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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 16:59

Le 10 novembre 2011, la syndicaliste sud-coréenne Kim Jin-suk a décidé de mettre fin à la grève qu'elle avait engagée le 6 janvier, pour protester contre le licenciement de 400 travailleurs de l'industrie navale à Pusan. Elle avait choisi, de manière spectaculaire, de monter sur une grue de chantier, attirant l'attention des médias du monde entier. Suite à l'accord intervenu entre Hanjin Heavy Industries and Construction (HHIC) et la Confédération coréenne des syndicats (Korean Confederation of Trade Unions, KCTU), le conflit a pris fin et Kim Jin-suk est descendue de sa grue. L'AAFC salue le courage de Kim Jin-suk et l'accord finalement trouvé avec la KCTU, qui revient sur l'ensemble des licenciements, tout en appelant à la vigilance sur la mise en oeuvre effective de cet accord et la nécessité d'empêcher les poursuites qui pourraient être engagées par HHIC à l'encontre de Kim Jin-suk.

 

kim_jin_suk.jpgAgée de 52 ans, Kim Jin-suk est une figure connue et reconnue du monde des ouvriers sud-coréens de la métallurgie : en 1981, elle a été la première femme soudeuse engagée sur un chantier naval. Ayant rejoint le syndicat KCTU, elle a choisi d'engager une grève pendant 309 jours, dans la cabine de la grue numéro 85, quand l'entreprise de construction navale Hanjin Heavy Industries and Construction (HHIC) a annoncé, en fin d'année 2010, le licenciement de 400 travailleurs, dans le cadre d'un plan de mesures d'économie comportant, notamment, une délocalisation de la production aux Philippines. Kim Jin-suk a rejoint la terre ferme après un accord conclu entre HHIC et le syndicat KCTU, étant accueillie par ses camarades avec une couronne de fleurs.

 

Le mode original de contestation choisie par Kim Jin-suk lui a assuré une large médiatisation, bien relayée sur les réseaux sociaux, très influents en Corée du Sud. Par milliers, les Coréens ont emprunté les "Bus de l'espoir" jusqu'à Pusan pour soutenir la syndicaliste, comptant parmi eux des célébrités comme l'actrice engagée Kim Yeo-jin. Les députés ont pressé le patron du HHIC de s'expliquer devant le Parlement. Embarrassé, le Grand parti national (GPN, conservateur, au pouvoir) a vivement incité la direction de HHIC à trouver une solution négociée au conflit, qui aura duré dix mois.

 

Ce n'était  pas la première fois que les méthodes de HHIC étaient ainsi condamnées et émouvaient l'opinion publique. En 2003, deux syndicalistes, Kim Ju-ik et Kwak Jae-kyu s'étaient suicidés lors d'un mouvement de protestation visant, déjà, des licenciements de la firme. 

 

Selon l'accord conclu entre HHIC et la KCTU, 94 employés seront à nouveau embauchés, tout en bénéficiant d'une indemnisation. 306 autres quitteront l'entreprise après avoir accepté un plan de départ en retraite. Il n'est donc prévu ni licenciements, ni reclassements.

 

Mais la vigilance est de mise : Kim Jin-suk pourrait être à nouveau poursuivie, après avoir été condamnée en janvier pour violation de propriété privée : il lui est reproché d'avoir bloqué la production de l'entreprise. Par ailleurs, les employeurs sud-coréens sont trop souvent coutumiers de ne pas respecter leurs accords : deux ans après l'accord conclu en août 2009, les ouvriers licenciés de Ssangyong Motor attendent toujours la réintégration qui leur était promise.

 

Sources : Philippe Mesmer, "Après 309 jours, une gréviste sud-coréenne descend de sa grue", in Le Monde, 11 novembre 2011 ; Frédéric Ojardias, "Corée du Sud : combat gagné pour Kin Jin-suk, la syndicaliste perchée sur sa grue", article publié sur RFI, 10 novembre 2011 (dont photo).

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Social
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)