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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 22:48

Le 14 mars 2009, Naver, le principal moteur de recherche sud-coréen, a mis à sa une, en tant que livre du jour, Les idées révolutionnaires de Karl Marx du professeur anglais Alex Callinicos. Une audace dans un pays où lire un ouvrage communiste reste un délit.

Il y a dix ans, la publication en Corée du Sud des Idées révolutionnaires de Karl Marx avait conduit en prison le président de la société Chaekalpi, qui avait traduit cet ouvrage du professeur du collège royal de Londres Alex Callinicos. Comme l'a rappelé le directeur de Chaekalpi, Kim Tae-hun : "Notre ancien président était allé en prison il y a dix ans à cause de ce livre, qui violait les lois anticommunistes du pays selon les agences chargées de l'application de la loi".

Le 14 mars 2009, Naver - le premier moteur de recherche coréen (17 millions de visiteurs quotidiens) - a présenté le même ouvrage Les idées révolutionnaires de Karl Marx comme le livre du jour, conduisant quelque 150 personnes à se précipiter sur cet ouvrage durant le week-end, selon l'éditeur. Il s'agit manifestement d'un choix éditorial de Naver, puisqu'un ouvrage de Rosa Luxemburg avait déjà été mis en avant sur le portail de Naver en janvier de cette année.

Mais si la loi de sécurité nationale, promulguée en décembre 1948 et jamais abrogée en Corée du Sud, est appliquée aujourd'hui avec moins de sévérité, elle continue de faire peser une menace permanente sur tous ceux accusés de propager des idées jugées subversives à Séoul : les éditeurs de livres jugés marxistes peuvent être condamnés à des peines de prison, et la seule lecture de ces livres expose à de possibles poursuites judiciaires. De fait, les ouvrages dits marxistes - à commencer par les écrits sur les idées du Juche - sont censurés en Corée du Sud, tandis qu'est bloqué l'accès aux sites Internet jugés favorables à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). La loi de sécurité nationale continue par ailleurs à être invoquée pour réprimer les manifestations pacifiques antigouvernementales, en inculpant les dirigeants des mouvements sociaux de subversion communiste.

Plus fondamentalement, la crise économique en Corée du Sud conduit un nombre croissant de citoyens à chercher des clés d'explication dans les analyses de Marx et des auteurs marxistes : à titre d'exemple, Le Capital que même un singe pourrait lire, de Lim Seung-soo, s'est vendu à 7.000 exemplaires depuis sa sortie en librairie en décembre 2008, devenant ainsi l'un des best-sellers des librairies de Séoul. (Source : Korea Times)

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique sud-coréenne
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Brahim (des EJ) 20/03/2009 16:49

Une audace en effet. La loi dite de "sécurité" au sud de la péninsule n'est qu'un prétexte pour écarter du paysage politique les partis qui tireraient en peu trop vers la gauche. Au sud l'anticommunisme primaire est pire qu'aux USA et pour preuve: même le parti de centre gauche y est considéré par le trop nauséabond Chosun ilbo comme étant d'extrême gauche; sans parler de l'interdiction d'exercer pour le front démocratique national anti-impérialiste qui fait grandement défaut au peuple de sud, surtout sous le règne du traitre Ri.

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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)