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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 22:49
Rien ne va plus pour les libertés en Corée du Sud. Après les accusations de diffusion de fausses informations ayant entraîné l'arrestation, début janvier, de l'internaute Minerve (libéré le 20 avril, faute de preuves) et, plus récemment, du producteur de télévision Lee Chun-geun, ce sont maintenant les accusations de collusion avec la Corée du Nord qui servent à faire taire toute contestation de la politique du président conservateur Lee Myung-bak.  En effet, les poursuites se multiplient à l'encontre des organisations ou individus soupçonnés de violer la Loi dite de sécurité nationale. Cette loi instaurée en 1948 vise, entre autres, à empêcher tout contact des Coréens du Sud avec leurs compatriotes du Nord sans autorisation du gouvernement de Séoul.

Le 21 avril 2009, accusés d'avoir enfreint la Loi de sécurité nationale, Choi Han-wuk et Kang Jin-gu, principaux dirigeants du mouvement pro-réunification Solidarité pour la mise en pratique de la Déclaration conjointe Nord-Sud (Solidarité), ont été condamnés par la cour du district central de Séoul à deux ans et demi de prison chacun. La cour a considéré que Solidarité constitue un "groupe anti-Etat" dont les efforts sont tournés vers la "glorification du Nord" et l'"opposition au gouvernement sud-coréen".

La cour a aussi condamné à 18 mois de prison avec sursis Mun Gyeong-hwan et Gwak Dong-gi, deux autres dirigeants du mouvement national pro-réunification. Le juge Hong Seung-myeon dit avoir été plus sévère avec Choi et Kang car ils ont en charge la direction politique de Solidarité et sont entrés en contact avec des responsables nord-coréens sans autorisation.

Dans l'énoncé de son verdict, la cour déclare que les activités de Solidarité obéissent largement à la stratégie de la Corée du Nord, qui est de promouvoir l'anti-américanisme et de prôner un retrait des troupes américaines de la péninsule coréenne. "Solidarité est engagé dans des activités anti-américaines et anti-gouvernementales [...] en faisant la promotion de la possession d'armes nucléaires par le Nord et des réalisations de Kim Jong-il", affirme la cour. Selon la justice sud-coréenne, Solidarité pourrait ainsi perturber la perception qu'a le public de la situation dans la péninsule...

"Violation de la Loi de sécurité nationale." C'est aussi ce qui vaut des ennuis au célèbre chanteur sud-coréen, Shin Hae-chul.

A 41 ans, Shin est connu pour ses positions critiques vis-à-vis du gouvernement sud-coréen. Le 8 avril, il a posté un message sur son site Internet (www.shinhaechul.com) pour féliciter la RPDC de la réussite du lancement de la fusée Unha-2. "En tant que membre du même groupe ethnique, je félicite la République populaire démocratique de Corée pour la réussite du lancement d'une fusée, conforme à l'exercice de sa souveraineté et aux lois internationales", a écrit Shin. "Maintenir des capacités nucléaires est le seul moyen efficace qu'ont les pays faibles de résister aux plus puissants", a-t-il poursuivi. "Je suis heureux que nos frères possèdent une telle capacité de défense indépendante."

Ce message de félicitation a provoqué la colère d'organisations conservatrices sud-coréennes, lesquelles veulent poursuivre Shin Hae-chul. Bong Tae-hong, président d'une organisation qui se fait appeler "La vraie Corée", a qualifié le commentaire de Shin de "menace substantielle pour la sécurité et l'existence de la Corée du Sud." On parle bien d'un message laissé par un chanteur de rock sur un site Internet...

Instaurée en décembre 1948, la Loi de sécurité nationale a pour objectif, selon son premier article, de "supprimer les activités anti-Etat qui mettent en danger la sécurité nationale et d'assurer la sécurité de la nation, la liberté du peuple et la liberté."

L'article 2 définit comme groupes anti-Etat "les organisations nationales ou internationales ou les groupes dont l'intention est de mener ou de faciliter des actions d'infiltration du gouvernement ou d'entraîner des désordres pour la nation."

Les sanctions définies aux articles 3 et 4 incluent la peine de mort et des peines de prison d'une durée minimale de deux ans.

L'article 7 prévoit des peines jusqu'à sept ans de prison pour ceux qui encouragent la coopération avec des groupes anti-Etat mettant en danger la sécurité nationale. Il a été souvent utilisé pour détenir des personnes ayant des idées de gauche, particulièrement celles dont les idées et les opinions politiques à propos de la réunification de la Corée sont considérées comme identiques ou similaires à celles de la RPDC.

L'Association d'amitié franco-coréenne appelle à l'abolition de cette loi anachronique. (sources : JoongAng Ilbo, The Korea Times, Wikipedia)  



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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique sud-coréenne
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)