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18 février 2018 7 18 /02 /février /2018 12:10

A l'issue des épreuves s'étant tenues le 17 février 2018, l'heure était venue d'un premier bilan pour les athlètes coréens, à mi-parcours des Jeux olympiques d'hiver de Pyeongchang (du 9 au 25 février 2018) : si les Nord-Coréens n'avaient pas d'objectif de médailles, les Sud-Coréens avaient en revanche placé la barre à un niveau élevé (8 médailles d'or, 4 médailles d'argent et 8 médailles de bronze). Avec une première moisson de 3 médailles d'or et 2 médailles de bronze, l'objectif n'apparaît pas hors de portée. 

Lim Hyo-jun

Lim Hyo-jun

Lim Hyo-jun a été le premier Sud-Coréen à décrocher une médaille d'or, le 10 février, en patinage de vitesse sur piste courte sur 1500 mètres ; en 2017, lors de la coupe du monde, il avait obtenu 3 médailles d'or et 1 médaille d'argent. A Pyeongchang, il a signé un record olympique avec un temps de 2'10''485.  

Yun Sung-bin, qui avait déjà obtenu une médaille d'or et deux médailles d'argent en coupe du monde et une médaille d'argent en championnat du monde, est l'actuel numéro un mondial
 du classement de la Fédération internationale de bobsleigh et de skeleton (IBSF)  : il a obtenu l'or en skeleton, le 16 février : il est l'un des précurseurs coréens de la discipline - dont il avait remporté le championnat national en septembre 2012 - qui avait été jusqu'à présent dominée par les seuls Européens et Nord-Américains. 

Yun Sung-bin

Yun Sung-bin

La troisième médaille d'or coréenne a été obtenue, chez les femmes, par Choi Min-jeong, en patinage de vitesse sur piste courte sur 1500 mètres : âgée de moins de 20 ans, la jeune femme signe son premier succès olympique d'une carrière déjà impressionnante (si l'on excepte sa carrière comme junior) étant numéro un mondiale sur toutes distances (500 m, 1000 m et 1500 m). 

Choi Min-jeong sur la plus haute marche du podium à Pyeongchang

Choi Min-jeong sur la plus haute marche du podium à Pyeongchang

Le tableau des médailles coréennes est complété par deux médailles en bronze, obtenues par Kim Min-seok, médaille de bronze en patinage de vitesse sur 1500 mètres, augurant d'une belle carrière à venir pour le jeune homme (né le 14 juin 1999), et Seo Yi-ra (patinage de vitesse sur piste courte, 1000 mètres), qui avait décroché deux médailles d'or aux championnats du monde en 2017 mais a été victime d'une chute à Pyeongchang.

De haut en bas : Kim Min-seok et Seo Yi-ra
De haut en bas : Kim Min-seok et Seo Yi-ra

De haut en bas : Kim Min-seok et Seo Yi-ra

Concernant les Nord-Coréens, le couple de patineurs Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik ont terminé à la treizième place, avec un total de 196,63 points, dont 69,4 points pour le programme court (11e) et 124,23 points pour le programme libre (12e). Il s'agit de leur meilleure performance - auparavant, leur précédent record sur le programme libre était de 119,9 points. 

En patinage de vitesse sur piste courte sur 1500 mètres, le Nord-Coréen Choe Un-song, victime d'une blessure à l'entraînement a terminé sixième à une épreuve éliminatoire, ne parvenant donc pas aux demi-finales. 


 

De haut en bas : Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik, Choe Un-song
De haut en bas : Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik, Choe Un-song

De haut en bas : Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik, Choe Un-song

Principale source : 

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15 février 2018 4 15 /02 /février /2018 13:22

Du 9 au 18 mars 2018, la ville sud-coréenne de Pyeongchang accueillera les Jeux paralympiques. Au total, plus de 550 athlètes de plus de 40 pays participeront aux XIIes Jeux paralympiques d'hiver - qui donneront lieu à l'attribution de 80 médailles d'or dans six disciplines (biathlon, curling en fauteuil roulant, hockey sur luge, ski alpin, ski de fond, snowboard) - contre 72 médailles d'or aux précédents Jeux paralympiques, à Sotchi, en 2014. L'Association d'amitié franco-coréenne offre un aperçu des futurs Jeux. 

En attendant les Jeux paralympiques de Pyeongchang... une participation coréenne sans précédent

Si l'acteur et modèle sud-coréen Lee Dong-wook a été nommé le 12 janvier 2018 ambassadeur honoraire à la fois des Jeux olympiques et des Jeux paralympiques de Pyeongchang, c'est vers les Jeux paralympiques qu'il a porté une attention toute particulière - en ayant annoncé son attention d'être présent sur le site de Pyeongchang en mars, lors des Jeux paralympiques, pour lesquels il a acheté 1 000 billets.

Lee Dong-wook tient les mascottes des Jeux olympiques et paralympiques, à savoir respectivement le tigre blanc Soohorang et l'ours noir d'Asie Bandabi

Lee Dong-wook tient les mascottes des Jeux olympiques et paralympiques, à savoir respectivement le tigre blanc Soohorang et l'ours noir d'Asie Bandabi

Les cérémonies d’ouverture et de clôture, de même que la plupart des épreuves des sports de neige, auront lieu à Pyeongchang - les épreuves des sports de glace et celles de descente du ski alpin étant pour leur part prévues respectivement sur les sites de Gangneung et de Jeongseon.

Comme pour les Jeux olympiques, Nord et Sud-Coréens défileront ensemble, sous la bannière de la Corée unifiée : ce sera une première dans le cadre des Jeux paralympiques, d'hiver comme d'été.

Si la République de Corée (Corée du Sud) n'est pas une nation paralympique majeure (elle n'avait pas obtenu de médaille aux Jeux de Sotchi en 2014, après avoir décroché en revanche une médaille d'argent aux Jeux de Vancouver en 2010), elle a participé à toutes les compétitions depuis 1992, en obtenant au total deux médailles d'argent. Mais cette fois les Coréens visent une place dans les premiers rangs mondiaux, comme l'avait souligné Bae Dong-hyun, président de la Fédération coréenne de ski nordique pour personnes handicapées, à l'agence Yonhap en octobre dernier : 

Nous avons pour but de réaliser notre meilleure performance aux Jeux paralympiques afin de remplir les attentes du public (...) Nous visons une médaille d'or, une d'argent et deux de bronze à PyeongChang, et à nous classer dans le top 10.

Présentation des athlètes sud-coréens à Icheon en octobre 2017

Présentation des athlètes sud-coréens à Icheon en octobre 2017

Pour sa part, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) participera pour la première fois aux Jeux paralympiques d'hiver, après avoir été présente aux Jeux paralympiques d'été en 2012  à Londres (avec le nageur Rim Ju-song) et en 2016 à Rio de Janeiro. 

Les deux athlètes nord-coréens qui participeront aux Jeux paralympiques de Pyeongchang sont les skieurs (skis nordiques) Kim Jong-hyon et Ma Yu-chol, qui ont fait leurs débuts internationaux lors d'une manche de la coupe du monde à Oberried, en Allemagne, en janvier 2018. Ils ont reçu des invitations du comité international paralympique le 2 février 2018.

De gauche à droite, Ma Yu-chul et Kim Jong-hyon, à Oberried (Allemagne) en janvier 2018.

De gauche à droite, Ma Yu-chul et Kim Jong-hyon, à Oberried (Allemagne) en janvier 2018.

L'AAFC souhaite plein succès aux athlètes paralympiques coréens, pour ces Jeux paralympiques qui seront à plus d'un titre exceptionnel pour la Corée - par le nombre de participants, les espoirs de médailles et le rapprochement intercoréen auquel ils donnent lieu - les manoeuvres militaires américano-sud-coréennes ayant par ailleurs d'ores et déjà été reportées jusqu'à la fin des jeux paralympiques, Séoul souhaitant par ailleurs prolonger encore davantage ce report afin que les Jeux olympiques et paralympiques marquent un tournant durable dans l'amélioration des relations intercoréennes et la promotion de la paix, en Asie du Nord-Est et dans le monde. 

Sources : 

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10 février 2018 6 10 /02 /février /2018 22:53

Suite à l’invitation du dirigeant Kim Jong-un au président Moon Jae-in à se rendre à Pyongyang pour un sommet intercoréen, transmise par Kim Yo-jong, envoyée spéciale du dirigeant nord-coréen, Benoît Quennedey, président de l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC), a été interrogé au journal télévisé de 13h sur France 24 (version française) le samedi 10 février 2018 - avant d'intervenir sur le canal anglophone à 13h30 le même jour. Nous revenons ci-après sur le journal télévisé en français.

La journaliste Judith Grimaldi a ouvert le journal sur l’actualité concernant la Corée et a aussitôt commencé à questionner Benoît Quennedey, en qualité de président de l’AAFC et auteur de l’ouvrage La Corée du Nord, cette inconnue, paru aux éditions Delga. Puis pendant six minutes ont suivi des questions posées fort courtoisement et des réponses sur un ton calme et posé, le tout contrastant agréablement avec d’autres émissions tapageuses sur la Corée, certes sur d’autres canaux TV.

La journaliste rappelant le défilé commun des deux délégations à l’ouverture des JO, l’équipe unique de hockey féminin, la rencontre entre le Président Moon Jae-in et la sœur du leader Kim Jong-un a demandé si « ce sont des manœuvres qui sur le fond ne changent rien ou est-ce que cela annonce une évolution positive ? ».

Benoît Quennedey s’est félicité de ce que « l’esprit olympique flotte sur les relations intercoréennes » puis a rappelé 2017, année terrible en termes d’augmentation des tensions, et le fait que Moon Jae-in à peine élu a fait du dialogue intercoréen un de ses axes. Bien sûr « il a dû ronger son frein durant toute l’année 2017 » compte tenu de la montée des tensions. Le discours du leader de la RPDC le 1er janvier 2018 souhaitant un plein succès aux JO de Pyeongchang a permis une évolution positive dont le dernier élément est l’invitation transmise au Président Moon Jae-in à se rendre à Pyongyang pour rencontrer le Président Kim Jong-un. Ce serait après juin 2000 et octobre 2007 la première rencontre à ce niveau depuis une dizaine d’années. Quant à savoir si le changement serait durable, Benoît Quennedey a rappelé la réaction du ministre français des Affaires Etrangères, Jean-Yves Le Drian, présent aux JO, et qui a posé la question dans ces termes.

Judith Grimaldi a porté son interrogation suivante sur la réaction de la population sud-coréenne face à ces évènements. « Un tiers soutient le cours actuel, un petit tiers s’y oppose et un tiers est neutre ». La réponse a souligné le succès du président Moon Jae-in dans l’organisation de ces Jeux face non seulement à l’opposition des néoconservateurs américains et sud-coréens mais aussi à celle des Japonais en relation avec le problème des esclaves sexuels de la Deuxième guerre mondiale (Tokyo avait un temps menacé de boycotter les Jeux suite à l'annonce par Séoul de la remise en cause d'un accord réglant cette question en des termes inacceptables pour les victimes coréennes) et à l’absence du vice-président Mike Pence lors du repas offert aux délégations étrangères, dont celle nord-coréenne.

Interrogé ensuite sur l’autonomie d’action de Moon Jae-in, Benoît Quennedey a indiqué, que dans les sondages il avait une bonne place, qu’il ne pouvait se mettre dans une situation de confrontation avec Donald Trump tout en cherchant sa propre voie : le chef de l'Etat sud-coréen a déclaré habilement, pour ne pas froisser les Américains, que si la détente actuelle avait lieu, c’était grâce au Président Trump. Quant aux sanctions elles ont de fait été levées temporairement pour permettre l’arrivée d’un avion nord-coréen. Par contre reste le drame à venir pour la population du Nord si rien n’est fait, l’UNICEF ayant annoncé que 60 000 enfants pourraient mourir de faim suite aux sanctions.

Enfin, quelle est la position de la France sur ce sujet ? L’interviewé a rappelé qu’au Conseil de sécurité de l’ONU, parmi les cinq membres permanents, il y avait un bloc anglo-américain poussant sans cesse à plus de sanctions, la Chine et la Russie appelant quant à elles à un double moratoire des essais nucléaires et balistiques par la Corée du Nord et des manœuvres américaines : entre ces deux positions, la France, compte tenu de sa tradition d’indépendance diplomatique, pourrait avoir un rôle et jouer sa propre carte.

 Kim Yo-jong et le Président Moon Jae-in

Kim Yo-jong et le Président Moon Jae-in

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9 février 2018 5 09 /02 /février /2018 21:07

Les Jeux olympiques d'hiver de Pyeongchang se sont ouverts le 9 février 2018 : le Président Moon Jae-in de la République de Corée était assis aux côtés, notamment, de Kim Yong-nam, président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la République populaire démocratique de Corée et de Kim Yo-jong, directrice adjointe de département du Parti du travail de Corée et soeur cadette du Président Kim Jong-un, du Premier ministre japonais Shinzo Abe et de Mike Pence, vice-président des Etats-Unis, qui était accompagné de son épouse Karen Pence - alors que faisait également partie de la délégation américaine Ivanka Trump, fille du Président Donald Trump. L'organisation des cérémonies d'ouverture et les discours prononcés ont témoigné de la volonté de faire briller l'esprit olympique de paix et de dialogue, malgré un certain nombre de fausses notes délibérées du vice-président Mike Pence - qui ont surtout révélé l'isolement diplomatique des Etats-Unis sur la question coréenne.

A la tribune, au premier rang à gauche sur la photo le Président Moon Jae-in, à droite Mike Pence et à l'extrême-droite Shinzo Abe ; au second rang, derrière Mike Pence, le Président Kim Yong-nam et Kim Yo-jong

A la tribune, au premier rang à gauche sur la photo le Président Moon Jae-in, à droite Mike Pence et à l'extrême-droite Shinzo Abe ; au second rang, derrière Mike Pence, le Président Kim Yong-nam et Kim Yo-jong

Le besoin de promouvoir la paix et le dialogue ont été au coeur du discours du Président Moon Jae-in, prononcé lors d'un repas en l'honneur des chefs de délégation étrangère quelques heures avant la cérémonie d'ouverture, en saluant également le symbole puissant que constitue la formation d'une équipe unifiée de hockey féminin entre Nord et Sud-Coréens pour la réconciliation et la réunification de la Corée : 

Beaucoup de chefs d'Etat et dirigeants sont ici réunis aujourd'hui. Je réalise combien il est significatif et heureux que se déroule un tel événement sportif dans un monde où existent la confrontation et le conflit (...) La chose la plus importante est que nous soyons ici tous ensemble. Le fait que nous soyons réunis ici symbolisera le précieux premier pas vers la paix dans le monde (...) Les joueuses Sud et Nord-coréennes s'aidant mutuellement pour gagner restera dans les mémoires comme un grand écho de paix dans les cœurs de la population mondiale.

Thomas Bach, président du Comité international olympique (CIO), a fait écho au chef d'Etat sud-coréen en rappelant les valeurs de l'olympisme, de paix, de dialogue et de compétition équitable : 

C'est le moment que nous attendions tous: les premiers Jeux olympiques d'hiver en Corée du Sud (...) Chers athlètes, c'est à vous maintenant. Cela sera la compétition de votre vie. Vous nous inspirerez tous à vivre en paix et en harmonie malgré toutes nos différences. Vous nous inspirerez en concourant pour les plus grands honneurs en respectant l'esprit olympique de l'excellence, du respect et du fair-play.

Le Président Moon Jae-in et le Président du CIO Thomas Bach

Le Président Moon Jae-in et le Président du CIO Thomas Bach

Le producteur de cinéma Song Seung-hwan avait créé le spectacle de la cérémonie d'ouverture, qui a raconté en six tableaux le parcours de cinq enfants dans une quête de la paix à travers le temps qui a retracé l'histoire et la modernisation de la Corée, et s'est achevé par un lâcher de colombes en papier sur la musique de Imagine de John Lennon. Le chiffre "cinq" a symbolisé les cinq anneaux olympiques, ainsi que les cinq éléments -  le feu, l'eau, le bois, le métal et la terre - qui figurent sur le drapeau sud-coréen, apporté dans l'arène par huit athlètes du Pays du matin calme.

L'esprit olympique marque l'ouverture des Jeux de Pyeongchang

La flamme olympique a été allumée par la Coréenne Kim Yu-na, figure de proue du patinage artistique mondial - championne olympique 2010 et double championne du monde 2009 et 2013. Le chaudron olympique, dessiné par Kim Yeong-se, s'inspire de la porcelaine blanche de la dynastie Choseon (1392-1910).

La patineuse Kim Yu-na allume la flamme olympique

La patineuse Kim Yu-na allume la flamme olympique

Suivant l'usage, les athlètes ont défilé par nom de pays dans l'ordre alphabétique de la langue du pays hôte - la Grèce ouvrant ainsi le défilé. Le porte-drapeau de Tonga, Pita Taufatofua a créé la sensation en défilant torse nu, vêtu d'un pagne, malgré le froid glacial.

Le pays d'accueil a clos la marche : la délégation coréenne unifiée, Nord et Sud, a été vivement applaudie, son apparition sur une version électronique de Arirang constituant l'un des moments les plus émouvants de la cérémonie d'ouverture. Le drapeau de la réunification a été porté par le
 bobsleigheur sud-coréen Won Yun-jong et la hockeyeuse nord-coréenne Hwang Chung-gum. C'était la quatrième fois que les athlètes de toute la Corée défilaient ensemble (après les Jeux d'été de 2000 et 2004 et d'hiver de 2006), mais la première fois sur le sol de la péninsule coréenne.

Défilé commun des athlètes de toute la Corée

Défilé commun des athlètes de toute la Corée

Les porte-drapeaux coréens Hwang Chung-gum et Won Yun-jong

Les porte-drapeaux coréens Hwang Chung-gum et Won Yun-jong

Dans cette ambiance de paix et de réconciliation, la délégation américaine s'est singularisée : alors que le Président Donald Trump, faisant contre mauvaise fortune bon coeur, avait initialement salué le rapprochement intercoréen à l'occasion des Jeux de Pyeongchang, il avait ensuite repris son ton militariste habituel en fustigeant la Corée du Nord lors de son discours sur l'état de l'Union, le 30 janvier 2018, en dénonçant "la complaisance et les concessions" vis-à-vis de Pyongyang. Continuant sur cette lancée, Mike Pence a invité personnellement en Corée du Sud Fred Warmbier, le père de l'étudiant américain Otto Warmbier tragiquement disparu après avoir été libéré de Corée du Nord. Puis il a évité les membres de la délégation nord-coréenne assis derrière lui lors de la cérémonie d'ouverture, de même que lors du repas donné par le Président Moon Jae-in en l'honneur des délégations étrangères : arrivé en retard, saluant les convives à l'exception notable du Président nord-coréen, il ne s'est ainsi pas assis à la table d'honneur, où il se serait retrouvé en face du Président Kim Yong-nam, compte tenu du protocole.

Cette attitude, contrastant avec celle des autres participants, a renforcé encore l'isolement américain sur le dossier nord-coréen - le Japon étant l'un des rares alliés des faucons américains. En particulier, la poignée de mains entre les Présidents Kim Yong-nam et Moon Jae-in a été particulièrement saluée, concrétisant l'espoir d'une ère nouvelle de paix et de dialogue en Corée et dans le monde. 

Les présidents Kim Yong-nam et Moon Jae-in

Les présidents Kim Yong-nam et Moon Jae-in

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6 février 2018 2 06 /02 /février /2018 13:38

La République de Corée accueillera prochainement les Jeux olympiques puis paralympiques à Pyeongchang (Gangneung et Jeongseon), au Sud de la péninsule, du 9 au 25 février (pour les JO) puis du 8 au 18 mars (pour les Jeux paralympiques). Ces XXIIIes Jeux olympiques d'hiver ont été marqués par un réchauffement spectaculaire des relations intercoréennes, les athlètes des deux Etats coréens devant défiler ensemble lors de la cérémonie d'ouverture et une équipe commune ayant été formée en hockey féminin (formée de douze Nord-Coréennes et de vingt-trois Sud-Coréennes). A trois jours de l'ouverture de la cérémonie, l'Association d'amitié franco-coréenne revient sur quelques aspects à connaître de ces Jeux.

1. Comprendre le logo officiel

Le logo officiel, créé par Ha Jong-joo, est inspiré de l'alphabet coréen : il utilise les deux premières lettres du nom (bisyllabique) de Pyeongchang, le "p" de "Pyeong" et le "ch" de "Chang", ce dernier représenté sous la forme d'une astérisque. La disposition des lettres et le code couleur fait aussi référence à la culture coréenne traditionnelle, comme l'explique le site officiel du Comité international olympique :

Le premier caractère de l’emblème représente un lieu de rassemblement où les trois éléments du Cheon-ji-in – le ciel, la terre et l’homme – sont en harmonie. Le deuxième caractère illustre la neige et la glace, ainsi que les performances exceptionnelles des athlètes. Le nouvel emblème de PyeongChang 2018 symbolise un grand rassemblement de personnes venues des quatre coins de la planète pour célébrer les sports olympiques d’hiver sur le territoire harmonieux de PyeongChang, “un carré où la terre rencontre le ciel et où les athlètes excellent sur la neige et la glace. C’est là que chacun célèbrera le plus grand festival d’hiver du monde en 2018.”

Sept choses à savoir sur les Jeux olympiques d'hiver de Pyeongchang

2. Un nombre record de 92 nations participantes

Parmi les 92 nations participantes aux Jeux olympiques, six nations participeront pour la première fois aux Jeux olympiques d'hiver : l'Equateur, l'Erythrée, le Kosovo, la Malaisie, le Nigéria et Singapour. 

Parmi les participants on compte 144 Sud-Coréens et 22 Nord-Coréens : deux athlètes nord-coréens se sont qualifiés en patinage artistique, 12 hockeyeuses font partie de l'équipe coréenne unifiée et 8 autres athlètes nord-coréens ont bénéficié d'invitations du CIO dans trois disciplines (ski alpin, ski de fond, patinage de vitesse sur piste courte).

Les Nord-Coréens Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik lors des championnats du monde 2017 de patinage artistique

Les Nord-Coréens Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik lors des championnats du monde 2017 de patinage artistique

3. Les objectifs de médailles de la République de Corée (Corée du Sud) : toujours plus haut

Si la Corée du Sud a participé à toutes les éditions des Jeux olympiques d'hiver depuis 1948 (sauf en 1952), elle n'a obtenu sa première médaille qu'en 1992 et a connu depuis une progression sensible : dixième en 1992 (avec 2 médailles d'or, 1 médaille d'argent et 1 médaille de bronze), elle a obtenu ses meilleurs résultats en 2010 (cinquième rang mondial, 6 médailles d'or, 6 médailles d'argent et 2 médailles de bronze), avec une relative contre-performance en 2014 (treizième rang mondial : 3 médaille d'or, 3 médailles d'argent et 2 médailles de bronze). Le nombre de compétiteurs sud-coréens affiche un record, après le précédent de 2014 (71 athlètes participant).

L'athlète olympique sud-coréenne la plus médaillée aux Jeux d'hiver est Chun Lee-kyung,
patineuse de patinage de vitesse sur piste courte coréenne (2 médailles d'or, en 1 000 m et 3 000 m relais, en 1994, et 2 autres médailles d'or, également en 1 000 m et 3 000 relais, en 1998). 

Pour sa part, la Corée du Nord participe pour la neuvième fois aux Jeux olympiques d'hiver ; elle a obtenu deux médailles (une d'argent en 1964 et une de bronze en 1992).

Chun Lee-kyung, aux Jeux de Nagano en 1998

Chun Lee-kyung, aux Jeux de Nagano en 1998

4. Qui sont les porte-drapeaux coréens en 2018 ?

Le bobsleigheur sud-coréen Won Yun-jong, né le 17 juin 1985 à Séoul, et la hockeyeuse nord-coréenne Hwang Chung-gum, née le 11 septembre 1995, ont été choisis comme porte-drapeaux de la délégation intercoréenne lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux de Pyeongchang.

Won yun-jong

Won yun-jong

5. Quels Nord-Coréens viendront en Corée du Sud à l'occasion des Jeux ?

Outre les athlètes nord-coréens, la délégation de la République populaire démocratique de Corée comprendra 229 supportrices, 26 taekwondoïstes et 21 journalistes.

Par ailleurs, une troupe artistique musicale nord-coréenne de 140 membres participe aux Jeux : elle est venue exceptionnellement en Corée du Sud par le bateau Mangyongbong-92, les sanctions sud-coréennes étant suspendues à cette occasion.

Ainsi que l'a précisé l'agence sud-coréenne Yonhap, les supportrices seront présentes à un ensemble de manifestations :

Les supportrices nord-coréennes seront présentes non seulement aux matchs de l'équipe unifiée de hockey sur glace féminin des deux Corées mais aussi à d'autres compétitions où des athlètes sud-coréens concourront, selon des sources.

Les taekwondoïstes effectueront quatre démonstrations avec des homologues sud-coréens, le 9 février juste avant la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver au stade olympique de PyeongChang, le 10 à l’Institut d’orientation professionnelle du Gangwon à Sokcho, le 11 à la mairie de Séoul et le 12 au siège de la chaîne de télévision MBC dans l’ouest de Séoul.

Les supporters nord-coréens aux Jeux olympiques de Beijing en 2008

Les supporters nord-coréens aux Jeux olympiques de Beijing en 2008

6. Une rencontre Nord-Sud au niveau des chefs d'Etat à l'occasion des Jeux

Kim Yong-nam, président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée (et exerce à ce titre les fonctions de chef d'Etat), qui dirigera la délégation nord-coréenne à l'occasion de la cérémonie d'ouverture (et restera au sud jusqu'au 11 février), rencontrera à cette occasion Moon Jae-in, président de la République de Corée. 

Dee gauche à droite : les présidents Moon Jae-in et Kim Yong-nam

Dee gauche à droite : les présidents Moon Jae-in et Kim Yong-nam

7. Un entraînement commun au Nord des skieurs nord et sud-coréens

Les skieurs du Nord et du Sud se sont entraînés en commun au Nord de la péninsule, à la station de Masikryong, et ont disputé ensemble des compétitions amicales.

Sept choses à savoir sur les Jeux olympiques d'hiver de Pyeongchang
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22 janvier 2018 1 22 /01 /janvier /2018 12:36

En éliminant au troisième tour de l'Open d'Australie le numéro 4 mondial Alexander Zverev, le Sud-Coréen Chung Hyeon (58e mondial) a frappé un grand coup en parvenant à se hisser pour la première fois en huitièmes de finale d'un tournoi du Grand chelem, où il a rencontré, ce lundi 22 janvier 2018, son idole Novak Djokovic, qu'il a battu en trois sets à l'issue d'une rencontre âprement disputée (6-7, 5-7, 6-7) qui lui ouvre les portes des quarts de finale. Portrait d'un prodige, formé à la rigoureuse école coréenne.

Qui est Chung Hyeon, la nouvelle star du tennis sud-coréenne ?

Né le 19 mai 1996 à Suwon (République de Corée), Chung Hyeon a grandi au milieu des balles de tennis, avec un père qui pratiquait ce sport et un grand frère plus âgé de trois ans, également joueur professionnel (Chung Hong, 629e joueur mondial). Il se fait un nom en remportant, la première édition du tournoi Next Gen, qui réunit huit espoirs du tennis mondial âgés de moins de 21 ans. Le meilleur joueur mondial âgé de moins de 21 ans, Alexander Zverev (numéro trois mondial au moment du tournoi), fait alors le choix de ne pas participer - il en est effet qualifié d'office pour les ATP Finals.

Or c'est précisément Alexander Zverev que rencontre Chung Hyeon au troisième tour de l'Open d'Australie, où Zverev doit concéder une défaite inattendue (5-7, 7-6(3), 2-6, 6-3, 6-0). Un résultat exceptionnel qui ne s'explique pas seulement par les défaillances du numéro quatre mondial, mais aussi par les impressionnantes qualités du jeune Coréen, comme l'a souligné Alexandre Coiquil pour Eurosport :

Mais on ne va pas minimiser une seconde ce qu'a fait Hyeon Chung. Très bon en fin de saison dernière où il avait remporté le Masters NextGen et accroché Rafael Nadal au Rolex Paris Masters, le 58e mondial a produit un tennis inspiré et intelligent pour aller chercher la victoire. Excellent côté revers, solide mentalement, notamment dans le 4e set où il a bataillé de longues minutes pour préserver son engagement (à 2-0), le joueur de 21 ans s'est offert le plus beau succès de sa jeune carrière en y mettant les formes. Pas un acte de naissance, mais on en est pas loin.

Mais comme les stars naissent toujours deux fois, Chung Hyeon a confirmé en sortant Novak Djokovic en huitièmes de finale. Il faut désormais compter avec une nouvelle idole du tennis mondial.

Sources :

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18 janvier 2018 4 18 /01 /janvier /2018 08:37

Le 17 janvier 2018, des discussions se sont tenues au niveau des vice-ministres de la République de Corée (RDC, Corée du Sud) et de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) au "village de la trêve" à Panmunjom, après la rencontre qui s'était tenue huit jours plus tôt au niveau ministériel, afin de préciser les modalités de la participation des Nord-Coréens - qu'ils soient ou non des sportifs - aux Jeux olympiques de Pyeongchang. En particulier, tous les athlètes coréens défileront sous le même drapeau lors de la cérémonie d'ouverture, et une équipe commune sera formée en hockey féminin. 

JO de Pyeongchang : les deux Corée défileront ensemble et formeront une seule équipe en hockey féminin

Les résultats de la rencontre du 17 janvier 2018 ont été spectaculaire, non pas tant par la nature des mesures décidées (ce n'est pas la première fois que les athlètes coréens défileront ensemble lors d'une cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, ou encore qu'ils enverront de nombreux supporteurs et formeront des équipes conjointes) qu'au regard de la rapidité du dégel des relations inter-coréennes : à cet égard les résultats atteints en quelques semaines traduisent bien une volonté partagée, des deux gouvernements coréens, de renouer avec la coopération Nord-Sud telle qu'elle a existé avant la décennie de présidence conservatrice Séoul (2008-2017), qui a été une décennie perdue pour la paix et la réunification de la Corée. Des avancées dans les relations Nord-Sud dans d'autres domaines peuvent ainsi légitimement être attendues.

La RPD de Corée participera ainsi aux Jeux d'hiver dans quatre disciplines : patinage artistique en couple, ski alpin, ski de randonnées nordique, et hockey sur glace féminin. Pour cette dernière discipline, il s'agira d'une équipe conjointe Nord-Sud, qui devrait être constituée de cinq ou six athlètes nord-coréennes. Cette participation commune conforte l'esprit olympique de paix et de dialogue, puisque la réunion du 17 janvier a aussi conduit à l'annonce que les Nord et les Sud-Coréens défileraient ensemble lors de la cérémonie d'ouverture, derrière le drapeau de la Corée réunifiée, représentant une carte du pays en bleu sur fond blanc. Le nombre de participants parmi les athlètes nord-coréens dépendra des critères du Comité international olympique (CIO) qui délivrera les invitations, puisque les Nord-Coréens ne se sont qualifiés au regard des critères sportifs qu'en patinage artistique avec Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik : Thomas Baich, président du CIO, doit rencontrer des représentants des deux Etats coréens à Lausanne ce samedi 20 janvier 2018.

Outre leurs athlètes, les Nord-Coréens enverront 230 supportrices et une équipe de démonstration en Taekwon-do de 30 membres, soit au total 130 artistes du spectacle, ce qui porterait la taille totale de la délégation de la RPD de Corée à un total compris entre 400 et 500 personnes. La délégation nord-coréenne viendra par la voie terrestre, franchissant donc symboliquement la zone démilitarisée qui sépare les deux parties divisées de la Corée.

Il a également été convenu qu'un événement culturel conjoint sera organisé au nord, dans les Monts Kumgang, et que les skieurs olympiques originaires de toute la péninsule s'entraîneraient dans la station de ski de Masikryong, en RPD de Corée, inaugurée il y a quatre ans.

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9 janvier 2018 2 09 /01 /janvier /2018 20:06

A l'issue de la première rencontre de haut niveau organisée depuis plus de 2 ans entre Nord et Sud-Coréens au "village de la trêve" à Panmunjom, dans la zone démilitarisée, le 9 janvier 2018, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a confirmé sa participation aux Jeux olympiques et paralympiques de Pyeongchang, qui se tiendront en République de Corée (Corée du Sud) en février-mars prochains. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un avait ouvert la perspective d'une participation aux JO d'hiver dans son discours de Nouvel An, tandis que le Président sud-coréen Moon Jae-in avait ensuite obtenu l'accord des Etats-Unis pour reporter les manoeuvres militaires conjointes prévues au premier trimestre 2018. Les deux parties ont également rétabli le dialogue sur les questions militaires. 

Poignée de main entre les chefs des deux délégations : Cho Myoung-gyon, ministre de la Réunification de la République de Corée (à droite), et Ri Son-gwon, président de la Commission de la RPD de Corée pour la réunification pacifique de la Corée (à gauche).

Poignée de main entre les chefs des deux délégations : Cho Myoung-gyon, ministre de la Réunification de la République de Corée (à droite), et Ri Son-gwon, président de la Commission de la RPD de Corée pour la réunification pacifique de la Corée (à gauche).

Le ton chaleureux de la rencontre a été donné par Ri Son-gwon, qui a souligné la volonté du peuple coréen - de tous les Coréens - de progresser sur la voie de la paix et de la réunification : 

Offrons au peuple un cadeau précieux pour le Nouvel An, a lancé le Nord-Coréen. On dit qu’un voyage entrepris à deux dure plus longtemps qu’un voyage solitaire.

Cho Myoung-gyon, chef de la délégation sud-coréenne, a partagé ce rêve et cette ambition, en répondant que "le peuple souhaite ardemment voir le Nord et le Sud aller vers la paix et la réunification".

De fait, les sujets du communiqué de presse conjoint dépassent la seule question de la participation nord-coréenne aux Jeux olympiques et paralympiques de Pyeongchang (qui a été actée). A cet égard, la RPDC désire envoyer non seulement des athlètes, mais aussi des officiels de haut niveau, des journalistes, des observateurs et des supporteurs, ainsi que des troupes artistiques et une équipe de démonstration de Taekwon-do, le sport national de combat coréen. Les modalités opérationnelles de cette participation (trajet - par voie terrestre ? -, logement, sécurité) devront donner lieu à des discussions ultérieures. L'idée que les athlètes du Nord et du Sud défilent sous une bannière commune, comme cela avait été le cas aux Jeux olympiques de 2000, 2004 et 2006, n'a pas été retenue - du moins à ce stade.

Le deuxième grand thème abordé a porté sur les questions militaires. Après le rétablissement d'une ligne de communication civile quelques jours plus tôt, le Nord a annoncé la réouverture de la ligne de communication militaire avec le Sud, suspendue en février 2016 - après que le Sud avait décidé d'arrêter les activités de la zone économique conjointe de Kaesong. Les deux parties ont convenu d'engager des discussions sur les questions militaires, de manière à réduire les tensions dans la péninsule - et par voie de conséquences le risque d'accrochages meurtriers qui n'ont que trop endeuillé la péninsule coréenne depuis la signature de l'accord d'armistice, en juillet 1953.

Le Sud a demandé l'organisation de réunions de familles séparées de part et d'autre du 38e parallèle, à l'occasion du Nouvel An lunaire, qui tombera cette année le 16 février, cette date coïncidant avec la période des Jeux olympiques (du 9 au 25 février). Le communiqué conjoint ne mentionne pas cette question, qui devra en tout état de cause faire l'objet de consultations en RPD de Corée, avant d'être traitée par des échanges entre les Croix-Rouges des deux Etats.

La reprise du dialogue intercoréen a été saluée à Pékin et même à Washington - Donald Trump voulant y voir un signe du bien-fondé de sa ligne intransigeante pour ramener Pyongyang à la table des négociations. D'aucuns diront toutefois que les Américains ont plutôt été mis par les Coréens devant le fait accompli, et qu'il était difficile à l'administration américaine de se mettre en porte-à-faux.

Ce pragmatisme n'est pas partagé par l'opposition sud-coréenne (conservatrice) du Parti de la Liberté de la Corée, toujours hostile à tout dialogue avec le Nord et pro-américaine, et qui a vivement dénoncé la reprise de discussions fragilisant, selon elle, l'alliance américano-sud-coréenne. Ce point de vue n'est pas partagé par l'opinion publique sud-coréenne qui, à 75 %, approuve les initiatives prises pour progresser sur le (long) chemin du rétablissement du dialogue et des échanges Nord-Sud, réduits à néant au cours des deux présidences sud-coréennes conservatrices (2008-2017). Pendant cette décennie perdue pour la réunification de la Corée, la stratégie des conservateurs au pouvoir à Séoul avait consisté à lier les relations intercoréennes et les programmes balistique et nucléaire nord-coréens, tout en apportant un appui inconditionnel aux sanctions internationales contre la RPDC : elle s'était révélée un fiasco non seulement pour la réconciliation Nord-Sud et la diminution durable des tensions, mais aussi d'un point de vue stratégique, n'ayant pas empêché la RPD de Corée de se doter d'une force de dissuasion nucléaire vis-à-vis des Etats-Unis.

Mais cette influence néfaste des conservateurs ne doit pas être sous-estimée, compte tenu du très fort lobbying médiatique qu'ils exercent, notamment dans les médias néo-conservateurs à Séoul et à l'étranger : comme par le passé, ils devraient ouvrir un nouveau front médiatique en remettant au premier plan de l'actualité la question des droits de l'homme au Nord, sur la base d'éléments avérés ou fabriqués. Ainsi, le Sud a évoqué à Panmunjom la question du dialogue sur la dénucléarisation de la RPDC (thème favori des néoconservateurs), soulevant sans surprise de "fortes objections" du Nord, selon les termes de l'agence sud-coréenne Yonhap : Pyongyang a toujours considéré que la question nucléaire relève de ses relations avec les Etats-Unis, et non du dialogue Nord-Sud ; la mention sud-coréenne de ce sujet, sauf si elle visait à donner des gages aux néoconservateurs dans un but tactique de politique intérieure, est de nature à faire échouer la reprise du dialogue Nord-Sud, qui devra encore être consolidée. Le rétablissement de la confiance mutuelle, mise à mal par 9 ans de duplicité des conservateurs sud-coréens qui ont détruit les échanges Nord-Sud sous prétexte d'établir de nouveaux paradigmes, constitue bien un processus long et difficile. 

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5 janvier 2018 5 05 /01 /janvier /2018 21:34

Le 9 janvier 2018, après l'ouverture faite par le Président Kim Jong-un dans son discours de Nouvel An, des délégations de la République de Corée (Corée du Sud) et de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) se rencontreront à la Maison de la paix du village de la trêve, à Panmunjom, pour la première fois depuis décembre 2015, et quelques jours après le rétablissement de la ligne téléphonique d'urgence entre les deux Etats coréens. Parmi les sujets devant être discutés pour restaurer les relations Nord-Sud figurent les conditions de participation de la RPDC aux Jeux olympiques puis paralympiques qui se dérouleront à Pyeongchang (Gangneung et Jeongseon), au Sud de la péninsule, du 9 au 25 février (pour les JO) puis du 8 au 18 mars (pour les Jeux paralympiques). Les espoirs d'une diminution durable des tensions et d'un retour sur la voie du dialogue sont d'autant plus grands que les Etats-Unis ont accepté, sur la demande de la République de Corée et à la suite d'une discussion entre les Présidents Moon Jae-in et Donald Trump, le 4 janvier, de suspendre les exercices de guerre conjoints qui auraient dû avoir lieu, pendant la trêve olympique. 

Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik sont les deux athlètes nord-coréens à s'être qualifiés sportivement aux Jeux de Pyeongchang.

Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik sont les deux athlètes nord-coréens à s'être qualifiés sportivement aux Jeux de Pyeongchang.

Le 29 septembre 2017, les patineurs nord-coréens Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik se qualifiaient en Allemagne aux Jeux olympiques d'hiver de Pyeongchang, en patinage artistique. D'autres athlètes de la RPD de Corée pourraient bénéficier d'invitations du Comité international olympique (CIO), indépendamment de leurs résultats : si le CIO estime la Corée du Nord capable de prendre part à toutes les disciplines, c'est en patinage de vitesse, en ski de fond et en hockey sur glace féminin que les probabilités que soient délivrées des invitations sont les plus élevées. La décision du CIO concernera aussi le couple de patineurs Ryom et Kim, puisque le Comité olympique de la RPDC a omis, dans un contexte de tensions internationales, de confirmer leur participation dans les délais requis - mais dans ce cas l'accord du CIO ne devrait être qu'une formalité.

Des athlètes nord-coréens sont également attendus aux Jeux paralympiques, sur invitation, notamment les skieurs Ma Yoo-cheol et Kim Jung-hyun - ainsi que l'a annoncé Shin Young-soon, président de la Fondation américaine Kinsler qui soutient leur participation aux Jeux paralympiques. Dans un entretien à l'agence sud-coréenne Yonhap cité par The Korea Herald, Shin Young-soon a précisé que les deux athlètes s'étaient entraînés pendant 10 jours sur le mont Paektu avec un entraîneur canadien, et qu'ils poursuivraient leur entraînement près de Francfort.


Si la RPD de Corée n'est pas une nation majeure des Jeux olympiques d'hiver, elle n'en a pas moins participé à la plupart des dernières éditions des Jeux - sauf en 1994, 2002 et 2014. A Albertville en 1992, 20 athlètes nord-coréens avaient même pris part à la compétition - parmi eux, Hwang Ok-sil avait remporté une médaille de bronze en patinage de vitesse (500 m dames). Auparavant, aux Jeux d'Innsbruck en 1964, Han Pil-hwa avait décroché l'argent, également en patinage de vitesse (3 000 m dames).

Lee Hee-beom, président du comité organisateur des Jeux de Pyeongchang, a évoqué une possible venue des athlètes nord-coréens par la route, alors que les trajets entre les deux Corée doivent normalement s'effectuer via un pays tiers (généralement la Chine) - tandis que des groupes de supporteurs pourraient venir par bateau. 

Le sport en général, et les Jeux olympiques en particulier, ont été un puissant facteur de rapprochement intercoréen pendant la décennie du "rayon de soleil" (1998-2008) - avant que le retour au pouvoir des conservateurs à Séoul ne ruine les fragiles acquis du dialogue Nord-Sud, jusqu'à la victoire du démocrate Moon Jae-in, en mai 2017, qui a toujours plaidé pour un rétablissement des échanges intercoréens. Lors des Jeux d'été de Sydney en 2000 et d'Athènes en 2004, puis des Jeux d'hiver de Turin en 2006, Nord et Sud-Coréens avaient défilé sous la même bannière lors des cérémonies d'ouverture, derrière le drapeau de la Corée unifiée, représentant la carte du pays en bleu sur fond blanc. 

Délégation unifiée de la Corée lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'Athènes, en 2004.

Délégation unifiée de la Corée lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'Athènes, en 2004.

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15 décembre 2017 5 15 /12 /décembre /2017 13:54

A moins de deux mois de l'ouverture des XXIIIes Jeux olympiques d'hiver, qui se dérouleront à Pyeongchang en République de Corée (Corée du Sud) du 9 au 25 février 2018, la rumeur ne cesse d'enfler dans les médias : la bonne organisation des Jeux serait menacée, les principaux arguments avancés étant la suspension de la Russie en tant que nation participante (ses athlètes pouvant toutefois participer sous drapeau olympique, sur invitation, en portant la mention « Athlètes olympiques de Russie ») et, surtout, la situation de tensions dans la péninsule coréenne. N'étant pas compétente sur le premier point, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) expose les raisons pour lesquelles les inquiétudes sur le second point sont inutilement grossies et exagérées par des médias en quête d'informations sensationnelles, et alimentées par des déclarations maladroites ou malveillantes de responsables politiques qui méconnaissent la situation - à l'instar de la ministre française des Sports, et double championne olympique Laura Flessel, qui avait cru bon d'évoquer, en septembre 2017, la possibilité que les athlètes français ne se rendent pas en Corée "si ça s'envenime et qu'on n'arrive pas à avoir une sécurité affirmée" - avant de rétropédaler après le tollé créé par ses déclarations.

Arrêtons les fantasmes : les jeux de Pyeongchang auront bien lieu et seront certainement un succès

Lorsque les Jeux olympiques d'été de 1988 avaient été attribuées à la République de Corée, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) avait cherché à obtenir, en vain, une co-organisation. Pourtant, et malgré des relations bilatérales Nord-Sud alors pratiquement inexistantes, aucun incident à l'initiative de la RPDC n'avait émaillé les Jeux pendant leur déroulement même - malgré le boycott de l'événement par les athlètes nord-coréens.

Pour les Jeux de Pyeongchang, la situation est tout autre : à aucun moment il n'a été réellement question d'envisager une co-organisation par la RPD de Corée qui, contrairement à la situation qui prévalait trente ans plus tôt, a davantage de relations avec le Sud, et n'a pas non plus parlé à ce stade de boycott - deux de ses athlètes ayant même été sélectionnés, et l'AAFC espère fortement qu'ils seront effectivement présents. Si la situation politique et militaire devait avoir une incidence sur les Jeux de Pyeongchang, en aucun cas ce ne serait être à l'initiative des Nord-Coréens.

Reste l'inconnue américaine. Car, contrairement aux Jeux de Séoul, le Président américain a, lui, ouvertement parlé de guerre il y a trois mois, en parlant de "détruire complètement" la Corée du Nord à la tribune des Nations unies le 19 septembre 2017 - et c'est bien cela qui doit inquiéter tous ceux qui, comme à l'AAFC, ne souhaitent pas que l'esprit olympique soit remis en cause par des considérations d'ordre politique qui devraient lui être étrangères.

Mais il n'échappe à aucun observateur vigilant que les tensions sont plutôt sur une phase descendante et, surtout, que les propos bellicistes de l'administration Trump n'ont été suivis d'aucune action concrète : il est en effet douteux que les Etats-Unis aient les moyens d'une nouvelle guerre de Corée.

Dans ce contexte, l'AAFC salue l'espoir d'une solution pacifique à la crise en cours, après l'échange téléphonique entre Vladimir Poutine et Donald Trump le 15 décembre 2017, au cours duquel la question coréenne a été évoquée : plus tôt dans la journée, le président russe avait salué "la prise de conscience" de l'administration américaine sur le sujet. Il reste à espérer que les Etats-Unis reviendront à la raison pour cesser l'escalade vers un conflit dont les conséquences seraient catastrophiques.

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