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22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 07:52

Le 7 juillet 2017, 122 Etats membres des Nations unies (sur les 192 que compte l'organisation) ont adopté le projet de traité sur l'interdiction des armes nucléaires, ouvert à la ratification depuis le 20 septembre et qui entrera en application 90 jours après avoir été ratifié par cinquante Etats. Aucune des puissances nucléaires n'a participé aux discussions sur le traité, mais le vote, le 27 octobre 2016, du premier comité de l'Assemblée générale des Nations unies en faveur de la résolution L.41 prévoyant l'ouverture de négociations  sur un "instrument juridiquement contraignant visant à interdire les armes nucléaires en vue de leur élimination complète" faisait clairement apparaître quelles puissances nucléaires envisagent réellement l'interdiction des armes nucléaires, éclairant ainsi d'un jour nouveau les enjeux de la crise actuelle autour de la Corée sur la question nucléaire.

Essai nucléaire français "Licorne" (puissance : 1 Mt) sur l'atoll de Mururoa le 3 juillet 1970

Essai nucléaire français "Licorne" (puissance : 1 Mt) sur l'atoll de Mururoa le 3 juillet 1970

Un seul pays doté de l'arme nucléaire, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), avait voté pour la résolution L. 41. Le vote de la délégation nord-coréenne était cohérent avec sa position de principe pour un monde sans armes nucléaires : la RPDC a développé sous la contrainte ses armes nucléaires comme un outil de dissuasion pour ne pas subir le sort de pays comme l'Irak et la Libye, alors que l'administration Trump laisse sous-entendre que les Etats-Unis pourraient bien, en revanche, utiliser à nouveau des armes nucléaires contre la Corée du Nord - comme ils l'ont déjà fait en 1945 en bombardant et tuant à Hiroshima et Nagasaki. 

Sans surprise, les Etats-Unis et leurs alliés (Corée du Sud, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Australie, Israël...) ont voté contre la résolution L. 41, de même que la Russie, tandis que la Chine, l'Inde et le Pakistan se sont abstenus.

Si les Etats-Unis et leurs alliés multiplient les sanctions contre la RPD de Corée, c'est bien pour conserver le monopole de l'arme nucléaire, inquiets à l'idée que des Etats qui ne soient pas leurs clients se dotent de cette arme en suivant l'exemple de la RPD de Corée. Une telle conception des relations internationales nie la souveraineté des Etats, qui est pourtant officiellement la base du droit international.

La seule issue à la crise en cours sur le nucléaire nord-coréen consiste donc à ce que les Etats-Unis cessent de menacer la RPD de Corée avec des armes nucléaires (en apportant par ailleurs des garanties de sécurité à la Corée du Nord) et s'engagent eux aussi sincèrement, comme la France et le Royaume-Uni, vers une interdiction complète des armes nucléaires dont ils restent les principaux détenteurs (si l'on juge par les critères du nombre d'essais et de têtes nucléaires). Ce processus sera long, exigeant des concessions de toutes les parties (et pas seulement de la Corée du Nord), mais en tout état de cause ils ne peuvent pas demander aux autres ce qu'ils refusent d'accomplir eux-mêmes. Dans ce seul contexte, il serait raisonnable pour Pyongyang d'abandonner également ses armes nucléaires, qui sont aujourd'hui son assurance-vie face aux menaces extérieures.

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