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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 00:00

Louis-Terrenoire.JPGA Pyongyang, capitale de la RPD de Corée, les visiteurs du Monument aux idées du Juche peuvent lire, sur une des nombreuses plaques commémoratives offertes par des organisations et personnalités du monde entier, cette inscription : « LOUIS TERRENOIRE – ANCIEN MINISTRE DU GENERAL DE GAULLE - FRANCE ». En effet, Louis Terrenoire, grande figure de la Résistance, ancien déporté, ancien ministre et porte-parole du Général de Gaulle, fut très engagé dans le soutien à la réunification indépendante et pacifique de la Corée. C'est donc presque naturellement que ce grand Français devint président de l'Association d'amitié franco-coréenne, laquelle, depuis sa fondation en 1969, a toujours su réunir des personnalités de diverses sensibilités politiques. Au vingtième anniversaire du décès de Louis Terrenoire, l'AAFC tient à saluer la mémoire de son ancien président en reproduisant l'hommage qui lui fut rendu par son successeur à la tête de l'AAFC, Jean Suret-Canale (décédé en 2007), lors de la session élargie du Comité exécutif du Comité international de liaison pour le réunification et la paix en Corée (CILRECO) tenue à Paris les 25 et 26 janvier 1992.

 

La cause de l'amitié franco-coréenne, la cause de l'unité du peuple coréen, viennent de perdre un de leurs plus fidèles soutiens, en la personne de Louis Terrenoire, membre de la présidence de l'AAFC et ancien président délégué de cette Association. Louis Terrenoire s'est éteint dans la nuit du 8 au 9 janvier 1992, à l'âge de 83 ans.

Né à Lyon le 10 novembre 1908, dans un milieu modeste, Louis Terrenoire fut un militant chrétien qui, à 20 ans, fut élu dans sa ville natale secrétaire de l'Union des syndicats chrétiens du Sud-Est. Mais, très vite, il s'oriente vers le journalisme, participe à l'organisation des « Semaines sociales », et est appelé à Paris en 1932 – il vient d'avoir 24 ans – pour y prendre les fonctions de secrétaire de rédaction du quotidien chrétien-démocrate L'Aube, fondé par Francisque Gay, qui sera vice-président du Conseil en 1946 et dont il devient le gendre en 1935. Chroniqueur de politique étrangère, il dénonce les menées du nazisme et du fascisme, et prend parti pour la République espagnole, ce qui, il faut bien le dire, n'était pas position prédominante dans les milieux catholiques à l'époque.

Dès juillet 1940, de retour à Lyon, il entre dans la Résistance, et il devient en 1943 secrétaire du Conseil national de la Résistance, que préside alors Georges Bidault, successeur de Jean Moulin et son ancien collègue du journal L'Aube. Arrêté par la Gestapo au début de 1944, il est torturé puis déporté à Dachau. Libéré en 1945, il reprend ses fonctions à L'Aube, devenu l'organe du Mouvement républicain populaire (MRP), un des trois grands partis de gouvernement de l'époque. Député MRP de l'Orne aux deux Assemblées constituantes, il se sépare du MRP en 1947 pour rejoindre le Rassemblement du peuple français (RPF) du Général de Gaulle.

En 1958, à son retour au pouvoir, le Général de Gaulle lui confie la direction du journal parlé à la radio-télévision française. Il est réélu député de l'Orne, et le restera jusqu'en 1973. Il sera un temps président du groupe gaulliste à l'Assemblée nationale et, en février 1960, ministre de l'Information dans le gouvernement Debré. Il défendra les positions du Général de Gaulle dans leur évolution vers la reconnaissance de l'indépendance de l'Algérie. Proche sur ce terrain des positions des « gaullistes de gauche », il s'attachera à la défense des liens entre la France et l'Algérie, entre la France et les pays arabes (il était président de l'Association France-Palestine) et il prendra ses distances avec les gouvernements des successeurs du Général de Gaulle dont il défend les positions favorables aux peuples du Tiers-Monde.

C'est dans cet esprit qu'il accepte en 1977 la présidence de notre Association, fonction qu'il assumera jusqu'en 1982. La détérioration de son état de santé, suite des effets de la déportation, le conduira alors à renoncer à ces fonctions, tout en demeurant membre de la présidence collective de notre Association.

Louis Terrenoire était par ailleurs membre de la présidence de l'Association nationale des anciens combattants de la Résistance française (ANACR) et de la présidence de la Fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes (FNDIRP).

C'est à ce titre que quelques jours avant sa disparition il avait publié dans Le Patriote résistant, organe de cette association, une chronique de politique étrangère, dans laquelle, retrouvant tout le talent manifesté dans sa longue carrière de journaliste spécialiste de la politique internationale, il commentait avec sa profondeur habituelle les grands bouleversements de l'année écoulée. Dans cet article, il consacrait un long développement à la situation de la Corée, et se réjouissait de la conclusion de l'accord Nord-Sud [du 13 décembre 1991], dont il montrait toute la portée.

Ce texte fut sans doute son dernier écrit : il aura eu la joie de prendre acte d'un premier résultat d'une action à laquelle, pour sa part, il avait activement contribué.

A sa famille, à ses proches, je voudrais dire en cette occasion toute notre reconnaissance à Louis Terrenoire pour son action en faveur de la reconnaissance de la RPDC par la France, problème auquel il s'était particulièrement attaché, et en faveur de la réunification pacifique et indépendante de la Corée. Je voudrais leur exprimer toute notre peine et nos sincères condoléances.

A la tête de notre Association, avec d'autres amis porteurs d'autres sensibilités politiques, il témoignait avec éclat du caractère pluraliste de notre Association, réunissant des militants d'orientations très diverses, mais se retrouvant sur le terrain de l'amitié franco-coréenne, en fonction même des intérêts de la France.

Jean Suret-Canale,

Président délégué de l'Association d'amitié franco-coréenne

Paris, 25 janvier 1992

Source : bulletin trimestriel de l'Association d'amitié franco-coréenne, n°37, 1er trimestre 1992

 

Louis-Terrenoire_Tour-Juche.jpg

Monument aux idées du Juche, Pyongyang : plaque commémorative offerte par Louis Terrenoire

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Activités AAFC
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* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)