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9 mars 2018 5 09 /03 /mars /2018 23:38

La cérémonie d'inauguration des Jeux paralympiques de Pyeongchang s'est tenue le 9 mars 2018 : la douzième édition des Jeux paralympiques d'hiver, qui s'achèveront le 18 mars, marque un record par le nombre de participants, tant en nombre de nations présentes (49) que d'athlètes (570), concourant pour 80 médaille d'or. L'Association d'amitié franco-coréenne revient sur un événement chargé d'émotion. 

Ouverture des Jeux paralympiques de Pyeongchang
Ouverture des Jeux paralympiques de Pyeongchang

La cérémonie d'ouverture, mise en scène par Kim Moon-tae, avait pour thèmes la passion - la passion qui mène à l'égalité et à l'harmonie, valeur confucéenne qui a occupé une place majeure dans les représentations - et la coexistence entre les peuples. Mêlant thématiques traditionnelles et traitements modernes, elle a notamment mis en lumière l'artiste Shin Myeong-jin, qui a des prothèses aux jambes et au bras et a exécuté sur un tambour traditionnel de grandes dimensions une interprétation de la cérémonie bin-rye, cérémonie d'accueil traditionnelle en Corée quand des visiteurs importants arrivaient à la cour royale.

Comme l'a souligné l'agence sud-coréenne Yonhap, les thèmes abordés ont manifesté la puissance du rêve paralympique et des espoirs qu'il soulève : 

Un segment a (...) reflété les rêves et visions des personnes handicapées. Une jeune fille atteinte d'un handicap visuel a dessiné un monde imaginaire rempli d'espoir. Des enfants et athlètes paralympiques ont dansé sur une chanson en langue des signes, communiquant le message que PyeongChang est un endroit où le rêve de ne faire qu'un devient réalité.

A la différence de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, les délégations nord et sud-coréennes ont défilé séparément - faute d'avoir pu parvenir à un accord sur le drapeau de la Corée unifiée, où ne figurait pas la représentation des îles Dokdo (revendiquées par le Japon), ce que n'a pas accepté le Nord. Le Sud-Coréen Choi Bogue et le Nord-Coréen Ma Yu-chol ont toutefois porté ensemble la flamme olympique. Il s'agit de la première participation de la République populaire démocratique de Corée aux Jeux paralympiques d'hiver - de même que pour la Géorgie et le Tadjikistan.

De haut en bas : défilés des délégations sud et nord-coréenne ; Choi Bogue et Ma Yu-chol portent ensemble la flamme olympique
De haut en bas : défilés des délégations sud et nord-coréenne ; Choi Bogue et Ma Yu-chol portent ensemble la flamme olympique
De haut en bas : défilés des délégations sud et nord-coréenne ; Choi Bogue et Ma Yu-chol portent ensemble la flamme olympique

De haut en bas : défilés des délégations sud et nord-coréenne ; Choi Bogue et Ma Yu-chol portent ensemble la flamme olympique

Après les discours  de Lee Hee-beom, président du comité d'organisation des Jeux de Pyeongchang, et Andrew Parsons, président du Comité international paralympique, les Jeux ont officiellement été déclarés ouverts par Moon Jae-in, président de la République de Corée. 

La flamme paralympique a enfin été allumée, après avoir parcouru 2 018 kilomètres et été relayée par 800 porteurs de flambeau. Puis la "sphère de la coexistence" s'est transformée en un soleil rouge puis en une lune blanche, tandis que se produisaient la chanteuse Sohyang et la soprano Sumi Jo.

En haut : le Président Moon Jae-in salue la foule.
En haut : le Président Moon Jae-in salue la foule.

En haut : le Président Moon Jae-in salue la foule.

Sources : 

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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 21:22

Le 27 février 2018, la commission du travail et de l'environnement de la République de Corée (Corée du Sud) a réduit la durée maximale hebdomadaire de travail de 68 heures à 52 heures, dans le cadre d'un accord entre la majorité progressiste et l'opposition conservatrice. Les discussions ont notamment porté sur le taux de majoration des heures supplémentaires, alors que la durée annuelle de travail en Corée du Sud est l'une des plus élevée parmi les pays industrialisés membres de l'OCDE (en 2016, 2 069 heures par an, contre 1 763 heures en moyenne dans l'OCDE). 

La Corée du Sud réduit le temps de travail

L'accord trouvé au Parlement le 27 février 2018 permet au Président Moon Jae-in d'honorer l'une de ses promesses de campagne : réduire la durée du travail pour laisser plus de temps libre aux salariés, mais aussi engager un processus de partage du temps de travail en augmentant les embauches dans une économie en phase de ralentissement (selon certaines estimations, la mesure créerait entre 600 000 et 700 000 emplois). D'autres effets positifs sont escomptés - comme relancer le taux de natalité, l'un des plus bas au monde (en moyenne, 1,2 enfant par femme), mais en ce domaine d'autres mesures joueront un effet plus décisif (en particulier, la réduction des frais - très élevés - liés à l'éducation, et la mise en place d'un système de protection sociale plus ambitieux dans le cadre d'une politique nataliste). 

Dans le droit actuel, la durée hebdomadaire de travail est de 40 heures, auxquelles peuvent s'ajouter 12 heures supplémentaires et 16 heures de travail le week-end, soit 68 heures. Désormais, les heures de week-end seront incluses dans le total des heures supplémentaires, soit une durée maximale de travail de 52 heures.

Par ailleurs, le jour de la Libération (le 15 août) et la fête nationale de l'Indépendance (le 1er mars) deviennent des jours fériés payés.

La nouvelle réglementation entrera progressivement en vigueur : à compter de juillet 2018 pour les entreprises comptant au moins 300 salariés, de janvier 2020 pour les entreprises de 50 à 299 salariés et de juillet 2021 pour les entreprises de moins de 50 salariés. Cinq secteurs (contre vingt-six auparavant) pourront déroger à la durée légale : les transports et la santé. 

La réforme a soulevé des critiques, tant à gauche qu'à droite. A gauche, les syndicats demandaient que la majoration des heures supplémentaires soit de 100 %, et non - comme voté - de 50 % pour les 8 premières heures et de 100 % pour les 4 heures suivantes. Le régime actuel de majorations étant plus favorable, il en résultera des baisses de salaires. A droite, il est mis en avant la corrélation de cette mesure avec l'augmentation du salaire minimum de 16,4 % intervenue le 1er janvier 2018 : la hausse du coût du travail et les conséquences de la baisse du temps de travail en termes d'embauche sont dénoncées comme des entraves à la compétitivité des entreprises.

Sources : 

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24 février 2018 6 24 /02 /février /2018 22:04

Le 24 février 2018, à l'issue du cours d'initiation à la langue et à la civilisation coréennes qu'organise l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) tous les quinze jours rue Bezout dans le quatorzième arrondissement de Paris, une réception a eu lieu à l'occasion du nouvel an lunaire (appelé Seollal en Corée), autour d'un buffet franco-coréen, avec les professeurs et les élèves du cours de coréen.

 

L'AAFC célèbre le nouvel an lunaire

La fête de Seollal, qui marque le premier jour de l'année dans le calendrier lunaire (et appelée improprement nouvel an chinois, car sa célébration dépasse les limites de la Chine), est célébrée - selon les années - entre le 21 janvier et le 20 février. En 2018, l'entrée dans le nouvel an lunaire a eu lieu le 16 février. Comme l'année solaire comporte une dizaine de jours de plus que les douze mois du calendrier lunaire, sept mois intercalaires sont ajoutés par période deux-neuf ans, afin d'assurer une cohérence avec le calendrier solaire.

A l'occasion de Seollal, les Coréens s'inclinent, vêtus de l'habit traditionnel, devant leurs parents en signe de respect (pratique du jeol), avant que les familles ne se rendent sur les tombes de leurs ancêtres. La commémoration de Seollal donne ainsi lieu à d'importants mouvements de populations à l'intérieur de la péninsule coréenne, notamment des zones les plus urbanisées (qui concentrent une plus forte proportion de jeunes) vers les moins grandes villes et les zones rurales. 

Des cadeaux sont également échangés à l'occasion du Seollal.

Des plats traditionnels du nouvel an lunaire sont la soupe de riz gluant (tteokguk) et la soupe de boulettes de viande ou de légumes, souvent cuites à la vapeur, appelées mandu (la soupe de mandu s'appelant manduguk).

Le nouvel an lunaire est l'occasion de pratiquer des jeux traditionnels comme yutnori, un jeu de plateau où les pions où des bâtons marqués de croix sont les équivalents des dés dans les jeux de plateau occidentaux. 

A l'occasion du nouvel an lunaire, les Coréens s'intéressent au signe astrologique chinois qui est celui de leur année de naissance : les années se suivent par cycle de douze ans, chaque année correspondant à un animal - le rat, le boeuf, le tigre, le lièvre, le dragon, le serpent, le cheval, le mouton, le singe, le coq, le chien et le cochon. L'année 2018 est celle du chien. 

L'AAFC célèbre le nouvel an lunaire

Source : 

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16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 22:55

A l'occasion de la Fête de l'Etoile Brillante, qui commémore en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) la naissance du Dirigeant Kim Jong-il le 16 février 1942, plusieurs manifestations à caractère culturel sont organisées : non seulement des floralies de kimjongilia, du nom de la variété de bégonia rouge créée par l'horticulteur japonais Kamo Mototeru en février 1988, mais aussi une - moins connue - compétition nationale annuelle de cuisine, dont la huitième édition s'est tenue dans la Maison des nouilles de Pyongyang (les nouilles froides étant par ailleurs l'une des spécialités de la capitale nord-coréenne), du 12 au 14 février 2018.  

Selon les médias nord-coréens, plus de 300 cuisiniers, serveurs et serveuses ont pris part à la compétition 2018 - répartis entre plusieurs catégories (bureau général du service public de restauration, service des affaires étrangères, ministères et agences nationales, municipalité de Pyongyang et services d'alimentation des villes et des provinces).

Le jury a départagé les concurrents d'une compétition qui a une nouvelle fois attiré un public nombreux.

La participation des serveurs et serveuses rappelle que, en France également, la distinction de meilleur ouvrier de France distingue, parmi les métiers de la restauration et de l'hôtellerie, une catégorie dédiée aux fonctions du maître d'hôtel, du service et des arts de la table. 

L'agence AFP, désormais basée à Pyongyang, a tourné une vidéo de l'édition 2018

Les médias nord-coréens ont réalisé des films d'éditions plus anciennes, comme ici dans ce reportage de près de trois minutes de 2015 de la télévision nationale : 

Source : Naenara

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28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 12:20

Dans la matinée du 26 janvier 2018, un incendie a ravagé un hôpital à Miryang, dans la province du Gyeongsang du Sud, causant au moins 37 morts et 130 blessés - dont 18 dans un état grave, faisant craindre un alourdissement de ce bilan. Cette catastrophe liée à un incendie n'est malheureusement pas la première en République de Corée (Corée du Sud), posant ainsi la question du retard dans l'adoption de normes de sécurité qui traduisent les exigences légitimes de la population dans l'un des pays les plus riches d'Asie. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) présente ses condoléances aux familles des victimes et à leurs proches, dont nous comprenons et partageons la colère : une vraie enquête doit être menée pour déterminer les causes de la catastrophe et les responsabilités éventuelles des intervenants, parallèlement à un renforcement de la réglementation (y compris en termes d'exploitation-maintenance des équipements) afin que de tels drames ne se reproduisent plus.

Dramatique incendie dans un hôpital à Miryang : ce qui va changer, ce qui doit changer

C'est vers 7h30 que l'incendie s'est déclenché au rez-de-chaussée, dans le vestiaire des infirmières, près d'une salle d’urgence de l’hôpital Sejong. Le feu ne s'est pas étendu à d'autres étages. Les pompiers ont maîtrisé l'incendie vers 9h30 et l'ont éteint environ une heure plus tard.  

Les 37 morts à ce jour (et non 41, comme indiqué dans un premier bilan erroné, certaines victimes ayant été comptabilisées deux fois) auraient inhalé des gaz toxiques. Il s'agirait principalement de femmes âgées, ainsi que de trois membres du personnel. Tous se trouvaient dans l'hôpital, qui comportait une unité de soins intensifs au troisième étage - même si la plupart des victimes se trouvaient aux étages inférieurs. Environ 200 personnes étaient présentes dans l'établissement lors du déclenchement de l'incendie, soit une proportion élevée de victimes (y compris les blessés légers) de 80 %. Plusieurs victimes sont décédées lors de leur transport à l'hôpital.

Des images spectaculaires des opérations de secours ont été diffusées, comme celles d'un patient accroché à une corde lancée par un hélicoptère volant au-dessus de l'hôpital.

L'incendie aurait été causé par des câbles électriques défectueux, notamment dans les plafonds du premier étage abritant des provisions, posant les questions du niveau des dispositifs de maintenance et de la vérification périodique des équipements. Lors d'une conférence de presse le 27 janvier, un responsable local a indiqué que l'incendie s'était propagé de haut en bas pour ravager le rez-de-chaussée et que les câblages électriques du plafond donneraient lieu à une analyse approfondie.

Dramatique incendie dans un hôpital à Miryang : ce qui va changer, ce qui doit changer

Les responsables de l'hôpital ont présenté leurs excuses, en indiquant que l'établissement répondait aux normes de vigueur : c'est exact (y compris du point de vue de l'engagement, sur ce point, de la responsabilité de l'équipe dirigeante de l'hôpital), mais soulève la question cruciale de l'adaptation de la réglementation. Dans un hôpital de la taille de celui Sejong à Miryang, ce n'est qu'à partir de juin 2018 que la présence d'extincteurs automatiques deviendra obligatoire. Ces équipements, qui auraient permis de sauver des vies, faisaient défaut à Miryang. Comme l'a déclaré avec acuité le Président Moon Jae-in, qui s'est rendu dans un mémorial installé dans un gymnase de Miryang pour rendre hommage aux victimes :

Je suis effondré qu'un désastre de ce genre puisse encore se produire alors que les gouvernements ont maintes fois promis de travailler à construire un pays sûr.

La catastrophe est d'autant plus navrante que ce n'est pas la première fois que des incendies meurtriers endeuillent la Corée : un mois plus tôt, 29 personnes sont mortes dans un incendie à Jecheon, faute notamment d'issues de secours. Dans une période moins récente, l'incendie d'un entrepôt avait causé 40 morts à Incheon en 2008 et un autre incendie - celui-ci volontaire - 192 morts dans le métro de Daegu en 2003.

Dans une optique strictement néolibérale, les dépenses au titre de la sécurité sont considérées comme des charges excessives. Lors du dramatique naufrage du ferry Sewol, le manque d'investissements en matière de sécurité avait déjà été pointé. Il est plus que temps que la République de Corée abandonne les dogmes néolibéraux, qui tuent - au sens propre - des hommes, des femmes et des enfants. La protection des populations fait partie des missions régaliennes : l'AAFC espère que l'administration Moon Jae-in mettra pleinement en œuvre les mesures qui s'imposent, après 9 ans de présidences conservatrices (2008-2017) qui se sont traduites concomitamment par un renforcement de l'Etat répressif et un affaiblissement des services publics.

Dramatique incendie dans un hôpital à Miryang : ce qui va changer, ce qui doit changer

Sources :
- Ouest France (articles en date des 26 et 28 janvier 2018) ;

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21 décembre 2017 4 21 /12 /décembre /2017 08:23

La République de Corée (Corée du Sud) et, plus largement, les nombreux fans de la musique pop (K-Pop) à travers le monde, sont en deuil : Kim Jong-hyun, du boys band SHINhee, a été retrouvé inconscient dans son appartement de Séoul le 18 décembre 2017 et a déclaré mort peu après son admission à l'hôpital, à la suite manifestement d'une intoxication au monoxyde de carbone. Un mot qu'il a laissé fait ressortir l'hypothèse d'un suicide. Il n'avait que 27 ans. L'AAFC présente ses condoléances à sa famille, ses proches et ses fans.

 

Kim Jong-hyun, du groupe musical SHINhee

Kim Jong-hyun, du groupe musical SHINhee

Le message qu'a laissé Kim Jong-hyun à sa soeur avant de mourir est particulièrement touchant : 

C'est mon dernier au revoir (...) Les choses ont été si difficiles (...) S'il te plait laisse-moi partir et dit que j'ai fait du bon boulot

Le chanteur, qui a fait état dans son message d'adieux qu'il avait subi des épisodes dépressifs, était l'une des figures les plus connues de la scène pop coréenne contemporaine depuis une dizaine d'années (son groupe SHINhee, produit comme beaucoup d'autres par SM Entertainment, avait été formé en 2008), où les groupes musicaux ne restent généralement au sommet de leur gloire que pendant trois ou quatre ans. Dans un univers ultra-compétitif, où les sociétés de production sont particulièrement exigeantes vis-à-vis de jeunes femmes ou de jeunes hommes parfois à peine sortis de l'adolescence, la pression que subissent les stars conduit trop souvent à des suicides, tandis que leurs faits et gestes les propulsent sur le devant de la scène médiatique - révélant d'autres questions de la société coréenne, comme le service militaire obligatoire pour tous les jeunes hommes, que d'aucuns cherchent à fuir (comme Yoo Seung-jun, ainsi devenu citoyen américain). 

Cette violence, dont le suicide est la forme la plus patente, a été mise en exergue par Philippe Mesmer, correspondant du Monde à Tokyo : 


 

Les suicides ne sont pas rares dans cette industrie violente qui va au-delà de la K-pop. En 2015, la chanteuse Ahn Sojin a mis fin à ses jours à l’âge de 22 ans après avoir échoué à intégrer le célèbre groupe féminin Kara. Le chanteur Park Yong-ha a fait de même en 2010 à 32 ans à cause de problèmes professionnels. En 2009, l’actrice Jang Ja-yeon s’est elle aussi suicidée, laissant derrière elle un journal intime dans lequel elle détaillait les « services » qu’elle dut rendre à des hommes influents du milieu pour faire avancer sa carrière.

Dans notre édition du 3 octobre 2010, nous avions souligné que le suicide était l'un des fléaux de la société sud-coréenne, en citant aussi le cas moins médiatisé de la disparition, en 2008, du mannequin et acteur Kim Ji-hoon, acteur et mannequin en butte aux réactions hostiles d'une société homophobe : 

Le suicide est ainsi un révélateur de la société. Par exemple, le 6 octobre 2008, le mannequin et acteur Kim Ji-hoon s'est suicidé après avoir rendu publique son homosexualité, en butte à des agressions homophobes et à la décision de son employeur de ne pas renouveler son contrat après l'annulation de sa participation à des défilés de mode et à des émissions de télévision.

Notre voeu est que le drame subi par Kim Jong-hyun - et d'autres avant lui - puisse aussi être le révélateur qui favorise une plus grande ouverture de la société sud-coréenne, et déclenche une prise de conscience des conséquences souvent terribles de l'exploitation mercantile, dans un univers économique déréglementé, qu'y connaissent les vedettes de la musique, du cinéma  et de la mode.

Le suicide de Kim Jong-hyun, révélateur de la face sombre de la K-Pop

Source principale : 

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22 novembre 2017 3 22 /11 /novembre /2017 20:14

L'ensemble des Coréens - qu'ils soient du Nord ou du Sud de la péninsule - accordent une importance primordiale à l'éducation, et les deux pays partagent ainsi des taux d'alphabétisation proches de 100%. Dans ce contexte, entrer à l'université et disposer d'un diplôme universitaire confère un prestige social et constitue un sésame pour l'accès à un emploi qualifié - y compris de par les réseaux de sociabilité qui s'établissent entre diplômés d'une même université. Toutefois, les deux pays qui se partagent la péninsule coréenne diffèrent quant à la sélection effective d'entrée à l'université - même si l'un et l'autre ont mis en place un dispositif d'examen d'entrée ouvert aux titulaires de l'équivalent du baccalauréat.

Des étudiants sud-coréens révisent jusqu'à la dernière minute pour le suneung, l'examen d'entrée à l'université.

Des étudiants sud-coréens révisent jusqu'à la dernière minute pour le suneung, l'examen d'entrée à l'université.

Chaque année, pendant l'examen d'entrée à l'université, la République de Corée (Corée du Sud) retient son souffle : décalage à 10 heures de l'ouverture des administrations ou encore de la Bourse de Séoul, interdiction aux avions de décoller ou d'atterrir en début d'après-midi, pendant une demi heure, au moment où se déroule la principale épreuve d'écoute linguistique... Pourtant, si en France l'objectif est de faire parvenir 80 % d'une classe d'âge au baccalauréat, en Corée du Sud c'est 80 % d'une classe d'âge qui accède quant à elle à l'université, soit un taux record parmi les pays industrialisés, comme le soulignait l'OCDE :

En 2010 [la République de Corée] avait la plus forte proportion de 25-34 ans disposant au moins d'un niveau d'éducation secondaire parmi les pays membres de l'OCDE. Les jeunes Coréens de 15 ans ont aussi un niveau élevé. L'étudiant moyen atteint le score de 542 en lecture, en mathématiques et en sciences dans le programme PISA de l'OCDE (Programme for International Student Assessment), au-dessus de la moyenne de l'OCDE (497) et aux plus hauts niveaux du classement.

Sauf que l'accès à l'université n'est pas identique selon les résultats à l'examen - en une journée peuvent ainsi se fermer les portes d'accès aux universités les plus prestigieuses. Et il ne faut pas non plus négliger le revers de la médaille d'une très forte proportion de diplômés : des conditions stressantes d'études qui conduisent à un taux anormalement élevé de suicide parmi les étudiants, un mépris social vis-à-vis des non-diplômés et des métiers manuels, un phénomène important de déclassement des diplômés dans une société où le chômage frappe plus fortement les plus jeunes... En outre, le système éducatif sud-coréen est l'un des plus chers au monde, le principe des cours privés étant généralisé pour les enfants des familles aisées : habituellement, une famille sud-coréenne consacre 10 % de ses revenus à l'éducation de ses enfants. Parmi les facteurs amenant des Sud-Coréens à s'établir à l'étranger figure ainsi souvent la volonté de faire échapper leurs enfants à l'enfer des examens.

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) est pour sa part beaucoup plus sélective dans l'entrée à l'université : déjà ancien, le recensement de la population conduit en 2008 indiquait que seulement un Nord-Coréen sur huit disposait alors d'un diplôme universitaire - la proportion étant toutefois plus élevée aujourd'hui parmi les représentants des jeunes générations, qui ont décroché l'équivalent du baccalauréat.

Etudiants de l'Université de science et de technologie de Pyongyang, principale université privée en Corée du Nord.

Etudiants de l'Université de science et de technologie de Pyongyang, principale université privée en Corée du Nord.

La concurrence est très forte, avec des résultats très disparates suivant les lycées où s'est déjà opéré une importante sélection à l'entrée : l'école secondaire n° 1 de Pyongyang, la plus prestigieuse de la capitale, affiche des taux de réussite supérieurs à 80 %.

Pour les garçons nord-coréens qui échouent à l'examen d'entrée à l'université, le parcours habituel est alors d'accomplir le (long) service militaire (quitte à reprendre des études après le service national) - dont les diplômés sont en revanche exemptés, s'ils le souhaitent. Alors qu'en Corée du Sud, tous les jeunes hommes doivent accomplir le service militaire (avec des possibilités plus importantes de report lorsqu'on étudie à l'étranger, la limite d'âge pour reporter l''incorporation étant sinon de 28 ans), diplômés comme non-diplômés, cette situation propre au Nord de la Corée tend à faire des envieux des envieux parmi les Sud-Coréens lorsqu'ils comparent leur situation avec celle de leurs compatriotes nord-coréens.

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18 novembre 2017 6 18 /11 /novembre /2017 18:56

Hachette Tourisme a publié cette année, dans la collection "Guides bleus", un Petit guide des usages et coutumes consacré à la Corée de James Hoare, traduit de l'anglais. Ce petit ouvrage (170 pages) en format poche a le mérite rare de ne pas tomber dans deux travers habituels des écrits consacrés à la culture et aux coutumes de la Corée : l'européocentrisme (voyant la Corée sous l'angle d'un exotisme de bon aloi, défaut habituel des guides de voyage sur l'Asie), et une approche fragmentaire, tendant à ignorer qu'il existe aujourd'hui deux Etats coréens partageant néanmoins une histoire et une culture communes.

"Le petit guide des usages et coutumes" sur la Corée de James Hoare : une synthèse utile et de qualité

James Edward Hoare, né en 1943, est un diplomate et un universitaire britannique spécialiste de la Chine et de la Corée, qui a notamment été en poste à Séoul (1981-1984), Pékin (1988-1991) et Pyongyang où il a occupé les fonctions de chargé d'affaires en vue de l'ouverture de l'ambassade britannique après l'établissement de relations diplomatiques entre le Royaume-Uni et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en 2000.

Fort de son expérience diplomatique et de son bagage universitaire, c'est en connaissance de cause qu'il apporte une synthèse claire et intelligente de la culture et des coutumes propres à la Corée, abordant successivement le pays et ses habitants (chapitre 1), ses valeurs culturelles (chapitre 2), ses croyances, coutumes et tabous (chapitre 3), les règles sociales (chapitres 4 et 5), les loisirs (chapitre 6), le voyage en Corée (chapitre 7), les règles à suivre dans les affaires (chapitre 8) et la communication (chapitre 9).

Plus que les quelques aperçus sur l'histoire et la diplomatie de la Corée, où fleure souvent le point de vue du diplomate britannique (qui n'a pas vocation à être neutre et impartial) mais avec cet art de la nuance et du sous-entendu tellement british, l'ouvrage a cette qualité rare de permettre à l'Occidental en relation avec des Coréens (Nord comme Sud) ou visitant la péninsule coréenne (que ce soit Séoul ou Pyongyang) d'apprendre ce qu'il doit savoir pour éviter les impairs liés aux différences culturelles. Ainsi par exemple James Hoare consacre un paragraphe très juste et précis sur la question importante, dans toute l'Asie de l'Est, des cartes de visite (p. 139-140) :

Après s'être présenté, il est d'usage d'offrir sa carte de visite. On les utilise beaucoup au Sud comme au Nord, et il peut être utile d'en avoir sur vous, même si vous ne restez pas longtemps. Vous pouvez bien sûr les imprimer avant de partir, mais il y a certains avantages à attendre d'être sur place. On vous les fabriquera rapidement, et les imprimeurs coréens pourront ajouter nom, adresse et nom de l'entreprise en coréen. Les cartes doivent être présentées des deux mains, si possible, et si ce n'est pas possible de la main droite. Au moment de recevoir une carte, il est de bon ton de l'étudier un moment avant de la ranger. Un petit portefeuille en cuir ou en peau d'anguille, pour conserver vos cartes et celles que vous aurez reçues, est un bon achat à faire sur place. Vous pouvez aussi acquérir un carnet dans lequel conserver vos cartes et transférer vos cartes à mesure que votre collection grandit. Les cartes sud-coréennes sont souvent très complètes et détaillées et les cartes avec images sont de plus en plus courantes. Les cartes nord-coréennes, au contraire, sont plutôt minimalistes : nom, titre, organisation et adresse, ainsi qu'un numéro de téléphone général. Il est très difficile d'obtenir un numéro personnel en Corée du Nord.
Attachant une grande importance à leur propre hiérarchie, les Coréens s'intéresseront naturellement à la vôtre. Les cartes professionnelles sont très importantes ici, et ce serait une grande erreur que de vouloir s'en passer. Les Coréens s'empareront de la vôtre avec avidité, celle-ci leur conférant, ils l'espèrent, des informations importantes sur vous et vos attributions. Les diplômes peuvent faire impression, surtout s'ils viennent d'établissements prestigieux. N'omettez pas rangs et titres, qui sont aussi très importants. En plus de ce qu'ils pourront apprendre de votre carte, les Coréens vous questionneront parfois à propos de votre passé, de votre éducation et de vos croyances. Tous ces détails ont pour but de vous situer et de voir comment vous pouvez vous insérer dans leur système.

James Hoare aurait pu ajouter que les Coréens vous demandent aussi souvent votre âge, afin de vous positionner dans une hiérarchie où le plus jeune doit le respect au plus ancien. Par ailleurs, il a omis que, au Nord, une adresse email (également générale) figure désormais fréquemment sur les cartes de visite.

Les principales faiblesses de l'ouvrage concernant d'ailleurs la Corée du Nord. Il y a des informations datées (probablement dues au fait que James Hoare était en poste à Pyongyang il y a plus de 15 ans) : aujourd'hui il est par exemple possible de se déplacer seul, au moins dans la capitale, sans ses guides, et suivant des règles fixées au cas par cas, contrairement à ce qui est affirmé. On relève aussi quelques rares erreurs - ainsi, pour se procurer un visa pour la Corée du Nord, la délégation générale de la RPD de Corée rue Asseline (Paris 14e) est l'interlocuteur naturel (et pas l'ambassade de France en Chine ou le consulat général de France à Shenyang). Mais le petit guide de très bonne facture de James Hoare, tout en étant nettement supérieur aux guides de voyage sur la Corée du Nord aujourd'hui disponibles en français, n'entend pas se substituer aux informations à jour figurant sur les sites d'agences de voyage spécialisées (comme Koryo Tours ou Korea Consult). Il constitue, en tout de cause, un livre abordable (7,90 €) riche d'informations de qualité que se doit de connaître toute personne intéressée par la Corée et les Coréens.

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4 octobre 2017 3 04 /10 /octobre /2017 21:46

"Chuseok", ou la fête des récoltes, est l'une des principales fêtes traditionnelles coréennes, célébrée chaque année, dans l'ensemble de la péninsule, le quinzième jour du huitième mois lunaire. A cette occasion, les Coréens retournent sur le lieu de leur origine pour rendre hommage à leurs ancêtres. Le 4 octobre 2017, la fête de Chuseok a coïncidé avec le dixième anniversaire de la déclaration conjointe Nord-Sud du 4 octobre 2007. A cette occasion, l'Association d'amitié franco-coréenne a organisé un dîner dans un restaurant coréen à Paris. 

Réunion de l'AAFC à l'occasion du 10e anniversaire de la déclaration conjointe Nord-Sud du 4 octobre 2007

Il est des anniversaires tristes : 10 ans après le second sommet historique entre le Nord et le Sud de la Corée en octobre 2007, qui aurait dit que l'ensemble des acquis du dialogue et des échanges intercoréens auraient été réduits à néant - ou presque ? 

Mais l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) est persévérante : se remémorant la longue période de gel des relations intercoréennes après la percée qu'avait constitué le communiqué conjoint Nord-Sud le 4 juillet 1972, ses adhérents réunis le 4 octobre 2017 ont exprimé leur conviction que les principes ayant fondé la déclaration du 4 octobre 2007 continueront d'inspirer des générations de Coréens et de militants progressistes pour créer les conditions et l'espoir d'une réunification future. Ils avaient d'ailleurs choisi un restaurant tenu par les Coréens de Chine vivant en France pour symboliser que la réunification de la Corée doit être l'oeuvre de tous les Coréens, du Nord, du Sud et de la diaspora.

A cet égard, l'AAFC a montré, lors des débats ouverts lors de ce dîner, qu'elle entend poursuivre ses actions pour favoriser et encourager la coopération franco-coréenne (Nord et Sud) dans les domaines culturel, scientifique et universitaire, pour lesquels la poursuite d'idéaux communs de paix et de solidarité implique de dépasser les différences de systèmes politiques et sociaux.

L'AAFC souhaite d'excellentes fêtes de Chuseok à tous les Coréens.

Réunion de l'AAFC à l'occasion du 10e anniversaire de la déclaration conjointe Nord-Sud du 4 octobre 2007
Réunion de l'AAFC à l'occasion du 10e anniversaire de la déclaration conjointe Nord-Sud du 4 octobre 2007
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7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 23:25

Le Camerounais Abdoulaye Assan - qui a pris le nom coréen de Lee Heuk-san - est devenu champion de Corée du Sud dans la catégorie poids welters (mi-moyens), alors que sa procédure de demande d'asile était en cours d'examen en République de Corée - après un rejet en première instance. 

Un demandeur d'asile camerounais devient champion sud-coréen de boxe (poids welters)

En l'emportant le 27 mai 2017 face à Lee Kyu-won, Lee Heuk-san est devenu champion sud-coréen de boxe dans la catégorie poids welters (mi-moyens). L'information pourrait être secondaire si Lee Heuk-san n'était pas aussi demandeur d'asile.

Le Camerounais, aujourd'hui âgé de 34 ans, était venu en Corée du Sud dans le cadre des championnats du monde militaires. Il a alors demandé l'asile politique.

Après que sa demande d'asile a été rejetée en première instance, elle restait pendante en appel quand il est devenu champion de Corée du Sud : l'ancien militaire espérait que son titre lui permettra d'obtenir une réponse favorable de l'administration sud-coréenne, alors qu'il risque 5 ans d'emprisonnement en cas rejet et de retour au Cameroun.

Lee Heuk-san a finalement reçu le titre de réfugié politique en Corée du Sud.

Source : 

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