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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 22:51

Le 28 mai 2014, Ahn Dae-hee a présenté sa démission comme Premier ministre six jours seulement après avoir été choisi par la présidente sud-coréenne Mme Park Geun-hye, avant même son audition par le Parlement. Ce retrait est la conséquence de l'aveu implicite de l'impétrant qu'il avait perpétué la détestable tradition sud-coréenne du jeongwanyewu, un système de collusion des hauts magistrats auquel la Présidente Park avait promis de s'attaquer.

Le Premier ministre qui n'était resté que six jours en fonctions

Le jeongwanyewu est un terme coréen - qui peut être traduit par "traitement honorable des prédécesseurs" - désignant la corruption sous forme de collusion entre les anciens juges et leurs collègues toujours en fonctions : les premiers deviennent avocats et usent de leurs réseaux d'influence auprès des seconds.

Le Premier ministre Ah Dae-hee avait été choisi il y a six jours par la présidente sud-coréenne pour insuffler de nouvelles pratiques après ce qu'avait révélé comme dysfonctionnements le dramatique naufrage du ferry Sewol.

Mais avant même son audition par les parlementaires Ahn Dae-hee a remis sa démission, suite aux soupçons pesant sur cet ancien juge à la Cour suprême qu'il avait perpétué la pratique inacceptable du jeongwanyewu. Ahn Dae-hee n'a d'ailleurs pas démenti ces mises en cause, en déclarant qu'il était "désolé d'avoir déçu le peuple avec le jeongwaenyewu et d'autres suspicions".


Ahn Dae-hee aurait touché 1,6 milliard de won (soit 1,56 million d'euros) moins de six mois après avoir ouvert son cabinet d'avocats, en juillet 2013, en tirant notamment profité du jeongwanyewu - ce qui avait soulevé un tollé de protestations de l'Alliance de la nouvelle politique pour la démocratie (ANPD, principal parti d'opposition, centriste). Ahn Dae-hee avait tenté de désamorcer les critiques en annonçant qu'il ferait don de 1,1 milliard de won à des oeuvres caritatives. Après son retrait, l'ex-Premier ministre n'avait pas précisé s'il maintiendrait sa promesse.

Ce dernier épisode reflétant la corruption au sein de l'élite administrative et politique sud-coréenne est un nouveau coup dur pour la Présidente Mme Park Geun-hye, à la veille d'élections locales - le 4 juin prochain - qui se présentent sous un jour défavorable après qu'elle eut été mise en cause pour la gestion catastrophique du naufrage du Sewol : en effet, le scandale Ahn Dae-hee - alors que le Premier ministre avait une réputation d'intégrité - éclaire à nouveau l'oubli à ce jour des promesses de campagne de la candidate, qu'il s'agissait de la sécurité des personnes - en l'espèce, pour le transport de voyageurs - ou de la lutte contre la corruption.

Le même jour, la faiblesse du réseau de services publics a été révélée par un incendie à l'hôpital Hyosarang, dans le comté de Jangseong, qui a causé la mort d'au moins 21 personnes. N'est-il pas temps pour la Corée du Sud de tourner enfin le dos à une déréglementation libérale qui n'a tué que trop de victimes innocentes ? N'est-il pas temps d'insuffler des principes de justice et d'équité dans une société gangrénée par la corruption et le clientélisme, qui ont partie liée avec l'insuffisance des services publics, comme en a témoigné le naufrage du Sewol ?

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Société Politique sud-coréenne
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)