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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 12:39

Quelques jours avant les élections législatives du 13 avril 2016, les autorités sud-coréennes annonçaient la défection collective du responsable et de 12 employées d'un restaurant nord-coréen à l'étranger. Cette annonce était apparue comme une manoeuvre préélectorale, contraire à toutes les règles habituelles lorsque des Nord-Coréens rejoignent la Corée du Sud. La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a ensuite dénoncé avec véhémence des "enlèvements", c'est-à-dire que les jeunes femmes auraient été amenées de force en Corée du Sud. Et, de fait, la gestion de ces défections, dans laquelle les services de renseignement sud-coréens sont omniprésents, jette une ombre sur la volonté réelle de tout ou partie des jeunes femmes à gagner la Corée du Sud. La République de Corée dirigée par Mme Park Geun-hye a-t-elle kidnappé des citoyens d'un pays étranger ? La volonté farouche de Mme Park Geun-hye et de ses collaborateurs d'empêcher tout contact entre les défecteurs et des personnes tierces accrédite en tout cas cette thèse.

Jeong Joon-hee, porte-parole du ministère de la Réunification de la République de Corée (Corée du Sud), annonçant la défection des 13 Nord-Coréens le 8 avril 2016

Jeong Joon-hee, porte-parole du ministère de la Réunification de la République de Corée (Corée du Sud), annonçant la défection des 13 Nord-Coréens le 8 avril 2016

Le quotidien sud-coréen de centre-gauche Hankyoreh pose la question : pourquoi le gouvernement sud-coréen cache-t-il les Nord-Coréens ayant fait défection collectivement d'un restaurant en Chine en avril dernier ? En d'autres termes, en quoi la manifestation de la vérité serait-il si gênante pour Mme Park Geun-hye ?

Tout d'abord, les Nord-Coréens qui font défection sont pris en charge dans un centre d'accueil (Hanawon), sauf s'ils sont des défecteurs de haut rang disposant d'informations relevant du renseignement. Ce n'est pas le profil des 12 jeunes femmes, accompagné de leur gérant, ayant quitté le restaurant nord-coréen où tous les 13 travaillaient en Chine. Alors, pourquoi cette exception que rien ne justifie ? Pourquoi vouloir que les défecteurs n'aient de contacts qu'avec les agents des services de renseignement sud-coréens (NIS), accusés par la Corée du Nord d'avoir orchestré l'enlèvement des jeunes femmes aujourd'hui en Corée du Sud ?

En dehors des membres des centres Hanawon, les chercheurs du Centre d'études sur les droits de l'homme en Corée du Nord de l'Institut National pour la Réunification (acronyme anglais de l'Institut : KINU) sont les seuls tiers à avoir ordinairement accès aux défecteurs nord-coréens. Leur demande de rencontre avec les 13 défecteurs a été cette fois refusée.

Le 24 mai, huit avocats membres des Juristes pour une société démocratique (Minbyun) ont soumis une requête en habeas corpus, qui permet aux membres de la famille ou aux proches d'une personne victime de détention arbitraire de faire valoir leurs droits. La procédure porte sur les 12 anciennes salariées, qui ne sont pas apparues lors de l'audience : en leur lieu et place, c'est le NIS qui s'est exprimé en disant que les 12 jeunes femmes auraient eu peur d'apparaître dans une audience pourtant à huis clos, au regard des menaces qui auraient pesé sur leurs familles restées en Corée du Nord. Le NIS a ajouté que les 12 femmes auraient obtenu la nationalité sud-coréenne sur leur demande le 3 juin dernier. Les avocats de la Minbyun ont demandé une autre convocation, et donc la poursuite de la procédure, suspendue.

Comme l'observe Kim Jin-cheol, du quotidien Hankyoreh, "certaines des employées pourraient ne pas avoir eu l'intention de partir" au regard d'informations recueillies auprès de proches du dossier :

"Mes sources me disent que l'homme qui dirigeait le restaurant et certaines des salariées qu'il employait avaient une relation particulière, et sont entrés en Corée du Sud sans même savoir que neuf autres personnes viendraient également", a déclaré un défecteur devenu expert impliqué dans des actions tendant à des défections.

Même le NIS a déclaré que "peu importe les circonstances" dans lesquelles les employées sont arrivées.

Selon l'agence, "A partir du moment où ils sont arrivés, toute personne de bon sens s'inquièterait de la façon dont ils pourraient vivre en sécurité en Corée du Sud".

Cela implique que certaines des employées pourraient ne pas avoir eu l'intention de partir.

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations intercoréennes Politique sud-coréenne
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Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)