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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 07:57

Le 30 juin 2014, la Commission de la défense nationale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a publiquement proposé aux autorités sud-coréennes de mettre fin aux hostilités militaires entre les deux pays à compter du 4 juillet prochain (qui marquera le 42ème anniversaire du communiqué conjoint Nord-Sud), ce qui implique notamment de suspendre l'édition 2014 des exercices conjoints avec les Etats-Unis Ulji-Freedom Guardian, qui se déroulent chaque année en août et en septembre - et alors que la RPDC doit participer aux Jeux asiatiques qui auront lieu à Incheon, au Sud de la péninsule, du 19 septembre au 4 octobre prochains. L'AAFC soutient pleinement cette proposition de nature à relancer les relations intercoréennes sur la voie de la coopération et des échanges, et qui fait suite à la main tendue par le Maréchal Kim Jong-un aux dirigeant sud-coréens dans son message du 1er janvier 2014. Cette nouvelle offre de dialogue intervient à la veille d'une visite à Séoul, les 3 et 4 juillet prochains, du dirigeant chinois Xi Jinping - alors que la République populaire de Chine plaide pour que Washington et Séoul engagent des pourparlers bilatéraux et multilatéraux avec Pyongyang.

Le Maréchal Kim Jong-un, dirigeant de la République populaire démocratique de Corée

Le Maréchal Kim Jong-un, dirigeant de la République populaire démocratique de Corée

En RPD de Corée, les commémorations revêtent une importance primordiale : il n'est donc pas anodin que la nouvelle proposition de dialogue au Sud formulée le 30 juin 2014 par la Commission de la défense nationale (CDN) de la RPDC, la plus haute autorité militaire nord-coréenne, ait eu lieu quelques jours avant les dates anniversaires de la déclaration commune Nord-Sud du 4 juillet 1972 (la première à ce niveau entre les deux parties divisées de la péninsule), et de la disparition du Président Kim Il-sung le 8 juillet 1994 qui signait, la veille, un document préparatoire à un sommet intercoréen.

Faisant référence aux contacts intercoréens au plus haut niveau depuis 2007 qui se sont tenus il y a désormais près de cinq mois, et qui avaient permis de nouvelles réunions de familles séparées en février, la déclaration de la CDN reprend les principes fondamentaux pour le développement des échanges et des relations intercoréennes, en vue d'engager la péninsule sur la voie de la réunification par les efforts des Coréens eux-mêmes, sans ingérence extérieure : réunification pacifique, indépendante et dans le cadre d'une grande union nationale, au-delà des différences d'idéologies et de systèmes politiques et économiques.

Conformément au principe d'indépendance, rappelé dans le premier point de la déclaration, il est proposé aux autorités sud-coréennes de cesser toute critique mutuelle et de mettre ainsi fin à la guerre psychologique et aux actes de déstabilisation à compter du 4 juillet à minuit - ce qui, précise la CDN, permettra de mettre en oeuvre dès que possible l'accord intergouvernemental conclu en février. Par ailleurs, la CDN de la RPDC appelle la Corée du Sud à cesser de critiquer la Corée du Nord pour s'être dotée d'armes nucléaires qui, selon Pyongyang, ont un objectif d'autodéfense vis-à-vis des Etats-Unis et ne sont donc pas un sujet Nord-Sud.

Le second point vise à mettre fin à tous les actes d'hostilité militaire, à compter de la même date, afin d'écarter le danger de guerre de la péninsule coréenne, ce qui implique notamment pour les autorités sud-coréennes :

- de mettre fin aux intrusions de navires militaires et aux échanges de tirs dans la zone maritime contestée, incluant un ensemble d'îles qui ont été le théâtre d'affrontements intercoréens, entre les deux gouvernements coréens ;

- de cesser de menacer leurs compatriotes du Nord par l'introduction dans la péninsule d'équipements militaires américains dotés de capacités de frappes nucléaires, en particulier dans le cadre des futurs exercices militaires conjoints Ulji-Freedom Guardian ; pour sa part, la RPDC rappelle qu'elle a toujours refusé de conduire des exercices militaires avec d'autres pays.

Le troisième point vise à engager une nouvelle phase sur la voie de la réconciliation intercoréenne, "par la nation coréenne elle-même", pour les Coréens du Nord, du Sud et de la diaspora - en mentionnant explicitement de ne pas entraver les échanges avec la zone intercoréenne de Kaesong.

La déclaration intervient quelques jours après des tirs à missile à courte portée par l'Armée populaire de Corée, qui avaient entraîné des protestations des Etats-Unis et de leurs alliés, y compris Séoul. Mais la diplomatie de Pyongyang reste cohérente avec ses objectifs traditionnels : encourager la résolution des différends par la voie du dialogue, tout en maintenant par ailleurs ses capacités d'autodéfense tant qu'aucun accord définitif n'est trouvé pour une résolution pacifique des questions en suspens. La suspension des exercices militaires, de part et d'autre, serait alors le signal d'une volonté de renouer avec le dialogue bilatéral et multilatéral. La balle est désormais dans le camp de Séoul, à qui la déclaration de la CDN s'adresse directement, et de Washington.

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations intercoréennes
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* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)