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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 19:57

Moon-Jae-in.jpgA un peu plus d'un an de l'élection présidentielle sud-coréenne de décembre 2012, à laquelle le président sortant Lee Myung-bak ne peut pas se représenter, le paysage politique à Séoul a évolué ces dernières semaines avec une percée des intentions de vote pour les candidats progressistes. Si le Grand parti national (GPN, conservateur) au pouvoir a essuyé une série de revers électoraux, il compte sur la nostalgie chez une partie des plus anciens de l'ère du général Park Chung-hee - dont le coup d'Etat en 1961 a mis en place un des régimes les plus autoritaires de l'histoire de la Corée, mais dont la présidence a aussi coïncidé avec le décollage économique de la Corée du Sud - pour faire élire sa fille, Park Geun-hye, au scrutin présidentiel de l'an prochain. Toutefois, le principal atout des conservateurs serait une division de l'opposition, qui se cherche aujoud'hui un chef de file incontesté. A cet égard, l'ascension récente de Moon Jae-in peut être de nature à changer la donne.

 

Qui sera le prochain chef de l'Etat en Corée du Sud ? A un peu plus d'un an du scrutin présidentiel qui se tiendra à la fin de l'année 2012, pour une entrée en fonctions deux mois plus tard, le suspense est d'autant plus grand à Séoul que les précédentes élections ont réservé des surprises - à commencer par l'élection en 2002 du démocrate Roh Moo-hyun, qui semblait hors course quelques mois plus tôt mais avait réussi à surmonter son handicap en menant notamment une campagne efficace auprès des jeunes, en général peu politisés en Corée du Sud.

 

Park Geun HyeLe camp conservateur sait pouvoir compter sur l'appui de l'armée, des églises (protestantes) et de la quasi-totalité des grands médias, en dépit de l'usure de quatre ans de pouvoir au cours desquels le président Lee Myung-bak a ruiné le dialogue intercoréen et fait peser un lourd climat sur la liberté d'expression, alors que les inégalités économiques, sociales et d'accès à l'éducation n'ont jamais été aussi importantes. La favorite de la droite est Park Geun-hye, la fille du très autoritaire général Park Chung-hee qui a gouverné la Corée du Sud d'une poigne de fer entre 1961 et 1979. Après l'assassinat de sa mère, Park Geun-hye avait servi comme première dame. Elle avait échoué de peu en 2007 face au président actuel, lors de l'élection primaire interne au camp conservateur.

 

Oh_se_hoon20100720.jpgLe paysage est aujourd'hui d'autant plus dégagé à droite pour Mme Park Geun-hye que le jeune et ambitieux maire de Séoul, Oh Se-hoon, qui ne dispose par ailleurs d'aucune majorité dans son propre conseil municipal, a déclaré renoncé à se présenter. Il a été récemment mis en cause pour avoir diminué le budget municipal de prévention des dégâts des eaux, alors que la péninsule coréenne a été frappée par les plus lourdes inondations depuis 1945.

 

L'opposition détient aujourd'hui la clé du scrutin, pour peu qu'elle parvienne à surmonter ses divisions et à affirmer sa crédibilité. Le front uni présenté lors des dernières élections partielles du 27 avril 2011 pourrait ainsi présager d'un soutien de la gauche au principal candidat de l'opposition, dont les formations les mieux représentées au Parlement se positionnent au centre et au centre-gauche. La gauche est elle-même divisée entre deux principales formations, dont la plus importante, le Parti démocratique du travail (PDT), est la plus favorable à Pyongyang. Mettant l'accent sur les questions sociales et de société, le Nouveau parti progressiste (NPP) a quitté le PDT après l'échec à la présidentielle de 2007 (moins de 4 % des voix), dont le mode de scrutin - uninominal à un tour - a jusqu'à présent toujours marginalisé les candidats de gauche. Mais les voix réalisées par la gauche peuvent peser lourd en cas d'élection présidentielle serrée. Aujourd'hui, le PDT et le NPP s'orientent vers des candidatures communes aux prochains scrutins, la concurrence ayant entraîné la dispersion des voix de gauche (9 % lors des élections législatives d'avril 2008, dont 6 % pour le PDT et 3 % pour le NPP, revenu au Parlement à l'occasion des élections législatives partielles du 29 avril 2009, avec l'élection à Ulsan de Cho Seung-soo).

 

Sohn_Hak_Kyu_2010.jpgElu député sur un siège détenu par le GPN lors d'une des législatives partielles d'avril 2011, le président du Parti démocrate (PD, principal parti d'opposition), Sohn Hak-kyu, s'est alors hissé à la deuxième place des sondages pour la présidentielle de 2012, mais toujours loin dernière Park Geun-hye. Né le 22 novembre 1947, ancien gouverneur de la province de Gyeonggi, M. Sohn est un orateur brillant, mais qui souffre de son image de transfuge après avoir quitté le GPN à la veille des élections présidentielles de 2007, en désaccord sur la politique nord-coréenne du GPN. Il avait fini second de la primaire interne au camp démocrate lors de la présidentielle de 2007. Conscient du handicap que peut constituer son profil centriste, surtout si la gauche devait soutenir une candidature commune à laquelle elle prendrait part, mis en cause sur sa position vis-à-vis de l'accord de libre échange avec l'Union européenne dont il n'a pas voté la ratification, Sohn Hak-kyu a mis l'accent sur la nécessaire amélioration des relations Nord-Sud, en se prononçant notamment pour une co-organisation avec la Corée du Nord des Jeux olympiques d'hiver de Pyeongchang. Les JO de Pyeonchang se tiendront au début de l'année 2018, à la fin du mandat du président qui sera élu en décembre 2012.

 

Rhyu-Si-Min-621x321.jpg

Rhyu Si-min, ancien ministre de la Santé et de la protection sociale du Président démocrate Roh Moo-hyun, est l'un des principaux fondateurs du Parti pour la participation du peuple (PPP), formé de dissidents du PD dont beaucoup ont été des proches du Président Roh Moo-hyun. Ecrivain engagé à gauche avant de rallier le centre-gauche, Rhyu Si-min a gagné en popularité suite à l'émotion suscitée par le suicide du Président Roh. Mais le PPP reste une formation mineure, et M. Rhyu a échoué à faire la différence lors des campagnes électorales auxquelles il a participé, soit directement lors des élections régionales dans le Gyeonggi-do en juin 2010, soit en s'engageant derrière Lee Bong-soo, engagé en avril 2011 dans un bras-de-fer difficile face au GPN à Gimhae.

 

600px-Han_Myeong_Sook_2006.pngLes autres candidats jusqu'ici testés dans les sondages pour le camp démocrate apparaissent en retard sur Sohn Hak-kyu et Rhyu Si-min. Une femme, Han Myeong-sook, a été Premier ministre de Roh Moo-hyun entre avril 2006 et mars 2007. Militante pour la démocratie, elle a été emprisonnée entre 1979 et 1981 suite à des aveux obtenus sous la torture. Après avoir échoué de peu dans la conquête de la mairie de Séoul en juin 2010, elle vient d'être acquittée dans une affaire de corruption que l'opposition considère avoir été montée par le GPN pour tenter de la discréditer : l'épreuve subie par Mme Han la fortifie en tant que candidate potentielle.

 

Chung_dong_young.jpgUn come back semble aujourd'hui improbable pour l'ancien candidat démocrate à l'élection présidentielle de 2007, Chung Dong-young. Après avoir été élu député en avril 2009 lors d'une élection partielle à Deokji, où il avait concouru comme indépendant face à un candidat du PD, le télégénique Chung Dong-young a rejoint le PD après son élection. Ancien ministre de la Réunification, soutien fervent de la "politique du rayon de soleil" d'ouverture du Nord des anciens présidents Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun, il a toutefois échoué à prendre la direction du PD après l'avoir été intégré, ayant été battu par Chung Sye-kyun.

 

Dans ce paysage jusqu'ici assez stable, les dernières semaines ont vu la montée en puissance de Moon Jae-in, ancien directeur de cabinet du Président Roh Moo-hyun, sur fond de progression des intentions de vote en faveur des candidats progressistes. Président de la Fondation Roh Moo-hyun, artisan de l'union des forces d'opposition, notamment à Pusan, deuxième ville du pays qui est traditionnellement un bastion du GPN et dont les voix compteront lors des prochains scrutins, Moon Jae-in a été en pointe dans le combat contre la réforme des médias engagée par le GPN. Tout en refusant aujourd'hui de se déclarer candidat, il se classe dorénavant troisième dans les enquêtes d'opinion pour la présidentielle, encore loin derrière Park Geun-hye, mais au coude-à-coude avec Sohn Hak-kyu, et ayant pour la première fois dépassé Rhyu Si-min dans un sondage récemment publié.

 

Les enquêtes d'opinion en Corée du Sud pour l'élection présidentielle testant l'ensemble des candidats potentiels (ce qui n'est du reste pas absurde, compte tenu des fréquentes dissidences sur tout l'échiquier politique, de gauche à droite, lors de chacun des précédents scrutins), il convient, pour avoir une image plus réelle de l'état des forces, d'additionner les intentions de vote dans chaque camp. A cette aune, pour la première fois en juin 2011, le total des voix des candidats progressistes (PD et NPP) a été équivalent à celui de Park Geun-hye, montrant les chances de l'opposition de succéder à un GPN impopulaire. A cet égard, les élections législatives du printemps 2012 seront un test et une chance pour l'opposition, ce mode de scrutin étant plus susceptible de lui conférer une majorité que l'élection présidentielle, très personnalisée. Et peut-être d'offrir une rampe de lancement au candidat qui portera ses couleurs en décembre 2012.

 

Sources : AAFC, Asian Correspondent (dont photo).

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 15:31

Ces dernières semaines, la vie politique sud-coréenne a été dominée par une affaire d'espionnage présentée par la presse conservatrice comme la plus importante depuis plus de dix ans. La justice a en effet mis en examen ou interrogé des dizaines de membres de syndicats, d'universitaires ou de représentants de partis d'opposition à propos d'une organisation communiste secrète appelée "Wangjaesan". Mais il y a lieu de s'interroger sur l'existence même d'une telle organisation, dont on peut se demander comment elle aurait pu se mettre en place et atteindre une telle importance, alors que les communications n'ont jamais été aussi étroitement contrôlées en Corée du Sud - pour preuve, l'interdiction depuis cette année en Corée du Sud du site d'une organisation de voyages britannique, Koryo Tours, spécialisée dans les voyages en Corée du Nord, au seul motif qu'y figurent des sources nord-coréennes.

cho bong-amLe scandale est de taille : selon le gouvernement conservateur sud-coréen, ce sont des dizaines de personnalités qui auraient été impliquées dans une affaire d'espionnage au profit de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), en étant membres d'une organisation secrète appelée "Wangjaesan" qui aurait reçu ses instructions de Pyongyang. Parmi les personnes mises en examen ou interrogées figurent des universitaires, des syndicalistes (membres notamment de la confédération KCTU) ainsi que des représentants tant du Parti démocratique du travail (gauche) que de la principale formation d'opposition, le Parti démocrate (centriste) - dont un ancien collaborateur de Lim Jae-chung, ex-président de l'Assemblée nationale, le rédacteur en chef du magazine Minjok 21 et les responsables d'un site Internet, Chongchun, du Comité pour la mise en oeuvre de la déclaration conjointe Nord-Sud.

 

En ce qui concerne ces deux médias, il a été procédé à un amalgame entre leurs prises de position publiques en faveur du dialogue intercoréen et de la réunification de la péninsule et un prétendu espionnage au profit de la Corée du Nord.

 

Ce scandale tombe à pic pour le président Lee Myung-bak et sa formation, le Grand parti national (GPN), minoritaire lors des dernières élections locales et partielles, alors que les prochaines élections législatives et présidentielle sont prévues en 2012, respectivement au printemps et en décembre, et que toute l'opposition s'est réunie pour s'opposer à l'installation d'une base navale qu'utiliseraient les Américains dans l'île de Jeju. L'affaire Wangjaesan permet opportunément d'éclipser le débat sur la base de Jeju ou de faire oublier les manifestations pour la diminution des frais de scolarité. 

 

Le contexte de cette nouvelle affaire rappelle celui de l'affaire du Cheonan, le dramatique naufrage d'un navire sud-coréen ayant causé 46 morts en mars 2010, et que Séoul accuse Pyongyang d'avoir torpillé. Pourtant, aucune preuve convaincante n'a été apportée de l'implication de la RPD de Corée, qui a fermement rejeté toute responsabilité. Les résultats de l'enquête incriminant Pyongyang avaient opportunément été publiés à la veille des élections locales mais n'avaient pas empêché la défaite du GPN à ce scrutin, face au scepticisme d'une bonne partie de l'opinion.

 

Le Parti démocrate a réagi en niant avoir le moindre rapport avec cette affaire d'espionnage, et en déclarant qu'elle faisait partie d'un complot plus large pour déstabiliser la politique sud-coréenne et affaiblir l'opposition libérale avant les élections nationales de 2012.

 

Pour sa part, la RPD de Corée, dans un bulletin du Communiqué pour la réunification pacifique de la Corée puis dans une dépêche de l'agence KCNA, a dénoncé une machination montée par les services secrets et la police de Corée du Sud afin d'affaiblir les forces progressistes et les partisans de la réunification : chaque fois que les gouvernements conservateurs sud-coréens sont en crise, ils ont, selon KCNA, fabriqué des affaires d'espionnage anti-RPDC "afin de nourrir l'hostilité contre leurs compatriotes en RPDC et s'engager dans une escalade de confrontation et de mouvements guerriers".

 

Cette année a ainsi vu la réhabilitation de Cho Bong-am, exécuté en 1959 à l'issue d'un procès truqué l'accusant d'espionnage pour la RPDC, alors que le régime Syngman Rhee touchait à sa fin en étant balayé quelques mois plus tard par la révolution démocratique du printemps 1960. Il a fallu 52 ans de combat pour que Cho Bong-am soit réhabilité, mais la vérité finit toujours tôt ou tard par éclater. 

 

Sources : AAFC, Inteldaily et KCNA (dépêches en date du 4 et du 6 août 2011). Photo : Cho Bong-am lors de son procès.

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 07:35

Le 27 avril 2011, une série d'élections partielles se sont tenues en République de Corée (du Sud). La coalition d'opposition conduite par le Parti démocrate (centriste) a remporté une nette victoire sur le Grand parti national (GPN, conservateur, au pouvoir) du président Lee Myung-bak, à l'issue de scrutins marqués par une participation plus élevée que d'ordinaire lors d'élections partielles. Ces élections étaient considérées comme un test avant l'élection présidentielle de décembre 2012 et les élections législatives du printemps 2013.

 

sohn_hak_kyu.jpg

Pour le Grand parti national (GPN, conservateur) du président sud-coréen Lee Myung-bak, les élections se suivent et se ressemblent : lors des partielles organisées le 27 avril 2011 ayant appelé aux urnes 3,2 millions d'électeurs, la majorité de ses candidats ont à nouveau été défaits, après le revers déjà subi lors des élections locales du printemps 2010.

 

A Bundang, le président du Parti démocrate (PD), M. Sohn Hak-kyu, a été élu député face à un ancien président du GPN. La candidature de M. Sohn, qui avait quitté le GPN avant les élections présidentielles de 2007 en désaccord sur la politique nord-coréenne de son ancien parti, est relancée dans la course à la présidentielle sud-coréenne de 2012, notamment face à Rhyu Si-min, ancien ministre du Président démocrate Roh Moo-hyun, et fondateur du Parti pour la participation du peuple (PPP) après avoir quitté le PD. Le candidat du PPP, Lee Bong-soo, a d'ailleurs été battu de justesse par Kim Tae-ho (GPN, ancien candidat au poste de Premier ministre non investi suite à des problèmes de corruption), dans la législative partielle qui se tenait à Gimhae.

 

Dans la province de Kangwon, Choi Moon-soon (PD) a été élu gouverneur. Il succède à Lee Kwang-jae (PD), devenu inéligible en janvier dernier suite à une condamnation pour corruption. Enfin, dans la législative partielle de Suncheon (province du Jeolla du Sud, traditionnel bastion du PD), la victoire est revenue au candidat du Parti démocratique du travail (gauche), qui avait le soutien du PD.

 

Ces élections étaient considérées comme un test avant l'élection présidentielle de décembre 2012 et les élections législatives du printemps 2012. Malgré ses défaites électorales successives, le GPN reste confiant pour la prochaine élection présidentielle, à laquelle le président sortant Lee Myung-bak ne peut pas se représenter. Un des meilleurs espoirs du GPN, Mme Park Geun-hye, caracole en tête des sondages. Défaite de peu lors de la primaire interne au GPN face au futur président Lee en 2007, Mme Park Geun-hye avait ensuite investi ses propres candidats aux élections législatives avant de se positionner en opposante interne à Lee Myung-bak au sein du GPN. Elle est la fille du général président Park Chung-hee, un des principaux auteurs du coup d'Etat de 1961 ayant mis fin à l'expérience démocratique sud-coréenne de 1960-1961, et dirigeant du régime le plus autoritaire et répressif qu'ait connu la Corée du Sud, avant d'être assassiné en 1979 par le chef de ses propres services de renseignement.

 

Sources : AAFC, Yonhap.

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 09:21

Le 16 septembre 2010, la présidence sud-coréenne a annoncé la nomination de Kim Hwang-sik, actuellement président de la Cour des comptes, au poste de Premier ministre. Si cette nomination doit encore passer le cap des auditions parlementaires, son accueil favorable par le Parti démocrate (principale formation d'opposition, centre-gauche) rend plus que probable sa confirmation - ce qui mettrait fin à la vacance au poste de Premier ministre après la démission de Chung Un-chan, suite au revers de la majorité lors des élections locales de juin 2010, et le renoncement de Kim Tae-ho 

 

kim_hwang_sik.jpgNé en 1948 dans la province de Jeolla du Sud, diplômé de droit à l'Université nationale de Séoul, Kim Hwang-sik a passé l'examen du barreau en 1972. Juge à la Cour suprême entre 2005 et 2008, ayant accédé à ce poste pendant la présidence démocrate de Roh Moo-hyun, il est actuellement président de la Cour des comptes. Le 16 septembre 2010, il a été choisi comme le nouveau Premier ministre de la République de Corée (du Sud) par le président Lee Myung-bak. Sa nomination, qui doit encore être confirmée par l'Assemblée nationale, mettrait fin à une vacance de deux mois du poste de Premier ministre.

 

Les auditions de confirmation auront lieu les 29 et 30 septembre, devant une commission présidée par Moon Hee-sang (Parti démocrate, opposition) et composée de 13 membres (7 députés du Grand parti national, majoritaire ; 4 députés du Parti démocrate et 2 représentants des autres formations politiques).

 

Le choix de Kim Hwang-sik, dont le profil a été salué par l'opposition - en particulier, il est originaire d'une province (le Jeolla du Sud) qui est un bastion historique des démocrates, coïncide avec l'annonce de mesures sociales par le président Lee Myung-bak, qui entend promouvoir une "société juste", ainsi qu'à une reprise du dialogue et des échanges intercoréens.

 

Le président Lee Myung-bak a annoncé que le budget 2011 comporterait des aides aux ménages à faibles ressources pour les frais de garde et les frais d'inscription dans les lycées d'enseignement professionnel.

 

Sources :

- "Le Président de la Cour des comptes nommé au poste de Premier ministre", KBS World, 16 septembre 2010 ;

- "Lee Myung-bak présente ses nouvelles politiques sociales", KBS World, 16 septembre 2010 ;

- "La classe politique accueille favorablement la nomination du nouveau chef de gouvernement", KBS World, 16 septembre 2010 ;

- "Auditions de confirmation du nouveau Premier ministre les 29 et 30 septembre", KBS World, 17 septembre 2010.

 

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 23:01

A Séoul, la démission quasi-concomitante du Premier ministre, d'une part, et des dirigeants du Parti démocrate (PD, principale formation d'opposition, centriste), après un revers du PD lors des élections législatives partielles du 28 juillet 2010, a créé un climat d'incertitudes long à se dissiper, à un peu plus de deux ans de la prochaine élection présidentielle. Dernier épisode en date : la renonciation de Kim Tae-ho, mis en cause dans des affaires de corruption, à briguer le poste de Premier ministre.

 

Le 28 juillet 2010, le Grand parti national (GPN, conservateur, au pouvoir) a remporté de manière inattendue cinq des huit sièges en jeu lors d'élections législatives partielles, notamment à Séoul, où Lee Jae-ho, proche du président Lee Myung-bak, a décroché une nette victoire (58 %) sur sa rivale du Parti démocrate (PD, centriste, principale formation d'opposition), Jang Sang, dans la circonscription d'Eunpyeong. Le PD n'a remporté que trois sièges, un à Gwangju et deux dans la province de Gangwon. Tirant la conséquence de cette défaite, Chung Sye-kyun, président du Parti démocrate, a démissionné le 2 août dernier, suivi par les autres membres du conseil suprême du PD dans la nuit du 2 au 3 août. Jusqu'à sa convention prévue fin septembre, le Parti démocrate est dirigé par un comité d'urgence de onze membres que dirige Park Jie-won, président du groupe parlementaire. La direction sortante avait été fortement critiquée en interne par une équipe de jeunes réformistes.

 

Mais la tourmente politique n'épargne pas non plus la majorité. Le 29 juillet, Chung Un-chan a démissionné de son poste de Premier ministre. Pragmatique qui n'avait pas hésité à critiquer certains choix du président Lee avant sa nomination comme Premier ministre en septembre 2009, Chung Un-chan n'avait pu ni empêcher un revers de la majorité lors des élections locales de juin 2010, ni mener à bien des projets majeurs comme la construction de la ville nouvelle de Sejong. Ces deux dossiers l'avaient conduit à présenter sa démission au président de la République, qui l'avait à chaque fois refusée. Cette troisième offre de démission aura donc été la bonne : présentée semble-t-il le 3 juillet, elle aurait alors été acceptée, mais sous réserve de prendre effet à une date ultérieure.

 

kim_tae_ho.jpgGouverneur du Sud Gyeongsang de 2004 jusqu'au début de cette année, Kim Tae-ho avait été désigné par Lee Myung-bak comme nouveau Premier ministre. Kim Tae-ho a finalement choisi de démissionner après un report, décidé d'un commun accord par la majorité et l'opposition, de son vote de confirmation au poste de Premier ministre. Kim Tae-ho a été mis en cause dans une affaire de corruption, et sa désignation comme Premier ministre aurait également pu en faire un concurrent potentiel de Park Geun-hye, dont les partisans préparent déjà la candidature à l'élection présidentielle de 2012 après sa défaire d'une courte tête face au président actuel Lee Myung-bak (qui ne peut pas se représenter) lors de la primaire interne au GPN en 2007.

 

Alors que se rapproche l'échéance de 2012, pour une élection très ouverte, les forts remous actuels à la tête du gouvernement et de la principale formation d'opposition traduisent des luttes de pouvoir internes de plus en plus aiguisées.

 

Source : AAFC et dépêches KBS

- "Victoire du GPN aux législatives partielles", 29 juillet 2010

- "Démission du Premier ministre Chung Un-chan", 29 juillet 2010

- "Démission des membres du conseil suprême du Parti démocrate", 2 août 2010

- "Kim Tae-ho renonce à sa nomination au poste de Premier ministre", 29 août 2010

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 23:02

Le Grand Parti national (GPN, conservateur) du président Lee Myung-bak a enregistré un net recul lors des élections régionales et municipales qui ont eu lieu le mercredi 2 juin 2010 en Corée du Sud. La majorité obtenue par le Parti démocrate (opposition, centriste) est d'autant plus significative que la participation est en hausse par rapport au précédent scrutin de 2006.

 

elections_coree_2_juin_2010.jpg

 

Les résultats provisoires, huit heures après la fin des opérations de vote, faisaient apparaître une défaite sans appel pour le Grand Parti national (GPN, conservateur) au pouvoir à Séoul lors des élections locales du 2 juin 2010 : le Parti démocrate, principal parti d'opposition (centriste), l'emporterait dans 8 régions et 90 villes (contre 5 régions et 77 villes pour le GPN, 1 région et 13 villes pour le Parti pour l'avancement de la liberté, opposition de droite, victorieux notamment à Daejeon, et 3 villes pour le Parti démocratique des travailleurs, gauche). En 2006, le GPN, alors dans l'opposition, l'avait emporté dans toutes les régions, sauf 3 postes dans le Jeolla, bastion démocrate, ce qui préfigurait sa nette victoire à l'élection présidentielle un an et demi plus tard. Ce résultat est d'autant plus significatif que le taux de participation (54,5 %) a été le plus élevé à des élections régionales depuis 1995.

 

A mi-mandat, deux ans et demi avant la prochaine échéance présidentielle, fin 2012, à laquelle le président sortant ne peut constitutionnellement pas se représenter, il s'agit d'un test électoral sévère pour l'administration Lee Myung-bak. Ce dernier avait exploité au maximum l'émotion causée par le naufrage du Cheonan : le "vent du Nord" devait mobiliser l'électorat conservateur sur le fondement de l'anticommunisme. Le recul des conservateurs dans la dernière ligne droite, si l'on en croit l'évolution des sondages d'opinion puis les résultats sortis des urnes, pourrait indiquer un effet électoral inverse, alors que les preuves avancées quant à l'implication du Nord peinent à convaincre une partie de l'opinion publique sud-coréenne.

 

Ce résultat sanctionne aussi un mode de gouvernement, fondé sur l'unilatéralisme du gouvernement, dont certains projets suscitent de vives oppositions : en particulier, l'aménagement des quatre principaux fleuves, dénoncé pour les menaces qu'il fait peser sur l'environnement, et le projet d'implantation dans la ville nouvelle de Sejong d'une partie des administrations publiques.

 

A Séoul, les résultats, très serrés à l'heure où nous écrivions ces lignes, semblaient indiquer une victoire sur le fil du maire sortant (GPN) Oh Se-hoon sur Han Myeong-sook, ancienne Premier ministre de Roh Moo-hyun. En revanche, le GPN a perdu la plupart des postes de maire d'arrondissement à Séoul. Dans la ville d'Incheon, Song Young-gil (Parti démocrate) apparaissait bien placé pour l'emporter sur le sortant (GNP) Ahn Sang-soo. Dans la province de Gyeonggi, le sortant (GPN) Kim Mun-soo a battu de 5 points Rhyu Si-min, du Parti de la participation du peuple, issu d'une scission du Parti démocrate regroupant des partisans de l'ancien président Roh Moo-hyun, dont le premier anniversaire de la disparition a donné lieu à des cérémonies d'hommage dans tout le pays.

 

Lee Myung-bak avait déclaré avant le scrutin qu' "il faut continuer de gérer l'Etat sans se soucier du résultat des élections". Mais la transformation de la victoire attendue, portée par le "vent du Nord", en une défaite sans appel, ne pourra pas laisser Lee Myung-bak sourd et aveugle au verdict des urnes. Dès le 3 juin, il est attendu un regain des tensions internes à la majorité, en vue notamment d'un remaniement gouvernemental.

 

 

Principaux élus (résultats définitifs)

 

Maires
Seoul -- Oh Se-hoon (sortant, Grand Parti national - GPN)
Incheon -- Song Young-gil (ancien député, Parti démocrate - PD)
Busan -- Hur Nam-sik (sortant, GPN)
Gwangju -- Kang Woon-tae (ancien député, PD)
Daejeon -- Yum Hong-chul (professeur à l'Université des études nord-coréennes, Parti pour l'avancement de la liberté)
Daegu -- Kim Bum-il (sortant, GPN)
Ulsan -- Park Maeng-woo (sortant, GPN)

Gouverneurs
Province de Gyeonggi -- Kim Mun-soo (sortant, GPN)
Province de Gangwon -- Lee Kwang-jae (ancien député, PD)
Province du Nord Chungcheong -- Lee Si-jong (ancien député, PD)
Province du Sud Chungcheong -- An Hee-jung (PD)
Province du Nord Gyeongsang -- Kim Kwan-yong (sortant, GPN)
Province du Sud Gyeongsang -- Kim Doo-gwan (ancien ministre, indépendant)
Province du Nord Jeolla -- Kim Wan-joo (sortant, PD)
Province du Sud Jeolla -- Park Joon-young (sortant, PD)
Province de Jeju -- Woo Keun-min (ancien gouverneur de Jeju, indépendant)
 


Sources : AAFC, Yonhap, KBS, Korea Times

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 23:04

Un an après la mort le 23 mai 2009 de l'ancien président sud-coréen Roh Moo-hyun, dont le suicide avait soulevé une immense vague d'émotion en Corée, des manifestations se sont tenues à travers toute la péninsule pour honorer la mémoire de l'homme d'Etat, artisan de la démocratie et partisan de la réconciliation intercoréenne. L'Association d'amitié franco-coréenne s'associe à ces hommages.


Dans la soirée du samedi 22 octobre 2010, ils ont été des milliers à se rassembler, dans toute la Corée du Sud, pour honorer la mémoire de l'ancien président sud-coréen (2003-2008) Roh Moo-hyun, un an après sa mort.

 

 A Séoul, ses fidèles ont récité des prières et brûlé de l'encens, sur un autel dressé en face du Palais Deoksu et de l’hôtel de ville.


Un important rassemblement a eu lieu dans son village de la côte sud, à 450 kilomètres de Séoul : un concert et une exposition de photos ont été organisés sur le site de sa tombe.

 

Ces marques de sympathie interviennent à la veille des élections locales du 2 juin, très disputées, où sont en lice plusieurs des fidèles de Roh, notamment l'ancien Premier ministre Han Myung-sook, qui tente d'enlever la ville de Séoul au Grand Parti national (conservateur, au pouvoir) et Rhyu Si-min, ancien ministre de la Santé, candidat au poste de gouverneur de la province de Gyeonggi.

 

L'AAFC s'associe aux hommages rendus à l'ancien président Roh Moo-hyun, combattant contre le régime autoritaire, artisan de réformes démocratiques et partisan de la réconciliation intercoréenne.

 

Source principale : Yonhap

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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 17:24

Le 27 novembre 2009, les trois principaux dirigeants de la branche sud-coréenne de l'Alliance pan-coréenne pour la réunification arrêtés lors de la rafle du 7 mai contre les milieux pro-réunification de Corée du Sud ont été libérés. Trois autres militants avaient déjà été remis en liberté le 10 septembre. Cette libération intervient malheureusement alors que les franges les plus conservatrices de la société sud-coréenne s'attachent à faire régner une atmosphère de « chasse aux sorcières pro-Nord ».

 

Les trois dirigeants de la branche sud-coréenne de la Pomminryon, l'Alliance pan-coréenne pour la réunification (APCR), emprisonnés à Séoul depuis leur arrestation le 7 mai 2009, ont été remis en liberté le 27 novembre par la justice sud-coréenne. Lee Kyu-Jae, président de la branche sud-coréenne de l'Alliance, Choi Eun-a, responsable de la communication, et Lee Kyeong-won, secrétaire général avaient été arrêtés pour avoir enfreint la loi dite de sécurité nationale.



 Lee Kyeong-won, Lee Kyu-Jae et Choi Eun-a à leur sortie de prison le 27 novembre 2009
(photo :
The Hankyoreh


Trois autres militants de l'APCR, Yun Ju-hyung, Oh Sun-wan et Jang Min-kyeong, arrêtés le 7 mai pour les mêmes raisons et emprisonnés à Cheongju, à une centaine de kilomètres au sud de Séoul, avaient été libérés le 10 septembre.

Le procès de Lee Kyu-jae, Choi Eun-a et Lee Kyeong-won s'était ouvert le 17 juillet devant la Cour du District central de Séoul
, avant de devenir le procès des relations inter-coréennes sous la présidence de Roh Moo-hyun (2003-2008). L'acharnement constant des milieux conservateurs à l'égard de l'ancien président Roh ne fut pas étranger au suicide de ce dernier. 

 

Après deux autres audiences les 21 août et 18 septembre, la cour a transmis le 27 novembre, à la demande de leurs avocats, le dossier des trois militants à la Cour constitutionnelle sud-coréenne. Celle-ci devra se prononcer sur la constitutionnalité de la Loi sur la protection du secret des communications en vertu de laquelle le Service national du renseignement (NIS), principale agence d'espionnage sud-coréenne, a procédé aux écoutes de l'APCR qui ont finalement abouti à l'arrestation de ses militants.

 

Pour les avocats de la Pomminryon, la Loi sur la protection du secret des communications ne permet que des écoutes sur une période de temps limitée. Or, les documents présentés au cours du procès ont révélé que le NIS avait intercepté pendant 28 mois, à partir de 2003, toutes les communications par téléphone, courrier électronique et fax de l'Alliance pan-coréenne pour la réunification.

 

Si, comme l'a prétendu le ministère public, le Service national du renseignement a conduit son enquête en toute légalité, il convient de s'interroger sur la constitutionnalité d'une loi instaurée pour protéger le secret des communications et détournée de son but initial par les services de renseignement afin de permettre la surveillance des citoyens.

 

La Cour du District central de Séoul a donc décidé de libérer les trois militants de l'APCR. Quelques heures après cette décision, Lee Kyu-jae, Choi Eun-a et Lee Kyeong-won sont sortis du centre de détention de Séoul, chaleureusement accueillis par leurs familles, des militants de la Pomminryon et leurs amis.

 

Peu après sa sortie de prison, Choi Eun-a a déclaré que, « alors que l'illégalité et l'arbitraire des institutions en charge de la sécurité se développent dans la société sud-coréenne, [elle est] heureuse que [cette libération] marque un coup d'arrêt à de telles choses. » Grâce aux nombreuses personnes qui ont aidé et soutenu les militants emprisonnés, elle pense que leur combat « continue en remportant des succès ». Choi Eun-a veut que « tout le monde continue à lutter avec détermination jusqu'au jour de l'abolition de la Loi de sécurité nationale et de la réunification. »

 

La libération des militants pro-réunification de l'APCR est toutefois intervenue dans une véritable atmosphère de « chasse aux sorcières pro-Nord ».

 

Ainsi, le 26 novembre, veille de la libération de Lee Kyu-jae, Choi Eun-a et Lee Kyeong-won, un groupe sud-coréen ultra-conservateur se faisant appeler « Comité pour la normalisation de l'Etat » a annoncé lors d'une conférence de presse (photo : The Hankyoreh) la publication, en 2010, d'une Encyclopédie des personnalités pro-Corée du Nord recensant environ 5.000 personnes sélectionnées par ledit comité d'après les comptes rendus de leurs activités parus dans les médias ou leurs propos en faveur de la Corée du Nord. Cent premières personnes ont été choisies pour figurer sur une liste à paraître dès décembre 2009.

 

Même si le prétendu « Comité pour la normalisation de l'Etat » a déclaré ne pas vouloir s'intéresser aux personnes décédées car celles-ci ne sont pas en mesure de se défendre, des voix se sont élevées dans les milieux conservateurs pour réclamer l'inclusion dans cette « encyclopédie » des anciens présidents Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun.

 

Il est à noter que cette initiative de la frange la plus conservatrice de la société sud-coréenne répond à l'annonce de la publication prochaine de l' Encyclopédie des personnalités pro-japonaises par l'Institut de recherche sur les activistes collaborationnistes. Dans l' Encyclopédie des personnalités pro-japonaises seront recensées 4.730 personnes ayant collaboré avec le pouvoir colonial japonais en Corée (1910-1945). D'après l'Institut, certaines personnes réputées être des combattants pour l'indépendance de la Corée auraient en fait eu des activités collaborationnistes.

 

Outre le fait qu'établir un parallèle entre les collaborateurs du pouvoir colonial japonais et les héritiers de la résistance à l'occupation japonaise de la Corée pour servir des intérêts politiques immédiats est une initiative condamnable, il est inquiétant de constater que la méthode consistant à désigner des personnalités pour leurs supposées activités en faveur de la Corée du Nord ressemble aux méthodes utilisées autrefois par le régime militaire de Corée du Sud pour réprimer le mouvement démocratique.


Sources :
site No base stories of Korea (d'après Tongil News), Choson Ilbo, The Hankyoreh, The Korea Times



Entretien avec Choi Eun-a, responsable de la communication
de la branche sud-coréenne de la Pomminryon, après sa libération
(en coréen, sous-titré en anglais)

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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 22:03

Le mardi 17 novembre 2009, plus de 30.000 paysans ont manifesté au centre de Séoul contre la baisse des prix du riz. Ils ont condamné notamment le refus du gouvernement Lee Myung-bak de reprendre les fournitures de riz à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) : après les excellentes récoltes 2009, l'augmentation des stocks sud-coréens a en effet entraîné une chute des cours, quand les Nord-Coréens sont au contraire confrontés à des risques accrus de pénurie alimentaire après les mauvaises récolte de cette année dues à la sécheresse.

La colère gronde dans les campagnes sud-coréennes : la manifestation de plus de 30.000 paysans coréens au centre de Séoul, le mardi 17 novembre 2009, était le point d'orgue d'un mouvement national de protestation des riziculteurs contre l'incapacité du gouvernement Lee Myung-bak à stabiliser le prix du riz. Si celui-ci a mis en place des mesures de soutien à l'industrie agro-alimentaire, celles-ci ne visent en effet pas directement les producteurs, et leurs effets sont plus qu'incertains, au moins à court terme. Les participants s'étaient réunis en une Convention nationale des paysans à l'appel de treize organisations paysannes, dont la Ligue des paysans de Corée. Des parlementaires d'opposition soutenaient cette initiative, dont Chung Sye-kyun, président du Parti démocratique, et Kang Ki-kap, président du Parti démocratique du travail.

La manifestation de mardi fait suite à une dégradation continue des conditions économiques des paysans coréens, suite notamment à la libéralisation des échanges de riz décidée il y a cinq ans
.

Un représentant de la Convention nationale des paysans, présidée par Han Doh-sook, a mis en cause "la décision gouvernmentale de suspendre l'aide en riz au Nord, ce qui a conduit à une augmentation spectaculaire des stocks de riz, entraînant une chute des prix". L'ancienne administration sud-coréenne de Roh Moo-hyun livrait chaque année jusqu'à 400.000 tonnes de riz au Nord, alors que le Sud dispose des plaines les plus fertiles de la péninsule coréenne, notamment dans la province de Jeolla, où les protestations ont été particulièrement fortes.

Les manifestants souhaitent également une couverture minimale des coûts de production en fixant des prix minimums d'achat de 210.000 won (environ 125 euros), alors que d'excellentes conditions climatiques ont conduit à une récolte de riz exceptionnelle de 4,9 millions de tonnes en 2009, selon le ministère de l'Alimentation, de l'Agriculture, de la Forêt et de la Pêche. L'augmentation de l'offre, conjuguée à une baisse tendancielle de la consommation domestique, entraîne une hausse des stocks et une baisse des prix d'achat aux paysans.

Au plan intercoréen, le gouvernement Lee Myung-bak utilise les livraisons de céréales au Nord - où la récolte de 2009 a été, contrairement au Sud, particulièrement mauvaise - comme une
arme dans ses relations avec les autorités nord-coréennes. Au plan intérieur, il a choisi d'emblée une réponse policière à la manifestation du 17 novembre : quinze manifestants ont été arrêtés pour entrave à la circulation dans le quartier de Gwanghwamun.

Source principale :
Korea Times. Photo : Reuters

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 22:02

Le 5 août 2009 s'achevait l'une des plus grandes luttes de l'histoire sociale coréenne, avec l'évacuation par les ouvriers grévistes de l'usine de Pyeongtaek du groupe Ssangyong. Si l'accord de fin de conflit a permis de réduire le nombre de licenciements secs, les poursuites engagées contre les ouvriers et le syndicat KCTU - toujours d'actualité - représentent globalement un échec pour les travailleurs en lutte.

Ssangyong Motor : ce nom restera comme celui de l'une des principales batailles sociales en Corée du Sud. Car si le succès n'a pas couronné le combat des Ssangyong, leur courage a signé l'une des plus grandes pages de la lutte de classes au Sud de la péninsule.  

Pendant 77 jours, à compter du 22 mai 2009, 976 ouvriers grévistes ont occupé l'usine automobile de Ssangyong à Pyeongtaek (photo Worldpress). Les assauts quasi-militaires des forces de l'ordre ont mis fin à la résistance, après le lancement de l'attaque finale des forces de l'ordre. Dans ce contexte, un accord a été signé le 6 août entre le syndicat et la direction, très en retrait par rapport aux positions syndicales.

Le constructeur automobile Ssangyong a été racheté il y a trois ans  par le groupe chinois Shanghai Automotive Industry Corporation, détenteur aujourd'hui de 51 % du capital. Depuis cette date, il n'a plus été procédé à de nouveaux investissements, et le constructeur coréen n'a plus lancé de nouveau modèle, selon une stratégie apparemment de transferts de technologie vers la Chine, parallèlement à une réduction des effectifs en Corée.

L’usine de Pyeongtaek comptait 8.700 travailleurs avant la prise de contrôle par Shanghai Automotive Industry Corporation : leur nombre avait été progressivement réduit à 7.000 lors du déclenchement de la grève. La mise en famille du constructeur coréen avait conduit, dans le cadre de la restructuration, à ce que l’usine de Pyeongtaek serve de garantie à de futurs emprunts. Le plan social prévoyait la suppression de 2.650 emplois.

Les revendications des 1.700 ouvriers occupant l'usine de Pyeongtaek, à partir du 22 mai, était basées sur le refus des licenciements, de la sous-traitance et du travail temporaire (rémunéré en moyenne 15 millions de won par an, ou 12.500 dollars, soit la moitié du salaire annuel pour les travailleurs à temps complet, compte tenu d'une ancienneté moyenne dans l'entreprise de 15 à 20 ans). 1.000 travailleurs ont poursuivi le mouvement d'occupation à partir de la mi-juin, ravitaillés par leurs femmes et leurs enfants. 50 à 60 groupes de base de 10 travailleurs chacun ont constitué le noyau dur de l'occupation.

Après qu'un rassemblement anti-grèves, composé majoritairement de cadres, fut finalement déclaré illégal le 16 juin par peur des débordements, alors qu'une contre-manifestation de 700 à 800 ouvriers d'autres groupes (notamment Kia Motors) était venue soutenir les occupants, le processus répressif a commencé : le 22 juin, des poursuites judiciaires étaient engagées contre 190 grévistes, tandis que fleurissaient les accusations de collusion avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), à l'initiative de l'extrême-droite sud-coréenne. Quelque jours plus tard, un travailleur licencié et endetté se suicidait. Les 26 et 27 juin, avec l'appui du gouvernement et des employeurs, des groupes tentèrent - sans succès - de s'introduire dans l'usine. A partir du 1er juiller, le blocus était organisé en coupant l'approvisionnement en eau, puis en gaz et enfin en électricité, ainsi qu'en interdisant la fourniture de toute aide médicale. Le 16 juillet, 3.000 manifestants qui s'étaient réunis devant l'hôtel de ville, furent empêchés d'approvionner en eau et en nourriture les occupants. Le 20 juillet, le suicide de la femme d'un responsable syndical participant à la lutte a porté à cinq le nombre de morts liés au conflit. 

Parallèlement aux premières actions miltaires conduites, depuis la fin juillet, par 3.000 policiers, 30 véhicules, des hélicoptères, et ayant entraîné des dizaines de blessés (photo Worldpress), la centrale syndicale KCTU a conduit, à partir du 22 juillet, des actions de grève à l'échelle nationale par solidarité, tandis que les grévistes réaffirmaient leur ouverture en dialogue mais aussi, si la répression continuait, leur volonté de "lutter jusqu'à la mort".

Face aux méthodes employées par les assaillants, la Confédération syndicale internationale, peu suspecte de sympathies révolutionnaires, s'est émue :

"Nous sommes profondément inquiets du blocus imposé sur l'approvisionnement en eau et en nourriture et l'accès aux traitements médicaux, ainsi que des tirs incessants au gaz lacrymogène et autres substances chimiques sur l'usine à partir d'hélicoptères. Ceux-ci représentent une atteinte criante à la dignité humaine la plus élémentaire. "

Si l'accord signé après l'assaut des forces de l'ordre a permis de réduire le nombre de licenciements secs, il est globalement un échec pour les gérvistes selon Green Left Weekly :

"
Le syndicat a accepté une partie de la gestion de la proposition de licenciement, l’enregistrement d’environ la moitié des emplois des grévistes. Le reste sera sacrifié à la retraite volontaire, non rémunérée, congé de longue durée, ou d’accepter un autre emploi de la société.

Le dirigeant syndical Han Sang-gyun a présenté des excuses pour ne pas avoir été en mesure de bloquer l’ensemble du plan de licenciement".

Le principal revers consiste dans les actions judiciaires, "pour activités criminelles", intentées contre des dizaines d'ouvriers, ainsi que le procès en indemnisation engagé contre le syndicat KCTU de la métallurgie à hauteur de 45 millions de dollars. Selon l’entreprise, ses pertes dues à la grève s'élèvent à 316 milliards de won (258,6 millions de dollars), non compris la non-production de 14 600 véhicules. De telles actions, conformes à la loi coréenne, visent à ruiner individuellement les grévistes.

Le conflit a fait naître des critiques sur le rôle du syndicat KCTU, qui a à la fois encouragé les assiégés à préparer des mesures d'auto-défense, tout en continuant à négocier avec la direction de l'entreprise.

L'AAFC salue d'autant plus le combat courageux des Ssangyong qu'il a été mené contre le gouvernement autoritaire de Lee Myung-bak, qui
tente d'étouffer toute voix discordante depuis la répression des manifestations pacifiques contre la reprise des importations de boeuf américain. Les militants pro-réunification sont les autres victimes de la répression. Même en France les services de renseignement sud-coréens ont intensifié, depuis un an, les actions d'intimidation et de déstabilisation contre les partisans de la réunification. Le courage des combattants coréens, hier pour la démocratie et contre le régime militaire, aujourd'hui pour les droits sociaux et le respect des travailleurs, a une valeur d'exemple universelle.

Sources : La bataille socialiste (notamment, articles des
27 juillet 2009 et 20 août 2009), caradisiac, La Gauche (journal de Gauche socialiste, collectif appartenant à Québec solidaire)

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