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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 00:08

Selon la diplomatie américaine, un consensus existerait entre les membres du Conseil de sécurité vis-à-vis de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) après l'essai nucléaire du 12 février 2013. En réalité, comme nous l'analysions déjà dans notre édition du 7 février 2013, les divergences sont réelles entre la Chine et les Etats-Unis : si Pékin désapprouve fermement la politique nucléaire de Pyongyang, des universitaires chinois cités par le China Daily pointent la responsabilité majeure des Etats-Unis dans la crise de la péninsule coréenne : la RPDC est considérée comme un Etat souverain, menant une politique indépendante et ayant ses propres exigences de sécurité qui l'ont conduite à développer un programme nucléaire militaire - alors que la Corée du Sud et le Japon bénéficient, quant à elles, du "parapluie" nucléaire américain. Par conséquent, la position unanime des chercheurs chinois interrogés est que les Etats-Unis doivent dialoguer avec la RPDC, en répondant à ses attentes sur des garanties sur sa sécurité. La conclusion de l'article est sans doute l'élément le plus intéressant pour comprendre aujourd'hui la position chinoise : la solution à une sortie de crise est le dialogue, mais les Etats-Unis n'ont-ils pas intérêt à maintenir un climat de tensions pour justifier le renforcement de leurs capacités militaires en Asie de l'Est, conduire des exercices militaires et donc - ce qui apparaît en filigrane de l'article - contrecarrer la puissance chinoise ? L'insistance sur la coopération américano - japonaise à propos de la RPDC, dans une période actuelle de tensions entre la Chine et le Japon notamment sur les îles Diaoyu, n'est pas anodine :  les intérêts de la Chine ne sont pas nécessairement ceux des Etats-Unis et de leurs alliés. Nous reproduisons ci-après, traduit de l'anglais, l'article de Zhou Wa paru le 18 février dans le China Daily et intitulé "Les Etats-Unis doivent agir pour apaiser les tensions dans la péninsule".  

 

Selon les observateurs, Washington doit assumer sa responsabilité pour résoudre la question de la péninsule coréenne et revoir sa politique.

 

 L'appel de ces observateurs intervient alors que Washington et Tokyo se rencontrent cette semaine pour discuter du dernier essai nucléaire de Pyongyang.

 

Les Etats-Unis sont les premiers à blâmer pour la montée des tensions dans la péninsule, il est temps pour Washington d'adapter sa politique vis-à-vis de la République populaire démocratique de Corée selon Wang Junsheng, chercheur spécialisé dans les études est-asiatiques à l'Académie chinoise des sciences sociales.

 

Selon Wang, la politique de Washington à l'égard de la RPDC n'a jamais été claire depuis la fin de la guerre froide, ce qui a nourri le sentiment d'insécurité de Pyongyang.

 

La RPDC a conduit un essai nucléaire le 12 février dernier - le troisième depuis 2006.

 

Toutefois, Wang ajoute que cet essai était inapproprié, et que compte tenu des incertitudes de la politique américaine Pyongyang devrait rester calme et respecter les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies plutôt qu'accroître les tensions.

 

Liu_Jiangyong_Tsinghua_University_Professor.jpgSelon Liu Jiangyong, professeur de relations internationales à l'Université Tsinghua (photo à gauche, source), les pourparlers à six sont le meilleur moyen de résoudre le problème et toutes les parties devraient faire un effort.  

 

La Chambre des représentants a adopté une résolution vendredi, appelant les Etats-Unis à travailler avec les autres pays pour imposer de nouvelles sanctions à la RPDC, exigeant de Pékin de faire pression sur Pyongyang pour cesser ses programmes nucléaires.  

 

Pékin a déclaré être "fermement opposée" et "profondément mécontente" de l'essai nucléaire de Pyongyang. Elle a appelé à des négociations pour résoudre cette question. 

 

Shi Yinhong, professeur de relations internationales à l'Université chinoise Renmin, a déclaré à l'agence de presse Xinhua que la RPDC avait décidé de procédé à un essai nucléaire sur la base de ses propres intérêts.  

 

Il a déclaré que la RPDC était un pays indépendant qui décide de ses propres affaires.

 

chen_qi_tsinghua_university.jpgSelon Chen Qi, professeur de relations internationales à l'Université Tsinghua (photo à droite, source), les Etats-Unis n'ont pas respecté les préoccupations de sécurité de la RPDC et c'est la raison pour laquelle la question nucléaire sur la péninsule coréenne n'a pas été résolue.  

 

D'après Chen, "au coeur de la question nucléaire se trouvent les préoccupations de sécurité de Pyongyang, ignorées depuis longtemps par Washington".

 

Les Etats-Unis ont déployé des armes nucléaires en République de Corée pendant la guerre froide. Ce n'est qu'en 1991 qu'ils les ont retirées.  

 

Malgré ce retrait, Washington a déclaré que Séoul est toujours sous le parapluie nucléaire américain, position réaffirmée par le Président américain Barack Obama après le dernier essai nucléaire nord-coréen.

 

Selon la Maison blanche, Obama rencontrera le Premier ministre Shinzo Abe vendredi, et l'essai nucléaire de Pyongyang figurera en bonne place dans les discussions.

 

Obama a qualifié l'essai de "provocation" et déclaré que lui et Abe étaient d'accord pour coopérer sur des mesures visant à empêcher le développement du programme nucléaire de la RPDC. Il a déclaré que les Etats-Unis restaient engagés dans la défense du Japon, y compris par des moyens nucléaires.

 

Cité par l'agence Xinhua, Ruan Zongze a observé que "la situation actuelle en Asie du Nord-Est est déséquilibrée, la Corée du Sud et le Japon étant protégés par le parapluie nucléaire américain".

 

Dans le même temps, les Républicains américains appellent l'administration Obama à adopter une position plus dure contre Pyongyang.

 

Selon Wang, les sanctions ont été le principal instrument politique des Américains. Mais les sanctions seules ne permettent pas de résoudre la question : elles ne font qu'accroître l'hostilité entre les Etats-Unis et la RPDC.

 

Chen de l'Université Tsinghua a déclaré que Washington ne souhaitait peut-être pas voir la question nucléaire de Pyongyang résolue, parce qu'elle apporte un prétexte aux Etats-Unis pour déployer des systèmes antimissiles et conduire des exercices militaires dans la région, conformément à sa volonté de rééquilibrage militaire en Asie de l'Est.

 

Source : China Daily (article traduit de l'anglais par l'AAFC)

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 09:45

Dans une dépêche en date du 12 février 2013, l'agence KCNA de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a annoncé que la RPDC avait procédé avec succès, plus tôt dans la matinée, à son troisième essai nucléaire souterrain. Cette mesure, qui s'inscrit dans le renforcement des capacités de dissuasion nucléaire et d'auto-défense nord-coréennes, intervient dans un contexte d'escalade des tensions en Asie du Nord-Est, suite notamment à l'adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 2087 ayant renforcé les sanctions contre la RPDC. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) réaffirme son engagement constant en faveur de la paix et du dialogue dans la péninsule coréenne.

 Localisation_essai_12fev2013.JPGSelon les sources nord-coréennes et occidentales, la RPDC a procédé à son troisième essai nucléaire, d'une puissance de 6 à 7 kilotonnes, dans la région de Kilchu à 11h58 heure locale (3h58, heure de Paris) le 12 février 2013. Cet essai intervient quelques heures avant le discours sur l'Etat de l'Union que devait prononcer le président Barack Obama après sa réelection, et qui a dénoncé une "grave menace" sur la "sécurité mondiale". Pour la RPDC, il coïncide surtout avec l'anniversaire de l'ancien dirigeant Kim Jong-il, le 16 février, célébré en RPDC comme la Fête de l'Etoile brillante.

Par rapport aux deux premiers essais de 2006 et 2009, l'agence nord-coréenne KCNA a précisé que ce troisième essai souterrain avait utilisé une bombe A miniaturisée (mais d'une puissance supérieure à l'essai de 2009), et qu'il intervenait en réaction aux mesures hostiles des Etats-Unis, à l'origine des nouvelles sanctions prises par le Conseil de sécurité des Nations Unies - qui doit tenir une réunion d'urgence le même jour. La Corée du Sud a été parmi les premiers pays à condamner l'essai nord-coréen, tandis que les Etats-Unis ont annoncé qu'ils coopèreraient avec Séoul sur ce dossier. La Russie a également exprimé sa condamnation.

Comme lors des deux précédents essais nucléaires nord-coréens en 2006 et en 2009, c'est le même scénario qui se rejoue : un lancement de fusée ou un tir de missile par la RPDC (le 12 décembre 2012, il y a très exactement un mois, la RPDC avait réussi la mise sur orbite du satellite Kwangmyonsong-3), suivie de sanctions accrues du Conseil de sécurité des Nations Unies puis, en réaction, d'un essai nucléaire par la RPDC. 

Pour enrayer un engrenage par trop prévisible, l'Association d'amitié franco-coréenne réaffirme son engagement en faveur du dialogue entre toutes les parties impliquées : notre conviction est que les discussions internationales, en vue d'une paix durable dans la péninsule coréenne, sont seules à même d'empêcher que la situation ne dégénère en un nouveau conflit meurtrier pour les populations coréennes, la guerre de 1950-1953 ayant causé trois millions de morts. Tel est le sens des initiatives prises par l'AAFC, qui relaie depuis plus de deux ans une pétition pour un traité de paix en Corée en lieu et place de l'accord d'armistice de 1953 ayant mis fin aux combats de la guerre de Corée, ainsi que plus récemment notre décision d'écrire à l'ambassadeur américain en France pour favoriser le dialogue direct entre Washington et Pyongyang.


Essais_nucleaires_1945-2013.JPG

En plus de ces essais confirmés, Israël ou l'Afrique du Sud, voire les deux conjointement, auraient effectué un essai le 22 septembre 1979 dans l'océan Indien.

 

Sources : KCNA, Le Figaro, Xinhua, Wikipedia

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 14:48

L'escalade dans la péninsule coréenne a encore monté d'un cran avec les propos tenus par le chef d'état-major des armées sud-coréennes, le général Jung Seung-jo, qui a évoqué une possible "attaque préventive" contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) condamne avec la plus grande fermeté ces déclarations qui ne font qu'attiser les risques de guerre. Soucieuse de tout mettre en oeuvre pour empêcher que la situation ne dégénère en un conflit ouvert, l'AAFC a pris l'initiative de s'adresser à l'ambassadeur américain en France pour sauver les chances du dialogue et permettre l'établissement d'une paix durable : alors que les pays occidentaux sont prompts à faire pression sur la Chine pour qu'elle dissuade la RPDC de procéder à un nouvel essai nucléaire, les Etats-Unis et leurs alliés devraient s'appliquer les mêmes règles de conduite vis-à-vis de la Corée du Sud, dont les autorités conservatrices misent sur la tolérance des puissances occidentales à leur égard pour s'engager dans une surenchère avec Pyongyang.

 

Pour qu'il y ait escalade, il faut qu'à l'action d'une partie réponde une action de l'autre partie. C'est aujourd'hui ce qui se passe dans la péninsule coréenne, où la Corée du Sud multiplie les initiatives et les déclarations de nature à attiser les tensions, en exploitant au maximum le biais des médias occidentaux à emboîter le pas de leurs gouvernements dans la mise en cause exclusive de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).

 

missile_sud-coreen.jpgLa Corée du Sud a tout d'abord déclaré qu'elle souhaitait accroître la portée de ses missiles balistiques, de façon à pouvoir atteindre non seulement tout point du territoire nord-coréen, mais aussi la Chine, la Russie et le Japon. Elle ne peut pas le faire aujourd'hui sans un accord de la puissance américaine, à laquelle son commandement reste subordonné en temps de guerre. 

 

Seule, ou presque, dans un paysage médiatique français qui ne veut pas voir la montée en puissance des faucons dans l'administration et l'armée sud-coréennes, l'AAFC avait alors pointé les risques d'escalade des tensions. De fait, la mise sur orbite réussie par la Corée du Nord du satellite Kwangmyonsong-3 quelques semaines plus tard, le 12 décembre 2012, signifiait également les progrès réalisés par la RPDC dans le domaine balistique. Quand la Corée du Sud veut pouvoir attaquer la Corée du Nord, cette dernière se dote de capacités au moins équivalentes pour dissuader tout risque d'attaque à son encontre.

 

Alors que les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies ont dénoncé une "provocation" nord-coréenne après le le lancement du 12 décembre et adopté une nouvelle résolution élargissant les sanctions contre la RPDC, ils sont resté silencieux quand, le mois suivant, la Corée du Sud est parvenue à son tour à mettre en orbite un satellite artificiel.

 

Dénonçant une règle du "deux poids, deux mesures", la Corée du Nord, consciente de ne pouvoir compter que sur ses propres forces, a alors annoncé qu'elle renforcerait ses capacités de dissuasion, y compris nucléaire.

 

Par la voix de son chef d'état-major interarmées, la Corée du Sud a ensuite déclaré qu'elle n'hésiterait pas à mener une "attaque préventive" contre la Corée du Nord, vraisemblablement sur ses sites d'armes nucléaires. Faisant coïncider les paroles et les actes, l’amiral Choi Yun-hee, commandant en chef de la marine sud-coréenne, a annoncé le 7 février 2013 que les navires sud-coréens seraient dotés de missiles d'attaque terrestre. Au-delà de l'habillage des termes - aucune attaque n'est préventive par nature, car une partie ne peut jamais affirmer objectivement qu'elle détient la preuve d'une attaque imminente contre elle - une comparaison permet de mieux comprendre laquelle des deux Corée adopte la posture la plus agressive. Quand la France procédait à des essais nucléaires pour se doter d'une force de dissuasion, si un pays étranger avait détruit les sites français en violant le territoire aérien français, qui aurait été l'agresseur ? La France ou le pays étranger, qui aurait bien sûr parler d'attaque "préventive" pour justifier ce qui n'aurait été qu'une agression contraire à toutes les règles du droit international ?

 

Aujourd'hui, la Corée du Nord entend procéder à un nouvel essai pour, selon sa doctrine nucléaire analogue à celle de la France, disposer d'une force de dissuasion. Quand la Corée du Sud parle d'attaquer la Corée du Nord, elle est pleinement consciente qu'elle attise les risques d'une nouvelle guerre dans la péninsule, soixante ans après un premier conflit ayant causé trois millions de morts et endeuillé toute la nation coréenne. Le chef d'état-major interarmées sud-coréen a ainsi déclaré clairement la nécessité selon lui d' "élimininer" l'arme nucléaire nord-coréenne et de "faire la guerre, plutôt que d'être attaqué". Mais pas plus que la France de de Gaulle ne concevait l'arme nucléaire à des fins d'agression - un seul pays a utilisé à ce jour la bombe nucléaire, les Etats-Unis ,contre le Japon en 1945 - la Corée du Nord n'entend déployer les armes nucléaires sur un champ de bataille à l'encontre de la Corée du Sud. La  prétendue menace nucléaire nord-coréenne sert de prétexte à l'armée sud-coréenne pour justifier (préventivement ?) une éventuelle attaque du territoire nord-coréen. 

 

Après ces déclarations, la Corée du Nord a évidemment réagi en déclarant qu'elle était prête à une mener une "guerre réelle" contre la Corée du Sud, dont elle a dénoncé les propos "bellicistes".

 

Enfin, pourquoi la Corée du Sud devrait-elle considérer qu'une Corée du Nord, dotée de l'arme nucléaire, serait davantage une menace pour sa sécurité qu'elle ne l'est aujourd'hui ? La RPDC a déjà procédé à deux essais nucléaires, en 2006 et en 2009, sans qu'aucun pays étranger ne bombarde pourtant les sites nucléaires nord-coréens, comme la Corée du Sud menace aujourd'hui de le faire, avec les graves risques d'escalade qu'emporterait une agression contre le territoire souverain d'un autre Etat.

 

En réalité, les faucons sud-coréens se sentent aujourd'hui enhardis par la faiblesse apparemment de l'administration Obama qui ne veut pas désavouer son allié sud-coréen, après des fortunes diverses lors de ses interventions sur les théâtres d'opérations extérieures, en Irak ou en Afghanistan. Le silence assourdissant des gouvernements et des médias occidentaux après la demande de la Corée du Sud d'accroître la portée de ses missiles balistiques, puis le tir de fusée auquel Séoul a décidé de procéder en pleine montée des tensions après le lancement du satellite nord-coréen Kwangmyongsong-3, ont convaincu les faucons sud-coréens qu'ils disposaient d'une marge de manoeuvre pour imposer leurs propres vues, ce qu'ils n'avaient pu faire ni en 2006, ni en 2009.

 

Il n'est pas non plus anodin que les déclarations quant à une "attaque préventive" viennent du chef d'état-major interarmées à Séoul, au moment où l'opinion sud-coréenne se focalise sur la nomination d'un nouveau Premier ministre à Séoul, l'ancien procureur Chung Hong-won, avant l'entrée en fonctions de la nouvelle présidente conservatrice Mme Park Geun-hye. L'administration sortante du Président Lee Myung-bak peut ainsi chercher à pousser au maximum son avantage actuel, alors que Mme Park a fait savoir qu'elle entendait mettre fin à la ligne intransigeante vis-à-vis du Nord suivie par le Président Lee. Mais dans la société sud-coréenne où les militaires ont occupé le pouvoir politique pendant des décennies, il est inquiétant que les positions nationales sur les questions de défense, vitales pour l'Etat, soient exprimées par l'état-major, et non par le pouvoir politique ; le système politique nord-coréen, certes très différent, garantit au moins la prééminence des civils - via le Parti du travail de Corée - sur les militaires.

 

L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) n'a toujours eu qu'une seule ligne : pour la paix en Corée et contre tout nouvel affrontement entre le Nord et le Sud. Tel est le sens de notre campagne de pétition pour la signature d'un traité de paix en Corée, en lieu et place de l'accord d'armistice de 1953, afin d'empêcher que les tensions récurrentes depuis soixante ans ne dégénèrent en un nouveau conflit armé. L'AAFC est pour la dénucléarisation de toute la péninsule coréenne. Réaliste, elle sait toutefois qu'un tel objectif ne peut être atteint par un désarmement unilatéral de la Corée du Nord. C'est la raison pour laquelle elle est favorable à toutes les initiatives tendant à renouer le dialogue entre l'ensemble des parties concernées, pour un règlement pacifique des différends encore en suspens. Un mécanisme de sécurité collective, sur le modèle de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), nous semble la réponse la plus adaptée à l'atteinte de ce but ultime : la paix et la prospérité dans cette partie du monde.

 

Pour y parvenir, l'AAFC ne peut que prendre acte de ses divergences avec la diplomatie française. Lors de la remise de ses lettres de créances au Président Lee Myung-bak, le nouvel ambassadeur français en Corée du Sud, Jérôme Pasquier (photo ci-dessous), a reitéré dans un entretien à l'agence sud-coréenne Yonhap la position française traditionnelle, selon laquelle "les autorités nord-coréennes doivent s’abstenir de toute nouvelle violation de la légalité internationale et notamment de tout nouvel essai nucléaire". L'attitude sud-coréenne tendant à une escalade des tensions n'a fait l'objet d'aucune observation de sa part, Jérôme Pasquier rejetant de fait l'actuelle dégradation de la situation entièrement sur la RPDC. Cette présentation des événements et leur interprétation nous apparaissent déséquilibrées.

 

jerome-pasquier_ambassadeur_de_France_en_Coree-du-Sud.jpg

 

Aujourd'hui, nous estimons, à l'AAFC, qu'un apaisement des tensions en Corée exige un dialogue direct entre Pyongyang et Washington. Tel est le sens d'un courrier que le président de l'AAFC, André Aubry, a pris l'initiative d'adresser à l'ambassadeur des Etats-Unis en France, où nous faisons part de notre attachement au dialogue et à la paix dans la péninsule coréenne en sollicitant un rendez-vous avec lui-même ou l'un de ses représentants. En effet, les autorités américaines ont une attitude plus pondérée que la Corée du Sud : Victoria Nuland, porte-parole du département d'Etat américain, a certes déclaré que Washington n'écartait aucune option, mais elle a indiqué que les Américains privilégiaient la voie du dialogue, dans une politique constante mêlant la carotte (des échanges accrus) et le bâton (de nouvelles sanctions). La recherche d'un consensus - notamment avec la Chine - exclut le principe d' "attaques préventives" évoquées, sinon souhaitées, par le haut commandement sud-coréen. Comme à l'époque de Kim Jong-il, il y a donc fort à parier que les Etats-Unis chercheront à freiner les ardeurs des éléments les plus bellicistes de leur coalition, en particulier dans l'administration sud-coréenne. Les Etats-Unis ont aussi fait observer au nouveau gouvernement japonais, ultra-nationaliste, que les activités nucléaires nord-coréennes n'avaient rien à voir avec la liste des Etats terroristes, où Tokyo voudrait à nouveau voir figurer Pyongyang. Mais les Américains se donneront-ils les moyens de leur politique, alors que la première présidence Obama n'a pas exercé de pressions suffisantes sur Séoul pour engager sérieusement l'administration Lee Myung-bak sur la voie du du dialogue intercoréen ? Au-delà de l'escalade actuelle, il faut envisager l'après-crise : seul un scénario crédible, conforme aux intérêts de toutes les parties en présence, permettra de sortir de l'impasse actuelle : la RPDC demande des garanties de sécurité, que seuls les Etats-Unis peuvent apporter. La préservation de la paix est à ce prix.

 

Principales sources : AAFC, RT.com (dont photo de missile sud-coréen) et Yonhap.

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 22:58

La question palestinienne est emblématique des différences d'approche diplomatique entre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), qui a toujours soutenu la Palestine, et la République de Corée (du Sud) qui, invoquant son alliance avec les Etats-Unis, évite de prendre position. De plus en plus de voix s'élèvent toutefois dans le Sud de la péninsule pour que Séoul reconnaisse la Palestine, comme la grande majorité des Etats membres de l'Organisation des Nations unies (ONU).

 

L'Autorité palestinienne dispose d'une représentation diplomatique permanente à Pyongyang. Dans le cadre de son soutien aux luttes d'indépendance des peuples du Tiers Monde, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a en effet toujours pris position en faveur des Palestiniens. Le 23 novembre 2012, le ministère des Affaires étrangères (MAE) de la RPD de Corée a ainsi condamné "l'attaque militaire à grande échelle" conduite par Israël sur la bande de Gaza, qui "a tué de nombreux civils innocents". Toujours selon le MAE nord-coréen, il s'agit d'un "acte criminel impardonnable" "violant la souveraineté nationale de la Palestine", et qui met en cause la paix et la sécurité au Proche-Orient. Pyongyang a appelé à la cessation de "l'agression israélienne" et souligné le droit légitime du peuple palestinien à fonder un Etat souverain.

 

Pour sa part, la Corée du Sud dirigée par le Président conservateur Lee Myung-bak a évité de prendre position sur Gaza. Selon un responsable gouvernemental sud-coréen, "le Hamas a été désigné comme une organisation terroriste par les Etats-Unis, et comme il ne participe pas à l'Autorité palestinienne, il est difficile pour notre gouvernement de prendre clairement position". En octobre 2009, la Corée du Sud s'était déjà abstenue lors du vote sur le rapport Goldstone, qui tenait Israël pour responsable des crimes de guerre commis lors de l'attaque de Gaza en décembre 2008. Le rapport avait été adopté par une majorité d'Etats.

 

 

Réactions internationales à la guerre de Gaza de 2008-2009

 

reactions_internationales_guerre-de-gaza_2008-2009.JPG

  •  
  •      Israel-Gaza
  •      Pays ayant soutenu la position israélienne ou soutenu le droit d'Israël à se défendre.
  •      Pays ayant condamné l'action du Hamas seulement.
  •      Pays ayant soutenu le droit du Hamas à résister.
  •      Pays ayant condamné l'action d'Israël seulement.
  •      Pays ayant appelé à la fin des hostilités et ayant condamné les deux ou aucun des belligérants.
  •      Pays n'ayant pas pris officiellement position.

La Corée du Sud s'était encore abstenue lors du vote d'adhésion de la Palestine à l'UNESCO. Evoquant les débats au Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU), le ministre des Affaires étrangères sud-coréen avait clairement affirmé que l'alliance américano - sud-coréenne déterminait la position de son pays, en ajoutant qu'au demeurant la Corée du Sud n'était pas membre du CSNU : "nous devons prendre en considération notre alliance avec les Etats-Unis, et comme nous ne votons pas nous ne prenons pas position".

 

Mais cette "politique de la chaise vide" ne pourra pas être éternellement reconduite, au moment notamment où l'accession de la République de Corée au statut de membre non permanent du CSNU doit l'amener à assumer ses responsabilités d'Etat national souverain, et à ne plus fonder sa politique étrangère au regard des seuls intérêts états-uniens.

 

Des responsables du ministère sud-coréen des Affaires étrangères ont reconnu qu'il y avait un débat sur une possible évolution de la position de Séoul, en tant que membre du CSNU. Alors que l'histoire de la Corée n'a été que trop marquée par une subordination aux grandes puissances, il serait logique que la République de Corée devienne un Etat pleinement souverain et indépendant sur l'ensemble des questions de politique internationale. L'issue du scrutin présidentiel du 19 décembre 2012 jouera à cet égard un rôle déterminant. Alors que la candidate conservatrice Park Geun-hye incarne la continuité de l'alliance resserrée avec les Etats-Unis du président sortant Lee Myung-bak, le candidat d'opposition Moon Jae-in a été un des collaborateurs de l'ancien président Roh Moo-hyun qui a montré qu'il ne prenait pas ses ordres à Washington, notamment - mais pas seulement - sur la question nord-coréenne.

 

Principales sources : AAFC, KCNA, Kyunghyang Shinmun. Carte Wikipédia.

 

 

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 23:19

assemblee_nations_unies.jpgLe 18 octobre 2012, la République de Corée (du Sud) a été élue membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies pour les années 2013 et 2014. Cette reconnaissance du rôle nouveau de la Corée du Sud sur la scène internationale - même si elle a déjà été membre du Conseil de sécurité des Nations Unies en 1996 et 1997 - doit être soulignée. Elle soulève toutefois des interrogations, au regard des déclarations du ministère des Affaires étrangères sud-coréen après cette élection.

 

La Corée du Sud l'a emporté facilement sur le Cambodge et le Bhoutan (par 149 voix contre 43 voix au Cambodge) pour être, sur le continent asiatique, le membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies élu pour les années 2013 et 2014. Membre des Nations Unies depuis 1991 - date à laquelle elle avait rejoint l'organisation internationale en même temps que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) - la République de Corée (du Sud) avait déjà été membre non permanent du Conseil de sécurité en 1996 et 1997. Le 18 octobre 2012, quatre autres membres non permanents ont été choisis pour la période 2013-2014 : l'Argentine, l'Australie, le Luxembourg et le Rwanda. Le Conseil de sécurité compte quinze membres, dont cinq permanents disposant d'un droit de veto (les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni et dix membres non permanents, dépourvus du droit de veto, renouvelés par moitié tous les deux ans.

 

Le ministère des Affaires étrangères sud-coréen a déclaré que "la Corée du Sud pourra prendre une part déterminante dans les efforts des Nations Unies pour la paix et la sécurité du monde", ce qui est effectivement le mandat des Nations Unies, mais tout en ajoutant que "occuper un siège à nouveau au Conseil de sécurité doit aussi contribuer à une gestion stable des situations dans la péninsule coréenne". Les mots sont pesés : il ne s'agit pas de promouvoir la paix dans la péninsule coréenne, ce qui serait d'ailleurs une bien curieuse façon d'utiliser le canal multilatéral pour des négociations qui ont déjà un double caractère bilatéral (entre Séoul et Pyongyang, de même qu'entre Pyongyang et Washington), alors que l'engagement des forces sous le drapeau des Nations Unies et sous commandement américain pendant la guerre de Corée (1950-1953) a décrédibilisé l'ONU comme acteur impartial sur la question coréenne. Mais il s'agit bien de fait face à des "situations", sous-entendu des cas de crise dans la péninsule coréenne, où la Corée du Sud a été l'une des parties impliquées, et ayant entraîné des saisines du Conseil de sécurité. Que le gouvernement conservateur sud-coréen affirme sans ambages qu'il souhaite être juge et partie sur les questions touchant à la péninsule coréenne serait non seulement contraire aux principes d'arbitrage et de médiation dans les relations internationales, mais constituerait aussi un dévoiement des principes fondateurs de la Charte des Nations Unies.

 

La déclaration sud-coréenne est d'autant plus malencontreuse qu'elle intervient dans un contexte tendu entre les deux Corée, et que les initiatives sud-coréennes jettent de l'huile sur le feu : la visite du Président conservateur Lee Myung-Bak sur l'île Yeonpeong, théâtre d'affrontements meurtriers entre les deux Corée il y a moins de deux ans, a soulevé de vives protestations de la Corée du Nord, qui a rappelé qu'elle ne reconnaît pas la ligne de démarcation maritime tracée unilatéralement par les Etats-Unis à la fin de la guerre de Corée.

 

Sources : Le Nouvel Observateur, Yonhap (notamment, dépêche du 19 octobre 2012 et photo).

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 23:29

Du 15 au 17 octobre 2012 une délégation du Parti démocrate italien (PDI), conduite par son secrétaire aux relations internationales Lapo Pistelli, a visité la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Alors que le PDI est issu de la majorité de l'ex-Parti communiste italien et de l'aile gauche des anciens démocrates-chrétiens, cette visite a resserré les liens entre l'une des deux principales formations politiques italiennes et le Parti du travail de Corée (PTC).

 

lapo-pistelli_coree-du-nord_north-korea.jpgArrivée à Pyongyang le 15 octobre 2012, la délégation du Parti démocrate italien (PDI), conduite par Lapo Pistelli, secrétaire aux relations internationales, a visité la ville de Pyongyang ainsi que la maison natale du Président Kim Il-sung à Mangyongdae (à gauche, visitant la Tour aux idées du Juche).

 

Le 16 octobre, la délégation italienne a été reçue par une délégation du Parti du travail de Corée conduite par Kim Yong-il, secrétaire du Comité central (CC) du PTC. Les deux parties ont présente les activités de leurs formations politiques respectives et discuté du développement des relations entre l'Italie et la République populaire démocratique de Corée.

 

Le même jour, un dîner a été offert en l'honneur de la délégation italienne, à l'hôtel Koryo, par le Comité central du Parti du travail de Corée, en présence du représentant italien du ministère des Affaires étrangères à Pyongyang, de Kim Yong-il, secrétaire du CC du PTC, et Ri Yong-chol, directeur adjoint de département du PTC. Dans leurs discours, Lapo Pistelli et Kim Yong-il ont souligné l'importance des relations amicales entre leurs deux partis.

 

Le 17 octobre, la délégation italienne a été reçue par Kim Yong-nam, Président du Praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la République populaire démocratique de Corée (photo ci-dessous).

 

La délégation italienne du PDI reçue à Pyongyang était la plus importante reçue à ce niveau depuis plusieurs années. Sa visite - qui a donné lieu à la publication de pas moins de six dépêches de l'agence nord-coréenne KCNA - témoigne de la volonté des autorités nord-coréennes de renforcer les échanges avec les partis politiques et les parlementaires, notamment d'Europe occidentale, pour accroître les relations bilatérales dans les différents domaines, notamment politique, économique et culturel.

 

lapo-pistelli_kim-yong-nam.jpg

 

Principale source : KCNA (dont photos).

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 23:41

Le 15 octobre 2012, Kim Jong-un, Premier Président de la Commission de la défense nationale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), a adressé un message de condoléances à Norodom Sihamoni, roi du Cambodge, après la disparition du roi Norodom Sihanouk. Dans son message de condoléances, le Président Kim Jong-un a rappelé les liens étroits qui unissent les peuples cambodgien et coréen de la RPD de Corée, partageant les mêmes idéaux d'indépendance et de respect de la souveraineté nationale. Le Premier secrétaire du Parti du travail de Corée a rappelé que le roi Norodom Sihanouk avait oeuvré à la "réconciliation et à l'unité de la nation" cambodgienne, et "à la paix et à la prospérité" de son pays, ayant également accompli "de grands exploits pour le développement du mouvement des non-alignés et la cause humaine de l'indépendance". Rappelant les liens étroits qui ont uni le roi Norodom Sihanouk avec le Président Kim Il-sung et le dirigeant Kim Jong-il, il a souligné que ces relations personnelles fondaient l'amitié, la solidarité et la coopération entre les peuples de la RPDC et du Cambodge. De fait, le roi Norodom Sihanouk avait notamment trouvé refuge en Corée du Nord lorsqu'il avait dû s'exiler et quitter son pays, ce qui avait cimenté l'amitié qui le liait au Président Kim Il-sung. Nous reproduisons ci-après le texte manuscrit - rédigé en français - d'un discours d'hommage prononcé par le roi Norodom Sihanouk en 1984 lors d'un banquet donné à l'occasion du 72ème anniversaire du Président Kim Il-sung, et qui témoigne de la solidarité nouée par les deux hommes d'Etat dans des circonstances historiques exceptionnelles. Le discours du roi Norodom Sihanouk rappelle le soutien apporté au Kampuchéa Démocratique, souligne les résultats économiques obtenus par la RPD de Corée dans l'édification du socialisme et se félicite des initiatives prises par le Président Kim Il-sung sur le chemin de la réunification de la Corée et de la paix dans cette partie du monde.

 

Discours Norodom Sihanouk anniversaire Kim Il-sung

 

"Très respecté Votre Excellence Monsieur le Maréchal Président de la République Populaire Démocratique de Corée,

 

Aujourd'hui, mon épouse et moi avons le très grand honneur et l'immense bonheur de revenir auprès de Votre Excellence le Grand Leader vénéré et bien aimé du peuple et de la nation coréens pour présenter à Votre Excellence et à Madame la Présidente Kim Seung-ai nos plus profonds respects.

 

C'est pour nous un très grand honneur et un très profond bonheur de pouvoir aujourd'hui présenter à Votre Excellence le Grand Leader nos plus fervents voeux et nos plus chaleureuses félicitations à l'occasion de votre très glorieux 72ème anniversaire de naissance et d'être invités à participer à ce somptueux déjeuner aux côtés de vos plus éminents et fidèles compagnons d'armes.

 

Le peuple, le gouvernement de coalition et les forces armées coalisées du Kampuchéa Démocratique nous ont demandé de présenter à Votre Excellence Monsieur le Maréchal Président de la République Populaire Démocratique de Corée leurs hommages les plus respectueux, l'expression de leur plus vive admiration et de leur plus profonde gratitude pour votre très noble, très puissant et inébranlable soutien et votre généreuse aide multiforme accordée à eux tous, à nous tous, nous habilitant à remporter des victoires de plus en plus importantes dans notre lutte de libération nationale.

 

Les paroles si nobles et si bienveillantes que Votre Excellence le Grand Leader vénéré et bien aimé a bien voulu prononcer au début de ce somptueux déjeuner offert si aimablement par Votre Excellence et Madame la Présidente Kim Seung-ai très respectés ne manqueront pas de les toucher profondément comme elles m'ont infiniment touché et de leur encourager très puissamment dans la continuation de leur lutte patriotique.

 

En leur nom à tous et en mon nom propre, j'en remercie de tout mon coeur Votre Excellence le Grand Leader vénéré et bien-aimé.

 

*

 

Très respecté Monsieur le Maréchal Président de la République,

 

C'est avec un enthousiasme et une admiration sans bornes que nous voyons chaque fois que nous avons l'immense bonheur de revenir en la glorieuse République Populaire Démocratique de Corée celle-ci sous votre illustre direction progresser sans cesse, prodigieusement, dans tous les domaines de la construction socialiste et djoutchéenne et remporter de nouvelles grandioses victoires tant au plan national qu'au plan international. Et le mois d'avril est le plus glorieux d'entre tous les mois de chaque année, car le 15 avril est le jour de votre très prestigieux anniversaire de naissance. Ce jour historique est fêté avec la plus sincère ferveur par le peuple coréen et toute la nation coréenne et, également, par tous les peuples progressistes, les peuples révolutionnaires et les peuples qui luttent pour leur libération, le peuple du Kampuchéa Démocratique en particulier.  Aux yeux de tous ces peuples, Votre Excellence le Grand Leader est le plus merveilleux symbole de l'héroïsme patriotique et révolutionnaire, du génie militaire, de la lutte juste, indomptable et victorieuse contre le colonialisme, l'impérialisme et les autres forces du mal, du dévouement absolu au peuple et de la conquête des plus hauts sommets dans l'édification de la patrie.

 

Cette année 1984, qui est la dernière du 2ème Plan Quinquennal, le peuple coréen enregistre, sous votre conduite éclairée, de nouveaux records dans la construction de base de 5 districts, en particulier dans la production de l'acier, de l'électricité, des métaux non-ferreux, dans le transport, etc..., permettant ainsi d'ouvrir une nouvelle phase dans la conquête des dix grands objectifs de l'édification économique socialiste des années 1980. Qu'il soit permis au Kampuchéa Démocratique et à moi-même de présenter à Votre Excellence le Grand Leader vénéré et bien-aimé nos plus chaleureuses et respectueuses félicitations.

 

*

 

Qu'il nous soit enfin permis de féliciter le plus vivement Votre Excellence Monsieur le Maréchal Président de la République Populaire Démocratique de Corée du succès retentissant dans le monde de la proposition de pourparlers tripartites pour la solution pacifique du problème coréen et la réunification indépendante de la Corée, et, également, de votre clairvoyante et suprêmement patriotique proposition adressée à l'administration de Séoul pour qu'aux prochains jeux olympiques et dans les autres rencontres sportives et athlétiques à venir, dans les arènes internationales, les équipes de la R.P.D. de Corée et de la Corée du Sud se présentent unies en une représentation unique de la patrie coréenne.

 

Le Kampuchéa Démocratique et moi soutenons avec enthousiasme vos justes et suprêmes patriotiques initiatives qui, si elles sont suivies d'application, serviront non seulement la cause sacrée du peuple, de la nation et du pays coréens, mais encore celles de la paix mondiale et du progrès de l'humanité, dont Votre Excellence le Maréchal Kim Il-sung Grand Leader est le véritable soleil.

 

*

 

Le Kampuchéa Démocratique et moi resterons toujours aux côtés de Votre Excellence le Grand Leader et du peuple coréen frère dont vous êtes le Libérateur, le Père, le Bienfaiteur qui a édifié pour lui un véritable paradis socialiste, et le chef de l'Etat.

 

Le Kampuchéa Démocratique restera uni et solidaire, éternellement, avec la R.P.D. de Corée.

 

C'est dans ces sentiments que mon épouse, l'Ambassadeur Sam San, ma fille et moi sollicitons votre haute permission de lever nos verres et boire à la bonne santé, la longévité et la gloire incomparable dans le monde de Votre Excellence Monsieur le Maréchal Kim Il-sung, Président de la R.P.D. de Corée, à la bonne santé et à la longévité de Son Excellence le Dirigeant bien-aimé Kim Djeung-il, à la bonne santé et à la longévité de Son Excellence Madame la Présidente Kim Seung-ai très respectée, à la bonne santé et à la longévité de Leurs Excellences les éminentes personnalités coréennes ici présentées, à la bonne santé des autres frères et soeurs coréens - coréennes ici présents".

 

kim_il-sung_norodom_sihanouk.JPG

 

Source : site officiel de SM le Roi Norodom Sihanouk du Cambodge. Photo.

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 09:07

SPITAELS Guy-2Guy Spitaels, ancien ministre-président de la région wallonne de 1992 à 1994, ancien président du Parti socialiste belge entre 1981 et 1992, est décédé à Uccle, dans la nuit du 20 au 21 août 2012, dans sa quatre-vingt-et-unième année. Celui qui a été unanimement salué comme l’un des plus grands hommes politiques wallons avait choisi de se consacrer aux questions internationales après son retrait de la vie politique en 1998. 

 

Avant de s’engager pleinement en politique, où il s’est illustré par la fermeté de ses convictions dans le refus du néo-libéralisme, Guy Spitaels avait commencé une carrière universitaire qui l’avait conduit à occuper un poste de professeur à l’Université libre de Bruxelles : docteur en droit de l’Université catholique de Louvain, il était également licencié de sciences politiques et sociales et diplômé en hautes études européennes du collège d’Europe à Bruges.

 

Lorsqu’il a décidé de se consacrer pleinement aux relations internationales, Guy Spitaels disposait déjà d’une solide expérience en ce domaine, ayant été président de l’Internationale socialiste. L’auteur de La triple insurrection islamique (Fayard, 2005), Chine, La fin de l’hégémonie américaine (Luc Pire, 2007), Obama président, la méprise (Luc Pire, 2008), L’hégémonie contrariée, Obama deux ans après (Luc Pire, 2011) avait conduit ses travaux avec une rigueur d’analyse héritée de sa formation universitaire, en confrontant les sources et les points de vue et en n’hésitant pas à s’atteler à des sujets controversés. C’est ainsi que, avant que ne soit publié Chine, la fin de l’hégémonie américaine, il avait choisi de visiter en 2006 la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) où il avait été reçu par Yang Hyong-sop, vice-président du praesidium de l’Assemblée populaire suprême, et Choe Thae-bok, secrétaire du Comité central du Parti du travail de Corée. 

 

Le chapitre qu’il consacre à la Corée du Nord dans son ouvrage précité de 2007, et dont nous reproduisons ci-après des extraits (pp. 154-156), rejoint en partie les analyses de l’Association d’amitié franco-coréenne sur la complexité des causes à l’origine de la guerre de Corée, les difficiles négociations sur la question nucléaire ainsi que la stratégie néo-conservatrice vis-à-vis de la RPDC utilisant l’ensemble des moyens disponibles (militaires, diplomatiques, économiques, médiatiques) pour précipiter un changement de régime, alors que les projets d’intervention militaire américaine – bien qu’irréalistes – se sont précisés. Prudent quant à l’avenir des mesures économiques conduites en RPDC, Guy Spitaels montre aussi l’importance de l’essor des échanges sino – nord-coréens, et le refus par la Chine de toute réunification par absorption du Nord qui conduirait à la présence de troupes américaines à la frontière sino-coréenne. En tant que vice-présidents de l’AAFC, nous saluons la mémoire et l’honnêteté intellectuelle de Guy Spitaels, en rendant hommage aux combats qu’il a menés et en présentant nos condoléances à sa famille, à ses proches et à ses camarades - Robert Charvin, Benoît Quennedey.

 

« En 1991, la RPDC adhéra à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et au Traité de non –prolifération (TNP). En 1992, les déclarations de Pyongyang à l’Agence et les équipements dont elle disposait sur le terrain furent jugés contradictoires. Se posait notamment le problème des centrifugeuses fournies par le Pakistan, livraison que le président Musharraf reconnut bien plus tard.

En mars 1993, la Corée du Nord fut le premier pays à utiliser l’article du TNP qui permet le retrait du Traité. Et l’administration Clinton d’envisager sérieusement des frappes chirurgicales contre les installations nucléaires de la Corée du Nord.

Néanmoins, en décembre 1994, les deux parties signaient à Genève un accord-cadre aux termes duquel la Corée du Nord acceptait de geler son programme nucléaire. Plusieurs dizaines d’inspecteurs civils américains s’installèrent ainsi dans les années 1990 à la centrale nucléaire de Yongbyon, autrement dit derrière les lignes ennemies, pour surveiller le lieu de fabrication du plutonium.

Les Etats-Unis s’engagèrent de leur côté à construire deux réacteurs de 1 000 MW à eau légère. Leur engagement portait en outre sur la fourniture à la Corée du Nord de 500 000 tonnes annuelles de carburant jusqu’à l’achèvement de la construction des réacteurs en 2004.

Selon Thérèse Delpech, de l’Institut stratégiques, chercheur bien informé des positions américaines, dans son ouvrage L’Ensauvagement cité par Robert Charvin, cet accord de 1994 n’aurait été signé qu’avec la conviction ferme qu’il n’y aurait plus de Corée du Nord dix ans plus tard. Toujours est-il que les réacteurs à eau légère ne furent jamais livrés. Afin de contourner un Congrès à majorité républicaine opposé au financement des centrales, un consortium international avait été mis sur pied incluant les Etats-Unis, la Corée du Sud, le Japon et l’Union européenne. Seul un tiers des travaux avait été réalisé lorsque l’accord de 1994 fut abrogé en 2002 par George W. Bush.

En 1997, se tient la première réunion des Four Party Talks, pourparlers effectivement limités alors aux deux Corée, aux Etats-Unis et à la Chine.

En octobre 2000, la secrétaire d’Etat Madeleine Albright, qui avait multiplié les contacts avec les autorités nord-coréennes, se rendit à Pyongyang.

De son côté, Cho Myong-rok visita les Etats-Unis et la venue de Clinton lui-même en République populaire démocratique de Corée fut envisagée. Epoque de détente donc, au cours de laquelle le Premier ministre de Suède se rendit aussi à Pyongyang.

Changement de cours en 2001, la nouvelle administration Bush refusa de continuer les pourparlers, classant la Corée du Nord comme un des Etats de l’ « Axe du mal ». En octobre 2002, le secrétaire d’Etat adjoint vint certes à Pyongyang, comme envoyé spécial du président mais pour accuser la Corée du Nord de réaliser des progrès dans l’enrichissement de l’uranium. Les Etats-Unis interrompirent dès lors la livraison de pétrole, menacèrent de lancer des frappes « préemptives » contre la République populaire et de la subvertir par la force pour imposer un changement de régime.

Projet sans doute utopique, si l’on a vu de combien d’embûches est semée la très large route menant du 38e parallèle vers Pyongyang, si l’on sait que le pays est truffé de tunnels, comme de casernes dans les montagnes, si l’on tient en mémoire aussi que chaque citoyen est un soldat et qu’au nord de la ligne de démarcation à peu près un million d’hommes, 40 000 canons, des missiles de courte et de moyenne portée sont à même de raser Séoul rapidement. Bref, bonne chance à qui s’attaquerait à ce super Sud-Liban.

Toujours est-il qu’en novembre 2002, la République populaire démocratique de Corée annonça qu’elle avait dû se doter d’armes nucléaires et d’autres armes puissantes, du fait de la menace nucléaire des impérialistes américains. Elle expulsa les inspecteurs de l’AIEA et annonça son retrait du Traité de non-prolifération, clamant haut et fort qu’ « il n’était pas possible de discuter avec un président américain comparable à Hitler pour son agressivité et à un débile mental pour son intelligence ».

De son côté, l’administration Bush, entendant contraindre la Corée du Nord à renoncer à son programme nucléaire, mit en œuvre une batterie de moyens :

- militaires, la proliferation policy initiative organisant la collaboration des flottes de plusieurs pays occidentaux et du Japon pour surveiller le théâtre maritime où apparaissaient des navires en direction et en provenance de la Corée du Nord ;

- financiers, notamment par un contrôle accru des trafics auxquels se livrerait Pyongyang (drogue, fausse monnaie) ;

- diplomatiques, en rendant plus aléatoire l’aide du Programme alimentaire mondial ; - médiatiques, en s’employant à diffuser l’image de la dangerosité du régime. »

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 23:23

Flag-Pins-Mongolia-North-Korea.jpgLe 28 août 2012, la Mongolie et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ont convenu d'intensifier leurs échanges, notamment dans la zone économique spéciale nord-coréenne de Rason. L'annonce en a été faite par S.E. Ri Chul-gwan, ambassadeur de la RPD de Corée en Mongolie, lors d'une audience avec le Président du Grand Koural (Assemblée nationale) mongol Zandaakhuu Enkhbold. Alors que la Mongolie entretient traditionnellement de très bonnes relations avec les deux Etats coréens, en promouvant la paix et le dialogue en Asie du Nord-Est, elle conforte ainsi ses relations traditionnelles de coopération avec la RPD de Corée.

 


A l'occasion d'une audience de S.E. Ri Chul-gwan, ambassadeur de la RPD de Corée en Mongolie, par Zandaakhuu Enkhbold, président du Grand Koural mongol, le 28 août 2012, plusieurs annonces de la partie nord-coréenne ont été accueillies très favorablement par la partie mongole, figurant un nouveau resserrement des liens d'amitié traditionnels entre les deux pays.

 

Au plan politique, il a été annoncé la visite cette année en Mongolie de Choe Thae-bok, président de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée.

Au plan économique, la RPD de Corée a annoncé la mise en place d'un Conseil économique Corée-Mongolie. Par ailleurs, la relance actuelle de la zone économique spéciale (ZES) de Rason, en RPD de Corée, ouvre la perspective d'un débouché maritime pour la Mongolie, notamment pour l'exportation du charbon de Tavan Tolgoi, via les lignes de chemin de fer russes et chinoises - alors que se poursuit le raccordement des réseaux ferroviaires russe et nord-coréen.

Le développement du port de Rason, situé à la frontière sino-coréenne et à proximité de la Russie, avait déjà  été précisé dans le cadre de la troisième session du comité d'orientation conjoint entre la Chine et la RPD de Corée, le 14 août 2012. Par ailleurs, en août 2012 s'est tenue la deuxième foire du commerce international de Rason, qui a conforté le développement de la ville comme centre international. L'extension en cours des facilités portuaires offrira l'opportunité d'un nouveau débouché pour les exportations de la Mongolie, pays enclavé. Il contribuera également à diversifier l'économie nord-coréenne et ses partenariats commerciaux.

Principale source : InfoMongolia.com. 

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 13:55

Dans une déclaration rendue publique le 29 juillet 2012, concernant principalement des tentatives d'attentats projetées en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), la Commission de la défense nationale (CDN) de la RPD de Corée a dénoncé le rôle des Etats-Unis dans la "sombre situation" en Syrie, qui bascule "dans la guerre civile".

 

Dans une déclaration en date du 29 juillet 2012, reprise par l'agence nord-coréenne KCNA sous le titre "La CDN de la RPDC clarifie sa position de principe sur le terrorisme anti-RPDC des Etats-Unis et de la Corée du Sud", la Commission de la défense nationale nord-coréenne a resitué les tentatives d'attentats, projetées par un défecteur nord-coréen contre les statues de dirigeants en RPD de Corée, dans le cadre plus large d'un "terrorisme d'Etat ayant des motivations politiques". Conduite au nom de "guerre contre le terrorisme", cette politique vise, selon la CDN de la RPDC, "les Etats progressistes n'acceptant la politique américaine" et ceux qui refusent d'obéir à l'arbitraire américain.

 

En particulier, la Commission de la défense nationale évoque "la sombre situation syrienne qui évolue en une guerre civile", en déclarant qu'elle "était à nouveau attribuable aux tentacules américaines qui s'enfoncent profondément" dans ce pays du Proche-Orient.

 

Dans le communiqué de la commission de la défense nationale concernant d'abord la péninsule coréenne, la Syrie est le seul Etat - mise à part la RPD de Corée - mentionné comme "cible du terrorisme américain".

 

La RPD de Corée, qui a établi une ambassade à Damas, entretient des relations politiques, économiques et militaires suivies avec la Syrie, et des messages de félicitations sont régulièrement échangés entre Kim Jong-un, Premier secrétaire du Parti du travail de Corée et Premier président de la CDN, et le Président Bachar el-Assad (ci-dessous la couronne de fleurs portée par la représentation syrienne à Pyongyang lors du décès du dirigeant Kim Jong-il).

 

bachar_el_assad_couronne_kim_jong_il.jpg

 

Sources : AAFC, KCNA.

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