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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 13:37

Alors que le président américain élu Donald Trump doit entrer en fonctions le 20 janvier 2017, une escalade verbale a été observée entre le nouveau numéro un américain et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ; alors que le discours de Nouvel An du Président Kim Jong-un a affirmé que la RPDC envisageait un test de missile balistique intercontinental (donc susceptible d'atteindre le territoire américain), avant que les autorités nord-coréennes précisent que cet essai pouvait intervenir à tout moment, Donald Trump a déclaré, dans deux tweets, d'une part, que "cela n'arriverait pas", et d'autre part a blâmé la Chine pour son absence de soutien, selon lui, sur le dossier coréen. Décryptage.

Comment interpréter l'escalade verbale entre la Corée du Nord et Donald Trump ?

Tout d'abord, il convient de resituer dans leur contexte les propos nord-coréens : Pyongyang a toujours affirmé que, face à la position américaine consistant à refuser tout dialogue sur la question nucléaire, la Corée du Nord n'avait d'autre choix que de se doter d'un potentiel de dissuasion nucléaire - accompagné de capacités balistiques crédibles. Si la RPD de Corée a réussi à mettre sur orbite des satellites, la technologie balistique militaire est sensiblement différente (quoi que prétendent les Etats-Unis en parlant de tests de missile "déguisés") et elle n'a pas encore procédé à un lancement réussi de missile balistique intercontinental (ICBM). Un tel essai s'inscrirait donc dans la continuité du programme balistique nord-coréen poursuivi depuis des années.

S'agissant du Président américain Donald Trump, ses propos ont fait couler beaucoup d'encre : comment envisage-t-il d'empêcher la Corée du Nord de procéder à un lancement d'ICBM ? Compte-t-il, comme ses détracteurs lui en prêtent l'intention, procéder à des frappes militaires sur le site de lancement en Corée du Nord, ou encore intercepter l'ICBM en vol ? Donald Trump ne le dit pas. Or une frappe militaire entraînerait de probables représailles nord-coréennes, tandis que l'interception d'un ICBM en plein vol est une opération technologique complexe - qui pourrait échouer.

Ou bien Donald Trump envisage-t-il de dialoguer, directement avec la Corée du Nord ou multilatéralement (en impliquant les Chinois) ? Sa critique constante de la politique économique extérieure chinoise, associée la puissance du lobby pro-Taïwan dans son entourage, ne plaide pas a priori en faveur d'un tel scénario. Par ailleurs, agir en Corée du Nord sans consultation de la Chine serait une faute diplomatique.

La vérité est qu'il y a loin entre la posture et les déclarations, d'une part, et les actes, d'autre part, et qu'il faut être prudent à ne pas surinterpréter des réactions exprimées "à chaud" sur un compte personnel : il y a une administration présidentielle et des parlementaires dont Donald Trump devra tenir compte, avant de gloser sur ses intentions - même si, à ce jour, l'hypothèse d'un dialogue direct avec Kim Jong-un (qu'il avait avancée pendant sa campagne électorale) a visiblement du plomb dans l'aile.

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Etats-Unis-Corée
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)