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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 19:26

A l’occasion des célébrations du 70e anniversaire du Parti du travail de Corée (PTC), une délégation de l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC), conduite par son secrétaire général Patrick Kuentzmann, s'est rendue en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) du 8 au 15 octobre 2015, à l’invitation du Comité des relations culturelles avec les pays étrangers. Le 18 janvier 2016, l'AAFC a organisé une réunion de compte rendu de ce déplacement à Paris, en présence de l'ensemble des participants à ce voyage. 

L'AAFC a rendu compte du voyage de sa délégation en Corée en octobre 2015

Projetant des photos et vidéos prises lors de leur séjour, ou transmises par les Nord-Coréens s'agissant des cérémonies officielles lorsque la prise de photos ou de films n'était pas autorisée, les participants à la délégation de l'AAFC, dont plusieurs s'étaient déjà rendus en RPD de Corée, ont rendu compte des évolutions en cours et du message qu'avaient souhaité transmettre les autorités nord-coréennes à l'occasion des cérémonies ayant marqué officiellement le 70e anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée.

Alors qu'en 2010, pour le 65e anniversaire de la fondation du PTC, s'était tenue une seule parade militaire, l'imposant défilé civil et militaire du 10 octobre 2015 a témoigné de la volonté de développement concomitant de la puissance économique et militaire, conformément à la nouvelle ligne imprimée par les autorités nord-coréennes depuis 2011. Si l'effort appréciable de construction - tout particulièrement - dans la capitale témoigne d'un dynamisme économique certain, avec un accent mis sur l'industrie légère et les loisirs, d'autres obstacles structurels restent à surmonter - notamment la pénurie d'énergie et l'obsolescence des réseaux de transport. C'est pourquoi les coopérations économiques, scientifiques et culturelles figurent au premier plan des priorités de l'AAFC et des rencontres bilatérales conduites par la délégation, en marge des cérémonies officielles. Cette spécificité de l'AAFC a d'ailleurs été appréciée et soulignée par d'autres délégations d'associations d'amitié également présentes - une vingtaine de pays ayant été représentés à ce titre. Des visites spécifiques ont également été effectuées à la demande de la délégation - notamment dans l'usine de bière Taedonggang et la cathédrale de Jangchung - alors que quelques semaines plus tard une délégation de catholiques sud-coréens devait visiter à son tour la RPD de Corée, témoignant de l'importance des canaux religieux pour le dialogue intercoréen.

La présentation s'est poursuivie par des échanges avec la salle, portant notamment sur les conditions du séjour de la délégation, les échanges avec l'Association d'amitié Corée-France, puissance invitante, les projets de coopération en cours et l'évolution de la situation économique et sociale. L’AAFC tient à remercier Mme Jong Un-a secrétaire générale de l’Association d’amitié Corée-France, et son assistant M. Ham Sung-jin, pour l’accueil et leur aide tout au long de cette visite.

Nous reproduisons ci-après un entretien avec Patrick Kuentmann, qui conduisait la délégation de l'AAFC.

Un dimanche au bord de l'eau à Pyongyang

Un dimanche au bord de l'eau à Pyongyang

Tu étais déjà présent à Pyongyang aux cérémonies marquant le 65e anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée, en octobre 2010. Quelles différences te semblent les plus frappantes entre le voyage de 2010, et celui de 2015 ?

En effet, une délégation de l’AAFC était présente en RPD de Corée en octobre 2010 lors des manifestations marquant le 65e anniversaire du PTC. Il était donc intéressant d’observer les différences et les similitudes entre ces deux célébrations. Déjà, la RPD de Corée a, depuis décembre 2011, un nouveau dirigeant, Kim Jong-un, suite au décès du Dirigeant Kim Jong-il. Le 10 octobre 2010, pour le défilé militaire marquant le 65e anniversaire du Parti, Kim Jong-il était à la tribune, comme Kim Jong-un ce 10 octobre 2015 pour le défilé du 70e anniversaire. Première nouveauté, Kim Jong-un, premier secrétaire du PTC, a prononcé un discours juste avant le défilé, continuant d’adopter un style plus direct par rapport à son prédécesseur. Pendant que nous écoutions le discours (en coréen, bien sûr) du dirigeant suprême de la RPD de Corée à quelques mètres de la tribune officielle, notre interprète en a traduit les points clés. L’élément qui nous a tout de suite frappés est l’accent mis sur le niveau de vie du peuple et la jeunesse. La place prépondérante accordée au niveau de vie du peuple a été illustrée par l’imposant défilé « civil » qui a immédiatement suivi le défilé militaire : agriculture, éducation, loisirs... tous les secteurs de la vie coréenne étaient ainsi représentés. En octobre 2010, pour le 65e anniversaire du PTC, il n’y avait qu’un défilé militaire. Au soir de ce 10 octobre 2015, les organisations de jeunesse ont aussi donné un spectaculaire défilé aux flambeaux. Mais au-delà des discours et des manifestations de masse, nous avons pu constater que, dans les faits, les infrastructures, notamment agricoles et de loisirs, sont en plein développement, suivant une tendance déjà amorcée en 2010 et constamment poursuivie et amplifiée depuis, comme en ont été témoins les délégations de l’Association d’amitié franco-coréenne qui se sont rendues en RPDC en 2012, 2013, 2014 et cette année. Et puis, il y a l’aéroport international de Pyongyang rénové, inauguré en juillet 2015.

Spectacle "Le Grand parti et la brillante Corée" donné le 11 octobre 2015 à Pyongyang

Spectacle "Le Grand parti et la brillante Corée" donné le 11 octobre 2015 à Pyongyang

Quels ont été les points les plus marquants du programme ?

Le programme comportait des visites en province, à Panmunjom, dans la zone démilitarisée (DMZ) séparant les deux Corée, et à Kaesong, qui abrite le musée d’histoire du Koryo. Comme rappelée dans ce musée, des archéologues nord-coréens et français (de l’École française d’Extrême-Orient) travaillent en coopération sur le site de l’ancienne forteresse de Kaesong. En province, nous sommes aussi allés dans les monts Myohyang, à une centaine de kilomètres au nord de Pyongyang, et à Nampo pour visiter l’impressionnant barrage-écluse de la mer de l’Ouest inauguré il y a juste 30 ans pour empêcher l’eau de mer de remonter le fleuve Taedong, améliorant ainsi l’irrigation des exploitations agricoles. Au total, nous avons ainsi parcouru environ 700 km à travers la Corée pendant ce séjour d’une semaine. Cela donna lieu à quelques rencontres inattendues, comme ce pique-nique improvisé avec des randonneurs coréens croisés dans les monts Myohyang. Ils étaient aussi surpris que nous de cette rencontre et ce fut l’occasion de constater que la générosité et la convivialité des Coréens ne sont pas une réputation usurpée ! À Pyongyang, nous avons bien sûr assisté aux célébrations du 70e anniversaire du PTC, lesquelles, outre le défilé militaire et civil et la marche aux flambeaux du 10 octobre, comportaient aussi un spectacle de plus de 3 heures, réunissant 10 000 artistes, chanteurs et danseurs, donné plusieurs soirs de suite sur une scène flottante érigée sur le fleuve Taedong. Au programme, figuraient aussi les visites du musée de la Victoire de la Guerre de libération de la patrie (nom donné à la guerre de Corée en RPDC), rénové en 2013, et du musée des équipements de défense et d’armes. C’était un privilège puisque cette exposition présentant les équipements, véhicules et armes de tout calibre de l’Armée populaire de Corée n’est normalement pas ouverte au grand public. Il est à noter qu’une partie importante du musée est consacrée aux armées étrangères, avec des maquettes et explications très détaillées qui feraient la joie de nombreux stratèges. Nous avons aussi visité la brasserie Taedonggang, où est fabriquée la plus célèbre bière de Corée. Ce n’était pas la première fois qu’une délégation de l’AAFC visitait cette brasserie, mais, cette année, nous avions la chance d’avoir un spécialiste dans notre délégation et ce fut donc l’occasion d’un échange approfondi avec le directeur qui nous a fait faire la visite. Nous avons visité la nouvelle ferme coopérative Jangchon du quartier Sadong, à l’est de Pyongyang, où résident près de 400 familles. Cette ferme, présentée comme un modèle pour l’ensemble du pays, constitue une véritable petite ville avec ses propres équipements d’enseignement et de loisir et se consacre à la production de légumes. Un gros effort est fait pour les énergies renouvelables, comme en témoigne la multiplication des panneaux solaires sur les bâtiments. Le séjour à Pyongyang fut l’occasion d’autres rencontres fortuites comme lors de cet arrêt que nous avons demandé pour visiter la cathédrale Jangchung. Notre souhait a été immédiatement exaucé et nous avons pu ainsi avoir un échange avec deux représentants de l’Association des catholiques de Corée (il y a 3 000 catholiques en Corée du Nord). Ils ont accepté de retarder leur déjeuner pour cette visite impromptue, et nous leur en sommes reconnaissants. Cette rencontre était d'autant plus intéressante que des délégations de catholiques sud-coréens ont visité cette même cathédrale de Jangchung dans les semaines qui ont suivi. Nous y sommes allés un mercredi, mais la prochaine fois nous viendrons le dimanche pour assister à l’office.

Scène de rue à Pyongyang

Scène de rue à Pyongyang

Intérieur de la cathédrale Jangchung de Pyongyang

Intérieur de la cathédrale Jangchung de Pyongyang

Certains médias sud-coréens et américains, souvent conservateurs, avaient joué les Cassandre en prédisant, à l’occasion des cérémonies du 10 octobre 2015, un nouvel essai nucléaire ou un lancement de satellite qui auraient engendré un nouveau cycle de tensions internationales. Or, rien de tel ne s’est produit... Dans les discours que vous avez entendus, les lieux visités et les contacts avec vos interlocuteurs, comment apprécies-tu l’état d’esprit des Nord-Coréens : est-on dans une phase de détente, ou l’attentisme prévaut-il ?

Comme je l’ai déjà dit, l’accent a surtout été mis sur l’amélioration du niveau de vie du peuple et la jeunesse. Toutefois, compte tenu des tensions autour de la péninsule coréenne, de l’état de guerre en Corée (rappelons-le, c’est un simple cessez-le-feu qui a été signé en 1953), et de la pression militaire exercée par les États-Unis et leur allié sud-coréen, notamment pendant leurs importants exercices militaires annuels, la RPDC a dû consentir de gros efforts pour sa défense, y compris en développant une force de dissuasion nucléaire malgré les sanctions internationales. Telle est l’équation que doit résoudre la RPDC : assurer sa défense face à l’hostilité de la première puissance mondiale et de ses alliés tout en développant le niveau de vie de sa population affectée par les sanctions internationales, la RPDC étant, de l’aveu même de l’ancien président américain George W. Bush en 2008 « le pays le plus sanctionné du monde ». Il y a bien sûr une solution à cette équation : un traité de paix entre la RPDC et les États-Unis pour mettre un terme définitif à la guerre, ce que les États-Unis refusent, alors que le programme nucléaire militaire de la RPDC, pour ne parler que de ça, est la conséquence, et non la cause, de l’absence de paix entre les deux pays. Le défilé militaire du 10 octobre fut une démonstration de force spectaculaire, avec un message clair : la RPDC est prête à toute éventualité. Cet état « technique » de guerre qui prévaut toujours en Corée, nous avons pu, une nouvelle fois, le constater en allant dans la DMZ à Panmunjom. Il était important d’aller à cet endroit exactement 70 ans après la division de la Corée imposée par les grandes puissances, pour exprimer notre refus de cette injustice historique. L’officier de l’Armée populaire de Corée qui a accompagné notre délégation dans la DMZ, et avec lequel nous avons longuement discuté, était bien représentatif, je crois, de l’état d’esprit des Coréens : un époux et un père, soucieux du bien-être des siens, mais aussi prêt au sacrifice ultime pour sauvegarder la paix de son pays. Avant d’être interdit de séjour en Corée du Sud pour des raisons plus qu’obscures, j’avais pu visiter ce même endroit, Panmunjom, côté Sud à deux reprises (en 2008 et 2009). La différence est saisissante. Au Sud, c’est un militaire américain qui fait visiter et les Coréens (du Sud) ne sont là que pour le décor, figés dans une pose martiale. L’armée américaine va même jusqu’à faire signer aux visiteurs un document la déchargeant de toute responsabilité si l’armée nord-coréenne venait à leur tirer dessus ! C’est totalement absurde, et visiter Panmunjom côté Nord, où aucune signature de décharge n’est demandée, en discutant avec les officiers de l’Armée populaire de Corée, permet de comprendre à quel point la guerre en cours en Corée est aussi (surtout ?) une guerre de propagande, l’armée américaine n’étant pas la dernière en matière.

Campagne coréenne sur la route entre Pyongyang et les monts Myohyang

Campagne coréenne sur la route entre Pyongyang et les monts Myohyang

Rencontre avec des randonneurs coréens dans les monts Myohyang

Rencontre avec des randonneurs coréens dans les monts Myohyang

Les événements commémoratifs ont été couverts largement par les médias internationaux. Quels médias français étaient présents, et avez-vous eu des contacts avec eux ?

À l’aller, nous étions dans le même avion que de nombreux journalistes venus du monde entier. Au cours de notre séjour d’une semaine, nous avons eu l’occasion de croiser, brièvement, les envoyés spéciaux du Figaro et du Monde. Nos contacts avec la presse se sont limités à ça. Les comptes rendus des manifestations du 70e anniversaire du PTC que nous avons ensuite pu lire dans la presse française étaient, pour la plupart d’entre eux, très convenus. On a vraiment l’impression que, à part de rares exceptions comme Pierre-Olivier François et son magistral documentaire « Corée : l’impossible réunification ? », les journalistes français viennent en Corée du Nord, non pas pour apporter  à leurs lecteurs ou auditeurs une information plus précise sur ce pays, son histoire et son contexte géopolitique, mais pour y chercher ce qui pourra illustrer certains préjugés en disant « j’y étais ». La Corée est loin et il faut consentir quelques efforts et passer du temps pour y aller. Il est donc dommage que des journalistes consentent autant d’efforts et passent autant de temps pour un travail « d’information » aussi médiocre. Au fond, le plus choquant dans cette histoire n’est pas le dénigrement systématique de la RPDC par une certaine presse qui se complait dans sa propre ignorance et enchaîne les clichés sur ce pays, mais le gâchis que cela représente.

 

A un carrefour de Pyongyang

A un carrefour de Pyongyang

En ce qui concerne les associations d’amitié, comment était perçue et a été accueillie la délégation de l’AAFC ?

La délégation de l’AAFC a été très bien reçue en Corée. Comme d’habitude, a-t-on envie de dire. Nos homologues et amis de l’Association d’amitié Corée-France, qui dépend du Comité des relations culturelles avec les pays étrangers, ont, une fois de plus, très bien fait les choses. Au total, pendant les manifestations du 70e anniversaire, hormis notre délégation, il y avait 20 délégations d’associations d’amitié avec la Corée venues des pays suivants : Allemagne, Australie, Bangladesh, Belgique, Brésil, Congo, Danemark, Espagne, Indonésie, Irlande, Italie, Japon, Népal, Pakistan, Philippines, Pologne, Royaume-Uni, Russie, Slovaquie, Slovénie. Lors d’une réunion de toutes les associations présentes, M. André Lohekele, de la délégation congolaise, a rappelé qu’une mission importante des associations d’amitié est de sensibiliser les opinions publiques de leurs pays respectifs à propos de la situation en Corée. À titre d’exemple, M. Lohekele a cité le travail accompli par l’AAFC. Cet hommage montre que la voix de l’AAFC, aussi modeste soit-elle, porte au-delà de la France, dans le monde francophone. Cela nous encourage à continuer et à multiplier les contacts avec les autres associations d’amitié, sans attendre de nous rencontrer en Corée. Il y a tant de choses que nous pouvons faire ensemble.

Malgré un programme chargé, la délégation de l’AAFC a-t-elle pu avoir des rencontres bilatérales pour discuter ou favoriser des projets de coopération ?

L’AAFC a toujours des projets de coopération et un séjour en Corée est une bonne occasion de discuter avec nos partenaires pour les faire avancer. Sans entrer dans les détails, nous avons, cette fois, eu des rencontres avec des représentants de la Commission de l’Éducation et du ministère de la Construction de la RPD de Corée.

 Merci.

 

Photos : AAFC

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 18:02

Réuni le 21 janvier 2016, le bureau national de l'Association d'amitié franco-coréenne a adopté la déclaration suivante face à la nouvelle escalade des tensions que connaît la péninsule coréenne.

Le début d’année 2016 a été marqué par une nouvelle escalade des tensions dans la péninsule coréenne : après que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a revendiqué le test réussi d’une bombe à hydrogène le 7 janvier 2016, les États-Unis ont envoyé un avion bombardier dans le ciel de la Corée et font pression pour un nouveau renforcement des sanctions contre la RPDC, laquelle est pourtant déjà le pays le plus sanctionné au monde, au moment où les sanctions sont levées contre d’autres pays réputés ennemis des États-Unis.

Par ailleurs, les États-Unis n’ont toujours pas donné suite à la proposition, exprimée de longue date par la RPDC, d’un traité de paix dans la péninsule coréenne, alors que la guerre de Corée (1950-1953) s’est achevée par un simple accord d’armistice, sans mécanisme de sécurité qui permettrait de favoriser le dialogue et empêcher les accrochages meurtriers qui font toujours des victimes de chaque côté de la frontière inter-coréenne.

Fondée en 1969 par des personnalités de divers horizons politiques pour favoriser la paix et la réunification de la Corée, et œuvrer au développement des échanges entre la France et la Corée – toute la Corée – dans tous les domaines, l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC) réaffirme sa conviction qu’il n’y a pas de fatalité au cycle réitéré des escalades et des sanctions, sanctions dont la mise en œuvre touche d’abord, sinon exclusivement, la population nord-coréenne.

Tel est le sens du combat que l'AAFC mène pour un traité de paix en Corée, lequel exige :

- de rouvrir des pourparlers multilatéraux sur la dénucléarisation de toute la péninsule coréenne, conformément à l'accord sur la réconciliation, la non-agression, les échanges et la coopération, signé en 1991 par les Corée du Nord et du Sud ; ces discussions doivent reprendre sans conditions préalables ni exclusives, avec comme objectif la levée des sanctions contre la RPDC, des garanties de sécurité et un désarmement réciproque, alors que l’article 6 du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires prévoit que les États déjà dotés de telles armes lors de la signature du traité s’engagent sur la voie du désarmement ;

de mettre en place un dialogue entre Washington et Pyongyang abordant ouvertement la question d’un traité de paix et créant un climat de confiance, grâce notamment à ce canal de communication direct entre les deux pays ;

de voir la France, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, s’engager, éventuellement aux côtés de ses partenaires européens, comme partie aux pourparlers multilatéraux pour la paix et la dénucléarisation en Corée, en franchissant, pour ce qui la concerne, le pas de l’établissement de relations diplomatiques complètes avec la RPDC dans l’intérêt mutuel des deux pays.

L’Association d'amitié franco-coréenne continuera d’agir, comme elle le fait depuis 46 ans, pour la paix en Corée, en Asie et dans le monde.

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 12:29

Le 28 décembre 2015 l'accord conclu entre les ministres des Affaires étrangères japonais et sud-coréen a profondément divisé l'opinion publique non seulement coréenne, mais également asiatique : dans tous les pays victimes de l'esclavage sexuel des "femmes de réconfort" organisé par l'armée japonaise avant et pendant la Seconde guerre mondiale, ce n'est pas une aumône que demandent les survivantes, mais bien des excuses des autorités japonaises au plus haut niveau où elles reconnaîtraient juridiquement leur implication dans ce crime de masse. Plus encore, des mesures doivent être prises pour que plus que jamais les femmes ne soient les victimes des guerres comme objet sexuel : sur tous ces points, l'accord conclu entre Tokyo et Séoul, en prétendant régler définitivement la question, ne résout rien et laisse béantes les plaies du passé. Des manifestations rassemblant les survivantes, à l'initiative notamment du Conseil coréen pour les femmes requises pour l'esclavage sexuel militaire du Japon, ont ainsi eu lieu en République de Corée (Corée du Sud). En France, un rassemblement s'est tenu à Paris, place du Trocadéro, à l'initiative d'étudiants coréens organisant un voyage pour la paix en Europe (France, Allemagne, Suisse, Autriche, République tchèque), du 28 décembre 2015 au 16 janvier 2016. Des rassemblements similaires auront lieu aux autres étapes de leur voyage pour affirmer haut et fort que, non, la question des femmes de réconfort n'est pas réglée par l'accord du 28 décembre 2015.

"La question des femmes de réconfort n'est pas réglée" : rassemblement à Paris le 1er janvier 2016

Le voyage pour la paix organisé en Europe par l'association "Papillons de l'espoir", réunissant cinquante étudiants sud-coréens, a pour but de sensibiliser aux questions liées à la paix, alors que la péninsule coréenne vit toujours à l'heure de la guerre froide qui a entraîné sa division et sa militarisation. L'exigence d'un monde de paix et de justice implique aussi que ne se reproduisent jamais les crimes du passé, et en particulier que soit réglée la question des "femmes de réconfort", euphémisme désignant les centaines de milliers d'esclaves sexuelles exploitées dans les bordels militaires japonais, il y a plus de soixante-dix ans, et dont les dernières survivantes exigent que justice soit rendue.

Dans ce contexte, le rassemblement qui s'est tenu place du Trocadéro à Paris le 1er janvier 2016, prévu de longue date avec le soutien du Conseil coréen des femmes de réconfort, a pris une importance particulière - alors que le jour même de leur arrivée en France les étudiants apprenaient la conclusion d'un accord entre les gouvernements sud-coréen et japonais. Cet accord témoigne de la volonté de la présidente sud-coréenne Mme Park Geun-hye, avec le soutien des Etats-Unis, de solder au moindre coût les crimes japonais du passé pour préparer les guerres de demain, en levant les obstacles au renforcement de l'alliance militaire entre Washington, Tokyo et Séoul.

Après un rappel du contexte politique et du contenu de cet accord par les Coréens en visite en France, des témoignages ont été donnés par des Japonais et Coréens vivant en France, des organisations pacifistes japonaises s'étant engagées de longue date, dans notre pays, pour la reconnaissance par Tokyo du crime de masse commis à l'encontre des esclaves sexuelles (lire sur le blog de l'AAFC le compte rendu de la projection du film documentaire Murmures, à l'initiative des associations Espace-Japon et Echo-Echanges, le 7 mars 2009, à l'occasion de la Journée internationale de la femme http://www.amitiefrancecoree.org/article-28590933.html).

Pour les Français, Benoît Quennedey, vice-président de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) chargé des actions de coopération, a pris la parole. Il a rappelé l'engagement constant de l'AAFC pour faire connaître en France - y compris dans les milieux parlementaires - la question des femmes de réconfort en vue de sa résolution par une mobilisation internationale. Cette campagne date notamment de la visite en France en septembre 2013 d'une survivante, Mme Kim Bok-dong, dont l'AAFC avait aidé à l'organisation matérielle de la visite. Lors du récent accord du 28 décembre 2015, alors que les gouvernements occidentaux se félicitaient de ce qui constitue à leurs yeux une avancée, l'AAFC a publié immédiatement un article où elle a adopté le point de vue des victimes et de toutes celles et de tous ceux qui militent pour mettre fin à l'esclavage militaire, hier comme aujourd'hui : par ses zones d'ombre, ses omissions et l'obligation en filigrane qu'il impose aux autorités sud-coréennes de ne plus évoquer ce sujet dans les relations internationales, cette déclaration conjointe constitue un recul sans précédent du gouvernement sud-coréen, ayant soulevé une émotion légitime dans l'opinion publique sud-coréenne et asiatique - alors même que la question des femmes de réconfort originaires d'autres pays que la Corée était ainsi passée sous silence.

"La question des femmes de réconfort n'est pas réglée" : rassemblement à Paris le 1er janvier 2016

Une résolution du Conseil coréen des femmes de réconfort a été lue par les participants. Elle a souligné que si le Premier ministre japonais Shinzo Abe avait exprimé des excuses en disant éprouver des responsabilités, il avait passé sous silence que le crime systématique commis à l'égard des femmes de réconfort avait été initié par les autorités japonaises elles-mêmes. Par ailleurs, Shinzo Abe a fait le choix de ne pas exprimer lui-même ces excuses, mais d'en laisser le soin à un représentant du gouvernement - ce qui soulève des doutes sur la sincérité de son geste.

L'accord prévoit par ailleurs la mise en place d'une fondation, pour aider les victimes coréennes - pour un montant de 1 milliard de yen, soit 7,6 millions d'euros ou encore une minute du produit intérieur brut japonais. Mais le Japon se contentera de verser l'argent, n'étant pas impliqué dans la gestion de la fondation qui relèvera des autorités sud-coréennes. En outre, l'accord ne prévoit pas de mesures sur la recherche de la vérité historique ni sur les programmes éducatifs en histoire des deux pays - mais, ajoutons-nous à l'AAFC, doit-on s'en étonner dès lors que tant Tokyo que Séoul sont engagées dans des processus de révisionnisme historique impliquant un contrôle des manuels scolaires, pour disculper dans un cas les crimes de guerre japonais, et dans l'autre cas réhabiliter le régime militaire ultra-autoritaire de Park Chung-hee, le père de l'actuelle présidente sud-coréenne Park Geun-hye ?

La résolution du Conseil coréen des femmes de réconfort dénonce surtout vivement l'attitude des autorités sud-coréennes, l'accord prétendant régler de façon "définitive et irréversible" la question des femmes de réconfort en évitant de critiquer le Japon sur cette question dans les enceintes diplomatiques internationales - tout en s'engageant à résoudre la question de la statue érigée devant l'ambassade du Japon à Séoul par les associations sud-coréennes de défense des victimes (en d'autres termes, à la déplacer). Exigeant du Japon une reconnaissance de sa responsabilité légale, dans la continuité des demandes qu'il a exprimées notamment en 2012 lors de la douzième conférence de solidarité asiatique pour la résolution de la question de l'esclavage militaire sexuel japonais, le Conseil coréen des femmes de réconfort a conclu que "l'accord est le fruit d'une collusion d'intérêts diplomatiques qui trahit toutes nos demandes".

"La question des femmes de réconfort n'est pas réglée" : rassemblement à Paris le 1er janvier 2016
"La question des femmes de réconfort n'est pas réglée" : rassemblement à Paris le 1er janvier 2016

Au total, ce sont 300 personnes qui ont assisté, à un moment ou à un autre, au rassemblement organisé pendant une heure et demie par les étudiants coréens ce 1er janvier 2016 place du Trocadéro - leurs expressions artistiques et festives (danses, chants, mosaïque animée formant des motifs à l'aide de fragments d'images dessinées sur des cahiers), particulièrement réussies, attirant un public nombreux - malgré un vent glacial en ce jour de fête. La distribution de tracts, les jours précédents, avait aussi permis de faire venir de nombreux Coréens vivant en France.

"La question des femmes de réconfort n'est pas réglée" : rassemblement à Paris le 1er janvier 2016
"La question des femmes de réconfort n'est pas réglée" : rassemblement à Paris le 1er janvier 2016
"La question des femmes de réconfort n'est pas réglée" : rassemblement à Paris le 1er janvier 2016
"La question des femmes de réconfort n'est pas réglée" : rassemblement à Paris le 1er janvier 2016

Les participants ont été appelés à signer la pétition visant à recueillir 100 millions de signatures pour la résolution de la question de l'esclavage sexuel infligé par l'armée japonaise.

 

"La question des femmes de réconfort n'est pas réglée" : rassemblement à Paris le 1er janvier 2016

Alors que le nombre de personnes présentes a atteint un niveau sans précédent en France sur la question des femmes de réconfort, ce rassemblement n'avait, à l'heure où nous publiions cet article, pas été couvert par les médias sud-coréens en France, dans leur écrasante majoritaire conservateurs ou à capitaux publics, donc pro-gouvernementaux - contrairement aux précédentes manifestations organisées dans notre pays à l'initiative ou avec le soutien du Conseil coréen des femmes de réconfort. Visiblement, dans la Corée du Sud de Mme Park Geun-hye, toute voix discordante tendant à relayer un point de vue qui ne sert pas sa politique n'est pas bonne à faire entendre. Pour les faucons au pouvoir à Séoul, les actions du Conseil coréen des femmes de réconfort méritaient d'être médiatisées lorsqu'elles pouvaient servir leurs objectifs politiques visant à se refaire une virginité dans une opinion publique échaudée par les atteintes de plus en plus flagrantes aux droits politiques et sociaux, l'abandon des promesses électorales (notamment vis-à-vis des femmes) et la gestion scandaleuse de crises - comme le naufrage du ferry Sewol, où ont péri plus de 300 personnes, majoritairement des lycées en voyage scolaire. Le rassemblement le 19 avril 2015 à Paris, en faveur des victimes et de leurs familles, avait d'ailleurs fait l'objet d'un boycott semblable par les médias sud-coréens en France (lire sur le blog de l'AAFC http://www.amitiefrancecoree.org/2015/04/300-manifestants-a-paris-pour-exiger-la-verite-sur-le-naufrage-du-sewol.html).

Ce sera à présent aux électeurs sud-coréens de trancher quant à l'avenir de leur pays, notamment lors des élections législatives prévues le 13 avril 2016, auxquelles les Sud-Coréens vivant à l'étranger pourront participer.

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 22:28

Plusieurs adhérents de longue date de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) nous ont quittés en 2015 : Lucien Bartout, André Belaval et Etiennette Royer ont marqué, chacun à leur manière, la vie de notre Association. Par leur implication, ils ont rappelé que la vie d'une association repose sur l'engagement de chacun. Nous souhaitons honorer leur mémoire, en présentant nos condoléances à leurs familles, à leurs proches, à leurs camarades.

Militant engagé auprès du parti de la classe ouvrière, Lucien Bartout, avec son épouse Paulette, tous deux établis à Massy, ont été des piliers de l'AAFC en région parisienne. Sa disparition en début d'année 2015, après un long combat contre la maladie, nous a laissés orphelin d'un homme toujours prêt à aider, qui était resté fidèle aux principes socialistes dont la République populaire démocratique de Corée s'affirme comme l'un des héritiers. Nous adressons nos amicales salutations à son épouse, Paulette.

Ayant fait partie du bataillon français lors de la guerre de Corée, André Belaval avait gardé un profond attachement pour les Coréens et toujours réaffirmé sa position de principe en faveur de la réunification de la péninsule. Quand nous rencontrions à nos réunions celui qui était aussi le président d'honneur de l'amicale des légionnaires d'origine coréenne, nous savions que rien de ce que nous faisions ou disions n'échappait à l'attaché de défense sud-coréen. A sa manière, il a fait partie del'histoire de notre Association.

Fille de l'architecte Georges Heller, conseiller municipal d'Antony mort en déportation, Etiennette Royer, qui a aussi vécu à Antony, avait hérité de son père le refus des injustices en s'engageant au Parti communiste français. Extrêmement cultivée, toujours attentionnée, Etiennette Royer portait une joie de vivre et une énergie stimulantes pour nous tous. Nous associons à son souvenir son époux, Gilbert Royer, qui avait fait partie de la délégation de l'AAFC en visite en RPD de Corée en août 2005, disparu en 2008.

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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 21:50

Le 5 octobre 2015, Bernard Ferrand, professeur honoraire de l'Université d'Evry, et par ailleurs vice-président de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) chargé des relations avec les organisations politiques françaises, a écrit en son nom propre à Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, sur l'absence de relations diplomatiques complètes entre la France et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), en observant que cette position n'était pas conforme à la tradition diplomatique française de reconnaissance des Etats et non des régimes, et préjudiciable à nos intérêts dans cette partie du monde. Il a ajouté que l'année croisée France-Corée (du Sud) offrait un cadre favorable au franchissement d'une nouvelle étape dans les relations diplomatiques entre Paris et Pyongyang. Chargé par Laurent Fabius de lui répondre, Emmanuel Lenain, directeur d'Asie et d'Océanie du ministère des Affaires étrangères et du Développement international (MAE), a très classiquement rappelé les conditions mises par la diplomatie française à l'établissement de relations diplomatiques complètes (les relations intercoréennes, la question nucléaire et les droits de l'homme), dans un courrier en date du 10 novembre 2015, tout en prenant par ailleurs acte que la RPDC n'avait pas procédé à un "essai balistique" en octobre (NDLR : contrairement aux prédictions, une nouvelle fois démenties, des conservateurs sud-coréens). Il mentionne seulement brièvement les relations Nord-Sud et insiste sur les questions internationales, notamment les programmes nucléaire et balistique qui apparaissent ainsi comme la préoccupation majeure des autorités françaises. Par ailleurs, il est regrettable que son courrier n'ait pas apporté de réponses quant aux nouvelles actions bilatérales de coopération suggérées par Bernard Ferrand. Nous reproduisons ci-après les courriers de Bernard Ferrand à Laurent Fabius, et la réponse d'Emmanuel Lenain à Bernard Ferrand.

Courrier de Bernard Ferrand, vice-président de l'AAFC, ancien conseiller régional, ancien membre du Conseil économique et social, 
à Laurent Fabius, envoyé de Rodez le 5 octobre 2015

Monsieur le Ministre, Cher Laurent,

Permets-moi de t'écrire à propos d'un sujet sur lequel j'ai quelque expérience personnelle (vice-président de l'Association d'amitié franco-coréenne), et avec le désintéressement du citoyen qui n'a plus de prétention politique ou universitaire : l'absence de relations diplomatiques complètes entre la France et la République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord).

Je ne te ferai pas le sempiternel exposé des conditions mises par la France à l'établissement de telles relations - la question des droits de l'homme, le nucléaire nord-coréen et les relations Nord-Sud - car tes collaborateurs le feront avec plus de brio que je ne saurais jamais le faire.

En revanche, ce que m'ont appris mes échanges avec des Coréens, du Nord et du Sud, c'est que cette exception française (dans l'Union européenne, seule l'Estonie n'a pas de relations diplomatiques complètes avec Pyongyang) ne favorise pas nos intérêts nationaux, qu'il s'agisse d'échanges commerciaux ou culturels, ou de la capacité de la France à peser sur la résolution de la question coréenne dans les enceintes internationales.

Alors que notre pays, par ton expérience, a joué tout son rôle pour parvenir à un accord exigeant avec l'Iran sur la question nucléaire, je pense que l'établissement aujourd'hui de relations diplomatiques complètes entre Paris et Pyongyang nous permettrait de revenir dans le jeu diplomatique dans cette partie du monde.

Le moment est opportun : l'année croisée France-Corée permettrait à une initiative française en ce sens de ne pas compromettre nos relations avec Séoul, tandis que le retour au dialogue dans la péninsule coréenne (des réunions de familles coréennes séparées auront lieu à la fin du mois d'octobre) ouvre une phase de détente, certes toujours fragile, dans laquelle une telle décision de la France apparaîtrait comme un soutien au dialogue et à l'ouverture. Pour bien montrer qu'il s'agit d'une question qui doit dépasser les clivages partisans en Corée du Sud, au-delà du chantage des conservateurs sud-coréens qui ont gardé une mentalité de guerre froide, je pense d'ailleurs que profiter d'une des multiples manifestations de l'année croisée France-Corée permettrait de rebondir sur les propositions constantes de l'opposition démocrate sud-coréenne en faveur de la reprise du dialogue avec Pyongyang. A sa façon l'Allemagne qui sait ce que sont les processus de réunification - les festivités du 25ème anniversaire de la réunification en présence notamment du ministre sud-coréen de la réunification en témoignent - devrait inspirer notre propre attitude.

Il serait donc possible d'annoncer dans le cadre des manifestations de l'année croisée France-Corée qu'il a été décidé de mettre fin à l'exception française du non-établissement de relations diplomatiques complètes entre Paris et Pyongyang, conformément à la tradition diplomatique française de reconnaissance des Etats et non des régimes, pour favoriser le dialogue, la paix et les droits de l'homme en Corée du Nord.

Depuis l'ouverture d'un bureau français de coopération à Pyongyang (en septembre 2011), suite à l'action de Jack Lang, les possibles contreparties nord-coréennes ne manquent pas : soutien à l'apprentissage du français en Corée du Nord, soutien nord-coréen à notre position en faveur de la lutte contre le changement climatique, ratification de la convention des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées (une délégation d'handicapés nord-coréens a visité la France en février 2015), engagement plus largement d'un dialogue sur les droits de l'homme comme l'ont proposé les diplomates nord-coréens en France à tes services, possibilité de retenir une offre française dans un grand projet de construction en Corée du Nord - notre pays formant des grands architectes nord-coréens depuis 2002 - ou de remise en état des réseaux du pays (eau, gaz, électricité, ou réseau ferroviaire)...

Cette démarche, bien que connue de mon association, est toute personnelle.

J'espère qu'elle pourra être prise en considération, ce qui aidera notre pays dans son ambition à faire évoluer les droits de l'Homme en Corée du Nord, Etat qui, à cet égard, comme en matière économique, a un grand besoin d'assistance.

Je te prie de croire, Monsieur le Ministre, Cher Laurent, en ma très haute considération et mon indéfectible amitié.

Réponse d'Emmanuel Lenain, directeur d'Asie et d'Océanie,
en date du 10 novembre 2015

Monsieur le Vice-Président,

Le Ministre vous remercie de votre courrier en date du 5 octobre et m'a chargé de vous répondre.

Ainsi que vous le rappelez, la France n'entretient pas de relations diplomatiques avec la Corée du Nord. Toute évolution de nos relations est soumise à des progrès de la part de la Corée du Nord sur les dossiers nucléaire et balistique, la situation des droits de l'homme et l'état des relations intercoréennes.

Nous avons pris note du fait que la Corée du Nord n'avait pas procédé à un essai balistique lors des cérémonies du 70e anniversaire du parti des travailleurs de Corée. La Corée du Nord a toutefois procédé dans le passé récent à trois essais nucléaires et à de nombreux tirs balistiques, en violation de ses obligations internationales. Elle a été condamnée à ce titre par la communauté internationale (résolutions 1718, 1874, 2087 et 2094 du Conseil de sécurité des Nations Unies) et est à cet égard soumise aux sanctions afférentes des Nations Unies ainsi qu'à celles prises de manière unilatérale (Etats-Unis, Union Européenne et Japon notamment).

Une reprise du dialogue avec la communauté internationale ou dans le cadre des Pourparlers à six impliquerait un geste concret et sincère de la part de la Corée du Nord en vue de son désarmement nucléaire complet, vérifiable et irréversible ainsi que l'abandon de son programme balistique.

En outre, les derniers rapports des Nations Unies sur la situation des droits de l'Homme, sujet qui comme vous le soulignez nous est cher, ne font état d'aucune amélioration tangible dans ce pays.

La France entend toutefois poursuivre son dialogue avec les autorités et ses actions de coopération en faveur du peuple nord-coréen. Elle a ainsi, comme vous le mentionnez, ouvert un Bureau de coopération à Pyongyang en octobre 2011 afin d'améliorer, par un soutien humanitaire, les conditions de vie de la population nord-coréenne, mais aussi pour mener avec elle des projets de coopération linguistique, culturelle et universitaire.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Vice-Président, mes salutations distinguées.

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 00:12

Après les attentats terroristes qui ont frappé Paris le 13 novembre 2015, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a reçu des messages de solidarité du monde entier. Si nous ne pouvons ici tous les citer, nous tenons à remercier toutes celles et tous ceux qui ont nous exprimé leur compassion. Nos pensées vont tout particulièrement à nos homologues de l'Association d'amitié Corée-France (AACF) de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) : alors que l'AAFC était aux côtés du peuple coréen - de tout le peuple coréen - dans les tragédies qu'ont été au printemps 2014 le naufrage du "Sewol", au Sud, et l'effondrement d'un immeuble dans le quartier de Pyongchon à Pyongyang (au Nord), en adressant des messages de condoléances, nous sommes extrêmement touchés et émus en ces moments particulièrement douloureux. Nous reproduisons ci-après le message en français adressé le 19 novembre 2015 à Guy Dupré, président de l'AAFC, par son homologue de l'AACF, M. Kim Jin-bom.

A M. Guy Dupré,

Président de l’Association d’Amitié Franco-Coréenne


Cher M. le Président,

Nous avons été informés, il y a quelques jours, de l'attentat terroriste qui s'est produit en France et a fait de nombreuses victimes et nous exprimons toutes nos condoléances.

Veillez transmettre tous nos mots de sympathie aux familles des victimes, en mon nom et en celui des membres de notre Association.


Bien à vous,

Kim Jin Bom

Président de l'Association d'amitié Corée-France

Association d’Amitié Corée-France

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 23:04

Lee Yeda est le premier objecteur de conscience sud-coréen à avoir obtenu l'asile politique - en l'occurrence en France. Le 24 novembre 2015, il a animé une conférence, organisée par le collectif SOLIDA (Solidarité, Liberté, Démocratie en Asie) - Paris, sur l'objection de conscience en République de Corée (Corée du Sud) à Paris. Constitué notamment de Japonais et de Coréens, SOLIDA était invitée par l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), qui a participé aux rassemblements organisés par le collectif depuis août contre la révision de l'article 9 de la Constitution japonaise, qui autorisera pour la première fois depuis 1945 l'envoi de troupes japonaises à l'étranger pour intervenir sur des terrains de bataille, contre la volonté d'une majorité de Japonais pacifistes. L'AAFC soutient le combat pour l'introduction d'un service alternatif au service militaire.

Conférence de Lee Yeda sur l'objection de conscience en Corée du Sud

En ouverture de la conférence, Olivier Bouchard a rappelé que les événements tragiques survenus le 13 novembre 2015 à Paris avaient conduit à reporter la manifestation prévue le lendemain par le collectif SOLIDA contre la construction des bases navales militaires de Henoko, à Okinawa, et de Jeju, en Corée du Sud, et pour le maintien de l'article 9 de la Constitution japonaise. Il a réaffirmé l'engagement de SOLIDA pour la paix et la liberté en Asie de l'Est, dans un contexte où la lutte antiterroriste sert à justifier des restrictions des libertés fondamentales. Les participants ont observé une minute de silence en mémoire des victimes des attentats de Paris.

Conférence de Lee Yeda sur l'objection de conscience en Corée du Sud

Puis Lee Yeda a présenté la question de l'objection de conscience en Corée du Sud, en utilisant un Powerpoint en grande partie préparé par Yang Yeo-ok militante du collectif "World without war" ("Un monde sans guerre") qui lutte en Corée du Sud pour obtenir, notamment, la création d'un service civil alternatif au service militaire.

Lee Yeda a tout d'abord rappelé le contexte politique et historique de la Corée du Sud, pays de conscription où le service militaire s'inscrit dans une logique de militarisation de la société, dès l'école. Avec un montant de 34 milliards de dollars, le budget militaire national est le dixième plus élevé au monde. Les effectifs militaires sont de 640 000 soldats, soit le triple de la France, pourtant plus peuplée que la Corée du Sud.

Depuis 1945, 20 000 Sud-Coréens ont été emprisonnés comme objecteurs de conscience. Chaque année, 600 jeunes hommes purgent une peine moyenne de prison d'une durée moyenne de dix-huit mois parce qu'ils refusent d'effectuer leur service militaire, qui dure de 21 à 24 mois et est suivi de 8 années dans la réserve. 90 % d'entre eux sont des témoins de Jéhovah ; à côté d'eux, une proportion croissance de Sud-Coréens refusent également d'être incorporés comme pacifistes ou font ce choix pour des motifs politiques.

Conférence de Lee Yeda sur l'objection de conscience en Corée du Sud

Les objecteurs de conscience ont non seulement un casier criminel qui les prive de certains droits fondamentaux, mais ils sont également stigmatisés socialement et professionnellement : il est en effet d'usage que les employeurs demandent une attestation concernant le service militaire.

L'absence d'alternative au service militaire en Corée du Sud est contraire aux engagements internationaux du pays, et cette situation a été sanctionnée par le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies. Le ministère de la Défense a cependant renoncé au projet, lancé par l'ancienne majorité démocrate en septembre 2007, d'introduire un système alternatif au service militaire, en pointant le "manque de consensus national". Les conservateurs au pouvoir à Séoul tirent également prétexte de la situation de confrontation avec la Corée du Nord.

Revenant sur son histoire personnelle, Lee Yeda a pris conscience de son refus d'effectuer le service militaire et de porter les armes pour tuer d'autres êtres vivants dès l'âge de 14 ans, à la lecture du manga Buddha d'Osamu Tezuka. Il reproche également l'engagement de l'armée sud-coréenne sur des théâtres d'opérations militaires extérieures, au Vietnam et en Afghanistan, bien loin du discours officiel selon lequel l'armée protège les populations. Ayant obtenu l'asile politique en France à l'été 2013 comme objecteur de conscience, il s'exprime dans les médias pour défendre l'objection de conscience et refuser la militarisation de la Corée du Sud. Avant lui, un objecteur de conscience, bouddhiste, Oh Tae-yang, avait tenu pour la première fois une conférence de presse en Corée du Sud, le 4 février 2002, pour défendre des objectifs similaires.

A l'issue de l'exposé de Lee Yeda, les questions ont porté notamment sur les sursis accordés aux étudiants, les interventions militaires sud-coréennes à l'étranger et les conséquences qu'encourent les familles des objecteurs de conscience.

Une déclaration des étudiants japonais de SEALDs a été lue, pour dénoncer l'implantation d'une base militaire à Henoko (à Okinawa), de même que le témoignage d'un soldat américain, en janvier 2015, recueilli par des Okinawaïens exprimant sa compréhension et sa solidarité avec les habitants de l'île refusant la destruction d'un environnement naturel exceptionnel pour construire une nouvelle base militaire. Ces prises de position ont déterminé la position du collectif SOLIDA, sollicité par le Mouvement de la Paix en France, dans son combat pour la paix.

Conférence de Lee Yeda sur l'objection de conscience en Corée du Sud
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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 22:35

Du 30 octobre au 2 novembre 2015, une délégation de l'Association coréenne des musées de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a visité Paris, à l'invitation de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC). Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération, a accompagné la délégation conduite par M. Jon Hyong-jong, curateur de l'Exposition d'amitié internationale, située dans les monts Myohyang. D'autres membres du bureau de l'AAFC - Bernard Chatreau, Maurice Cukierman et Patrick Kuentzmann, secrétaire général de l'AAFC - ont également rencontré la délégation, notamment lors d'un déjeuner offert par l'AAFC à la délégation le 2 novembre et auquel a participé M. Ri Ho-yong, conseiller à la délégation générale de la RPDC en France, en ayant le plaisir de retrouver le chef de la délégation coréenne qui avait été précédemment en poste à Paris comme diplomate. L'AAFC se félicite du succès de cette visite dédiée à la conservation préventive, riche de promesses de coopérations franco-coréennes ultérieures dans ce domaine.

Une délégation de l'Association coréenne des Musées en visite en France à l'invitation de l'AAFC

Lors de leur visite, dont le programme avait été organisé par l'AAFC, la délégation de l'Association coréenne des musées a visité différents musées (le Louvre, le Musée d'Orsay, le Musée Guimet et le Musée du Quai Branly) et d'autres institutions françaises pour répondre à une question centrale, objet de son déplacement en France : comment assurer la conservation préventive des oeuvres, c'est-à-dire prévenir leur dégradation au regard de leur environnement physique ? Des questions telles que l'incidence de la chaleur, de la lumière et de l'humidité, en tenant compte des caractéristiques propres aux différents matériaux constitutifs des objets d'art, ont dominé les très riches échanges avec les intervenants sollicités par l'AAFC - notamment Lorenza, diplômée en conservation préventive.

Si la conservation préventive est désormais une discipline enseignée comme telle à part entière dans les universités françaises (en particulier la Sorbonne, pendant un cursus d'un an réservé aux professionnels : conservateurs, architectes, muséologues...), la RPD de Corée dispose toutefois déjà d'une expérience spécialisée pour certains types d'oeuvres - par exemple pour les fresques murales des tombes du Koguryo, classées au Patrimoine mondial de l'Humanité par l'UNESCO. Mais la RPD de Corée a besoin d'autres coopérations internationales ainsi que de formations pour améliorer ses règles en la matière et définir une vraie politique de conservation préventive : la visite a ainsi été l'occasion d'évoquer, en lien avec l'AAFC, les possibles échanges avec la France concernant l'accueil d'experts en Corée ou l'envoi d'étudiants coréens en France.

L'AAFC a aussi remis de la documentation spécialisée en français dans le domaine, notamment, de la conservation préventive, convaincue qu'il s'agit d'un secteur où la France et la RPD de Corée ont tout à gagner de l'établissement d'une coopération culturelle et scientifique.

Une délégation de l'Association coréenne des Musées en visite en France à l'invitation de l'AAFC
Une délégation de l'Association coréenne des Musées en visite en France à l'invitation de l'AAFC
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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 21:39

Depuis l'interdiction du Parti progressiste unifié (PPU) en République de Corée (Corée du Sud), il y a un an, en décembre 2014, le Comité international pour les libertés démocratiques, en Corée du Sud (CILD) alarme l'opinion publique internationale et organise la solidarité avec les militants sud-coréens pour les droits de l'homme et la démocratie. Parmi les militants de l'ex-PPU, un groupe est particulièrement dans le viseur des autorités sud-coréennes : les membres de la tendance Corea21 du PPU, qui animent l'Alliance coréenne. Nous reproduisons ci-après un témoignage des militants de l'Alliance coréenne à Séoul. Le CILD appelle à leur libération immédiate, ainsi qu'à l'abrogation de la loi de sécurité nationale, instrument des régimes autoritaires au Sud de la péninsule !

PS : article reproduit du blog du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD). Le 14 mars 2015, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) avait co-organisé un colloque à Paris avec l'Alliance coréenne pour défendre les droits de l'homme et les libertés en Corée du Sud : l'AAFC est donc plus que jamais solidaire du combat pour la libération des militants progressistes emprsonnés en Corée du Sud et la fin de la répression politique. Les photos illustrant l'article nous ont été communiquées par l'Alliance coréenne.

Notre camarade Ji Young-chul (ancien co-président de l'Alliance coréenne pour la démocratie et la réunification indépendante) a été arrêté hier, mardi 20 octobre [2015], après trois mois de recherches. La police a pisté les camarades et sa famille, y compris ses deux enfants, pour trouver Ji Young-chul. Il se trouve en ce moment au commissariat de Jongro-gu, à Séoul. Il est actuellement en grève de la faim, exigeant l'abolition de la loi de sécurité nationale, la démission de la Présidente Park Geun-hye et refusant les persécutions judiciaires. Les camarades de l'Alliance coréenne ont commencé une manifestation illimitée à une personne devant le commissariat depuis hier soir.

Le lundi 19 octobre marquait le 71e jour de l'action illimitée de nos militants dormant à la belle étoile devant la maison de détention de Séoul et le dixième jour de la grève de la faim de Sang Hoon. En effet, Sang Hoon a commencé une grève de la faim en prison le samedi 10 octobre pour demander l'amélioration des conditions de vie des prisonniers et le respect des droits de l'homme, la libération de tous les prisonniers politiques et la fin de la répression politique contre les forces progressistes. Nos camarades de l'Alliance coréenne organisent des manifestations avec distribution de tracts tous les jours, matin et soir, depuis dix jours. Mme Lee Mi-sook, ancienne secrétaire générale du Forum coréen international, commencera aussi bientôt une grève de la faim en prison. Pour sa part, Mme Kim Hye-young ne peut pas mener une grève de faim à cause de sa maladie, souffrant d'un cancer de la thyroïde... Pourtant, la maison de détention ne lui permet toujours pas de suivre un traitement approprié à l'hôpital.

Hier [20 octobre 2015], a eu lieu l'audience publique de trois de nos camarades, sans résultat par rapport au précédent jugement début septembre. Le rapport d'accusation est long de 40 000 pages. Le combat sera difficile, mais nous ne lâcherons rien !



Ji Young-chul et, en bas, ses enfants
Ji Young-chul et, en bas, ses enfants

Ji Young-chul et, en bas, ses enfants

Manifestation le 20 octobre devant le commissariat de Jongro, à Séoul

Manifestation le 20 octobre devant le commissariat de Jongro, à Séoul

Kim Joong-hee, l'épouse de Ji Young-chul

Kim Joong-hee, l'épouse de Ji Young-chul

Non à la chasse à l'homme en Corée du Sud ! Libération des militants de l'Alliance coréenne emprisonnés !
Non à la chasse à l'homme en Corée du Sud ! Libération des militants de l'Alliance coréenne emprisonnés !
Non à la chasse à l'homme en Corée du Sud ! Libération des militants de l'Alliance coréenne emprisonnés !

Source :

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 22:17

Le 30 septembre 2015, à l'occasion du 70e anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée (PTC) l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a organisé une conférence-débat à Paris. Cette manifestation s'est tenue en présence de S.E. M. Kim Yong-il, délégué général de la République populaire démocratique (RPD) de Corée en France, ambassadeur auprès de l'UNESCO, et de M. Ri Ho-yong, conseiller politique à la délégation générale de la RPD de Corée en France.

Conférence-débat de l'AAFC à l'occasion du 70e anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée

En ouverture de la réception donnée par l'AAFC, Patrick Kuentzmann, secrétaire général de l'Association d'amitié franco-coréenne, a rappelé le rôle moteur du PTC dans la construction d'une société nouvelle au nord de la péninsule coréenne, après une colonisation japonaise féroce et malgré les multiples sanctions imposées à la RPD de Corée par les grandes puissances. Puis, S.E. M. Kim Yong-il a dressé rapidement l'histoire du PTC, qui a réalisé l'unité du mouvement communiste au Nord de la Corée. Les allocutions d'ouverture ont également mentionné les réalisations sociales de la RPD de Corée (notamment, la gratuité de l'enseignement et de la santé, l'abolition de la fiscalité personnelle, la généralisation du principe du revenu minimum étudiant...), amorcées dès les réformes démocratiques de 1946 : réforme agraireégalité des sexes, nationalisation des grands moyens de production. 

Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération, a ouvert la conférence-débat sur le rôle du PTC dans les institutions et le système politique de la RPD de Corée. Il a rappelé qu'avec plus de 3 millions de membres (soit un Nord-Coréen sur huit) le Parti du travail de Corée est l'un des partis politiques comptant le plus de militants proportionnellement à la population du pays parmi les démocraties populaires actuelles ou passées. Les titulaires des principales fonctions de l'administration civile et militaire occupent également des positions dirigeantes au sein du PTC, traduisant son rôle de force motrice des transformations politiques et sociales en RPD de Corée, conformément à l'article 11 de la Constitution. La discipline et le rôle du dirigeant sont des traits propres au PTC au sein du mouvement communiste international, d'ailleurs mis en exergue par le Dirigeant Kim Jong-il dans son discours prononcé à l'occasion du 60e anniversaire de la fondation du PTC en octobre 2005. Ces caractéristiques sont un héritage de l'histoire du PTC, fondé dans la lutte de guérilla antijaponaise, et devant toujours faire face à la menace américaine qui, dans plusieurs Etats (notamment l'Irak en 2003 et la Libye en 2011), a utilisé les failles visibles au sein de l'équipe dirigeante pour renverser des régimes qui s'opposaient à son hégémonie.

En conclusion et lors du large débat qui a suivi, les participants ont convenu de la nécessité de tenir compte de la RPD de Corée telle qu'elle est, et du rôle dirigeant du Parti qui n'a pas d'équivalent dans les régimes politiques occidentaux, pour engager des actions de coopération efficaces, au service du rapprochement franco-coréen et de la promotion de la paix dans cette partie du monde. Les spécificités du système économique propre à la RPD de Corée, ainsi que le caractère populaire du Parti du travail de Corée en tant qu'avant-garde ancrée dans le mouvement ouvrier, ont également été soulignés, notamment lors de l'intervention de Maurice Cukierman, membre du bureau de l'AAFC.

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  • : Association d'amitié franco-coréenne
  • : Soutenir la paix en Corée, conformément à l'aspiration légitime du peuple coréen et dans l’intérêt de la paix dans le monde
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