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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 18:01

Dans Corée du Nord. Un Etat-guérilla en mutation, le journaliste Philippe Pons, correspondant du quotidien Le Monde pour la Corée et le Japon depuis plus de trente ans, a publié l'oeuvre d'une vie. Comme toujours, Philippe Pons, sans complaisance pour la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), met en avant les transformations de l'Etat soumis au plus vieil embargo au monde et qu'une certaine presse veut, à la différence de Philippe Pons, enfermer dans des images caricaturales. Les thèses qu'il déploit sont parfois audacieuses (notamment sur le système politique interne à la Corée du Nord, dont les analyses américaines et sud-coréennes - utilisées par Philippe Pons - doivent être prises avec précaution vu la difficulté à confronter les données), mais l'information est riche, complète, y compris sur des sujets mal connus : nous traitons ci-après celui des relations, aujourd'hui rompues, entre le Parti communiste japonais (PCJ) et la RPDC, abordées page 158 de l'ouvrage.

Aux origines de la rupture entre le Parti communiste japonais et la Corée du Nord

Philippe Pons rappelle que la gauche japonaise - socialistes comme communistes, membres de l'Association de coopération pour le rapatriement des Coréens du Japon (Zainichi Chôsenjin kikoku kyoryoku kai) - ont soutenu le rapatriement en RPDC des Nord-Coréens du Japon, engagé à partir de 1959. Un communiste japonais, Terao Gorô, a ainsi publié un ouvrage décrivant la RPD de Corée de manière idéalisée, et dont le succès a été considérable.

Cependant, une partie des Coréens retournés au Nord de la péninsule ont eu du mal à s'habituer à une vie très différente de celle qu'ils espéraient, et matériellement beaucoup plus difficile que dans l'archipel nippon. C'est dans ce contexte que le correspondant à Pyongyang du quotidien du PCJ Akahata, Hagiwara Ryô, a été expulsé de RPDC en 1973, alors qu'il conduisait une enquête sur les rapatriés en Corée du Nord. Il a ensuite publié un livre, très critique sur le régime nord-coréen, qui va contribuer à la dégradation des relations entre le PCJ et la RPDC. Au sein de la gauche japonaise, seuls les socialistes maintiendront de bonnes relations avec les autorités nord-coréennes.

Puis la rupture entre le PCJ et Pyongyang est intervenue en 1987, après qu'un attentat contre un appareil de la Korean Air eut été attribué par Séoul à Pyongyang (ce que la Corée du Nord a toujours nié, l'enquête comportant en outre d'importantes zones d'ombre).

C'est ainsi que l'un des plus puissants partis communistes d'Asie (hormis ceux au pouvoir), avec les partis communistes indiens, a désormais cessé ses relations avec la RPD de Corée, cette prise de distance radicale étant étrangère à l'orientation du communisme japonais, qui n'a pas été sans rappeler celle des tendances eurocommunistes en Europe occidentale dans les années 1970.

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Japon-Corée
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)