Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 12:36

Le 6 janvier 2016, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a annoncé avoir testé avec succès sa première bombe à hydrogène (bombe thermonucléaire), ou "bombe H". Il s'agit du quatrième essai nucléaire de la RPD de Corée, après ceux du 9 octobre 2006, du 25 mai 2009 et du 12 février 2013 qui avaient entraîné la mise en place d'un régime international de sanctions contre la RPD de Corée. L'essai du 6 janvier 2015 a ainsi suscité de fermes critiques des Etats-Unis et de leurs alliés, ainsi que des autres membres du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui doit se réunir le même jour. Pour sa part, Pyongyang a réaffirmé son droit à l'autodéfense face à la politique hostile des Etats-Unis.

L'annonce du premier essai nucléaire de bombe à hydrogène par la Corée du Nord - par la présentatrice Ri Chun-hee - a été suivie dans le monde entier (ici, en Corée du Sud).

L'annonce du premier essai nucléaire de bombe à hydrogène par la Corée du Nord - par la présentatrice Ri Chun-hee - a été suivie dans le monde entier (ici, en Corée du Sud).

Selon la RPDC, l'essai nucléaire a été conduit le 6 janvier 2016 au moyen d'une bombe miniaturisée à 10 heures (heure locale), par des technologies qu'elle a développées en propre. La Corée du Nord se félicite d'ainsi accéder au club des pays avancés en matière de technologie nucléaire.

Selon l'agence nord-coréenne KCNA, il s'agit d'une mesure d'autodéfense rendue nécessaire par la politique hostile des Etats-Unis, tandis qu'était rappelé l'attachement de Pyongyang à la paix et à la sécurité régionale qui implique, toujours selon KCNA, une politique de dissuasion nucléaire :

Cet essai est une mesure d'autodéfense prise par la RPDC pour protéger fermement la souveraineté du pays et le droit vital qu'a chaque nation de se protéger contre la menace nucléaire et le chantage toujours grandissants des forces hostiles conduites par les Etats-Unis, et pour sauvegarder de manière fiable la paix dans la péninsule coréenne et la sécurité régionale.

http://www.kcna.kp/

La RPD de Corée a réaffirmé qu'elle était une puissance nucléaire souveraine, excluant l'usage en premier d'armes nucléaires ainsi que les transferts de technologies :

La RPDC, qui est un Etat nucléaire responsable, n'utilisera jamais d'armes nucléaires en premier et ne transfèrera en aucunes circonstances les moyens et les technologies nécessaires, comme elle l'a déjà affirmé.

http://www.kcna.kp/

La condamnation rapide par les Etats-Unis et la communauté internationale n'est pas nouvelle. L'essai nucléaire nord-coréen intervient dans un contexte de blocage du dialogue, après que les propositions nord-coréennes de revenir à la table des négociations se sont heurtées à une fin de non-recevoir par Washington, qui avait posé des conditions préalables dont il savait qu'elles étaient inacceptables. De même, la proposition de la RPDC de conclure un traité de paix avec les Etats-Unis, réitérée en 2015, avait été rejetée par la Maison Blanche.

Dans ce contexte, la Corée du Nord a poursuivi le développement de son programme nucléaire, dont l'étape suivante était de se doter de la bombe H - suivant une annonce faite en ce sens, en décembre 2015, par le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Les experts militaires occidentaux avaient alors mis en doute la maîtrise par la RPDC de la technologie de la bombe H. Le 6 janvier 2016, ils ont annoncé avoir détecté des mouvements sismiques sur le site de Punggye-ri à l'heure annoncée de l'essai nucléaire, tout en précisant qu'ils devaient conduire des recherches supplémentaires quant à sa nature et à sa portée.

Source (outre KCNA)

En plus de ces essais, Israël ou l'Afrique du Sud, voire les deux conjointement, auraient effectué un essai le 22 septembre 1979 dans l'océan Indien.

En plus de ces essais, Israël ou l'Afrique du Sud, voire les deux conjointement, auraient effectué un essai le 22 septembre 1979 dans l'océan Indien.

Partager cet article
Repost0
3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 14:15

Le 1er janvier 2016 a été inauguré le complexe scientifique et technologique de l'île Ssuk, située sur le fleuve Taedong, à Pyongyang, en présence, entre autres, de Kim Jong-un, Premier secrétaire du Parti du travail de Corée (PTC) et de Pak Pong-ju, Premier ministre de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Construit en seulement un an par les soldats de l'Armée populaire de Corée, le nouveau complexe - dont le bâtiment principal a la forme d'un atome - exprime les évolutions architecturales les plus récentes de la RPD de Corée, caractérisées notamment par un large recours aux façades en verre. Nous reproduisons ci-après des photos de l'inauguration - la première de l'année 2016 - qui témoigne de la volonté des autorités nord-coréennes de construire une "économie basée sur la connaissance" en cherchant à accélérer le développement scientifique et technologique.

Inauguration du complexe scientifique et technologique de l'île Ssuk
Inauguration du complexe scientifique et technologique de l'île Ssuk
Inauguration du complexe scientifique et technologique de l'île Ssuk
Inauguration du complexe scientifique et technologique de l'île Ssuk
Inauguration du complexe scientifique et technologique de l'île Ssuk
Inauguration du complexe scientifique et technologique de l'île Ssuk
Inauguration du complexe scientifique et technologique de l'île Ssuk
Partager cet article
Repost0
27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 21:46

Le 25 septembre 2015, l'IUT de Saint-Dié a organisé une conférence-débat intitulée "La Corée du Nord, au-delà des idées reçues", animée par le grand reporter Claude Vautrin, avec les interventions de Damien Jamet, maître de conférences à l'Université de Lorraine, et Benoît Quennedey, vice-président de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) chargé des actions de coopération. Cette conférence faisait suite à un séjour - préparé par l'AAFC à partir de juillet 2014 - de Damien Jamet en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) au début de l'été 2015, afin de jeter les bases d'une future coopération universitaire en mathématiques avec l'Université Kim Il-sung, l'une des plus prestigieuses universités de la RPD de Corée. L'AAFC remercie l'IUT de Saint-Dié et l'Université de Lorraine, dont relève l'IUT, pour leur invitation et l'organisation de cette conférence. Les très riches discussions, couvertes par différents médias locaux, ont permis de chasser plusieurs idées reçues sur la Corée du Nord, en montrant l'intérêt et la pertinence de coopérations universitaires pour jeter des ponts entre la France et la RPDC et contribuer ainsi au rapprochement des peuples et à la paix dans cette région du monde.

Retour sur la conférence-débat "La Corée du Nord, au-delà des idées reçues"

Si l'on mesure le succès d'une conférence par le nombre de participants rapporté à la population du lieu d'accueil, l'IUT de Saint-Dié - implanté dans une ville de 21 000 habitants au coeur des Vosges - peut s'enorgueillir d'avoir établi une sorte de record s'agissant d'un événément lié à la Corée : plus de 70 personnes présentes, dont le directeur de l'IUT, Olivier Caspary, par ailleurs maître de conférences en informatique, différents médias locaux, ou encore des étudiants que n'avait pas rebuté l'heure tardive à laquelle nombre de leurs congénères avaient définitivement mis le cap vers d'autres activités extra-universitaires en cette veille de week-end...

Car la Corée du Nord fascine et intrigue. Comme l'a souligné l'animateur des débats, le grand reporter Claude Vautrin (auteur de Grand reporter, le pas de côté, publié en 2015 par Kairos), dès un exposé liminaire clair, dense et ouvrant la porte à la confrontation d'idées, le pays est sous le feu des différentes propagandes. Tout au long de la conférence débat, illustrée par les photos prises cet été par Damien Jamet, aucun des aspects qui fait la singularité de la Corée n'a été éludé : économie, société, politique, diplomatie et, bien évidemment, échanges universitaires, conformes à l'objectif de la mise en place - depuis septembre 2011 - d'un bureau français de coopération à Pyongyang, et dont Damien Jamet a logiquement rencontré le directeur, Emmanuel Rousseau lors de son séjour en RPD de Corée. Il s'agit de la première représentation diplomatique française jamais établie dans le pays avant, espérons-le, que se nouent des relations diplomatiques complètes. En effet, la France est l'un des deux derniers pays de l'Union européenne (avec l'Estonie) à ne pas avoir franchi le cap de l'établissement de relations diplomatiques complètes, ce qui a contribué au recul de son influence en Asie du Nord-Est par rapport à d'autres pays occidentaux, au premier rang desquels l'Allemagne.

Mais, au-delà de la singularité toute relative (car largement façonnée par les médias) de la Corée du Nord, c'est déjà un intérêt scientifique qui a motivé la volonté de Damien Jamet d'approfondir les échanges entre l'IUT de Lorraine et l'Université Kim Il-sung à Pyongyang : tout a commencé par la lecture, dans une revue internationale, d'un article relevant de sa spécialité écrit par un confrère nord-coréen, confirmant le haut niveau de la RPDC en mathématiques, et qui a donné lieu à un échange de correspondances. Comme Damien Jamet n'avait pas de connaissance préalable de la Corée du Nord, il s'est tourné vers l'AAFC qui, lors du voyage de la délégation de l'association qui s'est rendue en RPDC en août 2014, a discuté directement des modalités d'une coopération universitaire - qui n'est pas la première (ni sans doute la dernière) qu'a favorisée l'AAFC. Pour le lancement réussi de cet échange (le premier à notre connaissance, en France, avec la RPDC dans le domaine des sciences fondamentales) à maints égards prometteur, l'AAFC remercie par ailleurs M. Ri Tok-son, conseiller à la délégation générale de la RPD de Corée en France, et Mme Jong Un-a, secrétaire générale de l'Association d'amitié Corée-France au sein du Comité des relations culturelles avec les pays étrangers, qui ont été des intermédiaires efficaces.

Retour sur la conférence-débat "La Corée du Nord, au-delà des idées reçues"

Pendant près de deux heures, les clichés sont tombés les uns après les autres : tout d'abord, il est possible de voyager en Corée du Nord, dont la culture confucéenne a façonné un respect de l'autorité (y compris celle des enseignants) devenue largement étrangère à nos modes de pensée. Il y a chez les Nord-Coréens une appétence pour les connaissances techniques et scientifiques occidentales, afin d'accomplir un nécessaire bond en avant dans le développement et la modernisation du pays. Quand les Français moroses font grise mine, les Coréens (et pas seulement du Nord) manifestent la volonté prométhéenne d'un peuple il y a encore peu soumis au joug d'une domination étrangère, aspirant à la réunification de sa patrie, et se projetant vers l'avenir avec la ferme conviction que l'homme est et doit rester maître de son destin. Par-delà l'échange universitaire entre la Lorraine et Pyongyang, qui n'en est qu'à ses débuts, c'est de la rencontre entre deux univers de pensées et deux sociétés très différentes dont a rendu compte une conférence-débat mémorable.

Partager cet article
Repost0
11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 23:37

Souvent à l'origine d'insuffisances rénales, la sténose de l'artère rénale traduit un rétrécissement du calibre de l'artère rénale. Après 1945, les pays occidentaux ont mis en place de nouveaux traitements en utilisant des prothèses. Dans une dépêche de l'agence KCNA en date du 5 février 2015, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a annoncé avoir réussi, pour la première fois dans le pays, à opérer un traitement en utilisant une prothèse bifurquée de taille adaptée. Il s'agit d'un progrès médical appréciable, traduisant le fait que les Nord-Coréens disposent non seulement du matériel requis mais aussi qu'ils ont les ressources humaines nécessaires pour mettre en oeuvre ces techniques.

Sur ce schéma, l'artère rénale porte le numéro 3.

Sur ce schéma, l'artère rénale porte le numéro 3.

L'opération, utilisant une prothèse bifurquée de taille adaptée, a été réalisée avec succès par le Docteur Ri Yong-jin, à l'Hôpital général de la Croix-Rouge de RPD de Corée, sur une patiente âgée de 23 ans souffrant d'une sténose bilatérale de l'artère rénale. Sa pression artérielle est ensuite revenue à la normale, et elle ne présentait plus de symptomes de névropathie.

L'agence KCNA de la RPD de Corée a souligné l'intérêt du recours à de telles opérations, plutôt qu'à des traitements médicamenteux, pour soigner les sténoses de l'artère rénale, répandues notamment chez les femmes de moins de 40 ans, et qui peuvent être unilatérales ou bilatérales.

Source :

 

Partager cet article
Repost0
4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 23:59

Première université privée à voir ouvert ses portes en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), grâce notamment à l'implication et à l'entregent d'un Coréen Américain, James Kim, la Pyongyang University of Science and Technology (PUST) accueille des professeurs étrangers. Parmi eux, un Américain, Will Scott, doctorant en informatique, a donné entre octobre et décembre 2013 des cours sur les systèmes d’exploitation, d'une part, et les bases de données, d'autre part - alors que les autorités nord-coréennes ont mis l'accent sur l'informatique depuis une génération pour accélérer les mutations économiques et technologiques, en envoyant notamment des étudiants dans des pays étrangers (Chine, Inde...). Will Scott a rendu compte de son expérience fin 2014 lors d'une conférence à Hambourg, et dans les médias occidentaux. Nous reprenons et commentons ci-après des extraits d'un entretien qu'il a accordé à Martin Untersinger, envoyé spécial du quotidien Le Monde à Hambourg.

Will Scott, un professeur d'informatique américain en Corée du Nord

S'agissant du profil de ses étudiants, Will Scott observe qu'ils ont quelques années d'études supérieures derrière eux et appartiennent à la "classe moyenne de Pyongyang" - ce qui correspond par ailleurs au profil des étudiants internationaux nord-coréens, qui étudient à l'étranger.

"Les étudiants avaient tous choisi cette université. Beaucoup semblaient issus de la classe moyenne de Pyongyang, avec des parents médecins par exemple. Agés de 21 ou 22 ans, ils avaient déjà une ou deux années d’études supérieures. Certains avaient déjà étudié l’informatique, mais beaucoup étaient des débutants."

 

S'agissant d'Internet, Will Scott relève que les étudiants connaissent le réseau, en soulignant que la visite en RPD de Corée d'Eric Schmidt, le PDG de Google, a été fortement médiatisée en interne (ainsi d'ailleurs que dans les médias anglo-saxons). Il mentionne également l'accès à l'Internet traditionnel (donc pas au seul réseau Intranet nord-coréen), avec un filtrage. Les étudiants n'ont pas d'adresses email personnelles - de fait, en RPDC, les adresses mél appartiennent à des institutions, et pas à des particuliers.


"Est-ce qu’ils connaissaient Internet ?

Oh oui, bien sûr, ils connaissaient Internet. Ils connaissaient Bill Gates, Mark Zuckerberg, Steve Jobs. Les informations leur parviennent d’un nombre surprenant d’endroits. Ils savaient aussi qu’Eric Schmidt [le PDG de Google] avait visité le pays, car cela avait été relayé dans les journaux. Ils connaissaient l’entreprise et savaient ce qu’elle faisait. On parlait des réseaux sociaux, je leur ai expliqué ce qu’était Dropbox."


"A quel réseau avaient-ils accès ?

Sur le campus, nous avions accès à l’Internet traditionnel. C’est un débat récurrent au sein de l’université : les professeurs plaident pour un accès plus large et la direction est réticente. Les étudiants en équivalent de master et de dernière année de licence ont accès à Internet. Il y a du filtrage, mais je ne sais pas exactement lequel. Ce n’est pas un accès complètement restreint. Les étudiants l’utilisent pour de la recherche et pour leurs devoirs. Ils n’ont pas d’adresse e-mail, ils ne l’utilisent pas pour socialiser."

 

Will Scott estime que les étudiants nord-coréens (qui, au PUST, sont tous anglophones), avec qui il avait des discussions sur des sujets de loisirs comme le sport, n'étaient pas différents des autres étudiants en informatique, notamment dans leur vision des outils informatiques à des fins utilitaires (par exemple commerciales) plus que pour créer des réseaux sociaux. Une des difficultés qu'il a rencontrées pour ses cours était les pannes de courant.

Il a notamment souligné l'accès au réseau de téléphonie mobile (en se trompant sur le nombre d'abonnés, estimé à 2 millions et pas 1 million, pour une population d'environ 25 millions d'habitants) et l'achat de tablettes (basées sur Android) par certains étudiants.


"Est-ce que l’informatique et Internet sont susceptibles de changer la façon dont ils voient le monde ?

J’espère. Les membres de la classe aisée que j’ai côtoyés veulent pouvoir dire ce qu’ils veulent. Ce sont eux qui utilisent Internet et les téléphones mobiles, auxquels environ un million de Nord-Coréens sont abonnés. Quelques magasins vendent des tablettes et certains de mes étudiants en possédaient."

 

En conclusion, Will Scott a déploré que l'émergence d'une classe moyenne ouverte sur l'étranger soit un aspect de la RPD de Corée qu'occultent les médias occidentaux. De fait, il s'agit d'un des changements les plus notables engendrés par la mise en oeuvre des mesures d'ouverture économique depuis 2002.


"Pensez-vous que les gens se font une fausse image de la Corée du Nord ?

La façon dont la Corée du Nord est vue sur la scène internationale est très différente de la réalité à Pyongyang. Il existe une classe moyenne dont on entend jamais parler, qui se rend en avion en Chine, dont les étudiants partent à l’étranger, notamment en Suède, en Suisse ou en France. Certains sont un peu des citoyens du monde, même en étant Nord-Coréens."

 

Sources :

Partager cet article
Repost0
30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 09:20

fusee_sud-coreenne_naro_lancement.jpgAprès des échec initiaux en 2009 et en 2010, et deux tentatives plus récentes l'an passé reportées suite à des problèmes techniques, la République de Corée (du Sud) a réussi pour la première fois à placer en orbite un satellite le 30 janvier 2013. Le 12 décembre 2012, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) avait précédé la Corée du Sud dans la conquête spatiale en mettant en orbite un satellite de travail. Toutefois, alors que la RPDC a utilisé des technologies entièrement nationales, le lanceur utilisé par la Corée du Sud est partiellement de conception russe et ce n'est qu'en 2021 que la Corée du Sud ambitionne de développer une technologie exclusivement sud-coréenne.

 

Le 30 janvier 2013, les médias sud-coréens ont retransmis en direct les images du lancement du KSLV-I (Korea Space Launch Vehicle) ou Naro-1, lanceur de 140 tonnes de conception russo-coréenne, à 16h00 heures locales (07h00 GMT). Mis en orbite avec succès, le satellite STSAT-2C doit recueillir des informations sur les radiations cosmiques.

 

Selon l'Institut coréen de recherche aérospatiale (acronyme anglais KARI), le premier étage, lanceur de la fusée, et le carénage du satellite ont été séparés après 232 secondes. Le kick-moteur du deuxième étage a été allumé après 330 secondes à une distance de 870 km. Le deuxième étage transportant le satellite est entré en orbite à 16h08, puis à 16h09 le satellite et le kick-moteur se sont séparés.

 

Lors de précédentes tentatives, en 2009 le déploiement du satellite avait échoué, et en 2010 la fusée avait explosé. En octobre et fin novembre 2012, de précédents lancements avaient été reportés, après des problèmes techniques détectés sur le premier étage de la fusée, de conception russe, puis sur le deuxième étage.

 

Le succès de la mise sur orbite du satellite nord-coréen Kwangmyongsong-3, le 12 décembre 2012, avait relancé la volonté du Sud de rejoindre le Nord dans le club fermé des puissances spatiales. Toutefois, alors que la RPDC a utilisé des technologies qui lui sont entièrement propres, ce n'est qu'en 2021 que la Corée du Sud envisage de développer une fusée de conception 100 % sud-coréenne, portant une charge de 1,5 tonne.

 

Comme l'observe l'agence AP, les deux Corée voient le développement de leurs programmes spatiaux comme cruciaux en termes de prouesse scientifique et de fierté nationale. Les réussites des lancements ont été accueillies avec le même enthousiasme au Nord, le 12 décembre 2012, puis au Sud le 30 janvier 2013, montrant la qualité et la compétence des scientifiques coréens. Cependant, au Nord les sanctions supplémentaires imposées par le Conseil de sécurité des Nations Unies traduisent l'application d'une règle du "deux poids, deux mesures" qui suscite l'ire de Pyongyang et s'inscrit dans une escalade des tensions dans la péninsule. Compte tenu que les technologies spatiales et balistiques sont en partie communes, le lancement sud-coréen a également une signification en termes militaires, alors qu'un troisième essai nucléaire nord-coréen est attendu.

 

Les Etats-Unis n'ont pas favorisé le programme spatial sud-coréen, développé en coopération avec la Russie, suivant une démarche tendant à maintenir la Corée du Sud dans une situation d'infériorité technologique et de dépendance militaire. Le choix par la Corée du Sud d'un lancement, dans le contexte actuel de tensions, doit-il s'interpréter comme une volonté d'indépendance accrue de Séoul ? La nouvelle présidente sud-coréenne Park Geun-hye est attendue sur le dossier des relations américano - sud-coréennes.

 

Pour sa part, l'AAFC, fondamentalement attachée à la paix, souhaite ardemment la reprise du dialogue entre les différentes parties pour résoudre les questions de sécurité en suspens, alors que la guerre de Corée en 1953 ne n'est malheureusement toujours pas conclue par la signature d'un traité de paix.

 

Sources : AAFC, AFP (cité par La Croix), AP, Yonhap (dont photo).

Partager cet article
Repost0
12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 08:37

Le mercredi 12 décembre 2012, à 9h49 heure locale, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a procédé au lancement de la seconde version de son satellite artificiel "Kwangmyongsong-3", depuis le centre spatial Sohae. Alors que le précédent lancement de la première version de ce satellite, le 13 avril 2012, avait échoué, le succès de la mise en orbite de la fusée nord-coréenne - annoncé par les médias nord-coréens dès 11h23 - a été reconnu par le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord. Si la nouvelle de cette réussite par le ministère américain de la Défense se confirme, ce qui serait une première pour un satellite nord-coréen, cela signifiera un consensus des experts sur l'accession de la RPD de Corée au rang des quelques dix puissances les plus avancées dans le domaine des technologies spatiales, en étant capable de procéder à la mise sur orbite d'un satellite artificiel - un seuil technologique que n'a pas pu franchir, à ce jour, la République de Corée (du Sud).

 unha3dec12

Si des raisons techniques (un défaut au niveau du circuit de démarrage) avaient conduit la RPD de Corée, le 8 décembre dernier, à élargir la période de lancement initialement envisagée pour le lancement du satellite utilitaire Kwangmyongsong-3, c'est finalement bien dans les délais prévus - à partir du 10 décembre 2012 - qu'il a été procédé à son lancement et sa mise sur orbite, laquelle a réussi selon la radio centrale de télévision de la RPDC Chosun. La nouvelle a été accueillie par des scènes de joie à Pyongyang.

Pour la première fois s'agissant d'un satellite nord-coréen, le succès de la mise sur orbite a été reconnu par le Pentagone américain : selon le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD), dont le rapport a été cité par l'AFP, les résultats des analyses par le système de surveillance des missiles montrent que la Corée du Nord semble avoir réussi la mise sur orbite du satellite Kwangmyongsong-3.

Le Conseil des sécurité des Nations Unies se réunira à la demande de la Corée du Sud qui, comme les Etats-Unis et leurs alliés, assimilent le lancement d'un satellite artificiel à un tir de missile, en violation des résolutions 1718 et 1874 du Conseil de sécurité. Egalement membre permanent du Conseil de sécurité, la Chine a exprimé ses "regrets" à propos du lancement.

Principales sources : KCNA, Yonhap.

 

Le lancement de la fusée Unha-3 emportant le satellite Kwangmyongsong-3, le 12 décembre 2012

Partager cet article
Repost0
1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 17:49

Le 1er décembre 2012, un porte-parole du Comité coréen [de la République populaire démocratique de Corée, RPDC, Corée du Nord] pour les technologies spatiales a annoncé le lancement d'un nouveau satellite artificiel, entre le 10 et le 22 décembre prochains. Ce communiqué intervient alors que la République de Corée (du Sud) entend aussi procéder prochainement au lancement d'un satellite artificiel, après de précédents essais infructueux.

Selon le Comité coréen pour les technologies spatiales, il s'agira d'un "satellite de travail", correspondant à une nouvelle version du satellite Kwangmyonsong-3, développé par des technologies spécifiques à la RPD de Corée. Son lancement s'inscrit dans le cadre d'un programme de recherche scientifique et d'utilisation de l'espace à des fins pacifiques, sur le chemin de l'édification d'un "pays puissant et prospère".

Le précédent lancement d'un satellite Kwangmyongsong-3, en avril dernier, avait échoué. Toujours d'après le communiqué du Comité coréen pour les technologies spatiales, cité par KCNA, "les scientifiques et techniciens de la RPDC ont analysé les erreurs commises durant le précédent lancement en avril, et ils ont approfondi leur travail pour améliorer la fiabilité et la précision du satellite et le lanceur de la fusée". En avril, des experts et journalistes étrangers avaient été invités à assister au lancement et à ses préparatifs, dans une démarche de transparence sans précédent s'agissant du programme spatial de la RPD de Corée.

Il sera procédé au nouveau lancement d'un satellite Kwangmyonsong-3, depuis le Centre spatial de Sohae (nord-ouest), par un lanceur Unha-3, entre le 10 et le 22 décembre - la date exacte dépendant des conditions météorologiques. Le lancement devrait 
coïncider avec le premier anniversaire de la disparition du dirigeant de la RPDC Kim Jong-il, le 17 décembre 2011.

Comme pour les précédents lancements, l'annonce publique faite préalablement par l'agence spatiale nord-coréenne répond aux obligations internationales du droit de l'espace, notamment pour éviter d'éventuelles collisions avec d'autres objets volants ou en orbite autour de la Terre. Le Comité coréen pour les technologies spatiales a aussi indiqué avoir choisi la trajectoire de nature à éviter d'éventuelles chutes de débris de la fusée, lors du lancement, dans les pays voisins.

Source : KCNA (dépêche du 1er décembre 2012)

Partager cet article
Repost0
30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 22:48

A l'instar d'autres pays asiatiques, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a mis l'accent sur le développement des nouvelles technologies de l'information et de la communication pour accélérer son développement et sa modernisation économique. Dans ce cadre, la 23ème exposition nationale d'informatique s'est tenue du 18 au 25 octobre 2012 au Pavillon des Trois Révolutions et s'est achevée par une compétition où ont été récompensés, notamment, les meilleurs programmes de traduction entre le coréen et l'anglais d'une part, le coréen et le chinois d'autre part.

 

competition_informatique_coree-du-nord_remise-des-prix.jpgDu 18 au 25 octobre 2012, la 23ème exposition nationale d'informatique s'est tenue au Pavillon des Trois Révolutions, à Pyongyang, permettant d'apprécier les derniers développements de l'industrie informatique en Corée du Nord. L'un des points d'orgue de cet événement a été l'organisation d'une compétition informatique, dont la cérémonie de remise des prix s'est tenue le 25 octobre en présence de Choe Thae-bok, secrétaire du Comité central du Parti du travail de Corée.

 

L'Université Kim Il-sung et le Bureau des technologies de l'information de Pyongyang ont remporté le premier prix pour les épreuves de traduction entre le coréen et l'anglais, d'une part, le coréen et le chinois, d'autre part. L'organisation de ces épreuves traduit la place qu'entend occuper la RPD de Corée dans le secteur, en plein essor, des outils de traduction linguistique, et qui répondent également à un besoin croissant dans les échanges internationaux.

 

Les autres épreuves portaient, entre autres, sur les programmes anti-virus et l'organisation d'expositions de peintures réalisées par ordinateur, à laquelle ont participé les différents départements ministériels, des institutions nationales et des établissements industriels.

 

Dans la partie dédiée à l'exposition de produits informatiques, des prix ont notamment récompensé le système de visio-conférences Rakwon, un dispositif de cartes de paiement et le système d'automation du complexe chimique Sunchon.

 

Source : KCNA (dont photo).

Partager cet article
Repost0
4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 11:58

matin_tablette_nord_coreenne.jpgLa République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord) a toujours fait preuve d’ambition pour son développement, et ce dès les jeunes années de la République puisque les programmes d’industrialisation et de collectivisation du temps du Président Kim Il-sung (1912-1994) se devaient de suivre, métaphoriquement évidemment, la vitesse de Cheollima, le cheval ailé des légendes coréennes. Plus récemment, l’ambition du programme spatial nord-coréen, même s’il ne connaît pas un développement linéaire comme pour les autres puissances spatiales, montre que l’ambition technologique n’a pas quitté la partie nord de la péninsule ; en effet, comme l’ont toujours souhaité les dirigeants du Parti du Travail de Corée, il s’agit de transformer la RPDC en un pays « puissant et prospère » (et ce malgré les tentatives d’étranglement de plusieurs pays occidentaux, États-Unis en tête), dans l’objectif explicite de « vivre dans le luxe et dans le confort sous le socialisme ».

 

 Dernière démonstration de cette volonté, l’effort mis en place pour offrir à sa population le dernier « gadget » technologique qui fait actuellement fureur en occident, les fameuses tablettes tactiles. Il faut tout d’abord rappeler que les Coréens ont traditionnellement beaucoup d’intérêt pour les nouvelles technologies, le défunt leader Kim Jong-il étant, de notoriété publique, un cinéphile  accompli et plus globalement un chef d’Etat montrant le plus vif intérêt pour les entreprises innovantes (par exemple lors de ses nombreuses visites en République Populaire de Chine ou lors de l’inauguration de la bibliothèque électronique  de l’Université Kim Il-sung de Pyongyang) et les NTIC (nouvelles techniques de l'’information et de la communication).

 

Selon le principe d’autonomie et d’indépendance du pays, la tablette numérique nord-coréenne, nommée « Matin » est faite entièrement en RPDC (le pays possède 10 % des fameuses « terres rares » qui sont nécessaires à la fabrique de ces équipements électroniques), pèse 300 grammes et comporte plusieurs outils pédagogiques (dictionnaires, données statistiques) ainsi que des jeux, ce qui la rend particulièrement populaire auprès de la jeunesse et des étudiants.

 

Sources : AAFC, Le Monde, North Korea Tech. Photo KCNA.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Association d'amitié franco-coréenne
  • : Soutenir une réunification indépendante et pacifique de la Corée, conformément à l'aspiration légitime du peuple coréen et dans l’intérêt de la sécurité et de la paix dans le monde
  • Contact

Recherche

D'où venez-vous?