressortissants sud-coréens de visiter la Corée du Nord. Et certains pays - comme l'Allemagne et l'Italie - n'ont pas délivré de visas pour des étudiants de la PUST qui avaient été admis dans des universités pour des formations diplômantes, en particulier à Göttingen, Sannio et Brescia.

Q. : Quelles garanties pouvez-vous apporter que les diplômés de la PUST ne finiront pas par travailler pour des unités cyberterroristes ou d'autres secteurs de l'armée sud-coréenne ?

R. : Je peux vous assurer que la PUST n'aide absolument pas à former des pirates ou des "cybercombattants". Récemment, Thae Yong-ho, un ancien conseiller à l'ambassade nord-coréenne au Royaume-Uni qui a fait défection en Corée du Sud, a déclaré à des journalistes à l'Assemblée nationale sud-coréenne qu'il ne pensait pas que la PUST enseignait le piratage informatique. Il a ajouté qu'en Corée du Nord ils apprennent le piratage à des lycéens sélectionnés qui montrent des capacités en informatique. La plupart de nos diplômés rejoignent le secteur académique comme enseignants ou chercheurs. Certains continuent leurs études pour obtenir des diplômes dans des universités étrangères ou obtiennent des emplois dans des entreprises nord-coréennes travaillant à l'étranger, comme en Chine et en Malaisie. Les incompréhensions et les accusations sans fondement empêchent les progrès de la PUST.
 

Sources : 

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Etats-Unis-Corée Société
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