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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 00:07

Le 7 octobre 2008, l'Association d'amitié franco-coréenne et l'association d'amitié coréano-belge Korea-is-one ont rendu compte, au restaurant Goryo, de leur déplacement organisé en commun en République populaire démocratique de Corée (RPD de Corée), à l'occasion du soixantième anniversaire de la fondation de la République, du 4 au 16 septembre 2008. Le dîner-débat, chaleureux, s'est déroulé dans un contexte multinational et multiculturel.


France, Belgique, Luxembourg et bien sûr Corée... quatre nationalités réunies dans le restaurant coréen choseonjok Goryo, 24 rue Richer, à Paris : le 7 octobre 2008, la tonalité du compte rendu du déplacement de l'AAFC et Korea-is-one  en République populaire démocratique de Corée (RPD de Corée) avait été délibérément placée sous le signe de l'amitié entre les peuples et des échanges interculturels.


Une exposition-vente de livre et d'objets coréens, ainsi qu'une présentation des photos de leur déplacement par les participants au voyage, dont le photographe professionnel Alain Noguès, ont rendu compte d'un pays trop méconnu en Occident, mais où se rendent chaque année plusieurs milliers de visiteurs occidentaux, sans compter près de 2 millions de Sud-Coréens ayant visité le Nord de leur pays en l'espace de dix ans.


Les participants ont tout d'abord souhaité remercié pour leur implication constante à la réussite du voyage l'Association d'amitié Corée-France, leurs guides en Corée - Mme Kim Ho-jong, secrétaire générale de l'Association d'amitié Corée-France, M. Pak Choung-ryong, Mlle Ho Eun-byol et Mlle Jong Un A  - ainsi que la délégation générale de la République populaire démocratique de Corée en France, et tout particulièrement M. Kim Myong-sik, Premier secrétaire.


Quelques-uns des participants du voyage, avec nos amis coréens, devant le Monument aux trois chartes de la Réunification, à Pyongyang, le 14 septembre 2008


Guy Dupré, vice-président de l'AAFC, également secrétaire général du
CILRECO, a rappelé que la conférence-débat, suivie d'un excellent dîner de découverte de la cuisine coréenne, avait eu lieu au mois d'octobre, symbolique à plus d'un titre pour les Coréens : le 10 octobre 1945, date de la fondation du Parti du travail de Corée, est l'une des fêtes nationales de la RPD de Corée ; par ailleurs, la manifestation du 7 octobre a été l'occasion de commémorer le premier anniversaire de la déclaration commune Nord-Sud du 4 octobre 2007, signée à l'issue du second sommet tenu au plus haut niveau entre le Nord et le Sud d'une nation divisée depuis plus de 60 ans.


Destiné à mieux connaître la situation économique et sociale de la Corée, le voyage de septembre 2008 a aussi constitué un moment privilégié pour renforcer la coopération franco-coréenne dans tous les domaines, économique, social, sportif et culturel, conformément aux statuts de l'AAFC.

 

La délégation franco-belge, à l'école n° 1 de Moranbong, à Pyongyang, avec laquelle est jumelée l'AAFC : plus de 1.600 euros de dons collectés ont permis l'acquisition de matériel pédagogique, notamment des boîtiers pour la pratique des langues étrangères
 (voir aussi
l'album photo du voyage).


Dans cette perspective, les participants à la soirée du 7 octobre ont également contribué à la collecte financière par l'association coréano-belge Korea-is-one d'un tracteur pour la ferme d'Ontchon, avec laquelle sont jumelés nos homologues belges, et dont plusieurs représentants avaient fait spécialement le déplacement à Paris.

   

Cette sympathique soirée, rendue possible grâce à l'hospitalité de M. Li Gwan et de son épouse, propriétaires du restaurant Goryo et que l'AAFC tient une nouvelle fois à remercier, convie à poursuivre le débat et la discussion sur la Corée, mais aussi à préparer de futurs déplacements des associations d'amitié française et belge en Corée et des associations d'amitié coréenne en France et en Belgique. (photos : Alain Noguès, AAFC)

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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 13:45

La vie quotidienne en République populaire démocratique de Corée (RPD de Corée, Corée du Nord) suscite peu d'intérêt des grands médias occidentaux en elle-même : la société nord-coréenne est pourtant l'héritage de cinq mille ans d'histoire nationale coréenne, tout en ayant été façonnée par l'édification d'une société socialiste depuis 1945. Les réformes économiques ont ensuite modifié son organisation traditionnelle. Ce sont ces différents aspects auxquels s'est intéressée la délégation franco-belge de l'AAFC et de Korea-is-One lors de son voyage en Corée en septembre 2008.

L'individu et la collectivité

La société coréenne, empreinte de tradition confucéenne, est historiquement marquée par une importance particulière attachée à la collectivité, qui prime sur l'individu. Cet aspect culturel coréen, conforté par la création d'une société socialiste au nord de la péninsule depuis 1945, est notamment à l'origine d'une des manifestations les plus spectaculaires de la création artistique nord-coréenne, les mouvements d'ensemble (appelés aussi spectacles de gymnastique de masse). A cet égard, le spectacle grandiose organisé à l'occasion du soixantième anniversaire de la fondation de la RPD de Corée, le 9 septembre 2008, a été indéniablement l'un des points forts du voyage de la délégation franco-belge de l'AAFC et de Korea-is-One dans ce pays.

 



L'insertion de l'individu coréen dans un ensemble de cercles d'appartenance (la nation, l'entreprise et l'école) se manifeste déjà par l'importance des liens familiaux, réaffirmée lors des fêtes traditionnelles. A cet égard, chuseok, la fête des moissons, a lieu le quinzième jour du huitième mois lunaire. La fête des moissons est célébrée le jour même, la veille et le lendemain. A cette occasion, les Coréens se rendent sur les tombeaux de leurs ancêtres, comme la délégation franco-belge a pu l'observer au cimetière des patriotes martyrs. Jusqu'à quatre générations honorent alors leurs ancêtres, depuis les enfants jusqu'aux personnes âgées qui sont très respectées en Corée : en effet, la langue coréenne elle-même - dans sa grammaire et son vocabulaire - prévoit plusieurs façons de s'adresser aux autres, suivant un système de respect des plus anciens. La vitalité de la célébration de chuseok en RPD de Corée montre l'attention du gouvernement nord-coréen à inscrire la construction d'une société socialiste dans le respect des liens familiaux traditionnels, tout en corrigeant certains aspects - par exemple, par la promulgation dès 1946 d'une loi sur l'égalité des hommes et des femmes.

 


Les loisirs : sport et culture de masse

Dans ce contexte, les loisirs sont d'abord collectifs, en tenant compte des talents individuels de chacun, repérés dès le plus jeune âge. La délégation franco-belge a ainsi pu visiter le Palais des enfants de Pyongyang, où sont formés les élèves les plus doués dans chaque discipline artistique ou sportive. D'autres Palais des enfants existent dans l'ensemble de la RPD de Corée.

 


La réussite des sportifs nord-coréens aux Jeux olympiques de Pékin (rapportées à la puissance économique de la RPD de Corée, les performances de ses athlètes lui valent la
médaille d'or de l'efficacité !) est la traduction logique de cet attachement à développer les capacités artistiques et sportives. A cet égard, la délégation franco-belge se réjouit d'avoir pu rencontrer les deux médaillées d'or nord-coréennes aux JO de Pékin.

 

 

La culture de RPD de Corée reste toutefois largement méconnue en Occident, alors même que des manifestations comme celles organisées à l'occasion du concert donné par l'Orchestre philharmonique de New York à Pyongyang, en février 2008, ont donné la pleine mesure du talent des artistes coréens. Le cinéma offre une illustration de cette ignorance de la culture coréenne. Tandis que la délégation franco-belge quittait la Corée au moment où s'ouvrait le festival international du film de Pyongyang, l'AAFC a rencontré des responsables de la société KORFILM, en charge notamment de la commercialisation des films nord-coréens, afin d'envisager concrètement les modalités d'une coopération bilatérale autour de l'échange d'oeuvres françaises et coréennes.

Une société organisée, où l'éducation et la santé sont gratuites

Plus que dans toute autres société socialiste, la vie des Coréens est organisée pour faire face aux différents aléas de l'existence, incluant une formation scolaire, obligatoire, universelle et gratuite, pendant une durée de onze années, et un système complet de protection sociale (assurance maladie et assurance vieillesse, le chômage étant inexistant). Les impôts individuels ont été abolis, mais les salaires eux-mêmes ne couvrent qu'une partie des besoins de base, puisque le système public de distribution fournit l'essentiel de l'alimentation, des vêtements et des biens de consommation.

La délégation franco-belge de l'AAFC a toutefois pu constater
l'impact des difficultés économiques auxquelles est confrontée la RPD de Corée depuis 1990 : si la santé est gratuite, le manque de médicaments est une difficulté réelle. De nombreux biens de consommation sont importés de l'étranger, en particulier de Chine, et les pénuries d'énergie justifient la volonté de développer les sources d'énergies alternatives, aussi bien éolienne que nucléaire.

Dans ce contexte, l'AAFC a choisi de
renforcer tout particulièrement le système éducatif. Si 99% de la population est alphabétisée en RPD de Corée, le besoin de matériaux pédagogiques a justifié un don d'une valeur totale de 1.600 euros, remis en septembre 2008 à l'école secondaire n° 1 de Moranbong, avec laquelle est jumelée l'AAFC, pour l'achat notamment de matériel audio destiné à faciliter l'apprentissage des langues étrangères, ainsi que de matériel informatique. Cette action a été possible grâce à une campagne de solidarité : l'AAFC remercie toutes celles et tous ceux qui y ont participé.

Conclusion : quelle société coréenne à l'ère de la politique de songun ?

Pendant la "dure marche" des années 1990, la RPD de Corée a développé, sous l'impulsion du dirigeant Kim Jong-il, la politique de songun qui donne la priorité aux affaires militaires, dans un contexte où la disparition du bloc socialiste et la politique agressive des Etats-Unis, illustrée aujourd'hui encore par la guerre d'Irak, a justifié l'attention primordiale consacrée au maintien de la souveraineté nationale par une armée forte. L'accès de la RPD de Corée au club des puissances nucléaires, en octobre 2006, s'inscrit dans le cadre de cette politique d'autodéfense et d'une dissuasion "du faible au fort", compte tenu de la
superpuissance militaire américaine avec laquelle ne peut pas rivaliser l'armée nord-coréenne.

Quelles ont été les conséquences sur la société coréenne ? Si l'armée joue indéniablement un rôle de premier plan, en étant - à l'instar d'autres pays, comme Cuba et la Chine - à l'origine de nombreux grands travaux exercés par des travailleurs civils dans les pays occidentaux, l'émergence de marchés privés indépendants a créé un pôle économique privé. Les Nord-Coréens ont appris à compter aussi sur eux-mêmes, dans un contexte de retrait de la puissance publique, ce qui n'est pas non plus sans poser la question du nécessaire rétablissement des liens de solidarité sociale et nationale.

 

Photos :  Alain Noguès, AAFC

Voir aussi l'album du  voyage de septembre 2008

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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 23:01

Après le voyage en septembre 2008 en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) d'une double délégation (de l'AAFC et de l'association d'amitié belge Korea-is-One), le premier volet du compte rendu de ce déplacement est consacré à l'économie nord-coréenne. Un choix qui s'imposait au regard de la priorité accordée par les autorités de la RPDC à la construction d'un pays prospère à l'horizon 2012.

 

Pour un pays prospère : tel est le titre du nouveau spectacle de gymnastique de masse créé à l'occasion du soixantième anniversaire de la fondation de la République populaire démocratique de Corée. De fait, le développement de l'économie est l'objectif clairement affiché des autorités de la RPDC, Pour les membres de la délégation de l'AAFC présents en septembre 2008 en Corée à l'occasion des grandioses cérémonies de célébration du soixantième anniversaire, le changement était spectaculaire par rapport à 2005, date du soixantième anniversaire de la Libération : les thèmes militaires, s'ils restaient présents, ont été dominés par la priorité accordée à l'économie.

 

Les changements sont visibles. Les grandes rues de la capitale ont été refaites à neuf, et des usines - comme l'usine de textile de Pyongyang, ou l'usine de confection de Sariwon - entièrement modernisées. Le boom de la construction se traduit par la reprise des travaux de grandes infrastructures un temps délaissées, comme l'hôtel Ryugyong. Les membres de la délégation franco-belge ont aussi pu constater que les employés chinois de la société Orascom utilisaient le téléphone portable pour communiquer entre eux à Pyongyang, confirmant ainsi la prochaine couverture de Pyongyang et des principales villes nord-coréennes par un réseau de téléphonie mobile 3G. Dans ce contexte, l'intérêt du groupe Lafarge pour la RPDC se justifie pleinement par le fort potentiel de développement économique de la Corée du Nord.

   

Une ouvrière de l'usine de textile de Pyongyang travaille sur une nouvelle machine, livrée en 2007,
 le 8 septembre 2008 (photo : AAFC)

 

Toutefois, sur le court terme, les graves pluies de l'été 2006, et surtout les inondations d'août-septembre 2007 (les pires en Corée du Nord depuis quarante ans), ont eu un impact humain et économique dramatique : selon la Banque centrale de Corée (du Sud), l'économie nord-coréenne a reculé de 1,1 % en 2006 et de 2,2 % en 2007. A cet égard, l'AAFC a pu constater - par rapport à 2006 - des problèmes plus aigus d'approvisionnement énergétique, tandis que la question des transports est clairement identifiée comme l'un des principaux freins au développement économique. Si une reprise semble s'amorcer en 2008, la structure économique reste extrêmement précaire.


Où en est donc, aujourd'hui, l'économie nord-coréenne ?


Socialisme et ouverture économique, le double visage de l'économie nord-coréenne actuelle

S'agissant des structures économiques, la RPDC présente un double visage.


D'une part, le degré de socialisation reste très élevé : les grands moyens de production sont intégralement publics ; le système public de distribution joue un rôle déterminant dans l'approvisionnement des Coréens en biens courants, tandis que l'éducation et la santé, entièrement publics, sont gratuits ; le montant des loyers, limité aux charges (eau, électricité, charges communes), reste largement en-deça du prix du marché.

 

D'autre part, les réformes économiques ont changé l'économie nord-coréenne : les prix et les salaires ont été libéralisés depuis 2002, parallèlement à la reconnaissance des marchés indépendants nés pendant la dure marche des années 1990 ; de fait, l'effondrement de l'économie entre 1990 et 1998, suite à la disparition des liens économiques - largement fondés sur le troc - avec l'URSS et des pays socialistes, conjuguée à des catastrophes naturelles sans précédent qui ont généré une grave prénurie alimentaire, a entraîné une désorganisation de l'Etat et l'essor de facto de l'économie privée. Celle-ci s'est révélée un adjuvant au maintien des circuits économiques et sociaux. Les réformes ont également des conséquences sociales néfastes, en accroissant les inégalités  : l'intensification de la circulation automobile à Pyongyang, dont l'AAFC a pu constater qu'elle avait plus que doublé par rapport à 2006, est à la fois un signe de vitalité économique, et l'indice de l'enrichissement d'une minorité d'entrepreneurs et de businessmen

 

Dans ce contexte, les autorités nord-coréennes ont fait appel aux investisseurs privés, en vue notamment d'assurer la modernisation de l'outil productif. En particulier, la délégation franco-belge a pu visiter la zone industrielle de Kaesong, au nord de la zone démilitarisée (DMZ), où des entreprises sud-coréennes emploient des ouvriers nord-coréens. Cette zone économique spéciale, symbole de la coopération intercoréenne, continue de se développer, en dépit du changement de politique à l'égard du Nord du président sud-coréen Lee Myung-bak, élu en décembre 2007.

 

Après avoir été reçue par un responsable de Hyundai Asan gestionnaire de la zone de Kaesong (cf. photo ci-dessous), la délégation franco-belge a visité quelques usines de Kaesong représentatives de la montée en puissance de la zone franche :

 

Benoît Quennedey, secrétaire général de l'AAFC, s'entretient avec un responsable de Hyundai Asan, sud-coréen, et sa collaboratrice, nord-coréenne, devant une maquette du complexe industriel de Kaesong, le 12 septembre 2008 (photo : AAFC)

 

- l'usine de confection de la marque ShinWon, dont la production est vendue au sud de la péninsule, emploie actuellement 890 ouvriers nord-coréens et dix cadres sud-coréens ; à terme, il est envisagé de quadrupler la capacité de production, les principales difficultés à résoudre étant d'ordre logistique ;


- inaugurée en juin 2008, l'entreprise Kaesong Uni (effectif : 572 employés, dont 560 Nord-Coréens et 12 Sud-Coréens) produit du polyuréthane et des accessoires pour automobiles, y compris des lampes et des prises de contact, vendus en Corée du sud (à 90 %, le solde étant exporté en Autriche) ; comme ShinWon, Kaesong Uni a insisté sur la qualité de la main-d'oeuvre nord-coréenne et sa capacité d'adaptation. Kaesong Uni prévoit aussi d'implanter une deuxième unité dans la zone industrielle d'ici la fin de l'année 2008

 

Usine de confection ShinWon, implantée dans la zone de Kaesong, le 12 septembre 2008 (photo : AAFC)

 

La sécurité alimentaire, une préoccupation majeure


La sécurité alimentaire reste une préoccupation majeure en Corée du Nord. La délégation franco-belge s'est rendue dans la ferme coopérative "du 3 mars" à Ontchon, située dans la province du Pyongan du Sud (côte ouest de la Corée), et avec laquelle est jumelée l' association belge Korea-is-One, ainsi que dans une ferme d'élevage d'autruches et dans une fromagerie des environs de Pyongyang. Les tentatives de diversification des productions agricoles, menées avec un certain succès s'agissant de la viande d'autruche (exportée) ou du fromage de chèvre (consommé localement), ne doivent pas occulter le fait que les terres arables ne représentent, en RPDC, que 15 % de la surface agricole totale et que le combat pour l'autosuffisance alimentaire a toujours existé. 

 

Fromagerie de Kubin, le 13 septembre 2008 (photo : Alain Noguès)

 

Les quelques données sur la production 2008, recueillies par l'AAFC, sont contradictoires. La reprise attendue en 2008, après les très mauvais chiffres de l'année 2007, n'est pas uniforme. A la fromagerie de Kubin (élevage caprin et fromage de chèvre), l'apport en engrais naturels permet une hausse continue de la production céréalière, selon les données qui nous ont été communiquées : 950 tonnes en 2005, 970 tonnes en 2006, 981,9 tonnes en 2007 et une prévision 2008 de 1100 tonnes, soit une hausse annuelle de 12%.  A la ferme d'Ontchon, la prévision de la récolte de céréales pour l'année 2008 est du même ordre de grandeur (3000 tonnes) qu'en 2007 (3020 tonnes), mais il convient de souligner que les paysans d'Ontchon étaient parvenus - en 2007 - à limiter la baisse de la production céréalière de 5 %, alors que la proportion des terres détruites par les inondations était estimée à au moins 11% dans l'ensemble de la Corée. La contre-performance de 2008 doit aussi s'analyser comme le contre-coup de la capacité, en 2007, à avoir maintenu un certain niveau de production, qui avait d'ailleurs bénéficié à tout le pays puisque la production et les besoins sont mutualisés.

 

Rizières de la ferme du Trois-Mars, à Ontchon, le 7 septembre 2008 (photo : AAFC)


En tout état de cause, la production totale de céréales en 2008, à l'échelle nationale, restera inférieure aux besoins. La production se serait élevée à 4,5 millions de tonnes en 2005, avant de tomber à 4 millions de tonnes en 2006 et environ 3 millions de tonnes en 2007, les besoins étant évalués entre 5,5 et 6 millions de tonnes. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), agence spécialisée des Nations-Unies, le déficit de production céréalière en 2008 s'élèverait à 1,5 million de tonnes : la récolte 2008 sera manifestement inférieure à celle de 2005, voire de 2006.


Une industrie en voie de modernisation, mais soumise à des goulots d'étranglement 

 

La structure économique de la RPDC est toutefois dominée par l'industrie (35 % du PIB) et les mines (10 %), alors que l'agriculture et les services représenteraient, respectivement, 30% et 25% du PIB. 

 

La modernisation de l'outil industriel avait déjà pu être constatée par l'AAFC, lors de son voyage de 2006, avec la visite de différentes usines :

 

- l'usine de bicyclettes de Pyongyang, construite en joint venture avec la Chine, et dont les coûts de production imbattables, inférieurs même à ceux de la Chine, offrent sans doute un des meilleurs rapports qualité-prix au monde ;  

 

- l'usine de verre ultra-moderne de Dae-an, construite également en partenariat avec la Chine ; 

 

- le Centre informatique de Pyongyang (Pyongyang Informatic Center, PIC), qui produit des jeux pour téléphones portables tout en maîtrisant les outils de conception et de dessin assistés par ordinateur, par exemple dans le secteur de l'architecture ; de fait, la priorité donnée à l'informatique s'est traduite par la formation actuelle d'étudiants nord-coréens en Inde et, demain, à Singapour ; 

 

- les studios de production de dessins animés SEK, largement tournés vers l'exportation, notamment vers la France : un représentant des studios SEK est d'ailleurs basé en permanence à Paris pour négocier de nouveaux contrats.

 

Le haut niveau de formation des travailleurs nord-coréens, dans un pays où 99% de la population est alphabétisée, les incitations fiscales à l'implantation d'entreprises étrangères et le riche potentiel minier de la RPDC (la valeur minière du sous-sol ayant été évaluée à 2000 milliards de dollars) constituent autant d'atouts industriels et miniers pour la RPD de Corée.

 

Lors du voyage de 2008, l'intérêt de l'AAFC s'est porté sur les secteurs traditionnels, comme le textile et la sidérurgie. Si la production métallurgique commence à redémarrer dans le berceau de l'industrie coréenne à Hamhung, malgré la pénurie d'énergie, la délégation franco-belge a pu constater de visu l'accent mis sur la modernisation du secteur textile. Créée en 1948 et modernisée en 2007, l'usine de textile de Pyongyang, équipée partiellement de nouvelles machines coréennes, a une capacité de production de 100 millions de mètres de tissu par an. Pour sa part, l'usine de confection Kyongam de Sariwon, située dans la province du Hwanghae du Nord, au sud de Pyongyang, a été inaugurée le 20 avril 1963 et était initialement spécialisée dans les serviettes de toilette. L'usine de Sariwon a réorienté sa production, parallèlement à un effort de modernisation des équipements conduit en 2002. Employant 600 personnes, l'usine produit 300.000 pièces de vêtement par an - notamment des gilets pour enfants et des vêtements d'hiver - destinés à l'exportation en Allemagne et pour le marché sud-coréen.

 

Usine de confection Kyongam, à Sariwon, le 11 septembre 2008 (photo : AAFC)

 

Toutefois, selon les indications fournies par les responsables des usines, les niveaux de production en 2007 de l'usine textile de Pyongyang et de l'usine de confection de Sariwon sont  restés globalement identiques à ceux de 2006. En effet, sans augmentation de la demande intérieure (dans le cas de l'usine Pyongyang) ou extérieure (pour Sariwon), la production n'a pas vocation à s'élever. De fait, nonobstant l'effort très significatif conduit pour moderniser l'outil productif, des goulots d'étranglement limitent l'essor industriel : l'approvisionnement en matières premières, la vétusté du réseau de transport, le manque d'énergie mais aussi les mesures de limitation des exportations. Si l'embargo américain ne concerne évidemment pas la Chine et d'autres pays, il a pour conséquence d'empêcher la fourniture de très nombreux produits considérés comme pouvant avoir un usage dual (civil ou limitaire) : la RPDC est ainsi obligée de s'approvisionner par des voies détournées, et à prix d'or, en tuyaux de différentes dimensions, pour contourner un embargo américain interprété de manière très extensive !

 

Conclusion : et la France?

 

Comme l'a souligné à de nombreuses reprises l'Association d'amitié franco-coréenne, notamment dans ses courriers à M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, l'absence de relations diplomatiques complètes avec la République populaire démocratique de Corée entrave les échanges économiques franco - nord-coréens. Pour preuve, au début des années 2000, le marché des radars nord-coréens de l'aéroport de Pyongyang avait été attribué dans un premier temps à une entreprise française... avant d'échoir finalement à un concurrent italien, pour répondre à une demande des autorités italiennes qui souhaitaient une contrepartie à l'établissement de relations diplomatiques entre l'Italie et la RPDC. Aujourd'hui, la France est - avec l'Estonie - le dernier pays de l'Union européenne à ne pas avoir établi de relations diplomatiques complètes avec la RPDC, et rien ne semble indiquer une fin de cette "exception française" préjudiciable aux intérêts économiques de notre pays.

 

Vis-à-vis de la Corée du Nord, la diplomatie française a fait le choix du déclin, contrairement à d'autres Etats - au premier rang desquels l'Allemagne et le Royaume-Uni - dont les investisseurs ont depuis longtemps compris les opportunités à se positionner sur l'un des futurs marchés émergents de l'Asie.

 

Pour sa part, malgré les difficultés, l'AAFC, conformément à ses statuts, continue d'encourager la coopération franco-coréenne dans tous les domaines, y compris économique, en se tenant à la disposition des entreprises françaises interessées pour leur fournir des informations sur l'économie nord-coréenne, prendre des contacts avec les groupes nord-coréens ou entrer en contact avec la délégation commerciale de la RPD de Corée en France.

 

L'AAFC entend également les critiques de tous ceux qui craignent que cet encouragement à l'investissement étranger ne modifie profondément les rapports de production et les rapports de classe en RPDC. A cet égard, l'AAFC souhaite rappeler les exemples de la Nouvelle économie politique (NEP) mise en oeuvre à partir de 1921 en Union soviétique, ou encore des réformes économiques conduites à Cuba après 1990 : l'ouverture temporaire au capital étranger peut être une réponse appropriée à une situation donnée, alors que la RPDC souffre cruellement d'un manque de devises et doit moderniser son économie. L'AAFC est par ailleurs prête à encourager des formes innovantes de coopération, par exemple sur une base coopérative, tout en accordant une attention privilégiée aux conditions de travail et de lutte des travailleurs coréens.

 

Tel est notamment, selon nous, une des motivations de l'offensive diplomatique récente de la RPDC vis-à-vis d'autres Etats en développement : la mise en place d'accords de coopération ciblés, sur des bases équitables (par exemple, la coopération agricole avec l'Ethiopie, dans le secteur de la construction avec l'Iran et la Namibie, ou la formation d'informaticiens à Singapour), témoigne de la volonté de relations équilibrées entre pays du Sud, indépendamment des capitaux des pays riches. Recherchant sa propre voie vers le développement, la République populaire démocratique de Corée entend rester fidèle aux principes d'autonomie, d'indépendance et de souveraineté à la base des idées du juche, le socialisme coréen.

 

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21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 18:47

Le 19 septembre 2008, la délégation de l'Association d'amitié franco-coréenne est revenue de Pékin où elle a séjourné quelques jours après sa visite en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) du 4 au 16 septembre, à l'occasion notamment des manifestations marquant le soixantième anniversaire de la fondation de la RPDC. En Corée, les neuf membres de la délégation de l'AAFC étaient accompagnés par quatre membres de l'association belge Korea-is-One, soit une délégation "européenne" de treize membres, un nombre qui semble avoir porté chance au regard du programme très riche de cette visite.

 

Jeudi 4 septembre après-midi : arrivée à Pyongyang par le vol Air Koryo JS 252



Vendredi 5 septembre

  • matin : studios de cinéma de Pyongyang

  • après midi : Palais des Etudes du peuple ; brasserie Taedonggang

  • soir : spectacle de gymnastique de masse Arirang au stade du Premier-Mai



Samedi 6 septembre

  • matin : pavillons consacrés à l'industrie et à l'espace de l'Exposition des Trois révolutions ; élevage d'autruches

  • après-midi : maison natale du président Kim Il-sung, dans l'arrondissement de Mangyondae ; navire-espion USS Pueblo arraisonné en 1968 ; métro de Pyongyang (stations Puhung, Yonggwang, Ponghwa et Sungni)



Dimanche 7 septembre

  • matin : Palais-mémorial de Kumsusan

  • après-midi : départ pour la ferme "du 3 mars" à Ontchon, Pyongan du Sud, jumelée avec l'association belge Korea-is-One ; barrage de la mer de l'Ouest ; retour à Pyongyang

 


Lundi 8 septembre

  • matin : Académie médicale et scientifique Koryo ; usine textile de Pyongyang

  • après-midi : spectacle de gymnastique de masse Prosper the Motherland ! au stade du Premier-Mai

 


Mardi 9 septembre

  • matin : Tour aux idées du Juche ; exposition florale ; Grand monument de Mansudae

  • après-midi et soirée : célébrations du soixantième anniversaire de la fondation de la République populaire démocratique de Corée (défilé, retraite aux flambeaux sur la place Kim Il-sung)



Mercredi 10 septembre

  • matin : participation à un rassemblement de solidarité avec la lutte du peuple coréen en faveur de l'application de la Déclaration commune du 15 juin 2000 et de la Déclaration du 4 octobre 2007

  • après-midi : spectacle au Palais des Enfants et des Elèves de Pyongyang ; Arc de triomphe

 


Jeudi 11 septembre

  • matin : départ pour Sariwon, Hwanghae du Nord ; arrêt à Sinchon, Hwanghae du Sud, lieu de massacres commis par les troupes américaines entre octobre et décembre 1950

  • après-midi : hôpital provincial de Sariwon ; usine textile ; parc d'agrément du mont Kyongam



Vendredi 12 septembre

  • matin : départ pour Kaesong ; visite de Panmunjon, dans la zone démilitarisée (DMZ) entre les deux Corée

  • après-midi : zone industrielle de Kaesong, symbole de la coopération économique intercoréenne ; retour à Pyongyang



Samedi 13 septembre

  • matin : parc du mont Ryongak ; rencontre avec Pak Hyon-suk et Hong Un-jong, médaillées d'or aux Jeux olympiques de Pékin

  • après-midi : ferme coopérative Kubin, arrondissement de Kangdong ; remise du matériel audio offert par l'AAFC à l'école secondaire N°1 de Moranbong



Dimanche 14 septembre

  • matin : cimetière des martyrs de la lutte anti-japonaise ; Monument à la fondation du Parti du travail de Corée ; exposition philatélique

  • après-midi : tombeau du roi Tongmyong ; Monument aux Trois chartes pour la réunification de la patrie ; rencontre avec un responsable la Korea Stamp Corporation ; rencontre avec un responsable de KORFILM (société d'exportation et d'importation cinématographique de Corée)



Lundi 15 septembre

  • matin : rencontre avec les professeurs et étudiants du département de français de l'Université des Langues étrangères ; Palais du Taekwon-do

  • après-midi : rencontre avec les professeurs du département de français de l'Université Kim Il-sung ; Université de technologie Kim Chaek


Mardi 16 septembre matin : départ pour Pékin par le vol Air Koryo JS 151

 

L'Association d'amitié franco-coréenne tient encore à remercier son association homologue de la RPD de Corée, l'Association d'amitié Corée-France, pour ses efforts et la richesse et la variété du programme qu'elle a préparée. Toutes les visites et rencontres, les choses vues et entendues en Corée pendant ces douze jours  serviront à  nourrir les analyses et à guider les actions de l'AAFC au cours des mois à venir. 

 

Déjà, une réunion de  compte rendu est prévue le mardi 7 octobre au restaurant Go Ryo, 24, rue Richer, 75009  Paris, de 18h30 à 20h00 (entrée libre). Cette réunion sera suivie à 20h00 d'un repas coréen (prix : 22 €, dont 5 € reversés à la ferme d'Ontchon). Compte tenu du nombre limité de places, il convient impérativement de nous indiquer (amitiefrancecoree@gmail.com) si vous souhaitez assister à la réunion et/ou au repas qui suivra, en envoyant votre chèque à l'ordre de l'AAFC à : Association d'amitié franco-coréenne - C/O CILRECO - 119, rue Jean Jaurès - 92320 Châtillon France.

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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 07:00

Le 2 septembre, une délégation de l'Association d'amitié franco-coréenne s'est envolée pour la Chine. La délégation de l'AAFC visitera ensuite la République populaire démocratique de Corée pendant douze jours. Elle assistera aux manifestations du soixantième anniversaire de la fondation du pays et témoignera de sa solidarité avec le peuple coréen.


Après les voyages en Corée de l'AAFC en 2005 et 2006, le déplacement de cette année a deux objectifs principaux : assister aux manifestations célébrant le soixantièrme anniversaire de la fondation de la RPD de Corée  et, à cette occasion, témoigner de notre solidarité avec le peuple coréen par des actes concrets, par exemple en offrant du matériel pédagoqique à l'Ecole secondaire numéro 1 de Moranbong, à Pyongyang, établissement scolaire avec lequel l'AAFC est jumelée Ce matériel, informatique notamment, pourra être offert  grâce aux dons recueillis au cours des diverses manifestations de solidarité organisées ces derniers mois par l'AAFC.


Cette année, la délégation de l'AAFC rassemble neuf personnes de toutes les générations (de 21 à 78 ans), anciens et nouveaux adhérents, venus de divers horizons socio-professionnels. Certains visitent la République populaire démocratique de Corée pour la première fois et ont  décidé d'aller voir par eux-mêmes ce fameux "pays ermite" trop souvent vilipendé dans les reportages à sensation. Car, selon le vieil adage coréen, "il vaut mieux voir une fois qu'entendre cent fois..."


Arrivée à Pékin le 3 septembre, la délégation de l'AAFC reprend dès le lendemain l'avion pour Pyongyang, capitale de la RPD de Corée.

En plus d'assister aux manifestations du soixantième anniversaire qui culmineront le 9 septembre, nous visiterons les principaux hauts lieux de la capitale coréenne (Grand monument de Mansudae, Tour aux  idées du Juche, Arc de Triomphe, Monument aux 3 Chartes de la Réunification...).


Nous aurons aussi l'occasion d'approcher au plus près la vie sociale et économique du pays en visitant des centres de production, des hôpitaux et des écoles. La visite d'établissements tels que l'Université Kim Il-sung et l'Université des langues étrangères nous permettra de rencontrer des professeurs et étudiants en français et de les remercier pour leurs efforts. En effet, l'apprentissage de notre langue décline en Corée depuis plusieurs années, et l'AAFC a déjà alerté le Président de la République sur cette évolution inquiétante pour la francophonie dans cette partie du monde.

 

Des déplacements en province sont également prévus : barrage de la mer de l'Ouest, visite de la ferme  "du 3 mars" à Ontchon (ouest), avec laquelle est jumelée l'association homologue belge Korea is One, également présente en Corée cette année, Panmunjon et la zone démilitarisée, symbole de la division de la Corée et de son peuple...


A ce programme, non exhaustif, il faut bien sûr ajouter le spectacle Arirang, le plus grand spectacle vivant du monde (homologué par le Livre Guinness des records en août 2007), réunissant des dizaines de milliers de participants dans le stade du Premier-Mai.


La délégation de l'AAFC regagnera Pékin le 16 septembre, puis Paris le 19. Le blog de l'Association d'amitié franco-coréenne rendra compte du voyage et d'autres rencontres-débats sont prévues. Pour en savoir plus, rendez-vous à partir du 19 septembre !

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  • : Association d'amitié franco-coréenne
  • : Soutenir une réunification indépendante et pacifique de la Corée, conformément à l'aspiration légitime du peuple coréen et dans l’intérêt de la sécurité et de la paix dans le monde
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