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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 11:00

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a donc annoncé le lancement - entre le 4 et le 8 avril - d'un satellite de télécommunication expérimental, un tel satellite devant contribuer à améliorer la vie quotidienne des habitants dans un pays montagneux et difficile d'accès. A quelques heures de ce lancement, S.E. Son Musin, délégué général de la RPDC en France et ambassadeur auprès de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO, dont le siège est à Paris), a bien voulu répondre aux questions de l'Association d'amitié franco-coréenne. Face à la mal-information que subit trop souvent la RPDC de la part des principaux médias qui, dans une belle unanimité, dénoncent par avance le lancement d'une fusée par la Corée du Nord sans prêter attention aux arguments de ce pays, il nous a semblé important de recueillir l'avis du principal représentant de la RPDC en France.


Monsieur l'ambassadeur, nous vous remercions tout d'abord de bien vouloir répondre à nos questions à un moment si important pour la Corée et, pourrait-on dire aussi, pour le monde. Les médias occidentaux, y compris en France, présentent le prochain lancement d'une fusée spatiale par la RPD de Corée comme une menace pour la paix mondiale. Que répondez-vous à de telles accusations?

L’utilisation de l’espace à des fins pacifiques constitue un droit légitime pour un Etat souverain. Le lancement d'un satellite pacifique est une œuvre juste contribuant à la prospérité de notre nation et au progrès de l’humanité.

La RPDC a déjà adhéré aux traités relatifs au lancement de satellites et envoyé le 21 mars dernier, en vertu des règlements internationaux concernant le lancement de satellites, aux Etats-Unis, au Japon, à la Russie, à la Chine et à la Corée du Sud qui contrôlent ou utilisent les zones que notre satellite prévoit de survoler, des télégrammes concernant la fermeture des espaces à risque pendant la période prévue pour le lancement.

Cela étant, présenter le lancement du satellite pacifique Kwangmyongsong-2 comme une menace pour la paix du monde constitue un argument grossier sans aucun fondement et l’expression de l’hostilité contre la RPDC.

Jusqu’ici, aucun des lancements de satellites réalisés par beaucoup d’autres pays, y compris la France, n’a été remis en cause de pareille façon.

Nous ne pouvons pas suivre cette logique injuste selon laquelle tous les pays ont le droit de lancer un satellite, sauf la RPDC.

Prétendre que le lancement d'un satellite est préoccupant car la technique employée est similaire à celle des missiles de longue portée est aussi absurde que dire que le couteau doit être interdit au nom du désarmement car il a un point commun avec la baïonnette.

Nous rejetons donc catégoriquement tous ces arguments grossiers et sans fondements qui s'opposent au lancement de notre satellite.

  Le pas de tir du cosmodrome de Musudan-ri (nord-est de la Corée),

pris en photo par un satellite le 29 mars 2009
(source : GeoEye)


A la différence – semble-t-il - des Etats-Unis, le Japon envisage toujours d'abattre la fusée que veut lancer votre pays. Comment réagira la RPD de Corée en cas d'interception ?

L’Etat-major de l’Armée populaire de Corée a rendu publique le 2 avril une déclaration selon laquelle elle mènera des représailles fulgurantes contre les moyens d'interception et des objectifs majeurs japonais si le Japon perd la raison et ose intercepter notre satellite pacifique.

Notre armée a toujours tenu parole.

Il nous reste à voir ce qui va se passer.


Les Etats-Unis et leurs alliés, le Japon et la Corée du Sud en tête, veulent saisir le Conseil de sécurité des Nations Unies parce que le lancement d'une fusée par la RPD de Corée violerait la résolution 1718 adoptée en octobre 2006 après l'essai nucléaire de la RPDC. Quelle sera la réaction de la RPD de Corée si le Conseil de sécurité est saisi?

Si le Conseil de sécurité des Nations Unies adopte un document quelconque qui nous blâme concernant le lancement de notre satellite à des fins pacifiques, que ce soit une "déclaration du président" ou un "communiqué", et s’il le met à son ordre du jour et le traite, ce fait même sera un acte hostile et brutal contre nous.

Si la déclaration conjointe du 19 septembre 2005 [relative à la dénucléarisation de la péninsule coréenne, NdlR] est niée à cause de cette éventuelle hostilité, les pourparlers à six n’auront plus leur raison d’être et tous les progrès réalisés jusqu’ici pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne feront marche arrière pour revenir au point de départ.

Dans ce cas, nous prendrons des mesures appropriées et nécessaires.

 

A propos des pourparlers à six pays qui réunissent depuis 2003 les deux Corée, les Etats-Unis,la Chine, la Russie et le Japon, la RPD de Corée déclare que toute nouvelle sanction contre elle remettra en cause ces pourparlers. Pourquoi?

La déclaration conjointe pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne, adoptée le 19 septembre 2005 aux pourparlers à six et en voie d’application, est basée sur un "esprit de respect mutuel et d’égalité".

Cela étant, si une "sanction" est prise au nom du Conseil de sécurité des Nations Unies, cela signifiera que celui-ci nie ladite déclaration.

Nier l’esprit fondamental de la déclaration conjointe du 19 septembre serait nier les pourparlers à six.

Si ces pourparlers à six échouent, la responsabilité en reviendra entièrement au Japon et aux autre pays qui ont nié l'"esprit de respect mutuel et d’égalité" de la déclaration conjointe du 19 septembre.


Après un peu plus de deux mois, comment jugez-vous la politique coréenne de l'administration Obama?

Récemment les Etats-Unis ont plusieurs fois perpétré des actions qui portent atteinte à notre souveraineté et sont intervenus dans nos affaires intérieures.

Ils s’attachent toujours à des manœuvres provocatrices de guerre contre la RPDC comme les exercices militaires conjoints américano-sud-coréens Key Resolve et Foal Eagle du mois de mars dernier.

Tous ces comportements provoquent l'indignation extrême de notre peuple et de notre armée.

Nous allons maintenir fermement le principe de notre politique vis-à-vis des Etats-Unis et nous allons poursuivre notre chemin conformément à notre politique indépendante.

 

Pour conclure, que pensez-vous du principe des "deux poids et deux mesures" dans les relations internationales? Et comment y remédier, selon vous?

Malheureusement, on constate que "deux poids et deux mesures" s'appliquent à beaucoup de domaines de la politique internationale comme la démocratie, les droits de l’homme et les questions scientifiques telles que notre projet de lancement de satellite.

Rien que pour les droits de l’homme, notre société où les masses populaires sont maître de tout et où tout est fait en faveur de la population fait l’objet de critiques et est blâmée alors que les massacres de populations civiles et les tortures perpétrées par les Etats-Unis sous prétexte de "guerre contre le terrorisme" ne sont même pas mis à l’ordre du jour des réunions des Nations Unies sur les droits de l'homme.

Pour y remédier, toutes les forces progressistes du monde devraient mener une lutte unie et coordonnée pour instaurer un nouvel ordre international juste et équitable.


Merci, Monsieur l'ambassadeur.

 

 

 

Propos recueillis le 3 avril 2009

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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 21:50

Leonid Petrov est un des meilleurs spécialistes de la Corée, connaissant aussi bien le Nord que le Sud de la péninsule. Ancien professeur de coréen à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po), aujourd'hui en poste à l'Université Nationale d'Australie, il donnera plusieurs conférences en anglais sur la Corée, en tant que professeur invité par l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), les 27 février et 6 mars 2009. L'AAFC vous détaille ci-après le programme de conférences.

- Vendredi 27 février, de 14h à 16h :
Controversial issues of Korean History : North and South Korean Perspectives

- Vendredi 27 février, de 16h à 18h :
History wars and reconciliation in North East Asia à la salle de conférences

- Vendredi 6 mars, de 14h à 16h : Korean economy and business (1920-2010)

Lieu : salle de conférences (rez-de-chaussée) de la maison de l'Asie, 22 avenue du Président Wilson, 75016 Paris

Contact et renseignements :
Centre de Recherches sur la Corée 
Mél : carrenej@ehess.fr

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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 18:36

Le gouvernement Lee Myung-bak n'aime pas la contestation, comme l'a prouvé récemment l'affaire Minerve. Il n'aime pas non plus les étrangers, en qui il voit des criminels en puissance, ainsi qu'en atteste son projet de relever les empreintes digitales de tous les étrangers de passage en Corée du Sud. L'AAFC a enquêté sur cette nouvelle mesure attentatoire aux droits de l'homme, que même les militaires au pouvoir à Séoul n'avaient pas osé instaurée. 

Après le Japon et les Etats-Unis (photo ci-contre : système de reconnaissance par empreintes digitales au Japon), la Corée du Sud s'apprête à devenir le troisième Etat au monde à instaurer le relevé obligatoire des empreintes digitales pour tous les étrangers, y compris ceux de passage pendant quelques heures dans le pays. La mesure a été annoncée par le ministère de la justice à la fin de l'année 2008, en vue d'une adoption par voie législative dans le courant de l'année 2009 et d'une application dès le début de l'année 2010.

Comme toutes les atteintes récentes aux libertés publiques dans les pays occidentaux, la lutte contre le terrorisme est le prétexte à cette nouvelle mesure de contrôle des populations. Les autorités sud-coréennes ajoutent toutefois un argument supplémentaire, aux relents ouvertement xénophobes : la lutte contre la criminalité d'origine étrangère. En effet, selon un officiel du ministère de la justice, "il y a de plus en plus d'étrangers en Corée, et donc le nombre de crimes commis par les étrangers augmente, et le gouvernement n'a pas de moyens suffisant pour enquêter sur ces crimes". 

Le président sud-coréen Lee Myung-bak, dont le parti regroupe notamment les partisans de l'ancien régime militaire, va encore plus loin que ces derniers. En effet, son prédécesseur, le président Roh Moo-hyun, avait annulé en 2003 la procédure d'enregistrement obligatoire de leurs empreintes digitales par les étrangers en Corée du Sud pour l'obtention du certificat de résidence, en la jugeant contraire aux droits de l'homme. A présent, il s'agit non seulement de rétablir cette obligation, mais de l'étendre à tous les touristes étrangers en Corée du sud, y compris les voyageurs en transit.

Après avoir
échoué à faire adopter par le Parlement des dizaines de projets de loi pendant les vacances de Noël en raison de l'opposition déterminée des démocrates, le président Lee Myung-bak devra toutefois surmonter également les résistances qui pourraient naître dans son propre camp, comme cela a été le cas, par exemple, sur la question des relations intercoréennes, notamment si cette nouvelle obligation imposée aux étrangers en Corée se traduisait par des mesures de rétorsion analogues pour les Coréens vivant à l'étranger. (Source : Marie Decroix, "Il faudra donner ses empreintes digitales pour entrer en Corée", in Aujourd'hui la Corée, article publié sur le site de l'Association démocratique des Français de l'étranger-ADFE)

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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 12:42

Depuis le 31 décembre 2008, les organisations pacifistes et progressistes sud-coréennes se relaient devant l'ambassade israélienne, l'ambassade des Etats-Unis et la présidence de la République, à Séoul, pour protester contre l'assaut israélien à Gaza. Le 10 janvier, une manifestation dans la capitale sud-coréenne a rassemblé 300 personnes, à l'appel de 75 organisations.

Ni le froid, ni la situation politique intérieure n'ont découragé les militants pacifistes sud-coréens dans leur combat permanent pour condamner l'attaque israélienne sur la bande de Gaza.

Depuis le 31 décembre 2008, plusieurs organisations pacifistes dont 
Nanummunhwa-Partage d'une paix globale (Nanummunhwa-Global Peace Sharing), Imagination pour la solidarité internationale (Imagination for International Solidarity, IIS), Solidarité pour la paix en Palestine (Palestine Peace Solidarity) se relaient pour des manifestations individuelles en face des ambassades américaine et israélienne, ainsi que de la Maison Bleue, siège de la présidence sud-coréenne (ci-contre, manifestant de Nanummunhwa devant l'ambassade d'Israël à Séoul, le 7 janvier 2009, photo Nanummunhwa).

De fait, alors que
la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a condamné fermement l'assaut israélien sur Gaza, dans le cadre d'un soutien constant de Pyongyang aux mouvements de libération palestiniens, la République de Corée (Corée du Sud), alliée des Etats-Unis, évite de prendre une position tranchée, ayant ainsi conduit Solidarité populaire pour une démocratie participative (People's Solidarity for Participatory Democracy, PSPD) à interroger par lettre le ministère des Affaires étrangères sud-coréen sur les points suivants :

1) Le gouvernement sud-coréen approuve-t-il l'attitude d'Israël ?

2) Qu'entend faire le gouvernement sud-coréen, en tant que membre du Comité des Droits de l'homme des Nations-Unies, contre le meurtre de civils palestiniens par l'armée israélienne et l'utilisation de phosphore blanc, une arme incendiaire interdite dans lez zones à forte densité urbaine ?

Comme l'a souligné KBS World Radio, le gouvernement sud-coréen s'est surtout impliqué pour obtenir la libération d'un journaliste de KBS à Gaza, déclarant à cette occasion que les relations entre la Corée du Sud et la Palestine s'étaient nettement améliorées après les visites réciproques, en 2008, des ministres des affaires étrangères des deux pays.

Dans ce contexte, à l'appel de 75 organisations, 300 personnes 
ont manifesté à Jongno, dans le centre de Séoul, le 10 janvier 2009, contre les attaques à Gaza, témoignant de l'attachement à la paix des progressistes coréens - alors que les parties à la guerre de Corée n'ont toujours pas signé formellement de traité de paix, plus de cinquante-cinq ans après la signature de l'armistice en 1953.

(sources : Jay Hauben, "
Korean Peace Groups Protest Gaza War", 7 janvier 2009, et "300 Seoulites Demonstrate for Gaza", 12 janvier 2009, sur le site d'informations Ohmynews).

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30 décembre 2008 2 30 /12 /décembre /2008 21:41

Au quatrième jour de l'assaut israélien sur la bande de Gaza, dont le bilan provisoire s'établissait déjà à près de 350 morts, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a fermement condamné "le meurtre de civils désarmés comme un crime contre l'humanité (...) et un défi ouvert au processus de paix au Moyen-Orient." Pyongyang a appelé à un arrêt immédiat des attaques israéliennes.

Le mardi 30 décembre 2008, au quatrième jour des combats menés par l'armée israélienne sur la bande de Gaza, dont le bilan provisoire s'établissait à quelque 350 morts et 1.700 blessés, le ministère des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a appelé à l'arrêt de ces raids aériens "barbares".  

Selon l'agence officielle nord-coréenne KCNA, "la République populaire démocratique de Corée dénonce fermement le meurtre par Israël de civils désarmés comme un crime contre l'humanité, une grave provocation contre les Palestiniens et les autres peuples arabes et un défi ouvert au processus de paix au Moyen-Orient", ajoutant que "Israël doit immédiatement cesser toutes ses actions militaires et répondre positivement à la demande des peuples arabes et des autres peuples du monde d'une solution équitable et complète à la question du Proche-Orient."

Dans son soutien aux mouvements d'indépendance du Tiers Monde, Pyongyang a toujours été solidaire des Palestiniens. Le 7 mai 2002, le délégué général de la RPDC aux Nations-Unies avait ainsi dénoncé la "féroce action militaire" que venait d'entreprendre d'Israël comme une "violation de la souveraineté de la Palestine". La Palestine a également établi une réprésentation diplomatique permanente à Pyongyang. (Source : Kuwait News Agency, KUNA)

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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 01:25

Le vendredi 19 décembre 2008, les derniers soldats sud-coréens qui étaient déployés en Irak sont arrivés à l'aéroport militaire de Seongnam, près de Séoul, marquant ainsi l'accomplissement de leurs mission à l'issue d'un engagement sans faille de Séoul aux côtés des troupes américaines.


De même que la Corée du Sud avait été un des principaux alliés des Etats-Unis au Vietnam, Séoul avait déployé l'un des plus importants contingents militaires aux côtés des troupes américaines en Irak en suscitant, près d'un demi-siècle après la guerre du Vietnam, un mouvement analogue de rejet au sein de l'opinion publique sud-coréenne (ci-contre, manifestation devant le siège du parti Uri, alors au pouvoir, le 23 juin 2004, photo AP/Yonhap, le jour même où le corps décapité d'un otage cvil sud-coréen, Kim Sun-il, était retrouvé par des soldats américains sur la route entre Bagdad et Fallujah).


En 2004, le contingent sud-coréen en Irak a atteint le chiffre maximum de 3.600 soldats, ce qui en a fait a troisième force la plus importante de la coalition, après celle des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. Mais face à l'opposition constante de l'opinion publique, les effectifs militaires sud-coréens ont été progressivement abaissés (2.300 hommes en février 2007, 1.200 hommes en octobre 2007).


Le débarquement à l'aéroport de Seongnam, le vendredi 19 décembre 2008, des dernières troupes - plusieurs centaines d'hommes - qui étaient encore déployées par Séoul dans le Kurdistan irakien, marque la fin de la mission militaire de Séoul aux côtés de Washington. Le gouvernement irakien ayant demandé que le mandat de l'ONU, qui expire le 31 décembre 2008, ne soit pas renouvelé, seule une minorité des Etats présents en Irak devraient maintenir des troupes dans le pays, suivant des négociations bilatérales avec le gouvernement de Bagdad. (Source principale : Reuters)

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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 12:53

Il y a quatre ans, lors de la mort du président palestinien Yasser Arafat le 11 novembre 2004, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) avait décrété trois jours de deuil national. L'AAFC a souhaité rappeler les liens de solidarité entre la RPDC et la Palestine, tissés dans le combat commun des peuples coréen et palestinien pour la souveraineté et l'indépendance de leur nation.

Des situations comparables dans le combat pour l'indépendance nationale

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a une longue tradition de soutien aux mouvements d'indépendance du Tiers-Monde. Dans ce cadre, les liens privilégiés noués avec la résistance palestinienne rendent compte de situations nationales présentant des points communs à plus d'un égard :

- tandis que les Palestiniens combattent toujours pour l'établissement d'un Etat souverain de plein exercice, la nation coréenne reste divisée en deux Etats, dont l'un - la République de Corée, au Sud -  abrite encore près de 30.000 soldats américains, plus d'un demi-siècle après la fin de la guerre de Corée ;

- alors qu'un mur de béton a été érigé par les Américains au sud de la Corée, le long de la zone démilitarisée (DMZ), les Israéliens ont construit en Cisjordanie une "clôture de sécurité" tout au long d'un tracé de près de 700 km ;

- enfin, les sanctions internationales auxquelles reste soumise la RPD de Corée, et dont le peuple coréen est la première victime, ne sont pas sans rappeler les nombreuses restrictions imposées aux populations palestiniennes, en termes de liberté de communication, d'expression de leurs droits politiques ou d'exercice de leurs activités économiques.


Dans ce contexte, la RPDC et la Palestine ont établi de longue date des relations de soutien mutuel. 

Des liens d'amitié entre les présidents Kim Il-sung et Yasser Arafat

Les relations palestino-nord-coréennes ont été fondées notamment sur des relations d'amitié personnelles entre le président de la République populaire démocratique de Corée Kim Il-sung et le président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat.

Yasser Arafat a visité six fois la RPDC entre 1981 et 1993, en ayant été honoré du titre de héros de la RPDC lors de son premier séjour.

Après le décès du Président Yasser Arafat, le 11 novembre 2004, la RPDC a décrété un deuil national de trois jours, du 15 au 17 novembre. Dans son message de condoléances adressé à M.Rawhi Fatouh, porte-parole du conseil général de l'Autorité palestienne, M. Kim Yong-nam, président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la RPDC, a déclaré notamment :

"SE Yasser Arafat fut un politicien majeur qui a dirigé la révolution palestinienne pendant près de 40 ans et un dirigeant éminent qui a apporté une contribution remarquable à la noble cause de la création de l’Etat indépendant de Palestine et au triomphe des droits légitimes du peuple palestinien.

Il était un ami proche du peuple coréen et n’avait pas ménagé ses efforts pour développer des relations amicales et une coopération entre les peuples de RPDC et de Palestine".

Une ambassade permanente de la Palestine en RPDC

La Palestine a établi une ambassade permanente à Pyongyang, laquelle s'associe notamment aux fêtes nationales de la RPDC. Ainsi, une
réception a été donnée le 4 septembre 2008 à l'occasion du 60ème anniversaire de la fondation de la RPDC par l'ambassadeur palestinien en RPD de Corée, M. Mohammad Shahta Zarab, à laquelle ont notamment participé M. Pak Ui-chun, ministre des affaires étrangères de RPDC, et M. Kim Pyong-phal, président du Comité central de la Fédération générale des syndicats de Corée.

Les deux principales organisations marxistes en Palestine, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et le Front démocratique pour la Libération de la Palestine (FDLP), ont participé à des réunions internationales des mouvements communistes ayant adopté des résolutions en faveur de la réunification indépendante et pacifique de la Corée.

La solidarité de Pyongyang avec le peuple palestinien

Pour sa part, la RPDC célèbre chaque année la Journée mondiale de solidarité avec le peuple palestinien.

Lla RPDC suit avec attention le développement de la situation au Proche-Orient, en soutenant de manière continue les efforts visant à l'établissement d'une paix durable dans cette région du monde, sur la base d'un Etat Palestinien souverain. Ainsi,
le 7 mai 2002, à l'Assemblée générale des Nations-Unies, le délégué général de la RPDC a dénoncé la récente et "féroce action militaire" que venait d'entreprendre d'Israël comme une "violation de la souveraineté de la Palestine", en plaidant pour le "retrait des forces d'agression des territoires autonomes palestiniens" et "l'engagement de négociations de paix avec la partie palestinienne".

De même, après les affrontements entre le Fatah et le Hamas,
le ministère des affaires étrangères de RPDC s'est félicité en mars 2007 de la formation d'un gouvernement d'union nationale, en réitérant le droit "légitime" du peuple palestinien à "fonder un Etat indépendant dans l'unité et la coopération". (Sources : AAFC, KCNA, message de condoléances du président Kim Yong-nam traduit en français sur le site de l'association d'amitié belgo-coréenne Korea-is-One). 

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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 23:37

Et si la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) constituait un test pour la définition d'une politique étrangère commune de l'Union européenne ? L'attitude non constructive du Japon dans les pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne a ouvert la possibilité que l'Australie, ou l'Union européenne (UE), remplace le Japon dans la fourniture d'énergie à la RPDC, rendant ainsi crédible une plus grande implication politique de l'UE en Corée.

L'accord de Pékin, conclu le 13 février 2007 lors des pourparlers à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie, le Japon), prévoyait la livraison d'énergie à la RPDC par les cinq autres parties, en contrepartie de la désactivation de ses installations nucléaires militaires par Pyongyang. Plus d'un an et demi plus tard, le Japon reste la seule partie à n'avoir honoré aucun de ses engagements, en arguant de la non-résolution de la question de ses ressortissants enlevés par les services secrets nord-coréens dans les années 1970 et 1980. La RPDC a ainsi demandé que le Japon ne soit plus partie aux négociations. Il a donc été envisagé que d'autres pays, à savoir l'Union européenne ou l'Australie, suppléent le Japon dans la livraison d'énergie, voire à terme comme partie aux négociations.

Pour l'Union européenne, la question nucléaire nord-coréenne pourrait constituer un excellent test de la définition d'une politique étrangère commune : contrairement aux autres pays engagés dans les négociations à six, l'UE n'a pas de passé colonial dans cette partie du monde, et elle n'a pas non plus participé en tant que telle à la guerre de Corée (1950-1953). Comme elle n'est pas davantage l'une des grandes puissances frontalières de la Corée qui ont essayé de peser sur le destin de la péninsule, elle pourrait constituer un acteur plus désintéressé, essentiellement soucieux de parvenir à un règlement politique.

L'Union européenne est déjà présente en Corée du Nord, mais aujourd'hui dans le seul domaine humanitaire. Les ONG des pays européens agissent d'ailleurs, depuis 2005, dans le cadre institutionnel de l'Union européenne. Certes, de 2001 à 2003, l'Union européenne avait également engagé un dialogue sur les droits de l'homme avec Pyongyang qui avait permis d'engranger quelques résultats à l'actif de la diplomatie européenne, mais le choix depuis 2003 d'une politique de simple condamnation de la Corée du Nord a discrédité l'UE comme acteur pouvant peser sur les choix de Pyongyang.

L'Allemagne est d'ores et déjà un des principaux partenaires commerciaux de la RPDC. Mais les dissensions internes à l'Union européenne restent un facteur décisif de blocage. Au sein de l'UE,
la France est le seul pays de l'Union européenne à ne pas avoir établi de relations diplomatiques complètes avec Pyongyang, et à Bruxelles Paris est le principal avocat du refus de toute main tendue à la Corée du Nord. Si la visite du vice-ministre nord-coréen des affaires étrangères en Europe, en mai 2008, avait montré un certain assouplissement des positions des représentants de la France au sein des institutions européennes, la présidence française de l'Union européenne, du 1er juillet au 31 décembre 2008, semble depuis devoir bloquer toute avancée, dans l'attente que la République tchèque préside l'UE à compter du 1er janvier 2009. 

Bien que l'attitude de Tokyo ouvre une opportunité d'exister pour l'UE sur la scène diplomatique coréenne, une nouvelle occasion semble ainsi d'ores et déjà perdue  : alors que
l'Australie a déjà fait savoir qu'elle était prête à remplacer le Japon dans les livraisons de pétrole à la RPDC, on attend toujours une déclaration du président de la République française Nicolas Sarkozy ou du ministère français des Affaires étrangères. 

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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 21:49
Le jeudi 24 juillet 2008, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a signé à Singapour un traité de non-agression avec ses pays voisins de l'Asie du Sud-Est en marge du Forum régional de l'ASEAN.

Lors de la cérémonie de signature, le ministre des Affaires  étrangères de la RPDC, Pak Ui-chun, et ses homologues de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) ont signé le Traité d'Amitié et de Coopération dans l'Asie du Sud-Est (TAC). Le traité a ensuité été présenté au ministre singapourien des Affaires  étrangères, George Yeo, président exécutif de l'ASEAN.



La RPDC est ainsi devenue le 15ème pays non membre de l'ASEAN à accéder au TAC, conclu le 24 février 1976 en Indonésie pour instituer des règles de comportement et encourager la résolution pacifique des conflits régionaux.


Singapour, qui assume la présidence de l'ASEAN, a exprimé  l'accueil chaleureux de l'ASEAN envers la décision de la RPDC, indiquant croire que l'adhésion de la RPDC au TAC renforcera les relations entre l'ASEAN et la RPDC et aidera  également à promouvoir la paix, la sécurité et la coopération dans la région.


Outre les dix Etats membres de l'ASEAN -- Brunei, Cambodge,  Indonésie, Laos, Malaisie, Myanmar, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam -- le traité de  non-agression a également été adopté par la Chine, le Japon, la  Corée du Sud, la Russie, la France (en 2007), l'Australie, l'Inde, le  Pakistan, le Timor-Oriental, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, la  Nouvelle-Zélande, la Mongolie, le Bangladesh et le Sri Lanka. (source : Xinhua)


Traduction française du Traité d'amitié et de coopération dans l'Asie du Sud-Est (sur le site de l'Organisation des Nations Unies)

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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 21:30

En déplacement dans son pays, pour la première fois depuis sa prise de fonctions comme secrétaire général des Nations-Unies, le Sud-Coréen Ban Ki-moon doit principalement discuter à Séoul du changement climatique, ainsi que de la coopération entre la Corée du Sud et l'ONU. La veille, Ban Ki-moon avait déclaré, à Tokyo, envisager un déplacement en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), mais à une date restant à déterminer.

Depuis son accession au poste de secrétaire général des Nations-Unies en janvier 2007, le Sud-Coréen Ban Ki-moon n'avait pas encore effectué de visite officielle dans son pays natal. C'est désormais chose faite, depuis son arrivée à Séoul le jeudi 3 juillet 2008, dans le cadre d'une tournée en Asie du Nord-Est qui le conduit également à Tokyo et à Pékin.

Avant de repartir au Japon le 7 juillet 2008 pour le sommet du G8, Ban Ki-moon doit rencontrer le président Lee Myun-bak, le Premier ministre Han Seung-soo et le ministre des affaires étrangères Yoo Myung-hwan.

Cette visite intervient alors que se poursuivent les mouvements de contestation contre la décision du président Lee Myung-bak de réouvrir le marché sud-coréen aux importations de boeuf américain : après la mobilisation des églises, l'opposition s'est solidarisée du mouvement en décidant de boycotter la session parlementaire. La veille, le 2 juillet, pour exprimer sa conviction quant à l'absence de risque sanitaire, le Premier ministre Han Seung-soo, avait imité le ministre britannique de l'agriculture, M. John Gummer, en 1990, en décidant d'acheter 12 kg de viande de boeuf américaine qu'il entend manger avec sa famille dans sa résidence officielle.

Le déplacement de Ban Ki-moon à Séoul doit notamment traiter du changement climatique, alors que les annonces du président Lee Myung-bak concernant la limitation des émissions de dioxyde de carbone sont pour l'heure restées lettre morte. Un autre  thème de discussions sera la coopération entre l'Organisation des Nations-Unies et la Corée du Sud, devenue un des principaux fournisseurs de casques bleus dans le cadre des opérations de maintien de la paix. Le lundi 7 juillet, le secrétaire général des Nations-Unies doit d'ailleurs rencontrer les soldats sud-coréens sur le départ pour participer à la Force intérimaire des Nations-Unies au Liban (FINUL).

Une des principales incertitudes concerne le rôle que peut jouer Ban Ki-moon pour résoudre le contentieux nucléaire, et contribuer à la stabilité et à la paix dans la péninsule coréenne. Tout en ayant salué la décision de Pyongyang de détruire la tour de refroidissement du complexe nucléaire de Yongbyon, le secrétaire général des Nations-Unies vient d'exhorter le Japon à participer à l'aide humanitaire en faveur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), où le Programme alimentaire mondial a tiré la sonnette d'alarme sur la gravité de la situation alimentaire. Le 30 juin 2008, le PAM a annoncé qu'il allait étendre son assistance à 5 millions de personnes, soit plus du cinquième de la population nord-coréenne.

Dans ce contexte, Ban Ki-moon a déclaré à la presse à Tokyo, le 2 juillet, qu' "une visite à Pyongyang figurait dans son ordre du jour", mais qu'il fallait encore travailler sur les dates d'un tel déplacement, tout en ajoutant que les Nord-Coréens "lui ont dit qu'ils l'accueilleraient à tout moment".

Selon l'AAFC, les dossiers humanitaire et politique doivent être clairement dissociés si l'on veut réaliser de nouveaux progrès sur la voie de la dénucléarisation de la péninsule coréenne. La reprise des pourparlers à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon), attendue d'une semaine à l'autre, crée un contexte favorable. Toutefois, si l'ONU veut jouer un rôle politique plus actif sur la scène coréenne, il faudra que le secrétaire général des Nations-Unies trouve sa place, en définissant sa position et ses objectifs propres, dans des négociations qui impliquent d'abord aujourd'hui les grandes puissances et les deux Corée. Par ailleurs, il devra gagner la confiance des Nord-Coréens en se défaisant d'une image d'opportunisme, qui l'avait fait surnommer dans son propre pays "l'anguille", en raison de sa capacité à s'adapter à tous les changements de régime intervenus en Corée du Sud depuis trente ans. (Sources : KBS Radio, The Financial Times, AAFC)

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