Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 11:23

Visé par une enquête pour corruption impliquant plusieurs de ses proches, l'ancien président sud-coréen (2003-2008) Roh Moo-hyun s'est donné la mort ce samedi 23 mai 2009. L'AAFC rend hommage à l'avocat des victimes du régime militaire et au patriote qui avait fait progresser la cause de la réunification de la Corée.

Les Coréens étaient sous le choc en apprenant, le samedi 23 mai 2009, le suicide dans la matinée de l'ancien président Roh Moo-hyun
(photo : Reuters). Plusieurs proches  du président Roh - son épouse et le mari d'une de ses nièces - étaient visés par une enquête pour corruption, affaire qui avait donné lieu à une très forte couverture médiatique par la presse conservatrice acquise au président Lee Myung-bak.  

Au cours d'une randonnée, il s'est jeté du haut d'une falaise, pendant un moment d'inattention du garde du corps qui l'accompagnait. Il est mort pendant son transfert à l'hôpital de Pusan.

L'ancien avocat des victimes du régime militaire, devenu député en 1988, s'était illustré en dénonçant la corruption, avant que le Grand parti national (GPN, conservateur) ne mène, durant le mandat présidentiel de Roh Moo-hyun (2003-2008), une campagne acharnée sur la corruption de la nouvelle majorité - ayant permis le vote sans précédent d'une procédure de destitution en 2004, avant que des élections législatives anticipées ne conduisent au Parlement une nouvelle majorité favorable au président démocrate. Dans un contexte de très forte impopularité de son successeur, le conservateur Lee Myung-bak, élu en décembre 2007 et entré en fonctions en février 2008, le GPN avait relancé sa campagne anti-Roh Moo-hyun, qui avait été un des facteurs de sa victoire politique, en faisant l'impasse sur ses propres affaires de corruption, alors que nombre de dirigeants du GPN ont commencé de bâtir leurs fortunes pendant la colonisation japonaise (1910-1945).

Tout en précisant n'avoir pas été impliqué personnellement dans les scandales de corruption visant ses proches, l'ancien chef de l'Etat s'était excusé auprès des Sud-Coréens le mois dernier, lors d'une conférence de presse, après s'être exprimé sur son blog : "Je ne symbolise plus les valeurs que vous poursuivez (...) Vous devriez vous débarraser de moi." Il avait laissé un message d'adieu : "Le reste de ma vie pourrait être un fardeau pour d'autres. Comme je ne suis pas en bonne santé, je ne peux rien faire. Je ne peux pas lire de livres, je ne peux pas écrire. Ne soyez pas tristes. La vie et la mort ne sont-elles pas une seule et même chose ?"

Déplorant un "incident triste et tragique", le président Lee Myung-bak a demandé de préparer les funérailles "avec le respect et conformément au protocole prévu pour un ancien président."

Roh Moo-hyun était né le 6 août 1946, dans une famille de paysans pauvres du village de Gimhae, près de Pusan. Il avait suivi des cours de soir pour étudier et devenir magistrat en 1977, s'impliquant dans la défense des victimes du régime militaire, notamment après le soulèvement de Gwangju en 1980, puis dans le mouvement démocratique de 1987 ayant conduit au rétablissement de l'élection du président de la République au suffrage universel direct.

Elu député en 1988, il devient célèbre en révélant la corruption du pouvoir conservateur. Farouche opposant au régionalisme, source de clientélisme dans la société coréenne, il choisit de se présenter dans un bastion conservateur, Pusan, avant de remporter l'élection présidentielle de décembre 2002, grâce à une campagne menée notamment sur Internet, alors que les médias traditionnels restent acquis aux forces conservatrices.

Son mandat est marqué, en politique intérieure, par la poursuite des réformes libérales, en particulier la négociation d'un accord de libre-échange avec
les Etats-Unis, auxquels il n'hésite toutefois pas à s'opposer, notamment sur la question de la Corée du Nord. Il a également encouragé les travaux d'enquête sur les massacres de civils par les militaires sud-coréens et les Américains au début de la guerre de Corée. Ayant poursuivi et approfondi la politique d'ouverture au Nord dite du "rayon de soleil" de son prédécesseur Kim Dae-jung, il a rencontré le dirigeant Kim Jong-il, lors du deuxième sommet intercoréen au plus haut niveau, en octobre 2007.

Si les mises en cause personnelles semblent avoir joué un rôle majeur dans le suicide de Roh Moo-hyun, cet épisode tragique est à l'image d'une situation délètère en Corée du Sud. La
répression politique et la dégradation des relations intercoréennes, alors que Lee Myung-bak traite comme des chiffons de papier les accords interétatiques du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007, font planer le spectre d'un retour aux années de plomb du régime militaire.

L'AAFC présente ses condoléances à la famille et aux partisans de Roh Moo-hyun, en saluant la mémoire de l'artisan du dialogue intercoréen et le combattant pour la démocratie.

Sources : AFP, OhmyNews, wikipedia

Partager cet article

Repost 0
Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique sud-coréenne
commenter cet article

commentaires

irene 23/05/2009 15:59

Une pensée pour cet homme qui malgré les erreurs commises pendant son mandat a quand même accompli beaucoup de choses dans sa vie. Il avait des idéaux, des convictions nobles. Posons-nous aussi la question du rôle des médias, la pression que cet homme à du subir. Il semblerait que la présomption d'innocence appartienne au passé, que ce soit en France ou dans le reste du monde.

Présentation

  • : Association d'amitié franco-coréenne
  • Association d'amitié franco-coréenne
  • : Soutenir une réunification indépendante et pacifique de la Corée, conformément à l'aspiration légitime du peuple coréen et dans l’intérêt de la sécurité et de la paix dans le monde
  • Contact

Recherche

D'où venez-vous?

aujourd'hui


dans les 30 derniers jours

 
 

Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)