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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 16:24

monument_victoire_pochonbo_4_juin_1937.jpgSoumise à la domination japonaise pendant plus d'une génération, de 1910 à 1945, la Corée a combattu l'impérialisme nippon au sein d'unités de guérilla, jusqu'à la libération de la péninsule en 1945. Il y a soixante-quinze ans, le 4 juin 1937, la bataille de Pochonbo, près de la frontière sino-coréenne, marquait une victoire des guérilleros conduits par Kim Il-sung, futur président de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).

 

Le 4 juin 1937, à 22h, un coup de fusil se fit entendre à Pochonbo : il marquait le début de la bataille engagée dans la commune de Pochon, alors située dans l' arrondissement de Kapsan de la province de Hamgyong du Sud. Le gros des troupes de l'Armée populaire révolutionnaire de Corée (APRC), sous le commandement du camarade Kim Il-sung, se lançait dans une attaque surprise contre l'occupant japonais.  

 

Pochonbo_coup_de_feu.jpg

Près de la frontière avec la Chine, le Japon impérial avait établi une vingtaine de postes de police, en ayant dressé une batterie de commandement tous les deux kilomètres.

 

Le site de Pochonbo, situé dans une région de forêts vierges, avait également été choisi pour sa proximité avec les bases militaires de la guérilla du Mont Paektu, et donné lieu à des missions de reconnaissance préalables.

 

L'armée de guérilla franchit le fleuve Amnok, marquant la frontière entre la Chine et la Corée, dans la nuit du 3 juin.

 

Les guérilleros s'emparèrent du poste de police de Pochonbo, tuant les occupants japonais et libérant les prisonniers. Ils investirent ou incendièrent les bureaux de l'administration cantonale et de l'administration des forêts, la poste, la caserne de sapeurs-pompiers et le centre d'expérimentation agricole. Les biens des magasins et restaurants gérés par les occupants japonais furent saisis et redistribués à la population coréenne.

 

Le programme en 10 points de l'Association pour la restauration de la patrie fut placardé sur les murs de la ville et affiché sur les arbres. Kim Il-sung prononça le discours "Menons une lutte énergique pour la restauration de la patrie", où il souligna la portée de la bataille de Pochonbo qui, au-delà de son résultat militaire immédiat, témoignait de la capacité de résistance du peuple coréen. Les flammes de la ville libérée s'inscrivent dans la mémoire des combats pour l'indépendance.

 

L'ARPC poursuivit l'ennemi, en l'emportant dans une embuscade tendue le 5 juin dans la vallée de Kouyushan, où furent saisis des mitrailleuses, des lance-grenades et de nombreux autres matériels de guerre. Ces armes jouèrent un rôle déterminant dans le succès remporté le 30 juin, à Jiansanfeng, sur une contre-expédition de 2.000 soldats japonais dépêchés d'urgence.

 

Au plan stratégique, la bataille de Pochonbo, puis celles de Kouyushan et Jiansanfeng, témoignèrent de la capacité de détachements de guérilla, inférieurs en nombre, à l'emporter sur des troupes d'occupation en jouant sur l'effet de surprise, la proximité avec les populations locales, une plus grande mobilité et une meilleure connaissance du terrain.

 

La bataille de Pochonbo représenta aussi un tournant psychologique dans la lutte pour l'indépendance, en témoignant de la capacité à faire reculer des troupes d'occupation plus nombreuses et mieux armées. Pour la République populaire démocratique de Corée, dont la légitimité est fondée sur la résistance à l'occupation japonaise, elle joue un rôle analogue à la bataille de Stalingrad qui devait, quelques années plus tard, signer le premier échec militaire des soldats nazis face à l'Armée rouge de l'Union soviétique.

 

pochonbo_ceremonie_anniversaire_2012.jpg

Un ensemble de musique électronique nord-coréen, l'ensemble Pochonbo, a tiré son nom de la bataille du 4 juin 1937. Elle a aussi donné son nom à une compétition sportive organisée chaque année au mois de juin.

 

Sources : AAFC, KCNA (dépêche du 3 juin 2012, dont peinture et photo de rassemblement commémoratif), Naenara (dont photo : monument à la victoire de Pochonbo).

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 23:53

Après l'armistice de la guerre de Corée, le 27 juillet 1953, des combats se sont poursuivis dans plusieurs régions isolées de la péninsule. Au Sud de la péninsule, un groupe de partisans communistes, favorables à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), ont combattu jusqu'en 1963. Parmi eux, une femme, Jong Sun-dok (정순덕), a été capturée et emprisonnée jusqu'en 1985. Décédée en 2004, elle était la dernière partisane coréenne au Sud de la péninsule.

 

Dans le comté de Sancheong, aux pieds des Monts Jiri dans la province du Gyeongsang du Sud, deux musées rappellent le combat mené par des partisans de gauche contre le gouvernement sud-coréen, de 1948 à 1963.

 

Partisan-Struggle_Jirisan.jpgAvant le déclenchement de la guerre de Corée en juin 1950, des guérillas de gauche, dans le Sud de la péninsule, avaient pris les armes pour lutter contre le gouvernement de droite autoritaire de Syngman Rhee, soutenu par les Etats-Unis. Fin octobre 1948, des guérilleros s'étaient soulevés à Yeosu. Rapidement défaits, plus de 1.000 combattants se réfugièrent dans les Monts Jiri, où ils rejoinrent d'autres guérilleros : l'historien américain Bruce Cumings considère cette date comme le début de la guerre de guérilla organisée sur le sol de la péninsule coréenne, après le soulèvement de l'île de Jeju. La guérilla des Monts Jiri parvint à se maintenir jusqu'au début de la guerre de Corée, lorsque les premiers succès de l'Armée populaire de Corée (du Nord) permirent son renforcement. Malgré le recul des forces communistes du Nord, la situation propre aux Monts Jiri entraîna la poursuite de combats particulièrement violents, ayant touché largement les populations civiles. De nombreux partisans, coupés des soldats nord-coréens, furent tués lors de l'opération appelée "Dératisation" conduite en 1951 par le général sud-coréen Paik Sun-yup (ci-dessus à gauche, statues dans le parc du musée illustrant l'élimination des combattants communistes). Toutefois, quelque 8.000 guérilleros continuèrent le combat dans les Monts Jiri, et ne rendirent pas les armes lors de l'armistice du 27 juillet 1953. Les derniers partisans furent capturés à l'aube du 12 novembre 1963. Parmi eux, une femme Jong Sun-dok, âgée de 30 ans, fut blessée lors de sa capture, alors qu'elle s'était cachée sous le système de chauffage par le sol ondol - dans un endroit où la chaleur était telle qu'elle pensait que les troupes sud-coréennes ne s'aventureraient pas. Touchée par balles, elle fut amputée d'une jambe.

 

L'endroit où Jong Sun-dok a été blessée et capturée constitue la pièce centrale du Musée mémorial Nambugun.

 

Jong Sun-dok avait combattu plus de douze ans dans les forêts des Monts Jiri, où elle avait suivi son mari. Emprisonnée à vie, elle ne fut libérée qu'en 1985. Sans avoir pu rejoindre la République populaire démocratique de Corée, elle est restée fidèle aux idéaux communistes jusqu'à sa mort, survenue le 1er avril 2004.

 

Jeong-Sun-deok.jpg

Sources :

- Axis History Forum, discussion "Inchon Landing Operation and Liberation of Seoul" ;

- Philippe Gowman, "Remembering the struggle against the partisans", sur le site London Korean Links, article publié le 6 août 2010 ;

- portrait sur le site Oreum.net ;

- wikipédia (article en coréen consacré à 정순덕).

 

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 20:39

Il y a quatre-vingts ans, le 25 avril 1932, l'actuelle Armée populaire de Corée (APC) était fondée, sous l'impulsion du camarade Kim Il-sung, en tant qu'Armée de guérilla populaire antijaponaise (AGPA). Il s'agit d'une date significative dans l'histoire de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), dont la légitimité est fondée sur la lutte contre l'impérialisme japonaise puis la résistance face aux Etats-Unis pendant la guerre de Corée (1950-1953), avant que la politique de Songun, en donnant la priorité aux affaires militaires, fasse de l'Armée populaire de Corée un des fers de lance de la modernisation économique et technologique dans l'édification d'un pays puissant et prospère. L'AAFC revient sur le contexte historique de fondation de l'APC.

 

Issue de l'Armée révolutionnaire coréenne, fondée le 6 juillet 1930 à Guyushu comme première organisation armée  révolutionnaire des communistes coréens, l'Armée de guérilla populaire antijaponaise (AGPA) a réuni des combattants aguerris aux méthodes de combat de la lutte clandestine. Equipés d'armes prises sur les troupes japonaises et leurs collaborateurs, les premiers détachements de la future AGPA ont été formés, à partir de 1932, à Antu, puis à Wangqing, Yanji, Helong, Hunchun et d'autres districts du bassin du fleuve Tumen, en Mandchourie, à proximité de la frontière sino-coréenne.

 

kim_il_sung_guerilla_1937.jpgCes initiatives furent menées dans un front commun avec les troupes chinoises antijaponaises. Préalablement à la création de l'AGPA, sur l'initiative de Kim Il-sung, des pourparlers s'engagèrent avec Wei, commandant d'une troupe chinoise antijaponaise, pour réaliser la stratégie de front uni : dès la mi-avril 1932, des détachements de Coréens furent ainsi établis au sein des troupes chinoises.

 

 Le 25 avril 1932, l'Armée de guérilla populaire antijaponaise (AGPA) était fondée à Antu. Dans un discours intitulé "A l'occasion de la création de l'Armée de guérilla populaire antijaponaise", le camarade Kim Il-sung insista sur la nécessité d'un lien étroit entre le peuple et les troupes combattantes permanentes, formées d'ouvriers et de paysans, la lutte de libération nationale étant indissociable de l'établissement d'un pouvoir populaire.

 

kim_chaek.jpgPlusieurs troupes de guérilla se structurèrent en Mandchourie à partir de 1932 : dans la région de Ningan, sous la direction de Kim Hae-san ; dans la région de Panshi, sous l'impulsion de Ri Hong-gwang et Ri Tong-gwang ; à l'été 1933, à Zhuhe, où opérait Kim Chaek, et de la région de Raohe, où luttait Choe Yong-gon ; à Liuhe, Misan et Tangyuan. Prenant la direction du Sud de la Mandchourie, le 3 juin 1932, Kim Il-sung oeuvra à l'union nationale des forces actives dans la lutte antijaponaise, en parcourant pendant près d'un an l'ensemble de la Mandchourie pour consolider le front antijaponais.

 

Sur cette base, dans les régions de Mandchourie libérées de l'occupation nippone, la guérilla populaire antijaponaise établit des gouvernements populaires révolutionnaires, qui ont été les précurseurs des réformes démocratiques conduites après 1945 dans le Nord de la péninsule, après la capitulation du Japon : réforme agraire, abolition du régime de propriété féodale, égalité entre les hommes et les femmes.

 

L'organisation politique apparaît comme le préalable à la structuration militaire de la guérilla : lors de la réunion des cadres de Parti et de l'Union de la jeunesse communiste de Corée (UJCC), convoquée le 16 décembre 1931 à Mingyuegou, le camarade Kim Il-sung avait mis l'accent sur la guérilla comme moyen principal de la lutte de libération nationale, d'où avait résulté la formation de l'AGPA quatre mois plus tard.

 

Les conditions de la lutte de guérilla antijaponaise ont ainsi déterminé l'organisation politique et sociale ultérieure de la RPD de Corée, en conférant à l'armée un rôle essentiel dans le combat, hier pour la libération nationale, aujourd'hui pour l'indépendance et l'autonomie de la RPD de Corée dans tous les domaines (politique, économique, militaire) - alors que la réunification pacifique de la péninsule apparaît comme l'étape ultime de la lutte pour la pleine restauration de la souveraineté nationale. Par ailleurs, comme dans les autres régimes de démocratie populaire, "le Parti commande aux fusils" : l'armée populaire est une composante sociale à part entière, représentée à l'ensemble des niveaux de décision, mais la direction politique de l'Etat est assumée par le Parti du travail de Corée.

 

Source principale : Kim Chang-hwan et Kang Sok-hi, Histoire générale de la Corée. Tome II, éditions en langues étrangères, Pyongyang, RPD de Corée, 1995, p. 128 sq.

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 06:00

Le 15 avril 2012, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) célèbre le centième anniversaire de la naissance de son fondateur, le Président Kim Il-sung. Du 7 au 17 avril 2012, une délégation de l'Association d'amitié franco-coréenne sera en Corée à l'occasion des manifestations du centenaire de ce grand acteur de l'histoire du vingtième siècle.

KimIlsung.jpg

Né le 15 avril 1912 à Mangyongdae, près de Pyongyang (actuelle capitale de la RPDC), Kim Song-ju prend le nom de Kim Il-sung avant de s'engager dans le combat contre la colonisation japonaise de la Corée (1910-1945).

 En 1925, après l'arrestation de son père par la police japonaise,  le jeune Kim Il-sung part en Chine. Il y fonde en 1926, année du décès de son père, l'Union pour abattre l'impérialisme, laquelle devient en 1927 l'Union de la jeunesse anti-impérialiste. 

Le 25 avril 1932, Kim Il-sung crée les forces permanentes de l’Armée de guérilla populaire antijaponaise, devenues par la suite l'Armée révolutionnaire populaire coréenne (ARPC). Parmi les grands faits d'armes de l'ARPC figure la bataille de Pochonbo (nord-est de la Corée), le 4 juin 1937. Poursuivis par l'armée japonaise, Kim Il-sung et ses partisans continuent la lutte jusqu'en Mandchourie.

Le 15 août 1945, après 35 ans d'occupation coloniale par le Japon, la Corée est libérée, moins d'une semaine après le début de l'offensive générale lancée par l'ARPC dirigée par Kim Il-sung.

Mais la joie de la libération s'accompagne du drame de la division : la Corée est séparée de manière arbitraire de part et d'autre du 38ème parallèle par des grandes puissances profondément ignorantes des réalités coréennes. La partie nord, dotée de ressources minérales et énergétiques, accueille l'armée soviétique en août 1945 ; la partie sud, beaucoup mieux pourvue sur le plan agricole, est occupée un mois plus tard par l'armée américaine. 

Au sud du 38ème parallèle, la politique américaine est fondée sur le maintien et l'utilisation des autorités japonaises existantes et, évidemment, de leurs collaborateurs coréens. Cette politique réduit à néant le programme des forces de la résistance coréenne, unanimement désireuses de démontrer que le peuple coréen est apte à se gouverner lui-même, prévoyant la création d'une « République populaire » s'appuyant sur les comités populaires issus de la Résistance.

Au nord, Kim Il-sung crée le Comité organisationnel central du Parti communiste de Corée du Nord et proclame la fondation du Parti communiste le 10 octobre 1945. Le 8 février 1946, est créé le Comité populaire provisoire de Corée du Nord et Kim Il-sung en devient le président. En août 1946, le Parti communiste de Corée fusionne avec le Parti néo-démocratique pour donner naissance au Parti du travail de Corée.

Alors que des élections séparées sont organisées en Corée du Sud le 10 mai 1948, Kim Il-sung se rapproche des opposants à Syngman Rhee, à la tête du régime autoritaire du Sud, pour fonder la République populaire démocratique de Corée le 9 septembre 1948. Kim Il-sung est élu Président du Conseil des ministres de la RPD de Corée. En décembre 1972, en vertu d'une nouvelle constitution, Kim Il-sung devient Président de la République.

La fondation de la République populaire démocratique de Corée représente, en Corée, l'abolition de la féodalité, la réforme agraire, la santé et l'éducation gratuites pour tous et, à l'étranger, la solidarité avec les peuples du Tiers Monde.

Quand la Guerre de Corée, appelée en RPDC « Guerre de libération de la Patrie », éclate le 25 juin 1950, Kim Il-sung dirige l'Armée populaire de Corée. Les Américains et leurs alliés sont refoulés au sud du 38ème parallèle. Le 27 juillet 1953, un armistice met fin aux combats. Néanmoins, aucun traité de paix n'est signé entre les belligérants. Depuis, la RPDC n'a de cesse de demander la négociation d'un tel traité mais se heurte au refus persistant des Etats-Unis.

Après cette guerre qui marque durablement la mémoire coréenne, la politique suivie par la RPDC sous la direction de Kim Il-sung obéit strictement aux principes d'indépendance nationale dans le domaine économique et d'auto-défense dans le domaine militaire. Le pays se reconstruit « à la vitesse de Chollima », le cheval ailé des légendes coréennes, capable de parcourir 1.000 ri (400 km) par jour. La République populaire démocratique de Corée devient un des pays les plus développés d'Asie orientale, ses résultats économiques dépassant ceux de la Corée du Sud, malgré le soutien qu'apportent les Etats-Unis à cette dernière. Dans le même temps, la RPDC suit une politique équilibrée et indépendante vis-à-vis de ses deux puissants voisins, la République populaire de Chine et l'Union soviétique.

Le Président Kim Il-sung est aussi l'inspirateur de grands principes, acceptés tant au Nord qu'au Sud, devant faciliter la réunification de la péninsule coréenne.

Le 4 juillet 1972, dix-neuf ans après l’armistice de la guerre de Corée,  le Nord et le Sud signent un premier communiqué commun reprenant les principes énoncés quelques mois plus tôt par le Président Kim Il-sung :

- indépendance, la réunification devant être l’œuvre des Coréens eux-mêmes, sans ingérence extérieure d’un autre pays ou d’une organisation internationale ;

- paix, la réunification devant être réalisée de manière pacifique, sans recours aux armes ;

- grande union nationale, chacun des deux Etats coréens s’engageant à respecter les différences de systèmes politique, économique et social de l’autre partie.

En octobre 1980, lors du sixième Congrès du Parti du travail de Corée, le Président Kim Il-sung propose la fondation d’une République fédérale démocratique du Koryo caractérisée, notamment, par : un comité permanent fédéral dirigeant l’Etat fédéral et devant conduire des projets communs au Nord et au Sud ; une seule assemblée formée à parité de représentants du Nord et du Sud, ainsi que de représentants des Coréens d’outre-mer ; une seule armée réduite à 100.000 hommes.

La République fédérale démocratique du Koryo serait un Etat neutre, indépendant des blocs politiques et militaires (ce qui suppose le retrait des troupes américaines du Sud), respectant l’autonomie des gouvernements régionaux du Nord et du Sud.

Le Président Kim Il-sung décède le 8 juillet 1994.

Dans l'avant-propos de ses Mémoires publiés en 1992, il écrit : « Ma vie n'a rien de spécial sinon que j'ai tâché de la mettre au service de ma patrie en unissant mon destin à celui du peuple. Cela m'a suffi et j'en tire joie et satisfaction. »


Le centième anniversaire de la naissance du Président Kim Il-sung est l'occasion de saluer la mémoire d'un patriote qui a incarné la résistance de son peuple face à deux impérialismes, d'un progressiste qui a permis l'accession des classes opprimées sur le devant de la scène historique, d'un homme d'Etat qui a lutté pour l'indépendance et la réunification de son pays.

 

Lire les Mémoires du Président Kim Il-sung, A travers le siècle

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 22:06

Le destin des Coréens enrôlés de force dans l'armée japonaise pendant la Seconde guerre mondiale a parfois connu des développements improbables : My way, film réalisé en 2011 par le Sud-Coréen Kang Jae-kyu, invité au 62ème Festival international du film de Berlin (du 9 au 19 février 2012), est inspiré de l'histoire vraie de Coréens capturés en Normandie, le 6 juin 1944, alors qu'ils servaient dans l'armée du Troisième Reich... qu'ils avaient dû intégrer après avoir combattu dans les rangs de l'Armée rouge et été faits prisonniers par les Allemands.


yang_kyoung_jong.jpgIl est des récits personnels peu banals. Comme celui de ce jeune Coréen, Yang Kyoung-jong, originaire de Sinuiju (nord-ouest de la Corée), où il est né le 3 mars 1920. Il est enrôlé dans l'armée japonaise du Guandong lors du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en Extrême-Orient, alors que l'empire nippon colonisait le pays du Matin calme depuis 1910. Fait prisonnier par les Soviétiques en Mandchourie, lors de la bataille de Halhin Gol en 1939, il rejoint l'Armée rouge et part combattre sur le front de l'Est. Capturé cette fois par les Allemands, en Ukraine en 1943, il est enrôlé de force dans les troupes du Troisième Reich, qui manquent d'hommes. Envoyé en Normandie, il est présent lors du débarquement des Alliés le 6 juin 1944 et ce sont cette fois les Américains qui le font prisonnier à Utah Beach. Détenu dans un camp de prisonniers en Angleterre, il est libéré en mai 1945 et part vivre aux Etats-Unis où il est mort le 7 avril 1992, sans avoir révélé son histoire à sa propre famille.

 

L'étude d'une photo conservée par les archives du renseignement américain, et publiée dans la presse sud-coréenne, a mis en avant la nationalité coréenne de prisonniers de guerre asiatiques des forces alliées, capturés en Normandie alors qu'ils combattaient sous l'uniforme allemand. Lors du débarquement du 6 juin 1944, ils auraient été au moins quatre Coréens, selon un témoignage rapporté par l'historien américain Stephen Ambrose 


Des zones d'ombre subsistent sur l'histoire de ces Coréens. Ainsi, ils n'auraient pas pu être rapatriés en Corée après la fin du conflit en raison des échanges de prisonniers entre Américains et Soviétiques, mais une telle hypothèse est battue en brèche par le fait que l'URSS et les Etats-Unis combattaient alors dans le même camp. La seule chose certaine est qu'un certain nombre de Coréens ont endossé l'uniforme allemand, après avoir été faits prisonniers alors qu'ils servaient dans l'armée soviétique. Enrôlés de force dans l'armée allemande, ils ont été les combattants improbables, malgré eux, d'une cause contraire à celle de la nation coréenne, puisque les résistants coréens, bien plus nombreux, comme le futur président de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) Kim Il-sung, ont été du côté des Alliés, contre le Japon et donc contre l'Allemagne. A la fin de la guerre, leur situation si particulière, conjuguée à leur petit nombre, n'a certainement pas facilité leur prise en compte collective pour un éventuel rapatriement en Corée.


Leur histoire a inspiré à l'écrivain sud-coréen Jo Jung-rae son roman Mask of Man (auparavant intitulé Oh God!).


Egalement inspiré de cette histoire vraie (en la réduisant, contre toute vraisemblance, à celle d'un seul homme), le dernier long métrage de Jang Dong-gun, distribué par  CJEntertainment, met en scène le Japonais Odagiri Joe dans le rôle principal ainsi que l'actrice chinoise Fan Bingbing. Le film est sorti le 21 décembre 2011 en Corée du Sud. Son budget de 28 milliards de wons (soit 18,73 millions d’euros) en fait le film le plus cher de l'histoire du cinéma coréen.

My_Way_le_film.jpg


Ce sera le troisième film sud-coréen invité au Festival international du film de Berlin, du 9 au 19 février 2012, après Dasepo Naughty Girls de E Ji-yong et Woman on the beach de Hong Sang-soo, tous les deux montrés au festival de 2007. Sensible à cet honneur et soucieux de souligner la portée universelle du message du film, le réalisateur, Kang Jae-kyu, a déclaré : "c’est un grand honneur que ce film soit invité au Festival de Berlin, j’espère que le message contenu dans ce film pourra être transmis aux gens du monde entier."


Sources : AAFC, blog vialet.orgSoompi, thomo.coldie.net, Yonhap

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 21:29

Le 9 septembre 1948, les députés de l'Assemblée populaire suprême, originaires de toute la péninsule coréenne, proclament à Pyongyang la République populaire démocratique de Corée (RPDC). Les nouvelles institutions veillent à assurer une représentation de tous les Coréens, tant au sein de l'assemblée nationale que dans le gouvernement, alors que les élections séparées qui se sont tenues au Sud quelques mois plus tôt ont ouvert le processus de division du pays.

 

Kim_Il_Sung-10091948.jpg

Kim Il-sung, Premier ministre, annonce le programme politique de la RPD de Corée

à la première session de l'Assemblée populaire suprême le 10 septembre 1948.

 

Le 10 mai 1948 se tiennent, sous la supervision des Nations Unies, des élections dans la seule moitié du Sud de la péninsule coréenne. Tant les représentants des institutions qui se sont mises en place au Nord qu'une majorité des organisations politiques du Sud refusent ces élections séparées, tendant à entériner la division de la péninsule, libérée de l'occupation japonaise en 1945, et où les troupes soviétiques et américaines ont pris place, respectivement, au Nord et au Sud du 38ème parallèle. Syngman Rhee est ainsi élu président par l'Assemblée nationale à l'issue d'élections s'étant tenues dans la seule moitié Sud, sauf dans l'île de Jeju, qui a lancé le 3 avril un mouvement de résistance dont la répression a conduit au massacre de 14.000 à 80.000 de ses habitants.

 

Au Nord, le Parti du travail de Corée réuni en Congrès en mars 1948 a proposé une réunification fondée sur la désignation d'un organe législatif élu dans toute la Corée.

 

En avril 1948, se tient à Pyongyang, à l'invitation de Kim Il-sung, une conférence réunissant 695 délégués représentant 56 partis et organisations sociales, originaires tant du Nord que du Sud de la péninsule coréenne.

 

Parmi les délégués figurent notamment des nationalistes anticommunistes comme Kim Ku et Kim Kyu-sik. La conférence adopte une résolution sur la situation politique en Corée et un appel à tous les Coréens, rejetant les élections séparées au Sud et appelant à l'organisation d'un gouvernement unique de la Corée.

 

Le 25 août, des élections se tiennent ouvertement au Nord et clandestinement au Sud. Les délégués du Sud se réunissent en congrès à Haeju pour élire les députés à l'Assemblée populaire suprême (APS), formée de 212 députés du Nord et de 360 députés du Sud, conformément à la répartition démographique de la population.

 

Les députés élus à l'APS sont des indépendants et des représentants des diverses organisations politiques et sociales du Nord et du Sud, selon la répartition suivante telle qu'indiquée par l'APS à l'ouverture de sa session : Parti du travail de Corée du Nord (gauche, à majorité communiste) 17,9 %, Parti démocrate de Corée du Nord (centre) 6,2 % ; Parti Chondogyo 6,2 % ; Alliance syndicale 4,7 % ; Alliance paysanne 4,7 %; Parti du travail de Corée du Sud 9,6 % ; Parti du peuple travailleur (Sud) 3,5 % ; Parti social-démocrate (Sud) 3,5 % ; Parti de l'indépendance de la Corée (conservateur, Sud) 1,2 %.

 

Réunie du 3 au 10 septembre 1948, l'Assemblée populaire suprême proclame la nouvelle constitution de la République populaire démocratique de Corée le 9 septembre. La constitution confirme la réforme agraire, la nationalisation des ressources naturelles et l'égalité entre les hommes et les femmes, principales réformes démocratiques adoptées au Nord de la péninsule en 1946. Elle affirme également le droit des petits et moyens entrepreneurs à engager des activités commerciales ou industrielles, ainsi que les libertés d'expression, de la presse et de religion. La constitution consacre enfin les droit au repos et à la retraite, ainsi que le principe d'un salaire égal à travail égal.

   

L'Assemblée populaire suprême élit Kim Il-sung au poste de Premier ministre et investit, le 10 septembre, le nouveau gouvernement, formé d'un Premier ministre, de 3 vice-Premiers ministres et de douze ministres, parmi lesquels huit Sud-Coréens (dont Pak Heun-yong, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Hong Myung-hi, de sensibilité plutôt centriste, et Kim Won-bong) et quatre Nord-Coréens. La même volonté de répartition des postes entre le Nord et le Sud se retrouve pour les plus hautes fonctions à l'APS : la présidence de l'APS échoit à Kim Tu-bong, président du Comité central du Parti du travail de Corée du Nord, issu de la fusion du Nouveau parti populaire (qu'il dirigeait) avec le Parti communiste du Président Kim Il-sung ; la présidence du praesidium de l'APS est exercée par Huh Heun, dirigeant du Parti du travail de Corée du Sud.

 

Sources :

- La Corée du XXe siècle en 100 points, éditions en langues étrangères de Pyongyang, RPD de Corée, 2002, p. 92-96.

- Choi Bong-hyun, Korea. A History, Charles E. Tuttle, Japon, 2ème édition, 1982, p. 373-375 (se référant largement à Kin Shyo-mei (en coréen : Kim Chong-ho), Chosen Shin-minshu-shugi Kakumei-shi (Nouvelle histoire démocratique révolutionnaire de la Corée), Japon, 1953.

 - Kang Mang-il, A history of contemporary Korea, Global Oriental, United Kingdom, 2005 (édition originale coréenne 1994), p. 185-186.

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 11:23

Il y a 420 ans, l'amiral Yi Sun-sin devenait le commandant en chef des forces navales coréennes qui, palliant l'insuffisance des troupes terrestres commandées par la noblesse, infligèrent des défaites décisives à la marine japonaise grâce au premier navire cuirassé au monde, le bateau-tortue. La marine coréenne, qui s'était constituée deux siècles plus tôt à la fin de la dynastie Koryo pour résister aux pirates japonais, mit ainsi en échec les tentatives d'invasion de la péninsule pendant la guerre patriotique Imjin. L'AAFC revient sur la guerre Imjin (du nom d'un affluent du fleuve Han), marquée par deux débarquements japonais, en 1592 et 1597.

 

Après l'unification du Japon, Hideyoshi Toyotomi, ministre des Affaires suprêmes du Japon, souhaite envahir la Chine. Après avoir essuyé le refus du roi de Corée de l'aider dans cette entreprise, il donne l'ordre d'attaquer la péninsule le 24 avril 1592, déclenchant ainsi la guerre Imjin.

 

Fortes de 158 700 hommes auxquels s'ajoutent 9 000 marins, les troupes japonaises lancent une attaque surprise qui progresse très rapidement vers la Chine : après un débarquement à Pusan le 23 mai, Séoul est atteinte le 12 juin. Alors que la corruption permet d'acheter des dispenses du service militaire, les troupes coréennes sont paralysées par les luttes des clans qui s'agitent autour du roi, tandis que les Japonais ont une supériorité non seulement numérique, mais également tactique et sont dotés d'armes à feu, alors pratiquement ignorées des Coréens. 

 

bateau_tortue.jpgLes Coréens peuvent cependant compter sur un chef prestigieux, l'amiral Yi Sun-sin, qui a mis au point le premier navire cuirassé au monde capable de naviguer en haute mer, connu sous le nom de bateau-tortue (kobukson). Il s'agit d'une jonque totalement fermée et blindée, mue au moyen de rames, protégée des abordages par des piquants. Tandis que les techniques de combat maritime étaient alors fondées sur l'éperonnage et l'abordage, le bateau-tortue engage un combat d'artillerie destiné à couler les navires des forces adverses, par des tirs au canon et le lancement de flèches, la proue à tête de dragon pouvant quant à elle cracher des flammes ou lancer des fumées de soufre et de salpêtre, créant ainsi un brouillard artificiel.

 

Les premières attaques de l'amiral Yi Sun-sin contre la flotte japonaise sont lancées le 7 juin, infligeant des pertes considérables qui auront un impact décisif sur l'issue du conflit en coupant les armées japonaises de leurs bases arrières.

 

Dans les régions passées sous leur contrôle, les Japonaises procédèrent à une réorganisation administrative et encouragèrent l'acculturation des populations. Des armées de guérilla se formèrent ainsi dans l'ensemble du pays, engageant d'efficaces actions d'usure et témoignant du courage des hommes de troupe, après que les officiers de la noblesse eurent fait la preuve de leur inefficacité.

 

Le roi de Corée, après s'être réfugié à Pyongyang puis à Uiju, sollicita l'aide de son suzerain, l'empereur de Chine. Ce dernier, après des hésitations liées à l'idée d'une machination dans laquelle les Coréens auraient pu s'allier aux Japonais, décida d'une intervention, au moment où les troupes japonaises étaient massées aux abords des fleuves Tumen et Yalu. Comme à d'autres périodes de l'histoire, en particulier en 1950 pendant la guerre de Corée, la présence de troupes étrangères à la frontière sino-coréenne fut un argument pour l'entrée en guerre de la Chine, dont les soldats étaient puissamment aidés par la flotte de l'amiral Yi Sun-sin et les guérilleros coréens. Coréens et Chinois reçurent aussi le soutien de plongeurs portugais, qui trouaient les coques des navires japonais. Les troupes nippones durent se retirer et accepter une trêve, évacuant Séoul le 9 mai 1593 mais tout en conservant à Pusan une garnison qui comptait 50 000 hommes en 1597.

 

Si Hideyoshi atteignit son objectif de politique intérieure de devenir le nouveau souverain du Japon, avec l'accord de la Chine. En Corée, Yi Sun-sin, victime d'intrigues, fut dégradé au rang de simple soldat. A l'issue d'une trêve de quatre ans, Hideyoshi décida d'une deuxième invasion de la Corée à partir de Pusan, le 19 mars 1597. La nouvelle entrée en guerre des Chinois donna des résultats incertains, les Japonais se maintenant dans le Sud de la péninsule. Durant l'été 1598, le général japonais Konishi envoya en trophée à Hideyoshi les oreilles de 38 000 soldats ennemis, toujours visibles à Kyoto au Mimizuka ou "mausolée des oreilles". La mort de Hideyoshi, le 18 septembre 1598, précipita la fin du conflit.

 

Le 19 novembre, Yi Sun-sin, réhabilité, l'emporta une fois encore sur les Japonais à No Ryang, mais mourut au combat. Le commandant en chef des forces navales japonaises, l'amiral Yoshihiro, ne devait rapatrier que 50 navires sur les 250 de sa flotte.

 

Modèle de droiture et d'intégrité, Yi Sun-sin fut aussi un grand lettré, ayant notamment laissé un journal de campagne.

 

Si la Corée sortait libre de la guerre Imjin, elle avait été dévastée et pillée, tant par les envahisseurs japonais que par le passage des troupes chinoises. La production agricole chuta de plus des deux tiers, entraînant une famine. Dans leur retraite, les soldats japonais emmenèrent de force avec eux des lettrés, comme Kang Hang, à l'origine de l'introduction du néo-confucianisme au Japon, ou des potiers coréens réputés, qui ont permis la production de céladons dans l'archipel. Les Japonais tirèrent aussi les leçons de leurs échecs militaires, en mettant ensuite sur pied une flotte moderne.

 

Sources principales : André Fabre, Histoire de la Corée, Langues et monde - L'Asiathèque, 2000, pp. 247-258, et wikipedia (dont photo).  

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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 11:00

KimIlsung.jpgLe 8 juillet 1994, le Président Kim Il-sung décédait après avoir dirigé la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pendant quarante-six ans, d'abord comme Premier ministre (de 1948 à 1972), puis comme président. Au dix-septième anniversaire de son décès, l'Association d'amitié franco-coréenne rappelle le parcours du patriote et homme d'Etat coréen qui joua un rôle majeur dans l'histoire du vingtième siècle.

 

Né le 15 avril 1912 à Mangyongdae, dans les environs de Pyongyang, Kim Song-ju prend le nom de Kim Il-sung comme résistant à l'occupation japonaise de la Corée (1910-1945).

 

En 1925, après l'arrestation de son père par la police japonaise,  le jeune Kim Il-sung part en Chine. Il y fonde en 1926 (année du décès de son père) l'Union pour abattre l'impérialisme qui devient en 1927 l'Union de la jeunesse anti-impérialiste.

 

Le 25 avril 1932, Kim Il-sung crée les forces permanentes de l’Armée de guérilla populaire antijaponaise, devenues par la suite l'Armée révolutionnaire populaire coréenne (ARPC). Un des principaux faits d'armes de l'ARPC est, le 4 juin 1937, la bataille de Pochonbo (nord-est de la Corée). Poursuivis par l'armée japonaise, Kim Il-sung et ses partisans continuent la lutte jusqu'en Mandchourie.

 

Après la capitulation japonaise, le 15 août 1945, Kim Il-sung rentre en Corée. Le 10 octobre 1945, il crée le Comité organisationnel central du Parti communiste de Corée du Nord et proclame la fondation du Parti communiste, auparavant miné par des divisions internes. Le 8 février 1946, est créé le Comité populaire provisoire de Corée du Nord et Kim Il-sung en devient le président. En août 1946, le Parti communiste de Corée fusionne avec le Parti néo-démocratique pour donner naissance au Parti du travail de Corée.

 

Opposé aux élections séparées organisées en Corée du Sud le 10 mai 1948, Kim Il-sung se rapproche des opposants au régime autoritaire du président du Sud Syngman Rhee, à l'instar du nationaliste Kim Ku, pour fonder la République populaire démocratique de Corée le 9 septembre 1948. Kim Il-sung est élu Président du Conseil des ministres de la RPDC. En décembre 1972, une nouvelle Constitution de la RPDC est proclamée et Kim Il-sung devient Président de la République.

 

Quand la Guerre de Corée - appelée en RPDC «Guerre de libération de la patrie» - éclate le 25 juin 1950, Kim Il-sung dirige l'Armée populaire de Corée. Les Américains et leurs alliés sont refoulés au sud du 38eme parallèle et, le 27 juillet 1953, un armistice met fin aux combats. Néanmoins, aucun traité de paix n'est signé entre les belligérants. Depuis, la RPDC n'a eu de cesse de demander la négociation d'un tel traité, toujours refusée par les Etats-Unis.

 

Après cette guerre qui marque durablement la mémoire coréenne, la politique suivie par la RPDC sous la direction de Kim Il-sung obéit strictement aux principes d'indépendance nationale dans le domaine économique et d'auto-défense dans le domaine militaire. Le pays se reconstruit «à la vitesse de Chollima», le cheval ailé des légendes coréennes, capable de parcourir 1.000 ri par jour (10 ri équivalant à 4 km). Longtemps, les résultats économiques de la Corée du Nord dépassent ceux de la Corée du Sud, alors que cette dernière bénéficie du soutien des Etats-Unis. Dans le même temps, la RPDC suit une politique équilibrée et indépendante vis-à-vis de ses deux puissants voisins, la République populaire de Chine et l'Union soviétique. Ainsi, la RPDC n'adhère pas au Conseil d'assistance économique mutuelle (CAEM/COMECON) qui réunit depuis 1949 les pays du bloc communiste, à l'exception de la Chine.

 

Le Président Kim Il-sung est aussi l'inspirateur de grands principes - acceptés tant au Nord qu'au Sud - devant permettre une réunification de la péninsule coréenne.

 

Le 4 juillet 1972, dix-neuf ans après l’armistice de la guerre de Corée,  le Nord et le Sud signent un premier communiqué commun reprenant les principes énoncés quelques mois plus tôt par le Président Kim Il-sung : principe d’indépendance, la réunification devant être l’œuvre des Coréens eux-mêmes, sans ingérence extérieure d’un autre pays ou d’une organisation internationale ; principe de paix, la réunification devant être réalisée de manière pacifique, sans recours aux armes ; principe de grande union nationale, chacun des deux Etats coréens s’engageant à respecter les différences de systèmes politique, économique et social de l’autre partie.

 

En octobre 1980, lors du sixième Congrès du Parti du travail de Corée, le Président Kim Il-sung propose la fondation d’une République fédérale démocratique du Koryo (RFDK) caractérisée par : un comité permanent fédéral dirigeant l’Etat fédéral et devant conduire des projets communs au Nord et au Sud ; une seule assemblée formée à parité de représentants du Nord et du Sud, ainsi que de représentants des Coréens d’outre-mer ; une seule armée, réduite à 100.000 hommes. La RFDK  serait un Etat neutre, indépendant des blocs politiques et militaires, ce qui suppose le retrait des troupes américaines du Sud, respectant l’autonomie des gouvernements régionaux du Nord et du Sud.

 

Au dix-septième anniversaire du décès du Président Kim Il-sung, l'Association d'amitié franco-coréenne tient à rendre hommage à l'homme d'Etat attaché aux principes d'indépendance nationale et de souveraineté des peuples, et au patriote qui lutta jusqu'au dernier jour pour la réunification de son pays.

 

A la fin de sa vie, dans l'avant-propos de ses mémoires, A travers le siècle (Editions en langues étrangères, Pyongyang, 1992), le Président Kim Il-sung écrit : « Ma vie n'a rien de spécial sinon que j'ai tâché de la mettre au service de ma patrie en unissant mon destin à celui du peuple. Cela m'a suffi et j'en tire joie et satisfaction. »

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 23:01

Pendant la plus grande partie de son histoire, la République de Corée (du Sud) a connu des régimes autoritaires de droite. Si la révolution d'avril 1960 a abattu le régime de Syngman Rhee, elle n'a ouvert qu'une courte parenthèse démocratique : à peine un an plus tard, le 16 mai 1961, un coup d'Etat militaire devait porter au pouvoir le général Park Chung-hee, ouvrant l'une des pages les plus sombres de l'histoire politique sud-coréenne. Soutien constant des mouvements démocratiques en Corée du Sud, l'Association d'amitié franco-coréenne revient sur le coup d'Etat militaire du 16 mai 1961.

   

Dans les premières heures de la journée du 16 mai 1961, quelque 3.500 soldats de l'armée sud-coréenne prirent le contrôle des points stratégiques de Séoul et des médias. Apprenant le coup d'Etat, le Premier ministre Chang Myon, de sensibilité conservatrice libérale, qui dormait dans sa suite de l'hôtel Bando - en face de l'ambassade américaine - se réfugia à l'archevêché de Séoul dès 2 heures du matin. Le commandant en chef des armées régulières sud-coréennes, le général Chang To-yong, demanda à Magruder, commandant des troupes américaines, d'intervenir, mais ce dernier refusa d'agir tout en affirmant que les Américains soutenaient le gouvernement légal. Magruder rencontra le président de la République, Yun Posun, qui se solidarisa de fait avec les mutins en déclarant à Magruder que "la Corée avait besoin d'un gouvernement fort". Dans un télégramme adressé dès le lendemain au gouvernement américain, Magruder déclara que tous les hommes influents à Séoul étaient selon lui au courant de ce qui se préparait et, à tout le moins, ne s'étaient pas opposés au coup d'Etat "qui n'était pas d'inspiration communiste". L'action des putschistes recevait ainsi le soutien de Washington, dont l'anticommunisme servait de seul guide en politique étrangère après les récents échecs subis par l'impérialisme américain, notamment à Cuba et au Vietnam.

 

Park Coup 1961Park Chung-hee (avec les lunettes noires) le 16 mai 1961

 

Selon l'historien américain Bruce Cumings, le représentant de la CIA à Séoul, Peer da Silva, maintint un temps un semblant d'équilibre entre le gouvernement Chang Myon et le chef des pustchistes, le général Park Chung-hee, en rencontrant les uns et les autres. Mais il n'apparaissait pas surpris du coup d'Etat, dont il est probable qu'il avait été informé préalablement. 

 

Face aux progrès de la gauche et des forces favorables à la réunification de la Corée, une partie de la droite sud-coréenne appelait de ses voeux un régime plus musclé que celui du gouvernement Chang Myon, qui s'était également aliéné le soutien des forces progressistes en restreignant la liberté de manifestation. Le 22 février, plus de 30.000 Sud-Coréens s'étaient réunis à Séoul dans une manifestation aux chandelles, sur des slogans anti-gouvernementaux, anti-américains et pro-réunification. Comme naguère le "18 Brumaire de Louis-Napoléon Bonaparte" en France, le coup d'Etat du 16 mai 1961 ne rencontra qu'une faible opposition.

 

Le 17 mai, la junte militaire - formée d'une trentaine de colonels et de généraux - dispersait l'Assemblée nationale et interdisait les activités politiques. Les nouveaux hommes forts de Séoul, avec à leur tête le général Park Chung-hee, mettaient en place un "comité révolutionnaire" fondé sur le resserrement des liens avec les Etats-Unis, l'anticommunisme et un discours de régénération économique et nationale. Dans leur inspiration idéologique, les putschistes étaient très marqués par le militarisme japonais des années 1930 et une des priorités du nouveau pouvoir sera l'établissement, en 1965, de relations diplomatiques complètes entre Tokyo et Séoul. La période qui s'ouvrait replongeait la Corée du Sud dans un régime réactionnaire autoritaire, consacrant le pouvoir du général Park Chung-hee jusqu'à son assassinat par son propre chef des services de renseignement en 1979.

 

Ancien officier de l'armée impériale japonaise, Park Chung-hee avait servi les occupants japonais de la Corée, ayant reçu une montre en or de l'empereur Hiro-Hito en récompense de ses services. Si en 1946 il avait rejoint des mouvements armés de protestation pro-démocratiques et anti-américains, ce qui lui avait valu d'être emprisonné comme "communiste", tout comme son frère, il aurait selon plusieurs sources aidé à arrêter les officiers rebelles, levant un débat sur ses opinions politiques réelles à cette époque. Cette réputation, vraie ou fausse, d'ancien communiste n'en avait pas moins quelque peu inquiété les services de renseignement américains en 1961.

 

Cinquante ans après le coup d'Etat du 16 mai 1961, la fille du général Park Chung-hee, Park Geun-hye, apparaît comme la favorite des sondages et pour l'heure la candidate la mieux placée du camp conservateur. Elle a officié comme première dame, après l'assassinat de sa mère en 1974 et avant le propre assassinat de son père en 1979. De fait, de nombreux Sud-Coréens ignorent leur histoire contemporaine, largement absente des manuels scolaires, tandis que le maintien dans les cercles du pouvoir des hommes de l'ère Park Chung-hee a favorisé l'éclosion d'une légende autour du "général-président", dont le pouvoir a correspondu à un important essor économique de la Corée du Sud - grâce notamment à des injections massives de capitaux américains et japonais, et à une surexploitation des travailleurs qui fait de la Corée du Sud, aujourd'hui encore, le pays où la protection sociale est la plus faible parmi les Etats membres de l'OCDE.  

 

Source principale : Bruce Cumings, Korea's Place in the Sun, W.W. Norton and Company, New York, 2005.

 

 

A lire aussi :  Paik Nak-chung, "Quelle appréciation sur l’époque de Park Chung-hee et le développement coréen", Japan Focus, 29 décembre 2005 (sur le site de l'association Korea-is-One)

 

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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 09:15

Le 14 août 2010, l'agence japonaise Kyodo a indiqué qu'un important tumulus de l'ère Koguryo avait été mis à jour près de Pyongyang par une équipe conjointe de chercheurs du Japon et de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Cette découverte devrait permettre de mieux connaître l'histoire du plus ancien Etat coréen (277 avant J.C. - 668 après J.C.), en ayant fait apparaître des fresques comparables à celles de tombes de la région de Nampo, inscrites depuis 2004 au Patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO.

 

C'est une découverte capitale pour l'histoire du royaume de Koguryo qu'a faite une équipe conjointe japonaise et coréenne, sous l'égide de l'Institut d'archéologie de l'Académie des sciences sociales de la République populaire démocratique de Corée, à l'occasion de fouilles archéologiques conduites à Tongsan-dong, à 4,5 kilomètres du centre de Pyongyang, avec la mise à jour d'un important tumulus dont la création est datée du cinquième siècle.

 

koguryo_tombe_pyongyang.jpgSelon l'agence japonaise Kyodo, les fresques murales montrent un homme à cheval avec un couvre-chef en forme de corne, d'autres hommes en procession portant des drapeaux et des guerriers avec des lances. L'antichambre et la chambre principale dans la partie arrière sont reliées à un passage étroit, alors que les ossements d'un homme et de deux femmes ont été découverts dans la chambre de la partie arrière. La tombe présente des traits uniques, en particulier les plafonds voûtés de l'antichambre avec des piliers triangulaires sur trois niveaux. Haut de 8 m et large de 35 m, le tumulus correspond à l'empilement alterné de couches de chaux, de charbon de bois et d'argile rouge qui recouvrent les chambre en pierre.

 

Les objets découverts reflètent également la richesse de la civilisation du Koguryo, notamment des poteries en forme de tigre, des monnaies de bronze et un chandelier en céladon, le premier de ce type à être découvert au Nord de la Corée. La découverte de fresques murales de l'ère Koguryo était inattendue sur ce site.  

 

La République populaire démocratique de Corée envisage de faire classer les tombes au patrimoine mondial de l'humanité, à laquelle appartiennent déjà depuis 2004 des tombes de l'ère Koguryo avec lesquelles le tumulus découvert présente des similitudes - notamment les fresques murales de Tokhung-ri, à Nampo.

 

Source : Kyodo News

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