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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 22:03

Malgré les intimidations et les menaces des autorités sud-coréennes, 68 000 personnes (selon la police) à 130 000 personnes (selon les organisateurs) ont participé le 14 novembre 2015 à l'un des plus vastes rassemblements organisé à Séoul au cours de ces dix dernières années, à l'appel de 53 organisations (dont la centrale syndicale Korean Confederation of Trade Unions, Confédération coréenne des syndicats - acronyme anglais KCTU - et l'Union des enseignants et travailleurs de l’éducation coréens, KTU). Plusieurs mots d'ordre ont fédéré les participants : tout particulièrement, le refus des projets de libéralisation du marché du travail et des manuels scolaires d'Etat - que les autorités sud-coréennes entendent mettre en place pour inculquer la "bonne pensée" aux écoliers. Un même slogan "A bas Park Geun-hye !" a traduit l'aspiration commune des participants, fermement opposés à la dérive libérale-autoritaire de la Corée du Sud. Refusant la criminalisation de l'opposition sud-coréenne, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) est pleinement solidaire du combat des militants sud-coréens pour la démocratie, les libertés et la justice sociale, en saluant leur courage face à la répression.

"A bas Park Geun-hye !"

Parmi les motifs du rassemblement figuraient le refus des manuels scolaires d'histoire estampillés par les pouvoirs publics qui doivent entrer en vigueur en 2017 (et permettre une appréciation positive de la présidence Park Chung-hee, initiateur d'un régime militaire ayant entraîné des milliers de morts, et père de l'actuelle chef de l'Etat Park Geun-hye), la déréglementation de marchés de produits agricoles, la facilitation du licenciement des "travailleurs inadaptés" (sic) - que les syndicats dénoncent comme une mesure qui accroîtrerait la pression à la baisse des salaires et accentuerait encore le dualisme du marché du travail au détriment des travailleurs ayant un statut précaire.

 

Les autorités sud-coréennes avaient mis en place le dispositif nécessaire pour assurer la criminalisation des manifestations de ce samedi 14 novembre et en retirer les bénéfices politiques attendus en limitant encore un peu plus la liberté d'expression de l'opposition politique et syndicale :

- d'abord, les menaces pour décourager les participants éventuels ; outre les déclarations martiales du ministère de l'Intérieur (cf. infra), les fonctionnaires et enseignants qui participeront au mouvement encourront toute la sévérité de la loi en cas de débordements, avait prévenu préalablement le gouvernement, la veille, dans un communiqué conjoint du ministère de l'Education, du ministère de la Justice, du ministère de l'Intérieur, du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales et du ministère de l'Emploi et du Travail ;

- ensuite, un déploiement policier surdimensionné (20 000 policiers anti-émeutes) pour favoriser les affrontements ;

- enfin, des pièges tendus aux dirigeants du mouvement identifiés comme devant être arrêtés dans le cadre de la journée d'action.

Je veux dire clairement que nous tiendrons les fonctionnaires personnellement responsables pour avoir participé à ou conduit toute activité illégale faisant l'objet de poursuites légales, et que nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour poursuivre de tels individus (Chung Chae-gun, ministre de l'Intérieur).

Hankyoreh

Quand les manifestants ont approché de la Maison Bleue, siège de la présidence, les forces de l'ordre ont déployé un cordon de 700 bus pour bloquer leur avancée, puis ont utilisé des canons à eau et du gaz lacrymogène. Et ce qui devait se passer est arrivé : certaines personnes ont tenté de forcer les barrages de police, entraînant des affrontements et causant des dizaines de blessés (30, selon un bilan provisoire du quotidien progressiste Hankyoreh).

Cible de choix, le dirigeant de la centrale syndicale KCTU Han Sang-gyun a fait l'objet d'une tentative d'arrestation par des policiers en civil munis d'un mandat d'arrêt judiciaire pour avoir prétendument organisé, par le passé, des rassemblements illégaux - entre autres, le rassemblement ayant mobilisé un nombre exceptionnel de travailleurs à l'occasion de la fête du travail cette année. Mais Han Sang-gyun est parvenu à s'échapper lors de sa tentative d'arrestation après des échaffourées entre des syndicalistes de la KCTU et les policiers en civil, étant exfiltré par un bâtiment adjacent, avant de réapparaître au coeur du principal rassemblement devant l'hôtel de ville de Séoul en appelant à se diriger vers la Maison Bleue, qu'il a dénoncée comme "le coeur d'un gouvernement injuste".

Solidaire des militants pour les libertés politiques et syndicales, l'AAFC n'aura qu'un mot : ce n'est qu'un début, continuons le combat !

"A bas Park Geun-hye !"

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique sud-coréenne
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)