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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 23:03

Dans les années 1900, le tigre de Corée était réputé avoir disparu, sous l'effet d'une décision du Japon impérial d'exterminer les animaux dangereux. Faux, affirme une équipe de chercheurs sud-coréens qui a montré la correspondance génétique à 100 % entre des tigres de Corée et d'autres félidés toujours vivants en Extrême-Orient russe : le tigre de Corée a donc bien survécu.

amur_tiger.jpg

 

Le 7 février 2012, une équipe du Collège de médecine vétérinaire de l'Université nationale de Séoul, conduite par le professeur Lee Hang, a rendu public le résultat de l'analyse génétique des échantillons prélevés sur des os de tigres de Corée conservés au Smithsonian Institution National Museum of Natural History, aux Etats-Unis, et au Musée national de la science et de la nature de Tokyo. Les séquences génétiques des tigres de Corée correspondent parfaitement à celles des tigres de l'Amour (photo ci-dessus), qui comptent toujours une population de 400 individus vivant dans l'Extrême-Orient russe.

 

L'analyse a porté sur l'ADN mitochondrial de quatre échantillons différents de tigres coréens - trois américains et un japonais - dont un correspondant à un tigre malais, classé par erreur comme un tigre de Corée. Pour les trois autres tigres, la correspondance génétique est totale avec le tigre de l'Amour, qui vit en Sibérie.

 

Selon le professeur Lee, "le fait que le tigre de l'Amour et le tigre de Corée sont de la même lignée signifie que le tigre de Corée est toujours vivant", en ajoutant que "l'avenir du tigre de Corée dépend de la préservation de la population qui reste de tigres de l'Amour, laquelle ne comprend qu'environ 400" individus.

Les résultats scientifiques ont été publiés en janvier par la Société coréenne de zoologie systématique.

Source : Hankyoreh (dont photo).

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 23:01

Fin juin 2011, l'Administration coréenne des aliments et des médicaments (plus connue sous son acronyme anglais : KFDA) a autorisé le premier médicament au monde créé à base de cellules souches. Le Hearticellgram-AMI, utilisé pour soigner l'infarctus du myocarde, a été mis au point par le laboratoire pharmaceutique sud-coréen FCB-Pharmicelle.

 

Hearticellgram_AMI.jpg

 

C'est une première mondiale : un médicament issu de cellules souches a reçu pour la première fois, le 28 juin 2011, une autorisation de mise sur le marché par une agence du médicament, en l'occurrence l'Administration coréenne des aliments et des médicaments.

 

Commercialisé depuis le 1er juillet, Hearticellgram-AMI est un médicament du laboratoire pharmaceutique sud-coréen FCB-Pharmicelle, précurseur dans les recherches médicales utilisant des cellules souches pour lutter contre les maladies incurables.

 

Utilisé dans le traitement de l'infarctus du myocarde, Hearticellgram est issu de cellules souches somatiques extraites du propre corps du patient, ensuite développées et injectées directement dans son cœur endommagé.

 

Malgré les travaux falsifiés du professeur Hwang Woo-suk sur le clonage, les équipes de recherche coréennes ont poursuivi leurs travaux sur les cellules souches, jusqu'à l'autorisation du premier médicament utilisant de telles cellules.

 

Sources : KBS, Dailyfe-Reuters (dont photo).

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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 17:09

Organisées chaque année depuis 1959, les Olympiades internationales de mathématiques sont un championnat international de mathématiques organisé entre les élèves d'aujourd'hui plus de 100 pays à la fin de leurs études secondaires. Lors de l'édition 2011, les élèves coréens, traditionnellement très bien classés, ont terminé respectivement 7èmes (pour la République populaire démocratique de Corée, Corée du Nord) et 13èmes (pour la République de Corée, Corée du Sud).

 

math147094.jpgCompétition internationale de mathématiques, les Olympiades internationales de mathématiques reflètent la qualité du système éducatif dans cette discipline. C'est également un possible indicateur des capacités de recherche scientifique.

 

Chaque pays envoie une équipe comprenant six candidats au maximum, âgés de moins de 20 ans et ne devant pas avoir commencé leurs études supérieures. Si l'épreuve est individuelle, il existe un classement non officiel par équipes. Pendant deux jours, les participants doivent, au cours de deux séances de 4 heures et demie, résoudre deux séries de trois problèmes issus de la géométrie plane, de l'arithmétique, des inégalités ou de la combinatoire.

 

L'édition 2011, qui a été organisée à Amsterdam, a été une fois de plus dominée par les élèves chinois, premiers avec 189 points, suivis des Américains (184 points) et des Singapouriens (179 points). Parmi les pays francophones, la France a terminé 34ème (111 points), dépassée par le Canada (17ème, 132 points) mais devant la Belgique et la Suisse (43ème ex aequo, 88 points).

 

La Russie a fini 4ème, la Thaïlande 5ème et la Turquie 6ème.

 

La Corée du Nord s'est classée 7ème (157 points), les six élèves nord-coréens ayant tous obtenu une médaille (3 médailles d'or et 3 médailles d'argent) pour leurs résultats individuels.

 

La Corée du Sud a décroché la 13ème place (144 points), cinq des six élèves sud-coréens ayant été médaillés (2 médailles d'or et 3 médailles d'argent), le dernier d'entre eux ayant obtenu une mention honorable.

 

Sources : wikipédia, résultats par pays sur le site officiel de la compétition 

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 12:01

220px-Emperor_penguin.jpgSigné le 1er décembre 1959 et entré en vigueur le 23 juin 1961, le traité sur l'Antarctique a suspendu les revendications territoriales sur le continent et prohibé les activités militaires et d'exploitation économique, ouvrant la voie à la reconnaissance de l'Antarctique comme un territoire dédié à la paix et à la science. Depuis 1959 sont en effet entrées en vigueur plusieurs conventions liées au traité sur l'Antarctique, notamment la convention sur la protection des phoques de l'Antarctique de 1972, entrée en vigueur en 1978 ; la convention sur la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique de 1980, entrée en vigueur en 1982 ; enfin, le protocole au traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement en Antarctique de 1991, entré en vigueur en 1998, communément appelé protocole de Madrid.

 

 Les deux Etats coréens ont ratifié le traité sur l'Antarctique, avant d'engager l'un et l'autre des activités de recherche scientifique et météorologique il y a désormais plus de vingt ans.

 

La République de Corée (du Sud) a rejoint les autres parties au traité le 28 novembre 1986. Elle a aujourd'hui le statut de partie consultative : inaugurée le 17 février 1988 sur l'île du Roi-George (Shetland du Sud) et située sur la côte de la péninsule de Barton, au Sud-Est de l'île (62°13′S 58°47′W), la base antarctique permanente King Sejong relève du Programme coréen de recherche antarctique et est spécialisée dans l'observation des changements environnementaux.

 

La République populaire démocratique de Corée (du Nord) a signé le traité sur l'Antarctique le 21 janvier 1987, avant d'engager des travaux de recherche scientifique en 1990. N'ayant actuellement pas de base permanente, elle a le statut de partie non consultative. Nous reproduisons ci-après un article traduit de l'anglais depuis le site de l'agence officielle nord-coréenne KCNA, en date du 23 décembre 2010, détaillant les activités nord-coréennes de recherche antarctique engagées il y a deux décennies.

 

La RPDC a commencé ses activités d'exploration de l'Antarctique il y a vingt ans.

 

Après avoir rejoint le Traité sur l'Antarctique en Juche 76 (1987), la RPDC a conduit deux expéditions dans l'Antarctique de janvier 1990 à octobre 1991.

 

La première équipe d'expédition est arrivée dans l'Antarctique le 5 mai 1990 pour procéder à une étude de la zone et choisir le site d'une base de recherche scientifique antarctique.

 

 Elle a également planté une pancarte portant l'inscription "Première équipe d'expédition antarctique de la République populaire démocratique de Corée", à un endroit situé à 67 degrés, 55 minutes et 23 secondes de latitude Sud et 44 degrés, 32 minutes et 10 secondes de longitude Est.

 

La seconde expédition a eu lieu du 16 octobre 1990 au 4 octobre 1991.

 

La seconde équipe a établi une base scientifique au même endroit le 22 décembre 1990, l'appelant "Saison-1".

 

La base couvrait alors une superficie de 157,6 mètres carrés.

 

L'équipe est restée sur place pendant plus de cent jours pour étudier le climat, les glaces cotières, l'aurore polaire, examiner les caractéristiques géologiques de la zone et recueillir des échantillons de minéraux, de pierres, de plantes et d'animaux.

Elle a également exploré d'autres lieux pour sélectionner le site d'une base scientifique permanente et a planté une pancarte gravée du nom du pays et représentant son drapeau, à un endroit situé à 69 degrés, 22 minutes et 28 secondes de latitude Sud et 76 degrés, 23 minutes et 30 secondes de longitude Est.  

 

Sources : KCNA, wikipédia.

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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 23:15

Héritière des expositions universelles qui ont ponctué les progrès des révolutions industrielles depuis le XIXème siècle, l'Exposition internationale de Shanghaï, du 1er mai au 31 octobre 2010, abrite les pavillons de la quasi-totalité des pays du monde. Le pavillon de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) représente une synthèse des cultures traditionnelle et moderne de la Corée.

 

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A l'exposition internationale de Shanghaï 2010, le pavillon de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) symbolise, sur le thème du Paradis du peuple, à la fois la culture traditionnelle de la Corée (comme les peintures murales des tombeaux de l'ère Koguryo, classés au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO), les thématiques modernes de Corée du Nord et l'élan industriel et technologique - marqué notamment par la place accordée aux nouvelles technologies de l'information et de la communication - en vue d'atteindre l'objectif de construire, en 2012, un pays puissant et prospère.

 

Bien en vue dans le pavillon, une réplique haute de 4,5 mètres du Monument aux idées du Juche se dessine sur une fresque photographique de la capitale Pyongyang. Un cours d'eau ruisselant représente le fleuve Taedong, dans un ensemble où la rocaille et la cave évoquent tant le romantisme européen que la vision idéaliste d'une société harmonieuse, accordant toute leur place aux superbes paysages coréens. Les dessins du drapeau national et de la statue de Cheollima - le cheval ailé de la légende qui parcourt 1.000 ri par jour - dominent également la scénographie.

 

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Source : site officiel de l'Expo 2010 Shanghai Chine. Photos AAFC

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 22:29

Organisées chaque année depuis 1959, les Olympiades internationales de mathématiques sont un championnat international de mathématiques organisé entre les élèves d'aujourd'hui plus de 100 pays à la fin de leurs études secondaires. Les performances brillantes des élèves coréens, tant du Sud que du Nord de la péninsule, témoignent de la qualité du système éducatif. Ces résultats sont également prometteurs pour la recherche scientifique en Corée.

 

math147094.jpgCompétition internationale de mathématiques organisée entre lycéens venant aujourd'hui de plus d'une centaine de pays, les Olympiades internationales de mathématiques reflètent l'excellence du système éducatif dans cette discipline.

 

Chaque pays envoie une équipe comprenant six candidats au maximum. Les participants doivent avoir moins de 20 ans et ne pas avoir commencé leurs études supérieures. Bien que l'épreuve soit individuelle, il existe un classement (non officiel) par équipes. Pendant deux jours, les participants doivent, au cours de deux séances de 4 heures et demie, résoudre deux séries de trois problèmes issus de la géométrie plane, de l'arithmétique, des inégalités ou de la combinatoire.

 

Dans une compétition dominée par la Chine (huit fois première des dix dernières éditions, sauf en 2007 et en 2003, où la première place est revenue respectivement à la Russie, souvent 2ème, et à la Bulgarie, les Etats-Unis s'étant classés aussi régulièrement parmi les six premiers), les élèves des deux Corée ont obtenu de très bons résultats, en progression sur le moyen et le long termes. Participant régulier depuis 1988, la République de Corée (du Sud), qui a accueilli la compétition en 2000 à Taejon, a accédé pour la première fois à un rang dans les 10 premiers en 1995, avant de se classer 3ème en 2006 et 2007, puis de terminer 4ème en 2008, 2009 et 2010. Les résultats de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) sont également très élevés : après deux participations en 1990 et 1992, la Corée du Nord concourt à nouveau régulièrement depuis 2007, terminant 8ème en 2007, 7ème en 2008 et 5ème en 2009. Par comparaison, les résultats des élèves français ont oscillé entre la 19ème et la 48ème place depuis 2000.

 

Les résultats des Olympiades internationales de mathématiques sont également riches d'espérance pour la recherche scientifique en Corée, alors que la Corée du Nord puis la Corée du Sud ont l'une puis l'autre commencé à se lancer dans la conquête spatiale.

 

Sources : wikipédia, résultats par pays sur le site officiel de la compétition 

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 23:01

Le 12 mai 2010, le Rodong Sinmun, journal du Parti du Travail de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a annoncé que la RPD de Corée était parvenue à la fusion nucléaire, franchissant ainsi une nouvelle étape dans le développement de sa technologie nucléaire : tout en réaffirmant sa position de principe en faveur d'une dénucléarisation de la péninsule coréenne, elle poursuit son programme nucléaire militaire face à la menace américaine.

   

Dans le développement de sa technologie nucléaire, la République populaire démocratique de Corée a annoncé, le 12 mai 2010, avoir réussi une opération de fusion nucléaire : selon le quotidien nord-coréen Rodong Sinmun, "la fusion nucléaire est un événement marquant qui montre que la technologie de pointe de la Corée du Nord a fait un bond en avant."

 

fusion_nucleaire.jpg

 

La fusion nucléaire (appelée également thermonucléaire, les réactions de fusion résultant d’une explosion thermonucléaire) est, avec la fission nucléaire, l’un des deux principaux types de réactions nucléaires appliquées. Alors que la fission génère de l'énergie par fissure de l'atome, les atomes sont fusionnés dans les opérations de fusion nucléaire. Ils créent  ainsi un surplus d'énergie en se combinant entre eux. Les réactions de fusion sont beaucoup plus puissantes que celles de fission.

 

En l'absence aujourd'hui d'application industrielle, la fusion nucléaire n'est utilisée que dans le domaine militaire, avec la bombe H, ainsi que pour des usages comme la détection des explosifs, laquelle utilise des générateurs de neutrons. Seuls six pays ont conduits à ce jour des essais d'armes thermonucléaires : les Etats-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la Chine, la France et l'Inde.

 

Tout en ayant réaffirmé de manière constante sa position de principe en faveur de la dénucléarisation de la péninsule coréenne, la RPD de Corée poursuit ses recherches dans le domaine nucléaire, y compris militaire, face à l'attitude jugée hostile des Etats-Unis.

 

Sources :

- "Fusion nucléaire", article de l'encyclopédie Wikipédia ;

- "North Korea boasts success in nuclear fusion research", The Nation, 12 mai 2010 ;

- Yonhap, "La Corée du Nord annonce qu'elle est parvenue à la fusion nucléaire", 12 mai 2010. 

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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 23:50

Du 10 au 15 décembre 2009, une délégation américaine était en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pour y rencontrer des scientifiques et responsables nord-coréens afin de « discuter et identifier les opportunités futures pour des activités de recherche en collaboration dans des domaines d'intérêt mutuel ». Les membres de la délégation, parmi lesquels d'éminents chercheurs, ont été visiblement impressionnés par le talent des jeunes scientifiques nord-coréens, loin de l'image d'un pays reclus et arriéré souvent donnée par les grands médias occidentaux, notamment en France.


La délégation américaine qui s'est rendue du 10 au 15 décembre à Pyongyang à l'invitation de l'Académie nord-coréenne des sciences, était composée de six membres d'un consortium créé en mai 2007 pour favoriser la collaboration scientifique entre les Etats-Unis et la RPDC. Ce consortium regroupe actuellement quatre organisations et institutions américaines : la Fondation américaine pour la recherche et le développement civil (CRDF) dont l'objectif est d'encourager la collaboration scientifique et technique internationale ; l'Association américaine pour l'avancée de la science (AAAS), la plus ancienne fédération d'organisations scientifiques - fondée en 1848 - qui édite notamment la célèbre revue Science Magazine ; l'Université de Syracuse, un centre de recherche de premier plan aux Etats-Unis ; et la Korea Society qui s'attache à promouvoir une plus grande connaissance et compréhension entre les peuples américain et coréen.


Cette visite a eu lieu immédiatement après le déplacement effectué à Pyongyang par l'envoyé spécial américain Stephen Bosworth qui a décrit comme « très utiles » ses entretiens visant à reprendre les négociations sur le programme nucléaire nord-coréen.


En visitant des universités, des laboratoires et des hôpitaux de Pyongyang, la délégation américaine voulait « rencontrer des scientifiques ainsi que des responsables d'universités et en charge de la politique scientifique pour explorer les opportunités pratiques d'échanges et de collaboration [entres les Etats-Unis et la RPDC]. » A l'issue de cette visite, Américains et Nord-Coréens ont rédigé un projet d'accord de coopération dans le domaine de la médecine, de la biologie, de l'énergie et de l'ingénierie, entre autres. Compte tenu de l'histoire, faite de méfiance réciproque, des relations entre les Etats-Unis et la RPDC, des différences de systèmes des deux pays et de la nécessité de respecter leurs lois respectives, ce projet d'accord a encore besoin d'être discuté par les universités américaines et les gouvernements pour entrer en application.


La délégation était conduite par le président de l'AAAS, Peter Agre, prix Nobel de chimie 2003 et directeur de l'Institut Johns Hopkins de recherche sur le paludisme. A l'Université des sciences de RPDC, le professeur Agre a fait un exposé sur les recherches qui lui ont valu le prix Nobel. De leur côté, les scientifiques nord-coréens ont présenté aux visiteurs américains leur propres travaux dans des domaines aussi variés que la théorie des réseaux, la biodiversité, les énergies renouvelables et même la modélisation mathématique du cours des marchés boursiers mondiaux. Cette présentation – en anglais - a visiblement impressionné les membres de la délégation américaine, Peter Agre déclarant même à ses hôtes « attendre avec impatience le jour pas si lointain où un Coréen figurera sur la liste des prix Nobel scientifiques ».


Malgré les difficultés rencontrées par la RPDC, les scientifiques de ce pays ont des atouts qui font souvent défaut à leurs homologues occidentaux - une vaste réserve de jeunes talents et leur passion pour la science - a reconnu pour sa part Stuart Thorson, professeur de science politique à l'Ecole Maxwell d'administration publique de l'Université de Syracuse, interrogé à son retour de Pyongyang.

 

Lui et la délégation américaine dont il faisait partie ont été particulièrement intéressés par la manière avec laquelle le gouvernement nord-coréen encourage les jeunes talents scientifiques à un moment où de moins en moins d'étudiants choisissent cette voie dans le monde.


« Un domaine qui nous a beaucoup impressionnés a été la façon de repérer les jeunes talents scientifiques », a déclaré le professeur Thorson. « [La Corée du Sud et les Etats-Unis] doivent relever un grand défi en encourageant les jeunes, en particulier les filles, à se diriger vers les sciences. Tout le monde veut faire de l'argent », a regretté Stuart Thorson. En Corée du Nord, le gouvernement envoie des hauts scientifiques dans les provinces pour repérer et encourager les jeunes enfants qui « n'ont pas de bons résultats aux tests mais montrent une curiosité pour les sciences », a-t-il noté.


KCUT_15092009-3.JPGL'Université de Syracuse a entamé en 2001 une collaboration avec l'Université technologique Kim Chaek (KCUT) de Pyongyang dans le domaine du traitement de l'information, seule collaboration universitaire en cours entre les Etats-Unis et la RPDC. L'université américaine a invité des experts nord-coréens et a aidé à construire la première bibliothèque numérique de Corée du Nord dans l'enceinte de la KCUT. Pour gérer cette bibliothèque, elle a fourni des logiciels libres (open source) mais ni les ordinateurs ni d'autres équipements qu'il est interdit de livrer à la RPDC en application des règles sur le contrôle des exportations américaines.

Stuart Thorson a qualifié de « très moderne » cette bibliothèque construite sur cinq étages et comportant douze salles équipées d'ordinateurs, pouvant accueillir 370 personnes.


KISU 15092008« [Les Nord-Coréens] en semblent très satisfaits. En fait, ils sont en train d'en construire deux supplémentaires. C'est un bon signe », a déclaré le professeur Thorson faisant référence aux bibliothèques numériques sur le point d'ouvrir à l'Université Kim Il-sung et à la nouvelle Université de science et de technologie de Pyongyang.


Stuart Thorson a écarté l'idée qu'un projet d'échange entre les Etats-Unis et la RPDC puisse constituer une simple aide unilatérale.


« Je sais qu'il est parfois difficile que les gens s'en rendent compte », a dit Thorson. « Mais le fait qu'ils disposent de moins d'outils sophistiqués les a amenés à développer certaines approches théoriques intéressantes. [...] Mon sentiment est qu'ils se sont plus orientés vers les mathématiques. En conséquence, ils sont très bons en théorie abstraite. Je pense donc qu'il s'agit, pour nous, d'un échange. Ce n'est pas un transfert dans une seule direction. Nous ne faisons pas de l'aide humanitaire. »


Le professeur Thorson espère qu'une « diplomatie de la science » permettra une meilleure compréhension entre les Etats-Unis et la Corée du Nord.

« Il y a eu beaucoup de malentendus sur l'autre pays, beaucoup de stéréotypes décrivant l'autre pays comme le mal », a déclaré Stuart Thorson. « La coopération scientifique rend difficile ce genre de choses, entre autres [...] Ce sont des gens, et ils ne sont pas maléfiques. »


Plusieurs personnalités et institutions scientifiques américaines de renom n'hésitent donc pas à s'engager en faveur d'une plus grande coopération entre les Etats-Unis et la RPDC « dans des domaines d'intérêt mutuel », avec l'aval des autorités américaines et malgré les différends opposant les deux pays. L'Association d'amitié franco-coréenne regrette que la France emprunte un tout autre chemin, surtout après les déclarations du ministre Bernard Kouchner se félicitant, le 22 décembre dernier devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, que le gouvernement français travaille « mollement » (ce terme ne figure pas dans le compte rendu écrit de l'audition du ministre) à l'établissement d'un bureau de coopération humanitaire à Pyongyang. La création d'une telle structure a pourtant été proposée par Jack Lang, émissaire du président de la République française en Corée du Nord. C'est en outre un pas modeste qui ne signifie pas une prochaine reconnaissance diplomatique de la RPDC par la France, ce que déplore l'AAFC. Au vu de ce que peuvent accomplir les Etats-Unis et la RPDC - deux pays réputés ennemis -, l'Association d'amitié franco-coréenne appelle, une fois de plus, les autorités françaises à mettre fin à une politique préjudiciable aux intérêts français et à lever tous les obstacles à la coopération entre la France et la RPDC, y compris dans les domaines scientifique et universitaire. En plus de préserver les intérêts de la France en Asie du Nord-Est, une telle coopération bénéficiera aux deux pays et peuples et ne pourra, au final, que servir la paix mondiale.

Sources :
AAAS, AFP, CRDF, JoongAng Ilbo, Yonhap

Photos : AAFC (septembre 2008)

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5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 10:16
Après un premier report du lancement en raison d'une météo défavorable, la fusée Unha-2 a décollé de République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ce dimanche 5 avril, emportant le satellite Kwangmyongsong-2. Voici les premières données techniques sur le lancement et le satellite.

La fusée de trois étages Unha-2 (ci-dessous sur les images de la télévision nord-coréenne) a décollé du site de lancement de la mer de l'Est, situé dans le district de Hwadae de la province du Hamgyong du Nord, le 5 avril 2009 à 11h20 (02h20 GMT) et a mis sur son orbite le satellite expérimental Kwangmyongsong-2 à 11h29mn02s.

 

Le satellite fait le tour de la terre suivant une orbite elliptique avec un angle d'inclinaison de 40,6 degrés, à 490 km de périgée (point d'une orbite le plus proche de la Terre) et à 1.426 km d'apogée (point le plus éloigné). Il accomplit une orbite complète en 104 minutes et 12 secondes.

Le satellite dispose des appareils de mesures et de communications nécessaires à la transmission d'informations sur la fréquence de 470 MHz. Le relai des communications s'effectue actuellement sur la bande UHF (ultra haute fréquence, 300 à 3 000 MHz).

Pour la République populaire démocratique de Corée, le satellite Kwangmyongsong-2 est d'une importance décisive pour la promotion de la recherche scientifique dans l'utilisation pacifique de l'espace et la résolution des problèmes scientifiques et technologiques qui se poseront à l'avenir dans le lancement de satellites pratiques. (source : KCNA)


Le lancement de la fusée Unha-2 diffusé à la télévision nord-coréenne

Reconstitution par ordinateur du lancement de Unha-2 et de la mise en orbite de Kwangmyongsong-2



Lire aussi l'entretien accordé le 3 avril à l'AAFC par le délégué général de la République populaire démocratique de Corée.

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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 19:29
Alors que le Japon et les Etats-Unis menacent d'abattre la fusée que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) veut lancer entre le 4 et le 8 avril prochain, et d'alourdir les sanctions contre la RPDC, la Fédération de Russie adopte une attitude plus raisonnable et digne d'une grande puissance sûre de ses capacités. De hauts responsables civils et militaires russes dénoncent ainsi les doubles standards mis en oeuvre par la "communauté internationale", mettent en garde contre une dramatisation excessive du lancement nord-coréen, et insistent sur le droit de chaque pays à mener un programme spatial.
  
Pour Anatoli Nogovitsyne, chef adjoint de l'Etat-major général des forces armées russes, les menaces proférées par certains pays d'abattre la fusée que les Nord-Coréens envisagent de lancer pour mettre un satellite sur orbite relèvent des doubles standards.
 

"Quand il est dit que le lancement d'une fusée nord-coréenne représente une menace pour la sécurité d'un pays en particulier, cela ressemble beaucoup à des doubles standards : certains peuvent se permettre de faire beacoup de choses, et d'autres non", a déclaré le général Nogovitsyne interrogé le samedi 28 mars par la radio Echo de Moscou.

 

Le chef adjoint de l'Etat-major russe a établi un parallèle entre la fusée nord-coréenne et le programme nucléaire iranien. Rencontrant des parlementaires français, le général Nogovitsyne avait noté que, en France, 80% de l'électricité était produite par des centrales nucléaires, se demandant pourquoi un autre pays ne pourrait pas en faire autant.

 

"Ils ont convenu qu'une telle politique de doubles standards ne pouvait pas avoir d'effets bénéfiques sur la situation internationale", a dit le général Nogovitsyne.

 

Il a aussi rappelé que la Russie dispose des techniques et équipements nécessaires au contrôle de l'espace. "Nous contrôlons tous les objets spatiaux en orbite, suivons leurs trajectoires et leurs orientations", a-t-il déclaré. "Chaque Etat a le droit d'explorer l'espace" et la Russie suivra donc attentivement le lancement de la fusée spatiale nord-coréenne, attendu entre le 4 et le 8 avril 2009.

 

Pour sa part, l'envoyé spécial du ministère russe des Affaires étrangères pour les problème relatifs à la péninsule coréenne, Grigori Logvinov,  avait dès le 17 mars mis en garde contre toute dramatisation excessive du lancement du satellite de communication Kwangmyongsong-2 par une fusée Unha-2.

 

"Ce n'est pas la peine de se précipiter, même si la situation est compliquée," avait prévenu l'ambassadeur Logvinov. "La communauté internationale doit soigneusement peser toutes les circonstances du lancement du satellite prévu début avril et s'abstenir d'attiser la panique, d'autant que la résolution 1718 du Conseil sécurité des Nations Unies à laquelle la presse fait souvent référence ne manque pas d'ambiguïté."


Le 5 mars dernier la RPDC a informé la Fédération de Russie qu'elle rejoignait le traité international de 1966 sur l'espace, traité dont la Russie est dépositaire. Pivot du droit de l’espace, le Traité sur les Principes régissant les activités des États en matière d’exploration et d’utilisation de l’espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes (communément appelé "Traité sur l’espace"), adopté par l'Assemblée générale des Nations Unies le 19 décembre 1966, est entré en vigueur le 10 octobre 1967. La France qui a lancé en 1965 sa première fusée Diamant - premier lanceur construit en dehors des Etats-Unis et de l'URSS - a signé le Traité sur l'espace en 1970.


Le Traité sur l'espace stipule dans son premier article que l'exploration de l'espace doit se faire dans l'intérêt de tous les pays, quel que soit le stade de leur développement économique ou scientifique, et proclame l'espace extra-atmosphérique patrimoine commun de l'humanité. L'espace ne peut pas faire l'objet d'une appropriation nationale et tous les Etats ont le droit de l'explorer et l'utiliser, un droit que les Etats-Unis et leurs alliés voudraient donc aujourd'hui nier à la République populaire démocratique de Corée. (sources : ITAR-TASS, RIA Novosti, Wikipedia)

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