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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 23:25

Alors que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a réaffirmé à plusieurs reprises sa volonté de reprendre les pourparlers à six (qui réunissent les deux Corée, la Chine, les Etats-Unis, la Russie et le Japon) sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, une rencontre a eu lieu entre les responsables de la question nucléaire des deux Corée. Par ailleurs, Kim Kye-gwan, premier vice-ministre des Affaires étrangères, a été invité à New York. Ces échanges témoignent d'une intensification des contacts en vue d'une possible relance des discussions à six, interrompues depuis la condamnation du lancement d'un satellite nord-coréen par les Etats-Unis et leurs alliés au printemps 2009.

 

ri_yong_ho_wi_sung_lac.jpgLe 22 juillet 2011, en marge du 18ème forum régional de l'Association des Nations d'Asie du Sud-Est (ASEAN) qui s'est tenu à Nusa Dua sur l'île indonésienne de Bali et auquel participait également la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, une rencontre a eu lieu entre les négociateurs des deux Corée aux pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule (photo The Djakarta Post). Le Sud-Coréen Wi Sung-lac s'est entretenu avec son nouvel homologue nord-coréen Ri Yong-ho, qui a fait état d' "efforts conjoints pour reprendre les pourparlers à six le plus tôt possible". Il s"agissait de la première rencontre bilatérale entre les deux Corée sur la question nucléaire depuis 2008.

 

Les Etats-Unis ont fait d'une amélioration des relations intercoréennes un préalable à la reprise des pourparlers à six. Suite à la rencontre du 22 juillet, le gouvernement américain a annoncé, le 24 juillet, avoir invité à New York Kim Kye-gwan, premier vice-ministre des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC). Kim Kye-gwan, qui a été le principal négociateur de la RPDC aux pourparlers à six avant sa promotion en septembre 2010, est un interlocuteur habituel des Etats-Unis, ayant accueilli l'ancien président américain Bill Clinton à l'aéroport de Pyongyang en juillet 2009. Toujours en septembre 2010, Ri Yong-ho, qui a été l'adjoint de Kim Kye-gwan aux pourparlers à six, avait été nommé vice-ministre des Affaires étrangères.

 

Kim Kye-gwan pourrait arriver aux Etats-Unis dès la fin de la semaine.

 

S'ils aboutissent, ces échanges pourraient conduitre à une reprise des pourparlers à six, interrompus depuis le printemps 2009. Si la RPDC, la Chine et la Russie ont souhaité une reprise des discussions multilatérales, les Etats-Unis et la Corée du Sud ont déclaré attendre des gestes concrets de Pyongyang avant de revenir à la table des pourparlers à six.

 

Source principale : Le Figaro.

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 23:46

Fin juin 2011, Swissinfo a interrogé Katharina Zellweger, représentante de la Coopération suisse en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), que les délégations de l'AAFC ont aussi eu l'occasion de rencontrer lors de leurs visites en Corée. Katharina Zellweger a fait état de ses inquiétudes sur la précarité de la situation alimentaire et elle a également détaillé les projets de coopération conduits par la Suisse en Corée du Nord. Ceux-ci peuvent constituer un modèle pour que l'aide publique au développement de la France en RPDC s'élève au niveau de la Suisse, alors que l'ouverture prochaine d'un bureau français de coopération à Pyongyang représente un premier pas vers la normalisation des relations diplomatiques, qui mérite d'être salué mais relativisé : la présence d'officiels français (hors ONG) en RPD de Corée ne passerait que de une à deux personnes, et la France reste encore l'un des deux derniers pays de l'Union européenne - avec l'Estonie - à ne pas avoir établi de relations diplomatiques complètes avec la RPD de Corée.

 

Campagne_Coree_du_Nord.jpg"On voit de plus en plus de gens qui cherchent des racines, des herbes et d’autres plantes comestibles pour se nourrir. Ou alors, ils abattent des arbres pour planter du maïs ou des pommes de terre sur le terrain ainsi gagné", tel est le constat dressé par Katharina Zellweger sur la précarité de la situation alimentaire en Corée du Nord, où elle vit depuis 2006, lors d'entretiens conduits le 27 juin 2011 aux Nations Unies à New York. Les conséquences de la pénurie sont plus fortes dans les villes (sauf à Pyongyang), faute de lopins individuels.

 

Katharina Zellweger explique que plusieurs facteurs se combinent : les conséquences du froid sur les récoltes des céréales de printemps et de pommes de terre, ainsi que la diminution de l'aide alimentaire internationale, une responsabilité particulière incombant au gouvernement sud-coréen du président conservateur Lee Myung-bak, qui a également choisi d'interrompre les livraisons d'engrais en mettant des critères politiques à la fourniture de l'aide intercoréenne. Cette position est critiquée par Katharina Zellweger qui observe qu' "un enfant affamé ne connaît pas de politique".

 

Pour remédier à des difficultés structurelles - les terres arables ne représentent qu'un sixième du territoire de la RPD de Corée, dont la production agricole reste aussi dépendante des aléas climatiques - le bureau de la Direction du développement et de la coopération de la Confédération helvétique mène sur place un ensemble d'actions de coopération.

 

Le gouvernement suisse a mis l'accent sur des programmes éducatifs renforçant les échanges de la RPD de Corée avec le reste du monde. Fin juin, des Nord-Coréens étaient formés au fonctionnement des institutions européennes et internationales. Comme le précise Swissinfo, "leur programme comprend des visites à Strasbourg et à Bruxelles, ainsi qu’à Genève auprès de l’ONU et du Comité international de la Croix-Rouge". Par ailleurs, la Suisse a ouvert à Pyongyang une école de commerce qui "offre une sorte de mini-MBA", comme l'explique Katharina Zellweger. L'enseignement comporte un cours de gestion d’entreprise, le travail individuel et collectif des étudiants étant sanctionné par l'obtention d'un certificat.

 

L'essentiel des actions de coopération suisses porte toutefois sur des projets agricoles, ainsi décrits par Swissinfo : "au centre des projets agricoles suisses, il y a la lutte antiparasitaire biologique, surtout dans la culture du maïs et du chou. En outre, la Suisse mène des projets afin de stabiliser les terres arables des coteaux, où les pentes ont été entièrement déforestées, ce qui a provoqué une érosion des sols.

 

Grâce à ces projets, les habitants apprennent à stabiliser les coteaux et à gagner des terres arables. Les projets s’opèrent en collaboration avec des groupes d’utilisateurs (user groups). Il est important que la population locale participe, car ces personnes ne doivent pas seulement consommer eux-mêmes les aliments ainsi cultivés, mais aussi en vendre sur les marchés ou encore les troquer contre d’autres biens."

 

La Suisse a aussi livré des bovins à la RPD de Corée.

 

Enfin, les difficultés agricoles ne doivent pas occulter les signes visibles de changement, ainsi soulignés par Katharina Zellweger : "Aujourd’hui, on voit plus de voitures et les gens portent de plus en plus des vêtements colorés." Les marchés généraux de biens et de services se développent et les téléphones mobiles sont de plus en plus nombreux, alors qu'une classe moyenne dispose désormais de capacités d'épargne. Ces évolutions, peu perceptibles par le visiteur occasionnel ou l'expatrié qui reste moins d'un an, sont le fait des seuls Nord-Coréens et ne peuvent être imposées de l'extérieur. Comme l'observe Katharina Zellweger, "le changement se produira tôt ou tard. Dans tous les cas, il devra venir de l’intérieur".

 

Sources : AAFC, Swissinfo (article publié le 30 juin 2011). Photo Reuters.

 

Pour en savoir plus sur la coopération entre la Suisse et la RPDC : site de la Direction du développement et de la coopération du Département fédéral des Affaires étrangères de la Confédération helvétique

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 20:50

MossadEn 1992, des diplomates israéliens se sont rendus en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pour envisager l'établissement des relations diplomatiques. Si les échanges ont échoué à atteindre cet objectif - en raison d'une manoeuvre du Mossad - ils témoignaient de l'inquiétude d'Israël face à la coopération militaire entre Pyongyang et deux de ses ennemis : la Syrie et l'Iran. L'Etat hébreu avait également envisagé un développement des relations économiques avec la RPD de Corée.

 

Selon des témoignages israéliens postérieurs aux faits de plusieurs années, mais concordants, Israël aurait discuté avec la République populaire démocratique de Corée de l'établissement de relations diplomatiques entre les deux pays au début des années 1990. Les récits des contacts avec la RPD de Corée ont notamment été relatés par deux journaux israéliens, Maariv et Ha'aretz, dans des articles publiés eitan bentzurrespectivement en 1995 et 2006. Pour les diplomates israéliens, l'objectif poursuivi était de remettre en cause les coopérations militaires entre les Nord-Coréens, d'une part, les Iraniens et les Syriens, d'autre part. Il était également envisagé un développement des échanges économiques : le diplomate Eitan Bentzur, ancien directeur général du ministère des Affaires étrangères israélien qui conduisait alors les discussions avec ses homologues nord-coréens, avait fait part de possibles investissements d'hommes d'affaires dans les secteurs de l'énergie et des mines d'or. Par ailleurs, Israël aurait pu aider la RPD de Corée à obtenir un prêt d'un montant de 1 milliard de dollars. Les hommes d'affaires cités par Eitan Bentzur sont l'Américain Leslie Bond, Shaul Eisenberg et Nimrod Novick, un ancien collaborateur de Shimon Peres.

 

Eitan Bentzur s'est rendu à Pyongyang en 1992. Des contacts informels entre Israël et la RPD de Corée se seraient ensuite poursuivis à Pékin et à Paris. Mais les échanges devaient bientôt cesser, comme l'a reconnu dans ses mémoires publiées en 2006 (sous le titre Homme de l'ombre) l'ancien directeur du Mossad Ephraim Halevy : alertés, les services de renseignement israéliens firent courir le bruit que les Etats-Unis s'opposeraient à l'établissement de relations diplomatiques entre Israël et la République populaire démocratique de Corée, ce qui était faux. Le premier accord sur le nucléaire nord-coréen, l'Accord-cadre de 1994, montrait au contraire que l'administration Clinton était elle-même engagée dans des discussions avec Pyongyang. L'entreprise de désinformation du Mossad réussit auprès du Premier ministre israélien Yithzak Rabin, qui ordonna de cesser les échanges informels.

 

Pour assurer le succès de leur opération, les services du Mossad n'avaient pas hésité à se rendre eux aussi à Pyongyang où, ironie du sort, ils prirent le même avion que leurs compatriotes du ministère des Affaires étrangères pour revenir en Israël.

 

Alors que la RPD de Corée et Israël n'ont toujours pas établi de relations diplomatiques, Eitan Bentzur devait déplorer des années plus tard un manque de hauteur de vues, défavorable aux intérêts d'Israël et du monde occidental. 

 

Source principale : Aidan Foster-Carter, "Israel and North Korea : Missing the real story", Asia Times Online, 22 avril 2011.

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 17:07

Le 26 avril 2011, quatre anciens chefs d'Etat et de gouvernement - Jimmy Carter, Martti Ahtisaari, Mary Robinson et Gro Brundtland - sont attendus à Pyongyang, à l'invitation des autorités de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), pour un séjour qui devrait durer trois jours, destiné notamment à relancer les pourparlers à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon) sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Par ailleurs, la délégation conduite par Jimmy Carter souligne l'urgence d'une aide aux populations nord-coréennes pour éviter une nouvelle pénurie alimentaire dans cette partie du monde. L'AAFC soutient pleinement cette initiative, alors que la confiance mutuelle et la sécurité collective en Asie du Nord-Est constituent des enjeux capitaux pour la paix mondiale.

 jimmy_carter_mary_robinson_gro_brundtland_martti_ahtissari_.jpg

Alors que le canaux de la diplomatie officielle échouent depuis deux ans à relancer les pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, quatre anciens chefs d'Etat sont attendus à Pyongyang ce mardi 26 avril, à l'invitation du gouvernement nord-coréen : Mary Robinson, Jimmy Carter Gro Brundtland et Martti Ahtisaari, font partie d'un groupe d'anciens chefs d'Etat et de gouvernement appelé "les Anciens", constitué par Nelson Mandela. Ils entendent mettre tout leur poids politique dans la balance pour relancer le processus de négociations et la sécurité collective dans la péninsule coréenne et en Asie du Nord-Est.

 

 En visite en Chine le 25 avril où "les Anciens" ont rencontré Yang Jiechi, ministre chinois des Affaires étrangères, Jimmy Carter a déclaré : " A un moment où le dialogue officiel avec la République populaire démocratique de Corée apparaît bloqué, notre but est de voir comment nous pourrions réduire les tensions et aider les parties à traiter les questions-clés, dont la dénucléarisation" de la péninsule coréenne. Martti Ahtisaari a ajouté : "Il y a clairement un niveau élevé de méfiance et de suspicion entre le Nord et le Sud de la Corée. Mais les enjeux sont trop élevés pour laisser l'impasse se poursuivre".

 

 L'année 2010 a été marquée, fin novembre, par des affrontements intercoréens meurtriers en mer de l'Ouest. Avec le soutien de Pékin et de Moscou, Pyongyang a proposé de renouer les discussions à six, mais cette offre a été rejetée par Washington et Séoul qui posent des conditions préalables. Après leur séjour à Pyongyang, les quatre anciens chefs d'Etat se rendront en Corée du Sud.

 

 Un autre sujet d'inquiétude est l'insécurité alimentaire en Corée du Nord. Sur ce point, Gro Brundtland, qui a également été directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a déclaré : "Nous sommes très préoccupés par les sévères pénuries alimentaires rapportées par le gouvernement nord-coréen et les agences humanitaires. Nous voulons aussi discuter de la sécurité alimentaire à long terme et des questions de santé qui sont importantes pour le développement économique".

 

Les autorités nord-coréennes, qui font de la question alimentaire une priorité, ont lancé un appel à une aide internationale, relayé par plusieurs personnalités (dont le Sud-Coréen Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations-Unies) et auquel ont répondu plusieurs gouvernements, dont ceux de la France, de la Chine et de la Russie, mais pas des Etats-Unis ni de la Corée du Sud. Pour leur part, Washington et Séoul subordonnent en effet toute aide publique à une reprise des pourparlers sur le nucléaire, tandis que l'administration Obama a décidé récemment de renforcer les sanctions contre la RPDC en interdisant, notamment, tout échange économique entre les Etats-Unis et la Corée du Nord.

 

Président américain entre 1977 et 1981, Prix Nobel de la Paix en 2002, Jimmy Carter a une longue expérience dans les discussions avec la RPD de Corée. En 1994, ses discussions avec le président nord-coréen Kim Il-sung avaient conduit à l'accord conjoint, qui prévoyait alors la fourniture de centrales nucléaires à eau légère en contrepartie du renoncement de Pyongyang à l'arme nucléaire. En août 2010, Jimmy Carter s'était rendu à Pyongyang où il avait obtenu du dirigeant Kim Jong-il la libération gracieuse d'Aijalon Mahli Gomes, activiste chrétien américain qui était entré illégalement en Corée du Nord.

 

Diplomate de formation, Martti Ahtisaari a été président de la République finlandaise de 1994 à 2000. Fondateur de l'ONG Crisis Management Initiative, qui vise à développer la paix dans les régions troublées, il a reçu le prix Nobel de la paix en 2008.

 

Avocate, militante des droits de l'homme, Mary Robinson a été présidente de la République d'Irlande de 2000 à 2007, avant de devenir Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme de 1997 à 2002. Déjà sensibilisée aux questions de la division et de la paix en Corée, elle avait participé au Festival de la paix en 2005, organisée le 27 juillet 2005 (date anniversaire de l'armistice) à Imjingak, dans la zone démilitarisée (DMZ) entre les deux Corée.

 

Médecin de formation, trois fois chef de gouvernement en Norvège (1981, 1986-1989 et 1990-1996), Gro Harlem Brundtland a ensuite été directrice générale de l'OMS de 1998 à 2003. Elle avait alors visité la Corée du Nord en 2001. 

 

L'AAFC approuve pleinement l'esprit et la démarche de la visite des quatre anciens chefs d'Etat, ayant lancé une pétition en faveur d'un traité de paix dans la péninsule coréenne, et en appelant chacune et chacun à répondre sans tarder à son appel à la solidarité avec les populations coréennes, pour éviter maintenant que ne se reproduise le drame humanitaire des années 1990.

 

Sources principales : AAFC, CNN (dont photo).

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 23:18

Le lundi 20 décembre 2010, la République de Corée (du Sud) a procédé à de nouveaux exercices de tirs, à munitions réelles, au large de l'île de Yeonpyeong, en mer de l'Ouest (mer Jaune), déjà théâtre de graves affrontements entre les deux Corée le 23 novembre dernier lors de précédents exercices sud-coréens. Le bilan des échanges de tirs intercoréens s'était alors établi à quatre morts côté Sud après une riposte de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), laquelle a affirmé que ses eaux territoriales avaient été atteintes. Face aux risques d'escalade pouvant conduire à une nouvelle guerre de Corée, le Conseil de sécurité des Nations Unies s'est réuni d'urgence le 19 décembre, à la demande de la Russie, sans parvenir toutefois à ce jour à une position commune. Cependant, dans un contexte où la dangereuse initiative du Sud a été qualifiée de "provocation" par Pyongyang, la RPDC a fait preuve de retenue, désamorçant ainsi une situation devenue explosive ayant mené les deux pays au bord de la guerre. Pour l'AAFC, construire la paix est plus que jamais la priorité dans la péninsule coréenne. Tel est le sens de l'appel à signer et faire signer la pétition pour un traité de paix dans la péninsule coréenne, ouvrant notamment la voie à un règlement pacifique, négocié, de la question de la délimitation des eaux territoriales.

 

Officiellement, il s'agissait simplement pour la Corée du Sud de reprendre les exercices militaires interrompus le 23 novembre au large de l'île de Yeonpyeong, lorsque la RPD de Corée avait déclaré réagir à une violation de ses eaux territoriales : la riposte nord-coréenne avait causé quatre morts côté sud-coréen (dont deux civils), en l'absence de bilan côté nord-coréen.

 

Ainsi, selon l'armée sud-coréenne, "l’exercice de tirs d’artillerie s’est presque achevé vers 15h30 et nous avons effectué des tirs au canon mitrailleur Vulcun jusqu’à 16h04". Les obus sont tombés dans un périmètre d’une largeur de 40 km et d’une longueur de 20 km, au sud-ouest de l’île de Yeonpyeong - une orientation de nature à éviter les eaux nord-coréennes, dans une zone maritime contestée entre les deux Corée, théâtre de précédents affrontements intercoréens meurtriers à quatre reprises depuis 1999. Toujours selon Séoul, les exercices du 20 décembre ont été de moindre ampleur que ceux du 23 novembre.

 

Yeonpyeong_20122010.jpg

(source : Yonhap)

 

Mais était-il vraiment nécessaire de conduire coûte que coûte des exercices militaires dans une zone contestée, moins d'un mois après de graves affrontements entre les deux Corée au même endroit ? La priorité n'est-elle pas, enfin, de construire une paix durable en Asie du Nord-Est, en prévenant tout risque d'escalade guerrière ?

 

Le 18 décembre 2010, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée avait mis en garde les Etats-Unis contre les graves conséquences d'une situation devenue explosive. En effet, les Etats-Unis commandent les troupes sud-coréennes en temps de guerre, et leurs soldats participent aux exercices militaires à répétitions, d'une ampleur dans précédent depuis l'armistice de 1953, qui se tiennent dans la péninsule coréenne depuis six mois. "Même pendant les exercices militaires provocateurs récemment organisés, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, la RPDC a fait preuve du maximum de retenue tant que [les balles et les obus américains et sud-coréens] ne tombaient pas directement dans les eaux territoriales de la RPDC, motivée par le désir d'empêcher la situation de se détériorer dans la péninsule coréenne et de protéger la paix et la stabilité." Le ministère des Affaires étrangères a néanmoins estimé le 18 décembre que les exercices militaires sud-coréens à venir "franchissent au moins la ligne rouge à partir de laquelle il devient impossible d'empêcher la situation de devenir explosive dans la péninsule coréenne et d'échapper au désastre qui s'ensuivra." Et de poursuivre : "Les forces armées révolutionnaire de la RPDC ont déjà affirmé solennellement qu'elles infligeraient un punition décisive et implacable aux provocateurs qui violent la souveraineté et l'intégrité territoriale de la RPDC."

 

Face au risque réel d'escalade dans la péninsule coréenne, le Conseil de sécurité des Nations Unies a été réuni d'urgence, à la demande de la Russie, le 19 décembre, à la veille des nouveaux exercices militaires sud-coréens dans la zone litigieuse de Yeonpyeong. La Chine a rejoint ces préoccupations, en appelant toutes les parties concernées à faire preuve de retenue : "Aucune partie n'a le droit d'inciter à ou de déclencher une guerre dans la péninsule coréenne", a déclaré le jour des exercices sud-coréens M. Cui Tiankai, vice-ministre chinois des Affaires étrangères, ajoutant que "personne n'a le droit de provoquer un carnage de la population dans la péninsule." Mais trois des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies - les Etats-Unis et leurs alliés anglais et français - ont refusé la proposition russe d'appeler les deux Corée à la retenue, suivant une formulation qui aurait donc également visé Séoul.

 

Entre les deux Corée, la retenue est finalement venue de Pyongyang. Dans un communiqué en date du 20 décembre cité par l'agence officielle nord-coréenne KCNA, le commandement suprême de l'Armée populaire de Corée (du Nord) a estimé que cela "ne vaut pas la peine de réagir" aux "provocations militaires" de la Corée du Sud.

 

200px-Bill_Richardson_at_an_event_in_Kensington-_New_Hampsh.jpgAu même moment, Bill Richardson, gouverneur du Nouveau-Mexique en visite privée à Pyongyang à l'invitation de la RPDC, a déclaré avoir trouvé les termes d'un accord pour sortir de l'impasse les négociations sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Dans une communication à laquelle ni la RPDC, ni la présidence américaine n'avaient encore réagi officiellement, l'ancien ambassadeur américain aux Nations Unies a évoqué le retour sur le site nucléaire nord-coréenn de Yongbyon des inspecteurs de l'Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), la sortie de RPDC des barres de combustibles nucléaires destinés à l’enrichissement d’uranium, l’établissement d’une ligne de communication militaire en cas d’urgence ainsi que d’une commission militaire intercoréenne à laquelle participeraient les Etats-Unis. Ces lignes esquissent les contours d'une politique de paix dans la péninsule coréenne.

 

 

 

 

 

 

Sources :

- KCNA, "FM Spokesman Warns US of Serious Consequences of Worst Situation", 18 décembre 2010

- Xinhua, "La Chine appelle à la retenue les parties concernées afin d'éviter une escalade de la tension dans la péninsule coréenne", 20 décembre 2010

- Xinhua, "ONU : aucun accord sur la crise coréenne", 20 décembre 2010

- Xinhua, "L'exercice d'artillerie de la Corée du Sud ne mérite pas de réponse, selon la RPDC", 20 décembre 2010

- Yonhap, "Les manoeuvres militaires se sont achevées et les militaires toujours en état d'alerte", 20 décembre 2010

 - Yonhap, "Pyongyang autorise le retour de l'équipe d'inspection nucléaire de l'ONU à Yongbyon", 20 décembre 2010

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 21:36

Ayant commencé le 28 novembre dernier en mer de l'Ouest (mer Jaune), les manoeuvres navales américano - sud-coréennes ont pris fin le 1er décembre. Une semaine plus tôt, des affrontements entre les deux Corée avaient conduit à quatre morts sud-coréens, en l'absence de bilan côté nord-coréen. Alors que l'AAFC réitère les appels à la paix dans cette partie du monde, l'incertitude demeure quant à une éventuelle reprise des négociations multilatérales pour éviter l'escalade de la tension et prévenir tout risque d'une nouvelle guerre de Corée.

 

yang_jiechi.jpg

 

"Les parties concernées doivent rester calmes et faire preuve de mesure, et travailler afin de ramener la situation sur la voie du dialogue et de la négociation" : lors d'un forum qui s'est tenu à Pékin le 1er décembre 2010, M. Yang Jiechi, ministre chinois des Affaires étrangères, a maintenu inchangé la position de la Chine en faveur d'une solution négociée dans la péninsule coréenne, huit jours après de graves affrontements intercoréens. Pékin avait alors immédiatement appelé à une reprise des pourparlers à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon) sur la dénucléarisation de la Corée, une proposition rejetée - du moins dans l'immédiat - par Washington et Séoul, comme l'ont déclaré la secrétaire d'Etat américaine Mme Hillary Clinton et son homologue sud-coréen M. Kim Sung-hwan lors d'une rencontre en marge d'un sommet de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) au Kazakhstan.

 

Le département d'Etat américain a annoncé qu'une nouvelle rencontre est prévue avec le ministre des Affaires étrangères japonais, M. Seiji Maehara, le 6 décembre à Washington. L'attitude de Tokyo jusqu'à présent apparaît  toutefois de laisser à Washington et Séoul l'initiative d'une reprise, ou non, du dialogue multilatéral.

 

Toujours lors du forum de Pékin du 1er décembre, M. Yang Jiechi a ajouté : "la Chine base ses positions sur les valeurs de chacun et ne cherche à protéger aucune des parties", en écho aux positions américaine et sud-coréenne qui demandaient à Pékin une condamnation de Pyongyang, pour les affrontements intercoréens du 23 novembre dont chaque partie se renvoie la responsabilité.

 

Alors que les exercices militaires conjoints américano - sud-coréens ont pris fin le même jour en mer de l'Ouest, le chef de la diplomatie chinoise a ajouté : "Montrer sa puissance et être belliqueux n'est pas une solution aux problèmes et n'est pas dans l'intérêt des parties concernées", en réafirmant l'attachement de la Chine à la paix et à la stabilité en Asie du Nord-Est.



La veille, le Rodong Sinmun, journal du Parti du travail de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) avait déclaré que la RPD de Corée développe un programme nucléaire à des fins pacifiques, en précisant que des milliers de centrifugeuses fonctionnent dans son usine d'enrichissement d'uranium. Les Américains ont condamné ce programme, qu'ils considèrent pouvoir être conduit à des fins militaires. 

 

Les Américains ont recherché en vain, au Conseil de sécurité des Nations Unies, une condamnation par la Chine de ce qu'ils considèrent comme une "provocation" nord-coréenne le 23 novembre dernier. A ce stade, une absence de déclaration semble préférable, pour Washington, à un texte de consensus qui prendrait en compte les positions de chacune des deux Corée, comme cela avait été le cas pour le naufrage de la corvette sud-coréenne Cheonan. La déclaration du Conseil de sécurité, qui appelait au dialogue, avait été interprétée par de nombreux observateurs comme un échec pour la diplomatie sud-coréenne.

 

Par ailleurs, le 1er décembre 2010, Wu Bangguo, président du comité exécutif du Congrès national du peuple chinois, a rencontré à Pékin Choe Tae-bok, président de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée. Lors de leur troisième rencontre cette année, les deux chefs d'Etat ont appelé à "cimenter les liens législatifs" entre leurs deux pays. Le communiqué de l'agence officielle Xinhua n'a pas mentionné les récentes tensions.

 

Sources :

- AAFC ;

- Bloomberg, "China's refusal to condemn N. Korea stalls UN talks", sur le site de Businessweek, 1er décembre 2010 ;

- Xinhua, "La Chine veut empêcher une escalade des tensions dans la péninsule coréenne", 1er décembre 2010 (dont photo) ;

- Xinhua, "La RPDC affirme développer la capacité nucléaire à des fins pacifiques", 30 novembre 2010.

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 00:25

A l'issue du sommet du G20 qui s'est tenu à Séoul les 11 et 12 novembre 2010, le président sud-coréen Lee Myung-bak s'est entretenu avec son homologue français Nicolas Sarkozy. Avant même cette rencontre, le chef d'Etat français avait annoncé lors d'une conférence de presse un accord sur la restitution des archives royales coréennes, sous la forme d'un prêt pour cinq années, renouvelable ensuite tous les cinq ans. En revanche, les discussions sur l'accord de libre échange entre les Etats-Unis et la Corée du Sud n'ont pas progressé, à l'issue d'un sommet où les chefs d'Etat et de gouvernement n'ont convenu que d'un plan d'action renvoyant à plus tard des mesures concrètes sur les taux de change et les balances des paiements courants.

 

nicolas_sarkozy_lee_myung_bak.jpg

 

Est-ce l'épilogue pour le seul irritant des relations bilatérales entre la France et la République de Corée (du Sud) ? Peu avant sa rencontre avec son homologue sud-coréen Lee Myung-bak (photo ci-dessus : Yonhap) à l'issue du sommet du G20 à Séoul, le président Nicolas Sarkozy a annoncé, lors d'une conférence de presse, que les archives royales coréennes Uigwe aujourd'hui déposées à la Bibliothèque nationale de France feraient l'objet d'un prêt pour cinq ans, qui serait ensuite renouvelé tous les cinq ans. Un accord bilatéral aurait été trouvé sur cette base, alors que le ministère des Affaires étrangères et européennes n'avait formulé, le 20 mai dernier, qu'une réponse d'attente à une question écrite à ce sujet du sénateur Michel Guerry.

 

Favorable à la restitution des archives royales pillées par la France en 1866, l'Association d'amitié franco-coréenne salue la solution d'un prêt à long terme, même si elle observe qu'elle laisse en suspens la question de la propriété des archives coréennes, qui resteraient formellement partie intégrante des collections françaises.

 

Toujours en ce qui concerne le patrimoine coréen, lors d'une discussion téléphonique dans la nuit du 8 au 9 novembre, les ministres des Affaires étrangères japonais et sud-coréen ont convenu de la restitution par Tokyo de 1.205 archives royales coréennes, dont la liste reste toutefois à établir avant la conclusion d'un accord qui sera soumis à la ratification des deux Parlements. Si 1.400 biens culturels coréens avaient été restitués lors de l'accord nippo - sud-coréen de 1965 ayant normalisé les relations diplomatiques entre Séoul et Tokyo, l'administration sud-coréenne en charge de l'héritage culturel estime que plus de 300.000 biens coréens doivent encore être rendus.

 

La rencontre bilatérale entre les chefs d'Etat français et sud-coréen a aussi permis de faire le point sur les résultats du sommet, alors que la France prendra l'an prochain la présidence du G20, dont le prochain sommet est prévu à Cannes en novembre 2011. Les chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Séoul ont reporté à la fin du premier semestre 2011 l'élaboration de grandes lignes sur les taux de change et les balances des paiements courants.

 

Toujours en marge du sommet du G20, une rencontre a eu lieu entre le président Lee Myung-bak et son homologue américain Barack Obama, sans parvenir à un accord sur les points restant en litige dans l'accord de libre échange entre les Etats-Unis et la Corée du Sud. Signé en 2007, l'accord n'a toujours pas été ratifié par les deux Parlements. Les Etats-Unis entendent limiter les réductions de taxes douanières sur les pièces détachées importées, utilisées sur des voitures destinées à l'exportation. Par ailleurs, ils souhaitent lever l'interdiction de n'exporter vers la Corée du Sud que de la viande de boeufs âgés de moins de trente mois.

 

Sources :

- AAFC ;

- KBS, "La France d’accord pour prêter à long terme les archives royales coréennes de la BNF", 12 novembre 2010 (dont photo) ;

- KBS, "Le G20 reporte à 2011 l’élaboration des grandes lignes sur les taux de change et les équilibres commerciaux", 12 novembre 2010 ;

- KBS, "Libre échange : vers de nouvelles négociations entre Séoul et Washington", 12 novembre 2010 ;

- KBS, "Le Japon rendra plus de 1.200 textes anciens à la Corée du Sud", 9 novembre 2010 ; 9 novembre 2010 ;

- KBS, "Rencontre entre les responsables du commerce sud-coréen et américain au sujet de l'ALE", 8 novembre 2010. 

 

 

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 22:00

Il y a plusieurs lectures possibles du sommet du G20 qui se tient à Séoul les 11 et 12 novembre prochains : la fierté - légitime - pour la République de Corée (du Sud) d'accueillir un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des dix-neuf économies les plus puissantes de la planète, auxquels s'ajoutent les représentants de l'Union européenne, la Corée du Sud comptant aujourd'hui parmi les économies industrialisées les plus fortes au monde, alors que son niveau de vie par habitant était équivalent à celui du Cameroun en 1970, devenant aussi le premier pays non membre du G8 à accueillir un sommet du G20 ; les mesures de coordination attendues pour encourager une reprise économique forte et durable (le thème du sommet étant le rôle du G20 dans le monde d'après-crise), alors que les déséquilibres commerciaux et des balances des paiements courants ont nourri un débat sur la sous-évaluation du yuan chinois, même si les précédents sommets du G20 - depuis le premier qui s'est tenu au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement à Washington, le 15 novembre 2008 - invitent à relativiser l'efficacité attendue d'une hypothétique coordination des politiques économiques entre un nombre aussi important d'Etats ; les questions bilatérales traitées dans le cadre ou en marge du sommet, comme l'appel du président russe Dimitri Medvedev à résoudre par la discussion la question nucléaire dans la péninsule coréenne, faisant ainsi écho aux déclarations chinoises et nord-coréennes à reprendre les pourparlers à six. Pour sa part, l'AAFC a choisi de mettre en lumière un aspect moins médiatisé du sommet de Séoul : les mesures de sécurité déployées, dans la mesure où elles sont révélatrices du respect de la liberté de manifester dans une société démocratique.

 

NOV 7Rally SPARK STOP G20

Manifestation à Séoul le 7 novembre 2010 contre le sommet du G20

(source : Solidarity for Peace and Reunification of Korea)

 

Ils sont plusieurs dizaines de milliers de manifestants, attendus des quatre coins de la planète, qui protesteront contre les mesures économiques néo-libérales prises dans le cadre du sommet G20. Un résultat déconcertant pour l'hôte de l'événement, le président sud-coréen Lee Myung-bak, qui a exhorté les associations et les syndicats à ne pas manifester lors du sommet de Séoul - fort de cet argument que les politiques prônées par le G20 encourageraient, selon lui, la croissance économique et l'emploi, conformément aux intérêts des associations et des syndicats. Ces déclarations, faites lors d'une conférence de presse le 3 novembre dernier, révèlent une nostalgie de la société corporatiste de la Corée du Sud des généraux, où le seul syndicat autorisé - la Fédération coréenne des syndicats, toujours majoritaire en Corée du Sud - était la courroie de transmission des mots d'ordre gouvernementaux et des chefs d'entreprise, dans une société certes en pleine croissance économique, mais où se creusaient les inégalités.

 

En dépit de et malgré cet appel à ne pas manifester, il est pourtant peu probable que l'un des chefs d'Etat et de gouvernement invités croise les manifestants - ceux-ci ayant été confinés dans un lointain périmètre. En effet, pendant toute la durée du sommet, les manifestations seront interdites dans un rayon de 2 kilomètres autour du centre d'exposition, le Coex, situé au Sud de Séoul, où se rencontreront les chefs d'Etat et de gouvernement. Par ailleurs, comme l'a précisé la radio télévision publique sud-coréenne KBS, "trois cercles concentriques de protection seront installés autour de ce centre d’exposition. Ils seront constitués de barrières et de murs hauts de 2,2 mètres. L’accès du public à ce lieu de rassemblement sera interdit à partir du 10 novembre, et jusqu’à la fin du sommet."

 

La liberté de la presse est née d'une idée fondamentale : c'est dans la libre confrontation des idées et des opinions que naît la possibilité, pour chaque citoyen, de se forger ses propres convictions, et non dans l'interdiction de manifester certaines opinions. Il en va de même pour la liberté de manifester : c'est aux citoyens eux-mêmes de juger qui, des manifestants ou des chefs d'Etat et de gouvernement, formule des propositions les plus à même de résoudre les problèmes économiques et sociaux. Telle n'est malheureusement pas la voie empruntée par le gouvernement Lee Myung-bak. L'AAFC formulant cependant le voeu que les manifestations puissent malgré tout  s'effectuer dans un cadre respectueux de l'intégrité physique des participants, et que leurs arguments ne seront pas privés d'antenne, à défaut qu'ils se fassent voir et entendre des chefs d'Etat et de gouvernement.

 

Sources : AAFC, Le Monde, KBS

 

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 08:14

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) est non seulement le pays le plus sanctionné au monde, mais c'est aussi le pays soumis au plus vieil embargo au monde. Pourtant, certains gouvernements occidentaux ont décidé de sanctionner encore davantage la Corée du Nord - comme en témoigne l'annonce du Canada d'interdire tout échange avec la RPD de Corée. Présentées comme ne frappant que les dirigeants, les sanctions contre un pays font en réalité des populations les seules victimes du rapport de forces sur la scène internationale au profit des puissances occidentales.

 

lawrence_cannon.jpgLe 28 octobre 2010, M. Lawrence Cannon, ministre canadien des Affaires étrangères (conservateur) a annoncé de nouvelles sanctions "plus dures" contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), sous prétexte du naufrage du Cheonan - imputé par les Etats-Unis et la Corée du Sud à la Corée du Nord, malgré les résultats d'une enquête de la marine russe qui accable les conclusions de l'enquête officielle de Séoul et Washington, à l'élaboration de laquelle ont collaboré des experts canadiens. Suite à l'enquête officielle américano - sud-coréenne incriminant Pyongyang, Ottawa avait déjà décidé de restreindre encore les investissements et le commerce avec la Corée du Nord, et de suspendre les visites jugées de haut niveau. C'est le même argument du naufrage du Cheonan qui, des mois plus tard, a servi à M. Cannon pour justifier de nouvelles sanctions : l'interdiction de l'ensemble des importations et des exportations avec la Corée du Nord, à l'exception des échanges humanitaires.

 

Pourquoi un tel acharnement contre l'Etat déjà le plus sanctionné au monde, alors même que Pyongyang multiplie depuis août les gestes d'ouverture : appel à la reprise des pourparlers à six sur le nucléaire nord-coréen, proposition de nouvelles rencontres de familles coréennes séparées et d'une reprise du tourisme intercoréen dans les monts Kumgang, réouverture du dialogue militaire avec les Etats-Unis ? L'initiative de M. Cannon apparaît d'autant plus à contre-temps qu'elle intervient à la veille de retrouvailles entre familles séparées du Nord et du Sud, suite à une initiative prise par Pyongyang. Si George W. Bush n'est plus au pouvoir à Washington, les néo-conservateurs américains, partisans des mesures qui doivent conduire à l'effondrement de la Corée du Nord, continuent de faire des émules parmi leurs homologues canadiens.

 

En réalité, l'annonce de M. Lawrence Cannon satisfait de purs objectifs de politique intérieure. Il n'est pas anodin que la décision du gouvernement Harper soit prise dans l'un des Etats occidentaux abritant l'une des plus fortes communautés coréennes en dehors de la péninsule, permettant au passage de glaner quelques voix d'extrême-droite de Coréens canadiens anticommunistes.  Mais plus encore, le récent échec retentissant du Canada pour obtenir un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies conduit le gouvernement d'Ottawa à répéter à l'envi qu'il fonde ses positions sur des "questions de principe", qui évitent naturellement de porter atteinte aux intérêts des grandes entreprises canadiennes. Comme l'a observé le journaliste canadien Mike Blanchfield, "le ministre a avoué que le niveau d'interaction du Canada avec la Corée du Nord était déjà très bas, mais il a ajouté que les actions du Canada étaient importantes, car elles sont basées sur des questions de principes — un refrain souvent repris au sein du gouvernement Harper suite à son échec historique pour obtenir un siège temporaire au Conseil de sécurité des Nations unies plus tôt ce mois-ci". En d'autres termes, les Nord-Coréens sont les victimes collatérales du fiasco de la diplomatie canadienne.

 

Car de quels "principes" s'agit-il ? Selon M. Cannon, il s'agit de viser le gouvernement de la Corée du Nord, et non les populations. L'histoire des embargos et des sanctions contre les Etats prouve tout le contraire.

 

L'embargo depuis soixante ans contre la Corée du Nord interdit les importations de matériaux sensibles, y compris ceux ayant un usage dual (civil ou militaire). Les Nord-Coréens doivent ainsi importer à prix d'or, généralement de Chine, des biens tels que les tuyaux de canalisation. Ils doivent également acheter très cher des équipements contre les incendies, accaparant les ressources limitées de la RPDC, coupée des circuits financiers internationaux : les populations coréennes sont les premières victimes d'un embargo décidé unilatéralement par les Etats-Unis et leurs alliés il y a six décennies, dans le contexte d'une guerre qui n'a jamais pris fin, et ce malgré les appels réitérés, dans toute la péninsule coréenne, pour signer un traité de paix.

 

De nouvelles sanctions ont été décidées après les essais nucléaires nord-coréens. Elles ont limité drastiquement les échanges de matériels militaires, alors même que le secteur de la défense joue un rôle essentiel dans l'économie nord-coréenne, privant potentiellement d'emploi et de revenus des centaines de milliers de personnes. Au nom de quels principes les Etats-Unis, la France et Israël, puissances nucléaires au même titre que la RPD de Corée, seraient-ils plus habilités que cette dernière à acheter et vendre des armes ? L'objectif est double : non seulement priver la Corée du Nord de revenus qui irrigue l'ensemble de son économie, mais également entraver la modernisation de son armée. C'est la même règle du "deux poids, deux mesures" qui avait été imposée à l'Allemagne par le diktat de Versailles, avec pour seul effet de favoriser la montée en puissance du nazisme.

 

Toujours au nom de mesures prétendument ciblées contre les dirigeants nord-coréens, les produits de luxe sont interdits d'importation en RPD de Corée, produisant les mêmes effets constatés partout ailleurs en cas d'embargo : leur contournement par des intermédiaires s'enrichissant facilement en passant par des pays tiers,  seules les classes sociales les plus favorisées (celles-là mêmes dont il s'agissait de remettre en cause le mode de vie réel ou supposé...) ayant accès à ces produits. Dans le même temps, tout vin occidental - même de piètre qualité - étant généralement considéré comme un produit de luxe prohibé, des alcools frelatés circulent en Corée du Nord, ayant des effets désastreux sur la santé du plus grand nombre, mais non sans avoir généré un trafic très lucratif pour une poignée d'affairistes.

 

Certains pays sont allés encore plus loin, interdisant tout commerce avec la Corée du Nord, ce qui n'a évidemment plus rien à voir avec l'objectif de cibler le gouvernement nord-coréen, sauf à formuler l'hypothèse absurde que le commerce extérieur de la Corée du Nord (7 milliards de dollars par an) profiterait exclusivement aux dirigeants nord-coréens. Le Japon a utilisé une telle mesure pour priver de ressources précieuses des centaines de milliers de Nord-Coréens qui ont de la famille dans l'archipel nippon, au moment où les populations nord-coréennes restent soumises à l'insécurité alimentaire, en abaissant continument le montant des transferts autorisés. Si l'effet de ces embargos intégraux est relativement faible pour les gouvernements occidentaux prenant de telles décisions (ce sera le cas du Canada, comme l'a benoîtement reconnu M. Lawrence Cannon), il en va tout autrement pour les familles nord-coréennes qui, dans l'ensemble du pays, importent aujourd'hui de nombreux produits de consommation courante. 

 

Chacun se souvient des détournements du programme "pétrole contre nourriture", conséquence directe de l'embargo contre l'Irak qui a conduit à des milliers d'enfants et d'adultes à mourir de faim dans un des pays de la planète les plus richement doté en hydrocrabures. La décision de M. Lawrence Cannon relève non seulement d'un bas calcul politicien, elle fragilise consciemment les populations nord-coréennes - tout en encourageant ceux qui exploitent la misère humaine.

 

Sources : AAFC, Métro Montréal (dont photo).

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 07:59

PourparlersA l'issue de rencontres les 12 et 15 octobre 2010 entre Wu Dawei, représentant spécial de la Chine pour la péninsule coréenne, et Kim Kye-gwan, vice-ministre des Affaires étrangères, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et la République populaire de Chine ont publié un communiqué commun appelant l'ensemble des parties aux pouparlers à six à reprendre le dialogue pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Cette nouvelle initiative s'inscrit dans une démarche globale de Pyongyang en faveur du dialogue en Asie du Nord-Est et avec la Corée du Sud, alors que les Etats-Unis, la Corée du Sud, le Japon et l'Australie ont conduit, en début de semaine, des exercices militaires navals conjoints vivement condamnés par la RPD de Corée.

 

Le Parti du travail de Corée (PTC) vient de renouveler ses instances dirigeantes en consacrant une nouvelle génération de dirigeants, apparus notamment lors des manifestations pour le 65ème anniversaire du Parti du travail de Corée. Ces événements ont donné lieu à une couverture en images inédite, par les photographes et journalistes occidentaux, de l'équipe de direction du PTC, constituée autour du secrétaire général du Parti Kim Jong-il.

 

Cette ouverture aux médias étrangers s'inscrit dans une démarche globale de Pyongyang ayant multiplié, ces dernières semaines, les initiatives en faveur du dialogue en Asie du Nord-Est et avec la République de Corée (du Sud).

 

Après des rencontres les 12 et 15 octobre 2010 entre Wu Dawei, représentant spécial de la Chine pour la péninsule coréenne, et Kim Kye-gwan, nouveau vice-ministre des Affaires étrangères, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et la République populaire de Chine ont publié un communiqué commun appelant l'ensemble des parties aux pouparlers à six à reprendre le dialogue pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Les pourparlers sont actuellement interrompus, suite notamment à la condamnation, par Washington et ses alliés, du lancement d'un satellite de communication nord-coréen il y a un an et demi. L'offre sino-nord-coréenne de dialogue intervient après de nombreuses rencontres bilatérales entre les représentants des Etats membres aux pourparlers à six, dans un contexte d'intensification du dialogue entre la RPD de Corée et la RP de Chine, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il s'étant rendu à deux reprises en Chine ces derniers mois. Une délégation du PTC a aussi visité récemment la Chine, tandis qu'une délégation du PC chinois était au premier rang des manifestations ayant marqué le 65ème anniversaire du PTC.

 

Pyongyang a également multiplié les initiatives en faveur de la reprise du dialogue intercoréen, ayant proposé de nouvelles rencontres de familles séparées et une reprise du tourisme intercoréen dans les monts Kumgang, interrompu depuis juillet 2008.

 

Pour l'heure, les Etats-Unis et la Corée du Sud affirment ne pas avoir changé d'approche vis-à-vis de la Corée du Nord tout en multipliant les exercices militaires conjoints, mais leurs déclarations semblent manifester  des hésitations. L'acceptation par Washington et Séoul de s'asseoir à nouveau à la table des négociations serait ainsi subordonnée à des gestes en premier de Pyongyang dans le sens d'une dénucléarisation, alors que les pourparlers à six ont toujours progressé par des efforts conjoints et simultanés, étape par étape, des différentes parties, l'abandon par Pyongyang de ses armes nucléaires étant alors un des objectifs finaux du dialogue, et non sa condition préalable. Quant au dialogue intercoréen, le Sud a repris les livraisons de céréales au Nord, mais a attendu plus de cinq jours avant de répondre négativement à la proposition nord-coréenne de discuter de la reprise du tourisme intercoréen dans les monts Kumgang, en arguant que les discussions sur les nouvelles rencontres de familles séparées n'ont pas encore permis d'aboutir.

 

Sources : AAFC, Bloomberg

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