Le remaniement ministériel opéré à Séoul le jeudi 3 septembre 2009 était attendu : sept nouveaux membres du gouvernement ont été nommés dont un économiste, Chung Un-chan, au poste de Premier ministre. Le choix de cet ancien président de l'Université nationale de Séoul, décrit comme un "pragmatique", peut être perçu comme un signe d'ouverture dans le domaine économique. En revanche, le très controversé Hyun In-taek reste au poste de ministre de la Réunification, signe que le président sud-coréen Lee Myung-bak entend poursuivre sa politique intercoréenne, bien qu'elle ait conduit à la quasi-rupture des relations avec le Nord.
Un nouveau gouvernement a été formé à Séoul ce jeudi 3 septembre. La principale surprise est venue de la désignation au poste de Premier ministre de Chung Un-chan (photo Seouldigitalforum), professeur d'économie, ancien président de l'Université nationale de Séoul, jusqu'ici peu engagé politiquement, et qui s'était opposé à certains projets du président sud-coréen Lee Myung-bak - notamment la construction d'un canal de 420 kilomètres entre Séoul et Pusan, aux conséquences lourdes pour l'environnement de la péninsule. Le communiqué présidentiel a déclaré : "Le Premier ministre désigné [Note : dans l'attente de sa confirmation par le Parlement], un économiste qui a apporté au gouvernement Lee des idées politiques constructives, mettra en oeuvre des politiques centristes pragmatiques".
Dans un pays où les professeurs d'université jouissent d'un grand prestige, parfois supérieur à celui des ministres qui sont avant tout des collaborateurs du président, plus que des "poids lourds" politiques, le choix de Chung Un-chan par Lee Myung-bak correspond à une communication politique dans le sens d'une ouverture, pour regagner la faveur d'une opinion majoritairement hostile à la proximité du très libéral chef de l'Etat avec les milieux d'affaires. La crise économique - seules les autorités gouvernementales, dont la Banque de Corée, envisagent aujourd'hui une croissance économique positive en 2009 - plaide par ailleurs pour des politiques moins libérales. Mais y aura-t-il une vraie volonté de changer d'orientation économique ?
Cinq autres portefeuilles ministériels changent également de titulaire :
- à la Défense, le général Kim Tae-young remplace Lee Sang-hee, qui avait protesté contre la diminution des crédits de son ministère ;
- le député Choi Kyung-hwan devient ministre de l'Economie de la connaissance ;
- Lee Kwi-nam, auparavant vice-ministre de la Justice, devient ministre de la Justice ;
- Yin Tae-hee est le nouveau ministre du Travail ;
- Paik Hee-young, professeur à l'Université de Séoul, devient ministre à l'égalité des sexes.
Enfin, Joo Ho-young devient ministre sans portefeuille.
Parmi les changements envisagés qui n'ont finalement pas eu lieu, Hyun In-taek, artisan de la politique de fermeté de Séoul vis-à-vis du Nord, reste ministre de la Réunification. Ce dernier a récemment qualifié de "tactiques" les gestes d'ouverture de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) vis-à-vis tant des Etats-Unis que de la Corée du Sud : en effet, la visite à Pyongyang de Mme Hyun Jeong-eun a ouvert la voie à la reprise des échanges intercoréens, largement suspendus suite au changement de politique intercoréenne de Lee Myung-bak, notamment de nouvelles rencontres de familles séparées ; dans un geste sans précédent pour un ancien président sud-coréen, une délégation nord-coréenne s'est rendue à Séoul pour les funérailles de Kim Dae-jung, porteuse d'un message du président Kim Jong-il qu'elle a remis à Lee Myung-bak ; enfin, Pyongyang vient de libérer des pêcheurs sud-coréens qui avaient pénétré , apparemment par erreur, dans les eaux territoriales nord-coréennes. Le maintien à son poste de Hyun In-taek est un geste d'autant plus regrettable que Séoul a poursuivi une politique de confrontation en conduisant, en août, les exercices militaires UFG (Ulchi Freedom Guardian), conjointement avec les troupes américaines. Mais si Lee Myung-bak n'a au moins pas voulu "perdre la face" en maintenant à ses fonctions Hyun In-taek, qu'avait par ailleurs également rencontré la délégation nord-coréenne venue à Séoul après la mort du président Kim Dae-jung, ne sera-t-il pas obligé d'infléchir sa politique intercoréenne ? Ce changement interviendrait sous la pression de l'opinion publique et compte tenu d'une certaine détente dans les relations américano - nord-coréennes.
Sources : AAFC, AFP.
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La foule immense des Sud-Coréens, venus rendre un dernier hommage à leur ancien président Roh Moo-hyun (2003-2008) ce vendredi 29 mai 2009, était à l'image de la douleur de tout un peuple.
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