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30 mai 2019 4 30 /05 /mai /2019 09:50

Le 9 mai 2019, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a testé deux missiles à courte portée en les lançant en direction de l'est depuis la région de Kusong, dans le nord-ouest de la RPDC. Selon le Comité des chefs d'état-major interarmées de la Corée du Sud, ces deux missiles ont volé pendant 420 et 270 km au-dessus du territoire nord-coréen avant de retomber dans la mer de l'Est (mer du Japon). Le 4 mai, la RPDC avait procédé à un premier essai d'un tel missile depuis la presqu'île de Hodo, près de Wonsan, sur la côte orientale, ainsi qu'à des exercices de systèmes de lance-roquettes multiples. La RPDC qualifie ces lancements d'« exercice militaire régulier », mais, le 25 mai, quelques heures avant l'arrivée au Japon du président américain Donald Trump pour une visite d'Etat de quatre jours, son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, a déclaré  à Tokyo qu'il n'y avait « aucun doute » sur le fait que la RPDC a violé des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies en lançant ce que Bolton a décrit comme des « missiles balistiques ». Cette dernière sortie de Bolton, un « super faucon » partisan de longue date d'une ligne très dure à l'égard de la Corée du Nord, a suscité une vive réaction de la part de la RPDC.

Test d'un missile nord-coréen à courte portée le 9 mai 2019 (source : KCNA)

 

Le 27 mai 2019, l'agence officielle KCNA citait un porte-parole du ministère nord-coréen des affaires étrangères :

« Bolton, conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis a réagi à l'exercice militaire régulier de notre armée, déclarant qu'il s'agit d'une violation des "résolutions" du Conseil de sécurité des Nations unies. Cette déclaration va vraiment au-delà de l'ignorance.

En ce qui concerne les "résolutions" du CSNU, auxquelles Bolton fait référence de manière irréfléchie, jamais une seule fois nous ne les avons reconnues ou avons été restreints par elles, parce qu'elles sont une négation totale et scandaleuse du droit à l'existence et au développement d'un pays souverain, comme nous l'avons déjà déclaré à plusieurs reprises.

Si un objet est lancé, il est tenu de suivre une trajectoire. Ce qui compte pour les Etats-Unis, ce n'est pas la portée mais l'interdiction même d'un lancement utilisant la technologie balistique. Cela équivaut finalement à exiger de la RPDC qu'elle renonce à son droit à l'autodéfense.

Notre exercice militaire n'a visé personne et n'a pas mis en danger les pays environnants, mais Bolton prétend avec acharnement qu'il constitue une violation des "résolutions", en se mêlant imprudemment des affaires internes des autres. Nul besoin d'être très perspicace pour deviner que Bolton a clairement une structure mentale différente de celle des gens ordinaires.

Bolton, comme il l'a lui-même avoué, a servi de "marteau" pour "briser" l'Accord-cadre signé en 1994 par la RPDC et les Etats-Unis, et il est bien connu en tant que "maniaque de la guerre" opposé à la RPDC et qui a conçu diverses politiques provocatrices telles que la désignation de notre pays comme membre de l'"axe du mal", une frappe préventive et un changement de régime.

Pire encore, Bolton s'est tenu à l'avant-garde de la direction de la guerre en Irak et de l'abrogation du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire qui a permis de garantir la paix en Europe pendant des décennies, et il est de plus en plus connu pour son bellicisme avec son obsession pour d'autres guerres au Moyen-Orient et en Amérique du Sud.

Ce n'est pas un hasard si des critiques se font maintenant entendre aux Etats-Unis quant au fait que Bolton est un belliciste parlant de guerre au Président alors qu'il a lui-même échappé au service militaire, affirmant qu'il ne souhaitait pas mourir dans une rizière en Asie du Sud-Est.1

Finalement, il convient de qualifier Bolton de conseiller à la destruction de la sécurité sabotant la paix et la sécurité plutôt que de conseiller à la sécurité œuvrant à garantir la sécurité.

Il n'est pas du tout étrange que des mots pervers sortent toujours de la bouche d'un homme structurellement déficient, et une telle erreur humaine mérite de disparaître au plus vite. » (KCNA, 27 mai 2019)

Avant cette cinglante critique de Bolton venue de RPDC, le Président des Etats-Unis Donald Trump avait lui-même semblé vouloir adoucir les propos de son conseiller à la sécurité nationale.

« La Corée du Nord a lancé quelques petites armes, qui ont dérangé certains de mon peuple et d'autres mais pas moi », écrivait ainsi le Président des Etats-Unis sur son compte Twitter le 26 mai, ajoutant penser que le dirigeant de la RPDC « tiendra sa promesse envers moi ».

Cette péripétie confirme les bonnes relations personnelles entre Kim Jong-un et Donald Trump, dont faisait ainsi état l'agence nord-coréenne KCNA au lendemain du sommet de Hanoï, malgré l'échec apparent du sommet : « Les dirigeants suprêmes des deux pays [Kim Jong-un et Donald Trump] ont apprécié que leur seconde rencontre à Hanoï a offert une occasion importante d'approfondir le respect et la confiance mutuels et de porter les relations entre les deux pays à un nouveau palier. »

Plus que la question du caractère légitime ou non des exercices militaires menés par la Corée du Nord en mai 2019, les réactions que ces exercices ont suscitées, à Pyongyang et à Washington, posent la question du maintien au sein de l'administration américaine du « super faucon » John Bolton, considéré comme le responsable de l'échec du sommet de Hanoï.

 

Sources :

1 NdT : Alors que John Bolton soutenait la guerre du Vietnam, il refusa de servir dans une unité combattante, préférant s'engager dans la Garde nationale et étudier dans une école de droit après l'obtention de son diplôme en 1970 à l'université Yale. « J'avoue que je ne souhaitais pas mourir dans une rizière en Asie du Sud-Est », a écrit Bolton au sujet de sa décision, à l'occasion de la 25ème réunion de sa promotion. « Je considérais que la guerre était déjà perdue au Vietnam. » (Ross Goldberg et Sam Kahn, "Bolton’s conservative ideology has roots in Yale experience", Yale Daily News, 28 avril 2005)

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commentaires

Forgeat 04/08/2019 20:14

Bonsoir, le missile présenté n'est pas un Iskander russe contrairement à ce à quoi il ressemble: c'est une fabrication nationale d'un bidule un peu plus gros selon Norbert Brügge.
A propos de missile, c'est bien d'avoir des missiles intercontinentaux, encore faut-il garder la tête (nucléaire) froide. https://www.forgeat.org/index.php/2019/05/07/garder-la-tete-froide-seconde-partie/

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