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30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 08:30

A l'issue de discussions conduites à Stockholm du 26 au 28 mai 2014 entre le gouvernement japonais, représenté par Junichi Ihara, directeur d'Asie et d'Océanie du ministère des Affaires étrangères, et la délégation de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) conduite par S.E. Song Il-ho, ambassadeur chargé des relations avec le Japon, les deux parties ont conclu un accord intergouvernemental prévoyant, notamment, un allègement des sanctions japonaises à l'encontre de la RPDC, et une réouverture du dossier des "enlèvements" de citoyens japonais (selon le terme utilisé par Tokyo, et figurant dans la déclaration conjointement avec l'expression "personnes disparues" utilisée principalement par Pyongyang). Le Premier ministre Shinzo Abe s'est félicité de cet accord - le premier entre les deux pays depuis de nombreuses années - dont le contenu a également été rendu public par l'agence nord-coréenne KCNA (et dont nous reprenons des extraits ci-après). De précédents échanges de haut niveau n'avaient pas abouti, notamment en 2012. Alors que les relations bilatérales sont marquées par de lourds contentieux historiques, qui ont déjà conduit par le passé à ce que des accords restent lettre morte, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) se félicite de la reprise du dialogue, ouvrant la voie, à terme, à une possible normalisation des relations diplomatiques. Ayant choisi un langage de fermeté vis-à-vis de la RPD de Corée, les autorités conservatrices sud-coréennes ont accueilli froidement la nouvelle de l'accord - alors qu'elles cherchent à ériger, jusqu'à présent en vain, un "front du refus" (pas de négociations bilatérales, pas de reprise des pourparlers multilatéraux ni d'allègement des sanctions internationales sans des concessions initiales de la RPDC) pour faire pression sur Pyongyang.

Un accord intergouvernemental conclu entre le Japon et la RPD de Corée

Aux termes de la dépêche de KCNA, le Japon a réaffirmé sa volonté de régler les questions pendantes d'un passé "qui n'est pas glorieux" et de normaliser les relations entre Tokyo et Pyongyang, conformément à la déclaration de Pyongyang (du nom de l'accord signé en septembre 2002 entre le Premier ministre japonais Junichiro Koizumi, alors en visite à Pyongyang, et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il).

La partie japonaise s'est engagée à une levée des sanctions contre la RPD de Corée concernant les visites de personnes, les transferts d'argent et l'entrée dans les ports japonais des navires nord-coréens accomplissant une mission humanitaire - sous réserve de la mise en place de la commission spéciale (cf. infra).

La partie japonaise s'est engagée à examiner la question de l'aide humanitaire à la RPD de Corée "le moment venu", ainsi que d'engager un dialogue sincère sur le statut des résidents coréens au Japon en accord avec la déclaration de Pyongyang de septembre 2002. Elle a également déclarer apprécier les efforts conduits par la RPDC pour permettre aux citoyens japonais de visiter les tombes de leurs ancêtres dans le Nord de la péninsule coréenne, en prévoyant d'autres échanges pour l'entretien des sépultures.

Enfin, la partie japonaise s'est engagée à poursuivre les recherches sur les Coréens portés disparus, comme demandé par la partie coréenne.

La partie coréenne s'est engagée à conduire simultanément une enquête approfondie sur "les dépouilles et les tombes des Japonais, les Japonais qui restent vivants, les épouses japonaises, les victimes d'enlèvements et les personnes disparues" (NdA : des Japonaises ont notamment accompagné leur conjoint lors du rapatriement de Coréens du Japon en RPDC après 1959 ; des Japonais auraient pu rester en Corée après la fin de la colonisation japonaise en 1945 ; avant le détail des engagements réciproques de chaque partie, l'accord a signalé que la partie coréenne appréciait "la reconnaissance par la partie japonaise des efforts conduits par la RPDC pour le règlement de la question des enlèvements par le passé").

A cette fin, la partie coréenne a accepté la mise en place d'une "commission spéciale d'enquête", dont la partie japonaise serait informée des résultats des travaux autant que de besoin. Quand des survivants - ou les dépouilles de Japonais - seront retrouvés, la partie coréenne discutera des mesures à prendre en vue d'un rapatriement au Japon.

La partie coréenne a convenu de conduire une enquête rapide et de parvenir à un accord sur les questions en suspens, suivant des formes et selon des méthodes à discuter avec la partie japonaise.

S'agissant également de l'enquête approfondie sur les personnes disparues, les deux parties se sont engagées à permettre des visites dans les lieux concernés ainsi que des rencontres entre les personnes souhaitant entrer en contact. 

Principale source :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Japon-Corée
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)