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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 14:25

Du 11 au 14 novembre 2012, la ville chinoise de Putian a accueilli les 5èmes Championnats asiatiques de gymnastique artistique. Si la République populaire de Chine l'a largement emporté au tableau des médailles (avec 10 médailles d'or sur 14 attribuées, et 20 des 44 médailles), les gymnastes coréens ont signé de belles performances : la République de Corée (du Sud) a fini à la 5ème place avec 2 médailles d'argent et 3 médailles de bronze. La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a fait encore mieux, terminant 2ème avec 2 médailles d'or, 3 médailles d'argent et 2 médailles de bronze. Les deux médailles d'or sont le fait d'un seul et même athlète : Ri Se-gwang, qui s'est ainsi affirmé comme un des meilleurs espoirs de médailles pour la RPDC aux prochains Jeux olympiques.

 

Né le 21 janvier 1985 à Tanchon dans la province du Sud Hamgyong, Ri Se-gwang, aujourd'hui licencié du club du 25-Avril, a commencé à pratiquer la gymnastique à l'âge de 7 ans, au palais des enfants de Mangyongdae. En 2006, il a été le premier gymnaste de RPDC à décrocher une médaille d'or en saut de cheval aux Jeux asiatiques. Puis il a remporté une médaille de bronze en saut de cheval aux Championnats du monde 2007 de gymnastique artistique.

 

Ri-se-gwang

 

Le nouveau saut extrêmement difficile qu'il a réussi en 2009, un Tsukahara, porte son nom et dispose de la meilleure note au monde dans la discipline (cf. vidéo ci-dessous).

 

 

 

Aux 5èmes Championnats asiatiques de gymnastique artistique, qui se sont tenus en novembre 2012 à Putian, Ri Se-gwang a obtenu deux médailles d'or, en saut de cheval et aux anneaux, portant à 17 le nombre de médailles qu'il a remportées dans des compétitions internationales. Dans un entretien donné à l'agence nord-coréenne KCNA, Ri Se-gwang a déclaré que son objectif était maintenant de décrocher une médaille d'or aux Jeux olympiques, où il devrait retrouver un autre prodige de la gymnastique artistique coréenne, le Sud-Coréen Yang Hak-seon, médaillé d'or cette année aux Jeux de Londres.

 

 

Sources :

- KCNA, "Ri Se Gwang, DPRK's Gymnastic Ace", dépêche en date du 6 décembre 2012 (dont photo) ;

- wikipédia, article "2012 Asian Artistic Gymnastics Championships" et Ri Se-gwang ;

- Youtube.

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 12:18

En 1991, les deux gouvernements coréens décident de former une équipe nationale féminine unifiée aux championnats du monde de tennis de table qui se sont tenus à Chiba, du 24 avril au 6 mai - insufflant ainsi une vigueur nouvelle aux échanges culturels et sportifs intercoréens, tout en écrivant une nouvelle page de la "diplomatie du ping-pong" qui avait accompagné le réchauffement des relations sino-américaines dans les années 1970. Alors que les deux équipes coréennes n'avaient pas réussi à remporter le titre de champion du monde en concourant séparément, en étant défaites par les Chinoises alors en route pour un neuvième titre consécutif, ce résultat sera enfin obtenu en 1991 par les Sud-Coréennes Hong Cha-ok et Hyun Jung-hwa et les Nord-Coréennes Yu Son-bok et Ri Bun-hui (dont le nom est orthographié Li Bun-hui au Sud). Malgré la rivalité qui opposait les joueuses vedettes Ri Bun-hui et Hyun Jung-hwa, les deux femmes devinrent amies et leur complicité contribua grandement à l'obtention du titre de championnes du monde.

 

Lorsque la Nord-Coréenne Ri Bun-hui (ci-dessous, à gauche) apprit qu'elle concourrait avec sa rivale sud-coréenne Hyun Jung-hwa (ci-dessous, à droite) aux championnats du monde de tennis de table de Chiba dans une équipe coréenne unifiée, la réaction de la future médaillée olympique fut négative. Elle considérait Hyun Jung-hwa comme moins douée techniquement, et les premiers entraînements furent marqués par des accrochages.

 

Puis les deux championnes apprirent à se connaître et à s'estimer. Contre toute attente, elles devinrent amies intimes.

 

li-bun-hui_hyun-jung-hwa.jpg

 

Dans un entretien récemment donné au bureau de Pyongyang de l'agence américaine Associated Press, Ri Bun-hui a déclaré que "pendant 50 jours, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, nous avons vécu ensemble comme si nous ne faisions plus qu'une, nous nous sommes entraînées ensemble, nous avons dormi dans la même chambre et partagé tous nos repas (...) Nous avons partagé la même nourriture - et nos sentiments". Evoquant sa consternation initiale lorsqu'elle apprit qu'elle serait dans la même équipe que Hyun Jung-hwa, Ri Bun-hui a répondu à AP : "J'étais trop jeune pour comprendre combien c'était symbolique". Elle avait alors 22 ans.

 

L'histoire de l'équipe coréenne unifiée aux championnats du monde de 1991 a donné lieu à un film sud-coréen, As One, de Moon Hyun-sung, sorti en salles le 3 mai 2012, avec Ha Ji-won et Bae Doona dans les rôles respectifs de Hyun Jung-hwa et Ri Bun-hui. Dans le film, l'événement déclencheur de l'amitié nouvelle entre Ri Bun-hui et Hyun Jung-hwa est l'absence, un jour, de Ri Bun-hui, malade, à une séance d'entraînement. Hyun Jung-hwa espère que Ri Bun-hui recouvrera la santé, pour elle et pour la victoire de la nation coréenne.

 

ri-bun-hui_hyun-chung-hwa_Chiba_1991.jpg

 

Hyun Jung-hwa et Ri Bun-hui ont eu ensuite un parcours singulier. La première, qui compte parmi les sportives sud-coréennes les plus médaillées, est devenue entraîneur et dirige aujourd'hui l'Association sud-coréenne de tennis de table. La seconde s'est engagée dans la promotion du sport et l'insertion sociale des personnes handicapées en République populaire démocratique de Corée.

 

Ri Bun-hui et Hyun Jung-hwa se reverront une nouvelle fois, aux championnats du monde suivants. Alors que les relations entre les deux Corée empêchent tout contact - par courrier ou téléphonique - entre les citoyens des deux Corée, elles ne se sont pas revues depuis. Le réalisateur sud-coréen Moon Hyun-sung tenta de les réunir à Pékin, mais se heurta à un refus du ministère sud-coréen de la Réunification.

 

Les larmes aux yeux, Ri Bun-hui a déclaré à AP : "Elle me manque beaucoup". L'histoire personnelle de Ri Bun-hui et Hyun Jung-hwa symbolise le drame de la division de la Corée et de la séparation d'êtres qui s'aiment.

 

Sources :

- Sulagna-Misra, "What's more important than olympic gold ?", article publié le 19 juillet 2012 sur le site Medal-Heads (dont photos) ;  

- "Ex - NKorean Star recalls 'ping-pong diplomacy", article publié le 11 juillet 2012 sur le site Gibiru ;

- Site officiel du film As One (en coréen).

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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 19:59

Après être devenue membre du Comité international paralympique, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a participé pour la première fois aux Jeux paralympiques, dont la quatorzième édition s'est tenue à Londres du 29 août au 9 septembre 2012. En raison des délais  - l'inscription à la plupart des épreuves était close lorsque la RPDC a accédé au statut de membre du Comité international paralympique - la RPDC n'a pu envoyer qu'un seul athlète aux Jeux paralympiques de Londres, avant d'envisager l'envoi d'une délégation plus importante aux Jeux paralympiques de Rio de Janeiro en 2016. L'athlète Rim Ju-song (ci-dessous au centre, dans un fauteuil roulant) est devenu un symbole, témoignant de la place nouvelle qu'occupent les handicapés dans la société nord-coréenne.

 

Rim_Ju_Song_Coree-du-nord_Jeux_Paralympiques_2012.jpg

 

Né le 31 octobre 1995, Rim Ju-song est devenu le premier athlète paralympique nord-coréen, à seulement 16 ans. Suite à un grave accident sur un site de construction, qu'il a subi alors qu'il n'avait que cinq ans, Rim Ju-song a été amputé de son bras gauche et de sa jambe gauche, et souffre également de handicaps à la jambe droite et au pied droit. Malgré ces lourds handicaps, sa participation aux épreuves de natation, après avoir obtenu des résultats suffisants en phase de qualification pour pouvoir concourir aux Jeux de Londres, témoigne d'une opiniâtreté qui force l'admiration.

 

Membre du Comité paralympique nord-coréen, Kim Sung-chol a résumé d'un mot les efforts accomplis par Rim Ju-song, après qu'il eut coulé "comme une pierre" lors de sa première séance d'entraînement. Améliorant sa pratique en un temps record, il a dû apprendre la brasse en quelques semaines, les athlètes ayant besoin de pratiquer deux styles de nage.

 

Le 4 septembre, à l'épreuve de 50 mètres nage libre (catégorie S6), lors des éliminatoires, Rim Ju-song s'est classé 17ème (47 secondes 87).

 

C'est l'ancienne championne du monde 1991 de tennis de table par équipes Ri Pun-hui, alors membre d'une équipe unifiée représentant l'ensemble de la Corée, qui dirige le Comité national paralympique de la République populaire démocratique de Corée. Ri Pun-hui est directement concernée par la question des personnes handicapées, en étant la mère d'un fils atteint de paralysie cérébrale, aujourd'hui âgé de quinze ans. Elle s'est dévouée à l'intégration sociale des personnes handicapées, notamment par le sport. Elle-même mariée à un ancien champion de tennis de table, elle a organisé en 2010 le premier tournoi de ping-pong réservé aux handicapés, et l'événement a été largement couvert par les médias nord-coréens.

 

En 2003, la RPD de Corée a adopté une loi sur la gratuité des soins médicaux et l'éducation spécialisée pour les personnes handicapées.

 

Le Centre culturel Taedonggang, visité par les journalistes étrangers en juin 2012, comporte des équipements sportifs adaptés aux personnes handicapées.

 

En dehors de la RPD de Corée, plusieurs ONG et personnalités soutiennent matériellement les centres sportifs pour les handicapés nord-coréens, comme la fondation Green Tree ou l'Américaine coréenne Sue Kinsler. L'ambassade britannique en RPDC a soutenu l'entraînement et la participation de Rim Ju-song aux Jeux paralympiques de Londres. Pour sa part, Sue Kinsler est responsable d'une école spécialisée à Pyongyang ainsi que d'un programme alimentaire. Citoyenne d'honneur de la RPD de Corée, arborant le drapeau nord-coréen (concurremment à ceux de la Corée du Sud et des Etats-Unis) dans l'équipe de soutien du Comité paralympique de la RPDC, Sue Kinsler avait écrit au dirigeant Kim Jong-il pour que la RPDC participe aux Jeux paralympiques, avant de recevoir une réponse positive du Premier secrétaire du Parti du travail de Corée Kim Jong-un. Les valeurs universelles du sport permettent de faire tomber les murs entre les peuples.

 

Sources :

- AAFC ;

- Associated Press, "Paralympics : Rim Ju-song taking North Korea in a new direction", dépêche publiée dans The National ;

- Rod Gilmour, "Paralympics 2012 : the 'Nelson Mandela of North Korea' unites bitter enemies at opening ceremony", article publié dans The Telegraph (dont photo).

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 23:05

Les Coréens ont obtenu l'excellent résultat de 17 médailles d'or, 8 médailles d'argent et 9 médailles de bronze, soit un total de 34 médailles, lors des Jeux olympiques qui se sont tenus du 25 juillet au 12 août 2012 à Londres. Avec 13 médailles d'or, 8 médailles d'argent et 7 médailles de bronze, la République de Corée (du Sud) se classe cinquième au tableau des médailles, après les Etats-Unis, la Chine, le Royaume-Uni et la Russie, et devant l'Allemagne, la France et l'Italie, très près de son record des Jeux de Séoul en 1988 (12 médailles d'or, 10 médailles d'argent et 11 médailles de bronze). Pour sa part, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a obtenu 4 médailles d'or et 2 médailles de bronze, se classant vingtième au tableau des médailles, en devançant l'Espagne et le Brésil, et en égalant pratiquement son record des Jeux de Barcelone en 1992 (4 médailles d'or et 5 médailles de bronze). Au total, les athlètes coréens n'ont jamais obtenu un aussi grand nombre de médailles, et une équipe coréenne unifiée permettrait encore d'améliorer ces résultats dans les domaines d'excellence des Coréens, comme le football ou le tennis de table. L'AAFC félicite l'ensemble des champions olympiques, en donnant ci-après la liste des médaillés coréens et quelques autres résultats significatifs obtenus par discipline par les athlètes du pays du Matin calme (la mention S indique la nationalité sud-coréenne, et la lettre N la nationalité nord-coréenne).

  

 

BADMINTON

Tournoi masculin

Par équipes : médaille de bronze pour Jung Jae-sung et Lee Yong-dae (S).

 

BOXE

Tournoi masculin

Poids légers : médaille d'argent pour Han Soon-chul (S).

Han_soon_chul.jpg

 

CYCLISME

La meilleure place (11e) est obtenue en omnium masculin par Cho Ho-sung (S).

 

ESCRIME

Podiums masculins

Epée individuelle : médaille de bronze pour Jung Jin-sun (S).

Fleuret individuel : médaille de bronze pour Choi Byung-chul (S).

Sabre par équipes : médaille d'or pour Gu Bon-gil, Won Woo-young, Kim Jung-hwan et Oh Eun-sok (S).

gu_bongil_won_wooyoung_kim_junghwan_oh_eunsok_london_2012.jpg

 

Podiums féminins

Epée par équipes : médaille d'argent pour Choi In-jeong, Shin A-lam, Jung Hyo-jung et Choi Eun-sook (S).

Fleuret par équipes : médaille de bronze pour Nam Hyun-hee, Jeon Hee-sook, Jung Gil-ok et Oh Ha-na (S).

Sabre individuel : médaille d'or pour Kim Ji-yeon (S).

 

FOOTBALL

Tournoi masculin

Médaille de bronze pour Jung Sung-ryong, Oh Jae-seok, Yun Suk-young, Kim Young-gwon, Kim Kee-hee, Ki Sung-yeung, Kim Bo-kyung, Baek Sung-dong, Ji Dong-won, Park Chu-young, Nam Tae-hee, Hwang Seok-ho, Koo Ja-cheol, Kim Chang-soo, Jung Woo-young, Kim Hyun-sung et Lee Beom-young (S). Park Jong-woo n'était pas présent à la cérémonie de remise de médaille en raison de sa position sur les îles Dokdo.

 

Tournoi féminin

L'équipe de la RPD de Corée (N) s'est classée 9e.

 

GYMNASTIQUE

Gymnastique artistique

Saut de cheval, hommes : médaille d'or pour Yang Hak-seon (S).

 

Gymnastique rythmique

Individuel, femmes : 5e place pour Son Yeon-jae (S).

 

HANDBALL

Tournoi féminin

L'équipe sud-coréenne s'est classée 4e.

 

HALTEROPHILIE

Hommes

Moins de 56 kg : médaille d'or pour Om Yun-chol (N).

Moins de 62 kg : médaille d'or pour Kim Un-guk (N).

 

Femmes

Moins de 48 kg : médaille de bronze pour Ryang Chun-hwa (N).

Moins de 69 kg  : médaille d'or pour Rim Jong-sim (N).

 

JUDO

Hommes

Moins de 66 kg : médaille de bronze pour Cho Jun-ho (S).

Moins de 81 kg :médaille d'or pour Kim Jae-bum (S).

Moins de 90 kg : médaille d'or pour Song Dae-nam (S).

 

Femmes

Moins de 52 kg : médaille d'or pour An Kum-ae (N).

an_kum_ae.jpg

 

LUTTE

Hommes

Lutte, moins de 55 kg : médaille de bronze pour Yang Kyong-il (N) (photo en bas, en rouge avec le Kazakh Daulet Niyazbekov)

yang_kyong_il_daulet_niyazbekov.jpg

Lutte, moins de 60 kg : 5e place pour Ri Jong-myong (N).

Lutte gréco-romaine, moins de 55 kg : 5e place pour Choi Gyu-jin (S).

Lutte gréco-romaine, moins de 66 kg : médaille d'or pour Kim Hyeon-woo (S).

  kim_hyeon_woo.jpg

NATATION

Natation sportive

Hommes, 200 m nage libre : médaille d'argent pour Park Tae-hwan (S).
Hommes, 400 m nage libre : médaille d'argent pour Park Tae-hwan (S).

 

 

PLONGEON

Les meilleurs résultats ont été obtenus chez les femmes, en haut-vol à 10 mètres, par Kim Jin-ok (N, 14e) et Kim Un-hyang (N, 13e).

 

TAEKWONDO

Hommes

Moins de 58 kg : médaille d'argent pour Lee Dae-hun (S).

 

Femmes

Moins de 67 kg : médaille d'or pour Hwang kyung-sun (S).

 

TENNIS DE TABLE

Hommes, par équipes : médaille d'argent pour Joo Se-hyuk, Oh Sang-eun et Ryu Seung-min (S).

 

TIR

Hommes

Pistolet à 10 m air comprimé : médaille d'or pour Jin Jong-oh (S).

Pistolet à 50 m : médaille d'or pour Jin Jong-oh (S), médaille d'argent pour Choi Young-rae (S.

Carabine à 50 m trois positions : médaille d'argent pour Kim Jong-hyun (S).

 

Femmes

Pistolet à 25 m : médaille d'or pour Kim Jang-mi (S). 

 

TIR A l'ARC

Hommes

Individuel : médaille d'or pour Oh Jin-hyuk (S).

Par équipes : médaille de bronze pour Im Dong-hyun, Kim Bub-min et Oh Jin-hyuk (S).

 

Femmes

Individuel : médaille d'or pour Ki Bo-bae (S).

Par équipes : médaille d'or pour Choi Hyun-joo, Ki Bo-bae et Lee Sung-jin (S).

 

VOLLEY-BALL

Tournoi féminin
L'équipe sud-coréenne s'est classée 4e.

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 16:55

Si certains des sportifs les plus connus des Jeux olympiques tendent à être des professionnels extrêmement bien payés, notamment en sport d'équipes, dans la plupart des disciplines ce sont encore des amateurs qui concourent. Et leur situation est parfois précaire, comme l'a révélé la déclaration du médaillé d'or sud-coréen en saut de cheval, Yang Hak-seon, lorsqu'il a affirmé que son objectif était à présent de faire construire une maison pour ses parents.

 

Alors qu'il ne fêtera son vingtième anniversaire que le 6 décembre prochain, Yang Hak-seon est d'ores et déjà un des plus grands gymnastes de sa génération : en saut de cheval, il a été vainqueur des Jeux asiatiques de Guangzhou en 2010, avant de remporter les championnats du monde à Tokyo en 2011 et de décrocher l'or aux Jeux olympiques de Londres le 6 août 2012.

 

Yang a obtenu en moyenne 16.533 points lors de ses deux essais, réussissant son premier saut qui porte son nom, « le Yang Hak-seon», et qui lui avait déjà permis de remporter les championnats du monde 2011 à Tokyo. Sur ce saut, le gymnaste a obtenu 16.466 points, effectuant une petite erreur à la réception. Lors du deuxième saut, la réception a été parfaite et Yang Hak-seon a obtenu 16.600 points. Il a devancé le Russe Denis Ablyazin (16.339 points) et l'Ukrainien Igor Radivilov (16.313 points).

 

yang_hak_seon_JO_Londres.jpg

 

Mais la surprise est venue de la découverte des conditions précaires dans lesquelles Yang Hak-seon a vécu jusqu'à présent, lorsqu'il a déclaré après sa victoire qu'il souhaitait à présent construire une maison pour sa famille. En effet, il a vécu avec son père, ancien ouvrier blessé et contraint d'être employé comme travailleur agricole à temps partiel, et sa mère, sous un abri de fortune, dans une zone rurale de la province du Jeolla, qui a failli être emporté par les inondations de l'été 2010 qui avaient touché l'ensemble de la Corée.

 

La situation sociale de Yang Hak-seon était inconnue de son propre entraîneur. Ayant commencé de s'entraîner à l'âge de 9 ans, le champion du monde reversait à ses parents une partie de son modeste revenu de l'Association coréenne de gymnastique.

 

Une fois la situation de Yang Hak-seon connue, les promesses de dons ont afflué, du directeur du groupe LG, qui a déclaré qu'il ferait une donation de 500 millions de won (soit 444.000 dollars américains), de Nongshim, le fabricant des nouilles instantanées préférées du champion olympique, ainsi que du PDG du groupe de construction Samla, qui a annoncé la construction d'une maison pour le champion et sa famille.

 

Si le fabuleux destin de Yang Hak-seon mérite d'être salué, il n'en soulève pas moins des interrogations sur les inégalités de la société sud-coréenne, qui n'indemnise pas convenablement les travailleurs handicapés, et les limites financières des clubs de sports moins médiatiques.

 

Sources :

- "Londres 2012 : le gymnaste Yang Hak-seon décroche l'or au saut de cheval", dépêche de l'agence Yonhap, publiée le 6 août 2012 (dont photo) ;

- KJ Kwon, Alexis Lai, "South Korean gold gymnast vaults from rags to riches", article publié sur le site de CNN le 9 août 2012.

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 19:01

Les Jeux Olympiques de Londres s'annoncent comme un grand cru pour les athlètes coréens, qu'ils soient originaires du Nord ou du Sud de la péninsule. Le 2 août 2012, la République de Corée (du Sud), avec 7 médailles d'or, a repris la troisième place qu'occupait la France au classement des médailles, tandis que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), avec 4 médailles d'or, a égalisé son record des Jeux olympiques de 1992.

 

Kim-Bo-bae.jpgAu tir à l'arc, Ki Bo-bae (photo à gauche, source AP) est devenue la première athlète coréenne de ces Jeux à décrocher deux médailles d'or : après son succès dans l'équipe féminine le 29 juillet, elle a décroché l'or en individuel le 2 août, en l'emportant en finale contre la Mexicaine Aida Roman - tandis que l'équipe masculine a remporté le bronze.

 

La Corée du Sud a également réussi le doublé en or en judo (pour les hommes, Kim Jae-bum dans la catégorie des moins de 81 kg, et Song Dae-nam dans la catégorie des moins de 90 kg) et au tir au pistolet (pour les hommes, Jin Jong-oh, en 10 m pistolet air comprimé, et pour les femmes Kim Jang-mi pour le tir à 25 m). La septième médaille d'or sud-coréenne est revenue, en escrime, à Kim Ji-hyeon (sabre individuel), qui l'a emporté sur la Russe Sofia Velikaya.

 

Le tableau des médailles de la Corée du Sud est complété par 2 médailles d'argent pour le nageur Park Tae-hwan (200 m et 400 m nage libre) et 5 médailles de bronze (dont 3 en escrime, notamment pour l'équipe féminine qui l'a emporté sur les Françaises sur le score sans appel de 45-32, et 1 en judo).

 

Pour leur part, les athlètes nord-coréens ont réussi la passe de trois en haltérophilie : après Om Yun-chol et Kim Un-guk, Rim Jong-sim a décroché une troisième médaille d'or dans la discipline le 1er août (catégorie des moins de 69 kg), après qu'elle eut soulevé 261 kg (photo ci-dessous, source KCNA). En haltérophilie, une quatrième médaille - en bronze - a été obtenue par Ryang Chun-hwa (pour les femmes, dans la catégorie des moins de 48 kg). En haltérophilie, les Nord-Coréens se classent provisoirement seconds aux Jeux de Londres, après les athlètes chinois.

 

rim_jong_sim.jpg

 

La quatrième médaille d'or de la RPD de Corée a été remportée par la judoka An Kum-ae. Avec 4 médailles d'or, la Corée du Nord égale d'ores et déjà son record enregistré aux Jeux olympiques de 1992.

 

La première rencontre intercoréenne de la compétition a eu lieu en tennis de table. Le Nord-Coréen Kim Hyok-bong l'a emporté sur le Sud-Coréen Joo Sae-hyuk (4 jeux à 2), avant de devoir s'incliner face au Hong-kongais Jiang Tianyi (en bas, à gauche Joo Sae-hyuk et à droite Kim Hyok-bong, source).

 

joo_sae_hyuk_kim_hyok_bong.jpg

 

L'ensemble des athlètes coréens ont déjà obtenu 11 médailles d'or, 2 médailles d'argent et 6 médailles de bronze aux Jeux olympiques de Londres.

 

Principale source : site des JO.

 

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 08:09

Le 30 juillet 2012, Kim Un-guk a remporté la seconde médaille d'or de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en haltérophilie aux Jeux olympiques de Londres, et a également battu le record du monde masculin pour les moins de 62 kilos. Avec trois médailles d'or à l'issue de la journée, la RPD de Corée s'est classée quatrième au tableau provisoire des médailles.

 

Epoustouflant : en l'emportant largement sur tous ses rivaux, le Nord-Coréen Kim Un-guk a non seulement décroché l'or en haltérophilie (- de 62 kg) aux Jeux olympiques de Londres, mais il a également établi un nouveau record du monde.

 

kim_un_guk.jpg

 

Kim Un-guk a soulevé au total 327 kg (153 kg à l'arraché et 174 kg à l'épaulé-jeté), contre 317 kg pour le Colombien Oscar Albeiro Figueroa Mosquera et l'Indonésien Eko Yuli Irawan, respectivement deuxième et troisième. La quatrième place est revenue au Chinois Zhang Jie, champion du monde 2011.

 

Kim Un-guk a dédié sa victoire au dirigeant Kim Jong-un. Interrogé pour savoir si c'était son plus grand succès, Kim Un-guk a déclaré : "Au lieu de penser à nous, nous devons nous concentrer sur notre pays et gagner pour notre pays".

 

Né le 28 octobre 1988, Kim Un-guk a été champion du monde en 2010, et vice-champion du monde en 2011.

 

C'est la deuxième médaille d'or de la RPD de Corée en haltérophilie après celle d'Om Yun-chol dans la catégorie des 56 kg. Les archers sud-coréens ont aussi établi un record du monde dans leur discipline à l'occasion des Jeux de Londres.

 

Sources : Ria Novosti (dont photo), wikipédia.

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 23:28

A l'issue des deux premiers jours des Jeux olympiques de Londres, malgré quelques déceptions (nette défaite des Nord-Coréennes face aux Françaises en football féminin le 28 juillet, disqualification du Sud-Coréen Park Tae-hwan en 400 m nage libre, avant finalement sa réintégration pour la finale où il a cependant dû se contenter de l'argent), les résultats des athlètes des deux Corée sont impressionnants : la République populaire démocratique de Corée (du Nord) et la République de Corée (du Sud) ont décroché chacune deux médailles d'or, ce qui les classe respectivement 6ème et 4ème au tableau provisoire des médailles par pays. Si la Corée était un seul Etat, elle serait deuxième.

 

coreenne_an_kum_ae_medaille_d_or_jo_londres.jpgEn seulement deux jours de compétition, la RPD de Corée a déjà obtenu deux médailles d'or aux Jeux olympiques de Londres. En judo féminin, dans la catégorie des moins de 52 kg, An Kum-ae, déjà vice-championne olympique à Pékin en 2008, et que l'AAFC avait rencontrée lors des championnats du monde 2011 de judo à Paris, a pris sa revanche sur la Japonaise Misato Nakamura, médaille d'or 2008 à Pékin et qui avait battu An Kum-ae aux championnats du monde de Paris. Cette fois, An Kum-ae a réalisé un sans-faute, renvoyant au tapis Misato Nakamura et l'emportant en finale sur la Cubaine Yanet Bermoy Acosta. La Française Priscilla Gneto a terminé troisième, après avoir vaincu la Belge Ilse Heylen.

 

A seulement 20 ans, le Nord-Coréen Om Yun-chol (photo ci-dessous) est entré dans l'histoire de l'haltérophilie en obtenant la médaille d'or dans la catégorie des moins de 56 kg après avoir soulevé 293 kg. En effet, Om Yun-chol a rejoint en effet  les Turcs Halil Mutlu et Naim Suleymanoglu, surnommés les "Hercule de poche", dans le club très fermé des haltérophiles ayant soulevé trois fois leur poids. Cinquième des derniers championnats du monde, Om Yun-chol a pris de court le Chinois Wu Jingbiao et l'Azerbaïdjanais Valentin Hristov, qui ont terminé aux deuxième et troisième places du podium. Om Yun-chol a dédié sa victoire au dirigeant Kim Jong-il.

 

Om_Yun_Chol_JO_Londres.jpg

 

Une troisième médaille, en bronze, a été obtenue par la Nord-Coréenne Ryang Chun-hwa, également en haltérophilie, dans la catégorie des moins de 48 kg.

 

Côté sud-coréen, Jin Jong-oh (photo ci-dessous) déjà double médaillé olympique à Pékin en 2008 au tir au pistolet (or en pistolet libre 50 m, argent en pistolet 10 m air comprimé) a récidivé à Londres en obtenant l'or au pistolet 10 m.

 

jin jong oh london games 2012

 

im_dong_hyun_JO_Londres.jpgMais les résultats les plus spectaculaires sont venus du tir à l'arc, confirmant la domination sud-coréenne dans cette discipline. L'équipe féminine - constituée de Lee Sung-jin, Ki Bo-bae et Choi Hyeon-ju, a décroché l'or. Lee Sung-jin faisait déjà partie de l'équipe sud-coréenne qui avait obtenu la médaille d'or aux Jeux olympiques de 2004.

 

Pour sa part, l'équipe masculine a pu compter sur le talent d'Im Dong-hyun, dont le défaut de vision le fait légalement considérer comme aveugle, mais qui a établi un nouveau record mondial en totalisant 699 points en 72 flèches lors des phases de classement, le 27 juin, battant son propre record du monde. Quadruple champion du monde et quadruple champion d'Asie, Im Dong-hyun a aussi permis de battre le record du monde par équipes. L'équipe masculine - également composée de Kim Bub-min et Oh Jin-hyek - n'a toutefois obtenu que le bronze en finale cette année à Londres, alors qu'elle avait été championne olympique en 2008 à Pékin et en 2004 à Athènes.

 

A l'issue des deux premiers jours de compétition, la République de Corée a aussi obtenu une médaille d'argent (avec Park Tae-hwan en 400 mètres nage libre) et une seconde médaille de bronze (avec le judoka Cho Jun-ho, dans la catégorie des moins de 66 kg).

 

Sources :

- Michael Holden, Jean Décotte, "JO : la Nord-Coréenne An Kum Ae s'adjuge l'or en - 52 kg en judo", article publié le 29 juillet 2012 sur le site du Nouvel Observateur ;

- Luke Meredith, "North Korean Om Yun Chol lifts 3 times his body weight to win gold medals at London Games", dépêche d'Associated Press ;

- "L'or pour Om Yun-chol en -56 kg", sur le site d'Eurosport ;

- "L'archer sud-coréen Im Dong-hyun améliore son propre record du monde", dépêche de l'AFP, publiée sur le site de Libération (dont photo) ;

- "Jin Jong-oh wins Olympic 10 m air pistol gold fort South Korea", sur le site de la BBC (dont photo). 

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 23:28

logo_Jeux_Olympiques_Londres_2012.jpgTant les Sud-Coréens de la République de Corée que les Nord-Coréens de la République populaire démocratique de Corée nourrissent des espoirs élevés de médailles pour les prochains Jeux olympiques d'été, qui se dérouleront à Londres du 27 juillet au 12 août 2012. L'AAFC passe en revue les objectifs des deux équipes coréennes, en souhaitant plein succès aux athlètes du pays du Matin calme. Aux Jeux olympiques de Pékin en 2008, les athlètes coréens avaient décroché 37 médailles au total.

 

Pour Lee Ki-heung, président de la Fédération coréenne de natation et vice-président du Comité olympique sud-coréen, l'objectif est clair : obtenir une place parmi les dix premiers au classement des médailles par pays. Si les Sud-Coréens devraient à nouveau obtenir un grand nombre de médailles en Taekwon-Do - seul le Taekwon-Do pratiqué dans le Sud de la péninsule étant une discipline olympique - des médailles d'or sont également visées aux épreuves de tir à l’arc et de natation (avec Park Tae-hwan), ainsi qu'en haltérophilie avec Jang Mi-ran. Lee Ki-heung nourrit également de forts espoirs en football, badminton, escrime, gymnastique, judo et lutte.

 

De son côté, pour les 30e Olympiades d'été, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) présente 49 athlètes (dont 35 femmes et 14 hommes), sélectionnés dans onze disciplines, dont le football féminin, le marathon, le tennis de table, la lutte et l'haltérophilie - les espoirs de médailles étant particulièrement élevés dans ces deux disciplines, ainsi qu'en football féminin. En football féminin, les Nord-Coréennes seront d'ailleurs aux prises avec les Françaises dès le début de la compétition.

 

La RPD de Corée avait décroché deux médailles d'or aux derniers Jeux olympiques, et quatre médailles d'or aux 25e Olympiades. En 2008, un professeur d'économie australien avait placé la RPD de Corée en tête du classement mondial pour le nombre de médailles obtenues compte tenu de son produit intérieur brut.

 

Sources :

- "La Corée vise sa place dans le ‘top 10’ des médailles aux Jeux olympiques de Londres", article publié sur le site visitkorea ;

- "DPRC Hopes for Good Results in 2013 London Olympiad", dépêche de l'agence KCNA, en date du 8 juin 2012.

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 00:07

nathalie_pechalat_pyongyang_coree_du_nord_2012.jpgDu 13 au 17 février 2012, Nathalie Péchalat, avec Fabian Bourzat, a participé pour la troisième fois au Prix international Paektusan, qui réunit chaque année à Pyongyang les plus grands noms du patinage artistique mondial. Après ses participations au Prix Paektusan en 2009 et en 2011, elle a livré au quotidien sportif L'Equipe ses impressions sur ses séjours en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Nous reproduisons ci-après des extraits de son entretien, publié le 23 février 2012 dans un article intitulé "De l'autre côté de la glace", qui rendent compte de la popularité croissante du patinage en Corée du Nord - où le titre de sportif de l'année 2011 a d'ailleurs été décerné à un jeune patineur, Yun Jin-il.

 

Comme l'observe d'emblée Nathalie Péchalat, en RPD de Corée, "le patinage est l'un des sports les plus appréciés avec le football, le tennis de table et le Taekwon-Do. Faire des galas permet de promouvoir notre sport, d'intéresser le public". D'ailleurs, lors du deuxième des trois galas organisés pour l'édition 2012 du Prix Paektusan, l'entrée était libre.

 

Au-delà des aspects politiques, sur lesquels l'interview de Nathalie Péchalat, à qui il serait absurde de faire le reproche de ne pas être une spécialiste de relations internationales, n'apprendra que peu de choses au lecteur un peu informé - d'autant plus qu'elle commet un certain nombre d'erreurs factuelles (par exemple, contrairement à ce qu'elle affirme, des Américains obtiennent régulièrement des visas pour la Corée du Nord, même si la politique de la RPD de Corée en ce domaine connaît des fluctuations importantes suivant les années ; la kimjongilia est un bégonia, et non un coquelicot ; des Nord-Coréens fréquentent eux aussi les pizzérias qui ont ouvert récemment à Pyongyang) - il est intéressant de noter les changements que relève, sur un ton très direct, la championne d'Europe de danse sur glace, depuis sa première visite dans le pays il y a trois ans : "Nous adorons noter les changements apparents : le nombre de voitures, l'apparition des feux tricolores, l'agrandissement de l'aéroport ou l'évolution de la musique - on est passé des chants nord-coréens à des remix des classiques américains version flûte de pan - ou des programmes de télévision. Cette année, de nouveaux bâtiments sont sortis de terre à vitesse grand V. On nous a expliqué que les Coréens avaient redoublé d'efforts lorsque leur leader était mort le 17 décembre, pour lui faire honneur". De fait, ces observations recoupent celles des autres visiteurs étrangers ayant récemment visité la Corée du Nord, qui témoignent tous d'un boom de la construction et d'une croissance économique réelle, ainsi que d'évolutions sociales dont la culture est le reflet - qu'il s'agisse de la musique et des programmes de télévision (que cite Nathalie Péchalat), ou de la littérature.

 

Se félicitant de la qualité de l'accueil - un souci constant des Coréens, qu'ils soient du Nord ou du Sud de la péninsule, vis-à-vis des étrangers - Nathalie Péchalat ajoute que "cette année, nous avons même un interprète qui parle français : Madame Ri" (dont le nom a été transcrit par erreur "Li", comme au Sud, par L'Equipe). Soulignant la curiosité des Coréens pour la culture occidentale, elle note que l'un des guides a souhaité qu'elle lui apporte, la prochaine fois, "des romans d'amour", concluant : "ça m'a fait sourire parce qu'ils paraissent tous très solides, toujours sous contrôle, mais finalement ils sont comme nous tous !". Réputés être le plus latin des peuples d'Asie, les Coréens sont, de fait, très sentimentaux.

 

Les patineurs français sont devenus une tête d'affiche du gala, qui réunit un plateau très relevé : "Cette année, avec Fabian, nous avons l'honneur d'être dessinés sur l'affiche du gala, organisé lors du festival annuel Paektusan. On s'est reconnu grâce aux costumes et à la posture. Comme toujours, le plateau est très relevé, avec notamment Evgueni Plushenko (champion olympique 2006, triple champion du monde, sept fois champion d'Europe), le couple chinois champion olympique Shen Xue - Zhao Hongbo, la championne d'Europe finlandaise Laura Lepisto ou les anciens danseurs bulgares Albena Denkova et Maxime Staviski".

 

nathalie_pechalat_fabian_bourzat_coree_du_nord_gala_2012.jpg


La partie la plus intéressante de l'interview de Nathalie Péchalat est son témoignage sur l'investissement des Nord-Coréens dans le patinage artistique, alors que les patineurs les plus talentueux, comme Ri Song-chol, champion national à de nombreuses reprises, ont participé aux Jeux olympiques.

Tout d'abord, la patineuse française observe que "lors des répétitions, nous devons faire un changement de partenaires avec le couple de danseurs nord-coréens" - le Prix Paektusan étant une occasion rêvée pour les Nord-Coréens de se frotter aux meilleurs patineurs mondiaux. Nathalie Péchalat estime que, malgré leur travail, les patineurs nord-coréens sont cependant handicapés par un style traditionnel et un certain handicap financier : "Les patineurs nord-coréens ne sont pas dans les mêmes vestiaires que nous, mais on se croise dans les couloirs. Ils sont très contents d'avoir de la visite, sont souriants, assistent à tous nos entraînements. Nous aussi nous regardons ce qu'ils font. On sent qu'ils travaillent beaucoup, mais leur patinage n'est pas vraiment au goût du jour. Comme leur équipement : leurs patins et leurs costumes sont d'une autre époque. Ils doivent sûrement se passer leur matériel d'une génération à l'autre car leurs patins sont très abîmés". De fait, nous pouvons observer que l'embargo occidental sur les produits dits de luxe - même les balles de golf sont interdites d'exportation à Pyongyang ! - handicape grandement le développement du sport de haut niveau, aux équipements coûteux, en RPD de Corée.

 

Enfin, Nathalie Péchalat souligne les échanges touchants avec les Nord-Coréens, et leur demande très forte d'une coopération avec la France, dans des entretiens d'une proximité qu'elle n'avait, elle, pas connue lors de ses précédents séjours : "A la fin du dernier gala, nous avons fait une longue séance photo dans le couloir, avec tous les patineurs locaux. Un moment très sympa et très touchant (...). Pour conclure notre séjour, nous sommes conviés à un petit dîner où pour la première fois Coréens du Nord et Français sont mêlés. Nous sommes assis avec les danseurs sur glace et leurs entraîneurs. Ils veulent connaître notre avis sur leur prestation, nous demandent des conseils, nous questionnent sur des aspects techniques. Beaucoup plus ouverts que les années précédentes, ils nous disent combien ils aimeraient que l'on organise un stage, chez eux bien sûr, pour qu'ils puissent apprendre des étrangers. Et nous racontent aussi comment ils s'entraînent, aux frais du gouvernement, dès leur plus jeune âge".

L'Association d'amitié franco-coréen (AAFC) ne peut que former  elle aussi le voeu que la France réponde aux multiples demandes de coopération des Nord-Coréens dans les domaines du sport et de la culture, par son gouvernement (qui a ouvert un bureau de coopération à Pyongyang en octobre dernier), ou par ses fédérations sportives professionnelles. L'AAFC est prête à apporter son expertise technique et à mettre à disposition ses réseaux de contacts franco - nord-coréens, à toutes celles et tous ceux qui auraient des projets de coopération, en patinage artistique ou dans d'autres disciplines.

 

Pour finir, nous nous permettons d'apporter une correction à la conclusion de l'entretien publié dans L'Equipe : les matériels promis aux patineurs par le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il, qui avait assisté à une représentation le 4 décembre 2011, leur ont bien été donnés, comme l'a rapporté l'agence KCNA. En Corée du Nord, toute l'éducation est publique et gratuite - y compris la formation sportive de haut niveau, dont les équipements sont également fournis par l'Etat, à la hauteur bien évidemment des ressources disponibles.

 

Sources : AAFC, L'Equipe, KCNA (pour les photos, dépêche du 17 février 2012) 

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