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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 11:08

YunYongIl_03042013_1.jpgS.E Yun Yong-il (photo à gauche, archives AAFC / Alain Noguès), délégué général de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en France, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la RPD de Corée auprès de l'Unesco, a reçu des spécialistes de la Corée - parmi lesquels plusieurs représentants de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) - le lundi 29 avril 2013, pour échanger sur la situation en Corée. Après un exposé préliminaire de S.E. Yun Yong-il dont nous retraçons les grandes lignes ci-après, une discussion  franche dans une atmosphère conviviale a permis de souligner les chances et les obstacles pour un retour au dialogue dans la péninsule coréenne, au moment où la suspension des activités de la zone industrielle de Kaesong, symbole de la réconciliation intercoréenne, ne peut être vécue que douloureusement par tous les Coréens, du Nord, du Sud et de la diaspora.

 

Un fil rouge a dominé l'exposé préliminaire de S.E. Yun Yong-il : le peuple coréen de la RPD  de Corée ne s'est doté d'une force de dissuasion nucléaire que contraint et forcé par la politique hostile des Etats-Unis, après avoir été lui-même victime de l'arme nucléaire. En 1945, de nombreux Coréens figuraient ainsi parmi les victimes des bombardements de Hiroshima et Nagasaki. Pendant la guerre de Corée, les menaces d'utilisation à nouveau de l'arme nucléaire par les troupes américaines conduisirent de nombreuses familles, vivant au Nord de la péninsule, à se séparer, les hommes - maris et fils - gagnant le Sud, aggravant ainsi le problème des familles coréennes divisées.

 

Ne pouvant plus compter sur une alliance avec la Russie après la disparition de l'Union soviétique, la RPD de Corée est liée à la Chine par un traité d'amitié qui, lors de sa signature en 1961, ne comportait toutefois aucune mention d'un "parapluie nucléaire" chinois, la République populaire de Chine ne s'étant alors pas encore dotée de l'arme nucléaire. Si la RPD de Corée est devenue une puissance nucléaire militaire, c'est par nécessité d'assurer sa survie en disposant d'une force de dissuasion autonome, alors qu'elle est entourée de puissances nucléaires ou protégées par le "parapluie nucléaire" américain. Ce faisant, elle a établi un équilibre des forces en Asie du Nord-Est qui, de manière analogue à l'équilibre qui s'était instauré entre les Etats-Unis et l'URSS pendant la guerre froide, assure une stabilité géopolitique et stratégique dans cette région du monde, alors que d'autres pays non dotés de l'arme nucléaire ont été attaqués et vaincus par les Etats-Unis.

 

En conclusion de son exposé introductif, S.E. Yun Yong-il a souligné que, dans le contexte actuel marqué par une volonté délibérée des Etats-Unis d'accroître les tensions dans la péninsule coréenne en utilisant les armes les plus modernes, la RPD de Corée ne considérait plus sa dénucléarisation comme un sujet à négocier. L'arme nucléaire offre une certaine sérénité à la RPDC pour reprendre les pourparlers. Pour Pyongyang, l'heure est maintenant à la négociation d'un traité de paix, jusqu'à présent refusée par Washington, ainsi qu'à la mise en place de mécanismes de sécurité collective qui pourront prendre d'autres formes que les anciens pourparlers à six, qui réunissaient les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon.

 

Dans la très riche discussion qui a suivi, il a été évoqué la question des canaux de discussion, tant avec les Etats-Unis qu'avec d'autres pays tiers. De fait, l'absence de relations de confiance rend aujourd'hui difficile un retour à la table des négociations, les spécialistes présents à l'échange avec S.E. Yun Yong-il ayant souligné la nécessité, selon eux, non seulement de gestes réciproques - dans l'esprit de la déclaration de septembre 2005 - mais aussi d'initiatives nord-coréennes pour débloquer la situation. Pour sa part, la RPD de Corée considère que les Etats-Unis doivent d'abord procéder à la levée des sanctions qu'ils ont contribué à imposer, selon une politique du "deux poids, deux mesures" qui méconnaît les droits d'Etat souverain de la RPDC. Enfin, la diversification des circuits d'échange - y compris économiques, culturels et universitaires - est apparue comme un moyen adéquat pour nouer ou renouer des relations bilatérales. Une telle volonté existe manifestement : il appartient maintenant aux différentes parties concernées de la concrétiser par des actes concrets. Pour sa part, l'AAFC y contribuera avec les moyens et les relais dont elle dispose, dans l'intérêt mutuel des Français et des Coréens - de tous les Coréens.  

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Corée et médias
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)