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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 21:39

L'achèvement des processus de désignation des candidats par des primaires internes à chaque principal camp politique a clarifié le paysage politique de l'élection présidentielle sud-coréenne du 19 décembre 2012, qui devra désigner un successeur au président sortant Lee Myung-bak (Parti Saenuri, conservateur), qui n'est pas habilité à se représenter immédiatement. Trois candidats pour un fauteuil, dans un contexte politique rendu incertain par l'érosion de l'avance de la conservatrice Park Geun-hye sur ses deux principaux rivaux.

 

park-geun-hye_moon-jae-in_ahn-cheol-su.JPGPark Geun-hye, Moon Jae-in, Ahn Cheol-su (ci-contre, de gauche à droite) : les principales têtes d'affiche de la présidentielle sud-coréenne du 19 décembre 2012 sont désormais connues - car même si d'autres candidats concourront également, il est assez improbable qu'ils parviennent à se hisser en tête d'un scrutin à un seul tour.

 

Fille du général Park Chung-hee qui a gouverné la Corée du Sud d'une poigne de fer entre 1961 et 1979, la candidate conservatrice du Parti Saenuri au pouvoir, Park Geun-hye, est handicapée par cet héritage, en refusant de condamner clairement la politique de feu son père. N'a-t-elle pas justifié le coup d'Etat du 16 mai 1961, dont le général Park était l'un des principaux protagonistes, et qui a mis fin à l'expérience démocratique de 1960-1961 en Corée du Sud ? Cultivant une image de victime - ses deux parents ont été assassinés - et la nostalgie d'une partie des Coréens les plus âgés pour une époque de forte croissance économique et de modernisation, Park Geun-hye est avant tout une politicienne habile, qui se veut se présenter en candidate de la réconciliation de tous les Sud-Coréens. Elle s'est démarquée des aspects les plus impopulaires de la politique du président sortant Lee Myung-bak, notamment son intransigeance vis-à-vis de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Dès lors, peu importe qu'elle n'ait pas su donner le montant du salaire minimum lors d'un débat télévisé avec ses concurrents à la primaire interne du Parti Saenuri : elle est avant tout la figure de proue de tous ceux qui, ultralibéraux, anticommunistes, partisans de la grande entreprise ou nostalgiques des années de régime autoritaire, souhaitent que rien ne change. Elle a aussi pour elle le lobby de la presse conservatrice, en position dominante dans les médias, le soutien de l'appareil d'Etat et des puissantes églises protestantes.

 

Face à elle, Moon Jae-in et Ahn Cheol-su défendent souvent des positions proches, plus sociales et plus libérales sur les questions de société, mais leur rapprochement semble aujourd'hui d'autant plus improbable que leurs électorats ne sont pas les mêmes. Si Park Geun-hye accuse un retard de trois à six points en duel face à l'un ou l'autre des candidats de l'opposition (dans cette hypothèse, Ahn Cheol-su apparaît comme un rival sensiblement plus dangereux), c'est nettement moins que le cumul de leurs intentions de vote. Dans un scrutin à un seul tour, la division de l'opposition est toutefois un atout supplémentaire pour Park Geun-hye, même si elle doit affronter la progression d'un autre candidat de droite, Kang Ji-won (qui recueille autour de 4 % des suffrages dans les sondages).

 

Moon Jae-in a le programme le plus charpenté : l'ancien collaborateur du Président Roh Moo-hyun, aux affaires de 2003 à 2008, est le candidat du Parti démocrate unifié (centre-gauche), et ses appuis vont jusqu'à la gauche de l'échiquier politique. Il se prononce clairement pour une reprise du dialogue intercoréen, sérieusement mis à mal pendant le quinquennat du Président Lee Myung-bak. Entrepreneur en informatique et universitaire, populaire notamment auprès des plus jeunes, Ahn Cheol-su, qui a officialisé sa candidature en septembre, distille peu à peu son programme. Il se veut indépendant des partis politiques, ce qui est un atout dans une société où les partis sont déstabilisés par les scandales qui éclatent opportunément à l'approche des élections. Mais lui-même n'est pas à l'abri de telles campagnes, après des allégations de fraude fiscale et de soupçon de plagiat concernant un de ses articles scientifiques. Sa moindre expérience politique est de nature à le desservir, mais tout en lui donnant l'image d'un homme neuf.

 

Plusieurs sondages réalisés fin septembre par Real Meter et KM, donnaient des résultats très proches : de 36 % à 39 % pour Park Geun-hye, en recul face à Ahn Cheol-su (32 %) et Moon Jae-in (21 % à 23 %). A un peu plus de deux mois de l'élection, l'incertitude est d'autant plus grande que l'opinion n'est pas cristallisée - cet été, Ahn Cheol-su avait ainsi temporairement viré en tête, avant de redescendre nettement puis de voir ses intentions de vote se rapprocher à nouveau de celles de Park Geun-hye.

 

Sources : Real Meter, Yonhap (dont photo).

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 20:35

park_geun_hye_ahn_cheol_su.jpgA moins de cinq mois de l'élection présidentielle qui se tiendra en Corée du Sud le 19 décembre 2012, à laquelle le Président sortant Lee Myung-bak (Saenuri, conservateur) ne peut pas être candidat à sa réélection, un sondage a placé pour la première fois en deuxième position la favorite du Parti Saenuri, Mme Park Geun-hye, derrière l'entrepreneur Ahn Cheol-su (photo à gauche). Cette situation nouvelle marque peut-être un tournant dans la campagne, après la victoire à l'arraché de la droite aux législatives d'avril - alors que le principal parti d'opposition, le Parti démocrate unifié (PDU, centre-gauche), vient de terminer la première phase de désignation de son candidat.

 

Pour la première fois, un sondage à la présidentielle sud-coréenne a placé en seconde position la favorite du camp conservateur, Mme Park Geun-hye, fille du général Park Chung-hee, qui a gouverné la Corée du Sud d'une poigne de fer jusqu'à son assassinat en 1979. Mme Park Geun-hye a été la "première dame" en Corée du Sud (ci-dessous, avec le général Park, source The Korea Herald) après l'assassinat de sa mère, dans un attentat qui visait le général Park.

 

park_geun_hye_park_chung_hee.jpg

 

Selon l'institut de sondages Real Meter, considéré comme le plus fiable en Corée du Sud car indépendant des partis politiques et du gouvernement, l'enquête hebdomadaire réalisée du 23 au 27 juillet 2012 a donné 31,7 % des voix à l'entrepreneur en informatique Ahn Cheol-su (+ 12,9 % par rapport à la précédente enquête) contre 31,3 % à Park Geun-hye (en forte baisse de 6,5 %). Certes, la différence entre les deux candidats est inférieure à la marge d'erreur des sondages, mais elle n'en reste pas moins marquante au moment où sont testés plusieurs candidats d'opposition au Parti Saenuri, alors que des désistements sont attendus d'ici le premier et unique tour de scrutin. Le candidat le mieux placé du PDU est toujours Moon Jae-in (9,3 %, en net recul de 7,9 %).

 

Pro-gouvernementale, la chaîne publique de radio et de télévision KBS donne des résultats plus favorables à Park Geun-hye. Mais l'écart se resserre nettement entre la favorite de la droite (37,1 %) et Ahn Cheol-su (24,6 %), tandis que Moon Jae-in est désormais distancé (11,2 %), après avoir été longtemps au coude-à-coude avec Ahn Cheol-su pour la deuxième place. Dans l'hypothèse d'un duel entre Park Geun-hye et Ahn Cheol-su, l'ancienne première dame du régime militaire ne l'emporterait plus que d'une courte tête (46,3 % contre 45,8 % à Ahn Cheol-su), l'écart étant inférieur à la marge d'erreur des sondages.

  

La mise en cause du propre frère du Président Lee Myung-bak et de plusieurs de ses proches dans une affaire de corruption a terni l'image du Parti Saenuri. Contraint de présenter des excuses publiques, le Président Lee Myung-bak continue de voir sa cote de popularité baisser (21,8 % selon le dernier sondage de Real Meter), et il entraîne l'ensemble du camp conservateur dans sa chute. Auparavant, la droite au pouvoir avait négocié en secret un accord militaire avec le Japon, avant de devoir reculer devant la pression de l'opinion publique.

 

Si Park Geun-hye est la grande favorite du Parti Saenuri, la configuration du scrutin est plus incertaine concernant les autres candidats.

 

Dans l'opposition, le doute plane toujours sur l'entrée en lice d'Ahn Cheol-su, qui a par ailleurs décliné sa participation à la primaire interne au PDU, même si le candidat indépendant est plus proche du PDU que du Parti Saenuri. Une pluralité de candidatures au centre et à gauche de l'échiquier politique accroîtrait grandement les chances de succès de la droite, comme cela avait été le cas au scrutin présidentiel de 1987, remporté par le candidat du pouvoir militaire, le général Roh Tae-woo (35,9 %), du fait de la division de l'opposition entre Kim Young-sam (27,5 %) et Kim Dae-jung (26,9 %).

 

559px-Kim_Doo-kwan_crop.jpgAu sein du PDU, le processus de sélection du candidat se poursuit. Sur les huit candidats déclarés, trois ont été éliminés à l'issue de la première phase, qui n'a retenu que les cinq candidatures les plus populaires lors d'un sondage par téléphone (dont le détail n'a pas été communiqué pour ne pas influencer les phases ultérieures de la procédure) :

- Moon Jae-in, ancien chef du secrétariat du président Roh Moo-hyun,

- Sohn Hak-kyu, ancien président du PDU,

- Kim Doo-gwan (à gauche), ancien gouverneur de la province de Gyeongsang, que le sondage de Real Meter plaçant Ahn Cheol-su en tête a pour la première fois classé en deuxième position des candidats du PDU, après Moon Jae-in mais devant Sohn Hak-kyu,

- Chung Seh-kyun, ancien président du parti,

- Park Joon-yung, gouverneur de la province du Jeolla du Sud.

 

Ouverte à tous les électeurs sud-coréens, l'élection primaire du PDU proprement dite débutera le 25 août, le premier tour étant prévu le 16 septembre et un éventuel second tour le 23 septembre.

 

Sources :

- Real Meter ;

- KBS, "Park Geun-hye devance légèrement Ahn Cheol-soo dans un sondage", dépêche publiée le 26 juillet 2012 ;

- KBS, "Le PDU désigne cinq candidats finalistes pour ses primaires", dépêche publiée le 31 juillet 2012.

Photo de Park Geun-hye et Ahn Cheol-su : Yonhap.

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 23:01

Lee-Sang-deuk_2273431b.jpgLe 10 juillet 2012, Lee Sang-deuk, le frère aîné du Président sud-coréen Lee Myung-bak, a été arrêté, étant soupçonné d'avoir touché plus de 500.000 dollars de grandes banques qui auraient financé la campagne présidentielle du chef de l'Etat en 2007. Ce que les médias sud-coréens ont appelé "le scandale des banques d'épargne" a d'autant plus de retentissement que d'autres proches du Président Lee Myung-bak sont également mis en cause.

 

Il était considéré comme le mentor du chef de l'Etat. Elu six fois député, Lee Sang-deuk avait été critiqué pour sa trop grande influence sur son frère cadet après l'accession de ce dernier à la magistrature suprême, alors qu'il avait joué un rôle clef dans la campagne présidentielle.

 

Après des déclarations du PDG de la Solomon Savings Bank de l'époque, Lee Sang-deuk a été arrêté le 10 juillet 2012, étant soupçonné d’avoir reçu plus de 500.000 dollars de présidents de banques d’épargne sud-coréennes, en pleine campagne électorale en 2007. Les banques d'épargne auraient cherché à acheter un soutien politique, la gestion de leurs établissements présentant de graves lacunes.

 

D'autres proches du chef de l'Etat ont également été mis en cause. Le 13 juillet, un conseiller présidentiel, Kim Hee-jung, qui travaillait pour Lee Myung-bak depuis 1997, a choisi de démissionner après que son nom eut été cité, déclarant vouloir assumer sa "responsabilité morale".

 

Le 11 juillet, un député de la majorité également cité dans le scandale des banques d'épargne, Chung Doo-un, a pour sa part bénéficié d'un vote du Parlement refusant de lever son immunité parlementaire. Park Geun-hye, candidate conservatrice à l'élection présidentielle, s'est démarquée de cette décision concernant un député de son propre parti, afin de ne pas subir le contrecoup de cette affaire qui traduit une ambiance de fin de règne pour le Président Lee Myung-bak, lequel ne peut être candidat à sa succession. Celui qui avait promis de moraliser la vie publique a toujours conduit une politique conforme aux intérêts aux milieux d'affaires. Il avait largement utilisé les scandales politico-financiers pour faire chuter la majorité sortante démocrate en 2007.

 

Au moment où la négociation secrète d'un accord militaire avec le Japon fait scandale, le parti Saenuri aborde dans une position moins favorable l'échéance présidentielle de décembre.

 

Principale source : Yonhap (plusieurs articles, en date respectivement des 11, 13 et 13 juillet 2012).

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 23:13

Depuis plusieurs semaines, le Parti progressiste unifié (gauche), qui a obtenu plus de 10 % des suffrages exprimés et 13 sièges aux dernières élections législatives en Corée du Sud, est en crise, des représentants de la majorité étant accusés d'avoir truqué les votes internes. De tels faits, s'ils se confirment, sont évidemment inacceptables, alors que la gauche a été historiquement à la pointe du combat pour la démocratie et contre la corruption. Cependant, la droite au pouvoir du parti Saenuri (Nouvelle Frontière), avec l'appui des médias qui lui sont proches, a profité de cette situation pour appeler à la destitution de deux députés mis en cause, en raison de leurs opinions supposées pro-Corée du Nord - alors même que la dirigeante du parti Saenuri, Park Geun-hye, est la fille de l'ancien général Park Chung-hee qui a gouverné la Corée du Sud d'une poigne de fer jusqu'à son assassinat en 1979. Un tel paradoxe - comment un parti héritier du régime des généraux peut-il donner des leçons de démocratie sans soulever un tollé dans l'opinion ? - serait inimaginable dans les démocraties occidentales, qui assument parfaitement le caractère autoritaire des régimes des colonels grecs, de Franco ou de Salazar, dont on n'imagine pas les enfants en passe d'arriver au pouvoir en Espagne ou au Portugal, comme c'est au contraire le cas pour Park Geun-gye en Corée du Sud. Mais cette situation n'est pas le fruit du hasard : en bridant la liberté de recherche historique, en maintenant en application la loi de sécurité nationale établie par les régimes autoritaires, la Corée du Sud ne permet toujours pas à ses citoyens de se forger leur propre opinion politique en toute indépendance.

 

Comme le précise le site de l'Assemblée nationale française, les députés bénéficient d'une immunité définie en ces termes : "l’irresponsabilité protège [...] les parlementaires contre toute action judiciaire, pénale ou civile, motivée par des actes qui, accomplis hors du cadre d’un mandat parlementaire, seraient pénalement sanctionables ou susceptibles d’engager la responsabilité civile de leur auteur". Ce principe de base, commun à l'ensemble des démocraties parlementaires, découle du principe de séparation des pouvoirs et assure la protection des parlementaires contre les atteintes aux libertés qui pourraient être commises par le pouvoir exécutif et les juges.

 

Lee_Myung_Bak_immunite_parlementaire_coree_du_sud.jpgCes principes démocratiques sont ignorés par le président sud-coréen Lee Myung-bak (photo à droite, source Yonhap) et les conservateurs au pouvoir à Séoul, lorsqu'ils plaident pour expulser du Parlement des députés de gauche qui auraient été, par le passé, favorables à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Pour établir une comparaison, c'est comme si en France Patrick Devedjian et Alain Madelin étaient destitués de leur mandat parlementaire pour avoir milité pendant leur jeunesse dans des organisations d'extrême-droite qui ont été interdites... Mais il est vrai que la Corée du Sud a une conception très particulière de l'histoire, les symboles nazis étant volontiers considérés comme chics et portés avec ostentation.

 

 Le Comité pacifique pour la réunification de la Corée, à Pyongyang, a vivement dénoncé la répression contre les deux députés accusés d'opinions favorables au Nord, comme le signe d'une politique fasciste.

 

Accueillant dans ses rangs les héritiers du régime des généraux, le gouvernement conservateur avait rendu l'enseignement de l'histoire facultatif au lycée, avant de revenir sur cette décision. Et quand l'histoire de la Corée est présentée, c'est de manière biaisée : un chercheur américain indépendant, comme Bruce Cumings, est par exemple systématiquement écarté des travaux sur la guerre de Corée, car il a montré - sur la base d'un travail d'historien objectif, fondé sur l'analyse des archives - que les responsabilités de l'administration Syngman Rhee ne pouvaient pas être ignorées dans le déclenchement du conflit, point d'aboutissement de tensions croissantes entre les deux Etats coréens - alors que la doxa sud-coréenne est d'imputer l'entière responsabilité du conflit à la Corée du Nord. Cette vision unilatérale de l'histoire, destinée à légitimer un régime politique (en l'occurrence, celui de la Corée du Sud, nullement démocratique, de Syngman Rhee), a au contraire disparu depuis des décennies en Europe occidentale. Par exemple, en Europe, tous les élèves apprennent que la première Guerre mondiale n'est pas le fruit d'une attaque allemande, mais d'abord la conséquence d'un jeu d'alliances militaires et d'un climat de tensions.

 

Or la Corée du Sud a connu pendant des décennies des régimes ultra-autoritaires, dont des dirigeants admiraient sans embages le militarisme japonais. Après la démocratisation de la Corée du Sud, le parti Saenuri aujourd'hui au pouvoir reste dirigé par la fille du général Park Chung-hee, et la présidence de l'Assemblée nationale vient d'échoir à un député élu pour la première fois en 1980, Kang Chang-hee - entré au Parlement après avoir pris sa retraite de l'armée, dans la foulée du coup d'Etat de 1979 et de la sanglante répression de Kwangju en 1980.

 

L'ignorance des Sud-Coréens de ce qu'était le régime allemand nazi, comme l'acceptation par nombre d'entre eux de confier leur destin à des héritiers directs du régime des généraux, est la conséquence de choix délibérés en matière d'éducation et de recherche historique.

 

A l'instar de centaines d'historiens coréens et étrangers, Bruce Cumings n'avait ainsi pu que constater, dès l'arrivée au pouvoir du Président Lee Myung-bak en 2008, les reculs dans l'enseignement de l'histoire et la liberté de recherche historique en Corée du Sud : "après dix années vraiment nouvelles et différentes dans l'histoire de la Corée d'après-guerre, l'administration Lee essaie de revenir en arrière, et de s'opposer aux progrès énormes accomplis depuis 1997 sous Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun". Or, comme l'observait encore Bruce Cumings, "la légitimité n'est pas une chose conférée par les manuels dominants ou par la fabrication une ligne historique", en soulignant l'inefficacité de cette démarche : "les étudiants recherchent la vérité et, bien qu'ils souhaitent également être fiers de leur pays, ils méprisent profondément les autorités qui leur interdiraient d'accéder à la meilleure information et connaissance historique. Que quelqu'un tente de le faire, comme en République de Corée pendant des décennies, et les jeunes pensent que tout ce qu'ils entendent de la part des autorités est un paquet de mensonges - et là ils ne sont plus fiers de leurs dirigeants et de leur pays". 



L'enjeu de l'élection présidentielle du 19 décembre 2012 en Corée du Sud dépasse la seule question de l'alternance politique, en posant la question des libertés d'opinion et d'expression.

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 23:51
Si les élections législatives du 11 avril en Corée du Sud ont consacré la victoire des conservateurs au pouvoir du Parti Saenuri (Nouveau monde), leur courte avance (157 sièges contre 140 sièges remportés par l'opposition libérale et de gauche) laisse toutes les options ouvertes en vue de l'échéance majeure, le scrutin présidentiel du 19 décembre prochain, uninominal à un tour, pour lequel le président sortant Lee Myung-bak ne peut pas être juridiquement candidat à sa propre succession. Dans un premier temps, les primaires internes aux différentes coalitions conduiront à la désignation des candidats. Alors que les premiers adversaires de la présidente du Parti Saenuri se sont déclarés dans le camp conservateur, un des enjeux majeurs pour l'opposition démocrate et socialiste sera de surmonter ses divisions internes, qui ont été l'un des facteurs de son échec aux législatives du 11 avril dernier.

Etrange atmosphère de fin de mandat en Corée du Sud. D'un côté, la popularité du chef de l'Etat Lee Myung-bak reste dans ses basses eaux, au moment où la présidence sud-coréenne est épinglée pour avoir donné des instructions ordonnant la mise sous surveillance de 2.600 personnalités de la politique, des médias et des syndicats - ce qui a entraîné la première grève depuis 1989 de l'agence de presse Yonhap, pourtant pro-gouvernementale, contre la couverture médiatique déséquilibrée de cet énième scandale, tandis que les personnels de la chaîne de radio-télévision publique KBS, plus à droite que leurs concurrents de MBC, ont rejoint le mouvement de protestation. Par ailleurs, la révélation d'un nouveau cas de vache folle en Californie a été mal gérée par le gouvernement, qui s'est contenté d'annoncer un renforcement des contrôles sanitaires, oubliant sa promesse de mai 2008 d'enquêter sur toutes les importations de boeuf des Etats-Unis si des cas de vache folle étaient découverts outre-Atlantique. A l'époque, la décision du président Lee Myung-bak, très américanophile, d'autoriser la reprise des importations de boeuf américain avait soulevé une tempête de protestations et des manifestations d'une ampleur inégalée depuis la chute du régime militaire. Nouvellement entrée en fonctions, l'administration Lee Myung-bak avait inauguré un nouveau style de gouvernement, marqué par une vague de répressions au nom de la loi de sécurité nationale, des limitations de la liberté de manifestation et un contrôle accru d'Internet et des médias.

Candlelight.jpg
 
Malgré ces échecs, qui s'ajoutent aux promesses électorales non tenues sur le front du chômage et de la croissance économique, les conservateurs ont réussi à conserver une majorité, certes étriquée, aux élections législatives du 11 avril dernier. Mais la contradiction n'est qu'apparente : en réprimant ses opposants au nom de l'anticommunisme, l'administration Lee Myung-bak faisait coup double. D'une part, elle réduisait au silence des voix gênantes. D'autre part, forts du soutien sans faille d'une presse et de télévisions nationales qui leur sont largement acquis, s'appuyant sur le réseau dense des églises protestantes, les conservateurs pouvaient dénoncer un désordre selon eux entretenu par l'opposition et consolider leurs bases dans l'ouest du pays, plus âgé et plus conservateur. Dans ces régions plus que partout ailleurs, les principaux quotidiens nationaux de la trilogie conservatrice - le Dong-A, le Choson et le JoongAng - restent la principale source d'information. Le très autoritaire général Park Chung-hee reste populaire dans ces provinces qu'il a délibérément favorisées économiquement, pendant les années de plomb du régime militaire. A cet égard, la carte des résultats du scrutin du 11 avril est sans ambiguïté : si l'opposition a remporté pratiquement toutes les circonscriptions du Cheolla et de l'île de Jeju, qui lui sont traditionnellement acquises, et près des deux tiers de celles de Séoul et de son aire métropolitaine, l'ouest du pays a reconduit massivement ses députés conservateurs.

Dans ce contexte, la favorite des sondages et présidente du Parti Saenuri, Park Geun-hye - fille du général Park Chung-hee - a confirmé sa candidature à l'élection présidentielle du 19 décembre, immédiatement après le succès de sa formation politique aux élections législatives. Mais fuyant la confrontation, ayant plus qu'à son tour évité de se prononcer sur bien des sujets de politique intérieure et internationale, Park Geun-hye n'est pas encore désignée comme candidate du Parti Saenuri, même si les règles de désignation au sein des primaires du parti au pouvoir (où le collège électoral des membres du parti pèsera autant que celui des citoyens non encartés) lui sont a priori favorables. Après Kim Moon-soo, gouverneur de la province du Gyeonggi, un deuxième candidat à la primaire vient de se déclarer, en la personne du député Chung Mong-joon, fils du fondateur du groupe Hyundai, laquelle atteste que les pouvoirs politique et économique restent toujours aussi étroitement liés au Sud de la péninsule. Au moment où les démêlés internes à la famille qui dirige Samsung défraient la chronique à Séoul, il convient de rappeler que les fortunes des conglomérats, les chaebols, ont été bâties sur des relations de collaboration avec l'occupant japonais puis les régimes autoritaires qui se sont succédés au pouvoir, pendant plus de 40 ans, en Corée du Sud. D'autres candidatures sont attendues du côté droit de l'échiquier : Lee Jae-oh, proche de l’actuel président Lee Myung-bak, et l’ancien Premier ministre Chung Un-chan.

Dans l'opposition, la direction du Parti démocratique unifié (PDU) a présenté ses excuses pour n'avoir pas pu remporter le scrutin législatif, dont les libéraux avaient pourtant longtemps été les favoris. Tirant les leçons de son échec, la présidente du PDU, Han Myeong-suk, a démissionné. Candidat le mieux placé parmi les membres du PDU dans les sondages d'opinion, Moon Jae-in a renforcé ses positions en remportant la circonscription de Sasang, à  Busan, avec une nette avance (55 %, contre 43,8 % à sa principale adversaire, une novice de 27 ans du Parti Saenuri, Son Soo-jo). Une incertitude pèse sur la participation ou non du candidat actuellement le mieux placé pour s'opposer à Mme Park Geun-hye, l'entrepreneur en informatique Ahn Cheol-su, très populaire auprès des jeunes mais peu prolixe sur des sujets comme l'application de l'accord de libre-échange avec les Etats-Unis, ratifié par le Parlement dans des conditions pour le moins discutables, ou la construction de la base navale de Jeju. Le président par intérim du PDU, M. Moon Sung-keun, a invité Ahn Cheol-su à participer à la primaire de l'opposition. En effet, si Ahn Cheol-su confirmait sa candidature, mais comme indépendant, il diviserait les voix des opposants à Park Geun-hye dans le scrutin présidentiel à un seul tour, ce qui atténuerait grandement les chances des démocrates de fermer la parenthèse conservatrice ouverte en 2007.

Le PDU, comme ses alliés de gauche du Parti progressiste unifié (13 sièges aux législatives), s'opposent à la politique nord-coréenne des conservateurs au pouvoir à Séoul et préconisent également de renforcer la protection sociale des travailleurs. Un autre enjeu a été révélé par la flambée d'attaques racistes ayant suivi l'élection, pour la première fois, d'une députée d'origine étrangère (en l'occurrence, philippine), Mme Jasmine Lee, dans les rangs du Parti Saenuri. Ces attaques ont montré la nécessité, pour la société sud-coréenne, d'assume son multiculturalisme. Dans ce combat, la gauche a souvent été très isolée dans son soutien courageux aux travailleurs précaires venus du sous-continent indien, ainsi que dans l'intégration des épouses philippines, ou originaires du Sud-Est asiatique, de conjoints coréens.

Sources : AAFC, wikipédia (article en anglais consacré aux élections du 11 avril), Yonhap (notamment, dépêche du 29 avril 2012 "Le député Chung annonce sa candidature à l'élection présidentielle", article du 17 avril 2012 "Ahn est prié de dévoiler ses ambitions présidentielles").
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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 00:17

Depuis le retour des conservateurs au pouvoir à Séoul fin 2007, la loi de sécurité nationale a été utilisée de manière extensive pour réprimer la liberté d'expression. Elle a aussi brisé les vies de centaines de Sud-Coréens innocents : dans un article intitulé "Séoul intensifie les pressions sur les militants de gauche. Le gouvernement s'appuie sur une loi de 1948, utilisée par les dictatures militaires", le journaliste du Monde Philippe Pons a livré le récit de Kim Myung-soo, un universitaire sud-coréen jeté de l'université et privé d'accès à l'emploi, pour le seul crime d'avoir proposé à la vente sur Internet des ouvrages jugés subversifs. Plus que jamais, l'Association d'amitié franco-coréenne appelle à l'abrogation de la loi de sécurité nationale, une loi antidémocratique de plus en plus utilisée par un gouvernement aux abois pour se maintenir au pouvoir - à l'approche d'échéances électorales majeures en 2012, les élections législatives du 11 avril et l'élection présidentielle du 19 décembre.

 

kim_myung_soo.jpgInstituée en 1948 par le régime autoritaire de Syngman Rhee officiellement pour lutter contre les idées communistes, en réalité pour réprimer toute opinion contestataire, la loi de sécurité nationale (LSN) sud-coréenne a retrouvé une nouvelle vigueur dès 2007, sous l'impulsion des services de sécurité rendus plus audacieux par la perspective du retour au pouvoir des conservateurs - dont le principal candidat, Lee Myung-bak, a effectivement été élu à la magistrature suprême en décembre 2007. Comme l'a déclaré une victime de la LSN, Kim Myung-soo, (photo à gauche, source Los Angeles Times) : "jusque-là, la loi sur la sécurité nationale était peu appliquée. Mais sentant le retour probable des conservateurs, les services de sécurité avaient repris du poil de la bête".

 

Selon un décompte établi par la politologue américaine Christine Ahn, du Korea Policy Institute, reprenant des statistiques gouvernementales, le nombre de cas de personnes enfreignant la loi de sécurité nationale n'a cessé d'augmenter, de 39 en 2007 à 151 en 2010 et 114 pour les neuf premiers mois de l'année 2011. Cinq personnes furent poursuivies en justice pour activités « pro-Nord » en 2008, et 82 en 2010. Enfin, en 2011, le gouvernement sud-coréen a effacé 67 300 messages considérés comme pro-Nord postés sur Internet. Dans leur traque frénétique de toute activité jugée subversive, les services de sécurité sud-coréens n'ont reculé devant aucun excès - pour preuve, l'interdiction en Corée du Sud, en 2011, du site Internet de l'agence de voyages britannique basée à Pékin Koryo Tours, spécialisée dans les voyages en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), et dont le crime était d'avoir reproduit des documents nord-coréens. Si Koryo Tours a finalement pu négocier son retour sur les écrans Internet sud-coréens, le message était clair : pour les conservateurs au pouvoir à Séoul, parler de la Corée du Nord en reproduisant des documents du Nord est un crime en Corée du Sud. La seule expression autorisée sur la Corée du Nord tend ainsi à devenir celle, filtrée et triée, de médias acquis à plus de 80 % aux conservateurs, dans la plus pure tradition autoritaire des généraux qui ont tenu le haut du pavé à Séoul jusqu'en 1993.

 

Ayant protesté depuis plus de 60 ans contre la loi de sécurité nationale, Amnesty International a dénoncé une loi "moins utilisée pour contrer des menaces pesant sur la sécurité nationale que pour intimider les gens et limiter la liberté d'expression".

 

La LSN sert ainsi toujours à briser les vies de centaines de Sud-Coréens. Le cas de Kim Myung-soo est exemplaire : en mai 2007, cet éditeur a été inculpé pendant trois semaines pour avoir proposé à la vente, sur Internet, des ouvrages jugés subversifs : Etoile rouge sur la Chine, d'Edgar Snow, des histoires des révolutions française de 1789 et russe de 1917, ou encore une biographie de Karl Marx.

 

Le but des services de sécurité sud-coréens n'était pas d'interdire la lecture de ces ouvrages, disponibles dans les grandes librairies et les principales bibliothèques de Séoul selon Kim Myung-soo, mais bien de faire taire une voix dérangeante. Depuis cinq ans, ce dernier a dû interrompre son doctorat en littérature consacré à un poète contestataire célèbre au lendemain de la Libération en 1945, et comme tout opposant marqué au fer rouge de la LSN il est exclu du marché du travail : un "rouge" ne peut pas devenir fonctionnaire, et est également considéré comme un indésirable dans les entreprises. La seule possibilité est de devenir travailleur indépendant, d'enchaîner les emplois précaires... ou de devenir permanent d'un parti, d'un syndicat ou de toute autre organisation sociale et politique de gauche.

 

Dans ce contexte, peu importe que les accusations tombent, ou non, les unes après les autres : relâché sous caution, Kim Myung-soo a été jugé non coupable en première instance en 2011, avant le jugement en appel prévu en ce début d'année. En effet, l'objectif est d'entretenir une culture de l'arbitraire vis-à-vis des sympathisants de gauche, en leur faisant subir les conséquences d'une mise au ban de la société par l'infâmie qu'emporte le principe même de poursuites judiciaires, dans une société de culture confucéenne où la victime n'est jamais totalement innocente des malheurs qui l'accablent.

 

L'arbitraire de la LSN est ainsi utilisé avec opportunisme par les gouvernements conservateurs sud-coréens. Comme l'observe Lee Kwang-cheol, avocat d'une autre victime de la LSN, le photographe Park Jong-geun, "son application dépend de la couleur politique du gouvernement (...). Aujourd'hui, nous sommes dans une phase d'extension de son application : la police a des tonnes de dossiers sur des dizaines de milliers de sympathisants de gauche et lorsqu'elle en a besoin, elle les sort pour les inculper".

 

La victoire des démocrates - qui n'auront jamais si bien mérité leur nom - aux élections législatives du 11 avril 2012 apparaît ainsi comme la meilleure garantie pour que cesse l'arbitraire de la LSN en Corée du Sud.

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 23:07

Les élections législatives sud-coréennes du 11 avril 2012 pourraient voir le succès du Parti démocratique unifié (PDU, centre-gauche), qui devance de 2 à 7 % dans les sondages les conservateurs, au pouvoir, du parti Nouveau monde (ex-Grand parti national) - avant l'élection majeure du 19 décembre 2012, le scrutin présidentiel auquel le président sortant Lee Myung-bak ne peut pas être candidat à sa propre succession. Une majorité démocrate permettrait de renouer avec la politique d'ouverture au Nord des présidents démocrates Kim Dae-jung (1998-2003) et Roh Moo-hyun (2003-2008), à laquelle les conservateurs ont tourné le dos en menant les relations intercoréennes au bord du gouffre. Actuelle présidente du PDU, Mme Han Myeong-suk, qui a été Premier ministre de Roh Moo-hyun, a annoncé sa volonté de renouer avec une politique d'engagement vis-à-vis de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).
   
600px-Han_Myeong_Sook_2006.png

Pour la présidente du PDU Mme Han Myeong-suk, la politique intercoréenne du président Lee Myung-bak a eu un impact très négatif sur les relations Nord-Sud : "en observant la politique du gouvernement sur la Corée du Nord, nous craignons d'avancer dans un tunnel tellement sombre que nous n'en voyons pas la sortie".

Constituant la principale force d'opposition au Parlement sud-coréen, dont les 299 sièges seront renouvelés le 11 avril prochain, les démocrates plaident pour de nouveaux objectifs des relations intercoréennes : un traité de paix en lieu et place de l'accord d'armistice de 1953 - pour lequel milite également l'Association d'amitié franco-coréenne - l'établissement de relations diplomatiques entre la RPD de Corée, d'une part, les Etats-Unis et le Japon, d'autre part ; enfin, la promotion de la prospérité dans la péninsule par le développement des coopérations économiques Nord-Sud.

Le PDU plaide également pour des rencontres régulières au niveau des Premiers ministres, conformément à la déclaration conjointe du 15 juin 2000, l'établissement de relations interparlementaires et la reprise des échanges humanitaires.

Source : The Korea Times.

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 23:46

A l'approche des élections législatives d'avril 2012, le gouvernement sud-coréen semble vouloir donner des gages à la frange la plus conservatrice de son électorat en invoquant la loi dite de sécurité nationale contre ses opposants, dans une véritable atmosphère de chasse aux sorcières. Instaurée en 1948, la loi de sécurité nationale, qui interdit tout contact entre Coréens du Nord et du Sud sans autorisation préalable du gouvernement sud-coréen, est de plus en plus utilisée pour faire taire les voix discordantes en Corée du Sud, à commencer par celles critiquant la politique inter-coréenne du président Lee Myung-bak ou s'opposant à des mesures controversées telles la construction d'une base navale sur l'île de Jeju, un site protégé.

 Le 8 février 2012, en Corée du Sud, le Service national de renseignement (National Intelligence Service, NIS) a effectué des perquisitions dans sept endroits dont les bureaux de plusieurs organisations civiques et les domiciles de leurs membres, en application de la loi de sécurité nationale. L'organisation Solidarité pour la paix et la réunification de la Corée (Solidarity for Peace and Reunifcation in Korea, SPARK) a été particulièrement visée en raison de ses initiatives en faveur de la signature d'un traité de paix en Corée (l'Association d'amitié franco-coréenne relaie la pétition lancée par SPARK), de ses manifestations pour le départ des troupes américaines stationnées en Corée du Sud et contre les exercices militaires américano-sud-coréens. Le NIS considère de telles activités comme une violation de la loi de sécurité nationale sud-coréenne.

La loi dite de sécurité nationale fut promulguée en décembre 1948 en Corée du Sud par le gouvernement du président Syngman Rhee, en réaction à un incident survenu quelques semaines auparavant : le 19 octobre 1948, un détachement du 14èmerégiment stationné dans la ville portuaire de Yeosu, au sud du pays, se révolta peu de temps avant d'embarquer pour l'île de Jeju où un soulèvement avait éclaté le 3 avril (selon les sources, ce soulèvement a fait de 30 000 à 80 000 morts). Les soldats créèrent alors le Comité populaire de Yeosu et Suncheon. L'armée sud-coréenne réprima cette révolte et reprit Yeosu le 27 octobre, après des combats très meurtriers. A la suite de cet incident, des purges dans l'armée accompagnèrent l'adoption de la loi de sécurité nationale. Comme l'écrit le professeur Seo Joon-seok, de l'Université de Sungkyunkwan, à Séoul : « Cette loi limitait non seulement les libertés d'opinion et de conscience, mais aussi la liberté du savoir. L'anticommunisme, en tant que ''principe politique de l'Etat'', devint la plus haute valeur, et fut placé au-dessus de la démocratie et des intérêts de la nation. »

La loi de sécurité nationale sud-coréenne a pour objectif, selon son premier article, de « supprimer les activités anti-Etat qui mettent en danger la sécurité nationale et d'assurer la sécurité de la nation, la liberté du peuple et la liberté ». L'article 2 de la loi définit comme groupes anti-Etat « les organisations nationales ou internationales ou les groupes dont l'intention est de mener ou de faciliter des actions d'infiltration du gouvernement ou d'entraîner des désordres pour la nation ». Les sanctions définies aux articles 3 et 4 incluent la peine de mort et des peines de prison d'une durée minimale de deux ans. L'article 7 prévoit des peines jusqu'à sept ans de prison pour ceux qui encouragent la coopération avec des groupes anti-Etat mettant en danger la sécurité nationale. Cet article a été souvent utilisé pour détenir des personnes ayant des idées de gauche, particulièrement celles dont les idées et les opinions politiques à propos de la réunification de la Corée sont considérées comme identiques ou similaires à celles de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).

Pourquoi une association comme SPARK, laquelle poursuit les mêmes objectifs, en toute légalité et transparence, depuis sa fondation en 1994, est-elle aujourd'hui visée par les autorités sud-coréennes en vertu d'une loi de 1948? Il s'avère que l'association SPARK s'est engagée récemment dans la campagne contre la construction d'une base navale sur le territoire du village de Gangjeong, sur l'île de Jeju. La police, l'armée et de nombreux gardes privés ont été envoyés sur l'île afin de protéger la construction de cette base navale après les manifestations qui ont eu lieu. La répression qui s'est abattue sur Jeju n'empêche pas les manifestations de continuer, et plus de cent villageois et militants sont aujourd'hui poursuivis.

SPARK LSN 14022012

Manifestation devant le siège du Service national de renseignement le 14 février 2012 à Séoul.

Sur la banderole : « Arrêtez de réprimer les efforts de SPARK visant à stopper la base navale de Jeju » 

(photo : SPARK

La même méthode fut employée en 2008, pendant les manifestations aux chandelles qui avaient lieu dans toute la Corée du Sud contre la reprise des importations de bœuf américain. Le président Lee Myung-bak ordonna une enquête pour identifier les meneurs, dans une totale incompréhension des raisons de ces manifestations. Les agences de sécurité sud-coréennes ont alors poursuivi des organisations civiques ainsi que les personnes semblant être à la tête des manifestants. En dépit des critiques suscitées par les actions judiciaires prises à l'encontre de manifestants pacifiques, les procédures ont continué avant que les tribunaux acquittent et remettent en liberté les personnes inquiétées. Néanmoins, ces actions en justice ont eu pour effet de mettre fin aux manifestations.

Le vrai motif des poursuites judiciaires aujourd'hui engagées contre des organisations civiques en application de la loi de sécurité nationale est donc bien de créer la division entre les citoyens et ces organisations, et d'accroître leur peur vis-à-vis de la justice.

Un autre motif est d'empêcher l'expression d'opinions divergentes parmi le public. Quand le Cheonan, corvette de la marine sud-coréenne, a fait naufrage le 26 mars 2010, le rapport de l'enquête officielle menée par les autorités américaines et sud-coréennes a imputé ce naufrage à une torpille tirée par un sous-marin nord-coréen. La Corée du Nord a nié toute responsabilité dans le naufrage du Cheonan et plusieurs experts ont mis en doute les conclusions de l'enquête officielle, notamment un membre - sud-coréen - de la commission d'enquête, des scientifiques indépendants et les experts de la marine russe

De son côté, l'association sud-coréenne Solidarité populaire pour une démocratie participative (SPDP), bénéficiant depuis 2004 d'un statut consultatif auprès de l'Organisation des Nations Unies, transmit le 10 juin 2010 son propre rapport sur le naufrage du Cheonan au Conseil de sécurité, détaillant les problèmes posés par les conclusions de l'enquête officielle. Le gouvernement du président Lee Myung-bak a critiqué l'initiative de SPDP et des accusations de trahison ont été lancées par des responsables gouvernementaux. Cela a poussé des organisations conservatrices sud-coréennes à manifester contre SPDP, qualifiée par elles d' « association ennemie », y compris en s'attaquant physiquement à ses membres.

Il semble que le gouvernement sud-coréen invoque de plus en plus la loi de sécurité nationale en profitant de l'ambiguïté de cette loi qui en permet une application dans des situations qui ont peu à voir avec le souci de préserver une sécurité nationale qui serait menacée.

Sous les gouvernements militaires au pouvoir en Corée du Sud jusqu'en 1988, alors que la torture, les aveux forcés et les procès arbitraires faisaient partie intégrante du système judiciaire, la loi de sécurité nationale servit à réprimer dans le sang le soulèvement démocratique de mai 1980 dans la ville de Kwangju. L'opposant Kim Dae-jung (futur président de la Corée du Sud) fut une des victimes de la loi de sécurité nationale. Malgré la fin du régime militaire, la loi de sécurité nationale n'a pas été abrogée et les autorités sud-coréennes ont continué à l'appliquer, notamment contre les personnes exprimant une opinion favorable à la Corée du Nord (l'étudiante Rim Su-kyong, par exemple), mais pas seulement. Ainsi, pendant la crise financière asiatique de 1997, la loi de sécurité nationale fut utilisée pour arrêter plus de 400 étudiants et travailleurs qui s'opposaient aux mesures d'austérité imposées par le Fonds monétaire international. Les présidents sud-coréens Kim Dae-jung (1998-2003) et Roh Moo-hyun (2003-2008) ont échoué dans leurs tentatives d'abroger cette loi.

Depuis février 2008 et l'entrée en fonction du président Lee Myung-bak, la loi de sécurité nationale a été appliquée avec une sévérité accrue contre les organisations civiques sud-coréennes s'opposant à sa politique vis-à-vis du Nord et à la remise en cause des déclarations intercoréennes du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007.

Ainsi, en mai 2009, furent arrêtés les principaux dirigeants de l'Alliance pan-coréenne pour la réunification (Pomminryon). Ils furent libérés au mois de novembre suivant, les documents présentés au cours du procès ayant révélé que le NIS avait intercepté pendant 28 mois, à partir de 2003, toutes les communications par téléphone, courrier électronique et fax de la Pomminryon, alors que la loi sur la protection du secret des communications ne permet que des écoutes sur une période de temps limitée. Il fut prouvé que la loi destinée à protéger le secret des communications avait été détournée de son but initial par les services de renseignement afin de permettre la surveillance des citoyens et le juge dû libérer les dirigeants de la Pomminryon injustement emprisonnés.

Aujourd'hui, le gouvernement Lee Myung-bak semble poursuivre un double objectif en brandissant la loi de sécurité nationale : saper la solidarité entre les groupes s'opposant au projet de base navale sur l'île de Jeju et les villageois de Gangjeong où doit être construite cette base, et intimider les citoyens avant l'élection législative d'avril 2012. Cette stratégie du gouvernement sud-coréen visant à « faire d'une pierre deux coups » en s'appuyant sur la loi de sécurité nationale est dénoncée par des organisations de défense des droits de l'homme comme Amnesty International et la Commission asiatique des droits de l'homme, une ONG fondée en 1984 et basée à Hong Kong. La Commission asiatique des droits de l'homme rappelle ainsi que l'Assemblée nationale sud-coréenne a décidé en décembre 2011 de réduire de 96% le budget du ministère de la Défense consacré à la construction de la base navale de Jeju. Il est donc très probable, selon la Commission, que les poursuites engagées contre SPARK constituent une mesure punitive du gouvernement sud-coréen contre une des principales organisations à l'origine de ce camouflet.

Parallèlement aux problèmes rencontrés aujourd'hui par l'association SPARK, d'autres affaires liées à l'application de la loi de sécurité nationale sont en cours devant les tribunaux sud-coréens :

Le 29 juillet 2011, cinq personnes ont été arrêtées en Corée du Sud, soupçonnées de se livrer à des activités d'espionnage au profit de la RPDC au sein d'un réseau baptisé « Wangjaesan ». Quarante autres personnes, dont des responsables de partis d'opposition, de syndicats et des anciens députés d'opposition, ont aussi fait l'objet d'une enquête des autorités afin de déterminer si elles étaient liées à « Wangjaesan ».

Le 11 janvier 2012, un citoyen sud-coréen a été emprisonné pour avoir posté sur le réseau social Tweeter des messages émanant du gouvernement nord-coréen.

En février 2012, un tribunal de Busan, au sud du pays, a condamné à huit mois de prison Do Han-young, membre d’une association prônant le rapprochement avec le Nord, et Jang Young-shim, dirigeante d’une organisation d’extrême-gauche...

Selon un décompte établi par la politologue américaine Christine Ahn, du Korea Policy Institute, il y avait 39 cas de personnes enfreignant la loi de sécurité nationale en 2007, et 151 en 2010. Cinq personnes furent poursuivies en justice pour activités « pro-Nord » en 2008, et 82 en 2010. Enfin, en 2011, le gouvernement sud-coréen a effacé 67 300 messages considérés comme pro-Nord postés sur Internet.

Une fois de plus, l'Association d'amitié franco-coréenne appelle à l'abrogation de la loi de sécurité nationale et à la solidarité avec les citoyens sud-coréens injustement poursuivis en application de cette loi anachronique.

 

Principales sources :

AAFC

Seo Joon-seok, La Corée du Sud : soixante ans d'histoire contemporaine - Origines et étapes du mouvement démocratique, Korea Democracy Foundation, 2007 (traduit du coréen par Hong Su-hyun)

Loi de sécurité nationale, traduction anglaise (non officielle) sur le site de l'Alliance pan-coréenne pour la réunification

Commission asiatique des droits de l'homme, "South Korea: Rising attacks on rights defenders under the National Security Act", 9 février 2012

Frédéric Ojardias, « En Corée du Sud, une loi datant de la guerre froide continue de punir sévèrement », RFI, 14 février 2012

Christine Ahn, "South Korea Cracks Down on Dissent", Foreign Policy in Focus, 16 février 2012

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 11:42

Le 5 décembre 2011, trois formations progressistes sud-coréennes, situées à la gauche du Parti démocrate (centre-gauche, principal parti d'opposition) ont annoncé leur fusion prochaine, lors d'un congrès prévu le 15 janvier 2012, au sein du Parti progressiste unifié. Ce rassemblement, qui n'est pas sans évoquer la démarche du front de gauche en France, intervient à la veille d'échéances électorales majeures, les législatives prévues en avril et la présidentielle en décembre, qui pourraient voir l'opposition l'emporter.

 

La gauche sud-coréenne, qui se définit par son opposition au libéralisme économique au sein de ceux qu'on appelle, en Corée du Sud, les progressistes, a longtemps souffert de ses divisions. Mais le pragmatisme tend au rassemblement, du fait notamment du système électoral - largement dominé par le scrutin majoritaire à un tour, ce qui ne laisse guère de place aux formations minoritaires (sauf si elles dominent localement) et conduit souvent à des accords électoraux de désistement réciproque lors du premier et unique tour de scrutin.

 

Le 15 janvier 2012 doit ainsi se tenir le congrès fondateur du Parti progressiste unifié (PPU), fusion de trois formations politiques situées à la gauche de l'échiquier politique :

 

- le Parti démocratique du travail (PDT), qui compte aujourd'hui 70 000 membres et 5 députés après un recul aux élections législatives de 2008 (moins de 6 % des voix) ;

- la majorité du Nouveau parti progressiste (NPP, près de 3 % des voix aux législatives de 2008), lui-même issu d'une scission du PDT : cette majorité du NPP, baptisée Alliance de la solidarité (AS), revendique 10 000 membres et compte un député, élu lors d'une législative partielle en avril 2009 ; une minorité du NPP entend maintenir le NPP et ne pas rejoindre le PPU ;

Rhyu-Si-Min-621x321- le Parti pour la participation du peuple (PPP), fort de 8 000 membres, issu de la gauche du principal parti d'opposition sud-coréen, le Parti démocrate ; la figure la plus connue du PPP est Rhyu Si-min, ancien ministre de la Santé du Président Roh Moo-hyun, proche de ce dernier, comme de nombreux membres du PPP.

 

L'enjeu électoral est double pour le PPU :


- d'une part, former en avril prochain un groupe parlementaire, en obtenant davantage de sièges au scrutin proportionnel (le PDT n'avait obtenu que trois députés à la proportionnelle en 2008) et en prenant l'ascendant dans les circonscriptions pourvues au scrutin majoritaire à un tour, notamment dans le cadre d'accords avec le Parti démocrate, par des accords de désistement au profit du candidat le mieux placé, là où la division des progressistes pourrait entraîner l'élection d'un candidat du Grand parti national (conservateur, au pouvoir) ;


- d'autre part, peser lors de l'élection présidentielle de décembre 2012 : le PPU pourrait alors participer à l'élection primaire pour la désignation d'un candidat commun avec le Parti démocrate, plutôt que de présenter son propre candidat à cette élection organisée au scrutin majoritaire à un tour (le PDT n'avait recueilli que 3 % au précédent scrutin de décembre 2007, victime du vote dit utile en faveur du candidat démocrate). Rhyu Si-min serait un candidat sérieux à l'investiture, alors que ces derniers mois ont été marqués par l'ascension dans les sondages d'un candidat non encarté, l'entrepreneur en informatique Ahn Cheol-soo. S'il se présente, Ahn Cheol-soo pourrait capitaliser sur le succès à la récente élection municipale partielle de Séoul d'un autre candidat indépendant soutenu par le Parti démocrate et le PDT, Park Won-soon, ce qui avait témoigné d'une désaffection pour les partis traditionnels.

 

Dans tous les cas, une alternance politique à Séoul augurerait d'un possible changement de cap des relations intercoréennes, après que le Président conservateur Lee Myung-bak eut remis en cause la politique d'ouverture au Nord de ses prédécesseurs démocrates Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun, conduisant à la disparition d'un grand nombre des acquis du dialogue intercoréen.

 

Sources : AAFC, Mémoire des luttes.

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 00:09

Kim Geun-tae nous a quittés le 30 décembre 2011, à l'âge de 64 ans, des suites des actes de torture dont il avait été victime dans son combat contre le régime militaire sud-coréen. L'Association d'amitié franco-coréenne salue la mémoire et les luttes d'un militant pour la démocratie et les droits de l'homme en Corée du Sud.

 

522px-Kim_Keun-Tae.jpgNé le 14 février 1947 à Bucheon, Kim Geun-tae s'est engagé dans les luttes contre les régimes militaires de Park Chung-hee et Chun Doo-hwan. Président de la Fédération de la jeunesse démocratique, puis dirigeant de l'Alliance nationale démocratique de la Corée (Chunminryon), il a été torturé et emprisonné à plusieurs reprises dans les années 1970, 1980 et 1990. Dans son roman Namyungdong, il a décrit la torture policière des généraux sud-coréens.

 

Il a gardé des séquelles des actes de tortures qu'il a subis, en particulier lors de son emprisonnement de 1985 où il a été pratiquement laissé pour mort après avoit été battu à dix reprises, étant notamment atteint de la maladie de Parkinson. La torture électrique aurait créé un choc au cerveau, à l'origine de sa mort, selon les médecins.

 

Il a été lauréat, avec se femme In Chae-keun, du prix Robert F. Kennedy des droits de l'homme en 1987.

 

Il a été à nouveau emprisonné en 1990, soi-disant pour infraction à la loi de sécurité nationale, qui interdit les contacts avec le Nord mais reste largement utilisée en 2012 pour combattre tous les opposants au pouvoir sud-coréen. Le gouvernement militaire, au pouvoir à Séoul jusqu'en 1993, voulait faire taire cet avocat de la liberté d'opinion et d'expression. Une campagne internationale, conjuguée aux pressions de la commission des Nations Unies pour les droits de l'homme, lui rend la liberté en 1992.

 

Ses combats pour la démocratie, la paix avec le Nord, l'intégration sociale et l'égalité entre les sexes lui ont valu le surnom de "grand-père de la démocratie".

 

S'engageant en politique, il a été député depuis 1996. A partir de 2003, il a dirigé le Parti Uri favorable au Président Roh Moo-hyun, après avoir été un de ses adversaires malheureux à l'investiture du Parti démocratique du millénaire à l'élection présidentielle de 2002.

 

Ministre de la Santé et des affaires sociales du Président Roh Moo-hyun de juin 2004 à avril 2006, il s'est aussi engagé dans le combat en faveur de réunification de la Corée, en se rendant dans la zone industrielle de Kaesong, au Nord, en octobre 2006, deux semaines seulement après le premier essai nucléaire nord-coréen. En 2001, il avait été élu président de la Fondation pour la paix et le développement économique de la Corée.

 

Dans un message laissé sur son blog le 18 octobre 2011, avant de tomber gravement malade, il avait appelé à "Occuper 2012", en exhortant les démocrates coréens à s'inspirer des printemps arabes pour que le peuple reprenne le pouvoir politique. Partisan dès les années 1980 de la réforme contre la révolution, il avait ainsi pris acte du blocage du système politique sud-coréen. En 2009, il avait créé un groupe de travail pour donner du contenu à un programme d'opposition au Président Lee Myung-bak.

 

Ses funérailles auront lieu le 3 janvier. Il sera enterré au cimetière des Martyrs de la démocratie au parc Moran de Maseok, dans la province de Gyeonggi.

 

Sources :

- Hankyoreh ;

- biographie sur le site de l'OCDE ;

- wikipédia (versions anglaise, dont photo, et française) ;

- Yonhap.

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