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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 22:33

kimchi_patrimoine-mondial_UNESCO_kimjang.jpgTous les amateurs de cuisine coréenne connaissent le kimchi, qui est le plat traditionnel le plus représentatif de la Corée, du Nord au Sud de la péninsule, à base de chou fermenté dans une sauce de saumure. Il est moins connu que le kimjang, la préparation et le partage du kimchi, est aussi un élément fondamental de la culture coréenne, où il est d'usage de partager les plats entre tous les convives - à la différence de la tradition occidentale, où chacun au restaurant commande son propre menu, ce qui semble de prime abord être une attitude particulièrement égoïste pour les Coréens. Le kimjang devrait bientôt être inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO.

Après la cuisine française, c'est tout un pan de la cuisine - et de la culture - coréenne qui devrait bientôt être honoré d'une inscription sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité, établie par l'UNESCO.

En effet, la coutume coréenne du kimjang devrait être ajoutée au patrimoine culturel immatériel de l'humanité en décembre. Le procédé du kimjang a reçu un statut d'inscription sur la liste, qui est l'étape préliminaire à une inscription pleine et entière. La décision finale doit être prise lors d'une réunion de comité de l'UNESCO, à Bakou, du 2 au 7 décembre 2013.

L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), qui a promu la connaissance de la cuisine coréenne notamment lors de la semaine de la culture coréenne en octobre 2012, puis à l'occasion d'un stage de cuisine coréenne à Tousson, se félicite de ce processus d'inscription du kimjang au patrimoine immatériel de l'UNESCO.

Source : Hankyoreh (dont photo).

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 23:01

kim-jong-un-dennis-rodman referenceL'ancienne star du basketball américain Dennis Rodman est retourné en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), où il a retrouvé le Maréchal Kim Jong-un, qui dirige la RPD de Corée, et qu'il avait rencontré plus tôt en début d'année (photo à gauche). Si les médias occidentaux qui l'ont interrogé à son retour ont d'abord mis en avant que le dirigeant Kim Jong-un et sa femme Ri Sol-ju avaient une fille, la nouvelle la plus significative concernant la RPD de Corée est que Dennis Rodman entend revenir en RPD de Corée en décembre, pour sélectionner des joueurs qui pourraient ainsi disputer un match amical en début d'année prochaine avec d'autres noms du basket américain (Dennis Rodman a cité ceux de Scottie Pippen et Karl Malone). Il s'agirait non seulement d'une nouvelle illustration de la diplomatie du sport - qui peut rapprocher des nations s'opposant politiquement - mais aussi d'une façon pour la RPD de Corée de préparer les prochaines échéances sportives, comme les Jeux olympiques de 2016. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) apporte quelques clés de compréhension, au regard de la culture coréenne, sur cette amitié peu banale entre un Américain et un Nord-Coréen.

Quand Dennis Rodman a décrit Kim Jong-un comme "un ami pour la vie" à l'issue de sa première visite en RPD de Corée, les médias occidentaux ont souvent adopté un ton ironique, en soulignant notamment le contraste physique entre les deux hommes. Mais ce n'est pas la première fois que des Occidentaux qui ont visité la Corée du Nord nouent des relations d'amitié avec les Coréens qu'ils ont côtoyé au quotidien - le plus souvent, leurs guides - pendant leurs séjours, même brefs, en RPDC : pour peu qu'une relation de confiance se forme, il y a déjà la surprise de découvrir une image des Nord-Coréens très différente de celle véhiculée par les médias dominants : ils apparaissent ouverts d'esprit, prompts à livrer des éléments très personnels et aussi à montrer leurs sentiments et à prodiguer des gestes d'affection qui, dans le langage du corps européen, sont bannis entre des amis de même sexe (d'où les images où l'on voit Dennis Rodman enlacer le Président Kim Jong-un). Les "Latins de l'Asie" - comme sont souvent appelés les Coréens, du Nord comme du Sud de la péninsule - ont un tempérament qui nous rappelle, en Europe, la chaleur des Méditerranéens. Il n'est pas rare que les adieux avec les guides nord-coréens soient très émouvants.

Dès lors, si un Coréen vous considère comme son ami, ce n'est pas une convenance ou une formule de politesse comme peuvent l'être les "bien à vous" et "bien cordialement" des fins de lettre en Occident, qui semblent souvent si dépourvus de sens aux Coréens.  Un Coréen peut ainsi vous proposer de devenir son ami, et il vous dira souvent que vous lui avez manqué après une absence plus ou moins longue... alors que les Européens tendent à éviter l'expression des sentiments d'amitié. On peut imaginer que tel a été le cas entre Kim Jong-un et Dennis Rodman, qui souligne que le dirigeant nord-coréen est une personnalité peu banale...
un peu comme lui, au fond.

 

Dans la tradition confucéenne, qui continue d'imprégner la société coréenne, la sincérité est une obligation entre amis : on reste fidèle à un ami, même si on le perd de vue et qu'on ne le rencontre plus. Le plus jeune des deux amis pourra dire de l'autre qu'il est comme son (grand) frère ou sa (grande soeur), ce qui signifie une loyauté évoquant des liens  tels que ceux qui s'établissent entre les membres d'une même famille, ainsi que des obligations de soutien mutuel (si un ami proche est en difficulté, c'est votre devoir de le soutenir ; le plus âgé ou le plus puissant ne peut pas non plus refuser son aide). La formule de Dennis Rodman sur son amitié pour le leader de la RPDC présente des accents de sincérité profondément coréens. Ceux-ci sont nés d'une passion commune, le basketball, et ont conduit tout naturellement à confier des éléments plus personnels touchant à la vie privée. Etre invité chez un Coréen est un honneur insigne : c'est celui qu'a reçu Dennis Rodman lors de sa seconde visite, dans un lieu de villégiature au bord de la mer.

Aussi la façon dont les Nord-Coréens peuvent être perçus encourage souvent les Occidentaux qui ont des amis en RPDC à vouloir casser les stéréotypes. C'est, au fond, ce que fait Dennis Rodman quand il loue la personnalité chaleureuse du Maréchal Kim Jong-un, ou encore lorsqu'il veut développer une diplomatie du basketball entre les Etats-Unis et la RPD de Corée.

 

Sources : AAFC, Mercury News.

 

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 20:06

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) reste méconnue en ce qui concerne les questions religieuses. Pourtant, celles-ci sont loin d’être négligeables. D’abord, il convient de rappeler qu’il y a peu de chrétiens, l’évangélisation s’étant surtout faite au Sud. Il y avait donc peu de chrétiens à la fin des années 1940 dans le Nord. La Guerre de Corée accentua certainement la dialectique entre un Nord athée et un Sud religieux, ce qui suscita une méfiance à l’égard du christianisme. On sait que les adversaires de la RPDC ne sont pas privés d’invoquer les valeurs du christianisme, entraînant peut-être certaines suspicions. Pourtant, il est nécessaire de rectifier les choses en raison de leur complexité. La RPDC n’a pas évacué cette composante de la société coréenne. La présence et le témoignage chrétiens ne sont, en effet, nullement absents de la RPDC.

 

Ainsi, le dimanche 4 août 2013, la délégation de l’AAFC alors présente en RPDC a assisté à un office protestant dans une église de Pyongyang. Ses membres ont ainsi rencontré une communauté fervente. Sous la houlette de son pasteur, les fidèles chantent et prient (il y a une alternance de chants et de lectures). Une remarquable chorale participe à l’animation de l’office. On reconnaît quelques étrangers, même si l’essentiel de l’assistance est bien d’origine coréenne, preuve qu’il est possible de prier à Pyongyang. Sur chaque banc, on peut trouver des livres de prière ainsi que plusieurs bibles, venant de Corée du Sud ou non. C’est un signe d’échanges religieux entre les deux Corée. Les fidèles ont donc accès à la Bible dans son intégralité.

 Eglise-Pongsu_pyongyang_coree-du-nord_2.JPG

 

La cérémonie célébrée ce dimanche présente un caractère pleinement religieux sans aucune confusion avec un quelconque message politique ; on sait d’ailleurs que les chrétiens de Corée sont aussi d’ardents patriotes. À cet égard, le récent constat de vacance du diocèse de Pyongyang s’inscrit probablement dans les démarches de l’épiscopat de Corée du Sud qui souhaite ainsi béatifier son titulaire que l’on peut considérer comme étant décédé (il aurait 106 ans ! Or, d’après les statistiques, aucun centenaire homme de RPDC n'aurait cet âge…). En effet, le 1er juillet dernier, la Secrétairerie d’État du Vatican a cessé de mentionner à l’Annuaire pontifical Mgr François Borgia Hong Yong-ho. Désormais, le diocèse de Pyongyang n’a plus de titulaire (en revanche, canoniquement, une administration apostolique, dont l’archevêque de Seoul est l’administrateur, continue à gérer les catholiques de ce territoire). Au-delà de la béatification, c’est aussi l’unité du pays que les évêques coréens cherchent à défendre, unité qui est aussi clairement défendue par les autorités de Pyongyang. Pour le Cardinal Nicholas Cheong Jinsuk, « travailler par tous les moyens à la réconciliation des deux Corées » (entretien à 30 jours, mars 2006) constitue l’une des priorités de l’Église coréenne. On ne peut que souhaiter que cet objectif soit poursuivi.

 

L’aspect chrétien est loin d’être escamoté dans les différents sites visités en RPDC, même s’il peut s’agir de pages encore douloureuses dans la mémoire du peuple coréen. Ainsi, à Sinchon, dans un musée consacré aux exactions commises par les Américains, la délégation a constaté l’exposition de quelques objets religieux. Ils rappellent la trop forte connivence du prosélytisme avec la présence américaine. On notera que ces aspects du christianisme sont clairement présentés au public, ce qui peut familiariser les Coréens avec les éléments qui concourent à la dévotion du chrétien.

 

Sinchon_guerre-de-coree_objets-religieux_coree-du-nord_2.JPG

 

Photos HJ - AAFC

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 16:58

Pour sa première bénédiction urbi et orbi à l'occasion de la fête de Pâques, le pape François a mis l'accent sur la paix dans le monde, en évoquant plus particulièrement la nécessaire "réconciliation" dans la péninsule coréenne. Ce message a d'autant plus de portée que, dans le Sud de la Corée, les catholiques forment 10,3% de la population et ont été historiquement impliqués dans les combats politiques, hier pour la démocratisation de la Corée du Sud et aujourd'hui pour la réunification de leur pays divisé.

Vavicant_Place_St-Pierre.jpgAlors que les tensions augmentent dans la péninsule coréenne, le pape François a mentionné la situation du pays, divisé depuis plus de soixante ans, dans sa première bénédiction urbi et orbi prononcée sur la place Saint-Pierre à l'occasion de la fête de Pâques, le 31 mars 2013, devant plus de 200.000 fidèles : "Paix en Asie, surtout dans la péninsule coréenne, pour que soient surmontées les divergences et que mûrisse un esprit renouvelé de réconciliation."

Par le passé, les Eglises coréennes - notamment bouddhistes et chrétiennes - ont exaucé le même voeu de réconciliation. En juillet 2008, le Conseil oecuménique des Eglises avait lancé un appel aux autorités sud-coréennes pour une reprise du dialogue intercoréen sans conditions préalables. Les bouddhistes de l'ordre Jogye se sont fortement engagés ; en mars 2010, ils avaient dû batailler avec le gouvernement sud-coréen de Lee Myung-bak pour avoir la possibilité de se rendre au Nord afin de promouvoir le dialogue religieux intercoréen.

Après l'élection du pape François, des messages de félicitations lui avaient été adressés, non seulement du Sud de la péninsule (où les catholiques comptaient fin 2011 5,3 millions de fidèles, soit 10,3% de la population, répartis dans 15 diocèses, dont les archevêchés de Séoul, Taegu et Gwangju), mais aussi de République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).

En Corée du Sud, si les protestants - proches des Eglises américaines - sont en général proches des conservateurs, les catholiques se sont impliqués et continuent de s'investir dans la vie publique pour la démocratie et la réunification de la péninsule. Aujourd'hui très actifs dans le refus d'installation d'une base navale à Jeju, ils ont payé un lourd tribut dans la lutte contre le régime militaire en Corée du Sud, avec le soutien de Stephen Kim Sou-hwan (1922-2009), archevêque de Séoul de 1968 à 1998, qui avait été élevé au rang de cardinal par le pape Paul VI en 1969. La cathédrale Myeongdong, à Séoul, avait alors hébergé les militants pour la démocratisation en Corée du Sud, pour échapper à la répression de l'armée responsable de la mort de milliers d'opposants durant les mandats des généraux Park Chung-hee (1961-1979) et Chun Doo-hwan (1979-1988).


Sources : AAFC, TF1

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 00:53

Le 17 mars 2013, selon l'agence KCNA de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), l'Association des catholiques coréens de RPDC a adressé un message de félicitations au cardinal Jorge Mario Bergoglio pour son élection comme le 266ème pape de l'Eglise catholique.

 

 Après son élection à la tête de l'Eglise catholique, le cardinal Jorge Mario Bergoglio, devenu pape sous le nom de François Ier, a reçu des messages de félicitations des catholiques du monde entier.

 

 En RPD de Corée, un message de félicitations a été adressé le 17 mars 2013 par Jang Jae-on Samuel, président du Comité central de l'Association des catholiques coréens. Selon l'agence nord-coréenne KCNA, "le message a souhaité au cardinal, vicaire du Christ sur Terre, de grands succès dans son travail pastoral pour développer l'Eglise catholique et pour réaliser la paix, l'amour et la justice".

 

Pays de tradition religieuse bouddhiste, la Corée est devenue au XIXème siècle le pays le plus christianisé d'Asie de l'Est après les Philippines. Au Nord de la péninsule, se trouvent deux diocèses, à Pyongyang - avec la cathédrale Changchung (photo ci-dessous, source Panoramio) - et Hamhung, ainsi que l'abbaye Sainte-Bénédicte de Tokwon.

 

changchung_cathedral_pyongyang_north-korea.jpg

 

Source : KCNA (dépêche du 17 mars 2013).

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 00:21

Comment expliquer que, malgré l'impopularité record du président sortant Lee Myung-bak (27 % d'opinions favorables), la candidate du parti au pouvoir, Mme Park Geun-hye, reste créditée d'une avance moyenne de 5 à 6 points sur son principal concurrent Moon Jae-in, à un peu plus de deux semaines de l'élection présidentielle du 19 décembre 2012 ? C'est qu'en Corée du Sud les conservateurs bénéficient de puissants relais d'opinion, non seulement au sein des Eglises protestantes et de l'armée, mais aussi dans une presse quotidienne très nettement orientée à droite. Par leurs tirages très supérieurs à ceux des pays occidentaux, les quotidiens pèsent fortement sur un électorat âgé et vieillissant, qui se mobilise davantage pour les élections. Par ailleurs, les personnes âgées de plus de 65 ans n'utilisent encore guère les nouveaux médias sur Internet qui ont fait, a contrario, le succès des mobilisations populaires contre le président Lee Myung-bak. Dans ce contexte, si l'opposition démocrate a pu remporter les élections présidentielles de 1997 et 2002, c'était à l'arraché, face à une droite qui dispose d'un socle électoral plus large et de soutiens médiatiques puissants et influents. L'AAFC présente ci-après les principaux titres de la presse quotidienne nationale d'information politique et générale payante (à l'exclusion notamment des journaux économiques, des titres régionaux et des quotidiens gratuits).

 

La trilogie conservatrice et le Chojoongdong

 

Trois quotidiens de droite, qui ont été hostiles à la politique du "rayon de soleil" d'ouverture au Nord qu'avaient conduite les présidents démocrates Kim Dae-jung (1998-2003) et Roh Moo-hyun (2003-2008), dominent encore et toujours le paysage de la presse quotidienne sud-coréenne. Chacun d'entre eux a un tirage quotidien de l'ordre de 2 millions d'exemplaires, soit sept fois celui des titres français les plus lus de la presse quotidienne nationale et environ 60 % du tirage global de la presse quotidienne.

 

800px-ChosunIlbo_-January1-1940-.jpgLe Chosun Ilbo (littéralement, le Quotidien de la Corée) se hisse sur la plus haute marche du podium. Son nom fait référence à celui de la Corée (Chosun) avant l'occupation japonaise, et repris aujourd'hui par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), alors que la République de Corée (du Sud) traduit le nom de la Corée par HangukLe Chosun Ilbo est né de la résistance à l'occupation japonaise en 1920, au lendemain du soulèvement pour l'indépendance du 1er mars 1919. Si le journal s'enorgueillit d'avoir été victime de la censure pendant l'occupation japonaise - le titre a alors été suspendu quatre fois et ses exemplaires confisqués à 471 reprises - (à gauche, l'exemplaire publié le 1er janvier 1940), puis d'avoir prôné la liberté de la presse pendant le régime de Park Chung-hee, son anticommunisme l'a de plus en plus aligné sur les positions de la droite conservatrice, y compris pendant le régime militaire du général Chun Doo-hwan (1979-1988). Le Choson est friand de rumeurs, souvent alimentées par les services secrets sud-coréens, sur la vie privée réelle ou supposée des dirigeants nord-coréens. Ces articles doivent être considérés avec la plus extrême précaution en l'absence, le plus souvent, d'autres sources moins orientées.

 

Le Dong-a Ilbo (le Quotidien d'Asie orientale) a également été fondé pendant la colonisation japonaise en 1920. Sa ligne éditoriale conservatrice est proche de celle du Choson. Il a également subi des démêlés avec le pouvoir de Park Chung-hee pour avoir critiqué les atteintes à la liberté de la presse, avant de s'aligner de plus en plus nettement sur la droite après 1980. Il a toutefois joué un rôle important dans le soulèvement démocratique de juin 1987, en révélant la mort sous la torture de l'étudiant Park Jong-chol. Son tirage le place aujourd'hui après le JoongAng.

  

Le JoongAng Ilbo (le Quotidien du centre) a été créé en 1965 par Lee Byung-chul, fondateur du groupe Samsung, qui est devenu la première fortune de Corée grâce au soutien que lui apporté le régime militaire du général Park. Le JoongAng reste lié aux conglomérats sud-coréens (les chaebols). Il cherche aujourd'hui à se positionner sur un créneau moins droitier que ses deux concurrents directs, le Chosun Ilbo et le Dong-a Ilbo, en accordant une certaine couverture aux mouvements sociaux et en diversifiant ses sujets, au-delà des thèmes sensibles à son lectorat âgé et conservateur.

 

Mais ces nuances doivent être relativisées : les trois titres ont tous défendu la politique du Président conservateur Lee Myung-bak, en particulier sur le controversé accord de libre-échange avec les Etats-Unis et dans sa remise en cause du dialogue intercoréen. Lors du naufrage du Cheonan, ils avaient accusé la Corée du Nord avant même la publication de l'enquête officielle. Les progressistes leur ont également reproché de passer sous silence les révélations de Wikileaks défavorables au pouvoir conservateur du chef de l'Etat sortant, dans une critique de ce qui a été appelé le Chojoongdong (néologisme désignant la même ligne éditoriale des trois quotidiens, d'après la première syllabe du nom de ces titres).

 

La prédominance des titres de la "trilogie conservatrice" a favorisé l'émergence en Corée du Sud du journalisme participatif, selon un modèle qui permet à chaque citoyen d'écrire des articles publiés sur Internet après avoir été soumis à relecture, vérification et validation par des journalistes professionnels, et dont le titre le plus populaire est Ohmynews, fondé en 2000.

 

 

La presse progressiste

 

the-hankyoreh-epaper.jpgAvec un tirage approchant les 500.000 exemplaires, le Hankyoreh Shinmun a été de tous les combats menés par les démocrates et les progressistes, ayant été fondé en 1988 par des journalistes dissidents du Chosun et du Dong-a : contre le régime militaire et la censure alors exercée par le gouvernement et la presse de droite, puis pour le dialogue avec le Nord, sans toutefois passer sous silence les critiques vis-à-vis de la RPDC exprimées notamment par la droite sud-coréenne. Cette démarche, qui tranche avec celle des titres de la "trilogie conservatrice", vaut au Hankyoreh Shinmun d'être considéré comme le plus fiable des quotidiens sud-coréens par l'opinion publique. L'indépendance éditoriale est garantie par la répartition du capital entre plus de 60.000 petits actionnaires et des journalistes, dont aucun ne détient plus de 1 % du capital.

 



Le recentrage du Hankyoreh Shinmun a favorisé l'émergence d'un autre titre de centre-gauche qui s'est récemment doté d'une version en anglais sur Internet. Fondé en 1946 par l'Eglise catholique, le Kyunghyang Shinmun (les Nouvelles quotidiennes urbi et orbi) a été la propriété du chaebol Hanwha jusqu'à la crise financière asiatique de 1997. Son tirage actuel atteint 350.000 exemplaires.

 

Les deux principaux journaux progressistes ont été à la pointe du combat pour révéler les incohérences et les contradictions de l'enquête officielle lors du naufrage du Cheonan.



Le Naeil Shinmun est également classé parmi la presse quotidienne nationale de sensibilité plutôt progressiste.



Les autres titres

 

Le Hankook Ilbo (Quotidien de la Corée), dont le tirage approche le million d'exemplaires, appartient à l'Etat. Comme l'agence de presse Yonhap ou la chaîne de radio et de télévision KBS, il relaie donc plutôt aujourd'hui les positions du pouvoir conservateur, même si sa ligne est traditionnellement plus centriste que celle des titres de la "trilogie conservatrice". Sur le naufrage du Cheonan, si ces médias publics ont été moins virulents à l'égard de la RPDC que le Chojoongdong, ils se sont alignés de manière inconditionnelle sur la position officielle du Gouvernement dès que celle-ci a été rendue publique. A côté de KBS, l'autre grande chaîne de radio et de télévision (MBC) est également publique, mais ses journalistes sont plus marqués à gauche, alors que ceux de KBS sont réputés être davantage conservateurs. Les équipes de MBC ont engagé une des plus longues grèves de l'histoire des médias sud-coréens pour protester contre la tentative de reprise en main par le gouvernement du Président Lee Myung-bak, après que ce dernier eut choisi une équipe de direction acquise à ses vues conservatrices.

 

 Le Seoul Shinmun a un tirage dépassant les 700.000 exemplaires. L'Eglise universelle pour l'unification (dite "secte Moon") dispose de son propre quotidien, le Segye Ilbo.

 

Il faut enfin signaler plusieurs titres en anglais, dont la lectorat est par définition plus réduit, et qui se positionnent plutôt au centre-droit : The Korea Herald et The Korea Times sont les plus influents. The Korea Times cherche à se démarquer en abordant des thèmes originaux par rapport aux autres quotidiens.

 



Sources : AAFC, Bibliomonde, wikipédia.

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 17:46

Sur les sites Internet sud-coréens, la publicité pour la chirurgie esthétique occupe une large place, et pour cause : les Sud-Coréens sont les plus gros consommateurs au monde de chirurgie esthétique, ce qui a fait de ce secteur d'activité l'un des plus lucratifs et les plus concurrentiels. Au moment où la pop culture sud-coréenne (K-Pop) connaît un succès sans précédent en dehors de la péninsule coréenne, peu de leurs fans étrangers sont conscients que non seulement les chanteuses et les actrices, mais aussi les chanteurs et acteurs de Corée du Sud sont le produit d'un long travail de bistouri, supports d'une esthétique stéréotypée dans un nouveau segment de la consommation culturelle de masse (à cet égard, espérons que le succès phénoménal sur YouTube de Gangnam Style de PSY conduira les maisons de production sud-coréennes à s'interroger sur l'attente du public pour des créations un peu plus originales). Pour comprendre l'engouement des jeunes de Corée du Sud, au premier rang desquels les filles, pour passer sur la table d'opération, nous publions ci-après une traduction de l'anglais d'une éclairante enquête du Daily Mail, parue le 24 octobre 2012 sur le site Internet du quotidien, et intitulée "South Korean girls' obsession with double eyelid surgery as they strive to look like 'pretty western celebrities' " (L'obsession des filles sud-coréennes pour la chirurgie des paupières, alors qu'elles s'évertuent à ressembler aux 'belles célébrités occidentales'). Cet article montre que la chirurgie esthétique est encouragée par les parents (qui paient souvent les opérations après la réussite aux examens), son utilisation massive traduisant une volonté d'accroître un capital physique pour assurer une réussite sociale dans des sociétés privilégiant l'apparence aux qualités intrinsèques des individus. S'ils ne pratiquent pas le plus vieux métier du monde, les médecins spécialisés dans la chirurgie esthétique pratiquent sans doute la médecine la plus lucrative au monde, et ils ne manquent pas d'arguments pour justifier du bien-fondé de leurs interventions. Les goûts esthétiques ainsi promus valorisent des normes de beauté standards pour plaire au plus grand nombre (dont on notera d'ailleurs avec intérêt qu'elles ne sont pas tout à fait les mêmes qu'en Occident, sinon comment expliquer des unions mixtes entre Asiatiques et Européens ?). Elles sont l'expression d'une négation, sinon d'une haine de soi, non seulement comme personne, mais aussi comme Coréen(ne) : les millions de Sud-Coréen(ne)s passé(e)s au bistouri traduisent la standardisation culturelle du monde selon des critères extérieurs, en l'occurrence anglo-américains. Ces jeunes sont ainsi les victimes et les instruments consentants d'une marchandisation du monde contemporain, dans lequel l'apparence éthérée et vaine de l'univers des people devient l'Eldorado des sociétés capitalistes consuméristes, ayant renoncé à tout idéal et à toute ambition.

 

Les femmes sud-coréennes sont tellement immergées dans la culture occidentale de la célébrité que la chirurgie des paupières, qui crée des rides caucasiennes que beaucoup de femmes asiatiques n'ont pas naturellement, est devenue aussi banale que d'aller chez le dentiste.

 

Ayant dépassé le Brésil comme la capitale mondiale de la chirurgie plastique, la Corée du Sud compte maintenant le plus grand nombre d'opérations par habitant.

 

Etant allée voir derrière la scène de la Semaine de la Mode de Séoul pour les articles en ligne de la série que consacre le magazine Vice à la Semaine Internationale de la Mode, Charlet Duboc a dévoilé leur quête d'une vision stéréotypée du visage occidental.

 

chirurgie_esthetique_Coree-du-Sud_1.jpg

 

Mlle Duboc a demandé à une jeune chanteuse de K-Pop du groupe D-Unit pourquoi une femme sur cinq avait subi une opération de chirurgie esthétique en Corée du Sud, ce qui est d'ailleurs devenu un cadeau fréquent des parents à leurs enfants après leur réussite aux examens.

 

La chanteuse a déclaré : "en raison de ses caractériques propres, l'apparence des Occidentaux est pour nous un idéal. De grands yeux ronds, un nez droit, un visage rond".

 

chirurgie_esthetique_Coree-du-Sud_2.jpg

 

La chirurgie des paupières consiste à couper l'extrémité des yeux pour les faire apparaître plus grands et plus ronds, ce qui augmenterait la confiance en soi selon certains praticiens.

 

Chirurgien à la Clinique de chirurgie plastique Seo Jae Don, le Docteur Seo nous a décrit l'un des patients ce jour-là, qui avait de petits yeux et était venu du Japon pour avoir une chirurgie du visage.

 

Il nous a expliqué l'opération : "Nous allons lui faire une opération des paupières et lui donner un plus grand nez. Elle a aussi un large front, nous allons donc le diminuer de taille en faisant des injections dans le front et le mont. Ainsi, son apparence globale sera beaucoup plus séduisante".

 

chirurgie_esthetique_Coree-du-Sud_3.jpg

 

En parlant de Mlle Duboc, née en Angleterre et qui a été top model, il a ajouté : "Beaucoup de nos clients veulent avoir des traits comme les vôtres.

 

Les visages plus grands sont considérés comme étant aujourd'hui à la mode. Si votre visage a la forme d'une pomme, vous avez plus de chances de voir votre destin changer. On pense que l'avenir sera favorable.

 

Beaucoup de filles viennent ici après avoir rompu avec leur petit ami... Il y a des médecins qui soignent des maladies que l'on peut voir ; nous, nous soignons les gens dont le coeur a été brisé. Il n'est pas besoin de vivre avec un sentiment de mécontentement à cause de son apparence".

 

Il semble toutefois que la Semaine de la Mode de Séoul tente de prendre ses distances avec la culture de la chirurgie plastique portée par la K-Pop.

 

Mlle Duboc a expliqué que, en coulisses, beaucoup de gens veulent renverser la tendance, et sont favorables à un style plus naturel.

 

Une étudiante en mode née en Corée du Nord et venue au Sud quand elle était enfant, qui était assise à côté de Mlle Duboc lors de l'un des défilés, a déclaré que "si une personne veulent avoir plus de confiance en soi en cachant ses handicaps, je pense que c'est bien, mais vouloir complètement changer d'apparence est une erreur totale".

 

Elle a ajouté : "Je pense que beaucoup de mes amies ont fait [de la chirurgie esthétique]. Je pense que notre désir d'être aussi belles que les stars est plus grand que dans n'importe quel autre pays".

 

Une artiste maquillée en a convenu, en faisant ce commentaire : "Je déteste les gens qui font une opération des paupières, personnellement je préfère le style naturel".

 

Et un modèle qui passait par là a déclaré : "Je pense que la beauté coréenne est un style avec des paupières naturelles".

 

Une participante extérieure à la culture de la Semaine de la Mode, qui a récemment subi une opération et a été déçue quand Mlle Duboc a admiré son style "naturel et unique", a expliqué que ses traits différents de ceux des Occidentaux sont ce qui la rend belle : "Ma mère me soutiendra toujours dans ma quête pour être plus belle, mon père sera un peu plus inquiet. L'ancienne génération pense que c'est le naturel qui est beau, qu'il vaut mieux être original. L'importance de la beauté est différente pour chaque individu".

 

Article traduit du Daily Mail (y compris photos), traduction AAFC

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 20:59

assemblée-populaire-suprême corée-du-nordRéunie en session plénière le 25 septembre 2012 (photo à gauche) en présence de Kim Jong-un, Premier secrétaire du Parti du travail de Corée, l'Assemblée populaire suprême de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a porté à douze ans la durée de l'enseignement obligatoire, en allongeant d'un an la scolarité à l'école primaire. Cette décision s'inscrit dans le cadre de la priorité accordée à la jeunesse par les autorités nord-coréennes.

 Dans son intervention en séance publique le 25 septembre 2012, le président de l'Assemblée populaire suprême Choe Thae-bok a présenté le rapport législatif "sur la mise en place d'un système d'éducation obligatoire pendant douze ans". Destinée à améliorer le système éducatif secondaire, la nouvelle loi vise à consolider les connaissances de base de l'enseignement primaire, en mettant notamment l'accent sur l'apprentissage des nouvelles technologies. Alors que l'accès à l'enseignement supérieur est soumis à des examens d'entrée très sélectifs, un des objectifs poursuivis est aussi d'améliorer la formation initiale en vue d'élever le niveau de développement économique et social.

Comme l'avait détaillé l'Association d'amitié franco-coréenne dans une brochure réalisée pour le CILRECO, l'éducation en RPD de Corée est publique, gratuite et obligatoire. La durée obligatoire d'enseignement a été progressivement allongée, étant portée à sept ans en 1958, neuf ans en 1967 et onze ans en 1975. La mise en place d'une durée de scolarisation obligatoire de douze ans poursuit ainsi un mouvement initié par le Président Kim Il-sung après la fin des combats de la guerre de Corée.

 L'enseignement primaire gratuit et obligatoire est entré en vigueur en août 1956, avant que l'enseignement secondaire gratuit et obligatoire ne soit généralisé le 1er novembre 1958. L'exemption de frais de scolarité a été étendue à l'enseignement supérieur par la décision n° 18 du Conseil des ministres du 2 mars 1959.

Aujourd'hui, les étudiants nord-coréens reçoivent tous un revenu minimum. Pour les garçons, la réussite aux examens d'entrée à l'université entraîne aussi l'exemption de droit du service militaire. Il n'est cependant pas rare que, après leur service, les jeunes hommes soient à nouveau candidats aux examens d'entrée à l'université.

Avant l'entrée en vigueur du projet de loi adopté le 25 septembre 2012, la scolarité obligatoire se répartissait entre une année de maternelle, quatre années d'école primaire et six années d'école secondaire (l'équivalent des classes françaises de collège et de lycée). Le nouveau dispositif d'enseignement obligatoire allonge de quatre à cinq années la scolarisation obligatoire dans les classes du primaire. 

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  Etudiants nord-coréens apprenant le français à l'Université Kim Il-sung de Pyongyang en 2006

(Photo : Alain Noguès)

 


Sources : KCNA ; Histoire générale de la Corée, tome III, éditions en langues étrangères de Pyongyang, 1996, pp. 202-205.

 

 

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 21:38

Si l'essor des sociétés de sécurité privées n'est pas un phénomène propre à la République de Corée (du Sud), il est singulier qu'au pays du Matin calme celles-ci se soient lancées tout particulièrement dans des activités très spéciales : expulser les habitants des quartiers pauvres et briser les grèves. Dotées de moyens qui devraient être réservés aux seules forces de l'ordre publiques, elles s'érigent en véritables milices dont la puissance grandissante fait peser une menace croissante sur les libertés publiques.

 

Le 27 juillet 2012, 200 hommes employés par la société Contactus sont entrés dans l'usine de pièces SJM en grève à Ansan (ci-dessous, fermant l'entrée de l'usine, le 30 juillet dernier; photo Hankyoreh). Ils étaient armés de matraques et dotés de casques et de boucliers en plexiglas, et sont intervenus sous le regard des forces de police qui n'ont pas jugé utile d'intervenir. Qui ne dit mot consent ?

 

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Les milices privées interviennent fréquemment en Corée du Sud pour briser les grèves, mater les étudiants ou expulser les habitants pauvres de quartiers voués à la démolition. D'ordinaire les médias nationaux sud-coréens, pour la plupart frappés d'un atavisme conservateur les conduisant à condamner systématiquement les syndicats, ne jugent pas utile d'en rendre compte. Mais cette fois le cynisme de Contactus a donné une publicité sans précédent à l'action des milices privées.

 

Car Contactus se vante de disposer de moyens militaires : capacité à mobiliser jusqu'à 3 000 hommes, équipés d'armures, de chiens et de canons à eau anti-émeutes, ainsi que d'hélicoptères sans pilote. Et leurs activités ont fait florès depuis l'entrée en fonctions du Président Lee Myung-bak (Parti Saenuri, conservateur) : les sociétés privées "sont de mieux en mieux organisées. Il est pourtant interdit à des sociétés privées de posséder de tels équipements lourds et de recourir à la violence. Mais sous l'administration Lee Myung-bak, le gouvernement n'applique pas strictement la loi", comme l'explique Park Hui-hyeon, de l'ONG d'avocats Minbyung.

 

Car les liens entre les sociétés de sécurité privées et le pouvoir conservateur sont troubles. Les milices défendent les intérêts des grands groupes, les chaebols, auxquels le Président Lee Myung-bak est ouvertement favorable après s'être fait élire en 2007 sur un programme de soutien à l'économie de marché. Au demeurant, Moon Sung-ho, PDG de Contactus, est membre du parti Saenuri, au pouvoir à Séoul.

 

Après l'affaire SJM, les dirigeants de Contactus ont dû s'expliquer devant une commission parlementaire réunie à l'initiative du Parti démocrate (principal parti d'opposition, centriste), ce qui a conduit à la publication de la liste des clients de Contactus., tandis que la police a dû s'excuser

 

Bien que Contactus ait perdu sa licence en août et que plusieurs de ses cadres fassent l'objet de poursuites judiciaires, tandis que son président a démissionné de ses fonctions le 1er août dernier, des dizaines d'autres sociétés de sécurité privée poursuivent leurs activités et leur travail d'intimidation vis-à-vis des dirigeants syndicaux et des travailleurs en grève. Pour la défense des libertés publiques en Corée du Sud, il importe que le prochain chef de l'Etat qui sera élu à Séoul, en décembre, quelle que soit son appartenance politique, prenne à bras-le-corps un sujet qui jette une ombre sur le système politique et social sud-coréen.

 

Principale source : " 'La privatisation de la violence' se répand en Corée du Sud", article publié dans La Croix le 16 septembre 2012.

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 21:13

Le 28 août 2012, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a célébré le 85ème anniversaire de la fondation de la Ligue de la jeunesse communiste de Corée, aujourd'hui la Ligue de la jeunesse socialiste Kim Il-sung. En 2012, la commémoration avec faste de la Journée de la jeunesse, le 28 août, traduit une attention particulière aux questions de la jeunesse du nouveau dirigeant Kim Jong-un, lui-même âgé d'une trentaine d'années.

 

Après la Libération de la Corée en 1945, le Président Kim Il-sung, âgé de 33 ans, avait secoué le vieil édifice social coréen, encore marqué par des siècles d'immobilisme fondé sur la tradition confucéenne. Comme l'a montré Charles K. Armstrong dans The North Korean Revolution, il s'était directement impliqué dans la promotion des femmes - en particulier dans l'adoption, dès 1946, de la loi sur l'égalité entre les hommes et les femmes - ainsi que de nouveaux jeunes cadres, souvent issus de la paysannerie et de la classe ouvrière naissante. Ce faisant, il avait insufflé un élan modernisateur à une société encore imprégnée des inégalités féodales.

 

Deux générations plus tard, c'est à nouveau un des plus jeunes chefs d'Etat au monde, le Premier secrétaire du Parti du travail de Corée Kim Jong-un, qui fait le pari de la jeunesse. Le style de gouvernement change - un familier des dirigeants nord-coréens, peu suspect de sympathie pour la RPDC, le cuisinier japonais Kenji Fujimoto, en témoigne - et la musique populaire se modernise, quand les nouvelles technologies (téléphone portable, tablette pour PC) envahissent la vie quotidienne. Amorcés au début des années 2000, alors que la RPDC était dirigée par Kim Jong-il, ces changements sont le fruit d'une lente évolution, qu'à l'AAFC nous avons pu constater, année par année, lors de nos voyages en RPD de Corée : les vêtements colorés s'imposent comme la norme, de nouveaux loisirs s'imposent - comme le bowling et le roller - alors que sont créés de nouveaux parcs d'attraction. Et quand la première dame Ri Sol-ju apparaît désormais dans les manifestations officielles, son style vestimentaire est celui déjà adopté par la jeunesse de Pyongyang.

 

Dans ce contexte, les cérémonies de commémoration sont l'occasion, pour la direction de la RPD de Corée, de mettre l'accent sur la priorité accordée à la jeunesse : après la célébration de la fondation de l'Union des enfants coréens, la capitale a retenti des manifestations organisées pour la Journée de la jeunesse, le 28 août 2012, à l'occasion du 85ème anniversaire de la fondation de la Ligue de la jeunesse communiste en 1927, dans les combats de la résistance antijaponaise menés par le Président Kim Il-sung.

 

Car l'accent est mis sur la continuité entre les luttes d'hier et d'aujourd'hui (cf. ci-dessous, les délégués à la Journée de la jeunesse en visite au cimetière des martyrs révolutionnaires) : alors que la jeunesse est célébrée comme l'avant-garde de la révolution, les brigades de choc rivalisent pour accélérer l'effort de construction.

 

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Le 25 août, les délégués invités à Pyongyang pour les manifestations de la Journée de la jeunesse figuraient aux places d'honneur lors de la représentation du spectacle de gymnastique de masse Arirang.

 

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Comme à la Libération en 1945, et plus encore après la guerre de Corée, ces évolutions préfigurent l'accession aux responsabilités de nouvelles générations de cadres, en partie formés à l'étranger, qui ont témoigné de leur volonté de poursuivre l'oeuvre de leurs aînés.

 

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Principales sources : AAFC, KCNA (dont photos).

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