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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 16:39

Dans des données publiées le 5 mars 2015, l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) a détaillé quels sont les pays étrangers visités chaque année par les citoyens de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord, hors Chongryon) entre 1995 et 2014 (ou 2013 pour certains Etats). Il faut tenir compte des traditionnelles réserves méthodologiques sur les statistiques propres à la RPD de Corée : ainsi, une absence de chiffre pour un pays et une année donnée ne signifie pas nécessairement qu'il n'y aucune entrée de Nord-Coréen dans ce pays pour l'année considérée, mais seulement que les données manquent, rendant ainsi non pertinente toute consolidation au niveau mondial ; par ailleurs, selon toutes apparences les sources proviennent principalement des Etats tiers à la RPDC, et pas de la RPDC elle-même ; les statistiques sont disponibles plus tardivement que pour d'autres pays, et comportent des lacunes par Etat (en particulier, la France, le Royaume-Uni et la Corée du Sud sont absentes) ; enfin, les données agrégées sont susceptibles de comptabiliser pour la RPDC des chiffres relevant en réalité de la République de Corée (Corée du Sud), ce qui pourrait expliquer certaines anomalies dans les séries statistiques par pays (par exemple, le nombre de 10 717 Nord-Coréens ayant visité la Tanzanie en 2012 correspond-il à une exception, et si oui comment l'expliquer, ou à erreur ?). En outre, certains biais méthodologiques sont propres à la nature des données elles-mêmes : alors que les voyages à l'étranger des Nord-Coréens s'effectuent à notre connaissance principalement par train, puis par avion (le détail par mode de transport n'étant pas disponible pour les données consultées) , la République populaire de Chine est le principal pays de transit (loin devant la Fédération de Russie) vers d'autres destinations à l'étranger, et il n'est pas certain que les données de l'OMT distinguent les cas où la Chine est la destination finale, de ceux pour lesquels elle n'est qu'un pays de transit. Sous ces importantes réserves, les statistiques de l'OMT offrent un panorama utile des pays avec lesquels la RPD de Corée a des échanges de personnes - dans le sens des visites effectuées par les Nord-Coréens à l'étranger.

Le siège de l'Organisation mondiale du tourisme, à Madrid

Le siège de l'Organisation mondiale du tourisme, à Madrid

Sans surprise, le voisin chinois est le pays qui reçoit - de loin, et de manière croissante - le plus grand nombre annuel de visiteurs nord-coréens par an : 60.000 à 70.000 entre 1995 et 1999, 70.000 à 80.000 de 2000 à 2003, 100.000 à 120.000 entre 2003 et 2010, plus de 150.000 en 2011, 181.000 en 2012 et 207.000 en 2013, les données pour 2014 n'étant pas disponibles. Cette augmentation suit celle des échanges de marchandises, ainsi que des investissements chinois en RPDC, mais alors que les données économiques connaissent parfois des à-coups brutaux (partiellement liés à l'application des sanctions internationales par la Chine), le nombre de visiteurs nord-coréens en Chine croît régulièrement, par paliers jusqu'en 2010, puis suivant une croissance annuelle comprise entre 15 % et 25 % en 2011, 2012 et 2013. Ces données conforteront les analystes qui pointent un risque de dépendance de la Corée du Nord vis-à-vis de la Chine. Par ailleurs, les visites à Hong Kong sont faibles (quelques centaines par an), bien qu'il s'agisse d'une des principales portes d'entrée commerciale sur la Chine, et à peine supérieures dans le cas de Macao (1 000 à 2 000 par an).

La Russie est un lointain second, accueillant chaque année entre 9.000 et 24.000 Nord-Coréens. La tendance est à la hausse, mais beaucoup moins rapidement et nettement que pour la Chine, confirmant que la politique d'équilibre suivie par Pyongyang entre Moscou et Pékin du temps de la guerre froide appartient à l'histoire - même si la Russie tente aujourd'hui d'accroître ses liens avec la RPDC, dans le cadre notamment de l'année croisée Russie-Corée.

Pour les autres pays, les évolutions sont très souvent heurtées, à l'image des relations commerciales de la RPDC avec d'autres pays que la Chine ; l'Inde a accordé annuellement des visas à 5.000 à 8.000 Nord-Coréens par an entre 1995 et 1997, puis ce nombre a spectaculairement baissé (jusqu'à 4 en 2009) avant de remonter légèrement en restant faible (332 en 2013). Pour la Malaisie, ce nombre a dépassé 10.000 par an entre 2003 et 2004, avant de tomber à environ 1.000 par an ces dernières années. Le Pérou a accueilli chaque année, entre 2004 et 2006, 5.000 à 8.000 Nord-Coréens, les données n'étant plus disponibles depuis 2007.

Certains Etats accueillent toutefois régulièrement un nombre relativement élevé de Nord-Coréens : la Belgique (plus de 4.000 par an, sans doute en partie partiellement du fait d'échanges avec les institutions de l'Union européenne), la Finlande (1.000 à 2.000 par an depuis 2008), le Honduras (plus de 4.000 en 2012 et en 2013), la Pologne (15.000 en 2010, 4.000 en 2013).

Au final, ces chiffres sont à l'mage de la volonté de diversification de ses échanges avec l'étranger de la Corée du Nord, en dehors des partenaires traditionnels que sont la Chine et, dans une moindre mesure, la Russie.

Source :

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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 23:31

Le 5 septembre 2015, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a participé à un séminaire à Helsinki, organisé par la Société finno-coréenne, à l'occasion du 70e anniversaire de la libération de la Corée. Lors de son intervention, Mme Danuta Pajak, secrétaire générale de l'Association polono-coréenne, est revenue sur les relations bilatérales entre la Pologne et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Nous reproduisons ci-après, traduit de l'anglais, l'extrait de son discours relatif à ce sujet, et qui montre l'étroitesse des liens qui avaient été noués entre Pyongyang et Varsovie à l'époque de la République populaire de Pologne, notamment par l'accueil d'orphelins de la guerre de Corée à l'origine de ce qui allait devenir, en 1982, l'Association polono-coréenne.

1948 et 1951 sont deux dates très importantes pour les relations entre la Pologne et la Corée sur lesquelles je voudrais revenir en quelques phrases.

La Pologne - à l'époque la République populaire de Pologne (RPP) - a été le troisième pays dans le monde, après la Russie et la Chine, à reconnaître la RPDC à l'automne 1945, légitimant ainsi le caractère légal du nouveau pays.

Les relations diplomatiques aussi rapidement établies ont contribué à créer des liens de compréhension et de respect mutuels malgré la grande distance géographique entre nos deux pays (plus de 10 000 km) et des différences culturelles significatives. Dès l'origine la Pologne a apporté à ses lointains amis un soutien sur la scène internationale alors qu'elle devait faire face aux ravages de la guerre et devait reconstruire son pays, à l'instar de la Corée.

Le respect mutuel était probablement l'une des raisons pour lesquelles le Président Kim Il-sung a demandé au Président Jozef Cyrankiewicz de la RPP d'abriter les enfants devenus orphelins pendant la guerre de Corée qui, un an après son déclenchement, avait entraîné une récolte dramatiquement faible et créé un drame pour de nombreuses familles. La Pologne a immédiatement répondu à cet appel : entre 1951 et 1953 ce sont plus de 1 200 enfants, accompagnés de dizaines d'accompagnateurs adultes, qui sont arrivés par train dans notre pays. Les petits Coréens ont été hébergés dans deux centres en Basse-Silésie et à Mazovie où ils ont pu surmonter le traumatisme des expériences de la guerre, être éduqués et grandir grâce aux soins de centaines de Polonais, professeurs, éducateurs, enseignants et infirmières. Lors de sa première visite en Pologne, le Président Kim Il-sung de la RPDC a visité Swider près de Varsovie, où il a rencontré les enfants - le futur de la nation coréenne, en exprimant sa confiance dans les soins apportés par ses amis polonais. Les Coréens sont restés en Pologne jusqu'en 1959, date à laquelle ils sont retournés dans la Corée alors en reconstruction, enrichis des nouvelles expériences qu'ils avaient vécues en Europe.

Il faut noter qu'à l'époque où les jeunes Coréens résidaient en Pologne, notre pays a décidé de soutenir la reconstruction de la RPDC en construisant et en équipant l'hôpital orthopédique de la province de Hamhung, qui jusqu'à nos jours est souvent qualifié de "polonais".

L'aide désintéressée apportée à nos frères dans le besoin a renforcé les liens entre nos pays et construit un pont entre nous qui a uni nos deux pays indépendamment des changements socio-politiques. Ce fut l'une des raisons de la création de l'Association polono-coréenne dont les membres étaient et sont des personnes qui ont pris soin des enfants coréens pendant leur séjour en Pologne. Après avoir été un groupe informel, notre association a été officiellement créée après la seconde visite du dirigeant de la RPDC en Pologne en 1982, quand il a été décidé que nos relations amicales devaient se développer sous une forme organisée dans les domaines de la science, de la culture, des arts et pour promouvoir la prise de conscience de notre histoire commune.

Quand la Pologne appartenait au bloc oriental, les relations sociales, politiques et économiques se développaient avec succès. Malheureusement, après le changement de régime en Pologne et à cause des campagnes hostiles anti-RPDC des médias, les activités en Pologne pour l'amitié avec la Corée sont devenues de plus en plus difficiles à mener (...)

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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 18:21

Le 5 septembre 2015, la Société Finlande-Corée - homologue de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) en Finlande - a organisé à Helnsinki un séminaire européen pour commémorer le 70e anniversaire de la libération de la Corée, le 15 août 1945, avec la participation d'associations d'amitié de plusieurs autres pays européens et d'une délégation du Comité coréen des relations culturelles avec les pays étrangers, venue de République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Cette manifestation coïncidait avec la célébration du 45e anniversaire de la fondation de la Société Finlande-Corée. Une délégation de l'Association d'amitié franco-coréenne était présente. 

Après un dîner le 4 septembre, les délégations européennes, venues du Danemark, de France, de Pologne, de Suède et d'Espagne, et la délégation coréenne ont participé le 5 septembre au séminaire sur le 70e anniversaire de la libération de la Corée, organisé par la Société Finlande-Corée.

L'Association d'amitié franco-coréenne était représentée par Benoît Quennedey, vice-président chargé des opérations de coopération, et Patrick Kuentzmann, secrétaire général. Dans un message lu par Benoît Quennedey, Guy Dupré, président de l'AAFC qui ne pouvait pas être personnellement présent, a souligné combien le mouvement de libération nationale antijaponaise conduit par le Président Kim Il-sung avait façonné non seulement le destin de la Corée, mais aussi celui des peuples combattant pour leur indépendance. Il a également plaidé pour une reprise du dialogue intercoréen en vue d'abaisser les tensions, alors que les conservateurs de retour au pouvoir à Séoul en 2008 ont tourné le dos aux déclarations conjointes Nord-Sud du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007. La délégation de l'AAFC a souligné par ailleurs les activités qu'elle a engagées en France aux côtés des militants progressistes sud-coréens s'opposant à la dérive autoritaire à l'oeuvre à Séoul, et des pacifistes japonais refusant la modification de l'article 9 de la Constitution japonaise : les luttes pour la démocratie au Sud de la péninsule et contre le militarisme japonais sont parties prenantes des objectifs que s'est fixée l'AAFC depuis sa fondation en 1969, pour la paix, la liberté et la réunification en Corée.

Un échange entre les participants a permis de souligner les risques que pouvaient personnellement encourir, dans plusieurs pays, les militants des associations d'amitié avec la Corée, en raison de leur action.

En clôture de leurs travaux, les participants ont adopté une résolution conjointe, lue par Pekka Kotkasaari, président de la Société Finlande-Corée, plaidant pour une réunification pacifique et indépendante de la Corée, et soutenant la RPDC dans l'édification d'un pays prospère.

Pekka Kotkasaari, président de la Société Finlande-Corée

Pekka Kotkasaari, président de la Société Finlande-Corée

Le soir du 5 septembre, un banquet finno-coréen était organisé à l'organisation du 45e anniversaire de la fondation de la Société Finlande-Corée, accompagné d'un concert donné par l'orchestre Saalem, qui s'est récemment produit en République populaire démocratique de Corée. Dans son discours, M. Ryu Kyong-il, directeur du département Europe du Comité des relations culturelles avec les pays étrangers, qui conduisait la délégation de la RPD de Corée, a félicité l'association finlandaise pour l'organisation du séminaire et sa solidarité sans faille avec le peuple coréen depuis 45 ans.

Ryu Kyong-il, directeur du département d'Europe du Comité des relations culturelles avec les pays étrangers de la RPDC

Ryu Kyong-il, directeur du département d'Europe du Comité des relations culturelles avec les pays étrangers de la RPDC

Le lendemain, 6 septembre, les délégations européennes et coréenne ont pu poursuivre leurs échanges de manière plus informelle au cours d'une excursion dans la campagne finlandaise.

L'AAFC se félicite de ces riches échanges d'expériences, qui font ressortir tout l'intérêt des réunions organisées jusqu'en 2010 par le Comité international de liaison pour la paix et la réunification en Corée (CILRECO, fondé en 1977), dont le secrétaire général, Guy Dupré, a été salué pour son action par les participants, notamment les organisateurs de la société Finlande-Corée.

 

L'Association d'amitié franco-coréenne remercie la Société Finlande-Corée pour son invitation et la  félicite pour l'excellente organisation du séjour en Finlande des délégations étrangères, du 4 au 6 septembre 2015. La Société Finlande-Corée a montré un haut degré d'organisation et de savoir-faire, qui la positionne incontestablement parmi les plus dynamiques associations d'amité avec la Corée sur le continent européen. L'AAFC formule tous ses voeux de succès et de réussite à son homologue finlandaise.

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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 11:19

Le 17 août 2015, comme tous les ans, les manoeuvres militaires américano - sud-coréennes de grande ampleur "Ulji Freedom Guardian" alimentent les tensions autour de la péninsule coréenne. Les autorités de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ont dénoncé ces exercices de guerre comme le prélude à un nouveau conflit meurtrier sur la péninsule coréenne, en insistant qu'elles défendraient la souveraineté du pays en cas d'attaque. Ces propos ont été réinterprétés par les autorités américaines et sud-coréennes comme le signe selon eux d'une belliquosité de la RPD de Corée, tout en leur permettant d'autojustifier leurs exercices de guerre. Pour sa part, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) déplore l'escalade des tensions. Elle regrette vivement que les Etats-Unis et leurs alliés (dont la France, mentionnée comme participante aux exercices militaires) n'aient pas tiré profit du 70e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale en Asie pour créer un contexte favorable à la paix et à la détente en annulant, ou tout au moins en différant, les manoeuvres militaires "Ulji Freedom Guardian".

Les 7 000 manifestants anti-guerre réunis à Séoul pour le 70e anniversaire de la Libération de la Corée ont exigé l'arrêt des exercices de guerre Ulji Freedom Guardian.

Devant durer 12 jours à compter du 17 août 2015, les exercices de guerre "Ulji Freedom Guardian" (UFG) impliqueraient, selon Mark Banham de l'International Business Times, des "milliers de soldats des pays alliés des Etats-Unis, dont l'Australie, le Royaume-Uni, le Canada, le Colombie, le Danemark, la Finlande et la Nouvelle-Zélande". Si cette information était confirmée, elle marquerait un changement d'échelle dans la participation d'autres pays que les Etats-Unis et la Corée du Sud aux manoeuvres militaires internationales conduites deux fois par an dans la péninsule coréenne.

Plus que le nombre de soldats qu'elles impliquent, les opérations "Ulji Freedom Guardian" utilisent des simulations par ordinateur, préparant les guerres américaines de demain fondées sur une intensification de l'usage des moyens électroniques.

Selon une rhétorique bien huilée, le commandement conjoint américano - sud-coréen a insisté sur le caractère selon lui purement défensif de ces exercices de guerre : il s'agirait de "protéger la région et de maintenir la stabilité dans la péninsule coréenne". Car il est bien connu qu'officiellement les Etats-Unis ne font plus la guerre, prétendant seulement mener des opérations de police pour faire régner l'ordre et la sécurité aux quatre coins de la planète.

A la veille du début des exercices militaires, 7 000 militants pacifistes sud-coréens se sont réunis au centre de Séoul. Ils ont dénoncé la résurgence du militarisme japonais, appelé à des excuses des autorités nippones pour les crimes commis à l'encontre des "femmes de réconfort" (anciennes esclaves sexuelles de l'armée japonaise) et ont demandé l'arrêt des exercices militaires conjoints américano - sud-coréens.

Cité par l'agence nord-coréenne KCNA, un porte-parole du Comité pour la réunification pacifique de la patrie de la RPD de Corée a dénoncé dans les exercices UFG une "répétition de guerre d’invasion nucléaire contre le Nord destinée à absorber la péninsule coréenne", en soulignant que la RPDC répliquerait à toute agression :

La RPDC est totalement prête à contrer toute méthode de guerre des impérialistes américains et a des muscles assez puissants pour contenir toute guerre nucléaire pouvant être provoquée par les Etats-Unis.

Dans un autre communiqué, le ministère des Affaires étrangères de la RPD de Corée a fait implicitement référence à la force de dissuasion nucléaire, appuyée sur des capacités balistiques accrues, dont s'est dotée la Corée du Nord :

Contrairement aux années 50, nous avons une force militaire puissante capable de faire face à tout type de guerre que voudraient les Etats-Unis.

Pour l'AAFC, il convient d'éloigner le risque que le déploiement exceptionnel de forces dans le cadre de UFG ne dégénère, intentionnellement ou accidentellement, en un conflit ouvert. Il existe aussi un besoin impérieux d'engager un processus de désarmement - nucléaire et conventionnel - en relançant le dialogue et la négociation entre toutes les parties concernées, ce qui plaide pour la restauration d'un climat de confiance exigeant préalablement d'arrêter les provocations militaires. Si les Etats-Unis et leurs alliés désirent sincèrement la paix, il est encore temps d'annuler, ou à tout le moins de suspendre, les exercices de guerre "Ulji Freedom Guardian".

Sources :

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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 21:33

Le 7 août 2015, à l'occasion du 70e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale en Asie suite à la capitulation japonaise le 15 août 1945, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) et l'Alliance coréenne ont organisé une conférence à Paris intitulée "Agir pour la paix et la sécurité collective en Asie du Nord-Est, 70 ans après la fin de la Seconde guerre mondiale". Lors des débats animés par Patrick Kuentzmann, secrétaire général de l'AAFC, les orateurs et les participants, originaires de cinq pays  éprouvés par le conflit (Japon, Corée, Vietnam, France, Allemagne), et parmi lesquels des membres d'organisations pacifistes françaises et japonaises (dont le Mouvement de la paix), ont exprimé leur volonté commune d'agir pour la paix, le désarmement - tant conventionnel que nucléaire - et la mise en place de mécanismes de sécurité collective en Asie de l'Est. Par ailleurs, fondamentalement attachés à la défense des droits de l'homme et des libertés publiques, les participants ont relayé l'appel du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud appelant à la libération immédiate du directeur du Centre des droits de l'homme Park Rae-gun, arrêté à Séoul le 16 juillet 2015 en tant que membre de l'Alliance du 16 avril, groupe civique sud-coréen qui exige une véritable enquête sur les causes du dramatique naufrage du ferry "Sewol", qui a causé plus de 300 morts au large de la Corée - pour la plupart des lycéens en voyage scolaire - le 16 avril 2014.

Français, Coréens et Japonais plaident pour la paix et le désarmement en Asie de l'Est

Dans son intervention intitulée "D'un conflit à l'autre : de la Seconde Guerre mondiale à la guerre de Corée, les tensions en Asie du Nord-Est et la nécessité de mettre en place des dispositifs de paix, de désarmement et de sécurité collective", Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération, a montré que la Seconde guerre mondiale - qui, en Asie, a commencé en juillet 1937 avec la guerre sino-japonaise, et s'est terminée le 15 août 1945 - a créé la situation géopolitique (division de la Corée, occupations du Japon et de la Corée) à l'origine de la guerre de Corée (1950-1953), et comment les tensions actuelles en Asie de l'Est découlent de ces deux conflits. Se prolongeant par des conflits de représentations (ainsi, le 15 août est considéré comme la fin de la guerre au Japon, mais marque bien la capitulation et la défaite de l'empire nippon et est célébré comme le jour de la libération en Corée), ces tensions sont de différents ordres :

- militaire (course aux armements, notamment nucléaires ; exercices militaires bisannuels américano - sud-coréens de grande ampleur au large de la Corée apparaissant comme les préparatifs d'un nouveau conflit),

- diplomatique (absence de traité de paix à la fin de la guerre de Corée, non-établissement de relations diplomatiques entre le Japon et la République populaire démocratique de Corée, absence d'excuses du Japon pour les crimes commis pendant la Seconde guerre mondiale, notamment lors de la normalisation des relations avec la République de Corée en 1965), 

- territorial (entre la Russie et le Japon à propos des îles Kouriles, sur les îles Dok - appelées Takeshima par le Japon - entre la Corée et le Japon, sur les Diaoyu/Senkaku entre la Chine et le Japon).

Dans ce contexte, l'AAFC appelle à la signature d'un traité de paix en lieu et place de l'accord d'armistice ayant clos les combats de la guerre de Corée, à la reconnaissance par le Japon des crimes commis à l'encontre des "femmes de réconfort", anciennes esclaves sexuelles (principalement coréennes) de l'armée japonaise, au soutien aux efforts de démilitarisation et de dénucléarisation et au refus de tout révisionnisme historique (notamment, sur l'usage désormais avéré d'armes chimiques par les troupes américaines pendant la guerre de Corée).

Puis Camille Fonseca est intervenue sur "La question du militarisme japonais contemporain et de la Constitution pacifiste japonaise". Elle a souligné que, 70 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement japonais du Premier ministre Shinzo Abe est en proie à une tentation militariste teintée de révisionnisme historique. Depuis décembre 2012, le gouvernement Abe s'obstine à vouloir ressusciter le vieux rêve d'une partie de la droite et de l'extrême-droite japonaise : "en finir avec le régime d'après-guerre", c'est-à-dire avec la Constitution pacifiste dont l'article 9 n'autorise pas les soldats japonais à aller se battre à l'étranger. Si dès 1948 le contexte de la guerre froide a incité les Etats-Unis à encourager un réarmement limité du Japon, entraînant notamment la création en juillet 1954 des Forces japonaises d'autodéfense (jieitai), le Premier ministre de l'époque, Shigeru Yoshida, expliquant alors que l'article 9 de la Constitution n'interdisait pas l'autodéfense.

Avec le temps, les forces du jieitai se sont considérablement développées. A partir de 1991, le jieitai a même été envoyé à l'étranger, le Japon se dotant d'une nouvelle législation qui l'autorise à participer à des actions dans le cadre de la Force de maintien de la paix des Nations Unis (loi PKO de 1992) ou pour des actions humanitaires. Dans l'opinion publique, l'envoi de soldats du jieitai à l'étranger a suscité à chaque fois une vive opposition, en particulier en 2003 lors de la Guerre d'Irak. Les dirigeants au sein du gouvernement PLD ont toujours expliqué que le jieitai ne participerait jamais à des combats à l'étranger parce que l'article 9 ne permet pas au Japon d'exercer le droit de légitime défense collective.

Les efforts actuels du gouvernement Abe de revenir sur l'article 9 de la Constitution s'inscrivent dans une démarche de déni de la défaite, comme l'ont montré les travaux du jeune politologue japonais Satoshi Shirai : les dirigeants japonais n'ont jamais admis la capitulation de leur pays : c'est ainsi que le 15 août, date de cet événement, est appelé "jour anniversaire de la fin de la guerre". Ce déni de la défaite explique également le développement d'un très fort courant révisionniste à partir des années 1990, notamment en réaction aux demandes de reconnaissance officielle des "femmes de réconfort", principalement coréennes. 

Lors de sa visite à Washington, fin avril 2015, le Premier ministre Shinzo Abe a prononcé un discours devant le Congrès et le Sénat américains réunis, promettant de faire adopter un "droit de légitime défense collective" avant l'été, revenant sur l'interprétation de l'article 9 de la Constitution. Mais la mobilisation de l'opinion publique a rendu ce projet impopulaire auprès d'une majorité de Japonais, hypothéquant ainsi son adoption, tout en entraînant un net recul de la cote de popularité du gouvernement.

Enfin, Stephen Cho (Alliance coréenne) a traité la question de "La Corée au coeur de la stratégie américaine du pivot asiatique" consistant en un recentrage des forces militaires américaines dans la région Asie-Pacifique. L'une des composantes du pivot asiatique est la remilitarisation du Japon. Il a également pour pendant le renforcement de l'alliance avec la Corée du Sud et la création d'un axe militaire Washington-Tokyo-Séoul, comportant la participation du Japon à des exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud et la mise en place d'un accord tripartite en matière de renseignement. Le gouvernement sud-coréen de Mme Park Geun-hye tend toutefois à se rapprocher davantage de la Chine (devenue le premier partenaire économique de la République de Corée) que du Japon. Ce rééquilibrage vers l'Asie, accentué après le déclenchement de la crise économique mondiale en 2008, vise à faire pièce à la montée en puissance militaire de la Chine et de la Russie.

La politique américaine en Asie est teintée d'hypocrisie quand elle prétend favoriser la résolution de la question des femmes de réconfort, alors qu'elle est un obstacle à la remilitarisation du Japon à laquelle Washington est favorable. De même, sur la question nucléaire, les Etats-Unis occultent le fait qu'ils ont été la seule puissance à l'avoir utilisée lors des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki, ayant fait par ailleurs de nombreuses victimes coréennes parmi les populations de ces deux villes japonaises, et que son usage a été à nouveau envisagé pendant la guerre de Corée.

En conclusion, Stephen Cho a expliqué que les progressistes sud-coréens étaient favorables à la transformation de l'accord d'armistice du 27 juillet 1953 en un traité de paix et qu'ils s'opposaient à la modification de l'article 9 de la Constitution japonaise. Par ailleurs, la démilitarisation de la Corée et de l'Asie implique un refus de toutes les armes de destruction massive, et devrait prendre place dans le cadre d'un système de sécurité collective, sur la base de l'expérience des conférences sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE). Si les CSCE ne peuvent pas être considérées comme un modèle, d'autres régions du monde que l'Europe montrent la possibilité de relations de coopération équilibrées (comme l'ALBA en Amérique latine), fondées sur la solidarité entre les peuples.

Français, Coréens et Japonais plaident pour la paix et le désarmement en Asie de l'Est
Français, Coréens et Japonais plaident pour la paix et le désarmement en Asie de l'Est
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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 20:19

Le 27 novembre 2014, l'Association d'amitié franco-coréenne a rejoint "l'Association de solidarité civile pour avancer vers une nouvelle Asie orientale à l'occasion du 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale", également appelée Association de solidarité civile, qui a adopté le 23 juin 2015 une déclaration dont nous publions ci-après une traduction en français. Dans sa réponse adressée le 10 juillet 2015 à l'Association de solidarité civile, le bureau de l'AAFC a indiqué "pleinement soutenir la déclaration de l'Association de solidarité civile, en considérant que la construction d'un cadre pour la paix et la coopération en Asie du Nord-Est a toujours été l'un de nos principaux buts. En particulier, nous continuerons de travailler pour la réunification pacifique de la Corée, la signature d'un traité de paix qui empêcherait de nouveaux conflits localisés dans la péninsule coréenne, l'établissement de relations diplomatiques complètes entre le Japon et la RPDC et la reconnaissance par le Gouvernement japonais de ses crimes de guerre, en particulier ceux commis à l'encontre des soi-disant "femmes de réconfort" de Corée et d'autres pays".

23 juin 2015
Déclaration des civils de l'Asie orientale :
Nous ouvrirons une nouvelle ère pour le 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale

 

Monsieur Abe, Premier ministre du Japon, envisage de faire une déclaration cet été à l'occasion du 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Nous nous inquiétons de son contenu car M. Abe a attisé les tensions entre le Japon et ses voisins au sujet des questions "historiques". Il y a 70 ans, les pays d'Asie étaient libérés des guerres d'agression impériales et de la soumission coloniale. De nombreux civils, en plus de millions de soldats, perdirent la vie au cours de ces agressions impériales totalement dépourvues de nécessité. Nous devons sincèrement réfléchir à l'histoire passée et construire une nouvelle amitié entre voisins pour la coexistence pacifique et la co-prospérité en Asie orientale.

Le Japon, éprouvant des remords pour les agressions et la domination coloniale exercées contre les pays d'Asie pendant la guerre, déclara dans sa constitution vouloir "ne jamais plus être le témoin des horreurs de la guerre du fait de l'action du gouvernement" et "renoncer à la guerre" dans son article 9. En outre, le Japon rejoignit la communauté internationale en acceptant la décision du Tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient qui reconnut le Japon coupable d'agressions.

En 1995, 50 ans après la guerre, la "Déclaration du Premier ministre Tomiichi Murayama" fut approuvée lors d'une réunion du Cabinet et annoncée au monde. Elle dit : "Dans un passé encore proche, le Japon, suivant une politique nationale erronée, avança vers la guerre, pour seulement faire tomber le peuple japonais dans le piège d'une crise catastrophique, et, au travers de ses domination et agression coloniales, provoqua d'immenses dommages et souffrances aux peuples de nombreux pays, particulièrement ceux des pays d'Asie. Dans l'espoir que de telles erreurs ne se répètent pas dans le futur, je considère, dans un esprit d'humilité, ces faits historiques irréfutables, et exprime à nouveau ici mes sentiments de profonds remords et présente mes excuses sincères." Les citoyens d'Asie orientale acceptèrent ses sentiments de remords sincères et ses excuses en espérant qu'une nouvelle ère s'ouvrirait dans la région.

Cependant, certaines forces se sont depuis employées à saper et réfuter l'essence même du contenu de la Déclaration Muruyama, allant jusqu'à tordre les faits historiques en affirmant qu'il s'agissait d'une "guerre d'auto-défense ou pour la libération de l'Asie". C'est un grave et abominable défi pour les milliards de gens d'Asie orientale exigeant inlassablement la paix, la sécurité et la co-prospérité pour cette région.  Ils accomplissent aussi des efforts permanents pour bâtir la confiance et la coopération entre les pays asiatiques.

Toutefois, malheureusement, les tentatives de l'actuel gouvernement de Tokyo de tordre et même nier l'histoire passée auront pour effet, non seulement de sérieusement entraver un avenir de co-prospérité pour la vaste région asiatique, mais aussi de raviver encore davantage les plaies qui ne cicatriseront jamais des survivants des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité commis par des Japonais dans de nombreux pays d'Asie.

En conséquence, à l'occasion du 70e anniversaire de la fin de la guerre, nous ne devons pas autoriser le Premier ministre Abe non seulement à ne pas reconnaître mais aussi à nier le contenu essentiel de la "Déclaration du Premier ministre Tomiichi Murayama" sous le prétexte qu'elle serait "irréaliste". Le Japon doit reconnaître sa responsabilité dans la guerre en tant que principal coupable ayant provoqué la guerre en Asie-Pacifique et envahi et colonisé de nombreux pays de cette région.


Depuis la fin de la guerre en août 1945, même s'il y a toujours eu des efforts au niveau régional, la plupart des pays d'Asie orientale, sinon tous, ne se sont jamais libérés d'un état constant de conflits, de guerres et d'antagonismes.

Cependant, nous, peuples concernés de la région d'Asie orientale, sommes déterminés à ouvrir et à travailler pour une nouvelle ère par des discussions permanentes et sincères, lesquelles ne seront basées que sur le respect mutuel, la confiance et la coopération.

Fidèles à nos efforts tenaces et nos engagements de toujours, nous formulons les espoirs suivants qui sont autant d'exigences :

1. Nous demandons la mise en place d'un environnement pacifique fondé sur le respect mutuel, la confiance et la coopération entre les peuples d'Asie orientale par des efforts permanents visant à promouvoir la compréhension mutuelle entre tous et à partager modestement une vision commune de notre histoire ;

2. Nous insistons sur le fait que le gouvernement Abe doit reconnaître les guerres d'agression et la domination coloniale exercées par le Japon contre ses voisins de la région Asie-Pacifique et présenter des excuses sincères, dédommager entièrement toutes les victimes et les membres survivants de leurs familles;

3. Nous accomplirons d'immenses efforts pour bâtir un environnement réellement pacifique et établir une structure de sécurité commune régionale en Asie orientale en commençant par remplacer le fragile accord d'armistice de la guerre de Corée par un traité de paix, puis en retirant les bases militaires américaines du Japon et de Corée du Sud, lesquelles sont la cause ultime des tensions dans la région;

4. Nous demandons la normalisation des relations diplomatiques entre le Japon et la République populaire démocratique de Corée, le Japon devant apporter de véritables réparations à cette dernière sur la seule base de la Déclaration de Pyongyang et du récent accord signé à Stockholm l'année dernière;

5. A l'occasion du 50e anniversaire de la signature du Traité sur les relations de base entre le Japon et la République de Corée, nous exigeons que soient révisées les relations entre les deux pays et résolus les crimes odieux du passé tels que celui des "femmes de réconfort" de l'armée japonaise, lesquels furent de manière indiscutable de graves crimes de guerre, crimes contre l'humanité et violations des droits humains, commis par le Japon;

6. Nous encourageons le Nord et le Sud de la Corée, seule nation encore divisée dans le monde actuel, à reprendre leurs discussions interrompues en vue de parvenir à la réunification indépendante et pacifique de la péninsule coréenne, laquelle doit n'être basée que sur la Déclaration du 15 juin et la Déclaration du 4 octobre signées par les dirigeants des deux parties;

7. Nous ferons tous les efforts nécessaires pour mettre en oeuvre une paix et une sécurité véritables dans la région en avançant main dans la main avec tous les peuples sur la base du respect mutuel, de la confiance et de la coopération.


■ Japon
The Association of Civil Solidarity to Take a Step forward to a New East Asia on the Occasion of the 70th Anniversary of the End of the World War II,
Forum Peace, Human Rights and Environment,
Peace Boat,
Campaign for Reconnecting Japan and ROK,
The National Network for Japan-ROK Peoples’ Solidarity,
Network for Opposing Exclusion of Korean Schools from the Tuition Fee Waiver Programme for High School Education,
Association for Succeeding and Developing " Statement by Prime Minister Tomiichi Murayama",
The Team in Tokyo for Investigating Truth about Forced Korean Laborers,
Regional Committee of Koreans in Japan for Implementing June 15 Joint Declaration of North and South Korea,
Support Network for Korean Schools in Japan,
Japan Committee for Supporting Independent Peaceful Reunification of Korea,
Association for Exchange of Education and Science between Japan and DPRK,
Violence Against Women in War Research Action Center,
All Japan Construction Transport Solidarity Trade Union,

■ République de Corée
People's Action Against War and Realization of Peace,
Korea Christian Action Organization,
The Labor Rights Center,
Supporters Group for Prisoners of Conscience,
Korean Council for Democratic Martyr,
Central Association for Independent Peaceful Reunification of the Nation,
National Conference of Democratic Workers,
Solidarity for Democracy, Public Welfare, Peaceful Reunification and Sovereignty,
Buddhism Peace Solidarity,
April 19 Revolution Committee,
Progressive Solidarity in Seoul,
Conference to Promote Reunification of our Nation in Federal System
Live with Jesus,
Solidarity of Koreans for Independent Reunification and Democracy,
Korean Farmers League,
Korea Association of Bereaved Families for Democracy,
Korean Confederation of Trade Unions,
National Association for Relief of the Poor,
Korea Woman Farmer Association,
National Women's Solidarity
South Headquarters of the Pan-national Alliance for Korea's Reunification
Reunification Square,
Way to Reunification,
Veterans for Peace, Korea,
Federation of Korean Trade Unions,
Korean Progressive Solidarity,
Korean Youth Solidarity,
Korean College Students Association in 21st Century,

 ■ Etats-Unis
A.N.S.W.E.R Coalition (Act Now to Stop War and End Racism)

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 20:57

Le groupe de rock slovène Laibach, qui s’est formé dans la République fédérative socialiste de Yougoslavie en 1980, se produira les 19 et 20 août 2015 en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Il jouera à deux reprises, devant 1 000 spectateurs, dans la salle de concerts du conservatoire Kim Won-gyun. Contrairement à ce qu’ont affirmé, une fois de plus un peu hâtivement, plusieurs médias occidentaux, ce n’est pas la première fois qu’un groupe de rock étranger jouera en RPD de Corée : sans compter les musiciens sud-coréens pendant la période de dialogue intercoréen de la « Sunshine policy » (1998-2008), le groupe américain de rock chrétien Casting Crowns s’était déjà produit, par exemple, en 2007 au Festival de printemps de Pyongyang – avec une musique certes très différente du rock industriel de Laibach. La tournée de Laibach au Nord de la Corée n’en constitue pas moins un événement qui permet d’apprécier les tendances actuelles de la scène musicale nord-coréenne. Cette tournée a été organisée par Morten Traavik, un directeur artistique norvégien qui n’en est pas à son coup d’essai en ce qui concerne les échanges en musique contemporaine entre la RPD de Corée et le reste du monde.

2008. Un homme est à Pyongyang avec une boule à facettes. Son concept est simple : montrer cette boule à facettes dans les lieux jugés les plus improbables, en l’occurrence la République populaire démocratique de Corée. L’homme est norvégien : il s’appelle Morten Traavik. Directeur et artiste, il allait commencer une collaboration culturelle avec la République populaire démocratique de Corée.

 

Comme beaucoup de visiteurs étrangers, il était passé par la KFA d’Alejandro Cao de Benos pour visiter – au prix fort, comme toujours avec la KFA – la RPD de Corée et entrer en contact avec les autorités nord-coréennes. Mais dès que les projets de Morten Traavik ont commencé à se concrétiser, Alejandro Cao de Benos en a pris ombrage et a excommunié Morten Traavik. Libéré de cette pesante tutelle, il n’en a continué que plus librement et plus efficacement une coopération culturelle ambitieuse, en s’appuyant sur le Comité des relations culturelles avec les pays étrangers.

 

Morten Traavik a d’abord connu le succès sur Youtube en postant une étonnante interprétation de Take on me du groupe A-ha par de jeunes accordéonistes nord-coréens. Par son intermédiaire, des jeunes musiciens nord-coréens de l’école spécialisée Kumsong, à Pyongyang, se sont ensuite produits au Festival international de Bergen. Dans un article que lui a consacré le site SinoNK le 17 octobre 2014, Morten Traavik a déclaré s’atteler à l’établissement d’une académie d’art à Pyongyang (qui s’appellerait « DMZ »), en lien avec l’artiste norvégien Heinrik Placht, qui a une expérience de travail avec l’Académie internationale d’art en Palestine.

 

Pour la tournée en RPDC de Laybach, Morten Traavik s’est associé à l’artiste parisien Valnoir, qui a fondé en 1999 le studio Metastazis. Valnoir a été influencé comme graphiste par le collectif NSK, dont fait partie Laibach. L’idée a alors germé d’un concert du groupe slovène en Corée du Nord.

 

A Pyongyang, Laibach jouera ses propres morceaux et d’autres, nord-coréens. Les concerts doivent faire l’objet d’un film documentaire dont la diffusion est prévue au printemps 2016. La démarche de Laibach, qui se définit comme avant-gardiste – tant dans les thématiques abordées que par la combinaison des styles musicaux –, présente des similitudes avec les évolutions en cours de la musique contemporaine en RPD de Corée. Le groupe Moranbong, constitué sur l’initiative personnelle du Maréchal Kim Jong-un, puise ainsi des références dans le répertoire occidental récent, tout en adoptant des tonalités électroniques qui avaient été jusqu’alors peu explorées en Corée du Nord. Autre exemple : en février 2015, « Blanche-Neige et les sept nains » figurait au programme des concerts donnés par les jeunes handicapés nord-coréens en Angleterre, et – avec le soutien de l’AAFC – en France.

 

Un des experts sérieux de la Corée du Nord, qui y a vécu et évite les effets sensationnalistes, Leonid Petrov, émet prudemment l’hypothèse que la tournée de Laibach s’inscrit dans cette volonté de recherches musicales, ainsi que d’alternatives à la musique pop sud-coréenne, très populaire en Asie de l’Est et au-delà :

 

« Amener en Corée du Nord un groupe comme Laibach est, je pense, une substitution parfaite à la K-Pop sud-coréenne, qui est interdite en Corée du Nord. C’est quelque chose qui n’est pas vraiment occidental, quelque chose d’acceptable pour le régime et totalement apolitique. Il est évident que la Corée du Nord essaie de montrer et d’affirmer qu’elle envisage certains changements ou tente d’introduire des changements ou des novations (…) La culture populaire existe en Corée du Nord, mais elle dépend principalement de versions locales mélangées à la pop chinoise ou russe (…) ».

Par ailleurs, Leonid Petrov juge vraisemblable que la diffusion du concert sera limitée, ce qui n’a pourtant pas été le cas pour le groupe Moranbong. La capacité d’accueil du public dans la salle où jouera Laibach ne fera d’ailleurs pas de la tournée du groupe slovène un événement qu’on peut qualifier de confidentiel, ou limité à un public extrêmement restreint : comme pour les films étrangers diffusés dans le cadre du Festival international du film de Pyongyang, il y a une vraie curiosité pour les créations artistiques étrangères.

 

Laibach a également été sollicité par ses fans. Sur son site Internet, le groupe précise que « bien que notre mission principale soit d’offrir au plus grand nombre possible de Coréens l’expérience Laibach, nous travaillons dur pour nous assurer qu’un certain nombre de visiteurs étrangers soient également accueillis, dans un esprit de fraternité et de compréhension entre les peuples ». Un discours d’ouverture et de compréhension mutuels, à mille lieux de certains clichés sur Laibach.

 

Sources :

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 17:47

En décidant d'ouvrir à Séoul un bureau sur les droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), les Nations Unies ont créé un précédent juridique lourd de conséquences au regard des principes du droit international public, et validant de surcroît une procédure d'évaluation des droits de l'homme menée en méconnaissance flagrante des standards juridiques internationaux, comme l'ont montrée plusieurs juristes français et belge, dans une lettre ouverte que l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) reproduit ci-après, et intitulée : "De quoi l'ouverture à Séoul d'un bureau sur les droits de l'homme en Corée du Nord est-elle le nom ?"

Le 23 juin 2015, à l’occasion de la visite en République de Corée (Corée du Sud) de Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a été inauguré à Séoul un bureau sur les droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Cette décision résulte d’une décision du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, suite à la publication, en février 2014, d’un rapport de la commission d’enquête des Nations Unies sur les droits de l’homme en RPDC.
La mise en place d’un tel bureau résulte, selon le Centre d’information des Nations Unies (UN News Centre), dans un compte rendu de la conférence de presse donnée par le Haut Commissaire à l’issue de sa visite en Corée du Sud, le 25 juin 2015, de la volonté de "créer un bureau sur le terrain pour renforcer la surveillance et la documentation de la situation des droits de l’homme en RPDC".
Une telle décision, à notre connaissance sans précédent en droit international, nous interpelle comme citoyens et comme juristes à de multiples titres.
Tout d’abord, le rapport de février 2014 dont elle procède souffre de graves insuffisances : auditions collectives de témoins exclusivement à charge, dont plusieurs se sont révélé être sinon des imposteurs, du moins des affabulateurs ; absence de tout débat contradictoire non seulement avec les autorités nord-coréennes, mais aussi avec les ONG présentes dans le pays ou des spécialistes de la question nord-coréenne n’appartenant pas au cercle étroit des milieux néo-conservateurs qui, inlassablement, plaident pour un étranglement économique et politique de la RPD de Corée en vue de produire, comme dans d’autres régions du monde, un changement de régime.
Mettre en place un organisme dédié aux droits de l’homme dans un pays spécifique, en dehors de tout cadre juridique international (comme celui des tribunaux pénaux internationaux), permet de s’affranchir des règles de droit qui président ou devraient présider à la création de telles juridictions d’exception. Le bureau nouvellement créé à Séoul est un OVNI juridique, aux mission mal définies et aux moyens inconnus : faut-il rappeler que, jusqu’à présent, le financement des seules initiatives sur le terrain des droits de l’homme en Corée du Nord provient d’Etats, et singulièrement de leurs services de renseignement (CIA américaine, NIS sud-coréen) ? S’agit-il de constituer un faux-nez de la CIA ou du NIS, même dissimulé sous l’étendard des croisés de l’extrême-droite anticommuniste, sous les couleurs des Nations Unies ? Alors que la guerre de Corée a été la première menée, par un camp, au nom des Nations Unies, la Corée est décidément l’objet de bien curieuses instrumentalisations du droit international pour répondre aux intérêts de certains Etats.
La fonction principale de l’ONU est le maintien de la paix (notamment par la non-ingérence et le respect de l’égale souveraineté des Etats). Or, par le jeu de fictions juridiques, l’ONU a endossé l’intervention militaire des Etats-Unis durant la guerre de 1950-1953. Pendant de nombreuses décennies, elle n’a pas réagi aux violations des droits de l’homme par la dictature militaire sud-coréenne. L’ONU n’a pas non plus, malgré la continuité de sa présence sur le territoire coréen, pris d’initiatives en faveur d’un rapprochement des deux Etats coréens ni en faveur d’un traité de paix clôturant définitivement le conflit de 1950-1953, y compris durant la période favorable de la “Sunshine Policy” sous la présidence de Kim Dae-jung au Sud.
Sous le couvert des droits de l’homme, dont les progrès dans la péninsule dépendent de la détente entre les parties, l’ONU accroît délibérément la tension, en contradiction avec sa raison d’être, mais conformément aux souhaits de Séoul et de Washington.
Choisir la Corée du Sud, qui tente d’imposer unilatéralement sa vision de tout ce qui a trait à la Corée du Nord et est toujours techniquement en état de guerre avec le Nord, comme siège de ce bureau relève, au mieux, de la naïveté, au pire, de la provocation – surtout lorsque l’on connaît les atteintes de plus en plus ouvertes aux droits de l’homme en Corée du Sud.
Que dirait-on de l’ouverture d’un bureau sur les violations des droits de l’homme en Syrie qui aurait son siège en Israël, ou d’un tel bureau à Damas sur les violations des droits de l’homme par Tsahal ? Que dirait-on d’un bureau à La Havane sur les violations des droits de l’homme dans la base américaine de Guantanamo ? Tous crieraient au parti pris et à la violation de la souveraineté des Etats, base du droit international. Pourquoi une telle règle connaîtrait-elle une exception s’agissant de la RPDC ? Le droit international n’est pas à géométrie variable, au gré des intérêts des Etats et des parties en présence. L’ouverture à Séoul d’un bureau sur les droits de l’homme en RPDC est l’expression d’une violation manifeste et sans équivoque du droit international.
Profondément attachés aux libertés publique et au respect du droit international, nous réaffirmons notre conviction que la question des droits de l’homme en RPD de Corée doit s’inscrire dans un cadre de la légalité internationale, et non dans la prise en otage de principes sacrés qui ont fondé la règle du vivre ensemble des nations depuis un siècle.

Robert Charvin, professeur émérite de droit à l'Université de Nice Sophia-Antipolis, doyen honoraire de la Faculté de Droit et des Sciences économiques de Nice

Paulette Pierson Mathy, professeur honoraire, Université libre de Bruxelles (ULB)

Benoît Quennedey, ancien élève de l’Ecole nationale d’administration, juriste.

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 17:58

Le scandale du bacille actif de la maladie du charbon envoyé par un laboratoire de l'armée américaine dans divers endroits du monde s'étend puisque ce sont désormais quatre pays étrangers (l'Australie, le Canada, la Corée du Sud et la Grande-Bretagne), et non trois comme annoncé initialement, et 19 Etats américains, et non 17, qui ont reçu « par erreur » des échantillons de cet agent pathogène extrêmement dangereux au cours du mois de mai 2015. Le 5 juin, le représentant permanent de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) auprès de l'Organisation des Nations Unies a adressé une lettre au secrétaire général des Nations Unies et au président de son Conseil de sécurité, demandant que ce dernier se saisisse de cette affaire. La requête nord-coréenne s'inscrit dans le cadre du point 103 de l'ordre du jour de la 69session de l'Assemblée générale des Nations Unies, portant sur la Convention sur l'interdiction de la mise au point de la fabrication et du stockage des armes bactériologiques (biologiques) ou à toxine et sur leur destruction L'Association d'amitié franco-coréenne présente ci-après la traduction française officielle de cette lettre, telle qu'elle figure sur le site des Nations Unies. 

Conseil de sécurité des Nations Unies, 29 mai 2015 (photo : ONU)

Conseil de sécurité des Nations Unies, 29 mai 2015 (photo : ONU)

Voici le texte des lettres, datées du 4 juin 2015, adressées en des termes identiques au secrétaire général et au président du Conseil du sécurité des Nations Unies par le Représentant permanent de la RPD de Corée auprès des Nations Unies :

J’ai l’honneur de vous faire tenir ci-joint une déclaration faite le 3 juin 2015 par un porte-parole de la Commission de défense nationale de la République populaire démocratique de Corée au sujet du péril que représentent les projets de guerre biologique contre le pays échafaudés par les États-Unis d’Amérique (voir annexe).
Il a été révélé récemment que des bacilles mortels actifs de la maladie du charbon avaient été expédiés clandestinement depuis une installation militaire située à Dugway (Utah), placée sous le contrôle du Département de la défense des États-Unis, aux bases militaires américaines situées en Corée du Sud et dans d’autres pays.
Cela montre clairement que non seulement les États-Unis possèdent des armes de destruction massive meurtrières qui sont formellement interdites en vertu de la Convention sur les armes biologiques, mais également qu’ils tentent de les utiliser à des fins guerrières contre la République populaire démocratique de Corée sur le territoire de la péninsule coréenne.
La République populaire démocratique de Corée condamne dans les termes les plus énergiques les États-Unis pour leurs actes génocidaires contre l’humanité, et prie instamment le Conseil de sécurité de se pencher sur la question de l’envoi de bacilles du charbon, en vue de mener une enquête approfondie sur les projets de guerre biologique des États-Unis.
Je vous serais reconnaissant de bien vouloir faire distribuer au plus vite le texte de la présente lettre et de son annexe comme document de l’Assemblée générale, au titre du point 103 de l’ordre du jour, et du Conseil de sécurité.

L’Ambassadeur,
Représentant permanent
(Signé) Ja Song Nam

En annexe des lettres adressées au secrétaire général et au président du Conseil du sécurité des Nations Unies par le Représentant permanent de la RPD de Corée auprès des Nations Unies, figure une déclaration faite le 3 juin 2015 par un porte parole de la Commission de la défense nationale de la RPDC, telle que rapportée par l'agence officielle nord-coréenne KCNA :

 

Pyongyang, le 3 juin – Un porte-parole de la Commission de défense nationale de la République populaire démocratique de Corée a publié aujourd’hui une déclaration dévoilant au grand jour le sinistre dessein des impérialistes américains, qui cherchent à plonger la nation coréenne dans une terrible guerre biologique.
Dans cette déclaration, il est indiqué que la récente révélation de l’introduction de bacilles du charbon en Corée du Sud par les États-Unis prouve que ces derniers ne sont qu’une bande d’escrocs menaçant l’existence de l’humanité, des barbares qui s’abaissent à toutes les infamies pour faire de la Corée du Sud un enfer et un terrain d’essais pour armes biochimiques, et de cruels meurtriers qui défient jusqu’au droit international.
Compte tenu de la situation actuelle, cette déclaration est venue préciser la position de principe de la République populaire démocratique de Corée, qui est la suivante :
1. Les États-Unis doivent avouer le crime trois fois maudit qu’ils ont commis à l’encontre de la nation coréenne et du monde, et se retirer sans délai de la Corée du Sud, en emportant avec eux tout l’arsenal nucléaire et biologique qu’ils y ont dissimulé, y compris dans leur base aérienne située à Osan.
La moitié sud de la Corée n’est pas une terre où les assassins américains peuvent régner en maîtres, en ourdissant leur complot visant à déclencher une horrible guerre nucléaire et biologique ayant pour but d’exterminer la nation coréenne par tous les moyens.
2. Les Sud-Coréens de toutes les sphères de la société devraient s’allier à l’échelle nationale pour déjouer les plans de guerre nucléaire et biologique des impérialistes américains.
Ils devraient défendre leur terre et leur avenir en menant des efforts concertés au sein de la nation coréenne en vue de lutter contre les sophismes dont usent les États-Unis, ce démon meurtrier sans égal contre lequel la nation doit mener un combat acharné, et en s’attaquant sans merci à Park Geun–Hye, qui s’aplatit devant lui.
3. Le monde devrait reconnaître le projet des États-Unis, qui refusent même d’admettre qu’ils préparent une guerre biologique, pourtant strictement interdite au niveau international, pour ce qu’il est, à savoir la plus grande menace qui soit pour la paix et un crime odieux au caractère génocidaire, et le punir sans pitié.
La Cour pénale internationale doit traduire en justice le Président des États-Unis, son Secrétaire d’État à la défense et le chef des forces de l’agresseur impérialiste présentes en Corée du Sud, qui sont les instigateurs de ce crime, ainsi que les autorités fantoches de la Corée du Sud et leurs complices, afin que tous soient sévèrement punis aux yeux du monde entier.
Il était souligné dans la déclaration que le sinistre dessein de l’empire des démons de faire de la péninsule coréenne une terre désolée et le théâtre d’une guerre biologique, en plus de l’exposer aux dangers de la radioactivité, ne devait jamais devenir réalité.

Il y a néanmoins peu de chance que le Conseil de sécurité condamne, même timidement, les pratiques d'un de ses membres permanents en matière de manipulation d'armes de destruction massive hors de ses frontières. En effet, le département d'Etat américain a jugé que les demandes nord-coréennes sont « ridicules » et « ne méritent pas de réponses ». Compte tenu du passif des Etats-Unis en Corée, on n'espérait pas davantage de la part de l'administration américaine.

 

 

Sources :

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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 16:23

Le 11 mai 2015, S.E. Ri Sung-gil a présenté ses lettres de créances au président vénézuelien Nicolas Maduro, qui a souligné la solidarité de Pyongyang et Caracas dans "le combat pour l'indépendance et le socialisme, contre l'impérialisme" selon l'agence nord-coréenne KCNA. Suite à un accord intergouvernemental en ce sens conclu en juin 2014, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ouvre ainsi une ambassade à Caracas - où elle avait auparavant mis en place une délégation commerciale, l'ambassadeur nord-coréen auprès de la République bolivarienne du Venezuela étant en poste à Cuba (tandis que l'ambassadeur vénézuelien auprès de la RPD de Corée est en poste à Pékin).

Du 2 au 4 octobre 2013, Jon Yong-jin, ambassadeur de la RPD de Corée en poste à Cuba également accrédité auprès du Venezuela, avait visité la République bolivarienne en vue de l'ouverture d'une ambassade à Caracas, où il s'était déjà rendu en mars 2013. Le 4 octobre 2013, il avait rencontré deux députés présidant la commission des Affaires étrangères, le communiste Yul Jabour (C) et le socialiste Julio Chavez. A l'occasion de cette visite, le Président vénézuelien Nicolas Maduro avait "exprimé sa conviction que les relations amicales et de coopération entre les deux pays se renforceraient sur la base du respect mutuel et des intérêts bilatéraux". L'ambassadeur nord-coréen avait pour sa part déclaré qu'en cas d'attaque américaine sur le Venezuela, la RPDC "n'hésiterait pas à rejoindre le combat contre l'Empire pour défendre la souveraineté nationale et la Révolution bolivarienne", et souligné le rejet par la RPDC de "la politique interventionniste conduite par les Etats-Unis à travers leurs ambassades".

La RPD de Corée et le Vénézuela ont établi des relations diplomatiques en 1974, mais il n'y avait pas eu jusqu'alors d'ouverture d'une ambassade nord-coréenne à Caracas, ni d'une ambassade vénézuelienne à Pyongyang. Pour sa part, la République de Corée (du Sud) avait établi des relations diplomatiques avec le Vénézuela en 1973.

En 1991, un bureau commercial de la RPD de Corée a ouvert ses portes au Vénézuela.

Après la révolution bolivarienne, Caracas et Pyongyang ont renforcé leurs liens, avec des visites réciproques de délégations dans les domaines économique et diplomatique. En octobre 2005, Yang Hyong-sop, alors vice-président du Praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée, avait visité le Venezuela. Un accord commercial bilatéral a été conclu en 2005. En 2010, les équipes nationales de football ont joué des matchs amicaux, avant la participation de la RPD de Corée à la Coupe du monde.

Au lendemain de la disparition du Dirigeant Kim Jong-il en décembre 2011, le Président Hugo Chavez avait témoigné de "ses sentiments de profonde solidarité avec le peuple coréen qui a perdu son dirigeant", et exprimé "sa conviction que le peuple coréen réaliserait certainement la prospérité de son pays".

Lorsque le Président Hugo Chavez nous avait quittés en mars 2013, le Président Kim Yong-nam, président du Praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée, exerçant à ce titre les fonctions de chef d'Etat, avait adressé ses condoléances à Nicolas Maduro, alors vice-président et chef d'Etat par intérim, en soulignant les réalisations du premier président de la République bolivarienne du Venezuela pour défendre la souveraineté de son pays et permettre l'intégration régionale en Amérique latine.

Après les visites diplomatiques de 2013, le ministère vénézuélien des Affaires étrangères avait annoncé, en juin 2014, l'ouverture d'une ambassade nord-coréenne à Caracas. Il s'agit de la cinquième ouverture d'ambassade de la RPD de Corée en Amérique latine, après celles (dans l'ordre alphabétique) du Brésil, de Cuba, du Mexique et du Pérou.

Dans sa dépêche en date du 17 mai 2015 rendant compte de la remise de créances de S.E. Ri Sung-gil au Président Nicolas Maduro, l'agence nord-coréenne KCNA a souligné la convergence des combats menés par Caracas et Pyongyang contre l'impérialisme et pour la souveraineté des nations :
 

Le Président a dit que le Venezuela et la RPDC sont éloignés géographiquement mais qu'ils entretiennent des relations fraternelles, car ils ont toujours coopéré ensemble et se sont soutenus mutuellement dans leurs efforts pour construire le socialisme et contre l'impérialisme.

Il a ajouté que les deux pays ont approfondi leur compréhension mutuelle à travers des visites et des contacts de haut niveau. Ils ont coopéré étroitement sur la scène internationale, et ont ainsi développé leurs relations bilatérales.

Il a appelé à renforcer fermement le soutien et la coopération mutuels pour élever encore davantage le niveau des relations bilatérales, et à poursuivre main dans la main le combat pour l'indépendance et le socialisme, contre l'impérialisme.

La solidarité anti-impérialiste ainsi exprimée par deux pays ciblés par Washington, notamment sur le terrain des droits de l'homme, n'est pas seulement verbale : la République bolivarienne du Vénézuela a rejeté de manière constante les résolutions des Nations unies et de sa Commission des droits de l'homme sur la RPD de Corée, considérant qu'il s'agissait de manoeuvres des Etats-Unis et de leurs alliés. Début 2015, la Bolivie et l'Equateur ont par ailleurs rejoint le Vénezuela dans son opposition.

La Révolution bolivarienne insiste, comme les idées du Juche, sur le principe d'indépendance nationale dans la construction du socialisme, ainsi que l'a souligné Adina Bastidas, ancienne vice-présidente de la République bolivarienne du Vénézuela, lors d'un séminaire sur les idées du Juche qui s'est tenu au Vénézuela le 11 avril 2015.


Sources :

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  • : Association d'amitié franco-coréenne
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