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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 14:00

Depuis plus d'un demi-siècle, la zone démilitarisée (DMZ) est devenue une frontière de fait entre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et la République de Corée (du Sud). Si ce vestige de la guerre froide a figé la division de leur patrie pour plus de soixante-dix millions de Coréens, il abrite aussi une faune et une flore exceptionnelles qui doivent consacrer son rôle de réserve naturelle, même après la réunification.

Longue de 248 km, sur une largeur d'environ 4 km de part et d'autre du trente-huitième parallèle, la zone démilitarisée reste une région de tension extrême, héritée de la guerre froide. Mais la fixation de la division de la Corée selon cette ligne a également eu une conséquence inattendue : une faune et une flore exceptionnelles s'y sont développées. Ce rôle de réserve naturelle devra être préservé après la réunification.

On compte, parmi les espèces animales présentes, la grue de Mandchourie, le faisan à queue zébrée, le canard au bec tacheté, la mouette à queue noire, les grues à poil blanc et à couronne rouge, des tortues d'eau douce et plusieurs espèces de papillons. Des ours, des chats sauvages, des léopards, des biches et des tigres de Sibérie, espèce en danger critique d'extinction, vivent dans les zones les plus escarpées.

Plusieurs voix, notamment celle de Nelson Mandela - qui a fait cette demande auprès des Nations-Unies - se sont élevées pour transformer la DMZ en un parc de la paix, de préférence à des projets touristiques, ou encore économiques, qui prendraient en compte la situation exceptionnelle de la DMZ, entre Kaesong et Séoul. Toutefois, le déminage et le raccordement des voies ferrées sont des opérations de réhabilitation nécessaires, mais de nature à menacer un écosystème fragile.

Par ailleurs, le "chemin de la mémoire", créé du côté Sud par la France sur les lieux de combat de la guerre de la Corée, se situe à proximité immédiate de zones à haute valeur environnementale et pourra qualifier notre pays, notre moment venu, pour apporter son concours à la transformation de la DMZ en un parc naturel d'une richesse exceptionnelle.

Sources : AAFC et Robert Willoughby, North Korea. The Bradt Travel Guide, édition 2003, p. 142

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18 juillet 2008 5 18 /07 /juillet /2008 23:00

Face au renchérissement des prix du pétrole, le gouvernement sud-coréen a pris des mesures visant à économiser l'énergie dans les administrations, et pourrait bientôt les étendre au secteur privé. L'urgence qui entoure de telles mesures tend à montrer que ce qui est arrivé à la Corée du Nord -- un pays ayant atteint un certain niveau de développement industriel mais soudain privé de ses sources d'approvisionnement énergétique à bon marché -- n'a pas servi d'avertissement à sa voisine du Sud et au reste du monde.

 

Face à la montée des prix mondiaux du pétrole, alors que le baril de brut de Dubaï, la référence en Corée du Sud, dépasse les 140$, le gouvernement de Séoul a annoncé le 6 juillet 2008 une série de mesures destinées à économiser l'énergie.


A partir du 15 juillet, une circulation alternée a été mise en place dans plus de 800 administrations : en fonction du numéro d'immatriculation de leur véhicule, les fonctionnaires ne pourront circuler que les jours pairs ou impairs et devront emprunter les transports publics les autres jours afin de se rendre au travail.


D'autres actions sont envisagées, comme un usage plus restrictif de la climatisation dans les bureaux ainsi qu'une réduction de 30% de l'utilisation des véhicules officiels dont la moitié seront remplacés par d'autres consommant moins d'énergie ou hybrides d'ici à 2012.


Le gouvernement sud-coréen a aussi pressé le secteur privé de participer à cet effort, en recommandant à tous les citoyens de moins utiliser leur voiture et aux propriétaires de magasins d'éteindre leurs enseignes lumineuses plus tôt.


Toujours dans le cadre de cette campagne d'économie, la Corée du Sud a prévu de réduire l'ampleur des exercices militaires effectués régulièrement par ses 680.000 soldats.


Le ministère sud-coréen de la Défense envisage ainsi de diminuer sa consommation de pétrole de 14% en 2008, en révisant à la baisse le nombre d'exercices militaires engageant chars, navires et avions. Les manoeuvres seront écourtées, remplacées par des simulations sur ordinateurs. Ces mesures sont effectives depuis le 8 juillet.


Dépourvue de ressources naturelles, la Corée du Sud importe tout son pétrole et intensifie actuellement sa "diplomatie énergétique" afin d'assurer la stabilité de ses approvisionnements dans un contexte mondial de hausse des prix de l'énergie.

Dans la péninsule coréenne, depuis les années 1990, on croyait la pénurie énergétique "réservée" au Nord (ci-contre, la centrale thermique de Pyongyang en août 2006). Mais la Corée du Sud est maintenant menacée à son tour et contrainte de prendre des mesures dans l'urgence.

 

La crise énergétique, alimentaire et environnementale que traverse sa voisine du Nord depuis plusieurs années aurait pourtant dû servir d'avertissement. Comme l'écrit John Feffer, codirecteur de Foreign Policy In Focus à l'Institut des études politiques de Washington, et auteur de nombreux articles et livres consacrés à la Corée :



"L'effondrement de l'agriculture nord-coréenne dans les années 1990 n'était pas imputable à son retard. En fait, la Corée du Nord pouvait s'enorgueillir d'une des agricultures les plus mécanisées d'Asie. Même s'ils revendiquaient leur auto-suffisance, les Nord-Coréens dépendaient en réalité beaucoup des importations de carburant bon marché. [...] L'énergie fortement subventionnée arrivant de Chine et de Russie aida à faire fonctionner les bataillons de tracteurs nord-coréens. Elle contribua aussi à faire de la Corée du Nord un des plus gros utilisateurs mondiaux d'engrais, un produit pétrolier. Quand, à la fin des années 1980, les Soviétiques et les Chinois arrêtèrent de financer ces importations énergétiques, les tarifs internationaux de l'énergie devenant aussi la norme pour eux, les Nord-Coréens eurent un réveil difficile [...]


La politique économique particulière suivie par la Corée du Nord n'a pas causé la famine dévastatrice qui a suivi. Une planification hautement centralisée et les prétentions à l'auto-suffisance n'ont fait que rendre le pays prématurément vulnérable aux tendances qui affectent aujourd'hui le reste de la planète.


Comme les Nord-Coréens, notre dépendance vis-à-vis d'une énergie relativement peu chère faisant fonctionner notre agriculture industrialisée et nos usines forme maintenant un mélange mortel avec les pénuries alimentaires et un dérèglement climatique qui ne fait que commencer, nous poussant vers le précipice. [...]


Après les attaques du 11 septembre 2001, le monde entier exprima immédiatement sa solidarité en proclamant 'Nous sommes tous des Américains'. Si nous ne faisons pas des choix politiques concernant l'énergie, l'agriculture et le climat, en remplaçant l'idolâtrie de la croissance effrénée au coeur des économies capitaliste et communiste, le slogan du 21ème siècle pourrait bien être 'Nous sommes tous des Nord-Coréens'."



Ces deux photos ont été prises par un satellite d'observation à quelques mois d'intervalle en 2003 et illustrent le lien entre pénurie énergétique, dégradation de l'environnement et crise alimentaire :

à gauche, on aperçoit en Corée du Nord, en particulier près de la côte ouest, de vastes zones touchées par la déforestation. L'abattage massif d'arbres a servi à dégager de nouvelles terres pour l'agriculture et à pallier la pénurie d'énergies fossiles après l'effondrement du bloc soviétique, pénurie observable sur la photo de droite prise de nuit. Mais la déforestation a été aussi une des causes majeures des conséquences dramatiques des inondations sur les récoltes et sur la situation alimentaire en Corée du Nord.

La photo de la péninsule coréenne prise de nuit sert souvent aux adversaires de la RPDC à opposer, dans une analyse partiale et partielle, la Corée du Sud et son dynamisme économique à la Corée du Nord plongée dans la crise.

Pour combien de temps encore ?

 


(sources : The Korea Times, CNN, Foreign Policy in Focus)

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4 mai 2008 7 04 /05 /mai /2008 20:46

Le 1er mai 2008, la Corée du Sud a procédé aux premières importations de céréales génétiquement modifiées, à base d'OGM, depuis la réglementation de ce commerce en 2001. Ce choix des industries agro-alimentaires a soulevé la colère des associations de défense des consommateurs et de l'environnement.

L'arrivée à Ulsan, le 1er mai 2008, de 63.000 tonnes de céréales américaines génétiquement modifiées, à base d'OGM, a été accueillie par des manifestations de protestation des associations environnementales et de défense des consommateurs. Il s'agissait de la première d'importations d'OGM en Corée du Sud depuis la réglementation de ce commerce dans le pays en 2001.


Zones de culture des OGM en 2005


Dans un communiqué commun, les associations environnementales et de défense des consommateurs ont souligné que la sécurité des OGM n'était pas totalement vérifiée, en pointant les dangers de leur utilisation dans l'alimentation humaine.

Les groupes agro-alimentaires sud-coréens qui ont importé les céréales génétiquement modifiées pour les utiliser dans les gâteaux, les glaces, les boissons et d'autres produits alimentaires, se sont justifiés en affirmant qu'ils n'avaient pas d'autres choix, compte tenu de la raréfaction des céréales sur le marché mondial, dans un contexte où la Chine a suspendu ses exportations. 

Selon les données du ministère de l'agriculture, la Corée du Sud a importé 10,5 millions de tonnes de céréales l'an dernier, dont 8,2 millions de tonnes ont été destinées à l'alimentation animale, et 2,3 millions de tonnes à l'alimentation humaine. (source : The Associated Press)

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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 14:51
La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) s'est associée à la célébration internationale du Jour de la Terre, le 22 avril 2008. La sensibilisation des Coréens aux questions d'environnement est au coeur des campagnes menées deux fois par an, au printemps et en automne.



Chaque 22 avril, le Jour de la Terre (cf. drapeau officieux ci-dessus) marque la naissance du mouvement environnemental actuel, en 1970, à l'initiative du sénateur américain du Wisconsin Gaylord Nelson.

La RPDC s'est à nouveau associée à la célébration internationale du Jour de la Terre, le 22 avril 2008, en mettant l'accent sur la sensibilisation des Coréens aux questions d'environnement par des actions pratiques, en soulignant en particulier le lien entre les modes de consommation et le réchauffement climatique.

Deux campagnes nationales sont menées chaque année, au printemps et à l'automne, sur la protection de la Terre et de l'environnement.

La connaissance des changements climatiques a été intégrée dans les enseignements universitaires, et donne aussi lieu à des opérations d'information dans les médias. (source : KCNA)
 

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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 10:58

Le 21 mars 2008, le président sud-coréen Lee Myung-bak a annoncé un ensemble de mesures pour protéger l'environnement de l'ensemble de la péninsule coréenne, tout en assouplissant les critères écologiques pour construire de nouvelles usines. L'AAFC essaie de décrypter ces signaux contradictoires.  

Le discours sur l'environnement prononcé par le président sud-coréen Lee Myung-bak, le 21 mars 2008, trace les grandes orientations de sa présidence en ce domaine. Mais comme pour la Corée du Nord, le discours du président Lee est ambigu, ménageant les intérêts des différentes parties, sans jamais résoudre, à ce stade, la question de la mise en oeuvre concrète d'annonces ambitieuses.

Ne pas augmenter les émission de dioxyde de carbone

Alors que la Corée du Sud n'est pas engagée par le protocole de Kyoto à réduire ses émissions de dioxyde de carbone, le président Lee Myung-bak a annoncé des engagements de son pays : selon les précisions apportées par le gouvernement sud-coréen, ses émissions seraient maintenues, en 2012, au même niveau qu'en 2007, alors qu'il est actuellement prévu une hausse de 12% des émissions par le secteur industriel sur la période 2007-2012.

Les écologistes critiquent l'insuffisance de ces efforts : les émissions de dioxyde de carbone par habitant en Corée du Sud sont parmi les plus élevées au monde, et les Etats industrialisés de l'Union européenne prévoient, quant à eux, une réduction de leurs émissions. 

Soutenir le reboisement de la Corée du Nord

L'annonce la plus médiatique a été la proposition du président Lee Myung-bak de coopérer avec la Corée du Nord pour aider au reboisement de la partie nord de la péninsule. Une telle mesure protégerait l'environnement de toute la Corée.

L'idée n'est pas nouvelle : la déforestation en Corée du Nord, pour pallier la pénurie d'énergies fossiles après l'effondrement du bloc soviétique, a été une des causes majeures des conséquences dramatiques des inondations sur les récoltes et la situation alimentaire en Corée du Nord. D'ores et déjà, le Programme des Nations Unies pour l'environnement coopère avec la Corée du Nord pour aider à son reboisement.

Mais le président Lee Myung-bak ne s'est pas donné les moyens d'instituer un climat de confiance avec les dirigeants nord-coréens : il a refusé que des Nord-Coréens participent à sa cérémonie d'investitude, le 26 février dernier, comme la Corée du Nord l'avait proposé. En mettant l'accent sur les droits de l'homme en Corée du Nord, il a par ailleurs tendu les relations intercoréennes. 

Si la proposition du président Lee Myung-bak est intéressante, le dialogue intercoréen devra s'améliorer pour que s'entament déjà des discussions de mise en oeuvre d'un tel projet.


Sur ce cliché de la la péninsule coréenne pris en mai 2003, on aperçoit en Corée du Nord,

en particulier près de la côte ouest, de vastes zones touchées par la déforestation. (source : NASA)


Un grand canal

La Corée du Sud est actuellement engagée dans un processus pour purifier l'eau de quatre de ses principaux fleuves (Han, Youngsan, Nakdon et Geum) : durant sa campagne, Lee Myung-bak avait déjà dénoncé le coût de ces mesures, selon lui disproportionné, en privilégiant la construction d'un canal de 420 kilomètres entre Séoul et Pusan.

Mais quel sera le coût d'un canal ? Quelle est la mesure la plus efficace, à long terme, pour la protectionnement de l'environnement ?

Le propre parti du président Lee, le Grand parti national (GPN), n'a pas retenu le projet de canal dans son programme pour les élections législatives du 9 avril 2008, et des dissidents du GPN font ouvertement campagne contre ce projet. L'hypothèse d'un veto législatif ne doit donc pas être exclue.

Assouplir les interdictions environnementales pour les industriels

Enfin, le ministère de l'environnement a annoncé l'assouplissement des interdictions actuelles de construction de bâtiments industriels à proximité des sources d'approvisionnement en eau : la distance minimale à respecter par rapport à ces sources serait abaissée de 15 à 7 kilomètres.

Comme le souligne les écologistes, une telle mesure irait à contre-courant des décisions prises en ce domaine par les autres grands pays industriels pour protéger l'environnement.

Lee Myung-bak, ancien PDG de Hyundai, a commencé son mandat en annonçant que les groupes industriels pourraient à nouveau investir dans le secteur bancaire, alors que cette confusion d'intérêts est une des causes d'aggravation de la crise financière de 1997 en Corée du Sud.

Dans ce contexte, les gestes en direction des industriels sont-ils la contrepartie d'un programme réel d'amélioration de l'environnement ? Et ce programme sera-t-il effectivement mis en oeuvre ? A ce stade, la prudence s'impose afin de pourvoir ensuite juger sur pièces.

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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 19:39

Emotion en Italie : la mozzarella au lait de bufflonne, une des spécialités et des fiertés de la région de Naples, vient d'être interdite d'importation par la Corée du Sud, suite à la mise sous séquestre d'élevages après la découverte d'un taux élevé de dioxine dans leur lait.

La mozarrella au lait de bufflonne est l'une des spécialités agricoles de la région de Naples. Or la semaine dernière le gouvernement italien a annoncé la mise sous séquestre de 66 élevages de bufflonnes, après la découverte de dioxine dans leur lait.

Les décisions aussitôt prises par la Corée du Sud et le Japon d'interdire les importations de mozzarella italienne, dans l'attente d'expertises complémentaires, ont soulevé une vive émotion dans la péninsule italienne. Pour sa part, l'Union européenne a demandé des garanties de sécurité. L'enjeu de santé, mais également économique, n'est pas mince : à elle seule, la Corée du Sud importe chaque année 10 tonnes de mozzarella de lait de bufflonne.

Le gouvernement italien a déploré des mesures qu'il juge "excessives", en précisant que des traces de dioxine n'avaient été trouvées que dans 9 cas parmi un échantillon de 132 producteurs.

La Corée du Sud entend conduire ses propres analyses. La mesure de précaution du gouvernement sud-coréen rappelle qu'en Corée, depuis les années 1980, la défense de l'environnement a été liée au combat pour la démocratie, puis à la défense des consommateurs face aux puissants lobbies industriels.

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