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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 22:03

Le mardi 17 novembre 2009, plus de 30.000 paysans ont manifesté au centre de Séoul contre la baisse des prix du riz. Ils ont condamné notamment le refus du gouvernement Lee Myung-bak de reprendre les fournitures de riz à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) : après les excellentes récoltes 2009, l'augmentation des stocks sud-coréens a en effet entraîné une chute des cours, quand les Nord-Coréens sont au contraire confrontés à des risques accrus de pénurie alimentaire après les mauvaises récolte de cette année dues à la sécheresse.

La colère gronde dans les campagnes sud-coréennes : la manifestation de plus de 30.000 paysans coréens au centre de Séoul, le mardi 17 novembre 2009, était le point d'orgue d'un mouvement national de protestation des riziculteurs contre l'incapacité du gouvernement Lee Myung-bak à stabiliser le prix du riz. Si celui-ci a mis en place des mesures de soutien à l'industrie agro-alimentaire, celles-ci ne visent en effet pas directement les producteurs, et leurs effets sont plus qu'incertains, au moins à court terme. Les participants s'étaient réunis en une Convention nationale des paysans à l'appel de treize organisations paysannes, dont la Ligue des paysans de Corée. Des parlementaires d'opposition soutenaient cette initiative, dont Chung Sye-kyun, président du Parti démocratique, et Kang Ki-kap, président du Parti démocratique du travail.

La manifestation de mardi fait suite à une dégradation continue des conditions économiques des paysans coréens, suite notamment à la libéralisation des échanges de riz décidée il y a cinq ans
.

Un représentant de la Convention nationale des paysans, présidée par Han Doh-sook, a mis en cause "la décision gouvernmentale de suspendre l'aide en riz au Nord, ce qui a conduit à une augmentation spectaculaire des stocks de riz, entraînant une chute des prix". L'ancienne administration sud-coréenne de Roh Moo-hyun livrait chaque année jusqu'à 400.000 tonnes de riz au Nord, alors que le Sud dispose des plaines les plus fertiles de la péninsule coréenne, notamment dans la province de Jeolla, où les protestations ont été particulièrement fortes.

Les manifestants souhaitent également une couverture minimale des coûts de production en fixant des prix minimums d'achat de 210.000 won (environ 125 euros), alors que d'excellentes conditions climatiques ont conduit à une récolte de riz exceptionnelle de 4,9 millions de tonnes en 2009, selon le ministère de l'Alimentation, de l'Agriculture, de la Forêt et de la Pêche. L'augmentation de l'offre, conjuguée à une baisse tendancielle de la consommation domestique, entraîne une hausse des stocks et une baisse des prix d'achat aux paysans.

Au plan intercoréen, le gouvernement Lee Myung-bak utilise les livraisons de céréales au Nord - où la récolte de 2009 a été, contrairement au Sud, particulièrement mauvaise - comme une
arme dans ses relations avec les autorités nord-coréennes. Au plan intérieur, il a choisi d'emblée une réponse policière à la manifestation du 17 novembre : quinze manifestants ont été arrêtés pour entrave à la circulation dans le quartier de Gwanghwamun.

Source principale :
Korea Times. Photo : Reuters

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 22:02

Le 5 août 2009 s'achevait l'une des plus grandes luttes de l'histoire sociale coréenne, avec l'évacuation par les ouvriers grévistes de l'usine de Pyeongtaek du groupe Ssangyong. Si l'accord de fin de conflit a permis de réduire le nombre de licenciements secs, les poursuites engagées contre les ouvriers et le syndicat KCTU - toujours d'actualité - représentent globalement un échec pour les travailleurs en lutte.

Ssangyong Motor : ce nom restera comme celui de l'une des principales batailles sociales en Corée du Sud. Car si le succès n'a pas couronné le combat des Ssangyong, leur courage a signé l'une des plus grandes pages de la lutte de classes au Sud de la péninsule.  

Pendant 77 jours, à compter du 22 mai 2009, 976 ouvriers grévistes ont occupé l'usine automobile de Ssangyong à Pyeongtaek (photo Worldpress). Les assauts quasi-militaires des forces de l'ordre ont mis fin à la résistance, après le lancement de l'attaque finale des forces de l'ordre. Dans ce contexte, un accord a été signé le 6 août entre le syndicat et la direction, très en retrait par rapport aux positions syndicales.

Le constructeur automobile Ssangyong a été racheté il y a trois ans  par le groupe chinois Shanghai Automotive Industry Corporation, détenteur aujourd'hui de 51 % du capital. Depuis cette date, il n'a plus été procédé à de nouveaux investissements, et le constructeur coréen n'a plus lancé de nouveau modèle, selon une stratégie apparemment de transferts de technologie vers la Chine, parallèlement à une réduction des effectifs en Corée.

L’usine de Pyeongtaek comptait 8.700 travailleurs avant la prise de contrôle par Shanghai Automotive Industry Corporation : leur nombre avait été progressivement réduit à 7.000 lors du déclenchement de la grève. La mise en famille du constructeur coréen avait conduit, dans le cadre de la restructuration, à ce que l’usine de Pyeongtaek serve de garantie à de futurs emprunts. Le plan social prévoyait la suppression de 2.650 emplois.

Les revendications des 1.700 ouvriers occupant l'usine de Pyeongtaek, à partir du 22 mai, était basées sur le refus des licenciements, de la sous-traitance et du travail temporaire (rémunéré en moyenne 15 millions de won par an, ou 12.500 dollars, soit la moitié du salaire annuel pour les travailleurs à temps complet, compte tenu d'une ancienneté moyenne dans l'entreprise de 15 à 20 ans). 1.000 travailleurs ont poursuivi le mouvement d'occupation à partir de la mi-juin, ravitaillés par leurs femmes et leurs enfants. 50 à 60 groupes de base de 10 travailleurs chacun ont constitué le noyau dur de l'occupation.

Après qu'un rassemblement anti-grèves, composé majoritairement de cadres, fut finalement déclaré illégal le 16 juin par peur des débordements, alors qu'une contre-manifestation de 700 à 800 ouvriers d'autres groupes (notamment Kia Motors) était venue soutenir les occupants, le processus répressif a commencé : le 22 juin, des poursuites judiciaires étaient engagées contre 190 grévistes, tandis que fleurissaient les accusations de collusion avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), à l'initiative de l'extrême-droite sud-coréenne. Quelque jours plus tard, un travailleur licencié et endetté se suicidait. Les 26 et 27 juin, avec l'appui du gouvernement et des employeurs, des groupes tentèrent - sans succès - de s'introduire dans l'usine. A partir du 1er juiller, le blocus était organisé en coupant l'approvisionnement en eau, puis en gaz et enfin en électricité, ainsi qu'en interdisant la fourniture de toute aide médicale. Le 16 juillet, 3.000 manifestants qui s'étaient réunis devant l'hôtel de ville, furent empêchés d'approvionner en eau et en nourriture les occupants. Le 20 juillet, le suicide de la femme d'un responsable syndical participant à la lutte a porté à cinq le nombre de morts liés au conflit. 

Parallèlement aux premières actions miltaires conduites, depuis la fin juillet, par 3.000 policiers, 30 véhicules, des hélicoptères, et ayant entraîné des dizaines de blessés (photo Worldpress), la centrale syndicale KCTU a conduit, à partir du 22 juillet, des actions de grève à l'échelle nationale par solidarité, tandis que les grévistes réaffirmaient leur ouverture en dialogue mais aussi, si la répression continuait, leur volonté de "lutter jusqu'à la mort".

Face aux méthodes employées par les assaillants, la Confédération syndicale internationale, peu suspecte de sympathies révolutionnaires, s'est émue :

"Nous sommes profondément inquiets du blocus imposé sur l'approvisionnement en eau et en nourriture et l'accès aux traitements médicaux, ainsi que des tirs incessants au gaz lacrymogène et autres substances chimiques sur l'usine à partir d'hélicoptères. Ceux-ci représentent une atteinte criante à la dignité humaine la plus élémentaire. "

Si l'accord signé après l'assaut des forces de l'ordre a permis de réduire le nombre de licenciements secs, il est globalement un échec pour les gérvistes selon Green Left Weekly :

"
Le syndicat a accepté une partie de la gestion de la proposition de licenciement, l’enregistrement d’environ la moitié des emplois des grévistes. Le reste sera sacrifié à la retraite volontaire, non rémunérée, congé de longue durée, ou d’accepter un autre emploi de la société.

Le dirigeant syndical Han Sang-gyun a présenté des excuses pour ne pas avoir été en mesure de bloquer l’ensemble du plan de licenciement".

Le principal revers consiste dans les actions judiciaires, "pour activités criminelles", intentées contre des dizaines d'ouvriers, ainsi que le procès en indemnisation engagé contre le syndicat KCTU de la métallurgie à hauteur de 45 millions de dollars. Selon l’entreprise, ses pertes dues à la grève s'élèvent à 316 milliards de won (258,6 millions de dollars), non compris la non-production de 14 600 véhicules. De telles actions, conformes à la loi coréenne, visent à ruiner individuellement les grévistes.

Le conflit a fait naître des critiques sur le rôle du syndicat KCTU, qui a à la fois encouragé les assiégés à préparer des mesures d'auto-défense, tout en continuant à négocier avec la direction de l'entreprise.

L'AAFC salue d'autant plus le combat courageux des Ssangyong qu'il a été mené contre le gouvernement autoritaire de Lee Myung-bak, qui
tente d'étouffer toute voix discordante depuis la répression des manifestations pacifiques contre la reprise des importations de boeuf américain. Les militants pro-réunification sont les autres victimes de la répression. Même en France les services de renseignement sud-coréens ont intensifié, depuis un an, les actions d'intimidation et de déstabilisation contre les partisans de la réunification. Le courage des combattants coréens, hier pour la démocratie et contre le régime militaire, aujourd'hui pour les droits sociaux et le respect des travailleurs, a une valeur d'exemple universelle.

Sources : La bataille socialiste (notamment, articles des
27 juillet 2009 et 20 août 2009), caradisiac, La Gauche (journal de Gauche socialiste, collectif appartenant à Québec solidaire)

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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 23:08

Le remaniement ministériel opéré à Séoul le jeudi 3 septembre 2009 était attendu : sept nouveaux membres du gouvernement ont été nommés dont un économiste, Chung Un-chan, au poste de Premier ministre. Le choix de cet ancien président de l'Université nationale de Séoul, décrit comme un "pragmatique", peut être perçu comme un signe d'ouverture dans le domaine économique. En revanche, le très controversé Hyun In-taek reste au poste de ministre de la Réunification, signe que le président sud-coréen Lee Myung-bak entend poursuivre sa politique intercoréenne, bien qu'elle ait conduit à la quasi-rupture des relations avec le Nord.

Un nouveau gouvernement a été formé à Séoul ce jeudi 3 septembre. La principale surprise est venue de la désignation au poste de Premier ministre de Chung Un-chan (photo Seouldigitalforum), professeur d'économie, ancien président de l'Université nationale de Séoul, jusqu'ici peu engagé politiquement, et qui s'était opposé à certains projets du président sud-coréen Lee Myung-bak - notamment la construction d'un canal de 420 kilomètres entre Séoul et Pusan, aux conséquences lourdes pour l'environnement de la péninsule. Le communiqué présidentiel a déclaré : "Le Premier ministre désigné [Note : dans l'attente de sa confirmation par le Parlement], un économiste qui a apporté au gouvernement Lee des idées politiques constructives, mettra en oeuvre des politiques centristes pragmatiques".

Dans un pays où les professeurs d'université jouissent d'un grand prestige, parfois supérieur à celui des ministres qui sont avant tout des collaborateurs du président, plus que des "poids lourds" politiques, le choix de Chung Un-chan par Lee Myung-bak correspond à une communication politique dans le sens d'une ouverture, pour regagner la faveur d'une opinion majoritairement hostile à la proximité du très libéral chef de l'Etat avec les milieux d'affaires. La crise économique - seules les autorités gouvernementales, dont la Banque de Corée, envisagent aujourd'hui une
croissance économique positive en 2009 - plaide par ailleurs pour des politiques moins libérales. Mais y aura-t-il une vraie volonté de changer d'orientation économique ?

Cinq autres portefeuilles ministériels changent également de titulaire :
- à la Défense, le général Kim Tae-young remplace Lee Sang-hee, qui avait protesté contre la diminution des crédits de son ministère ;
- le député Choi Kyung-hwan devient ministre de l'Economie de la connaissance ;
- Lee Kwi-nam, auparavant vice-ministre de la Justice, devient ministre de la Justice ;
- Yin Tae-hee est le nouveau ministre du Travail ;
- Paik Hee-young, professeur à l'Université de Séoul, devient ministre à l'égalité des sexes.

Enfin, Joo Ho-young devient ministre sans portefeuille.

Parmi les changements envisagés qui n'ont finalement pas eu lieu, Hyun In-taek, artisan de la politique de fermeté de Séoul vis-à-vis du Nord, reste ministre de la Réunification. Ce dernier a récemment qualifié de "tactiques" les gestes d'ouverture de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) 
vis-à-vis tant des Etats-Unis que de la Corée du Sud : en effet, la visite à Pyongyang de Mme Hyun Jeong-eun  a ouvert la voie à la reprise des échanges intercoréens, largement suspendus suite au changement de politique intercoréenne de Lee Myung-bak, notamment de nouvelles rencontres de familles séparées ; dans un geste sans précédent pour un ancien président sud-coréen, une délégation nord-coréenne s'est rendue à Séoul pour les funérailles de Kim Dae-jung, porteuse d'un message du président Kim Jong-il qu'elle a remis à Lee Myung-bak ; enfin, Pyongyang vient de libérer des pêcheurs sud-coréens qui avaient pénétré , apparemment par erreur, dans les eaux territoriales nord-coréennes. Le maintien à son poste de Hyun In-taek est un geste d'autant plus regrettable que Séoul a poursuivi une politique de confrontation en conduisant, en août, les exercices militaires UFG (Ulchi Freedom Guardian), conjointement avec les troupes américaines. Mais si Lee Myung-bak n'a au moins pas voulu "perdre la face" en maintenant  à ses fonctions Hyun In-taek, qu'avait par ailleurs également rencontré la délégation nord-coréenne venue à Séoul après la mort du président Kim Dae-jung, ne sera-t-il pas obligé d'infléchir sa politique intercoréenne ? Ce changement interviendrait sous la pression de l'opinion  publique et compte tenu d'une certaine détente dans les relations américano - nord-coréennes.

Sources : AAFC,
AFP.

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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 23:07

L'ancien président Kim Dae-jung, qui a dirigé la République de Corée (du Sud) entre 1998 et 2003, est décédé le mardi 18 août 2009, à Séoul. Sans la mobilisation internationale qui avait fait reculer la junte sud-coréenne, et à laquelle l'AAFC s'était pleinement associée, l'ancien opposant serait déjà mort plusieurs fois sous les coups des généraux alors au pouvoir à Séoul. L'Association d'amitié franco-coréenne honore la mémoire tant du combattant pour la démocratie que de l'artisan de la réconciliation intercoréenne.

La nouvelle, laconique, est tombée ce mardi 18 août 2009, peu après 1 h 40 de l'après-midi : l'ancien président sud-coréen Kim Dae-jung est décédé le mardi 18 août 2009, dans l'hôpital de Séoul où il était soigné, suite à des problèmes respiratoires, une embolie pulmonaire et de multiples insuffisances.

Lorsqu'il avait reçu le prix Nobel de la paix pour sa politique de réconciliation intercoréenne, Kim Dae-jung avait déclaré : "Dans ma vie, j'ai toujours vécu avec la conviction que la justice gagnera (...) La justice peut échouer dans la vie d'une personne, mais elle l'emportera finalement dans le cours de l'histoire". De fait, la vie de l'homme d'Etat coréen a reflété son combat pour les valeurs de paix et de justice qui, quelles que soient les vicissitudes liées aux succès provisoires des opposants au dialogue intercoréen, sont appelées à triompher in fine sur le sol de la péninsule coréenne.

Kim Dae-jung était né dans une famille de paysans pendant l'occupation japonaise de la Corée, à une date qui ne peut pas être établie avec certitude - le 5 janvier 1924 selon la bibliothèque présidentielle, et le 3 décembre 1925 selon son site Internet. Après avoir débuté sa vie professionnelle dans les affaires, Kim Dae-jung a commencé une carrière politique, qui l'a conduit au Parlement en 1961, peu avant le coup d'Etat du général Park Chung-hee dont il devait devenir le principal opposant.

Lors de l'élection présidentielle de 1971, il échoue de peu face au général Park. Ce dernier réagit en promulguant, en 1972, une Constitution encore plus autoritaire, et en tentant d'éliminer physiquement celui qui a symbolisé le refus du régime militaire : enlevé par des agents sud-coréens dans un hôtel à Tokyo en 1973, il ne devra qu'à une intervention internationale de ne pas être assassiné par noyade. Quelques semaines après l'élection présidentielle de 1971, il avait été victime d'un accident de la route, qui était manifestement une tentative d'attentat, et dont il était ressorti avec une claudication comme séquelle.

Après le soulèvement de Kwangju, son bastion politique, en mai 1980, contre la loi martiale, dont la répression a entraîné entre 200 morts (bilan officiel) et 5.000 morts (à droite, le cimetière Mangwol-dong, à Kwangju, abritant les corps des victimes), un tribunal militaire sud-coréen le condamne à mort. Sa peine n'est commuée, en une peine de prison puis en un exil aux Etats-Unis (jusqu'en 1985), que sous la pression de l'opinion internationale.

Kim Dae-jung a raconté qu'il avait refusé la proposition de coopérer que lui avait faite le régime militaire pour avoir la vie sauve, en déclarant  : "Si je fais un compromis avec vous, je vais vivre temporairement, mais je mourrai à jamais. Si je ne coopère pas avec vous, mon corps mourra, mais je vivrai à jamais dans le coeur du peuple et dans l'histoire. Je préfère vivre éternellement dans l'histoire".

Après deux nouveaux échecs aux élections présidentielles, en 1987 et 1992, Kim Dae-jung accède enfin à la magistrature suprême en remportant l'élection présidentielle de 1997. Son mandat (1998-2003), au plan intérieur, a été marqué par la restructuration et le redressement rapide de l'économie au lendemain de crise financière, ainsi que par la poursuite d'orientations économiques libérales, malgré une extension partielle du système de protection sociale, ainsi que par des scandales ayant éclaboussé des membres de la famille du chef de l'Etat.

S'agissant des relations intercoréennes, Kim Dae-jung reste l'artisan de la "politique du rayon de soleil" d'ouverture au Nord, laquelle a conduit à la première rencontre historique à Pyongyang, au plus haut niveau, entre les autorités du Nord et du Sud de la Corée divisée depuis un demi-siècle (photo encyclopédie Britannica). Cosignée par Kim Dae-jung et Kim Jong-il, président de la commission de la défense nationale de la République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord), la déclaration commune Nord-Sud du 15 juin 2000 a pavé la voie de la réconciliation et de la réunification. 

En janvier 2009, Kim Dae-jung avait justifié le dialogue comme le seul chemin possible pour la réunification de la péninsule coréenne, en déclarant  : "Le Sud et le Nord n'ont jamais été libres d'une peur et d'une animosité mutuelles au cours du demi-siècle passé - même pas pendant un seul jour (...) Lorsque nous coopérons, les deux Corée bénéficient de la paix et de la prospérité économique".

Si son principal héritage politique - le dialogue intercoréen - s'est poursuivi sous le mandat de son successeur démocrate Roh Moo-hyun, la remise en cause de sa politique d'ouverture au Nord par l'actuel président conservateur Lee Myung-bak a entraîné la rupture du dialogue gouvernemental intercoréen, soulevant protestations et inquiétudes
non seulement dans les rangs de l'opposition, mais aussi au sein même du Grand parti national au pouvoir. Toutefois, sa mort a été unanimement saluée, y compris par ses adversaires politiques : le président en titre Lee Myung-bak a déclaré que "ses accomplissements et ses aspirations à réaliser la démocratisation et la réconciliation intercoréennes resteront longtemps dans la mémoire du peuple".

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il a adressé un message de condoléances à la famille de Kim Dae-jung, en déclarant : "Bien qu'il ne soit plus, à notre grand regret, sa volonté de parvenir à la réconciliation nationale et à la réunification demeurera longtemps présente dans l'esprit de notre peuple".

Après le
suicide, en mai, de Roh Moo-hyun, ce sont les deux chefs d'Etat sud-coréens qui ont le plus contribué au dialogue intercoréen qui disparaissent en l'espace de quelques mois.

La coïncidence entre la mort de Kim Dae-jung et
la conclusion, la veille, d'un accord majeur entre Hyundai et les autorités nord-coréennes montre toutefois qu'il n'y aura pas de retour en arrière dans le chemin parcouru vers une meilleure compréhension entre Sud et Nord-Coréens.

L'AAFC honore la mémoire du combattant pour la démocratie et de l'homme qui, au Sud de la péninsule, a été un des principaux artisans de la réconciliation intercoréenne. Les combats ainsi menés par l'AAFC ont façonné son visage actuel : dans la continuité de son soutien aux opposants au régime militaire sud-coréen,
l'AAFC est devenue, en 1989, une association d'amitié avec tout le peuple coréen, du Nord, du Sud, comme de la diaspora, faisant de la réunification pacifique et indépendante de la Corée l'un de ses mots d'ordre, sur la base des déclarations conjointes Nord-Sud du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007.

Sources : AAFC,
AFPThe Washington Post, Financial Times, CNN.

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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 13:07

L'arrivée au pouvoir du conservateur Lee Myung-bak à Séoul a ouvert une vague de répression sans précédent contre les partisans de la réunification : après le suicide du pasteur Kang Hui-nam, président honoraire de la branche sud-coréenne de l'Alliance pan-coréenne pour la réunification (Pomminryon), l'arrestation des six de Séoul a été le signal du procès des relations intercoréennes sous l'ère Roh Moo-hyun, en application de la loi dite de sécurité nationale. Comment expliquer cet acharnement anti-communiste, alors que dans le même temps la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) reste soumise à des difficultés économiques réelles ? En réalité, l'objectif du pouvoir à Séoul est de discréditer tout modèle alternatif, ainsi que les valeurs de solidarité nationale qui ont fondé la RPDC, perçues comme autant de menaces de subversion de l'ordre économique et social : là réside, pour les gouvernants au pouvoir à Séoul, le vrai danger venant du Nord.

Au plus fort des manifestations contre la reprise des importations de boeuf américain, les conservateurs au pouvoir à Séoul ont cru voir la main de Pyongyang : ils ont déclenché une
répression brutale sous ce prétexte, alors même que les organisations ouvertement favorables au Nord sont interdites et que les partis de gauche - par ailleurs divisés sur la question des relations avec le Nord - ne recueillent généralement, en Corée du Sud, que moins de 10 % des suffrages exprimés aux élections.

Le gouvernement Lee Myung-bak croit-il réellement à la menace de subversion communiste ? De fait, la République de Corée (du Sud) s'est fondée davantage sur une opposition à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) que sur un anticommunisme classique : les valeurs que représente, ou qu'entend défendre Pyongyang, sont perçues comme autant de menaces à l'ordre économique et social qui a présidé à la constitution de la République de Corée. Ainsi, les fortunes actuelles en Corée du Sud ont été accumulées par d'anciens collaborateurs du pouvoir colonisateur japonais, qui a occupé la Corée entre 1910 et 1945, quand une épuration était menée au Nord. Aux inégalités en Corée du Sud, l'un des pays dotés d'une des plus faibles couvertures sociales parmi les Etats industrialisés membres de l'OCDE, fait écho la
gratuité de l'éducation et de la santé au Nord, où des enfants d'ouvriers, de mineurs et de paysans ont pu gravir l'échelle sociale. En disqualifiant la Corée du Nord, le pouvoir sud-coréen veut remettre en cause toute aspiration à une plus grande justice sociale : la question ne porte alors pas tant sur les succès économiques comparés du Nord et du Sud (de fait, après 1948, et pendant une génération, le niveau de vie a été incontestablement plus élevé au Nord) que sur les valeurs et les principes qui fondent les deux Etats du Nord et du Sud.

Au-delà du socialisme, ce sont l'ensemble des valeurs que défend la Corée du Nord qui sont suspectes : alors que le mode de vie américain s'est imposé en Corée du Sud, où stationnent encore plus de 28.000 G.I s américains, la Corée du Nord a défendu l'autonomie nationale et l'identité coréenne.  Au premier rang des idées aujourd'hui suspectes à Séoul, celle de réunification, dont tout partisan a longtemps été catalogué comme "rouge" à Séoul, ce qui entraîne ipso facto le placement sur une liste noire interdisant, par exemple, l'accès aux emplois publics. De fait, les premières propositions en vue d'une réunification ont été formulées au Nord, par le Président Kim Il-sung, et l'opposition (aujourd'hui au pouvoir à Séoul) avait déjà dénoncé les accord intercoréens du
15 juin 2000 et du 4 octobre 2007 comme autant de concessions, selon elles inacceptables, envers Pyongyang.

C'est ce contexte propre à la péninsule coréenne qui est de nature à expliquer les atteintes actuelles à la démocratie à Séoul. Mais notre conviction est que les anciens présidents démocrates Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun ont créé un nouvel état d'esprit qui rendra difficile la régression vers les années du régime militaire. La répression est le signe de la faiblesse du pouvoir à Séoul, et non de sa force.

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 21:51

Ce 27 juillet marquait le 56eme anniversaire de l'armistice qui a mis fin aux combats de la guerre de Corée. A Séoul, de nombreux Coréens ont manifesté pour exiger, notamment, la signature d'un véritable traité de paix, ce que refusent toujours les Etats-Unis.


Le 26 juillet 2009, malgré la forte présence policière, une manifestation s'est tenue dans le centre de Séoul pour commémorer le 56eme anniversaire de l'amistice qui a mis fin, le 27 juillet 1953, aux combats de la guerre de Corée. Parmi les manifestants, se trouvaient des militants de Solidarité pour la paix et la réunification de la Corée, de l' Alliance coréenne pour un mouvement progressiste, de l'Alliance pan-coréenne pour la réunification (Pomminryon), de la Confédération coréenne des syndicats (KCTU), ainsi que d'anciens prisonniers de longue durée en application de la loi dite de « sécurité nationale », et les familles de prisonniers de conscience.

 


Au début, la police a tenté d'empêcher que cette manifestation ait lieu à proximité de l'ambassade américaine. Les manifestants ont alors eux-mêmes fait barrage aux policiers pour leur demander de respecter la loi car ce rassemblement avait été autorisé. La police a donc fini par reculer.


Les manifestants avaient plusieurs revendications : le respect de la Déclaration commune Nord-Sud du 15 juin 2000, l'abandon de l'Initiative de sécurité contre la prolifération des armes de destruction massive (PSI), l'arrêt des sanctions contre la Corée du Nord, l'ouverture de négociations entre la Corée du Nord et les Etats-Unis et la signature d'un traité de paix. L'administration du président sud-coréen conservateur Lee Myung-bak n'applique plus la Déclaration commune du 15 juin, tandis que les Etats-Unis refusent des négociations directes avec la Corée du Nord qui aboutiraient à la signature d'un véritable traité de paix mettant fin à l'état de guerre qui prévaut dans la péninsule coréenne depuis 1953.


Sources : Tongil News, No base stories of Korea

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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 11:30

Ils étaient des dizaines de milliers dans les rues de Séoul, ce vendredi 29 mai 2009, à rendre un dernier hommage à l'ancien président Roh Moo-hyun, après le suicide de celui qui a été l'un des plus fervents défenseurs des droits de l'homme en Corée du Sud, et un des artisans de la réconciliation avec le Nord.

La foule immense des Sud-Coréens, venus rendre un dernier hommage à leur ancien président Roh Moo-hyun  (2003-2008) ce vendredi 29 mai 2009, était à l'image de la douleur de tout un peuple.

Si 3.000 personnes ont assisté aux funérailles, parmi lesquelles les anciens présidents Kim Dae-jung et Kim Young-sam, des députés et des diplomates, ils étaient encore plus nombreux (130.000 selon la police) à s'être rassemblés dans les rues de la capitale sud-coréenne, avec des ballons jaunes et des banderoles représentant l'ancien président. L'impressionnant déploiement policier anti-émeutes (15.000 agents) témoignait aussi de la crainte de débordements, alors que le suicide de Roh Moo-hyun est intervenu après un déchaînement médiatique sur une possible affaire de corruption impliquant plusieurs de ses proches, lancée à l'initiative du ministère de la Justice, et visant à ternir la réputation d'un homme qui a été le président le plus intègre de la Corée du Sud depuis la fondation de l'Etat en 1948.

Au total, ce sont 5 millions de Coréens qui, depuis une semaine, ont rendu hommage à leur ancien président.

Le Premier ministre Han Seung-soo a déclaré que Roh Moo-hyun avait "consacré sa vie à lutter pour les droits de l'Homme, la démocratie et la fin de l'autoritarisme."

L'AAFC renouvelle ses condoléances à la famille et aux proches de l'ancien chef de l'Etat, saluant en lui le défenseur des droits de l'homme et le partisan de la réunification de la Corée, notamment lors du second sommet intercoréen au plus haut niveau en octobre 2007.


Source : AFP

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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 11:23

Visé par une enquête pour corruption impliquant plusieurs de ses proches, l'ancien président sud-coréen (2003-2008) Roh Moo-hyun s'est donné la mort ce samedi 23 mai 2009. L'AAFC rend hommage à l'avocat des victimes du régime militaire et au patriote qui avait fait progresser la cause de la réunification de la Corée.

Les Coréens étaient sous le choc en apprenant, le samedi 23 mai 2009, le suicide dans la matinée de l'ancien président Roh Moo-hyun
(photo : Reuters). Plusieurs proches  du président Roh - son épouse et le mari d'une de ses nièces - étaient visés par une enquête pour corruption, affaire qui avait donné lieu à une très forte couverture médiatique par la presse conservatrice acquise au président Lee Myung-bak.  

Au cours d'une randonnée, il s'est jeté du haut d'une falaise, pendant un moment d'inattention du garde du corps qui l'accompagnait. Il est mort pendant son transfert à l'hôpital de Pusan.

L'ancien avocat des victimes du régime militaire, devenu député en 1988, s'était illustré en dénonçant la corruption, avant que le Grand parti national (GPN, conservateur) ne mène, durant le mandat présidentiel de Roh Moo-hyun (2003-2008), une campagne acharnée sur la corruption de la nouvelle majorité - ayant permis le vote sans précédent d'une procédure de destitution en 2004, avant que des élections législatives anticipées ne conduisent au Parlement une nouvelle majorité favorable au président démocrate. Dans un contexte de très forte impopularité de son successeur, le conservateur Lee Myung-bak, élu en décembre 2007 et entré en fonctions en février 2008, le GPN avait relancé sa campagne anti-Roh Moo-hyun, qui avait été un des facteurs de sa victoire politique, en faisant l'impasse sur ses propres affaires de corruption, alors que nombre de dirigeants du GPN ont commencé de bâtir leurs fortunes pendant la colonisation japonaise (1910-1945).

Tout en précisant n'avoir pas été impliqué personnellement dans les scandales de corruption visant ses proches, l'ancien chef de l'Etat s'était excusé auprès des Sud-Coréens le mois dernier, lors d'une conférence de presse, après s'être exprimé sur son blog : "Je ne symbolise plus les valeurs que vous poursuivez (...) Vous devriez vous débarraser de moi." Il avait laissé un message d'adieu : "Le reste de ma vie pourrait être un fardeau pour d'autres. Comme je ne suis pas en bonne santé, je ne peux rien faire. Je ne peux pas lire de livres, je ne peux pas écrire. Ne soyez pas tristes. La vie et la mort ne sont-elles pas une seule et même chose ?"

Déplorant un "incident triste et tragique", le président Lee Myung-bak a demandé de préparer les funérailles "avec le respect et conformément au protocole prévu pour un ancien président."

Roh Moo-hyun était né le 6 août 1946, dans une famille de paysans pauvres du village de Gimhae, près de Pusan. Il avait suivi des cours de soir pour étudier et devenir magistrat en 1977, s'impliquant dans la défense des victimes du régime militaire, notamment après le soulèvement de Gwangju en 1980, puis dans le mouvement démocratique de 1987 ayant conduit au rétablissement de l'élection du président de la République au suffrage universel direct.

Elu député en 1988, il devient célèbre en révélant la corruption du pouvoir conservateur. Farouche opposant au régionalisme, source de clientélisme dans la société coréenne, il choisit de se présenter dans un bastion conservateur, Pusan, avant de remporter l'élection présidentielle de décembre 2002, grâce à une campagne menée notamment sur Internet, alors que les médias traditionnels restent acquis aux forces conservatrices.

Son mandat est marqué, en politique intérieure, par la poursuite des réformes libérales, en particulier la négociation d'un accord de libre-échange avec
les Etats-Unis, auxquels il n'hésite toutefois pas à s'opposer, notamment sur la question de la Corée du Nord. Il a également encouragé les travaux d'enquête sur les massacres de civils par les militaires sud-coréens et les Américains au début de la guerre de Corée. Ayant poursuivi et approfondi la politique d'ouverture au Nord dite du "rayon de soleil" de son prédécesseur Kim Dae-jung, il a rencontré le dirigeant Kim Jong-il, lors du deuxième sommet intercoréen au plus haut niveau, en octobre 2007.

Si les mises en cause personnelles semblent avoir joué un rôle majeur dans le suicide de Roh Moo-hyun, cet épisode tragique est à l'image d'une situation délètère en Corée du Sud. La
répression politique et la dégradation des relations intercoréennes, alors que Lee Myung-bak traite comme des chiffons de papier les accords interétatiques du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007, font planer le spectre d'un retour aux années de plomb du régime militaire.

L'AAFC présente ses condoléances à la famille et aux partisans de Roh Moo-hyun, en saluant la mémoire de l'artisan du dialogue intercoréen et le combattant pour la démocratie.

Sources : AFP, OhmyNews, wikipedia

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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 22:49
Rien ne va plus pour les libertés en Corée du Sud. Après les accusations de diffusion de fausses informations ayant entraîné l'arrestation, début janvier, de l'internaute Minerve (libéré le 20 avril, faute de preuves) et, plus récemment, du producteur de télévision Lee Chun-geun, ce sont maintenant les accusations de collusion avec la Corée du Nord qui servent à faire taire toute contestation de la politique du président conservateur Lee Myung-bak.  En effet, les poursuites se multiplient à l'encontre des organisations ou individus soupçonnés de violer la Loi dite de sécurité nationale. Cette loi instaurée en 1948 vise, entre autres, à empêcher tout contact des Coréens du Sud avec leurs compatriotes du Nord sans autorisation du gouvernement de Séoul.

Le 21 avril 2009, accusés d'avoir enfreint la Loi de sécurité nationale, Choi Han-wuk et Kang Jin-gu, principaux dirigeants du mouvement pro-réunification Solidarité pour la mise en pratique de la Déclaration conjointe Nord-Sud (Solidarité), ont été condamnés par la cour du district central de Séoul à deux ans et demi de prison chacun. La cour a considéré que Solidarité constitue un "groupe anti-Etat" dont les efforts sont tournés vers la "glorification du Nord" et l'"opposition au gouvernement sud-coréen".

La cour a aussi condamné à 18 mois de prison avec sursis Mun Gyeong-hwan et Gwak Dong-gi, deux autres dirigeants du mouvement national pro-réunification. Le juge Hong Seung-myeon dit avoir été plus sévère avec Choi et Kang car ils ont en charge la direction politique de Solidarité et sont entrés en contact avec des responsables nord-coréens sans autorisation.

Dans l'énoncé de son verdict, la cour déclare que les activités de Solidarité obéissent largement à la stratégie de la Corée du Nord, qui est de promouvoir l'anti-américanisme et de prôner un retrait des troupes américaines de la péninsule coréenne. "Solidarité est engagé dans des activités anti-américaines et anti-gouvernementales [...] en faisant la promotion de la possession d'armes nucléaires par le Nord et des réalisations de Kim Jong-il", affirme la cour. Selon la justice sud-coréenne, Solidarité pourrait ainsi perturber la perception qu'a le public de la situation dans la péninsule...

"Violation de la Loi de sécurité nationale." C'est aussi ce qui vaut des ennuis au célèbre chanteur sud-coréen, Shin Hae-chul.

A 41 ans, Shin est connu pour ses positions critiques vis-à-vis du gouvernement sud-coréen. Le 8 avril, il a posté un message sur son site Internet (www.shinhaechul.com) pour féliciter la RPDC de la réussite du lancement de la fusée Unha-2. "En tant que membre du même groupe ethnique, je félicite la République populaire démocratique de Corée pour la réussite du lancement d'une fusée, conforme à l'exercice de sa souveraineté et aux lois internationales", a écrit Shin. "Maintenir des capacités nucléaires est le seul moyen efficace qu'ont les pays faibles de résister aux plus puissants", a-t-il poursuivi. "Je suis heureux que nos frères possèdent une telle capacité de défense indépendante."

Ce message de félicitation a provoqué la colère d'organisations conservatrices sud-coréennes, lesquelles veulent poursuivre Shin Hae-chul. Bong Tae-hong, président d'une organisation qui se fait appeler "La vraie Corée", a qualifié le commentaire de Shin de "menace substantielle pour la sécurité et l'existence de la Corée du Sud." On parle bien d'un message laissé par un chanteur de rock sur un site Internet...

Instaurée en décembre 1948, la Loi de sécurité nationale a pour objectif, selon son premier article, de "supprimer les activités anti-Etat qui mettent en danger la sécurité nationale et d'assurer la sécurité de la nation, la liberté du peuple et la liberté."

L'article 2 définit comme groupes anti-Etat "les organisations nationales ou internationales ou les groupes dont l'intention est de mener ou de faciliter des actions d'infiltration du gouvernement ou d'entraîner des désordres pour la nation."

Les sanctions définies aux articles 3 et 4 incluent la peine de mort et des peines de prison d'une durée minimale de deux ans.

L'article 7 prévoit des peines jusqu'à sept ans de prison pour ceux qui encouragent la coopération avec des groupes anti-Etat mettant en danger la sécurité nationale. Il a été souvent utilisé pour détenir des personnes ayant des idées de gauche, particulièrement celles dont les idées et les opinions politiques à propos de la réunification de la Corée sont considérées comme identiques ou similaires à celles de la RPDC.

L'Association d'amitié franco-coréenne appelle à l'abolition de cette loi anachronique. (sources : JoongAng Ilbo, The Korea Times, Wikipedia)  



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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 17:20

Lors des cinq élections législatives partielles qui se sont tenues le mercredi 29 avril 2009, le Grand parti national (GPN) du président Lee Myung-bak a subi un revers cinglant, en ne remportant aucun des sièges en lice. Ces scrutins ont donné un net avantage aux partis d'opposition, ainsi qu'à des candidats indépendants.

0/5 : le Grand parti national (GPN) ne pouvait envisager pire scénario en ne remportant aucun siège, à l'issue des cinq élections législatives partielles organisées le mercredi 29 avril 2009 (photo ci-contre : la direction du GPN suit les résultats à la télévision, le président du parti Park Hee-tae étant le deuxième en partant de la droite) Le taux de participation (40,8 %) a été le plus élevé à un scrutin partiel en Corée du Sud depuis 2001 (par comparaison, le taux de participation à l'élection présidentielle de décembre 2007 a à peine dépassé la barre des 60 %). Les élections sud-coréennes ont lieu au scrutin majoritaire uninominal à un tour, comme aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

A Incheon, dans le district de Bupyeong, le siège a basculé du GPN au Parti démocrate (PD, opposition centriste), avec la victoire de Hong Yeong-pyo. Par ailleurs, Kim Yun-sik (PD) a remporté la mairie de Siheung, à Gyeonggi.

A Ulsan, le candidat du Nouveau parti progressiste (Jinbo), Cho Seung-soo, permet à cette formation politique de faire son entrée au Parlement, après avoir échoué de peu, aux élections générales du 9 avril 2008, à franchir la barre des 3 % pour disposer de plusieurs des sièges attribués au scrutin proportionnel. Classé à gauche, le Nouveau parti progressiste a fait scission du Parti démocratique du travail (PDT). Pour ce scrutin, le Nouveau parti progressiste et le PDT avaient fait alliance, ce qui pourrait marquer une étape sur le chemin de la réconciliation de la gauche coréenne.

Des candidats indépendants ont remporté les trois derniers sièges :
- dans le Jeonju, à Deokji, Chung Dong-young, l'ancien candidat démocrate à l'élection présidentielle de 2007, fait son retour en politique après un séjour de quelques mois aux Etats-Unis ; avec un score de 72,3 %, il a remporté une victore sans appel sur le candidat officiel du PD et se positionne contre la direction actuelle du PD ; un autre dissident du PD, qui avait fait alliance pour ce scrutin avec Chung Dong-young, Shin Kuhn, ancien chef des services de renseignement, l'a également emporté à Wansan, toujours dans la province de Jeonju, favorable à l'opposition, dans un pays où les clivages régionaux sont très marqués ;
- dans le Gyeongju, la victoire de Jeong Soo-seong est celle d'un proche de Mme Park Geun-hye, qui dirige l'opposition interne à Lee Myung-bak au sein du GPN, après avoir été battue de peu dans la primaire interne au GPN pour désigner le candidat à l'élection présidentielle de 2007 ; Jeong Soo-seong a défait le candidat officiel du GPN.

Si le porte-parole de la présidence de la République a refusé de commenter ces résultats, qui ne remettent pas en cause la majorité parlementaire du GPN (y compris de députés favorables à Mme Park Geun-hye, qui ont rejoint leur parti), il ne s'agit pas moins d'un revers cinglant pour Lee Myung-bak, mis en cause notamment sur les questions de respect des libertés publiques, et pour son attitude intransigeante vis-à-vis de la Corée du Nord. 

Sources : Ser Myo-ja, JoongAng Daily (y compris photo), et AAFC

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