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15 juillet 2018 7 15 /07 /juillet /2018 13:53

La petite salle du restaurant coréen Morann, dans le 15e arrondissement, était pleine ce jeudi 12 juillet 2018 (et la majorité des participants français, parmi eux des membres de l'AAFC), pour entendre Mme Kim Jung-hee, Sud-Coréenne naturalisée française, faire le récit de son quatrième voyage en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), du 19 au 26 mai 2018. Une présentation suivie d'une discussion qui a également montré l'attachement des Coréens d'outre-mer à être pleinement acteurs du processus de rapprochement intercoréen en cours. 

Mme Kim Jung-hee

Mme Kim Jung-hee

D'emblée, Mme Kim a dû préciser que s'intéresser à la Corée du Nord, en Corée du Sud, n'est jamais neutre, et s'y rendre encore moins : le poids de l'éducation, longtemps marquée par un fort anticommuniste, fait soupçonner tout visiteur de sympathies communistes. Kim Jung-hee répond très simplement qu'aller en Corée du Nord consiste pour elle à s'intéresser à la moitié de son pays, certes divisé mais partageant une même culture et une même langue. Se déclarant très touchée par la rencontre à Panmunjom, le 27 avril 2018, entre les présidents Moon Jae-in et Kim Jong-un, elle est convaincue de la possibilité d'un avenir de paix si la réconciliation se poursuit.

S'appuyant sur les nombreuses photos qu'elle a pu prendre au cours de son récent séjour en mai 2018, elle a mis en évidence les changements qu'elle a observés depuis sa première visite en 2014 : un usage qui se généralise du vélo, un code vestimentaire marqué par un recours accru aux couleurs vives et la coquetterie de plus en plus prononcée des femmes...

C'est sur la vie quotidienne qu'elle a choisi de mettre l'accent, chacune de ses visites étant marquée par la conduite d'actions de coopération dans les domaines agricole et alimentaire : elle a ainsi visité la ferme-prairie de Sepodeungpan, au nord de la zone démilitarisée (acronyme anglais : DMZ), où les pluies abondantes du printemps 2018 ont été la promesse de bonnes récoltes cette année. La ferme de Sepodeungpan s'étend sur 50 000 hectares, entre 450 et 600 mètres d'altitude, et met l'accent sur l'élevage caprin et bovin en comptant aujourd'hui 100 000 têtes de bétail - l'objectif étant de porter ce nombre à 500 000 têtes. La ferme est caractérisée par un degré élevé de mécanisation (avec un système de contrôle central permettant notamment d'échanger des informations sur les bêtes malades, les paysans étant en outre très fiers que les machines à peser les bêtes soient fabriquées en RPD de Corée, de même selon eux que 90 % des tracteurs qu'ils utilisent) et un recours intensif aux énergies renouvelables (éolienne et solaire, des petits panneaux solaires - ici d'origine chinoise - étant installés sur les toits des différentes habitations). La ferme tire profit de son environnement naturel, mais elle le subit également : certains endroits trop ventés sont impropres à l'agriculture et à l'élevage - pour mémoire, un sixième seulement de la superficie totale de la Corée du Nord est constituée de terres arables. Un important effort est consacré à diminuer le taux d'acidité des terres.

La ferme constitue une agroville, disposant de son propre Institut de recherche vétérinaire, sanitaire et alimentaire, qui a été visité par des équipes originaires d'Allemagne, de Belgique et des Pays-Bas. Pour sa part, l'Italie a fourni des plants de pommiers.

Si la ferme-prairie de Sepodeungpan a constitué l'élément le plus original de la visite de Mme Kim Jung-hee en Corée du Nord, sur lequel ce compte rendu met l'accent, elle a pu se déplacer largement dans le reste du pays : à Wonsan, en cours d'aménagement de manière à devenir une station balnéaire de première importance, à Gosong (port desservant les monts Kumgang, où le dynamique tourisme intercoréen s'est brutalement arrêté en juillet 2008 et où les installations hôtelières sud-coréennes - comme l'hôtel Haekeumgang - se dégradent fortement), la zone démilitarisée - où elle a pu voir l'arbre planté par les deux présidents le 27 avril 2018 - et bien sûr Pyongyang, où la construction de nouvelles avenues témoigne du renouveau architectural en cours. 

Interrogée sur la nature des actions de coopération qu'elle conduit, Kim Jung-hee a précisé collecter des dons avec une demi-douzaine d'amis Coréens de par le monde, notamment des Coréens des Etats-Unis, les sommes recueillies ayant permis l'achat de pompes, de canalisations ou encore de filets pour protéger les plantations de jeunes arbres. 

L'exposé de Mme Kim, puis les réponses claires aux questions qui lui ont été posées, toujours dans un très bon français, a été empreint de cet enthousiasme qui témoigne combien la réunification fait toujours vibrer de nombreux Coréens, du Nord, du Sud et de la diaspora, même après 70 ans d'une cruelle séparation. 

Photo AAFC

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