Alors que la mobilisation se poursuit après la bousculade mortelle ayant causé 158 morts à Itaewon le 29 octobre 2022, l'Assemblée nationale - où l'opposition est majoritaire - a voté le 11 décembre 2022 une motion visant à la révocation du ministre de l'Intérieur Lee Sang-min. Le président conservateur Yoon Seok-yeol s'y est de facto opposé, en appelant à ce que prenne d'abord fin l'enquête de police sur les origines de la tragédie.
Itaewon, le soir du drame
Les députés conservateurs (minoritaires) avaient quitté l'hémicycle au moment du vote, où la motion a ainsi été adoptée par 182 voix "pour" et un vote invalidé - l'Assemblée nationale comptant 300 sièges.
Les parlementaires proches du chef de l'Etat avaient brandi auparavant des pancartes où ils mettaient en cause Lee Jae-myung, l'adversaire malheureux (battu d'une courte tête : 47,83 % contre 48,56 %) de Yoon Seok-yeol à l'élection présidentielle du 9 mars 2022, L'un des proches de Lee Jae-myung, Jeong Jin-sang, est impliqué dans une affaire de corruption. Les démocrates ont dénoncé une manoeuvre pour éviter que toutes les conséquences ne soient tirées de la bousculade mortelle survenue à Itaewon, où les familles des victimes demandent que les responsables soient sanctionnés.
La position des conservateurs - et du président Yoon - est qu'il convient d'attendre la fin de l'enquête de police - ainsi que d'une enquête parlementaire - avant de se prononcer sur le maintien à son poste du ministre de l'intérieur. L'administration présidentielle considère ainsi que ce n'est pas à proprement parler un veto du chef de l'Etat.
Alors que les prochaines élections législatives sont prévues en avril 2024, Yoon Seok-yeol est devenu le président le plus rapidement impopulaire de la Corée du Sud, et la perte de confiance de l'opinion publique a encore grandi après la catastrophe d'Itaewon. Lors de la deuxième semaine de décembre 2022, il est crédité de 38 % d'opinions favorables et de 59 % d'opinions défavorables selon l'institut de sondages Realmeter. En cas d'élections législatives, et d'après le même institut, les démocrates (principale formation d'opposition) obtiendraient 45 % des voix et les conservateurs 39 %.
"Pour les victimes et leurs familles, le plus important est de déterminer la vérité et d'établir qui est légalement responsable. Ce n'est qu'à partir de là que l'on pourra déterminer l'éte...
Si les nouilles froides (appelées raengmyon au nord de la péninsule, et naengmyon au sud) font partie du patrimoine culinaire de l'ensemble de la péninsule coréenne, celles de Pyongyang sont emblématiques de la cuisine du nord et sont inscrites dans les compétitions culinaires. Elles ont d'ailleurs été servies lors de la rencontre au sommet entre le Sud-Coréen Moon Jae-in et le Nord-Coréen Kim Jong-un, en avril 2018, entraînant alors un engouement nouveau pour ce plat à Séoul. En novembre 2022, la coutume du raengmyon de Pyongyang a été inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO. Nous reproduisons ci-après la notice publiée par l'UNESCO, soulignant le rôle social de ce plat dégusté notamment lors du Jongwoldaeborum et composé de farine de sarrasin avec différentes garnitures, dont de la viande, du kimchi et des légumes.
Le raengmyon de Pyongyang (nouilles froides principalement composées de farine de sarrasin) est un plat traditionnel associé aux événements sociaux et culturels en Corée du Nord. Servies dans un bol en laiton, les nouilles sont couvertes de morceaux de viande, de kimchi, de légumes, de fruits et d’autres garnitures. La touche finale de la préparation consiste à verser sur les nouilles du bouillon froid de viande ou du jus de kimchi de radis. Tradition culinaire populaire profondément ancrée dans la vie des Pyongyangais, ce plat est associé avec la longévité, le bonheur, l’hospitalité, la convivialité et l’amitié. Il favorise par ailleurs le respect, la proximité et l’unité.
La veille du Jongwoldaeborum (une fête populaire coréenne célébrée pendant l’hiver), les habitants se rassemblent en famille ou entre voisins et partagent ce plat dans l’espoir que leurs vies soient aussi longues que le sont les nouilles. Lors de célébrations telles que les anniversaires ou les mariages, les Pyongyangais servent le raengmyon à leurs proches, à leurs voisins et à leurs amis en les bénissant. La coutume veut que les convives boivent un peu d’alcool avant de déguster ce plat. Aujourd’hui, il est servi même en dehors de ces occasions particulières, dans des restaurants spécialisés.
Dans le cadre familial, les grands-mères et les mères transmettent fièrement leur savoir-faire et leurs connaissances à leurs enfants, considérant cette transmission comme un devoir moral. La pratique est également transmise par le biais de programmes d’études et de formations dans les restaurants, de concours de cuisine, de festivals et d’expositions, ainsi que dans les médias et les établissements d’enseignement.
Le raengmyon de Pyongyang (nouilles froides principalement composées de farine de sarrasin) est un plat traditionnel associé aux événements sociaux et culturels en Corée du Nord. Servies dans ...
Dans une étude publiée le 15 novembre 2022, deux auteurs de 38 North, Martyn Williams et Natalia Slavey, rappellent les étapes du développement de la téléphonie mobile en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Ils estiment qu'une majorité des adultes nord-coréens - 50% à 80% - disposeraient désormais d'un téléphone mobile.
Si un premier réseau de téléphonie mobile (Sunnet) avait été développé dans le pays entre 2002 et 2004, ce n'est véritablement qu'à partir de 2008 que ce secteur a pris son essor en Corée du Nord. Un réseau 3G avait alors été lancé par la société égyptienne Orascom dans le cadre d'une joint venture. Le capital de l'opérateur du réseau, Cheo Technology JV Co., est détenu à 75 % par Orascom Telecom, et à 25 % par la Compagnie coréenne des postes et télécommunications. La licence a été attribuée pour une durée de 25 ans - en 2015, Orascom a annoncé avoir perdu le contrôle effectif de Cheo Technology. Deux ans plus tard, en 2010, la RPD de Corée avait lancé sa propre production industrielle pour répondre à la demande des consommateurs.
Le cap du premier million d'abonnés au réseau Koryolink avait été franchi en février 2012 et celui des deux millions en mai 2013. Si l'évolution récente du nombre d'abonnés n'est plus connue précisément, selon l'étude de 38 North le nombre d'abonnés aurait continué de progresser rapidement, pour s'élever actuellement entre 6 et 8 millions (pour une population de 26 millions d'habitants), correspondant à une proportion de 50% à 80% de la population adulte (une même ligne pouvant être utilisée par plusieurs personnes), le réseau couvrant la plus grande partie du pays. La téléphonie mobile a joué un rôle essentiel dans l'essor des marchés privés pour faciliter les transactions. En septembre 2018, Orascom avait obtenu une exemption des Nations unies pour continuer à opérer en Corée du Nord malgré les sanctions.
Les Nord-Coréens ont ensuite lancé leur propre réseau 3G, concurrent de Koryolink - et les deux réseaux coexistent aujourd'hui. Opérationnel depuis 2017 à Pyongyang, puis dans d'autres grandes villes, le réseau Mirae est dix fois plus rapide que Koryolink. La modernisation du réseau de téléphonie mobile reste toutefois l'un des enjeux économiques et technologiques, comme l'a souligné le Président Kim Jong-un lors du huitième Congrès du Parti du travail de Corée, en janvier 2021.
Après la bousculade dramatique ayant causé à présent 157 morts dans le quartier d'Itaewon le 29 octobre 2022, des manifestations ont eu lieu dans toute la République de Corée (Corée du Sud) le 5 novembre 2022 pour mettre en cause la réponse jugée insuffisante des autorités. Les manifestants ont fait le parallèle avec les défaillances dans la gestion en 2014 du naufrage du ferry Sewol, appelant à la démission du président conservateur Yoon Seok-yeol.
A l'appel de plusieurs groupes d'organisateurs, les veillées aux chandelles ont réuni au moins des dizaines de milliers de Coréens. Vêtus de noir et aborant des chrysanthèmes, symboles du deuil, ils ont exprimé leur colère. Au micro de la BBC, Kang Jee-joo, une étudiante de 22 ans, a déclaré :
J'ai d'abord ressenti de la tristesse. Mais maintenant je suis en colère. Je suis ici parce qu'on aurait pu empêché cet incident. Ces personnes avaient presque mon âge.
Si les autorités ont reconnu ne pas avoir déployé suffisamment de forces de l'ordre sur le lieu du drame pour prévenir la catastrophe, leurs excuses - à l'instar de celles du ministre de l'intérieur - ne satisfont pas l'opinion publique qui estime que les autorités cherchent à se décharger de leurs responsabilités. Entre 18h34 et 22h11, donc jusqu'à près de quatre heures avant l'heure du drame, le numéro d'urgence 112 aurait reçu au moins 11 appels sur le risque qu'un mouvement de foule ne prenne un tour dramatique. Ces mises en garde n'ont manifestement pas été entendues. Il n'y avait que 137 membres des forces de l'ordre présents lors de la catastrophe, dont la plupart étaient en civil (seuls 58 policiers étaient revêtus de leur uniforme). La préoccupation principale de la police semblait alors de lutte contre la consommation de cannabis.
Alors que la sécurité publique fait partie des missions régaliennes d'un Etat, ce manque de réactivité est d'autant plus imputé au chef de l'Etat qu'il est un ancien procureur. Les participants ont appelé à la démission du chef de l'Etat, dont la popularité est exceptionnellement basse six mois après son entrée en fonctions le 10 mai 2022.
Trois partis de l'opposition (Parti démocrate, Parti de la justice et Parti du revenu de base) - qui est majoritaire au Parlement - ont demandé la constitution d'une commission d'enquête parlementaire, à laquelle s'oppose la formation du chef de l'Etat, le Parti du pouvoir du peuple. Les parlementaires d'opposition à l'origine de cete initiative estiment nécessaire d'évaluer de manière indépendante les mesures de prévention du drame puis l'intervention des forces de l'ordre, critiquant ce qu'ils appellent une "auto-enquête".
Une manifestation est organisée par les Coréens en France le samedi 12 novembre 2022, à 17h, place du Trocadéro. Et parce que les mots ont un sens, et que des responsabilités doivent être établies, les organisateurs dénoncent la tragédie du 29 octobre - et non la bousculade d'Itaewon.
Clutching white candles and black signs, the solemn-faced mourners gathered across Seoul to grieve the young victims of the Itaewon crush - and deliver a stinging rebuke to the government. As public
Remarks by the minister of the interior and safety have been interpreted as a preemptive defense mechanism by the administration to avoid being held responsible
VIDÉO] - Des dizaines de milliers de personnes se sont réunies samedi à travers la Corée du Sud. Une foule venue rendre hommage aux 156 victimes de l'écrasement qui a eu lieu à Séoul la sema...
Le PD, principale formation d'opposition, a critiqué l'"auto-enquête" sur le drame actuellement dirigée par la police alors que l'absence de mesures de prévention de l'accident et l'interventio...
Dans notre édition du 28 août 2022 nous dénoncions fermement l'émission d'un mandat d'arrêt par le FBI contre le Britannique Christopher Emms, poursuivipour avoir participé à une conférence internationale sur la blockchain en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en avril 2019. Cette mesure intervenait après une première condamnation - celle de Virgil Griffith, développeur d'Ethereum. Christopher Emms a finalement pu quitter l'Arabie Saoudite, où il était emprisonné puis retenu contre caution depuis février 2022, et se rendre en Russie - signant l'échec des autorités américaines à obtenir son extradition. Nous nous réjouissons de cet heureux développement pour Christopher Emms, en continuant d'appeler à ce que soit mis fin au mandat d'arrêt émis contre lui pour des motifs inacceptables. Il pourrait alors rejoindre son pays et les siens.
Photo de Christopher Emms sur son compte Twitter
Christopher Emms a déclaré que "le Royaume-Uni aurait mis un joli petit ruban sur [lui] et l'aurait envoyé dans une prison américaine pendant 20 ans". Dans ce contexte, il a déclaré que la Russie était son "domicile dans un avenir prévisible", en ajoutant que les autorités russes lui avaient proposé de résider en Russie, mais qu'il ne travaillait pas pour le gouvernement russe.
L'intervention en sa faveur du parlementaire Crispin Blunt (conservateur) a manifestement joué pour que les autorités britanniques se soucient (enfin) du sort d'un de leurs ressortissants. La représentante de Christopher Emms, Radha Stirling, de l'ONG Due Process International, a en effet salué le "soutien continu" du gouvernement britannique pour que l'interdiction de voyager de l'informaticien britannique soit levée, en déclarant :
Nous sommes soulagés que les autorités saoudiennes aient finalement rejeté la demande d'extradition américaine, qui n'avait pas de base légale solide ; et nous apprécions fortement l'intervention britannique dans cette affaire, ainsi que la coopération établie avec les Saoudiens.
Mais pour que Christopher Emms, désormais dans un pays sûr, puisse retrouver une vie normale, il faut que la notice rouge d'Interpol le visant soit abrogée. Ses défenseurs vont à présent s'y employer.
The United States has failed in a bid to extradite a British citizen who it accused of helping North Korea evade sanctions through cryptocurrency. Christopher Emms, who sought to fight his case in ...
Le 29 octobre 2022, une bousculade meurtrière dans les rues d'Itaewon, à Séoul, est survenue en début de soirée, à 22h15, lors de la célébration d'Halloween. Un premier bilan de la catastrophe faisait état de plus de 150 morts et d'autant de blessés, étouffés et piétinés. La Corée est sous le choc du pire drame collectif du pays depuis le naufrage du ferry Sewol, en 2014. Alors que la priorité doit être de sauver le plus grand nombre de vies parmi les blessés graves, l'Association d'amitié franco-coréenne présente ses condoléances aux victimes, majoritairement des adolescents et de jeunes adultes, à leurs familles et à leurs proches.
C'était la première célébration d'Halloween sans masque depuis la fin de la pandémie de Covid-19. Dans le quartier branché et cosmopolite de la capitale sud-coréenne, la fête a tourné au drame : les victimes se sont retrouvées coincées et écrasées dans une ruelle en pente d'une largeur de 4 mètres, à proximité de la sortie 2 de la station de métro Itaewon et de l'hôtel Hamilton.
Des rumeurs font état de la présence supposée d'une célébrité non identifiée dans un bar comme pouvant être à l'origine du mouvement de foule. Un mouvement sismique se serait également produit. L'enquête est en cours sur les causes de la tragédie.
Localisation du drame
Foule dans les rues de Séoul le soir du 29 octobre
Sous réserve d'une évaluation de la réponse à cette situation de crise, quelque 850 pompiers sont intervenus rapidement. Une heure et demie après les faits 83 ambulances étaient sur le site.
Un mouvement de solidarité pour l'assistance aux victimes s'est enclenché : les commerces adjacents ont ouvert leurs portes et accueilli les victimes, des festivaliers costumés ont prodigué les gestes de premier secours et l'hôpital universitaire de Soonchunhyang, à proximité, a privilégié l'accueil des victimes. Le combat pour sauver les blessés graves se poursuit.
L'identification des victimes a montré que la jeunesse coréenne a payé le plus lourd tribut. Un bilan provisoire a fait état de 153 morts (dont près de deux tiers de femmes), parmi lesquels 20 étrangers de 12 nationalités - chinoise (4 morts), iranienne (4 morts également), russe (3 morts), américaine, autrichienne, française, kazakhe, norvégienne, ouzbèke, sri lankaise, thaïlandaise, vietnamienne.
Un deuil national a été décrété jusqu'au 5 novembre à minuit. Les fonctionnaires porteront un ruban noir en signe de condoléances. Le maire de Séoul Oh Se-hoon, qui était en visite en Europe, est revenu d'urgence en Corée.
Alors que des images et des vidéos poignantes du drame ont circulé sur les réseaux sociaux, montrant des dizaines de corps alignés au sol, les autorités sud-coréennes ont annoncé qu'elles pourraient donner lieu à des poursuites - tout comme la diffusion de fausses informations. Mais l'heure n'est pas à rechercher des boucs émissaires ni à légiférer dans l'urgence, alors qu'affluent des messages de solidarité du monde entier, et d'abord sur les sites Internet des communautés des fans de K-pop, apparus à la pointe de la couverture des événements, comme K-Sélection, dont les contributeurs sont en partie coréanophones.
Pour notre part, nous sommes convaincus que la République de Corée, devenue en moins d'une génération l'une des puissances majeures de l'Asie, saura une nouvelle fois faire face à ce drame qui l'a frappée.
Un moment festif la veille d' Halloween dans les rues du quartier branché d'Itaewon, dans la capitale sud-coréenne, Séoul, s'est vite transformé en l'une des pires tragédies du pays depuis le ...
On 29 October 2022, a crowd crush occurred during Halloween festivities in Itaewon, Seoul, South Korea. At least 149 people died and about 150 were injured. The crowd crush is the deadliest ...
Concernant les personnes de nationalités étrangères, les autorités ont précisé qu'il y a eu 20 morts de 12 nationalités différentes : Iran (4), Chine (4), Russie (3), France, Etats-Unis, Vi...
Tous les Coréens célèbrent la fondation de l'alphabet qui leur est propre, appelé hangeul au Sud de la péninsule et chosongeul au Nord et dans la préfecture autonome de Yanbian, en Chine. Cette commémoration a toutefois lieu à des dates différentes : le 15 janvier en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), pour célébrer la création en 1444 du Hunminjeongeum ("Les sons corrects pour l'instruction du peuple"), document décrivant la nouvelle écriture coréenne ; le 2 septembre dans la préfecture autonome coréenne de Yanbian, cette célébration ayant commencé en 2014 ; enfin, le 9 octobre, correspondant au jour de promulgation du Hunminjeongeum en 1446, en République de Corée (Corée du Sud), où le jour de l'alphabet coréen est devenu une fête nationale en 1970.
Le Hunminjeongeum
C'est à l'initiative du roi Sejong (1418-1450) qu'a été créé l'alphabet coréen, promulgué en 1446, après trois années de travaux de recherches confiés à des érudits et menés dans la plus grande discrétion, tant les élites nobles et intellectuelles étaient hostiles à abandonner l'écriture chinoise - et ainsi favoriser un changement dans l'ordre social. En effet, l'objectif des promoteurs du nouvel alphabet était de développer un système d'écriture phonétique non seulement plus adapté à la langue coréenne, mais aussi plus facile d'apprentissage alors que la population restait largement illettrée : cet accès élargi à l'éducation aurait ainsi été un ferment d'évolution sociale.
Au regard des conséquences de la création de l'alphabet coréen, le développement de l'alphabet coréen fut ensuite bridé au plus haut niveau de l'Etat : en 1504, un des successeurs du roi Sejong, Yeonsangun, en interdit l'usage et l'apprentissage. Son emploi subsista néanmoins, essentiellement grâce à sa promotion par les femmes et les catégories sociales les plus défavorisées - jusqu'à ce que le Japon n'en impose l'usage en 1894, pour signifier la rupture avec la culture chinoise traditionnelle. La langue - et l'écriture - coréennes deviendront ensuite pleinement des marqueurs de l'identité nationale dans la lutte contre la colonisation japonaise, qui aboutit en 1945 au rétablissement de l'indépendance du pays. Le terme hangeul (signifiant "grande écriture") est utilisé pour la première fois en 1912 par le linguiste Ju Si-gyeong, un des pères de la langue coréenne qu'il a contribué à normaliser.
Ju Si-gyeong
Dans la Corée indépendante après 1945, les caractères chinois (hanja) ont progressivement disparu, ne servant plus qu'à distinguer des homophones ou marquer des nuances.
Compte tenu de son caractère logique, l'alphabet coréen - un des rares alphabets suffisamment récent pour qu'on en connaisse la date de création - est décrit par les Coréens comme hautement scientifique. La célébration du jour de l'alphabet est fériée en Corée du Sud à partir de 1970 - hormis une interruption entre 1990 et 2012, à la demande des employeurs qui estimaient que le trop grand nombre de jours fériés nuisait à la compétitivité de l'économie (et pour compenser que le jour des Nations Unions était devenu un jour de vacances en 1991). Mais il est redevenu ensuite un jour férié à compter de 2013, après la campagne menée en ce sens par la Société Hangeul.
Aujourd'hui, 9 octobre, la Corée du Sud est en fête ! En effet, on y célèbre la journée du Hangeul ( 한글 날 ) , l'alphabet coréen, inventé par le roi Sejong le Grand (세종대왕). Cett...
Chaque année, dans l'ensemble de la péninsule coréenne le 3 octobre est célébré comme le jour de la fondation de la Corée (gaecheonjol). Fête nationale en République de Corée (Corée du Sud), le 3 octobre n'est pas férié en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) mais est également célébré et donne lieu à une cérémonie au Mausolée de Tangun, à Kangdong.
Représentation de Tangun, le fondateur de la Corée
Selon la légende, la Corée a été fondée par Tangun, le 3 octobre de l'an 2333 avant notre ère. Fils du dieu du ciel Hwanin, Hwanung régnait sur l'Etat de Shinshi. Un tigre et un ours prièrent Hwanung de leur donner forme humaine. Ce dernier les mit à l'épreuve de rester dans une grotte, hors de la lumière, pendant 100 jours, en ne se nourrissant que de vingt gousses d'ail et d'un bouquet d'armoise. Si le tigre abandonna au bout de 20 jours, l'ours surmonta l'épreuve et devint une femme qui épousa Hwanung : de leur union naquit Tangun. Cette légende des origines a imprégné le vieux fonds chamaniste de la Corée, qui est toujours présent : les montagnes sont sacrées, au premier rang desquelles le Mont Paektu, point culminant à la frontière sino-coréenne, où serait née la Corée.
Le mot coréen gaecheonjeol signifie littéralement le jour de l'ouverture du ciel (gaecheon), faisant référence au jour où Hwanung est descendu du ciel pour vivre avec l'humanité. C'est en 1909 que le jour de la fondation de la Corée est officiellement devenu une fête nationale, Tangun étant aussi célébré comme le fondateur de Gojoseon, le premier Etat coréen. Initialement fixé au troisième jour du dixième mois du calendrier lunaire, gaecheonjol a ensuite été fixé au 3 octobre lorsqu'il est devenu la fête nationale coréenne par le gouvernement provisoire de la République de Corée, fondé en 1919 dans le contexte du soulèvement du 1er mars.
Le jour de la fondation de la Corée est très lié à Tangun, lequel a donné lieu à un culte, la religion de Tangun ou taejongkyo, fondée en 1909 par Na Cheol et s'inscrivant dans le fond chamaniste national. Très lié au mouvement pour l'indépendance de la Corée, persécuté par les Japonais pendant la colonisation, le culte de Tangun aurait été pratiqué par 400 000 Coréens durant les années 1910-1920 et compte encore aujourd'hui encore au moins 10 000 croyants en Corée du Sud.
Les coréens fêteront le jour de fondation de la Corée (Gaecheonjeol) le 3 octobre prochain. Ce jour important est férié en Corée du Sud et, même si ce n'est pas une fête, il est également ...
Alors que l'opinion publique française est alertée sur la situation terrible de Sébastien Raoult, jeune hacker français de 21 ans détenu au Maroc et menacé d'extradition vers les Etats-Unis, un citoyen britannique est menacé d'un sort similaire : Christopher Emms est actuellement détenu en Arable Saoudite, risquant une extradition vers les Etats-Unis après l'émission d'un mandat d'arrêt par le FBI. Pourtant, un Britannique ne devrait pas être soumis à une juridiction américaine pour des faits commis en dehors du territoire américain : le principe d'extraterritorialité est contraire aux règles de droit international. Les accusations à l'encontre de Christopher Emms sont par ailleurs absurdes : pour avoir participé à une conférence internationale sur la blockchain en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en avril 2019, il deviendrait soudainement co-organisateur de cette conférence selon la justice américaine - et à ce titre coupable de complot pour avoir tenté de soustraire la RPD de Corée aux sanctions internationales. Christopher Emms encourt vingt ans de prison aux Etats-Unis. L'Association d'amitié franco-coréenne se joint aux défenseurs de l'informaticien britannique, qui rejette catégoriquement les accusations à son encontre, pour qu'il puisse enfin bénéficier de la protection consulaire des autorités britanniques en étant rapatrié au Royaume-Uni, et que dans son pays il puisse se défendre librement d'accusations dont tout indique qu'elles sont infondées.
Les poursuites contre Christopher Emms - ainsi que l'Espagnol Alejandro Cao de Benos - s'inscrivent dans le prolongement de la condamnation du développeur d'Ethereum, Virgil Griffith, à 63 mois de prison par la justice américaine. Tous les trois avaient participé à une conférence sur la blockchain, organisée en 2019 à Pyongyang par Alejandro Cao de Benos. Après avoir défendu n'avoir apporté aucune information sensible de nature à permettre aux Nord-Coréens d'échapper aux sanctions internationales, Virgil Griffith avait finalement plaidé coupable à la suite d'un placement en détention provisoire - ce qui lui avait permis de réduire la très lourde peine à laquelle il était exposé (jusqu'à 20 ans de prison). Après sa condamnation, Christopher Emms et Alejandro Cao de Benos sont poursuivis pour complicité en ayant prétendument aidé les Nord-Coréens à utiliser les crypto-monnaies pour contourner les sanctions internationales. Ni l'un ni l'autre ne sont pourtant américains et les faits incriminés n'ont pas été commis aux Etats-Unis. L'affaire Julian Assange a apparemment donné des ailes aux procureurs américains pour faire appliquer la loi américaine partout dans le monde, en méconnaissance du principe de souveraineté des Etats.
Comme l'a souligné Christopher Emms, non seulement il n'était pas impliqué dans l'organisation de la conférence à Pyongyang, mais la description qu'il en donne peut difficilement laisser penser qu'une quelconque information utile ait pu être apportée aux Nord-Coréens :
Nous n'avons reçu aucune préparation, on nous a donné un tas de merde, des copiés-collés de Google qui nous ont été donnés par [Cao de Benós] avec différents sujets de discussion, des trucs de haut niveau comme “Blockchain et technologie” et “Blockchain et la paix.”
De la description qu'il donne de son voyage (payant) en RPD de Corée, Christopher Emms ne peut vraiment pas être décrit comme un défenseur à quelque titre que ce soit du régime nord-coréen. Pourtant, à en croire le FBI, il aurait permis aux Nord-Coréens d'acquérir des connaissances pour échapper aux sanctions frappant la RPDC...
Non seulement Christopher Emms est détenu en Arabie Saoudite, dans un état de pression psychologique intense, mais ses comptes bancaires ont été bloqués par décision de la justice américaine et il en est réduit à emprunter de l'argent à sa famille et ses amis.
Malgré l'engagement courageux en sa faveur du député britannique conservateur Crispin Blunt, les autorités londoniennes ont manifestement abandonné l'un de leurs ressortissants. Tout ce qu'il demande est de pouvoir retourner au Royaume-Uni et se défendre :
Emms maintient qu'il est innocent, mais même s'il ne l'était pas, il considère qu'il a le droit de “rentrer à la maison et de traiter avec le système judiciaire britannique, ce qui n'est pas, je pense, une énorme chose à demander, même aux Américains”
Les poursuites contre Christopher Emms s'inscrivent plus largement dans un mouvement inquiétant de criminalisation des activités liées aux crypto-monnaies, ainsi que de mise en oeuvre d'un délit d'opinion - ce dont a également souffert le président de l'AAFC : au fond, la principale critique contre Christopher Emms n'est-elle pas d'avoir dénoncé comme particulièrement injustice la gestion par les autorités américaines du système monétaire global ? Les fondateurs des crypto-monnaies ont rêvé d'un monde meilleur en instituant un système monétaire qui puisse échapper aux Etats ; aujourd'hui, l'appareil répressif des Etats cherche à étouffer leurs voix indépendantes et libres.
NEW YORK (Reuters) - Le ministère américain de la Justice a annoncé lundi avoir inculpé deux Européens accusés d'avoir conspiré avec un expert en cryptomonnaies récemment condamné, pour ai...
By David Canellis / August 5, 2022, 2:02 pm EDT Emms traveled to North Korea's blockchain conference alongside Virgil Griffith in 2019 The US wants to extradite him but has yet to provide supporting
A British member of parliament has criticized the country's Foreign Office for handling the detention of a U.K. citizen in Saudi Arabia. The detainee is alleged to have conspired to aid North Korea
Quand vous demandez à un Sud-Coréen ou à une Sud-Coréenne vivant à l'étranger son âge, il est fréquent que l'on vous réponde "ici j'ai X... ans", mais "en Corée j'ai X+1 [ou X+2] années". Mais il serait plus exact d'écrire "quand vous demandiez". Car l'administration présidentielle intérimaire (avant l'entrée en fonctions du chef de l'Etat Yoon Seok-yeol) de la République de Corée (Corée du Sud) a décidé de mettre fin à ce qui était une spécificité de la culture sud-coréenne - et qui n'était d'ailleurs pas appliqué au nord de la péninsule.
Comment expliquer cette différence ?
A votre naissance vous étiez considéré comme ayant déjà 1 an - afin de prendre en compte la durée de la grossesse. Enfin, le 1er janvier de l'année suivant notre naissance vous aviez 1 an de plus - ce qui n'empêchait évidemment pas de célébrer votre anniversaire le jour commémorant votre date de naissance. En conséquence, une personne née un 31 décembre avait 2 ans dès le lendemain - et non 1 jour selon l'usage en vigueur dans la plupart des pays du monde. Mais l'écart de 2 ans se résorbait à 1 an le jour de l'anniversaire.
Mais cette façon de compter son âge - qui suscitait bien des interrogations parmi les étrangers - a vécu. Désormais, le décompte de l'âge en Corée du Sud suit les standards internationaux, par souci de standardisation. Reste maintenant à savoir quel sera le délai pour que la pratique administrative entre dans les usages des Sud-Coréens.