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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 19:02

En voulant changer le thème des célébrations du 15 août, le gouvernement de Corée du Sud a provoqué la colère de l'opposition. Traditionnellement, les manifestations du 15 août commémoraient la libération de la Corée, le 15 août 1945. Cette année, c'est le soixantième anniversaire de la fondation de la République de Corée (Corée du Sud) qui est mis en avant, un changement reproché au gouvernement sud-coréen accusé de vouloir "déformer l'histoire".


Le 15 août 2008, trois partis sud-coréens d'opposition, le Parti démocratique, le Parti démocratique du travail et le Parti du renouveau de la Corée, ont décidé de boycotter les manifestations organisées par le gouvernement pour le 60eme anniversaire de la fondation de la République de Corée (du Sud). Ces trois partis on préféré célébrer le Jour de la Libération par un pélerinage sur la tombe de Kim Ku, un des dirigeants du mouvement pour l'indépendance de la Corée pendant la colonisation japonaise et partisan de la réunification de la péninsule coréenne.


Aucune des manifestations organisées par le gouvernement n'a pour thème la réunification ou la réconciliation avec la Corée du Nord. En 2005, sous l'administration de l'ancien président Roh Moo-hyun, la Corée du Sud et la Corée du Nord avaient organisé des célébrations à grande échelle pour le 60eme anniversaire de la Libération de la Corée. De nombreux événements sportifs et artistiques avaient marqué cet anniversaire dans les deux pays qui montraient ainsi leur espoir d'une réunification. Rien de tel cette année.


En désignant le 15 août comme le jour du 60eme anniversaire de la Fondation de la République de Corée, le gouvernement de Séoul a chosi de célébrer un événement uniquement sud-coréen, ne laissant aucune place à des discussions sur la réunification ou la réconciliation avec le Nord, ce qui a provoqué de vives réactions de l'opposition.


Le président du Parti démocratique, Chung Sye-kyun, a ainsi affirmé que "l'histoire ne peut être modifiée par quelques personnes." Il a dit vouloir "faire obstacle aux projets du gouvernement visant à déformer l'histoire en changeant le Jour de la Libération en Jour de la Fondation."


Le président du Parti démocratique du travail, Kang Ki-sap a relevé que "l'administration du président Lee Myung-bak a nié unilatéralement l'histoire de la lutte du pays pour l'indépendance nationale et la réunification sans consulter le public."


Enfin, le président du Parti du renouveau de la Corée, Moon Kook-hyun, a appelé le gouvernement à présenter ses excuses. "Les dirigeants impliqués dans cette affaire devraient s'excuser auprès du peuple et y remédier", a-t-il dit.


Le 13 août 2008, à Séoul, réunion de la Conférence nationale pour la démocratie et la réunification pour dénoncer

l'organisation par le gouvernement de cérémonies pour le 60eme anniversaire de la fondation de la République de Corée

le 15 août, une date où est traditionnellement célébrée la libération de la Corée du pouvoir colonial japonais.

(photo : Hankyoreh)


Les partis de l'opposition ont également minimisé la portée du discours prononcé par le président Lee à l'occasion du 15 août. Une "belle promesse électorale tout droit sortie des années 60", selon eux.


Pour Choi Jae-sung, porte-parole du Parti démocratique, "les promesses de réunification resteront vides tant que le gouvernement ne changera pas sa politique vis-à-vis de la Corée du Nord. Quant à ses propos insistant sur la sécurité alimentaire, ils n'étaient pas convaincants car aucun effort n'a été fait pour lever les inquiétudes sur la maladie de la vache folle et le boeuf américain."


Park Seug-heup, porte-parole du Parti démocratique a, lui, décrit le discours du président Lee comme de la "rhétorique criarde manquant de contenu."


Environ 500 personnes membres d'organisations civiles et religieuses se sont réunies près du mémorial dédié à Kim Ku pour marquer le 63eme anniversaire de la Libération. Elles appartenaient notamment au Conseil coréen pour la réconciliation et la coopération, à Juristes pour une société démocratique, à Solidarité populaire pour une démocratie participative et à l'Alliance coréenne des mouvements progressistes. Toutes ces organisations ont publié une déclaration pour dénoncer la tentative du gouvernement sud-coréen de remplacer la commémoration de la Libération de la Corée par une célébration de la fondation de la République de Corée :


"La première loi constitutionnelle ainsi que la loi constitutionnelle actuelle exposent clairement que la République de Corée succède au Gouvernement provisoire de la République de Corée formé après le Mouvement pour l'indépendance du 1er mars 1919. L'organisation d'un 'Jour de la Fondation' est une négation de l'histoire du mouvement pour l'indépendance et de la mission que représente la réunification pacifique. Ainsi, le gouvernement perpétue la division de la péninsule coréenne.


Le gouvernement devrait prendre des mesures plus spécifiques et concrètes pour la normalisation des relations inter-coréennes en rétablissant les visites dans les monts Kumgang et en s'engageant à mettre en oeuvre les déclarations des sommets du 15 juin [2000] et du 4 octobre [2007]."


Dans un communiqué distinct, ces mêmes organisations ont également lancé un appel au gouvernement japonais :


"Le Japon devrait présenter des excuses à notre peuple pour les pertes humaines et matérielles occasionnées et apporter réparation. Le Japon ne doit plus chercher à déformer l'histoire, à s'emparer des îles Dokdo, et à réprimer les Coréens du Japon."


Mais, cette année, ce ne sont pas seulement la pertinence et la légalité des manifestations du 15 août qui sont mises en cause.


Parmi les manifestations organisées par le gouvernement sud-coréen, figure une exposition inaugurée le 5 août sous le parrainage des Archives nationales de Corée, qui dépendent du ministère de l'Administration publique et de la Sécurité. Cette exposition entend décrire l'histoire de la Corée du Sud depuis soixante ans, mais n'évoque pas le soulèvement de juin 1987, un événement majeur de l'histoire sud-coréenne qui a restauré la démocratie.


En outre, l'exposition n'offre que de maigres informations sur les deux soulèvements pro-démocratiques de 1960 et 1980, tout en couvrant largement la formation du gouvernement du premier président sud-coréen, Syngman Rhee, ainsi que l'action de l'ancien président Park Chung-hee pour le développement de l'économie. "Cette exposition veut fournir des informations factuelles sans parti pris politique", affirme le ministère de l'Administration publique et de la Sécurité, ajoutant que "les Archives nationales de Corée ne disposent d'aucune information sur le soulèvement de juin..." (source : Hankyoreh)


Syngman Rhee, premier président sud-coréen (1948-1960), s'adresse à l'actuel président Lee Myung-bak :
"Le 'Jour de la Fondation' ! Est-ce que vous ignorez la Constitution?"

Derrière eux, les collaborateurs du pouvoir colonial japonais et les anciens dictateurs se réjouissent.

(dessin paru le 15 août 2008 dans le quotidien Hankyoreh)

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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 14:51

Les manifestations contre la décision de l'administration Lee Myung-bak de réouvrir le marché sud-coréen aux importations de boeuf américain et, plus largement, contre la politique du président conservateur sud-coréen, ont atteint un nouveau cap dans la soirée du mardi 10 juin 2008 : des centaines de milliers de Coréens ont défilé aux chandelles à Séoul et dans soixante-dix autres villes. Elu il y a moins de six mois, Lee Myung-bak cherche un échappatoire dans la formation d'un nouveau gouvernement, sans envisager de changement de cap politique.

Une vague géante, sans précédent depuis les manifestations pour la démocratie en juin 1987 : la presse a multiplié les superlatifs pour décrire l'ampleur de la mobilisation contre la décision du président sud-coréen Lee Myung-bak de réouvrir le marché sud-coréen aux importations de boeuf américain. Le défilé aux chandelles a réuni des centaines de milliers de manifestants dans les rues de Séoul (700.000 selon les organisateurs, 70.000 selon la police, 400.000 à 600.000 selon les médias), dans la soirée du mardi 10 juin 2008, alors que le matin même le gouvernement avait présenté sa démission au président Lee Myung-bak. Ce dernier est confronté à une impopularité record (20% de bonnes opinions) pour un chef d'Etat sud-coréen moins de six mois après son élection.

Employés, étudiants, mères de familles, syndicalistes ont également défilé dans 70 villes coréennes, en scandant "Lee Myung-bak dehors !", et en portant des badges caricaturant Lee Myung-bak sous les traits d'un rat. D'autres manifestations ont rassemblé les Coréens vivant en Europe.

Si les revendications se concentrent sur l'absence de révision du risque sanitaire lié à l'encéphalopathie spongiforme bovine, dans la décision de réouverture du marché sud-coréen, elles témoignent en effet d'un rejet plus global de la politique de l'administration Lee Myung-bak. Le mode de gouvernement autoritaire du président Lee, son incapacité à lutter contre la hausse des prix de l'énergie ou à relancer la croissance économique, sont dénoncés non seulement comme des marques d'incapacité, mais aussi comme une remise en cause des acquis démocratiques en Corée du Sud. Selon le Nouveau parti démocratique unifié, principale formation d'opposition, "l'arrogance et l'autosatisfaction de Lee Myung-bak correspondent à un retour en arrière dans le développement de la démocratie en Corée."

Lee Myung-bak envisagerait de nommer à la tête du gouvernement sa principale adversaire au sein de la droite conservatrice, qu'il avait battue lors des primaires pour désigner le candidat à l'élection présidentielle, avant qu'elle ne conduise une liste dissidente (largement devancée) aux élections législatives d'avril 2008 : Mme Park Geun-hye est la fille du général Park Chung-hee, dont le coup d'Etat en 1961 avait mis fin à la démocratie en Corée du Sud, avant que lui-même ne soit assassiné en 1979. (sources : Washington Post, Reuters, AFP, AAFC)

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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 12:26

Le mardi 10 juin 2008, le gouvernement sud-coréen dirigé par Han Seung-soo a remis sa démission au président Lee Myung-bak, quelque cent jours après l'entrée en fonctions de ce dernier. Un important remaniement ministériel est attendu, alors que les manifestations contre la décision de réouvrir le marché sud-coréen aux importations de boeuf américain devraient rassembler des centaines de milliers de personnes.

La crise politique ouverte par la décision unilatérale de l'administration Lee Myung-bak de réouvrir le marché sud-coréen aux importations de boeuf américain, malgré les risques sanitaires liés à l'encéphalopathie spongiforme bovine, ont pris un tour institutionnel ce mardi 10 juin 2008 : le gouvernement dirigé par Han Seung-soo a remis sa démission au président sud-coréen Lee Myung-bak, dans l'espoir manifestement de désamorcer une crise qui a pris une ampleur inégalée depuis les manifestations pour la démocratisation de la Corée du Sud en 1987.

Lee Myung-bak avait été élu à la présidence de la République le 19 décembre 2007 avec une majorité écrasante, inégalée dans l'histoire de la démocratie sud-coréenne. Quelque cent jours après son investiture, le 25 février 2008, il est confronté à une impopularité sans précédent, seulement 20% des Sud-Coréens lui faisant encore confiance.

Les rassemblements prévus aujourd'hui pourraient réunir jusqu'à un million de personnes dans tout le pays selon les organisateurs (200.000 selon la police), alors que 37.000 policiers anti-émeutes ont été déployés. Renouant avec la tradition anticommuniste de son parti, qui intègre les héritiers du régime militaire, Lee Myung-bak avait accusé, contre toute évidence, la République populaire démocratique de corée (RPDC, Corée du Nord) d'être l'instigatrice des manifestations actuelles. 

Le 9 juin 2008, un manifestant qui avait tenté de s'immoler par le feu pour protester contre l'accord avec les Etats-Unis a succombé à ses blessures. Le gouvernement a dépêché des négociateurs à Washington, tout en affirmant qu'il ne pouvait pas renégocier la décision sur le fond, prise par le président Lee Myung-bak lors de sa visite aux Etats-Unis, où il avait été reçu avec des honneurs inégalés pour un chef d'Etat sud-coréen depuis le rétablissement de la démocratie en Corée du Sud.

Si le porte-parole de la présidence sud-coréenne, Lee Dong-kwan, a précisé mardi qu'aucune décision n'avait encore été prise, les observateurs spéculent sur le départ, dans le prochain gouvernement, des ministres de l'Agriculture, de la Santé et de l'Education, et peut-être des Affaires étrangères et des Finances, signe que la crise actuelle dépasse les seuls enjeux sanitaires. L'autoritarisme du chef de l'Etat et ses promesses non tenues, notamment en termes de croissance économique, sont plus globalement mis en cause par les manifestants. (Sources : AFP, Reuters, AAFC)

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1 juin 2008 7 01 /06 /juin /2008 12:00

Le samedi 31 mai, des dizaines de milliers de manifestants ont protesté, à Séoul, contre la décision du président Lee Myung-bak de réouvrir le marché sud-coréen aux importations de boeuf américain. Une vague de mécontentement sans précédent depuis 20 ans, qui témoigne du divorce consommé entre l'opinion publique et le président pourtant le mieux élu de l'histoire récente de la Corée du Sud.

Le 18 avril 2008, le président sud-coréen Lee Myung-bak, hôte personnel de George W. Bush, avait décidé de réouvrir le marché sud-coréen aux importations de boeuf américain, comme gage de sa volonté de resserrer l'axe Washington-Séoul.

Après la découverte d'un cas de "vache folle" dans l'Etat de Washington. la décision d'embargo avait été prise quatre ans et demi plus tôt, alors que la Corée du Sud constituait le troisième client des Etats-Unis.

Le samedi 31 mai, la manifestation à Séoul, devant l'hôtel de ville, contre une décision personnelle du président Lee Myung-bak a rassemblé 38.000 participants selon les forces de l'ordre, soit quatre fois plus que les jours précédents. Ce rassemblement pacifique avait donné lieu à un encadrement exceptionnel par 11.000 policiers (ci-contre une manifestante à Gwacheon, le 29 mai 2008. Source : Hankyoreh Ilbo). Quelques jours plus tôt, Lee Myung-bak s'était excusé publiquement de ne pas avoir suffisamment écouté l'opinion publique depuis son entrée en fonctions, mais sans changer de ligne politique.

Dans la matinée du 31 mai, 60 manifestants avaient été arrêtés par la police devant le palais présidentiel, alors qu'ils protestaient contre la levée de l'embargo. 

Les organisateurs du rassemblement ont dénoncé une "déclaration de guerre" contre le peuple coréen. Soutenus par l'opposition, ils entendent continuer leurs actions dans la rue tout en demandant à la Cour constitutionnelle de mettre son veto contre une mesure qui porte atteinte au droit à la santé.

Du 18 avril au 30 mai 2008, des veillées aux chandelles ont eu lieu dans 99 villes et villages. Selon certains observateurs, il s'agirait du plus puissant mouvement de protestation en Corée du Sud depuis les grandes luttes de juin 1987 : le mouvement de juin 1987 avait alors contraint le régime militaire à accepter le rétablissement de l'élection du président de la République au suffrage universel direct, sonnant le glas du pouvoir militaire.
(Sources : Associated Press, Hankyoreh Ilbo)

Sur cette carte de la Corée du Sud, les petites flammes indiquent les veillées aux chandelles

qui ont eu lieu entre le 18 avril et le 30 mai 2008 pour protester contre les importations de boeuf américain

(source : Hankyoreh Ilbo)



La manifestation du 31 mai 2008 à Séoul.
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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 11:07

Seulement trois mois après son investiture, le président sud-coréen Lee Myung-bak est devenu impopulaire. Celui qui a été surnommé "le bulldozer" a reconnu n'avoir pas assez tenu compte de l'opinion publique. La réouverture de la Corée du Sud au marché du boeuf américain, en cristallisant les mécontentements, a ainsi eu un effet décisif sur la baisse de sa cote de popularité.

Adoptant un style nouveau, le président sud-coréen Lee Myung-bak a choisi la télévision pour exprimer ses regrets de ne pas avoir suffisamment écouté l'opinion publique en son début de mandat, moins de cent jours après son investiture.

Mais si la forme change, le fond demeure : les décisions prises sans concertation préalable de celui qui, à la mairie de Séoul, avait été surnommé "le bulldozer", n'ont été modifiées qu'à la marge. En visite aux Etats-Unis, Lee Myung-bak s'était ainsi engagé à la ratification de l'accord de libre-échange (Free Trade Agreement, FTA) avec les Etats-Unis, malgré l'opposition de nombreux secteurs de l'opinion - notamment les milieux du cinéma et les agriculteurs - y compris de certains parlementaires de droite. Il annonçait en particulier la réouverture de la Corée du Sud au marché du boeuf américain, ce qui signifiait la levée des mesures d'interdiction prises en 2003, au moment de la "crise de la vache folle".


En vert foncé, figurent les pays où ont été identifiés

des cas humains de la maladie de Creutzfeldt-Jakob.

En vert clair, figurent les pays où ont été identifiés

des cas d'encéphalopathie spongiforme bovine ("maladie de la vache folle").


Face aux manifestations contre cette décision, prise indépendamment de toute évaluation préalable du risque sanitaire, l'administration Lee Myung-bak n'a concédé qu'un report de la date de réouverture du marché coréen, tandis que la cote de popularité du chef de l'Etat plongeait. Dans le même temps, la Corée du Sud a accueilli les premières d'importations d'OGM américains.

A la télévision, Lee Myung-bak a fait état de l'engagement écrit du gouvernement américain sur le risque sanitaire lié à la crise de la vache folle. Il a également réaffirmé sa conviction que le libre-échange était, selon lui, une nécessité pour une économie aussi ouverte que la Corée du Sud, en avançant le chiffre de "300.000 emplois" que créerait immédiatement la ratification de l'accord de libre-échange. Pendant sa campagne électorale, Lee Myung-bak s'était déjà engagé sur des taux de croissance chiffrés, avant de devoir les réviser, remettant en cause son volontarisme. Au demeurant, l'accord de libre-échange doit franchir la double étape d'une ratification par le Congrès américain et le Gukhoe sud-coréen.

Par le passé, des prédécesseurs de Lee Myung-bak ont joué la carte de l'ouverture vis-à-vis de la Corée du Nord pour franchir un cap d'impopularité, comme cela a notamment été le cas du général Park Chung-hee au début des années 1970. Lee Myung-bak a manifesté certains signes d'infléchissement en ce sens, mais il faudra davantage qu'un changement de style pour espérer de nouveaux progrès dans le dialogue intercoréen.  (Sources : Asia Times Online, AAFC)

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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 00:14

Les élections législatives du 9 avril 2008 en Corée du Sud ont donné une majorité plus courte que prévu au nouveau président (conservateur) Lee Myung-Bak, élu le 19 décembre 2007. Ce scrutin a aussi été marqué par une abstention sans précédent (54 %).

Avec 153 sièges (sur 299) selon les premières estimations à la sortie des urnes, le Grand parti national (GPN, conservateur) du nouveau président sud-coréen Lee Myung-bak, élu le 19 décembre 2007, a remporté une majorité moins importante que prévu.

Le Parti démocratique unifié (centriste) obtiendrait 81 sièges, suivi de deux coalitions formées par des dissidents du GPN : le Parti de la liberté en avant (18 sièges) et l'Alliance pro-Park Geun-hye (14 sièges). Viennent ensuite le Parti démocratique du travail (gauche socialiste, 5 sièges) et le Parti du renouveau de la Corée (3 sièges). Le Nouveau parti progressiste ne remporterait aucun siège. Enfin, 25 sièges reviendraient à des indépendants élus au scrutin majoritaire uninonimal.


Le taux d'absention record de 54% (en hausse de 11% par rapport au précédent scrutin) confirme la faible intensité politique de ce scrutin, alors que les mises en cause de la Corée du Nord par le président Lee Myung-bak font peser de sérieuses incertitudes sur le maintien du dialogue intercoréen. En ce sens, les résultats des élections du 9 avril 2008 ont valeur d'avertissement pour le nouveau pouvoir conservateur en Corée du Sud, car la très large majorité avec laquelle Lee Myung-bak avait été élu président il y a moins de quatre mois s'est déjà réduite. 

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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 12:48

Moins de quatre mois après l'élection du principal candidat d'opposition, le conservateur Lee Myung-bak, à la présidence de la République de Corée (du Sud), les élections législatives sud-coréennes du 9 avril 2008 devraient confirmer la domination du Grand parti national du président Lee. Malgré un net regain de tensions avec la Corée du Nord, la campagne électorale a suscité peu d'intérêt chez les électeurs : un taux d'abstention record pourrait être l'un des enseignements les plus significatifs d'un scrutin dépassionné.

Mêmes causes, mêmes effets : depuis l'instauration en 2002 du quinquennat et l'inversion du calendrier des élections présidentielle et législatives, les élections législatives françaises tendent à confirmer le résultat de l'élection présidentielle. Les scrutins législatifs français de 2002 et 2007 ont, en outre, été marqués par des taux records d'abstention.

Un scénario identique est attendu pour les élections législatives sud-coréennes du 9 avril 2008, moins de quatre mois après l'élection, le 19 décembre 2007, du conservateur Lee Myung-Bak (Grand parti national, GPN) à la présidence de la République en Corée du Sud.

 

Les enjeux sont pourtant déterminants : sans majorité parlementaire, le président Lee ne pourra pas mettre en oeuvre son programme et il s'expose à un risque de veto des députés. Par ailleurs, la majorité constitutionnelle, pour changer la loi fondamentale, est fixée aux deux tiers des sièges. L'Assemblée nationale (en coréen gukhoe) comprend 299 membres : 245 sièges sont pourvus au scrutin majoritaire à un tour et 54 sièges sont répartis à la proportionnelle, entre les listes ayant obtenu au moins 3 % des voix ou 5 députés au scrutin majoritaire.


Le principal adversaire du Grand parti national est le Parti démocratique unifié (PDU), de sensibilité centriste, proche du prédécesseur du président Lee. Plus grande formation politique des anciens opposants au régime militaire sud-coréen, le PDU dispose d'une majorité relative dans la législature sortante (135 sièges, contre 130 au GPN) mais son candidat a été distancé de plus de 20 points à l'élection présidentielle. L'objectif du PDU est d'obtenir 100 sièges : le régionalisme qui domine la vie politique sud-coréenne devrait aider le PDU à conserver ses bastions, bien qu'il soit distancé dans les intentions de vote au niveau national.  


La nette dégradation récente des relations intercoréennes a été l'élément le plus saillant de la campagne électorale qui s'achève : après les déclarations du commandement militaire sud-coréen sur la possibilité de frappes préventives des installations nucléaires nord-coréennes, la Corée du Nord a mis en garde le Sud contre des risques de conflit armé. Les deux prédécesseurs démocrates du président Lee ont mis en place une politique de rapprochement intercoréen, critiquée par le GPN comme ayant accordé trop de concessions sans contreparties. Le lien effectué par le président Lee Myung-bak entre la poursuite des échanges économiques (la Corée du Sud est aujourd'hui le deuxième partenaire commercial de la Corée du Nord) et la dénucléarisation de la péninsule coréenne, d'une part, la question des droits de l'homme, d'autre part, tranche avec ses prédécesseurs qui dissociaient ces différents enjeux. En désignant Lee Myung-bak comme pro-Américain et "traître" à la cause de la réunification de la Corée, après avoir expulsé onze des fonctionnaires sud-coréens de la zone industrielle nord-coréenne de Kaesong, où sont implantées des entreprises sud-coréennes, la Corée du Nord a exprimé clairement sa volonté de non-ingérence dans ce qu'elle considère relever de ses affaires intérieures, ou - s'agissant du nucléaire - de sa politique de défense et de ses relations bilatérales avec Washington.  


Plusieurs autres formations politiques arbitrent le duel attendu entre le GPN et le PDU :


- des dissidents du GPN ont formé une "Alliance pro-Park Geun-hye", du nom de l'adversaire malheureuse de Lee Myung-bak à l'élection primaire interne au GPN pour désigner son candidat à l'élection présidentielle : cette alliance regroupe principalement des députés sortants non réinvestis ; le GPN affirme que ces décisions traduisent sa volonté de moraliser la vie politique en écartant des élus soupçonnés de corruption, quand les intéressés font état d'une "chasse aux sorcières" des partisans de Mme Park Geun-hye ;


- à gauche, le mauvais score (3 %) du candidat du Parti démocratique du travail (PDT) à l'élection présidentielle de décembre 2007 a entraîné une scission interne : la majorité, où se retrouvent les partisans des idées du juche du président nord-coréen Kim Il-sung, est accusée de nationalisme par la minorité, proche de la centrale syndicale KCTU, qui a quitté le PDT pour fonder le Nouveau parti progressiste (NPP) ; en adoptant un ton extrêmement critique vis-à-vis de la Corée du Nord, le NPP  a été accusé par ses adversaires de faire le jeu du président Lee Myung-bak et de la CIA ;


- les partis de deux anciens candidats malheureux à l'élection présidentielle de décembre 2007, arrivés respectivement en troisième et quatrième position, sont en mesure d'obtenir des sièges au scrutin majoritaire : le Parti de la liberté en avant (PLA) de l'ultraconservateur Lee Hoi-chang, qui a fusionné avec le Parti du peuple d'abord, bien implanté dans la province de Chungcheong ; le Parti du renouveau de la Corée (PRC), nouveau nom depuis octobre 2007 du Parti créatif de Corée (PCC), de l'entrepreneur (de centre-gauche) Moon Kook-hyun.


A l'instar du PDU, les différents candidats conservateurs dissidents du GPN se sont opposés à un projet controversé de canal entre Séoul et Pusan. Le PDU a aussi mis en cause la proximité du président Lee Myung-bak avec les grands groupes industriels et financiers, les chaebols. Bien que la faiblesse structurelle des chaebols ait été l'une des causes de la crise financière de 1997 en Corée du Sud, une des premières mesures annoncées par le président Lee Myung-bak a été d'annoncer un assouplissement des critères pour reconstituer des conglomérats économiques et financiers. 


Au plan international, le président Lee Myung-bak privilégie l'alliance avec les Etats-Unis, dont près de 30.000 soldats stationnent en Corée du Sud depuis la fin de la guerre de Corée en 1953. Les membres de son cabinet sont diplômés des principales universités américaines.


Dans l'assemblée sortante, l'absence de majorité relative avait donné un rôle charnière au PDT dont les dix députés s'étaient opposés, notamment, à la libéralisation du marché agricole. Le président Lee Myung-bak souhaite disposer d'une large majorité parlementaire pour mener des réformes libérales. Bien que la Corée du Sud soit le pays industrialisé où la protection sociale est la moins développée de tous les Etats membres de l'OCDE, une majorité de Sud-Coréens ont déjà voté en décembre 2007 pour un candidat conservateur,  sur un programme de flexibilité accrue du marché du travail. Selon le président Lee Myung-bak, de telles mesures permettraient de relancer l'économie et de diminuer le taux de chômage. 
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