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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 21:55

Le 26 février 2015, par sept voix contre deux la Cour constitutionnelle de la République de Corée (Corée du Sud) a jugé contraire à la Constitution l'article 241 du Code pénal qui, depuis 1953, punissait l'adultère d'une peine maximum de deux années de prison. La Corée du Sud était l'un des rares pays non musulmans au monde à maintenir en vigueur le délit d'adultère.

La Corée du Sud a aboli le délit d'adultère

2008. L'actrice Ok So-ri est condamnée à huit mois de prison avec sursis pour adultère. Saisie, la Cour constitutionnelle ne considèrera pas le délit d'adultère comme contraire à la Constitution. Mais son cas émeut : car si l'actrice a eu des relations extraconjugales avec un cuisinier italien et un chanteur plus jeune qu'elle, que dire du comportement de son mari, habitué des bars à hôtesses et qui, selon l'actrice, n'avait eu de relations sexuelles avec elle que dix fois en onze de mariage ? Le caractère injuste, absurde et archaïque de la loi punissant l'adultère, édictée en 1953 pour, disait-on alors, protéger les femmes souvent dépendantes financièrement de leur mari, apparaissait alors sous un jour nouveau.

La décision en sens inverse rendue le 26 février 2015 par la Cour constitutionnelle sud-coréenne représente bien une victoire pour les partisans de la protection de la vie privée, après qu'elle eut servi à condamner 100.000 personnes en plus de soixante ans. Depuis 2008, 22 personnes avaient encore été emprisonnées sur le fondement de l'article 241 du Code pénal. Les poursuites étaient encore plus nombreuses (5.500 en six ans, dont 900 pour la seule année 2014).

Les deux juges minoritaires n'en ont pas moins invoqué la menace sur "l'ordre social" et une possible "poussée de la débauche", témoignant de l'influence d'une partie des protestants sud-coréens, très puritains, dans une société où les moeurs ont pourtant fortement évolué : selon un sondage rendu public le 15 février 2015 par l'Institut de développement des femmes coréennes, près de 40 % des Coréens mariés et 6,5 % des Coréennes mariées auraient pourtant eu une relation extra-conjugale.

Sources :

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 00:02

Du 22 au 26 février 2015, une délégation de 22 personnes de la Fédération coréenne des personnes handicapées (FCPH) de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), conduite par son vice-président M. Kim Mun-chol, est venue à Paris après avoir séjourné en Angleterre. Cette visite exceptionnelle avait été rendue possible par l'ONG britannique DULA, présidée par le pasteur Lee Seok-hee, qui l'a préparée en partenariat avec l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), qui avait rencontré la FCPH lors de sa visite en RPD de Corée en août 2014. Deux représentations exceptionnelles données par les handicapés coréens ont réuni au total plus de 150 personnes, le 23 février au Secours populaire français et le 24 février à l'Institut national des jeunes sourds de Paris (INJS), faisant la démonstration d'un talent à couper le souffle. Par ailleurs, le programme de visite des responsables de la FCPH a permis de nouer des contacts en vue d'échanges ultérieurs franco-coréens dans les domaines sportif, éducatif et culturel sur la question du handicap.

Un public mixte nombreux, français et coréen, originaire de l'ensemble de la péninsule et d'outre-mer, a longuement applaudi la troupe des jeunes sourds dans leur représentation de Blanche Neige, et l'ensemble des artistes coréens

Un public mixte nombreux, français et coréen, originaire de l'ensemble de la péninsule et d'outre-mer, a longuement applaudi la troupe des jeunes sourds dans leur représentation de Blanche Neige, et l'ensemble des artistes coréens

Alors que le Royaume-Uni s'est engagé de longue date dans le soutien aux handicapés en RPD de Corée, depuis notamment la participation d'un athlète nord-coréen aux Jeux paralympiques de Londres en 2012, c'était la première fois qu'une représentation artistique par les handicapés était donnée en France : huit jeunes danseurs sourds, deux instrumentistes aveugles (à l'accordéon et au kayageum, instrument traditionnel à cordes coréen), et deux chanteurs - un jeune handicapé moteur et une jeune femme ayant une main artificielle - ont fait la démonstration de leur talent lors de deux représentants exceptionnelles à Paris, le 23 février au Secours populaire français et le 24 février à l'Institut national des jeunes sourds de Paris. Les morceaux et les scènes qui ont interprétés ont alterné classiques du répertoire coréen - notamment un émouvant Arirang - et du répertoire occidental - en particulier Blanche Neige et les sept nains, revisités toutefois suivant une esthétique coréenne traditionnelle. Des médias sud-coréens étaient présents pour couvrir cet événement.

Suivie d'un cocktail dînatoire, la représentation du 24 février a été précédée d'une conférence-débat avec M. Kim Mun-chol, vice-président de la Fédération coréenne des personnes handicapées, fondée en 1999, sur la question du handicap en RPD de Corée, qui a rappelé les droits des handicapés dans la législation nord-coréenne, mais aussi le chemin qui restait à parcourir. La participation de jeunes athlètes de la RPD de Corée aux Jeux para-asiatiques d'Incheon, en Corée du Sud, à l'automne 2014, a aussi témoigné de la volonté de renforcer la participation des handicapés aux événements sportifs internationaux - alors que les Nord-Coréens visent l'obtention de médailles d'or aux Jeux paralympiques de Rio de Janeiro en 2016, en mettant l'accent sur plusieurs disciplines : le tennis de table, le tir à l'arc, la natation et l'haltérophilie. Faisait partie de la délégation en visite en Angleterre et en France Mme Ri Bun-hui, ancienne championne du monde de tennis de table en 1991, en double avec la Sud-Coréenne Hyun Jung-hwa, qui a préparé les premiers tournois de tennis de table pour handicapés au nord de la péninsule coréenne.

Spectacle époustouflant des jeunes handicapés coréens à Paris
Spectacle époustouflant des jeunes handicapés coréens à Paris
Spectacle époustouflant des jeunes handicapés coréens à Paris
Mme Claudine Casanova a remis le trophée de l'INJS à M. Kim Mun-chol et au pasteur Lee Seok-hee

Mme Claudine Casanova a remis le trophée de l'INJS à M. Kim Mun-chol et au pasteur Lee Seok-hee

La venue en France de la délégation de la Fédération coréenne, déjà en relation avec Handicap International, a aussi été l'occasion de nouer des contacts et des échanges avec d'autres associations plus spécialement en charge du handicap en France, notamment l'Association des paralysés de France (APF), en vue de coopérations futures. M. Bruno Gaurier, conseiller politique du Conseil français des personnes handicapées pour les questions européennes, a longuement reçu les membres de la délégation au siège de l'APF, le 23 février.

Au plan institutionnel, les dirigeants de la Fédération coréenne des personnes handicapées ont été reçus au ministère français des Affaires étrangères, par les représentants de la direction Asie et la sous-direction en charge des affaires humanitaires et des droits de l'homme de la direction des Nations Unies et des organisations internationales. Les coopérations culturelles, éducatives et sportives dans le domaine du handicap entrent pleinement dans le champ des actions du bureau français de coopération à Pyongyang, ouvert à l'automne 2011. Si la RPD de Corée a signé il y a deux ans la convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, qui a inspiré les modifications de sa législation en 2003, ce texte reste encore en attente de ratification par le Parlement.

Les représentants de la FCPH ont également été reçus, au Sénat, par le sénateur Jean-Claude Frécon, président du groupe d'étude et de contact interparlementaire France-RPDC. L'audition a été suivie d'une visite du Palais du Luxembourg.

Le 25 février, l'ensemble des membres de la délégation ont visité la capitale, notamment la Sorbonne et le Musée du Louvre, avant de se rendre à la Tour Eiffel, donnant aux jeunes handicapés une occasion unique de découvrir la France avant, peut-être, d'y revenir pour d'autres représentations. C'est en tout cas le voeu que forme l'AAFC, à l'issue d'une première visite couronnée de succès.
 

Spectacle époustouflant des jeunes handicapés coréens à Paris
Spectacle époustouflant des jeunes handicapés coréens à Paris
Spectacle époustouflant des jeunes handicapés coréens à Paris

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 23:59

Première université privée à voir ouvert ses portes en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), grâce notamment à l'implication et à l'entregent d'un Coréen Américain, James Kim, la Pyongyang University of Science and Technology (PUST) accueille des professeurs étrangers. Parmi eux, un Américain, Will Scott, doctorant en informatique, a donné entre octobre et décembre 2013 des cours sur les systèmes d’exploitation, d'une part, et les bases de données, d'autre part - alors que les autorités nord-coréennes ont mis l'accent sur l'informatique depuis une génération pour accélérer les mutations économiques et technologiques, en envoyant notamment des étudiants dans des pays étrangers (Chine, Inde...). Will Scott a rendu compte de son expérience fin 2014 lors d'une conférence à Hambourg, et dans les médias occidentaux. Nous reprenons et commentons ci-après des extraits d'un entretien qu'il a accordé à Martin Untersinger, envoyé spécial du quotidien Le Monde à Hambourg.

Will Scott, un professeur d'informatique américain en Corée du Nord

S'agissant du profil de ses étudiants, Will Scott observe qu'ils ont quelques années d'études supérieures derrière eux et appartiennent à la "classe moyenne de Pyongyang" - ce qui correspond par ailleurs au profil des étudiants internationaux nord-coréens, qui étudient à l'étranger.

"Les étudiants avaient tous choisi cette université. Beaucoup semblaient issus de la classe moyenne de Pyongyang, avec des parents médecins par exemple. Agés de 21 ou 22 ans, ils avaient déjà une ou deux années d’études supérieures. Certains avaient déjà étudié l’informatique, mais beaucoup étaient des débutants."

 

S'agissant d'Internet, Will Scott relève que les étudiants connaissent le réseau, en soulignant que la visite en RPD de Corée d'Eric Schmidt, le PDG de Google, a été fortement médiatisée en interne (ainsi d'ailleurs que dans les médias anglo-saxons). Il mentionne également l'accès à l'Internet traditionnel (donc pas au seul réseau Intranet nord-coréen), avec un filtrage. Les étudiants n'ont pas d'adresses email personnelles - de fait, en RPDC, les adresses mél appartiennent à des institutions, et pas à des particuliers.


"Est-ce qu’ils connaissaient Internet ?

Oh oui, bien sûr, ils connaissaient Internet. Ils connaissaient Bill Gates, Mark Zuckerberg, Steve Jobs. Les informations leur parviennent d’un nombre surprenant d’endroits. Ils savaient aussi qu’Eric Schmidt [le PDG de Google] avait visité le pays, car cela avait été relayé dans les journaux. Ils connaissaient l’entreprise et savaient ce qu’elle faisait. On parlait des réseaux sociaux, je leur ai expliqué ce qu’était Dropbox."


"A quel réseau avaient-ils accès ?

Sur le campus, nous avions accès à l’Internet traditionnel. C’est un débat récurrent au sein de l’université : les professeurs plaident pour un accès plus large et la direction est réticente. Les étudiants en équivalent de master et de dernière année de licence ont accès à Internet. Il y a du filtrage, mais je ne sais pas exactement lequel. Ce n’est pas un accès complètement restreint. Les étudiants l’utilisent pour de la recherche et pour leurs devoirs. Ils n’ont pas d’adresse e-mail, ils ne l’utilisent pas pour socialiser."

 

Will Scott estime que les étudiants nord-coréens (qui, au PUST, sont tous anglophones), avec qui il avait des discussions sur des sujets de loisirs comme le sport, n'étaient pas différents des autres étudiants en informatique, notamment dans leur vision des outils informatiques à des fins utilitaires (par exemple commerciales) plus que pour créer des réseaux sociaux. Une des difficultés qu'il a rencontrées pour ses cours était les pannes de courant.

Il a notamment souligné l'accès au réseau de téléphonie mobile (en se trompant sur le nombre d'abonnés, estimé à 2 millions et pas 1 million, pour une population d'environ 25 millions d'habitants) et l'achat de tablettes (basées sur Android) par certains étudiants.


"Est-ce que l’informatique et Internet sont susceptibles de changer la façon dont ils voient le monde ?

J’espère. Les membres de la classe aisée que j’ai côtoyés veulent pouvoir dire ce qu’ils veulent. Ce sont eux qui utilisent Internet et les téléphones mobiles, auxquels environ un million de Nord-Coréens sont abonnés. Quelques magasins vendent des tablettes et certains de mes étudiants en possédaient."

 

En conclusion, Will Scott a déploré que l'émergence d'une classe moyenne ouverte sur l'étranger soit un aspect de la RPD de Corée qu'occultent les médias occidentaux. De fait, il s'agit d'un des changements les plus notables engendrés par la mise en oeuvre des mesures d'ouverture économique depuis 2002.


"Pensez-vous que les gens se font une fausse image de la Corée du Nord ?

La façon dont la Corée du Nord est vue sur la scène internationale est très différente de la réalité à Pyongyang. Il existe une classe moyenne dont on entend jamais parler, qui se rend en avion en Chine, dont les étudiants partent à l’étranger, notamment en Suède, en Suisse ou en France. Certains sont un peu des citoyens du monde, même en étant Nord-Coréens."

 

Sources :

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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 00:06

Selon les résultats d'une enquête rendue publique le 16 décembre 2014 par l'Institut de recherche économique de KT (anciennement Korea Telecom), les Sud-Coréens passent en moyenne 3h39 chaque jour sur leur smartphone (hors communications téléphoniques). Alors que la République de Corée (Corée du Sud) est le pays le plus connecté au monde, où les smartphones se sont d'ailleurs le plus rapidement généralisés, leur irruption dans la vie quotidienne a changé les loisirs et les habitudes de consommation, entraînant notamment une baisse du temps consacré à la lecture des livres et des journaux.

Les Sud-Coréens passent en moyenne 3h39 chaque jour sur leur smartphone

Le temps passé par les Sud-Coréens sur leur smartphone été multiplié par 2,4 depuis la précédente enquête de mars 2012, de 1h31 par jour à 3h39 aujourd'hui (hors communications), selon les résultats de l'enquête conduite par Nielsen.

La dépendance aux smartphones apparaît la plus forte parmi les 20-29 ans (4h41 par jour en moyenne) et les moins de 19 ans (3h59). La durée quotidienne d'utilisation atteint 3h40 chez les trentenaires, 3h09 chez les quadragénaires et 2h31 chez les quinquagénaires.
 

Signe de cette hyper-utilisation, notamment pour d'autres usages que les appels téléphoniques, 25 % des personnes interrogées ont déclaré tenir leur smartphone à la main quand elles marchent dans la rue (contre 17 % en 2008). 39 % le mettent dans leur poche et 15 % dans leur sac (contre respectivement 39 % et 26 % cinq ans plus tôt).

Source :

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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 23:22

Du 26 novembre au 2 décembre 2014 un ensemble exceptionnel de manifestations publiques ont eu lieu en France à l'occasion de la visite dans notre pays d'une délégation du Conseil coréen pour les femmes requises pour l’esclavage sexuel militaire japonais (dites "femmes de réconfort"). La délégation était accompagnée, de la présidente du Conseil coréen, Mme Yoon Mee-hyang, et d'une survivante, Mme Kil Won-ok, ainsi que du professeur d'histoire japonais Hirofumi Hayashi et de Mme Yang Jing-ja, Coréenne du Japon, responsable de l'ONG Action au Japon pour la résolution de la question des "femmes de réconfort". A l'occasion de la troisième visite en France depuis un peu plus d'un an d'anciennes "femmes de réconfort" coréennes (les précédents déplacements avaient eu lieu en septembre 2013 et juin 2014), avec l'entier soutien une nouvelle fois de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), la sensibilisation de l'opinion publique internationale apparaît comme un enjeu majeur pour que les autorités japonaises reconnaissent leur responsabilité dans la réduction en esclavage de centaines de milliers de femmes et que, plus jamais, les conflits dans le monde ne s'accompagnent de violations aussi brutales des droits fondamentaux de la personne humaine. La visite de la délégation coréano-japonaise lui a également permis de rencontrer des parlementaires français et des représentants du ministère des Affaires étrangères et de la Ville de Paris, sept ans jour par jour après l'adoption d'une résolution par le Parlement européen, le 3 décembre 2007, visant à rendre justice à toutes les anciennes victimes de l'esclavage sexuel japonais.

Ce 26 novembre, la traditionnelle "manifestation du mercredi", organisée chaque semaine depuis le 8 janvier 1992 pour exiger une reconnaissance officielle par l'Etat japonais des crimes qu'il a commis à l'encontre des "femmes de réconfort", avait eu lieu à Paris, place du Trocadéro, sur le parvis des droits de l'homme. Mme Yoon Mee-hyang a pris la parole en sa qualité de présidente du Conseil coréen pour les "femmes de réconfort", en présence de Mme Kil Won-ok. Parmi les orateurs, Patrick Kuentzmann, secrétaire général de l'AAFC, a exprimé la pleine solidarité de l'Association d'amitié franco-coréenne avec le combat pour la justice et la dignité en faveur des anciennes esclaves sexuelles de l'armée impériale japonaise. La manifestation a continué avec une cérémonie aux chandelles, très émouvante, en face de la Tour Eiffel.

A  l'issue d'une visite exceptionnelle à Paris : justice pour les "femmes de réconfort"
Manifestation aux chandelles, le 26 novembre 2014, place du Trocadéro, en présence de Mme Kil Won-ok

Manifestation aux chandelles, le 26 novembre 2014, place du Trocadéro, en présence de Mme Kil Won-ok

Le 27 novembre, une projection au Forum des images, aux Halles, du film Murmures, témoignage poignant des anciennes "femmes de réconfort", a été suivie d'une rencontre et d'un débat avec la délégation internationale en visite en France.

Une conférence de presse a été organisée le vendredi 28 novembre, à la sortie du métro Bir Hakeim. Elle s'est tenue symboliquement à quelques pas du centre culturel japonais. Présents aux côtés d'autres membres de l'AAFC, Benoît Quennedey et Nguyen Dac Nhumai ont exprimé leur soutien au combat des femmes coréennes au micro de la télévision sud-coréenne.

Le 28 novembre 2014, à la sortie du métro Bir Hakeim

Le 28 novembre 2014, à la sortie du métro Bir Hakeim

Un moment clé des manifestations en France a été la tenue de la conférence internationale, pendant une journée, le samedi 29 novembre, dans les locaux de l'Université Paris-Diderot, en présence de plusieurs personnalités. Notamment, Hirofumi Hayashi, professeur d'histoire à l'Université de Kanto Gakuin, au Japon, a fait part de ses travaux sur la question des "femmes de réconfort", lesquels ont permis de révéler que des Françaises ont aussi été victimes des pratiques de l'armée japonaise à la fin de la Seconde Guerre mondiale en Indochine. Après les témoignages et exposés des membres de la délégation coréenne et japonaise, Brigitte van Halder, de la Fondation des anciennes dettes japonaises, a évoqué le cas des Pays-Bas dans les crimes de guerre du Japon et les actions menées pour leur résolution. Patricia Sellers, conseillère spéciale à la Cour pénale internationale et professeur à l'Université d'Oxford, a exposé l'illégalité de l’esclavage sexuel militaire japonais. Enfin, Geneviève Garrigos, présidente d’Amnesty International France, a dénoncé la permanence des violences sexuelles en temps de guerre et l'exigence de solidarité vis-à-vis des femmes qui en sont victimes. 


Les participants ont signé et fait signer la pétition en vue de réunir 100 millions de signatures pour la reconnaissance par les autorités japonaises du crime de guerre commis à l'égard des victimes d'esclavage sexuel, et pour que ces dernières obtiennent une juste réparation du préjudice qu'elles ont subi.

A  l'issue d'une visite exceptionnelle à Paris : justice pour les "femmes de réconfort"
A  l'issue d'une visite exceptionnelle à Paris : justice pour les "femmes de réconfort"
Conférence internationale, organisée à l'Université Paris Diderot le 29 novembre 2014

Conférence internationale, organisée à l'Université Paris Diderot le 29 novembre 2014

Sur l'initiative du Professeur Jean Salem, une rencontre-débat à l'Université de la Sorbonne, le lundi 1er décembre, a réuni près de 100 personnes. Le témoignage de Mme Kil Won-ok a été écouté avec respect et émotion par l'assistance, souhaitant ardemment garantir que les femmes ne soient plus les victimes d'une exploitation sexuelle indigne en temps de guerre.

Enfin, le 2 décembre, les membres de l'Association d'amitié franco-coréenne ont rencontré Mme Kil Won-ok et les membres de la délégation du Conseil coréen pour les femmes requises pour l’esclavage sexuel militaire japonais. Ils ont été touchés par le destin de Mme Kil Won-ok, née à Pyongyang, abandonnée à son sort à la fin de la guerre avant de gagner le port d'Incheon sans jamais pouvoir vivre à nouveau dans sa région natale. N'ayant pas pu avoir d'enfant, Mme Kil Won-ok a adopté un fils, dont elle est fier qu'il soit devenu pasteur. La division de la péninsule a créé un second drame pour les femmes qui, originaires du Nord ou du Sud de la Corée, ont été séparées du reste de leur famille depuis près de sept décennies. Si tous les Coréens sont unis dans le combat pour les "femmes de réconfort", c'est aussi la responsabilité des associations qui, telles que l'AAFC, luttent pour la réunification de la Corée, de permettre que les survivantes restées de l'autre côté de la DMZ puissent nourrir l'espoir de revoir leur pays natal.

A  l'issue d'une visite exceptionnelle à Paris : justice pour les "femmes de réconfort"
A  l'issue d'une visite exceptionnelle à Paris : justice pour les "femmes de réconfort"
Madame Kil Won-ok entourée de la délégation du Conseil coréen et des membres de l'Association d'amitié franco-coréenne, le 2 décembre 2014

Madame Kil Won-ok entourée de la délégation du Conseil coréen et des membres de l'Association d'amitié franco-coréenne, le 2 décembre 2014

Site Internet du Conseil coréen pour les femmes requises pour l'esclavage sexuel militaire japonais ("femmes de réconfort") : www.womenandwar.net (anglais et coréen)

 

Photos :

 

Chronique de l'affaire des "femmes de réconfort"

Janvier 1990

Yun Chung-ok, professeur de l'Université féminine d'Ewha, Corée du Sud, publie un article sur l'affaire des "femmes de réconfort" dans le journal Hankyoreh.

Juin 1990

Un représentant du gouvernement japonais nie à l'Assemblée nationale l'implication de l'Etat dans le système d'esclavage sexuel.

Août 1991

Kim Hak-soon, citoyenne sud-coréenne âgée de 68 ans, déclare publiquement qu'elle a été "femme de réconfort" de l'armée japonaise, pour protester contre les déclarations fallacieuses du gouvernement japonais. De nombreuses survivantes du système d'esclavage sexuel mis en place par l'armée japonaise vont suivre son exemple.

Décembre 1991

Kim Hak-soon et deux autres survivantes coréennes intentent un procès réclamant des excuses et des réparations officielles de la part du gouvernement japonais.

Janvier 1992

Première "manifestation du mercredi" qui se tiendra, dès lors, chaque semaine devant l'ambassade du Japon à Séoul

Découverte à la bibliothèque du ministère de la Défense du Japon de documents prouvant l'implication de l'Etat dans la mise en place et la gestion des bordels militaires de campagne de l'armée japonaise

Le Premier ministre japonais Kiichi Miyazawa présente des excuses officielles à l'occasion d'une visite en Corée du Sud. Néanmoins, le gouvernement japonais maintient sa position quant à la question des indemnisations, déclarant que toutes ces questions ont été définitivement réglées par les traités conclus après la guerre, notamment le traité de 1965 normalisant les relations entre le Japon et la Corée du Sud.

Décembre 1992

Procès des survivantes de Pusan, Corée du Sud, et des membres du Women's Labor Corps

Avril 1993

Procès des survivantes philippines

Procès de Song Shin-do, résidente coréenne au Japon

Août 1993

Le secrétaire général du cabinet japonais, Yohei Kono, admet l'implication des autorités japonaises dans le système des bordels militaires de campagne.

Janvier 1994

Procès des survivantes néerlandaises

Juin 1995

Plutôt que d'assumer ses responsabilités juridiques et de procéder à des réparations officielles, le gouvernement japonais établit un fonds privé, l'Asian Women's Fund, qui allouera de l'argent aux survivantes en guise de réparations.

Août 1995

Procès des survivantes chinoises (1er groupe)

Février 1996

Procès des survivantes chinoises (2eme groupe)

Avril 1996

Le rapport de Radhika Coomarasawamy, rapporteure spéciale chargée de la question de la violence contre les femmes, est adopté par la Commission des droits de l'homme des Nations Unies qui retient la notion de crime contre l'humanité.

Décembre 1997

Décès de Kim Hak-soon qui avait révélé son passé de "femme de réconfort" en aôut 1991.

Avril 1998

Le tribunal de première instance de Shimonoseki, Japon, reconnaît en partie la responsabilité du gouvernement japonais et lui ordonne d'indemniser les plaignantes. Cette seule victoire partielle parmi tous les procès intentés par les survivantes sera rejetée par la Cour suprême. 

Août 1998

La sous-commission pour la promotion et la protection des droits de l'homme de l'ONU adopte le rapport de Gay J. McDougall, rapporteure spéciale, exhortant le gouvernement japonais à indemniser les victimes.

Octobre 1998

Procès des survivantes de Shan-xi, Chine

Mars 1999

Le comité d'experts de l'Organisation internationales du travail (OIT) exhorte le gouvernement japonais à indemniser les victimes, estimant que l'établissement de l'Asian Women's Fundun fonds privé, n'est pas la bonne solution.

Juillet 1999

Procès de survivantes taïwanaises

Décembre 2000

Le "tribunal civil international des femmes contre l'esclavage sexuel de l'armée japonaise" se réunit à Tokyo, à l'initiative d'organisations non gouvernementales de plusieurs pays entendant protester contre l'impunité du crime

Janvier 2001

La chaîne de télévision publique japonaise NHK programme une émission consacrée au "tribunal civil international des femmes contre l'esclavage sexuel de l'armée japonaise". A la veille de sa diffusion, l'émission est largement censurée à la suite de pressions politiques, suscitant de nombreuses protestations contre NHK.

Juillet 2001

Procès des survivantes de l'île de Haïnan, Chine

Décembre 2001

Le "tribunal civil international des femmes contre l'esclavage sexuel de l'armée japonaise" rend son verdict à La Haye.

Mars 2007

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe nie l'implication du gouvernement japonais dans l'enrôlement forcé des "femmes de réconfort".

Juillet 2007

La Chambre des représentants des Etats-Unis adopte une résolution exhortant le Japon à présenter des excuses officielles aux survivantes.

Décembre 2007

Le Parlement européen adopte une résolution concernant les anciennes "femmes de réconfort", survivantes de l'esclavage sexuel de l'armée japonaise.

Le combat continue...

 

Médias régionaux français 

logo Eclaireur

"Découvrir la cuisine... coréenne", compte rendu du stage de cuisine coréenne organisé par le foyer rural de Tousson (77)dans l'hebdomadaire L'Eclaireur du Gâtinais et du Centre, 28 février 2013

LePopulaire logo

"Des étudiants sud-coréens face à l'histoire", article paru dans le quotidien régional Le Populaire du Centre, 6 juillet 2012

"Mondial 2010 : le nord, l'autre Corée", entretien avec Benoît Quennedey, président du comité Bourgogne de l'AAFC, dans le quotidien régional Le Bien Public, 5 juin 2010

"300 000 sans abris en Corée du Nord à cause des inondations", entretien avec Benoît Quennedey, AAFC, dans le quotidien régional Le Bien Public, 21 août 2007

"Secours populaire : un pont entre Fives et la Corée du Nord", article paru dans le quotidien régional La Voix du Nord, 26 juin 2008

"Secours populaire : un container part pour la Corée du Nord", article paru dans le quotidien régional Nord Eclair, 26 juin 2008

 

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 00:18

Le 13 novembre 2014, plus de 640.000 jeunes Sud-Coréens ayant terminé leurs études secondaires passent le test d'aptitude aux études universitaires (TAEU ; en anglais college scholastic ability test ou CSAT). Il s'agit d'une institution fondamentale du système éducatif en République de Corée (Corée du Sud), puisque son résultat détermine non seulement la capacité à poursuivre ses études à l'université (alors que les Sud-Coréens affichent l'un des taux les plus élevés au monde d'études supérieures, de l'ordre de 90 % d'une classe d'âge), mais aussi la possibilité d'intégrer l'un des plus prestigieux établissements supérieurs du pays. Si cette forme de sélection n'est pas propre à la République de Corée, en revanche les vives critiques qu'elle soulève - notamment de la part de la gauche - amènent à s'interroger sur son bien-fondé.

Pendant une journée, la Corée du Sud vit à l'heure du test d'aptitude aux études universitaires (TAEU) - dont les résultats déterminent le destin scolaire - voire le destin tout court - de centaines de milliers de jeunes hommes et jeunes femmes, dans un pays profondément empreint de culture confucéenne et marquant un attachement fondamental à l'éducation et à une hiérarchie fondée sur le diplôme. Mais si les jeunes (en principe âgés de 17 ans) bachotent, l'inquiétude et l'espoir gagnent aussi leurs parents : en Corée du Sud, il est d'usage qu'un ménage consacre jusqu'à 10 % de ses revenus à l'éducation de ses enfants. Le jour du TAEU, les lieux de culte ne désemplissent pas.

En apparence parfaitement huilé, un tel système produit aussi des effets pervers : car derrière une apparence d'égalité des chances se profile une sélection entre les enfants selon leur origine sociale, et leur capacité ainsi à se préparer au TAEU en suivant des cours privés. Plus encore, la forme de compétitivité qu'induit le test est perçue comme une préparation à la vie en entreprise dans un monde capitaliste, qui n'épargne pas les plus faibles. Le stress et les nombreux cas de suicide (en cas d'échec ou de résultat inférieur aux espérances) sont la face cachée du TAEU, que dénoncent également des adolescents qui refusent un tel système : ceux-ci sont regroupés en associations, comme sur la plateforme Internet hiddenbag.net - dont le nom fait référence au sac de classe empli - ou non - des livres symbolisant les savoirs à acquérir. Et les protestations ne sont pas seulement cybernétiques : elles prennent aussi la forme de manifestations.

En ce jour de TAEU, ayons donc une pensée pour les adolescents qui passent le test, leurs familles et leurs proches. Mais aussi pour tous ceux qui se battent pour qu'un autre système soit possible.

Manifestation en Corée du Sud, en novembre 2013, contre le test d'entrée à l'université

Manifestation en Corée du Sud, en novembre 2013, contre le test d'entrée à l'université

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 11:27

Du 18 au 24 octobre 2014, à l'issue des Jeux asiatiques, la ville sud-coréenne d'Incheon a accueilli la deuxième édition des Jeux para-asiatiques auxquels ont concouru 4.500 athlètes handicapés de 41 pays, dans 23 disciplines sportives. Parmi eux, 335 Sud-Coréens ont hissé leur pays à la deuxième place dans le tableau des médailles et 9 athlètes nord-coréens étaient également présents. Après la première participation de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) aux Jeux paralympiques à Londres en 2012, les personnes en situation de handicap prennent place dans les compétitions sportives internationales - ce qui est le signe d'une attention accrue des autorités nord-coréennes à la question du handicap, comme une délégation de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) avait d'ailleurs pu l'apprécier lors d'une visite au siège de la Fédération (nord-)coréenne des personnes handicapées puis d'une rencontre avec ses responsables, à  Pyongyang en août 2014. En attendant la venue prochaine en France de jeunes artistes handicapés nord-coréens, avec le soutien de l'AAFC, retour sur les résultats des Coréens aux Jeux para-asiatiques d'Incheon.

La cérémonie de clôture des Jeux para-asiatiques d'Incheon, le 24 octobre 2014

La cérémonie de clôture des Jeux para-asiatiques d'Incheon, le 24 octobre 2014

Avec 72 médaille d'or, 62 médaille d'argent et 77 médailles de bronze, soit un total de 211 médailles, la République de Corée (Corée du Sud) a été un brillant deuxième des Jeux para-asiatiques d'Incheon, derrière la Chine (174 médailles d'or et un total de 317 médailles) et loin devant le Japon (38 médailles d'or et un total de 143 médailles).

Parmi les résultats significatifs, chez les femmes Jeon Min-jae a obtenu deux médailles d'or en course (100 mètres et 200 mètres). Cinq médailles d'or ont été raflées en badminton, six autres médailles d'or en cyclisme sur route (dont deux doublés :  Kim Yong-ki pour les hommes et Lee Do-yeon pour les femmes), sept médailles d'or aux boules, huit médailles d'or en tir (dont deux médailles à titre individuel par Jeon Young-Jun), dix médailles d'or en natation, onze médailles d'or en bowling, sept médailles d'or en tennis de table.

Alors que la République populaire démocratique de Corée participait pour la première fois aux Jeux para-asiatiques, et que le Comité paralympique n'a été créé qu'il y a deux ans au Nord de la péninsule, deux des neuf athlètes ayant participé à la compétition ont décroché une médaille de bronze : Sim Sunghyok (en course, sur 100 mètres), et un autre homme, Jon Juhyon, en tennis de table.

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 21:58

Le 6 octobre 2014, Mutuma Ruteere, rapporteur spécial de l'Organisation des Nations Unies sur le racisme, a souligné les graves problèmes de "discrimination raciale", d'exploitation et d'abus dont sont victimes les étrangers en République de Corée (Corée du Sud), à l'issue d'une mission d'une semaine menée dans la péninsule. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) rejoint pleinement les préoccupations du rapporteur spécial et appuie ses préconisations pour la mise en place, notamment, d'une législation anti-discriminations : alors que la société coréenne étaient jusqu'à une date récente extrêmement homogène, le racisme dont sont victimes les étrangers de plus en plus nombreux dans la péninsule constitue l'une des questions les plus brûlantes pour le respect des droits de l'homme en Corée du Sud.

Mutuma Ruteere

Mutuma Ruteere

Depuis 2006, la population étrangère en Corée du Sud a augmenté de 500.000 à 1,57 million de personnes (y compris les étudiants internationaux et les conjoints de Coréens), représentant aujourd'hui plus de 3 % de la population du pays. Pendant la même période, le nombre d'enfants issus de mariages mixtes, souvent victimes de discriminations, a augmenté de 44.000 à près de 200.000.

Malgré ces évolutions, la société sud-coréenne reste profondément raciste, comme Mutuma Ruteere, rapporteur de l'ONU, en a dressé le triste constat à l'issue d'une visite d'une semaine dans le pays. Dans la conférence de presse qu'il a donnée le dernier jour de son séjour, il a souligné les problèmes qui se posent et déploré le peu d'attention des autorités gouvernementales, alors qu'il n'a pu rencontrer, malgré ses demandes, aucun des membres du Gouvernement.

Les discriminations prennent différentes formes. En particulier, aux préjugés racistes contre les épouses des Coréens, souvent originaires des pays d'Asie du Sud-Est, dans un pays soumis à un grave défi de dénatalité et de déséquilibre du sex ratio, s'ajoute leur manque de protection en cas de divorce ou de séparation, surtout si elles n'ont pas d'enfants. Un autre problème majeur réside dans les salaires inférieurs et les plus longues journées de travail des étrangers employés dans le secteur de la pêche et de l'agriculture, alors que le système discriminatoire de permis de travail mis en place en 2007 les empêche en pratique de devenir des résidents permanents ou de rester dans le pays sur le long terme.

Dans ce contexte, Mutuma Ruteere a appelé à agir sur le plan législatif, en adoptant une législation anti-discrimination dans le domaine du droit du travail, ainsi qu'en bannissant les stéréotypes raciaux et xénophobes dans les médias. De tels changements sont non seulement nécessaires : ils sont urgents pour changer les mentalités.

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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 16:00

Le lundi 18 août 2014, au terme d'une visite de cinq jours en Corée du Sud, le Pape François a appelé les deux Corée à se pardonner et à s'unir. L'appel du Pape coïncidait avec le début de l'exercice annuel conjoint Ulji Freedom Guardian des armées américaine et sud-coréenne, dirigé contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). A l'instar des manœuvres annuelles Key Resolve et Foal Eagle du mois du mars, Ulji Freedom Guardian est une source récurrente de tensions dans la péninsule coréenne.

Le Pape François célèbre la messe spéciale pour la paix et la réconciliation à la cathédrale de Myeongdong, à Séoul, le 18 août 2014

Le Pape François célèbre la messe spéciale pour la paix et la réconciliation à la cathédrale de Myeongdong, à Séoul, le 18 août 2014

Commencée le 14 août, la visite du Pape François en Corée du Sud s'est achevée par une messe spéciale pour la paix et la réconciliation sur la péninsule coréenne, célébrée le 18 août à la cathédrale de Myeongdong, à Séoul, devant mille personnes. C'était un des principaux événements de la visite papale, avec les messes de béatification de 124 martyrs coréens et de clôture de la Journée de la jeunesse asiatique.


D'après le compte rendu de Radio Vatican, le Pape a demandé aux Coréens d’accueillir « la grâce réconciliatrice » dans leurs cœurs et de la partager avec les autres. Une invitation claire au dialogue entre Coréens du Nord et du Sud, « frères et sœurs, membres d’une unique famille et d’un unique peuple ».

Le Pape François a aussi appelé chacun à « réfléchir sur la façon » dont il témoigne comme individu et comme communauté, d’un engagement évangélique pour les défavorisés, pour les marginalisés, pour ceux qui n’ont pas de travail ou « sont exclus de la prospérité de beaucoup ». Le Pape en a profité pour fustiger une nouvelle fois la « mentalité fondée sur la suspicion, sur l’antagonisme et sur la compétition, et appelé à favoriser plutôt une culture façonnée par l’enseignement de l’Evangile et par les plus nobles valeurs traditionnelles du peuple coréen ».

La réconciliation n’est toutefois possible que quand la porte du pardon est ouverte. C’est pourquoi le Pape a demandé aux Coréens de « rendre un témoignage convaincant au message réconciliateur du Christ », dans les maisons, les communautés et dans tous les domaines de la vie nationale. Ce témoignage doit être étendu « dans un esprit d’amitié et de coopération avec les autres chrétiens, avec les adeptes des autres religions et avec tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté qui ont à cœur l’avenir de la société coréenne ».

Au début de la messe, juste avant de rejoindre l’autel, le Pape avait salué sept « femmes de réconfort », victimes de l'esclavage sexuel de l'armée japonaise durant la Seconde Guerre mondiale, présentes dans l'assistance, dont Mme Kim Bok-dong que l'Association d'amitié franco-coréenne avait longuement rencontrée en septembre 2013.

La présidente sud-coréenne Park Geun-hye assistait également à la messe. Au moment même où le Pape appelait à la réconciliation, rappelant que les Coréens ne forment qu’un seul peuple et une seule famille, l'exercice militaire conjoint annuel américano-sud-coréen Ulji Freedom Guardian débutait dans la péninsule coréenne.

Présenté comme défensif par les armées américaine et sud-coréenne, l'exercice Ulji Freedom Guardian s'étale cette année sur 12 jours jusqu'au 29 août et mobilise pas moins de 50 000 soldats sud-coréens et 30 000 soldats américains, dont 3.000 venant de bases à l'étranger.

Lors de cet exercice, les forces sud-coréennes et américaines adopteront pour la première fois une « stratégie de dissuasion sur mesure » contre la Corée du Nord. Lors de la 45eme Réunion consultative sur la sécurité entre Séoul et Washington, en octobre 2013, les chefs des défenses sud-coréenne et américaine s'étaient accordés sur cette stratégie prescrivant des mesures de réponse selon les niveaux des crises liées aux armes de destruction massive du Nord, en temps de guerre comme en temps de paix.

Par un communiqué du porte-parole de l'état-major de l'Armée populaire de Corée, la République populaire démocratique de Corée a dénoncé les manœuvres conjointes américano-sud-coréenne comme une répétition de guerre contre elle, prévenant qu'elle se tient prête à lancer « des attaques préventives au moment voulu ».

Comme l'a souligné Radio Vatican, la concordance de calendrier entre l'appel du Pape pour la paix en Corée et le début des manœuvres militaires américano-sud-coréennes, « révèle combien la réconciliation sera difficile et fruit d’un long parcours ». Engagée depuis 45 ans pour la paix et la réunification de la Corée, l'Association d'amitié franco-coréenne ne peut que partager cette analyse du Saint-Siège.


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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 07:48

122 anciennes « femmes de réconfort » ont porté plainte le mercredi 25 juin 2014 auprès de la chambre du district central de Séoul contre le gouvernement sud-coréen pour avoir été forcées à avoir des relations sexuelles avec des soldats américains dans des « zones spéciales » mises en place et gérées par le Gouvernement dans les années 1950-1960. Ces pratiques gouvernementales violant les droits des femmes font écho aux pratiques d’esclavage sexuel pratiquées par les Japonais pendant la Seconde guerre mondiale, pour lesquelles les victimes demandent une reconnaissance de ces crimes par les autorités japonaises ainsi qu'une compensation.

Le général Park Chung-hee, après le coup d'Etat de 1961, avec le général Guy S. Meloy. Le général Park a exclu la prostitution pour l'armée américaine du champ d'application des lois contre la prostitution en Corée.

Le général Park Chung-hee, après le coup d'Etat de 1961, avec le général Guy S. Meloy. Le général Park a exclu la prostitution pour l'armée américaine du champ d'application des lois contre la prostitution en Corée.

L’histoire contemporaine de la Corée est marquée à ses origines par une série de drames majeurs pour la péninsule jusqu’alors sous suzeraineté chinoise. En premier lieu, l’annexion par le Japon en 1910 ouvre la voie à 35 ans de colonisation brutale et d’exploitation des ressources comme des habitants pour alimenter l’empire et la machine de guerre nippons. Si les hommes sont réquisitionnés pour le travail forcé ou le service militaire, les femmes subissent également le joug de l’occupant qui cherche des distractions « sécurisées » pour ses troupes et ses travailleurs. Plusieurs centaines de milliers de jeunes femmes de toute l’Asie de l’Est ont été prostituées à disposition des soldats japonais pendant la Seconde guerre mondiale, et c’est la péninsule coréenne qui a le plus souffert de cet esclavage.


La reddition du Japon en août 1945 voit les armées soviétique et américaine avancer jusqu’au 38ème parallèle, contribuant ainsi à diviser durablement la Corée jusqu’à la guerre civile de 1950 à 1953 qui entérine cette séparation. Dans les années 1950 – 1960, la jeune République de Corée (du Sud) cherche à divertir les troupes américaines et onusiennes pendant la guerre puis de garder les G.I.s sur son territoire pour sa protection avec le problème majeur d’occuper des soldats inactifs. Pendant la guerre de Corée, l'armée sud-coréenne met en place de manière structurée des bordels militaires à destination de l’armée américaine en enrôlant, souvent de manière trompeuse, de jeunes femmes. Même après la fin des hostilités, près de 60% des prostituées travaillent encore à proximité des camps américains. En 1960, deux membres de l’Assemblée nationale sud-coréenne font même une demande officielle auprès du Gouvernement pour la constitution d’un approvisionnement en prostituées aux troupes alliées afin d’empêcher celles-ci d’aller dépenser leur argent au Japon.


Le 25 juin 2014, 122 femmes ayant travaillé dans ces bordels militaires pour soldats américains - mis en place par l’administration Syngman Rhee pendant la guerre de Corée (1950 – 1953) - ont porté plainte collectivement contre le Gouvernement auprès de chambre du district central de Séoul pour esclavage sexuel et viol des droits de l’homme. Elles ont été forcées par les autorités à fournir des services sexuels dans des conditions dégradantes aux militaires dans les « zones spéciales » situées près des camps américains dès 1957. Toutes décrivent un système très organisé avec des visites médicales obligatoires et clament l’existence de camps géré par l’Etat destinés à accueillir celles d’entre-elles atteintes par des maladies sexuellement transmissibles (MST). Les plaignantes demandent  10 millions de won (9850$ / 7280€) à titre de compensation, une enquête publique pour dévoiler la vérité sur cet esclavage sexuel ainsi que des excuses officielles de la part du Gouvernement. Elles estiment avoir été sacrifiées pour permettre le décollage économique post-guerre de la Corée du Sud, alors que selon certaines estimations les activités générées par les camps américains - y compris la prostitution - auraient représenté jusqu'à 25 % du PIB sud-coréen dans les années 1960.


Si, depuis 2008, des ONG locales et régionales s’emploient à rassembler les témoignages de ces femmes abusées par les autorités qui prétendaient à l’époque recruter des « patriotes » et des « diplomates civiles », il s’agit cependant de la toute première plainte officielle en Corée du Sud concernant les bordels militaires à destination des alliés. Une situation extrêmement délicate pour les autorités sud-coréennes qui considèrent cette question des « femmes de réconfort » comme de la responsabilité unique du Japon de la Deuxième guerre mondiale et font des compensations ainsi que de la reconnaissance de ces crimes contre l’humanité un sujet primordial du dialogue bilatéral.

L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) soutient pleinement les démarches des victimes des soldats américains, qui ont dû se prostituer dans un cadre mis en place avec et par les autorités sud-coréennes, en considérant que rien ne saurait justifier de telles atteintes aux droits fondamentaux des personnes.

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