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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 21:50

Les derniers sondages publiés avant l'élection présidentielle sud-coréenne du 19 décembre 2012, pour laquelle le chef de l'Etat sortant Lee Myung-bak (Parti Saenuri, conservateur) ne peut pas être candidat à sa réélection, indiquent un resserrement des intentions de vote entre Park Geun-hye (Parti Saenuri) et Moon Jae-in (Parti démocrate unifié, centre-gauche, qui a bénéficié du désistement en sa faveur de l'indépendant Ahn Cheol-soo et d'une candidate de gauche, Sim Sang-jeong), alors que les cinq autres candidats peinent à atteindre 1 % des voix dans les sondages. Si Park Geun-hye conserve une avance de 0,5 à 6 points sur Moon Jae-in, cet écart s'est réduit et le fort taux de participation des Coréens inscrits à l'étranger (70 %, en nette hausse par rapport aux législatives d'avril : 45 %) indique un possible retournement de situation dans la dernière ligne droite : en effet, l'abstention touche traditionnellement les électeurs plus jeunes, réputés favorables à Moon Jae-in, et ce dernier bénéficie également de souhaits de victoire plus élevés que dans les sondages d'intentions de vote. L'Association d'amitié franco-coréenne résume ce qu'il faut savoir du scrutin.

 

affiches_candidats_presidentielle_sud-coreenne_19-decemb.jpg

 

Electeurs inscrits : selon la Commission électorale nationale, 40 464 641 citoyens âgés d'au moins 19 ans, dont 179 188 électeurs inscrits à l'étranger qui ont pu voter pour la première fois depuis 1972, de manière anticipée, à une élection présidentielle. En Corée, les bureaux de vote seront ouverts le 19 décembre 2012 de 6 heures à 18 heures (la proposition d'une extension des horaires jusqu'à 19 heures, émise par l'opposition, a été refusée par les conservateurs au pouvoir).

 

Mode de scrutin :

Uninominal à un tour.

 

Durée du mandat et entrée en fonctions :

Le mandat présidentiel dure cinq ans. L'élection se tenant traditionnellement en décembre, l'entrée en fonctions n'intervient qu'en février de l'année suivante, suivant un dispositif proche de celui existant aux Etats-Unis.

 

Conditions de candidature :

Etre de nationalité sud-coréenne, être âgé d'au moins 40 ans et résider en Corée du Sud depuis au moins cinq ans.

Etre présenté par un parti (dans ce cas, il est d'usage d'organiser des primaires, dont le candidats battus ne peuvent pas se présenter à la présidentielle) ou par un certain nombre d'électeurs : il est requis le soutien de 3 500 à 6 000 électeurs résidant dans au moins cinq villes et provinces, dont au moins 700 électeurs dans chacune de ces villes ou provinces.

Chaque candidat doit déposer une caution de 300 millions de wons (soit 213 000 euros). Cette somme est intégralement restituée au candidat élu, aux candidats qui recueillent plus de 15 % des suffrages exprimés et en cas de décès. La moitié de la somme est restituée aux candidats ayant recueilli entre 10 % et 15 % des suffrages exprimés.

 

Candidats :

- Park Geun-hye (Parti Saenuri, droite, au pouvoir) : née le 2 février 1952, politicienne de carrière n'ayant jamais exercé d'autre activité professionnelle, elle est la fille du général Park Chung-hee qui a établi le régime militaire le plus autoritaire qu'ait connu la Corée du Sud de son histoire ; elle a servi comme première dame du régime Park Chung-hee après la mort de sa mère dans un attentat, et jusqu'à l'assassinat du général Park par le chef de ses propres services de sécurité en 1979 ;

- Moon Jae-in (Parti démocrate unifié, centre-gauche) : né le 24 janvier 1953, quand il était étudiant il a milité pour la démocratie et contre le régime militaire, ce qui lui a valu d'être emprisonné ; reçu au concours du barreau en 1980, il a été interdit d'exercer par le pouvoir militaire ; devenu alors avocat, dans un cabinet qu'il a fondé avec le futur président démocrate Roh Moo-hyun (au pouvoir entre 2003 et 2008), il a été chef de cabinet de la présidence de la République entre 2006 et 2008 ;

- Lee Jung-hee (Parti progressiste unifié, gauche) : avocate et ancienne députée, elle a repris les thématiques des mouvements sociaux de la présidence Lee Myung-bak (notamment, l'abandon de l'accord de libre-échange avec les Etats-Unis et la diminution des frais de scolarité) ;

- Kang Ji-won (indépendant, droite) : avocat et fondateur du Centre du manifeste coréen, il est partisan d'une déréglementation accrue du marché du travail et pour la défense des valeurs traditionnelles ;

- Park Jong-sun (indépendant, droite) : âgé de 84 ans, cet ancien patron de la société Samhyup est opposé aux chaebols, pour la rupture totale des échanges avec la Corée du Nord et l'augmentation des impôts sur les hauts revenus :

- Kim So-yeon (indépendante, gauche) : ouvrière née le 23 janvier 1970, elle est membre de la Confédération coréenne des syndicats (KCTU) et axe ses propositions sur les droits des travailleurs ;

- Kim Soon-ja (indépendante, gauche) :  elle a été candidate sur les listes du Nouveau parti progressiste (NPP) aux législatives d'avril 2012 (1,1 % pour le NPP au scrutin de liste aux législatives de 2012).

 

Prises de position des candidats et faits marquants de la campagne

A plusieurs reprises durant la campagne, Mme Park Geun-hye a justifié par les circonstances de l'époque le coup d'Etat militaire du 16 mai 1961 conduit par son père, ayant mis fin à la démocratie en Corée du Sud.

Lors d'un débat télévisé le 8 août 2012, Park Geun-hye n'a pas pu donner le montant du salaire minimum.

Tout en s'étant opposée à une limitation du pouvoir des conglomérats (les chaebols), Park Geun-hye a mis l'accent dans son programme sur la défense des petites et moyennes entreprises. Ayant recentré les positions de la droite conservatrice, elle s'est prononcée pour la mise en place d'un système économique plus impartial, une lutte accrue contre les discriminations sur le marché du travail et le développement des activités périscolaires en vue de mieux concilier la vie familiale et professionnelle.

Les propositions de Moon Jae-in mettent l'accent sur la création d'un système plus complet de protection sociale et la création d’emplois dans les secteurs de la santé, des services sociaux, de l’éducation et de la sécurité. A la suite d'Ahn Cheol-soo, il a insisté sur la rénovation de la vie politique sud-coréenne, aujourd'hui gangrénée par la corruption et le clientélisme.

Si les deux principaux candidats sont favorables à un assouplissement de la ligne actuelle intransigeante du Président Lee Myung-bak dans les relations intercoréennes, une reprise du dialogue avec le Nord est jugée improbable par la plupart des experts en cas d'élection de Park Geun-hye, dans la mesure où elle appartient à la même majorité que le chef de l'Etat sortant et qu'une partie de ses soutiens sont farouchement hostiles à tout geste d'apaisement en direction du Nord.

 

Sources : AAFC, site dédié sur Internet de la chaîne KBS, wikipédia, Yonhap, "en français s'il vous plaît" (blog d'étudiants en français de l'Université nationale de Chungbuk, dont photo).

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique sud-coréenne
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)