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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 00:10

Le 23 janvier 2012, les Coréens ont fêté le nouvel an lunaire, placé cette année sous le signe du dragon. A cette occasion, les Coréens ont l'habitude de manger un plat traditionnel, une soupe (guk) à laquelle sont ajoutés des tranches de gâteau de riz (tteok) et des morceaux de viande, formant un plat appelé tteokguk.

tteokguk_north_korea_KCNA.jpg
En Corée, comme en Chine ou au Vietnam, la plus importante fête pour célébrer la nouvelle année ne correspond pas au 1er janvier du calendrier grégorien, mais au nouvel an dans le calendrier lunaire (appelé seollal en Corée), qui correspond cette année au 23 janvier 2012 (le 3 février en 2011, le 10 février en 2013 et le 31 janvier en 2014).


A cette occasion, les Coréens ont l'habitude de manger une soupe composée de fines tranches de gâteau de riz, appelée tteokguk. Le gâteau de riz est cuit dans un bouillon de boeuf clarifié.


D'autres ingrédients sont ajoutés pour renforcer la valeur nutritive de ce plat très ancien, principalement de la viande marinée (notamment, faisan ou poulet), mais aussi de l'oeuf, des boulettes de légumes ou de viande (appelées mandu) et des algues.


L'usage de manger de la soupe de gâteau de riz lors du seollal renvoie à la croyance selon laquelle ceux qui mangent du tteokguk lors de nouvel lunaire auront la chance d'ajouter un an à leur espérance de vie.


Sources : KCNA (dépêche du 20 janvier 2012, dont photo), wikipédia
 

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 19:45

Consommé principalement en hiver pour ses qualités énergétiques et nutritives, l'onban - dont le nom signifie littéralement "plat chaud" - est un mélange de riz et de soupe. Il s'agit d'une des spécialités de la Corée, et tout spécialement de Pyongyang, capitale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). L'AAFC présente l'un des mets traditionnels coréens, dont l'art culinaire comporte d'autres plats à base de mélange de riz, comme le bibimbap.

 

pyongyang_onban_1.jpgL'onban de Pyongyang est l'un des quatre principaux plats traditionnels de la capitale de la RPD de Corée, avec la soupe de nouilles froides (raengmyon), la soupe au muge et la galette de lentille verte.

 

Mélange de riz cuit dans une soupe de poulet, l'onban de Pyongyang est également composé de galette de lentille verte, de viande de poulet et de champignons. Pour sa préparation, il convient d'abord de mettre la viande de poulet et les champignons, puis de les couvrir de la galette de lentille verte assaisonnée, et enfin de mettre le piment rouge coupé en filaments et des fils d’œufs frits, avant de verser la soupe bouillante à la viande de poulet. Le temps de préparation est de 40 minutes et le temps de cuisson de 15 minutes.

 

Une variante utilise de la viande de boeuf, ou un mélange de boeuf et de poulet.

 

pyongyang_onban.jpgCe plat traditionnel, initialement réservé aux fêtes de mariage, s'est largement diffusé après 1945.

 

L'onban est l'une des spécialités des restaurants nord-coréens, dans la péninsule - notamment le restaurant onban de l'avenue Kumsong, à Pyongyang - et à l'étranger.

 

Sources : Naenara (dont photos), site Korean Food.

Vidéo montrant la préparation du onban de Pyongyang

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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 19:49

Jeu vidéo de tir subjectif développé par Kaos Studio et mis en vente en mars 2011, Homefront désigne clairement l'ennemi à abattre pour ses millions d'utilisateurs : une Corée réunifiée sous la houlette de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), devenue une puissance agressive vis-à-vis des Etats-Unis. L'AAFC se joint à tous ceux qui appellent à l'interdiction du jeu (dont la vente a d'ores et déjà été prohibée en Corée du Sud), créant des sentiments de haine vis-à-vis des Coréens.

 

Homefront.jpgDans le monde manichéen des jeux vidéo, il y a les bons et les méchants. Il n'est d'ordinaire pas besoin de désigner qui occupe tel ou tel rôle, même si les gentils ressemblent à s'y méprendre aux GIs américains et les méchants à des brutes communistes ou islamistes (au choix). Homefront rompt avec cette habitude en désignant clairement les Coréens comme l'agresseur et l'ennemi à abattre, suivant un scénario écrit par John Milius, les "résistants" étant naturellement américains. Pis : la promotion du jeu nourrit un sentiment anti-(nord-)coréen d'autant plus répugnant quand on connaît les effets psychologiques de telles identifications sur les représentations individuelles et collectives. En effet, pour la promotion de son produit la société productrice Kaos Studio joue sciemment la carte de la propagande anticommuniste en ciblant la RPD de Corée, tout en reprenant une thèse de l'extrême-droite néoconservatrice qui assimile les partisans de la réunification de la Corée à des agents de Pyongyang.

 

 Une campagne de propagande qui n'est pas innocente, au mépris de toute vraisemblance historique ou géopolitique : avec un budget militaire plus de cent fois supérieur à celui de la RPDC, ce sont bien les Etats-Unis qui sont en mesure d'envahir d'autres puissances telles que la Corée du Nord, quand celle-ci n'a jamais engagé de conflit en dehors du territoire de la péninsule. La puissance militaire nucléaire est aujourd'hui du côté américain, seul utilisateur à ce jour de l'arme nucléaire à Hiroshima et Nagasaki en 1945, quand le gouvernement nord-coréen soutient que ses forces nucléaires sont strictement dissuasives ; pourtant, dans Homefront ce sont bien les Coréens qui irradient le Mississipi,  comme le général MacArthur avait envisagé pendant la Guerre de Corée de répandre du cobalt radio-actif le long de la frontière sino-coréenne pour empêcher une intervention chinoise. Enfin, dans l'ahurissant scénario du jeu, censé se dérouler en 2027, le Japon, qui a brutalement colonisé la Corée pendant quarante ans, passe soudain du statut d'oppresseur à celui de victime de l'impérialisme.

 

Les utilisateurs doivent ainsi tuer le maximum de méchants Coréens, devenus emblématiques du nouvel Empire du Mal. Dans un avant-goût du scénario de la guerre à venir ? 

 

Il semblerait que, initialement, les Chinois devaient jouer le rôle des méchants, mais que les studios Kaos auraient fait marche arrière par crainte des réactions du gouvernement chinois... ou de pertes financières significatives sur ce marché en plein essor du jeu vidéo ? Argument supplémentaire pour le choix de la Corée (du Nord), et pas de la Chine : l'interdépendance économique sino-américaine. Dit autrement, si Homefront n'est officiellement qu'une fiction où toute ressemblance avec la réalité ne serait bien évidemment que fortuite, les références implicites à la réalité géopolitique sont avouées par les concepteurs du jeu eux-mêmes, qui n'ignorent pas que des jeux vidéo tels que le leur ont d'autant plus d'efficacité qu'ils tendent à estomper la frontière entre la réalité et la fiction dans l'esprit des utilisateurs - et pas seulement pour les joueurs addictifs.

 

En Corée du Sud, le jeu a été interdit, cette réaction étant d'autant plus compréhensible que les sentiments de haine anti-nord-coréens que favorise le jeu tendent en fait à devenir une obsession anticoréenne tout court, puisque l'agresseur des Etats-Unis est une Corée réunifiée. Au Japon, toute référence à la Corée a été gommée, même superficiellement : il n'est plus question que d' "un certain pays au Nord" et d'un "leader au Nord".

 

north_korea_attacks_breaking_news.jpg


En Occident, à ce jour les seules réactions d'indignation sont venues d'internautes ayant visualisé une bannière publiée sur Youtube, se présentant comme un flash d'information annonçant une attaque nord-coréenne, et choqués après avoir cru à la réalité d'une agression. La publicité a été retirée, mais le pari de la médiatisation par le scandale était d'ores et déjà gagné. Dans Homefront, la manipulation est bien à tous les étages.

 

Sources : AAFC, wikipedia.

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 00:09

En ce début d'année 2011, l'ensemble de la péninsule coréenne est touchée par l'épizootie de fièvre aphteuse, faisant craindre de graves conséquences alimentaires et sanitaires dans les semaines et les mois à venir. Si la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a interdit les importations de porc et de boeuf en provenance du Sud où l'alerte a été déclenchée cet automne, la capacité du virus à se propager par air ou par mer confronte les deux Etats coréens à une problématique commune. Toutefois, la rigidité du gouvernement sud-coréen rend improbable une coopération que devrait pourtant commander l'urgence de la situation sanitaire, face à des risques de propagation dans le reste de l'Asie.

 

Foot_and_mouth_disease_in_mouth.jpgTrois millions de têtes abattues début février : tel était le bilan de l'épizootie de fièvre aphteuse en Corée du Sud depuis l'apparition dans la province du Nord-Gyeongsang, fin novembre, d'une l'épidémie de fièvre aphteuse qui apparaît comme la plus grave du pays en un demi-siècle, selon la FAO. Quelque 150 foyers sont apparus, alors qu'une épidémie de grippe aviaire a conduit parallèlement à abattre cinq millions de canards, de poulets et d'autres volailles depuis fin décembre 2010.

 

La gravité de la crise fait peser un autre risque de santé publique : une partie des enfouissements d'animaux, parfois encore vivants, sur plus de 4.000 sites, ne respecte pas les normes de sécurité, lesquelles prévoient le creusement de fosses profondes de 4 à 5 mètres, recouvertes de deux couches de film plastique. Le pourrissement des corps lors du radoucissement attendu au printemps, conjugué à l'écoulement des eaux de pluie dans les fosses, pourrait alors entraîner une contamination des nappes phréatiques et des rivières.

 

Au plan économique et social, les prix de la viande de porc ont augmenté de 11,7 % en janvier et le gouvernement redoute une pénurie de lait. Les éleveurs sont durement frappés : un paysan s'est suicidé.

 

Le Nord de la péninsule n'a pas été épargné par la propagation du virus qui se diffuse par les voies aériennes et maritimes. Le 10 février, l'agence nord-coréenne KCNA a annoncé que plus de 10.000 boeufs, vaches laitières et porcs étaient tombés malades et que plusieurs milliers d'animaux étaient déjà morts. Une commission spéciale a été mise en place et des mesures de quarantaine instituées.

 

Cette nouvelle catastrophe sanitaire fragilise encore un peu plus un délicat équilibre alimentaire, alors que le climat plus rude du Nord de la péninsule ne permet pas à la RPDC d'être autosuffisante en céréales et que les donateurs du Programme alimentaire mondiale (PAM) n'honorent pas leurs engagements.

 

Lors d'une précédente épidémie de fièvre aphteuse en Corée du Nord en 2007, le gouvernement sud-coréen avait considéré que la solidarité intercoréenne devait l'emporter sur les considérations politiques, en envoyant alors une équipe vétérinaire ainsi que des médicaments et des désinfectants pour une valeur de 1,8 million d'euros. Une approche analogue avait conduit le Nord à aider les victimes sud-coréennes d'inondations en 1984, puis le Sud à apporter une aide aux Nord-Coréens, touchés par les inondations et des sécheresses, dans les années 1990. Mais cette année un responsable du ministère de la réunification, interrogé dans The Korea Herald, a invoqué le prétendu  "sentiment négatif" des Sud-Coréens pour envisager l'absence de solidarité intercoréenne du gouvernement de Lee Myung-bak. Il est vrai que ce dernier a fort à faire au plan intérieur : il lui est reproché d'avoir retardé une campagne de vaccination afin de préserver le label des exportateurs sud-coréens "Libre de fièvre aphteuse".

 

Mais le gouvernement Lee Myung-bak devra néanmoins s'inscrire dans un programme régional de sécurité sanitaire, face aux risques de propagation dans toute l'Asie de l'Est. En effet, la fièvre aphteuse a connu une propagation sans précédent dans l'ensemble de la Chine ces dernières années, ayant par ailleurs été détectée pour la première fois en Russie orientale et en Mongolie.

 

Comme l'avait observé fin janvier Subhash Morzaria, responsable pour la région Asie des opérations du Centre d'urgence de la FAO pour les maladies animales transfrontières,"la fièvre aphteuse doit être affrontée à l'échelon régional, ce qui explique pourquoi la FAO envisage, par l'intermédiaire de son Bureau régional pour l'Asie et le Pacifique, de convoquer une réunion des responsables des services vétérinaires des pays d'Asie de l'Est afin d'examiner la situation actuelle et les possibilités de riposte coordonnée."

 

Les Nations Unies précisent que "la fièvre aphteuse est une maladie extrêmement contagieuse qui touche les bovins, buffles, ovins, caprins, porcins et autres bi-ongulés. Elle provoque des ulcères au niveau du museau, de la bouche et des sabots, et peut être mortelle pour les animaux jeunes ou affaiblis. Plusieurs types de virus de fièvre aphteuse sont recensés [...] celui à l'origine de l'épidémie en Corée du Sud est de Type O." Si, en principe, la fièvre aphteuse ne menace pas directement l'homme, le lait présente un risque d'infection et ne doit pas être consommé. Par ailleurs, les animaux contaminés deviennent si faibles qu'ils ne peuvent plus servir aux labours ni aux récoltes.

 

Sources :

AAFC ;

Centre d'actualité des Nations Unies, "FAO : la fièvre aphteuse en Corée du Sud risque de s'étendre à toute la région", 27 janvier 2011

"Fièvre aphteuse / Corée du Sud : 3 millions de bêtes tuées, pas de signe de répit", La France Agricole, 2 février 2011

Philippe Mesmer, "Après la fièvre aphteuse, la Corée du Sud craint une crise sanitaire", Le Monde, 10 février 2011, p. 4

Philippe Mesmer, "La Corée du Nord confrontée à une épidémie de fièvre aphteuse", Le Monde, 17 février 2011, p. 4

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 11:48

A l'approche de l'hiver, les échoppes de marrons grillés et de patates douces ont fait leur réapparition dans les rues coréennes. La châtaigne et la patate douce sont aussi à la base de plats traditionnels de la cuisine coréenne.

 

Dans toute la péninsule coréenne, à Séoul comme à Pyongyang, les froids de l'automne et de l'hiver ont entraîné la réapparition des marrons grillés et de patates douces sur les échoppes de rue. Janvier est le mois le plus froid en Corée, la température moyenne atteignant alors -10 °C en Corée du Sud, et - 13 °C à Pyongyang.

 

 A Pyongyang, Sin Kim Son, qui dirige l'entreprise de fruits et de légumes Sinwon dans le district de Pothonggang, a indiqué à l'agence officielle nord-coréenne KCNA que des dizaines de tonnes de patates douces et de châtaignes avaient été stockées pour fournir les consommateurs cette année. Toujours selon l'agence KCNA, ce système d'approvisionnement a été mis en place par le président Kim Il-sung et a fonctionné de manière ininterrompue, y compris pendant la période de difficultés alimentaires de la "Dure Marche".

 

220px-Chestnuts02.jpgEn Asie de l'Est, et plus précisément en Chine, les châtaignes auraient commencé à être cultivées il y a 2.000 à 6.000 ans. Les basses températures favorisent les récoltes de châtaignes. Si la Chine est le premier producteur mondial de châtaignes, la Corée du Sud se classe troisième, après la Turquie, devant l'Italie et le Japon. Les châtaignes fraîches ont une valeur nutritionnelle de 180 calories pour 100 grammes.

 

La vente de patates douces dans la rue est une pratique courante non seulement en Corée, mais aussi en Chine et au Japon. En Corée, l'amidon de patate douce est utilisé pour les nouilles (appelées dangmyeon). Les patates douces sont aussi bouillies, cuites à la vapeur ou grillées. Elles constituent aussi un ingrédient populaire des pizzas des chaînes de restauration du Sud de la péninsule.

 

Les nouilles à base de patates douces composent l'un des plats traditionnels coréen, le japchae : les nouilles sont sautées à l'huile de sésame, avec un accompagnement de légumes (carottes, oignons, épinards, champignons) et parfois de viande de boeuf. Une sauce de soja assaisonne le japchae, adouci avec du sucre au Sud de la péninsule. Il peut être servi chaud ou froid.

 

220px-Korean cuisine-Japchae-04

 

Sources :

- Climate and Temperature : Corée du Sud, Pyongyang (site consulé le 1er novembre 2010) ;

- KCNA, "Roast Chestnut, Sweet Potato Stalls Salient", 29 octobre 2010 ;

- New Zealand Chestnut (site consulé le 1er novembre 2010) ;

- wikipedia (version anglaise) : chestnut (dont photo), japchae (dont photo) et sweet potato.

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 10:05

Selon un rapport du ministère de la Santé et de la protection sociale de la République de Corée (du Sud), le suicide est devenu la quatrième cause de mortalité dans le pays, ayant atteint le taux de 31 pour 100.000 en 2009, en hausse pour la troisième année consécutive. L'AAFC revient sur ce fléau moderne des pays industrialisés, qui touche encore plus fortement la Corée du Sud. Le problème de santé publique qu'il constitue a été longtemps tabou, avant de retenir l'attention de l'opinion publique suite au suicide récent de plusieurs personnalités du monde social et politique et des milieux culturels.

 

Un grave problème de santé publique

 

Dans un rapport au Parlement rendu public le 3 octobre 2010 avant une audition parlementaire, le ministère de la Santé et de la protection sociale sud-coréen a fait apparaître une nouvelle hausse des suicides dans le pays : avec un taux de 31 pour 100.000 personnes, le suicide est devenu la quatrième cause de mortalité en Corée du Sud, après le cancer (140,5 pour 100.000), les maladies mentales (52 pour 100.000) et les maladies cardiaques (45 pour 100.000), devant le diabète (19,6 pour 100.000).

 

En 2009, le taux annuel de suicide, qui s'élevait à 26,1 pour 100.000 personnes en 2005, a été en hausse pour la troisième année consécutive (23 pour 100.000 en 2006, 26 pour 100.000 en 2008, 31 pour 100.000 en 2009).

 

Le taux de suicide en Corée du Sud a récemment dépassé celui du Japon pour devenir l'un des plus élevés au monde (juste après le Guyana, la Hongrie et les pays de l'ancienne Union Soviétique), et le premier parmi les pays industrialisés membres de l'OCDE.

 

Des causes sociales complexes

 

L'échec scolaire dans un pays où l'investissement éducatif est très élevé, ainsi que le faible niveau de protection sociale, peuvent être des facteurs explicatifs spécifiques des suicides en Corée du Sud, où la réprobation sociale du suicide est forte : ainsi, la mort par pendaison à Manhattan, en 2005, de Lee Yoon-hyung, de la famille du groupe Samsung, avait d'abord été présentée dans les journaux sud-coréens et américains comme résultant d'un accident de voiture.

 

Le suicide est ainsi un révélateur de la société. Par exemple, le 6 octobre 2008, le mannequin et acteur Kim Ji-hoon s'est suicidé après avoir rendu publique son homosexualité, en butte à des agressions homophobes et à la décision de son employeur de ne pas renouveler son contrat après l'annulation de sa participation à des défilés de mode et à des émissions de télévision.

 

 Sacrifice individuel et prise de conscience collective

 

A_Single_Spark.jpgDans le domaine politique et l'histoire des luttes sociales, le suicide en Corée du Sud a souvent représenté un sacrifice individuel pour la collectivité : le 13 novembre 1970, un jeune ouvrier du textile âgé de 22 ans, Jeon Tae-il, s'immolait par le feu pour dénoncer les conditions de travail des travailleurs sud-coréens. Dans son secteur d'activité, les cas de tuberculose n'étaient pas rares en raison du manque de ventilation dans les usines, et les employeurs procédaient à des injections forcées d'amphétamines pour maintenir à l'état d'éveil les ouvriers privés de sommeil. Ayant donné lieu à la réalisation d'un documentaire, "A Single Spark", récompensé du prix du meilleur film aux Blue Dragon Awards en 1995, nominé au festival international du film de Berlin en 1996, la mort de Jeon Tae-il encouragea les mobilisations pour le droit du travail en Corée du Sud.

 

La période récente a été marquée par plusieurs suicides de personnalités sud-coréennes qui ont conduit à une attention accrue de l'opinion publique sur ce phénomène, dans ses différentes dimensions, politiques et sociales : 

 

- le syndicaliste Park Jong-tae, pour alerter l'opinion sur la situation des travailleurs des transports ;

- l'ancien président démocrate Roh Moo-hyun, le 23 mai 2009 ;

- le pasteur Kang Hui-nam, le 6 juin 2009, pour protester contre la répression des mouvements pro-réunification ;

 - l'actrice et mannequin Kim Daul, le 19 novembre 2009 à Paris ;

 - l'acteur et chanteur Park Yong-ha, le 30 juin 2010.

 

Si le suicide récent de stars de cinéma a sans doute plus ému une partie des jeunes Sud-Coréens, souvent dépolitisés, que celle de figures politiques et syndicales, il a éveillé la prise de conscience globale d'un phénomène social longtemps resté tabou. Il faut aussi reconsidérer les suicides de certaines personnalités dans l'analyse du rôle des médias sud-coréens qui disposent d'un pouvoir de fabrication de l'image et de la réputation des célébrités - que celles-ci relèvent des sphères économique, politique ou du showbiz.  

  

chung_mong_hun_2.jpgAinsi, le 4 août 2003, Chung Mong-hun, fils de Chung Ju-yung, fondateur du groupe Hyundai, s'était suicidé alors qu'il dirigeait le groupe Hyundai Asan. Très engagé dans la réconciliation intercoréenne, le groupe Hyundai Asan ayant massivement investi dans les complexes intercoréens de Kaesong et des monts Kumgang, Chung Mong-hun était poursuivi pour un financement occulte présumé du sommet intercoréen du 15 juin 2000. Il était devenu une cible de la presse conservatrice sud-coréenne, hostile à la politique du rayon de soleil du président Kim Dae-jung que le groupe Hyundai appuyait totalement au plan économique. Comme pour l'ancien président Roh Moo-hyun, cette campagne de presse a conduit au suicide de Chung Mong-hun et à l'extinction des poursuites, sans qu'un jugement n'ait jamais permis de connaître la vérité.

 

Principales sources : AAFC, The Korea Times, Wikipedia

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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 10:54

Dans un rapport publié le 15 juillet 2010, Amnesty International a dressé un tableau très sombre du système de santé en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), qui tranche nettement avec celui dressé dans un autre rapport, de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), suite au déplacement en Corée du Nord, en avril, de Mme Margaret Chan, directeur général de l'OMS. L'AAFC, dont des délégations ont pu visiter des établissements de santé en Corée du Nord lors de plusieurs de ses déplacements, fait le point.

 

Dans son rapport sur l'état de santé en Corée du Nord, Amnesty International s'alarme : des interventions chirurgicales sans anesthésie, une pénurie de médicaments mettant à mal le principe de gratuité du système de santé, une recrudescence des maladies chroniques, un manque de désinfectants, la circulation de médicaments frelatés, souvent originaires de Chine...

 

Lors de sa visite en RPD de Corée, Mme Margaret Chan, directeur général de l'OMS, avait dressé un bilan apparemment tout autre du système de santé nord-coréen, en relevant un taux élevé d'immunisation, un réseau efficace de maternités et de services pédiatriques, le traitement avec succès de la tuberculose et la réduction du nombre de cas de malaria. Les autorités nord-coréennes ont mis en place un encadrement médical important, le réseau primaire de santé comportant un médecin pour 130 familles.

 

paul_garwood.jpgAlors, qui croire ? Les experts de l'OMS soulignent les biais méthodologiques de l'enquête d'Amnesty International : "le rapport d'Amnesty International n'est pas scientifique. Il est basé sur quelques témoignages de personnes qui ont quitté la RPDC depuis des années, et il ne fait pas état des améliorations récentes", a déclaré M. Paul Garwood, porte-parole de l'OMS (photo Nations Unies).

 

Mme Margaret Chan a pu, à la différence des membres d'Amnesty International, se rendre en Corée du Nord, et pas seulement dans sa capitale, Pyongyang. Elle a visité notamment l'hôpital de Ryongsan, dans le comté de Junghwa de la province du Hwanghae du Nord. Par ailleurs, l'OMS dispose d'éléments de comparaison internationale. Alors que l'espérance de vie reste le meilleur indicateur de l'état de santé d'une population, celle-ci s'élève à 69,3 ans en RPD de Corée, soit vingt-cinq ans de plus que les pays les moins bien lotis au monde, en Afrique subsaharienne.

 

Si Amnesty International a dressé une situation alarmiste du système sanitaire nord-coréen traduisant des maux anciens après les difficultés économiques nées des catastrophes naturelles des années 1990, ceux-ci n'ont pas encore disparu : l'OMS observait la nécessité de moderniser les équipements et d'améliorer l'accès aux médicaments, tandis que la situation alimentaire précaire se traduit, notamment, par la naissance d'enfants souvent en sous-charge pondérale.

 

Lors de la visite de délégations en RPD de Corée, l'AAFC a pu constater à la fois l'existence d'établissements de haut niveau, comme la maternité de Pyongyang, le recours efficace à la médecine traditionnelle, et les limites nées du manque d'équipements et de médicaments, y compris pour l'approvisionnement électrique. La Corée du Nord utilise au mieux ses ressources, humaines et financières, mais celles-ci restent limitées. Par ailleurs, la désorganisation des marchés suite aux réformes économiques et monétaires engagées fin 2009 a accru les aléas dans l'accès aux médicaments et aux produits alimentaires de base. Enfin, alors que la Corée du Sud dispose de surplus de céréales évalués à 1,4 million de tonnes, le gouvernement Lee Myung-bak préfère manier l'arme alimentaire vis-à-vis de ses compatriotes du Nord. Pour sa part, le Programme alimentaire mondiale n'a obtenu des Etats donateurs que les deux tiers des 500 000 tonnes de céréales promises pour 2010.

 

Face à ces défis, le gouvernement nord-coréen a privilégié les coopérations de projets, sur le modèle par exemple de la formation en France de médecins nord-coréens par le Secours populaire français. Si elle émet de sérieux bémols sur la méthodologie suivie par Amnesty International dans la conduite de son enquête sur la santé en Corée du Nord, l'AAFC rejoint cette conclusion : la coopération internationale avec les Nord-Coréens, dans le domaine de la santé comme de l'agriculture, doit être déliée de toute considération politique.

 

Sources : AAFC, Philippe Pons, "Amnesty International s'alarme de l'état sanitaire de la Corée du Nord", in Le Monde, 18 et 19 juillet 2010, p. 6.

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 00:11

Organisée tous les ans, chaque 31 mai, depuis 1998, sous l'égide de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la Journée mondiale sans tabac sensibilise les opinions publiques des différents pays du monde sur les dangers du tabac pour la santé publique. Comme pour les autres campagnes internationales de l'OMS, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) s'est associée aux manifestations qui ont eu lieu le 31 mai 2010.

 

journee_mondiale_sans_tabac.jpg

Les visiteurs étrangers en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pourraient croire que le nombre de fumeurs est faible en Corée du Nord. En fait, cette impression est trompeuse, dans une société où il n'est pas d'usage pour les plus jeunes de fumer devant leurs aînés ni pour les femmes de fumer en public. Le tabagisme, très répandu, est l'un des principaux fléaux de santé publique en Corée du Nord. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il a lui-même montré l'exemple en cessant de fumer.

 

La Corée du Nord a participé aux actions menées à l'échelle internationale, sous l'égide de l'OMS, dans le cadre de la Journée mondiale sans tabac, le 31 mai 2010. Les interdictions de fumer ont été renforcées dans les lieux publics, comme les théâtres, les écoles, les hopitaux, les cinémas ou encore les places publiques, soit des interdictions sensiblement plus étendues que dans des pays occidentaux tels que la France.

 

A l'occasion de la Journée mondiale sans tabac 2010, les médias nord-coréens ont également rappelé qu'enfreindre les interdictions de fumer, en particulier dans les lieux publics, exposait à des poursuites pénales.

 

Sources : AAFC, AFP (sur Canada.com)

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 09:11

De retour d'une visite de trois jours en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), le docteur Margaret Chan, directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a souligné que le système de santé en Corée du Nord, public et gratuit, est marqué par des réalisations notables, tout en ayant toujours des défis à relever. Mme Chan, qui a visité plusieurs établissements de santé et rencontré des responsables au plus haut niveau, a souligné notamment l'importante population médicale de la RPDC.

 

Le docteur Margaret Chan, directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a visité la République populaire démocratique de Corée. Selon l'agence officielle nord-coréenne KCNA, Mme Margaret Chan, arrivée le 26 avril 2010, a rencontré M. Pak Ui-chun, ministre des Affaires étrangères, le 27 avril, et M. Kim Yong-nam, président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême, le 28 avril (photo KCNA ci-dessous, source). La directrice générale de l'OMS a quitté la RPDC le 29 avril, après avoir notamment visité la maternité de Pyongyang et l'hôpital de Ryongsan, dans le comté de Junghwa de la province du Hwanghae du Nord.

 

margaret_chan_kim_yong_nam.jpg

Le 27 avril, Mme Chan a également assisté à la cérémonie d'inauguration d'un système médical en ligne à l'hôpital Kim Man-yu (photo ci-dessous, source Naenara), qui relie cet hôpital de Pyongyang et d'autres établissements de santé en province. Ce dispositif, mis en place avec la coopération de l'OMS, comporte un système de consultation vidéo en ligne, permettant des échanges entre unités de soin pour le diagnostic et la prescription de soins. Mme Chan a observé que ce dispositif était particulièrement adapté à la géographie de la RPDC, qui comporte de nombreuses zones montagneuses difficiles d'accès.

 

hopital_kim_man_yu.jpg

A l'issue de sa visite, le docteur Margaret Chan a déclaré que le gouvernement nord-coréen avait obtenu des réalisations notables dans le domaine de la santé publique : un taux élevé d'immunisation, un réseau efficace de maternités et de services pédiatriques, le traitement avec succès de la tuberculose et la réduction du nombre de cas de malaria. Toutefois, les autorités nord-coréennes doivent encore faire face à de nombreux défis.

 

Elle a souligné que la RPDC avait des atouts par rapport à d'autres pays en développement. Il n'y a pas de pénurie de médecins ni d'infirmières en Corée du Nord, où il n'existe pas de phénomène de "fuite des cerveaux" des professions médicales. Toujours selon le docteur Chan, la RPDC dispose d'une infrastructure de santé très élaborée, en ayant développé un réseau primaire de santé comportant un médecin pour 130 familles.

 

S'agissant des défis restant à relever, Mme Chan a déclaré :

 

"Le système de santé doit être renforcé pour soutenir la politique gouvernementale d'une couverture universelle et, bien sûr, améliorer la qualité des services. Davantage d'investissements sont nécessaires pour moderniser les équipements et les infrastructures et pour garantir les quantités adéquates de médicaments et d'autres biens, et répondre aux aptitudes du personnel de santé."  

 

En particulier, une importance doit être accordée à l'alimentation et aux maladies qui y sont liées, comme les cancers et les maladies cardiaques, et des efforts sont à mener dans la lutte contre le tabagisme. Toujours selon Mme Chan, le gouvernement doit prêter une attention particulière au statut nutritionnel des jeunes enfants, les nouveaux-nés étant souvent en sous-charge pondérale, ainsi que des femmes enceintes, certaines d'entre elles souffrant d'anémie.

 

Après avoir rappelé la qualité du travail des autorités nord-coréennes avec l'OMS sur plusieurs dispositifs (Fonds global de lutte contre le SIDA, la tuberculose et la malaria ; Alliance globale pour les vaccins et l'immunisation, Global Alliance for Vaccines and Immunization, ou GAVI), Mme Chan a souligné la qualité de l'engagement du gouvernement nord-coréen avec ses partenaires internationaux dans le domaine de la santé :

 

"Je peux confirmer, au moins dans le domaine de la santé, que le gouvernement est réceptif à un engagement avec ses partenaires internationaux et qu'il est réceptif à la demande d'un transparence accrue, pour des statistiques de meilleure qualité et en ce qui concerne sa responsabilité vis-à-vis des ressources parvenant dans le pays pour améliorer la santé (...) Aussi je pense que ce sont, à mes yeux, de très bons signes et un signal."

 

Conduit du 1er au 15 octobre 2008 avec l'appui matériel et technique du Fonds des Nations-Unies pour la Population (UNFPA), le recensement de la population avait indiqué que l'espérance de vie à la naissance en RPD de Corée s'élève à 69,3 ans, et la mortalité infantile à 19,3 pour mille.

 

La directrice générale de l'OMS n'en a pas moins souligné la responsabilité de la communauté internationale pour l'amélioration de la santé publique en Corée du Nord. Plusieurs ONG françaises ont conduit des actions en ce domaine : le Secours populaire français a formé des médecins nord-coréens en France et fournit régulièrement des médicaments. Une deux ONG françaises présentes en RPDC, Première urgence, participe notamment à la modernisation du réseau de santé.

 

A l'occasion de ses voyages en République populaire démocratique de Corée, notamment en 2006, 2008 et 2009, l'AAFC a rencontré les responsables d'ONG présentes en Corée du Nord, notamment dans le secteur de la santé, et visité des établissements médicaux, tout en ayant également pu apprécier les résultats obtenus dans le domaine de la médecine traditionnelle (photo ci-contre: coopération avec le Yémen)

 

Principales sources :

- AAFC

- KCNA, "On-line operation medical service system starts", 27 avril 2010

- Lisa Schlein, "WHO chief notes N. Korean achievements in public health care", Voice of America, 30 avril 2010

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 00:57

En 2008, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a conduit le premier recensement global de sa population depuis 1993. A la date du 1er octobre 2008, la RPD de Corée comptait ainsi 24.052.231 habitants. Les données très complètes ainsi collectées donnent un aperçu détaillé de la démographie du pays, région par région, ainsi que des conditions de vie et de l'organisation économique et sociale.

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Du 1er au 15 octobre 2008, la République populaire démocratique de Corée a conduit le premier recensement global de sa population depuis 1993, et le second de son histoire. Les opérations de recensement ont été menées avec l'appui matériel et technique du Fonds des Nations-Unies pour la Population (UNFPA), sur la base de la déclaration gouvernementale n° 33 d'octobre 2006. Ce travail exhautif de collecte des données a mobilisé plus de 43.000 enquêteurs. Pour les besoins du recensement, les unités administratives de base (appelée ri, up, gu ou dong) ont été subdivisées en unités de 150 ménages dans les zones rurales, et de 180 ménages dans les zones urbaines.

Plus de 24 millions d'habitants, en majorité des femmes

A la date du 1er octobre 2008 à 00h01, prise comme point de référence du recensement, la RPD de Corée comptait 24.052.231 habitants, dont 51,3 % de femmes.

Le sex ratio s'établit ainsi à 95,1 hommes pour 100 femmes (alors qu'il était estimé jusqu'à présent à 97), soit une situation inverse de celle de la Corée du Sud qui semble indiquer que, au Nord de la péninsule, il n'y a pas de sélection des naissances défavorable aux filles,
contrairement au Sud.

Une population majoritairement urbaine

La population urbaine représente 61 % de la population totale.

Vingt-sept villes dépassent 100.000 habitants (hors agglomération) :

1. Pyongyang (2.581.076 habitants)
2. Hamhung (668.557)
3. Chongjin (667.921)
4. Nampho (366.815)
5. Wonsan (363.127)
6. Sinuiju (359.341)
7. Tanchon (345.875)
8. Kaechon (319.554)
9. Kaesong (308.440)
10. Sariwon (307.764)
11. Sunchon (297.317)
12. Phyongsong (284.386)
13. Haeju (273.300)
14. Kanggye (251.971)
15. Anju (240.117)
16. Tokchon (237.133)
17. Kim Chaek (207.299)
18. Rason (196.954)
19. Kusong (196.515)
20. Hyesan (192.680)
21. Jongju (189.742)
22. Huichon (168.180)
23. Hoeryong (153.532)
24. Sinpho (152.759)
25. Songrim (128.831)
26. Munchon (122.934)
27. Manpho (116.760)

Une croissance annuelle de la population de 0,85 % depuis 1993

Lors du précédent recensement de 1993, la population nord-coréenne avait été estimée à 21,2 millions d'habitants, soit un taux de croissance annuel moyen de 0,85 %, ce qui incite à réviser à la baisse les estimations les plus élevées quant à la surmortalité en RPD de Corée pendant les années de la dure marche. Ces difficultés passées se reflètent toutefois dans les données relatives à l'espérance de vie (69,3 ans) et la mortalité infantile (19,3 pour mille), moins favorables qu'en 1993 (respectivement, 72,7 ans et 14,1 pour mille).

Un niveau de vie supérieur à la moyenne mondiale

Ces indicateurs montrent toutefois que le niveau de vie en RPD de Corée est supérieur à la moyenne mondiale.

L'espérance de vie en Corée du Nord (69,3 ans en 2008) est supérieure de plus de trois années à la moyenne mondiale (66,1 ans en 2009), plaçant la RPD de Corée derrière la Chine (73,5 ans) et le Brésil (72,0 ans), mais devant l'Ukraine (68,3 ans), l'Inde (66,1 ans) et la Russie (66,0 ans), selon les comparaisons issues des données publiées pour les autres pays par la
CIA (qui n'intégrait pas encore les données du recensement 2008 en Corée du Nord).

Toujours
selon la même source, la mortalité infantile en Corée du Nord (19,3 pour mille en 2008) est plus de deux fois inférieure à la moyenne mondiale (44,1 pour mille en 2009), plaçant la RPD de Corée au niveau de la Chine (20,3 pour mille), de l'Albanie (18,6 pour mille) et du Mexique (18,4 pour mille).

85 % des ménages ont accès à l'eau potable et 55 % des logements disposent de toilettes équipées d'une chasse d'eau.

Les principaux systèmes de chauffage sont, à part quasi-égales (environ 47 % chacun), le charbon et le bois.

Le mariage et la famille


L'âge moyen au premier mariage est de 24-25 ans pour les femmes, et de 27-28 ans pour les hommes.

Les personnes "séparées" (sans préciser s'il s'agit ou non de divorces) représentent 0,3 % de la population totale : elles sont âgées principalement de 35 à 45 ans.

Un ménage nord-coréen compte en moyenne 3,9 personnes, vivant dans une maison ou un appartement de 50 à 75 m2. 24 % des ménages sont composés d'une seule famille.

Photo ci-dessus : famille se recueillant au cimetière des patriotes martyrs, septembre 2008

L'éducation

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Plus de deux tiers des habitants ont atteint un niveau d'éducation au moins secondaire. 16 % des hommes et 9 % des femmes ont atteint un niveau d'éducation universitaire, l'écart hommes-femmes s'atténuant parmi les personnes âgées de moins de 40 ans.

Le taux d'alphabétisation est supérieur à 99,99 % : seules 326 personnes sont recensées comme illettrées, la quasi-totalité d'entre elles nées avant ou pendant la colonisation japonaise (1910-1945). 

Parmi les 2.973.000 personnes âgées de plus de 16 ans ayant accompli au moins trois années d'un cursus post-secondaire, les formations les plus suivies sont celles d'ingénieur (594.000 personnes), des métiers de l'enseignement (591.000), de l'agriculture (464.000), de la santé publique (273.000), du commerce et de l'administration (une seule catégorie, 221.000 personnes).

Photo ci-dessus : département de français de l'Université Kim Il-sung

Conclusion : des données plus exhautives qu'en 1993

Un effort de transparence et d'exhautisvité permet désormais de disposer de données non mesurées en 1993, comme le (petit) nombre d'étrangers vivant en Corée (estimé à 533 personnes, dont près de deux tiers de femmes âgées de plus de 65 ans, ce qui n'intègre pas le personnel des représentations diplomatiques en RPD de Corée), ou des données sur les handicapés, lesquels forment 0,9 % de la population âgée de plus de 16 ans. Les handicaps visuels, auditifs et intellectuels ont aussi été mesurés. Enfin, les données sur les flux migratoires, à l'intérieur de la Corée du Nord, rendent aussi compte du processus d'urbanisation. 

Principales sources : AAFC, Rapport complet (2009) du Bureau central des statistiques de la RPD de Corée, sur le site des Nations-Unies.

Photographies :
Alain Noguès

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