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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 23:01

Kim-Il-Sung_congres_PTC_1946.jpgLe 10 octobre est célébré en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) comme la fondation du Parti : en effet, le 10 octobre 1945 s'ouvrait à Pyongyang le congrès constitutif du Comité organisationnel central du Parti communiste de Corée du Nord. Dans un discours prononcé trois jours plus tard devant les cadres responsables du Parti dans l'ensemble des provinces intitulé "De l'édification d'une Corée nouvelle et du front uni national", dont nous reproduisons ci-après de larges extraits, le Président Kim Il-sung soulignait la nécessité de réaliser l'union la plus large de l'ensemble des patriotes, jetant ainsi les bases de la formation d'un front uni national démocratique, qui sera constitué ultérieurement autour notamment du Parti du travail de Corée (issu de la fusion, en août 1946, du Parti communiste de Corée du Nord et du Parti Néo-démocratique de Corée, à gauche photo du Président Kim Il-sung au congrès de 1946), du Parti démocratique, créé en novembre 1945, et du Parti chondogyo, fondé en février 1946. Dans le contexte de la mise en place d'une république populaire démocratique (qui sera proclamée le 9 septembre 1945), la constitution du front uni national renvoyait aux stratégies de front populaire engagées par d'autres partis communistes, en particulier dans la lutte antifasciste des années 1930. Mais la notion de front uni renvoie fondamentalement à une alliance non d'organisations, mais de classes sociales (la paysannerie, les ouvriers, les intellectuels et les capitalistes nationaux), ouverte également aux croyants, poursuivant un objectif commun : la lutte contre les vestiges du féodalisme et de l'impérialisme japonais, l'édification d'une société nouvelle dont les discours du 13 octobre 1945 énonce déjà quelques-unes des principales réformes - à commencer par la réforme agraire.

"Permettez-moi tout d'abord de parler des expériences du front uni dans d'autres pays avant d'aborder la question du front uni national.

Dans son rapport "L'offensive du fascisme et la tâches du Komintern dans la lutte pour l'unité de la classe ouvrière contre le fascisme" présenté au VIIème Congrès du Komintern en 1935, le camarade Dimitrov avança la ligne de conduite consistant à former un large front populaire anti-fasciste sur la base de l'unité et de la cohésion de la classe ouvrière. A cette époque-là, la dictature fasciste de Hitler, la plus barbare, dominait en Allemagne, tandis qu'en Italie la dictature fasciste de Mussolini se renforçait toujours davantage.

Les fascistes tentaient d'asservir non seulement le peuple de leur pays mais également toute l'humanité et de fasciser le monde entier. Dans de nombreux pays européens il était nécessaire de former un front populaire en vue de la lutte contre la dictature sanglante et la politique d'agression des fascistes. Non seulement les travailleurs, la classe ouvrière en tête, mais aussi les capitalistes réclamant la liberté et la démocratie pouvaient participer au front populaire. C'est que non seulement pour le peuple travailleur, à commencer par les ouvriers et les paysans, mais aussi pour certains capitalistes, il était d'une nécessité urgente de contre-attaquer le fascisme international qui tentait de conquérir le monde entier et d'asservir toute l'humanité. La conquête de l'Ethiopie par l'Italie fasciste fut un signal d'éclatement de la Seconde guerre mondiale. C'est face à une telle crise que le VIIème Congrès du Komintern avait soulevé la question du front populaire. Le congrès conseilla aux partis communistes de tous les pays de former un front populaire anti-fasciste. Le Parti Communiste Français et le Parti Communiste Espagnol furent les premiers à adopter la ligne tactique en matière de formation d'un front populaire.

En Orient, étant donné que les complots d'agression des impérialistes japonais visant à conquérir les peuples d'Asie se révélaient de plus en plus ouvertement, il était indispensable de former des fronts unis nationaux contre l'impérialisme japonais.

Dans les pays en lutte contre la domination coloniale de l'impérialisme et pour la liquidation du danger de colonisation, on organisait le front uni national, et dans les pays en danger de fascisation, tels que la France et l'Espagne, on organisait le front populaire. Le front populaire et le front uni national étaient identiques par essence en ce sens que tous deux s'opposaient au fascisme et à l'agression impérialiste, mais il y avait ces deux formes, en raison des conditions concrètes de chaque pays (...).

La Seconde guerre mondiale a été une guerre libératrice des forces démocratiques du monde entier contre le fascisme. Grâce au rôle décisif de l'Armée Soviétique, l'Allemagne, l'Italie et le Japon ont été défaits dans la Seconde guerre mondiale, ce qui a amené de nombreux pays d'Europe et d'Asie à se libérer du joug fasciste.

Quelle voie la Corée libérée devra-t-elle prendre ? Il existe un fait fondamental, le plus important, dont nous devons absolument tenir compte dans la définition de la voie que devra suivre la Corée. Il s'agit du fait que la Corée a été pendant longtemps une colonie de l'impérialisme japonais. A cause de la domination de l'impérialisme japonais, le développement du capitalisme en Corée avait été extrêmement freiné et la société coréenne était demeurée une société coloniale très marquée par les survivances féodales. Conséquence particulière, les rapports d'exploitation féodaux dominent dans nos campagnes.

D'où les tâches qui s'imposent aujourd'hui au peuple coréen : accomplir la révolution démocratique anti-impérialiste et anti-féodale et fonder une république populaire démocratique (...).

Pour l'édification d'une république populaire démocratique, il faut former un front uni englobant toutes les forces patriotiques et démocratiques comprenant non seulement la classe ouvrière et la paysannerie mais aussi les capitalistes nationaux. Ce n'est pas simplement par des paroles mais par la lutte effective pour la fondation d'une république populaire que nous pourrons gagner à nous les masses.

Nous devons savoir que les intellectuels, les croyants et les capitalistes sont, eux aussi, en mouvement à l'heure actuelle, bien qu'ils ne soient pas organisés. Plus nos organisations et nos forces se consolideront, plus ils s'organiseront eux aussi, graduellement, en se dégageant de leur état de dispersion (...).

Bien sûr, le front uni dont nous parlons, ayant pour but l'édification d'une république populaire démocratique, il nous est impensable de nous unir avec les laquais de l'impérialisme. Nous pouvons nous unir - et d'ailleurs nous devons nous unir - avec les capitalistes nationaux consciencieux qui exigent l'édification d'un Etat démocratique et indépendant. C'est seulement en formant un tel front uni que nous pourrons édifier une république populaire démocratique et rassembler toutes les classes et couches des masses populaires (...).

Les capitalistes nationaux éprouvent eux aussi une grande peur de notre lutte contre les éléments survivants de l'impérialisme japonais. Car ils ont eux aussi servi plus ou moins l'impérialisme japonais dans le passé. C'est un erreur que de prétendre qu'il ne faut pas dénoncer et critiquer leurs crimes alors que nous préconisons le front uni national. Dans le cadre du front uni nous devons nous en tenir au principe consistant à les combattre tout en nous unissant avec eux. C'est seulement ainsi que nous pourrons élever le niveau de conscience politique des masses laborieuses et mettre fin à l'indécision des capitalistes nationaux (...).

Pour former, à l'heure actuelle, un front uni, nous devons tout d'abord renforcer l'alliance des ouvriers et des paysans et gagner à nous les paysans innombrables. Or, pour défendre les intérêts des paysans et gagner ceux-ci, nous devons commencer par lutter pour diminuer le taux de fermage, puis entreprendre graduellement la lutte pour confisquer les terres de tous les propriétaires fonciers et les distribuer aux paysans, tout en menant la lutte pour confisquer les terres des impérialistes japonais et de leurs laquais. De la sorte, la lutte, de petite ampleur au début, doit s'élargir graduellement jusqu'à prendre une grande envergure (...).

La question de réussir ou non à édifier une Corée nouvelle démocratique, dépend entièrement du résultat, positif ou négatif, de notre travail pour le renforcement du Parti Communiste, la formation du front uni national et le rassemblement des grandes masses autour du Parti Communiste. Chaque membre du Parti communiste doit militer activement pour grossir et consolider constamment les rangs du Parti, coopérer sincèrement avec les partis amis et gagner les grandes masses".

Source : Kim Il-sung, Oeuvres choisies, tome I, éditions en langues étrangères de Pyongyang, 1976, pp. 1-10.   

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Histoire de la Corée
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