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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 12:17

Après la proposition des autorités de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) d'engager des discussions avec les Etats-Unis sur la paix et la dénucléarisation dans la péninsule coréenne, les contacts diplomatiques s'intensifient pour déterminer les conditions d'une reprise des pourparlers. La RPDC a également renouvelé son offre de discussions à la République de Corée (du Sud), malgré le récent échec d'une rencontre à un niveau ministériel, témoignant de la volonté des autorités nord-coréennes de relancer, parallèlement aux pourparlers bilatéraux et multilatéraux sur les questions de sécurité, un processus d'échanges intercoréens qui a été mis à mal pendant la présidence du conservateur Lee Myung-bak en Corée du Sud.

 

C'est un intense ballet diplomatique qui s'engage autour de la Corée, les contacts bilatéraux étant le préalable nécessaire à une possible reprise des discussions afin d'en fixer le cadre et les enjeux. Le 18 juin 2013, Kim Kye-gwan, premier vice-ministre des Affaires étrangères de la RPDC (à droite sur la photo ci-dessous), est arrivé à Pékin pour rencontrer son homologue chinois Zhang Yesui. Parallèlement, Cho Tae-yong (à gauche sur la photo ci-dessous), représentant de la Corée du Sud pour les questions de paix et de sécurité, a quitté l'aéroport d'Incheon pour Washington, où doivent se tenir des pourparlers à trois (Etats-Unis, Corée du Sud, Japon) : suite à la proposition de la RPDC aux Etats-Unis de reprendre les discussions sur les questions de sécurité, sans conditions préalables, la Maison Blanche a fait savoir qu'elle consulterait le Japon et la Corée du Sud. Cho Tae-yong doit ensuite rencontrer Zhang Yesui à Pékin, le 21 juin.

 

cho-tae-yong_kim-kye-gwan.jpg

 

Si, officiellement, les responsables américains s'exprimant dans les médias continuent de déclarer qu'il n'est pas possible de s'engager sur la voie de dialogue sans d'abord un geste de Pyongyang, l'hypothèse d'une reprise des discussions est donc bien étudiée de près par les Etats-Unis. Le récent sommet de Barack Obama avec Xi Jinping a également abordé cette question, et les Chinois ont certainement réaffirmé, à cette occasion, leur position favorable à la reprise des pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne (réunissant les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon), qu'ils accueillent à Pékin.

 

Parallèlement, la RPDC a adressé de nouveaux signaux à la Corée du Sud pour une reprise des échanges intercoréens. Dans son édition du 18 juin 2013, le Rodong Sinmun, quotidien du Parti du travail de Corée, a observé, dans son éditorial (intitulé "Aller de l'avant en portant haut la bannière de l'unité du peuple"), que "plutôt que de faire obstacle au développement des relations Nord-Sud en se concentrant sur des détails sans importance, les autorités de Corée du Sud devraient suivre le chemin de la réconciliation et de la réunification", en ajoutant que "l'échec d'une reprise de dialogue entre les autorités nord et sud-coréennes, attendu de longue date, est lié à l'incapacité des autorités sud-coréennes de parler au peuple coréen". L'éditorial place ainsi au premier plan les intérêts du peuple coréen dans son ensemble, au-delà des différences de systèmes politique, économique et social.

 

Par ailleurs, Jang Jae-on, président du Conseil des relligions de Corée (du Nord), a également exprimé son vif regret de la rupture des échanges intercoréens et son souhait d'une reprise du dialogue, lors d'une rencontre à Pékin le 13 juin dernier avec des représentants du Conseil coréen des religions pour la paix, qui réunit les sept principales religions en Corée du Sud.

 

Une reprise des pourparlers multilatéraux sur les questions de sécurité en Corée pourrait faciliter les autorités sud-coréennes, conservatrices, à convaincre la frange la plus à droite de leur électorat du bien-fondé d'une reprise des échanges intercoréens. Pendant la campagne électorale, la nouvelle présidente Park Geun-hye avait exprimé son souhait de renouer les fils du dialogue, répondant ainsi aux attentes de la majorité de l'opinion sud-coréenne après le recul des échanges intercoréens au cours des années d'intransigeance vis-à-vis de la RPD de Corée sous la présidence Lee Myung-bak.

 

Sources : AAFC, Hankyoreh (dont photo).

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 12:26

KimYongjaeCes dernières semaines, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a pris plusieurs initiatives tendant à relancer le dialogue dans la péninsule coréenne. D'une part, la RPD de Corée a proposé aux autorités sud-coréennes la commémoration conjointe de la déclaration commune Nord-Sud du 15 juin 2000, mais cette proposition a été rejetée par le gouvernement sud-coréen de la nouvelle présidente Mme Park Geun-hye. D'autre part, le vice-maréchal Choe Ryong-hae, directeur du bureau de politique générale de l'Armée populaire de Corée, a effectué une visite en Chine, durant laquelle il a remis un courrier de Kim Jong-un, Premier secrétaire du Parti du travail de Corée. Si l'agence nord-coréenne KCNA a, suivant l'usage, été discrète sur le contenu des échanges, les médias chinois ont fait état de la proposition renouvelée de la RPDC de reprendre le dialogue pour une solution négociée de la question coréenne, y compris dans le cadre des pouparlers à six (suspendus depuis 2009, réunissant les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon) sur les armes nucléaires dans la péninsule. Dans ce contexte, nous publions ci-après la traduction en français d'un entretien donné par S.E. Kim Yong-jae, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la RPD de Corée en Fédération de Russie, au correspondant de l’agence de presse Interfax Iouri Alexeiev, dans un article en date du 20 mai 2013. Cet entretien apporte une lecture éclairante par la RPDC des derniers événements, en revenant sur les causes et les conséquences de la crise du point de vue nord-coréen. 

 

Monsieur l’Ambassadeur, comment appréciez-vous la situation actuelle dans la péninsule coréenne et selon vous quelles sont les raisons de la déstabilisation de la situation dans cette région ?

Actuellement nous observons une intensification brutale des actions de provocation de la part des Etats-Unis et de la Corée du sud, et ces actions déstabilisent la situation dans la péninsule coréenne. Ce sont avant tout des actions d'une ampleur de plus en plus grande et représentant une dangerosité accrue. On sait que, le 12 décembre 2012, la RPDC a lancé et mis sur une orbite proche de la Terre un satellite technico-scientifique, correspondant à la seconde version de Kwangmyongsong-3, et ce tir a été effectué en observant toutes les procédures légales internationales universellement reconnues. Cependant les Etats-Unis et leurs affidés, se saisissant de ce lancement opéré dans un but pacifique, ont élaboré au Conseil de sécurité de l’ONU une résolution barbare imposant des sanctions, ce qui constitue une action hostile, déclarant de fait hors la loi le droit qu'a un Etat souverain de procéder au lancement de satellites. Rien dans la Charte des Nations Unies n'autorise le Conseil de sécurité à prendre des résolutions contraires au droit international. Toutes les résolutions refusant à la RPDC le droit de lancer des satellites sont illégitimes, car elles contredisent le Traité sur l’espace qui reconnaît le droit pour tous les Etats souverains à l’utilisation pacifique de l’espace extra-atmosphérique. A ce jour plus de 9 000 lancements de satellites ont été effectués, et dans notre région le Japon a lancé un satellite de renseignement en janvier dernier et la Corée du Sud a procédé de même. Mais seul notre lancement a fait l'objet d'une discussion et d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies. De fait, le droit légitime qu'a tout Etat de procéder au lancement d'un satellite a été foulé aux pieds et, avec lui, la dignité d’un pays souverain.

Dans ces circonstances, la RPDC a été contrainte de procéder à un troisième essai nucléaire souterrain comme une mesure de riposte pour la défense de sa souveraineté et sa sécurité. C’est alors que les Etats-Unis et d’autres puissances hostiles, de manière hystérique, ont à nouveau fabriqué une résolution « sur le renforcement des sanctions » et ont simultanément commencé avec une fureur déchaînée les manœuvres conjointes Key Resolve et Foal Eagle. Ces manœuvres sont  destinées à déclencher une guerre nucléaire avec l'implication d’énormes contingents de forces armées agressives. Au cours des dernières manœuvres contre la RPDC, qui ont duré deux mois entiers, il y a eu les plus sérieuses menaces de frappe nucléaire contre la RPDC de toute son histoire. Telle a été la cause directe de l’augmentation des tensions dans la péninsule coréenne. Sur fond d'un transfert massif de tous les composants de la « triade de moyens de frappe nucléaire » de l’arsenal des forces stratégiques des Etats-Unis, les groupements de porte-avions super-puissants, disposant d'ogives nucléaires à bord, les sous-marins atomiques et dans le ciel les bombardiers stratégiques, dont les B-52 et les B-2, ont ouvertement procédé à des exercices de frappe nucléaire.

Il était même envisagé de procéder à des essais de missiles balistiques intercontinentaux, qui ont été reportés à une date ultérieure avant que l'on nous dise qu'ils pourraient avoir lieu avant la fin du mois de mai. Les Etats-Unis, qui brandissent sous nos yeux le bâton nucléaire, s’ingénient à  tromper l’opinion publique internationale en qualifiant nos mesures de rétorsion de « provocations » et de « menaces », déformant la réalité comme si c’était la RPDC qui augmentait les tensions dans la région. Les tensions sont entièrement de la responsabilité des Etats-Unis.

Comment expliquez-vous l’aspiration de la direction de la RPDC à la création d’un potentiel nucléaire puissant ?

Les tensions actuelles dans la péninsule coréenne ne sont pas apparues parce que la RPDC aurait menacé les Etats-Unis en menant des manœuvres militaires sous leur nez. Au contraire, ce sont les Etats-Unis qui ont soulevé de sérieuses menaces sur la sécurité de la RPDC en menant en dehors de leurs frontières des exercices intensifs de frappes nucléaires d’une ampleur sans précédent et en s’efforçant clairement de tester la détermination de la direction de notre pays. C’est pourquoi la RPDC a été contrainte de conduire des actions résolues de riposte dans un but d’autodéfense. Aucun pays n'aurait pas réagi aussi fermement à des manœuvres si ouvertement menaçantes, et d’une telle ampleur, se déroulant sous son nez et contre lui. La RPDC a seulement pris des contre-mesures déterminées devant les plus sérieuses et les plus brutales menaces américaines, afin de sauvegarder sa souveraineté et le droit à l’existence qu'a toute nation. Il convient d'observer l’irresponsabilité de certains médias et journalistes quand, fermant les yeux sur la réalité du problème, ils ont présenté les faits de manière à faire croire que c'est la RPDC qui menaçait les Etats-Unis et la Corée du Sud ou qui faisait monter les tensions dans la région. Les Etats-Unis sont le seul pays à avoir tiré avantage des tensions actuelles dans la péninsule coréenne. Seules des tensions accrues offrent aux Etats-Unis un prétexte pour le déploiement de leurs forces militaires, conformément à leurs objectifs stratégiques, dans la région Asie-Pacifique. Lors de la dernière escalade des tensions, les Etats-Unis ont réussi à renforcer la dépendance de leurs alliés à leur égard, pour le plus grand profit du complexe militaro-industriel américain. Malgré les protestations de la Russie et de la Chine, les Etats-Unis ont disposé d'un tremplin pour accélérer la création d’un bouclier anti-missile dans la région Asie-Pacifique. Non seulement les peuples de la région et les autres forces pacifistes de la planète n’ont pas pu exercer de pression sur les Etats-Unis, ni empêcher ces manœuvres militaires de grande ampleur qui poursuivent des objectifs malsains, mais ils ont cédé aux sirènes des Etats-Unis et de la Corée du Sud dans leur guerre de l’information tendant à diffamer la RPDC, conformément aux buts des Etats-Unis. Ne se contentant pas des manœuvres militaires de grande ampleur conduites ces deux derniers mois, les Etats-Unis et la Corée du Sud ont, en mai, ont à nouveau déployé un groupement naval autour du porte-avion Nimitz et des bombardiers stratégiques B-52, s’efforçant ainsi d’entretenir les tensions. De grandes manoeuvres sont à nouveau attendues en août. Pourquoi une telle multiplication des provocations, de la part des Etats-Unis et de leurs alliés sud-coréens, qui déstabilisent la situation dans la péninsule coréenne ? La réponse à cette question doit être recherchée tant dans la stratégie globale des Etats-Unis que dans leur stratégie propre à la Corée. La stratégie globale des Etats-Unis est une stratégie de domination de l'ensemble de le planète, pour la mise en oeuvre de laquelle est aujourd'hui engagée une réorientation des forces militaires vers la région Asie-Pacifique. Conformément à ce plan, une pression accrue s'exerce sur la Chine et la Russie, un intérêt géopolitique particulier s'exprimant pour la péninsule Coréenne. L’essence même de la stratégie américaine en Corée est d’étouffer la RPDC. Plus précisément, la RPDC constitue le premier objectif dans la réalisation de la stratégie américaine pour la région Asie-Pacifique, et c’est dans ce but explicite qu’est menée une politique hostile vis-à-vis de la RPDC. A vrai dire, notre pays a été l’objet des plus vives menaces nucléaires de la part des Etats-Unis sur une longue période, depuis que des armes nucléaires ont été introduites en Corée du Sud dans les années 1950. La RPDC se trouve également dans une situation de blocus et de sanctions prolongées des plus rigoureuses. Dans ce contexte nous pouvons affirmer que la nouvelle ligne, conduisant en parallèle le développement économique et le renforcement de l’armement nucléaire, décidée lors du plénum de mars [2013] du Comité central du Parti du travail de Corée, est l’achèvement logique de la leçon que nous enseigne l'histoire de 60 ans de menaces nucléaires américaines. Par conséquent, ce sont bien les Etats-Unis qui ont fait de la Corée le premier Etat nucléaire du siècle qui commence. Les Etats-Unis mènent une politique hostile et s’efforcent par tous les moyens de renverser le système en vigueur en RPDC parce que notre pays ne leur obéit pas et est un Etat indépendant. La RPDC est la bête noire des Etats-Unis en ce qu’elle gêne la réalisation de leur stratégie de domination mondiale. Les Etats-Unis ont déjà obtenu le renversement des gouvernements de toute une série d’Etat souverains qui étaient de tendance anti-américaine, sans que malheureusement la communauté internationale n’ait su s’opposer à l'arbitraire américain. Le gouvernement fantoche sud-coréen, ignorant les racines uniques de la nation coréenne, participe sciemment à la  réalisation de la stratégie de domination mondiale et d’étranglement de la RPDC, en confiant aux Etats-Unis tous les pouvoirs de gestion opérationnelle en temps de guerre et en se tenant à la pointe des actions entreprises qui déstabilisent la région. Le Japon n’est pas en reste, et il mène une politique hostile à l’égard de la RPDC qui se corrèle étroitement à la stratégie américaine dans la région Asie-Pacifique.

Tant que les Etats-Unis poursuivront une politique hostile envers la RPDC et placeront celle-ci au premier rang dans la réalisation de leurs objectifs stratégiques pour la région Asie-Pacifique, il sera impossible que la péninsule coréenne n'entre pas à nouveau dans le cercle vicieux des tensions. Depuis 2009, l'administration Obama a porté atteinte au droit de la RPDC de procéder à des lancements de satellites pacifiques. De façon infondée elle a présenté nos lancements comme des tirs de missiles à longue portée. Dans le but de pousser la RPDC à des réactions brutales, elle a initié l'adoption de « résolutions sur les sanctions » attentatoires à notre souveraineté. Pour l'avenir, notre pays envisage de poursuivre le lancement de satellites, et tant que les Etats-Unis ne cesseront pas leur politique hostile le cercle vicieux des tensions recommencera éternellement. L’armée et le peuple de la RPDC, qui vivent sous la menace constante de frappes nucléaires, qui subissent des sanctions et un blocus, renforceront par tous les moyens leurs forces de dissuasion nucléaire afin de défendre notre souveraineté nationale, et contribuer à la préservation de la paix et de la stabilité dans la région.

En quoi la politique de l’Occident, et plus particulièrement celle des Etats-Unis, est-elle inadaptée à la Corée du Nord ? Comment appréciez-vous les derniers évènements en cours au Proche-Orient, le « printemps arabe » et les « révolutions de couleur » ? Quelle est pour vous la cause première de ces évènements ?

Je pense complètement fondées les craintes provoquées par les ingérences les plus grossières des Etats-Unis dans les affaires intérieures d'autres pays. Effectivement, aujourd’hui la paix et la sécurité internationales sont sérieusement menacées. La raison principale en est que les Etats-Unis, pour réaliser leurs ambitions de domination mondiale, mènent une politique arbitraire  et de diktats dans leurs rapports avec les autres pays, en s’ingérant dans leurs affaires intérieures et en pratiquant des agressions militaires. Les Etats-Unis violent ouvertement la Charte des Nations Unies, les autres normes de droit international et les principes des rapports interétatiques en s'ingérant dans les affaires intérieures d'Etats souverains, jusqu'à les agresser militairement. Le caractère nocif et prémédité des efforts des Etats-Unis et d’autres forces impérialistes pour s''ingérer dans les affaires intérieures d'autres pays et porter atteinte à leur souveraineté trouve son illustration dans les « révolutions de couleur ». Le « Printemps Arabe  » qui s’est déroulé dans une série de pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient constitue précisement une telle « révolution de couleur », réalisée sous la houlette des Etats-Unis dans le but d’implanter la « démocratie » américaine. Pour déclencher les « révolutions de couleur », les Etats-Unis trouvent des prétextes pour s'ingérer dans les affaires intérieures d’Etats souverains et vont jusqu’à conduire des interventions armées et entreprendre des actions agressives.  Les « révolutions de couleur » ont entraîné à leur suite une instabilité sociale, un chaos politique et des désordres, des souffrances innombrables et des malheurs pour les peuples de nombreux pays. Les accusations proférées par les Etats-Unis dans le domaine de la « démocratie » et des « droits de l’homme », s’accompagnent de tentatives d’ingérence dans les affaires intérieures qui touchent aussi fréquemment la Russie. Toute la rhétorique au sujet de la « lutte contre le terrorisme », du « respect des droits de l’homme » et de « l’ élargissement de la démocratie » ne constitue qu'un prétexte pour justifier et légitimer l’ingérence dans les affaires intérieures d'autres pays et leur agression militaire. La position constante et de principe de la RPDC est de s'opposer à toutes les formes de terrorisme. Les actions des Etats-Unis, qui provoquent des « révolutions de couleur » dans le but de renverser des pouvoirs légitimes, ne peuvent être vues que comme la forme de terrorisme la plus dangereuse, avec le soutien d'un Etat, et comme une violation criante des droits de l’homme. Les évènement tragiques qui se sont produits ces dernières années dans toute une série de pays prouvent que, sans forces militaires puissantes il est impossible de défendre la souveraineté nationale et la dignité des Etats, et il est également impossible de réaliser le bien-être et la prospérité des populations. Nous n’oublierons pas la leçon amère des pays des Balkans et du Proche-Orient qui, en comptant sur l’aide des grandes puissances, ne se sont pas préoccupés de la construction d’un fort potentiel de défense. Cédant aux tromperies et à la pression de la part des puissances impérialistes, ils ont cédé leur potentiel de dissuasion militaire et sont devenus les victimes d’agressions étrangères. Pour la paix et la sécurité internationale, il est nécessaire d’observer les principes de respect de la souveraineté des Etats et de non-ingérence dans leurs affaires intérieures.

Comment appréciez-vous les relations russo-coréennes ? Dans quels domaines envisage-t-on une collaboration plus étroite entre nos deux pays ? 

Les relations traditionnelles d’amitié entre la RPDC et la Russie sont fondées sur une longue histoire. Les déclaration communes signées par les leaders de nos pays et l’accord interétatique d’amitié, de bon voisinage et de collaboration servent de fondement pour l'approfondissement des rapports russo-coréens d’amitié et de coopération. Nous sommes heureux de constater que nos relations d’amitié et de coopération, qui s'inscrivent dans une longue tradition, continuent à se développer avec succès dans les domaines de la politique, de l’économie et de la culture, conformément aux documents signés en commun au plus haut niveau, et dans le respect des intérêts communs de nos peuples. Nos pays procèdent régulièrement à des échanges de délégations de haut niveau et développent activement un dialogue politique dans une atmosphère constructive. Dans le domaine économique se réalise le vaste projet de liaison entre les lignes du Transsibérien et du Transcoréen : le tronçon  Rason-Khasan approche de sa phase finale et la reconstruction du port de Rason commencera bientôt. Sont également menés des travaux concrets pour la réalisation du projet de gazoduc Russie-Corée. La RPDC et la Russie s’aident l'une et l'autre dans l’arène internationale. La RPDC, de façon constante, se prononce pour le développement et  l’élargissement des rapports d’amitié et de coopération avec la Russie, lesquels sont fondés sur une magnifique tradition d’amitié et de bon voisinage.  Je suis convaincu que les relations russo-coréennes s’approfondiront et se développeront toujours davantage conformément aux aspiration et aux intérêts de nos deux peuples.

 

Source : Interfax (traduction du russe : AAFC / YB). Photo : Présidence de la Fédération de Russie


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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 21:58

Le 2 mai 2013, Fairfax Media a révélé comment les services secrets sud-coréens menaient des opérations d'infiltration des milieux gouvernementaux australiens pour peser sur les négociations commerciales entre les deux pays. Si l'espionnage économique de la Corée du Sud est un aspect moins spectaculaire et moins connu que le renseignement sur la Corée du Nord et les opérations de déstabilisation des militants de gauche sud-coréens, tant dans la péninsule qu'à l'étranger, il n'en constitue pas moins un pan de plus en plus important de l'activité des pléthoriques services de renseignement sud-coréens, qui ont conservé de la période du régime militaire des modes d'action particulièrement agressifs, comparés à ceux de leurs homologues occidentaux.

 

bob-carr yeon-kim spyEntre alliés, on lave son linge sale en famille, et loin des médias : c'est en ce sens qu'il faut interpréter la déclaration de Bob Carr, ministre des Affaires étrangères australien (photo à gauche, source), selon laquelle la "solidité" des relations australo - sud-coréennes ne serait pas affectée, après la révélation par Fairfax Media des opérations d'infiltration des milieux gouvernementaux par les services sud-coréens pour peser sur les négociations commerciales bilatérales.

 

Selon Bon Carr, "les relations avec la République de Corée [du Sud] sont si fortes, si solides, que cela n'aura pas d'effet", tout en déclarant refuser de confirmer ou d'infirmer le rapport de Fairfax Media en s'en tenant à ce qui est, selon lui, la pratique habituelle du gouvernement australien en matière de renseignement. 

 

Mais le fait est que le principal protagoniste de l'affaire, le Docteur Yeon Kim, a dû démissionner de l'administration australienne, alors qu'il était un des experts en matière de commerce agricole. En 2010, il avait contacté un agent de renseignement sud-coréen sous couverture diplomatique, officiellement enregistré comme officier de liaison par l'administration australienne. Le Docteur Kim était le principal auteur d'une étude ABARES sur le marché du boeuf en Corée du Sud, et il avait participé fin 2009 au troisième tour des négociations de libre échange entre l'Australie et le Pays du matin calme.

 

En octobre 2010, Yeon Kim avait été interrogé par les services secrets australiens de l'Organisation de sécurité et d'information australienne (Australian Security Intelligence Organisation, ASIO). Mais ce n'est qu'à l'issue d'une longue enquête que, onze mois plus tard, le directeur général de l'ASIO David Irvine (photo ci-dessous, source) avait déclaré publiquement la découverte par ses services des contacts du Docteur Kim avec des agents de renseignement sud-coréens successifs, attestant ainsi d'une relation suivie. Il a fallu attendre ensuite encore un an et demi pour que cette affaire d'Etat ait le retentissement qu'elle mérite dans les médias australiens et internationaux, au regard de la gravité des faits qui pourraient n'être pas isolés quant à la politique d'espionnage et d'infiltration de la Corée du Sud en matière économique, ainsi que le rôle joué par des résidents sud-coréens à l'étranger ou d'origine coréenne. 

 

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Soucieuse d'étouffer l'affaire, l'ASIO dit avoir évité de procéder - du moins dans l'immédiat - aux expulsions d'agents sud-coréens incriminés dans ces "activités inappropriées" (selon les termes de Fairfax), ni même d'en révéler l'identité. Au regard des pratiques habituelles en la matière, il n'est cependant guère douteux que les peu discrets espions sud-coréens trempés dans l'affaire Yeon Kim devront quitter l'Australie, certainement de manière étalée dans le temps pour essayer d'empêcher des rapprochements par les médias entre ces départs et le scandale d'espionnage. Pour les agents de renseignement sous couverture diplomatique, les délais habituels de changement de poste pourront servir à dissimuler la vraie nature de leurs activités. Pour les autres - officiellement journalistes, commerciaux ou encore agents de voyage - il faudra que les services sud-coréens négocient avec l'administration australienne, ou fassent preuve de plus d'imagination que d'ordinaire.

 

Principale source : agence AAP.

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 17:19

Le 7 mars 2013, par sa résolution 2094, le Conseil de sécurité des Nations Unies a imposé de nouvelles sanctions contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) suite à l'essai nucléaire nord-coréen du 12 février 2013. Au moment où les Etats-Unis et la Corée du Sud sont engagés dans de vastes manoeuvres militaires, la RPDC a très vivement réagi : elle accuse les Etats-Unis et leurs alliés de préparer une guerre atomique et s'est déclarée prête à procéder à une frappe nucléaire préventive si elle est menacée ; par ailleurs, elle considère que les termes de l'armistice de 1953 sont rendus caducs. Plus que jamais, l'Association d'amitié franco-coréenne se prononce pour la paix et le dialogue en Corée.

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Proposée par plusieurs de ses membres (dont les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et la Corée du Sud) et adoptée à l'unanimité, la nouvelle résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies contre la RPD de Corée adoptée le 7 mars 2013 élargit le champ des sanctions. D'une part, de nouvelles entités et d'autres personnalités de RPDC sont ajoutées sur la liste de particuliers et d'entreprises soumis à un gel des avoirs et à des interdictions financières et bancaires ainsi que de voyager, car soupçonnés de participer aux programmes nucléaires et balistiques. D'autre part, les biens de luxe sous embargo font aussi l'objet d'une liste élargie et définie plus précisément comme s'imposant aux Etats membres de l'Organisation des Nations Unies ; jusqu'à présent la définition de ces biens était laissée à la libre appréciation des Etats. Les inspections des cargaisons nord-coréennes susceptibles de contenir des produits sous embargo, auparavant facultatives et laissées à la décision des Etats, deviennent obligatoires.

En outre, il est mis en place un dispositif de surveillance des mouvements financiers opérés par les diplomates nord-coréens en poste à l'étranger : il y a lieu de s'interroger sur la légalité de cette disposition, dans la mesure où elle est susceptible de créer un statut d'exception au régime des immunités diplomatiques appliqué par tous les Etats, et quelle que soit la nationalité des diplomates, conformément aux règles universelles du droit international public. Par ailleurs, les Etats-Unis ont décidé de jeter ainsi l'opprobre sur les diplomates nord-coréens, soupçonnés de ne pas se conformer aux obligations découlant de leur statut. Doit-on considérer a contrario que les espions américains ou sud-coréens sous couverture diplomatique sont des personnes respectables, situées au-dessus des lois des Etats et du droit international ?

La résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies intervient dans le contexte des exercices conjoints américano - sud-coréens de grande ampleur Key Resolve et Foal Eagle, engagés depuis le 1er mars et qui dureront cette année deux mois. Ces exercices et l'annonce depuis plusieurs jours d'une nouvelle résolution des Nations Unies sanctionnant la RPDC ont, logiquement, conduit la RPD de Corée à répliquer avec une extrême fermeté dans une déclaration du porte-parole du commandement suprême de l'Armée populaire de Corée (APC) publiée le 5 mars : "Saisissant le lancement du satellite de la RPDC comme une occasion pour l'étrangler, les Etats-Unis et leurs alliés ont délibérément nié la souveraineté de la RPDC concernant ce lancement de satellite. Ils ont finalement poussé le Conseil de sécurité des Nations Unies à adopter une 'résolution sur les sanctions' avant d'opter pour des actes hostiles très brutaux contre la RPDC." C'est pourquoi le commandement militaire de la RPDC estime avoir été dans l'obligation de "prendre des mesures de riposte effectives afin de défendre la sécurité et la souveraineté du pays" et de "procéder magistralement et avec succès le 12 février de cette année au troisième essai nucléaire souterrain d’autodéfense de plus haut niveau".

Les conséquences de cette situation sont, pour la RPDC, que "l’accord d’armistice de Corée sera déclaré nul et non avenu dans son intégralité" à compter du 11 mars 2013, soit la date d'engagement maximal des forces américano-sud-coréennes dans le cadre des exercices Key Resolve et Foal Eagle, dénoncés par le commandement militaire nord-coréen comme "une expression concentrée de leurs actes de sabotage systématique de l’accord d’armistice en Corée". De même, la représentation de l'APC à Panmunjom interrompra ses activités et la ligne téléphonique entre l'APC et l'armée américaine sera coupée.

Face à ce qu'elle estime être une menace de guerre atomique dirigée contre elle par les Etats-Unis, la RPD de Corée a même envisagé une frappe nucléaire préventive contre le territoire américain.

Dans ce contexte lourd de nouvelles menaces de guerre, l'Association d'amitié franco-coréenne réitère sa position invariable en faveur de la paix et du dialogue en Corée. Elle déplore la montée en puissance du régime de sanctions contre la Corée du Nord, pays déjà le plus sanctionné au monde, car ce choix des Etats-Unis et de leurs alliés ne peut que nourrir l'escalade des tensions tout en cherchant, dans l'immédiat, à étrangler financièrement la RPDC dans une logique éprouvée de changement de régime. A l'instar d'universitaires et de diplomates américains et chinois, l'Association d'amitié franco-coréenne estime qu'il convient de prendre en compte les attentes légitimes de la RPDC pour assurer sa propre sécurité, par un mécanisme de sécurité collective. Cette exigence demande de suspendre les exercices militaires qui, de part et d'autre, ne peuvent être interprétés que comme des provocations et des incitations à la guerre.

 

Sources : AAFC, AFP, KCNA

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 23:18

HUGO_C-1.JPGLa disparition du président bolivarien du Vénézuela Hugo Chavez, le 5 mars 2013, a donné lieu à des messages de condoléances des deux gouvernements coréens. Mais l'analyse des dépêches d'agence du Sud (Yonhap) et du Nord (KCNA) montre des différences d'approche : alors que Yonhap a simplement indiqué l'envoi d'un message de condoléances par le ministère des Affaires étrangères, en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) c'est le Président Kim Yong-nam qui a réagi en exprimant également sa solidarité avec le peuple vénézuelien.

Selon l'agence de presse Yonhap, "au nom de la Corée du Sud, le ministre des Affaires étrangères [...] exprime ses condoléances au gouvernement vénézuélien et au peuple suite à la mort du président Hugo Chavez".

En Corée du Nord, le message de condoléances est plus appuyé. Non seulement le ministre des Affaires étrangères Pak Ui-chun, mais également le Président Kim Yong-nam, président du Praesidium de l'Assemblée populaire suprême, et exerçant à ce titre les fonctions de chef d'Etat, ont présenté leurs condoléances à leurs homologues - respectivement, Elias Jaua Milano, ministre des Affaires étrangères, et Nicolas Maduro, vice-président et actuel chef d'Etat par intérim.

Pak Ui-chun a déclaré partager la peine du gouvernement et du peuple vénézueliens, tout en exprimant - à l'instar du Président Kim Yong-nam - sa confiance qu'ils seront surmonter leur douleur dans la construction d'une société nouvelle et prospère.

Dans son message, Kim Yong-nam a souligné les réalisations d'Hugo Chavez pour défendre la souveraineté de son pays et permettre l'intégration régionale en Amérique latine.

A l'occasion de la réélection d'Hugo Chavez en octobre 2012, Kim Jong-un, Premier secrétaire du Parti du travail de Corée et Premier président de la Commission de la défense nationale, l'avait félicité en soulignant que cette victoire traduisait le voeu unanime du peuple vénézuelien dans la construction d'une nouvelle société indépendante, pacifique et prospère, en prônant le développement des relations d'amitié et de coopération entre les deux pays dans tous les domaines.

Dans le message de condoléances qu'il avait adressé après la disparition du Dirigeant Kim Jong-il, le Président Hugo Chavez avait exprimé "ses sentiments de profonde solidarité avec le peuple coréen qui a perdu son dirigeant", et fait part de "sa conviction que le peuple coréen réaliserait certainement la prospérité de son pays".

 

Sources : Yonhap (dépêche du 6 mars 2013), KCNA (dépêches du 6 mars 2013 et du 11 octobre 2012).

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 00:08

Selon la diplomatie américaine, un consensus existerait entre les membres du Conseil de sécurité vis-à-vis de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) après l'essai nucléaire du 12 février 2013. En réalité, comme nous l'analysions déjà dans notre édition du 7 février 2013, les divergences sont réelles entre la Chine et les Etats-Unis : si Pékin désapprouve fermement la politique nucléaire de Pyongyang, des universitaires chinois cités par le China Daily pointent la responsabilité majeure des Etats-Unis dans la crise de la péninsule coréenne : la RPDC est considérée comme un Etat souverain, menant une politique indépendante et ayant ses propres exigences de sécurité qui l'ont conduite à développer un programme nucléaire militaire - alors que la Corée du Sud et le Japon bénéficient, quant à elles, du "parapluie" nucléaire américain. Par conséquent, la position unanime des chercheurs chinois interrogés est que les Etats-Unis doivent dialoguer avec la RPDC, en répondant à ses attentes sur des garanties sur sa sécurité. La conclusion de l'article est sans doute l'élément le plus intéressant pour comprendre aujourd'hui la position chinoise : la solution à une sortie de crise est le dialogue, mais les Etats-Unis n'ont-ils pas intérêt à maintenir un climat de tensions pour justifier le renforcement de leurs capacités militaires en Asie de l'Est, conduire des exercices militaires et donc - ce qui apparaît en filigrane de l'article - contrecarrer la puissance chinoise ? L'insistance sur la coopération américano - japonaise à propos de la RPDC, dans une période actuelle de tensions entre la Chine et le Japon notamment sur les îles Diaoyu, n'est pas anodine :  les intérêts de la Chine ne sont pas nécessairement ceux des Etats-Unis et de leurs alliés. Nous reproduisons ci-après, traduit de l'anglais, l'article de Zhou Wa paru le 18 février dans le China Daily et intitulé "Les Etats-Unis doivent agir pour apaiser les tensions dans la péninsule".  

 

Selon les observateurs, Washington doit assumer sa responsabilité pour résoudre la question de la péninsule coréenne et revoir sa politique.

 

 L'appel de ces observateurs intervient alors que Washington et Tokyo se rencontrent cette semaine pour discuter du dernier essai nucléaire de Pyongyang.

 

Les Etats-Unis sont les premiers à blâmer pour la montée des tensions dans la péninsule, il est temps pour Washington d'adapter sa politique vis-à-vis de la République populaire démocratique de Corée selon Wang Junsheng, chercheur spécialisé dans les études est-asiatiques à l'Académie chinoise des sciences sociales.

 

Selon Wang, la politique de Washington à l'égard de la RPDC n'a jamais été claire depuis la fin de la guerre froide, ce qui a nourri le sentiment d'insécurité de Pyongyang.

 

La RPDC a conduit un essai nucléaire le 12 février dernier - le troisième depuis 2006.

 

Toutefois, Wang ajoute que cet essai était inapproprié, et que compte tenu des incertitudes de la politique américaine Pyongyang devrait rester calme et respecter les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies plutôt qu'accroître les tensions.

 

Liu_Jiangyong_Tsinghua_University_Professor.jpgSelon Liu Jiangyong, professeur de relations internationales à l'Université Tsinghua (photo à gauche, source), les pourparlers à six sont le meilleur moyen de résoudre le problème et toutes les parties devraient faire un effort.  

 

La Chambre des représentants a adopté une résolution vendredi, appelant les Etats-Unis à travailler avec les autres pays pour imposer de nouvelles sanctions à la RPDC, exigeant de Pékin de faire pression sur Pyongyang pour cesser ses programmes nucléaires.  

 

Pékin a déclaré être "fermement opposée" et "profondément mécontente" de l'essai nucléaire de Pyongyang. Elle a appelé à des négociations pour résoudre cette question. 

 

Shi Yinhong, professeur de relations internationales à l'Université chinoise Renmin, a déclaré à l'agence de presse Xinhua que la RPDC avait décidé de procédé à un essai nucléaire sur la base de ses propres intérêts.  

 

Il a déclaré que la RPDC était un pays indépendant qui décide de ses propres affaires.

 

chen_qi_tsinghua_university.jpgSelon Chen Qi, professeur de relations internationales à l'Université Tsinghua (photo à droite, source), les Etats-Unis n'ont pas respecté les préoccupations de sécurité de la RPDC et c'est la raison pour laquelle la question nucléaire sur la péninsule coréenne n'a pas été résolue.  

 

D'après Chen, "au coeur de la question nucléaire se trouvent les préoccupations de sécurité de Pyongyang, ignorées depuis longtemps par Washington".

 

Les Etats-Unis ont déployé des armes nucléaires en République de Corée pendant la guerre froide. Ce n'est qu'en 1991 qu'ils les ont retirées.  

 

Malgré ce retrait, Washington a déclaré que Séoul est toujours sous le parapluie nucléaire américain, position réaffirmée par le Président américain Barack Obama après le dernier essai nucléaire nord-coréen.

 

Selon la Maison blanche, Obama rencontrera le Premier ministre Shinzo Abe vendredi, et l'essai nucléaire de Pyongyang figurera en bonne place dans les discussions.

 

Obama a qualifié l'essai de "provocation" et déclaré que lui et Abe étaient d'accord pour coopérer sur des mesures visant à empêcher le développement du programme nucléaire de la RPDC. Il a déclaré que les Etats-Unis restaient engagés dans la défense du Japon, y compris par des moyens nucléaires.

 

Cité par l'agence Xinhua, Ruan Zongze a observé que "la situation actuelle en Asie du Nord-Est est déséquilibrée, la Corée du Sud et le Japon étant protégés par le parapluie nucléaire américain".

 

Dans le même temps, les Républicains américains appellent l'administration Obama à adopter une position plus dure contre Pyongyang.

 

Selon Wang, les sanctions ont été le principal instrument politique des Américains. Mais les sanctions seules ne permettent pas de résoudre la question : elles ne font qu'accroître l'hostilité entre les Etats-Unis et la RPDC.

 

Chen de l'Université Tsinghua a déclaré que Washington ne souhaitait peut-être pas voir la question nucléaire de Pyongyang résolue, parce qu'elle apporte un prétexte aux Etats-Unis pour déployer des systèmes antimissiles et conduire des exercices militaires dans la région, conformément à sa volonté de rééquilibrage militaire en Asie de l'Est.

 

Source : China Daily (article traduit de l'anglais par l'AAFC)

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 09:45

Dans une dépêche en date du 12 février 2013, l'agence KCNA de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a annoncé que la RPDC avait procédé avec succès, plus tôt dans la matinée, à son troisième essai nucléaire souterrain. Cette mesure, qui s'inscrit dans le renforcement des capacités de dissuasion nucléaire et d'auto-défense nord-coréennes, intervient dans un contexte d'escalade des tensions en Asie du Nord-Est, suite notamment à l'adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 2087 ayant renforcé les sanctions contre la RPDC. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) réaffirme son engagement constant en faveur de la paix et du dialogue dans la péninsule coréenne.

 Localisation_essai_12fev2013.JPGSelon les sources nord-coréennes et occidentales, la RPDC a procédé à son troisième essai nucléaire, d'une puissance de 6 à 7 kilotonnes, dans la région de Kilchu à 11h58 heure locale (3h58, heure de Paris) le 12 février 2013. Cet essai intervient quelques heures avant le discours sur l'Etat de l'Union que devait prononcer le président Barack Obama après sa réelection, et qui a dénoncé une "grave menace" sur la "sécurité mondiale". Pour la RPDC, il coïncide surtout avec l'anniversaire de l'ancien dirigeant Kim Jong-il, le 16 février, célébré en RPDC comme la Fête de l'Etoile brillante.

Par rapport aux deux premiers essais de 2006 et 2009, l'agence nord-coréenne KCNA a précisé que ce troisième essai souterrain avait utilisé une bombe A miniaturisée (mais d'une puissance supérieure à l'essai de 2009), et qu'il intervenait en réaction aux mesures hostiles des Etats-Unis, à l'origine des nouvelles sanctions prises par le Conseil de sécurité des Nations Unies - qui doit tenir une réunion d'urgence le même jour. La Corée du Sud a été parmi les premiers pays à condamner l'essai nord-coréen, tandis que les Etats-Unis ont annoncé qu'ils coopèreraient avec Séoul sur ce dossier. La Russie a également exprimé sa condamnation.

Comme lors des deux précédents essais nucléaires nord-coréens en 2006 et en 2009, c'est le même scénario qui se rejoue : un lancement de fusée ou un tir de missile par la RPDC (le 12 décembre 2012, il y a très exactement un mois, la RPDC avait réussi la mise sur orbite du satellite Kwangmyonsong-3), suivie de sanctions accrues du Conseil de sécurité des Nations Unies puis, en réaction, d'un essai nucléaire par la RPDC. 

Pour enrayer un engrenage par trop prévisible, l'Association d'amitié franco-coréenne réaffirme son engagement en faveur du dialogue entre toutes les parties impliquées : notre conviction est que les discussions internationales, en vue d'une paix durable dans la péninsule coréenne, sont seules à même d'empêcher que la situation ne dégénère en un nouveau conflit meurtrier pour les populations coréennes, la guerre de 1950-1953 ayant causé trois millions de morts. Tel est le sens des initiatives prises par l'AAFC, qui relaie depuis plus de deux ans une pétition pour un traité de paix en Corée en lieu et place de l'accord d'armistice de 1953 ayant mis fin aux combats de la guerre de Corée, ainsi que plus récemment notre décision d'écrire à l'ambassadeur américain en France pour favoriser le dialogue direct entre Washington et Pyongyang.


Essais_nucleaires_1945-2013.JPG

En plus de ces essais confirmés, Israël ou l'Afrique du Sud, voire les deux conjointement, auraient effectué un essai le 22 septembre 1979 dans l'océan Indien.

 

Sources : KCNA, Le Figaro, Xinhua, Wikipedia

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 14:48

L'escalade dans la péninsule coréenne a encore monté d'un cran avec les propos tenus par le chef d'état-major des armées sud-coréennes, le général Jung Seung-jo, qui a évoqué une possible "attaque préventive" contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) condamne avec la plus grande fermeté ces déclarations qui ne font qu'attiser les risques de guerre. Soucieuse de tout mettre en oeuvre pour empêcher que la situation ne dégénère en un conflit ouvert, l'AAFC a pris l'initiative de s'adresser à l'ambassadeur américain en France pour sauver les chances du dialogue et permettre l'établissement d'une paix durable : alors que les pays occidentaux sont prompts à faire pression sur la Chine pour qu'elle dissuade la RPDC de procéder à un nouvel essai nucléaire, les Etats-Unis et leurs alliés devraient s'appliquer les mêmes règles de conduite vis-à-vis de la Corée du Sud, dont les autorités conservatrices misent sur la tolérance des puissances occidentales à leur égard pour s'engager dans une surenchère avec Pyongyang.

 

Pour qu'il y ait escalade, il faut qu'à l'action d'une partie réponde une action de l'autre partie. C'est aujourd'hui ce qui se passe dans la péninsule coréenne, où la Corée du Sud multiplie les initiatives et les déclarations de nature à attiser les tensions, en exploitant au maximum le biais des médias occidentaux à emboîter le pas de leurs gouvernements dans la mise en cause exclusive de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).

 

missile_sud-coreen.jpgLa Corée du Sud a tout d'abord déclaré qu'elle souhaitait accroître la portée de ses missiles balistiques, de façon à pouvoir atteindre non seulement tout point du territoire nord-coréen, mais aussi la Chine, la Russie et le Japon. Elle ne peut pas le faire aujourd'hui sans un accord de la puissance américaine, à laquelle son commandement reste subordonné en temps de guerre. 

 

Seule, ou presque, dans un paysage médiatique français qui ne veut pas voir la montée en puissance des faucons dans l'administration et l'armée sud-coréennes, l'AAFC avait alors pointé les risques d'escalade des tensions. De fait, la mise sur orbite réussie par la Corée du Nord du satellite Kwangmyonsong-3 quelques semaines plus tard, le 12 décembre 2012, signifiait également les progrès réalisés par la RPDC dans le domaine balistique. Quand la Corée du Sud veut pouvoir attaquer la Corée du Nord, cette dernière se dote de capacités au moins équivalentes pour dissuader tout risque d'attaque à son encontre.

 

Alors que les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies ont dénoncé une "provocation" nord-coréenne après le le lancement du 12 décembre et adopté une nouvelle résolution élargissant les sanctions contre la RPDC, ils sont resté silencieux quand, le mois suivant, la Corée du Sud est parvenue à son tour à mettre en orbite un satellite artificiel.

 

Dénonçant une règle du "deux poids, deux mesures", la Corée du Nord, consciente de ne pouvoir compter que sur ses propres forces, a alors annoncé qu'elle renforcerait ses capacités de dissuasion, y compris nucléaire.

 

Par la voix de son chef d'état-major interarmées, la Corée du Sud a ensuite déclaré qu'elle n'hésiterait pas à mener une "attaque préventive" contre la Corée du Nord, vraisemblablement sur ses sites d'armes nucléaires. Faisant coïncider les paroles et les actes, l’amiral Choi Yun-hee, commandant en chef de la marine sud-coréenne, a annoncé le 7 février 2013 que les navires sud-coréens seraient dotés de missiles d'attaque terrestre. Au-delà de l'habillage des termes - aucune attaque n'est préventive par nature, car une partie ne peut jamais affirmer objectivement qu'elle détient la preuve d'une attaque imminente contre elle - une comparaison permet de mieux comprendre laquelle des deux Corée adopte la posture la plus agressive. Quand la France procédait à des essais nucléaires pour se doter d'une force de dissuasion, si un pays étranger avait détruit les sites français en violant le territoire aérien français, qui aurait été l'agresseur ? La France ou le pays étranger, qui aurait bien sûr parler d'attaque "préventive" pour justifier ce qui n'aurait été qu'une agression contraire à toutes les règles du droit international ?

 

Aujourd'hui, la Corée du Nord entend procéder à un nouvel essai pour, selon sa doctrine nucléaire analogue à celle de la France, disposer d'une force de dissuasion. Quand la Corée du Sud parle d'attaquer la Corée du Nord, elle est pleinement consciente qu'elle attise les risques d'une nouvelle guerre dans la péninsule, soixante ans après un premier conflit ayant causé trois millions de morts et endeuillé toute la nation coréenne. Le chef d'état-major interarmées sud-coréen a ainsi déclaré clairement la nécessité selon lui d' "élimininer" l'arme nucléaire nord-coréenne et de "faire la guerre, plutôt que d'être attaqué". Mais pas plus que la France de de Gaulle ne concevait l'arme nucléaire à des fins d'agression - un seul pays a utilisé à ce jour la bombe nucléaire, les Etats-Unis ,contre le Japon en 1945 - la Corée du Nord n'entend déployer les armes nucléaires sur un champ de bataille à l'encontre de la Corée du Sud. La  prétendue menace nucléaire nord-coréenne sert de prétexte à l'armée sud-coréenne pour justifier (préventivement ?) une éventuelle attaque du territoire nord-coréen. 

 

Après ces déclarations, la Corée du Nord a évidemment réagi en déclarant qu'elle était prête à une mener une "guerre réelle" contre la Corée du Sud, dont elle a dénoncé les propos "bellicistes".

 

Enfin, pourquoi la Corée du Sud devrait-elle considérer qu'une Corée du Nord, dotée de l'arme nucléaire, serait davantage une menace pour sa sécurité qu'elle ne l'est aujourd'hui ? La RPDC a déjà procédé à deux essais nucléaires, en 2006 et en 2009, sans qu'aucun pays étranger ne bombarde pourtant les sites nucléaires nord-coréens, comme la Corée du Sud menace aujourd'hui de le faire, avec les graves risques d'escalade qu'emporterait une agression contre le territoire souverain d'un autre Etat.

 

En réalité, les faucons sud-coréens se sentent aujourd'hui enhardis par la faiblesse apparemment de l'administration Obama qui ne veut pas désavouer son allié sud-coréen, après des fortunes diverses lors de ses interventions sur les théâtres d'opérations extérieures, en Irak ou en Afghanistan. Le silence assourdissant des gouvernements et des médias occidentaux après la demande de la Corée du Sud d'accroître la portée de ses missiles balistiques, puis le tir de fusée auquel Séoul a décidé de procéder en pleine montée des tensions après le lancement du satellite nord-coréen Kwangmyongsong-3, ont convaincu les faucons sud-coréens qu'ils disposaient d'une marge de manoeuvre pour imposer leurs propres vues, ce qu'ils n'avaient pu faire ni en 2006, ni en 2009.

 

Il n'est pas non plus anodin que les déclarations quant à une "attaque préventive" viennent du chef d'état-major interarmées à Séoul, au moment où l'opinion sud-coréenne se focalise sur la nomination d'un nouveau Premier ministre à Séoul, l'ancien procureur Chung Hong-won, avant l'entrée en fonctions de la nouvelle présidente conservatrice Mme Park Geun-hye. L'administration sortante du Président Lee Myung-bak peut ainsi chercher à pousser au maximum son avantage actuel, alors que Mme Park a fait savoir qu'elle entendait mettre fin à la ligne intransigeante vis-à-vis du Nord suivie par le Président Lee. Mais dans la société sud-coréenne où les militaires ont occupé le pouvoir politique pendant des décennies, il est inquiétant que les positions nationales sur les questions de défense, vitales pour l'Etat, soient exprimées par l'état-major, et non par le pouvoir politique ; le système politique nord-coréen, certes très différent, garantit au moins la prééminence des civils - via le Parti du travail de Corée - sur les militaires.

 

L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) n'a toujours eu qu'une seule ligne : pour la paix en Corée et contre tout nouvel affrontement entre le Nord et le Sud. Tel est le sens de notre campagne de pétition pour la signature d'un traité de paix en Corée, en lieu et place de l'accord d'armistice de 1953, afin d'empêcher que les tensions récurrentes depuis soixante ans ne dégénèrent en un nouveau conflit armé. L'AAFC est pour la dénucléarisation de toute la péninsule coréenne. Réaliste, elle sait toutefois qu'un tel objectif ne peut être atteint par un désarmement unilatéral de la Corée du Nord. C'est la raison pour laquelle elle est favorable à toutes les initiatives tendant à renouer le dialogue entre l'ensemble des parties concernées, pour un règlement pacifique des différends encore en suspens. Un mécanisme de sécurité collective, sur le modèle de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), nous semble la réponse la plus adaptée à l'atteinte de ce but ultime : la paix et la prospérité dans cette partie du monde.

 

Pour y parvenir, l'AAFC ne peut que prendre acte de ses divergences avec la diplomatie française. Lors de la remise de ses lettres de créances au Président Lee Myung-bak, le nouvel ambassadeur français en Corée du Sud, Jérôme Pasquier (photo ci-dessous), a reitéré dans un entretien à l'agence sud-coréenne Yonhap la position française traditionnelle, selon laquelle "les autorités nord-coréennes doivent s’abstenir de toute nouvelle violation de la légalité internationale et notamment de tout nouvel essai nucléaire". L'attitude sud-coréenne tendant à une escalade des tensions n'a fait l'objet d'aucune observation de sa part, Jérôme Pasquier rejetant de fait l'actuelle dégradation de la situation entièrement sur la RPDC. Cette présentation des événements et leur interprétation nous apparaissent déséquilibrées.

 

jerome-pasquier_ambassadeur_de_France_en_Coree-du-Sud.jpg

 

Aujourd'hui, nous estimons, à l'AAFC, qu'un apaisement des tensions en Corée exige un dialogue direct entre Pyongyang et Washington. Tel est le sens d'un courrier que le président de l'AAFC, André Aubry, a pris l'initiative d'adresser à l'ambassadeur des Etats-Unis en France, où nous faisons part de notre attachement au dialogue et à la paix dans la péninsule coréenne en sollicitant un rendez-vous avec lui-même ou l'un de ses représentants. En effet, les autorités américaines ont une attitude plus pondérée que la Corée du Sud : Victoria Nuland, porte-parole du département d'Etat américain, a certes déclaré que Washington n'écartait aucune option, mais elle a indiqué que les Américains privilégiaient la voie du dialogue, dans une politique constante mêlant la carotte (des échanges accrus) et le bâton (de nouvelles sanctions). La recherche d'un consensus - notamment avec la Chine - exclut le principe d' "attaques préventives" évoquées, sinon souhaitées, par le haut commandement sud-coréen. Comme à l'époque de Kim Jong-il, il y a donc fort à parier que les Etats-Unis chercheront à freiner les ardeurs des éléments les plus bellicistes de leur coalition, en particulier dans l'administration sud-coréenne. Les Etats-Unis ont aussi fait observer au nouveau gouvernement japonais, ultra-nationaliste, que les activités nucléaires nord-coréennes n'avaient rien à voir avec la liste des Etats terroristes, où Tokyo voudrait à nouveau voir figurer Pyongyang. Mais les Américains se donneront-ils les moyens de leur politique, alors que la première présidence Obama n'a pas exercé de pressions suffisantes sur Séoul pour engager sérieusement l'administration Lee Myung-bak sur la voie du du dialogue intercoréen ? Au-delà de l'escalade actuelle, il faut envisager l'après-crise : seul un scénario crédible, conforme aux intérêts de toutes les parties en présence, permettra de sortir de l'impasse actuelle : la RPDC demande des garanties de sécurité, que seuls les Etats-Unis peuvent apporter. La préservation de la paix est à ce prix.

 

Principales sources : AAFC, RT.com (dont photo de missile sud-coréen) et Yonhap.

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 22:58

La question palestinienne est emblématique des différences d'approche diplomatique entre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), qui a toujours soutenu la Palestine, et la République de Corée (du Sud) qui, invoquant son alliance avec les Etats-Unis, évite de prendre position. De plus en plus de voix s'élèvent toutefois dans le Sud de la péninsule pour que Séoul reconnaisse la Palestine, comme la grande majorité des Etats membres de l'Organisation des Nations unies (ONU).

 

L'Autorité palestinienne dispose d'une représentation diplomatique permanente à Pyongyang. Dans le cadre de son soutien aux luttes d'indépendance des peuples du Tiers Monde, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a en effet toujours pris position en faveur des Palestiniens. Le 23 novembre 2012, le ministère des Affaires étrangères (MAE) de la RPD de Corée a ainsi condamné "l'attaque militaire à grande échelle" conduite par Israël sur la bande de Gaza, qui "a tué de nombreux civils innocents". Toujours selon le MAE nord-coréen, il s'agit d'un "acte criminel impardonnable" "violant la souveraineté nationale de la Palestine", et qui met en cause la paix et la sécurité au Proche-Orient. Pyongyang a appelé à la cessation de "l'agression israélienne" et souligné le droit légitime du peuple palestinien à fonder un Etat souverain.

 

Pour sa part, la Corée du Sud dirigée par le Président conservateur Lee Myung-bak a évité de prendre position sur Gaza. Selon un responsable gouvernemental sud-coréen, "le Hamas a été désigné comme une organisation terroriste par les Etats-Unis, et comme il ne participe pas à l'Autorité palestinienne, il est difficile pour notre gouvernement de prendre clairement position". En octobre 2009, la Corée du Sud s'était déjà abstenue lors du vote sur le rapport Goldstone, qui tenait Israël pour responsable des crimes de guerre commis lors de l'attaque de Gaza en décembre 2008. Le rapport avait été adopté par une majorité d'Etats.

 

 

Réactions internationales à la guerre de Gaza de 2008-2009

 

reactions_internationales_guerre-de-gaza_2008-2009.JPG

  •  
  •      Israel-Gaza
  •      Pays ayant soutenu la position israélienne ou soutenu le droit d'Israël à se défendre.
  •      Pays ayant condamné l'action du Hamas seulement.
  •      Pays ayant soutenu le droit du Hamas à résister.
  •      Pays ayant condamné l'action d'Israël seulement.
  •      Pays ayant appelé à la fin des hostilités et ayant condamné les deux ou aucun des belligérants.
  •      Pays n'ayant pas pris officiellement position.

La Corée du Sud s'était encore abstenue lors du vote d'adhésion de la Palestine à l'UNESCO. Evoquant les débats au Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU), le ministre des Affaires étrangères sud-coréen avait clairement affirmé que l'alliance américano - sud-coréenne déterminait la position de son pays, en ajoutant qu'au demeurant la Corée du Sud n'était pas membre du CSNU : "nous devons prendre en considération notre alliance avec les Etats-Unis, et comme nous ne votons pas nous ne prenons pas position".

 

Mais cette "politique de la chaise vide" ne pourra pas être éternellement reconduite, au moment notamment où l'accession de la République de Corée au statut de membre non permanent du CSNU doit l'amener à assumer ses responsabilités d'Etat national souverain, et à ne plus fonder sa politique étrangère au regard des seuls intérêts états-uniens.

 

Des responsables du ministère sud-coréen des Affaires étrangères ont reconnu qu'il y avait un débat sur une possible évolution de la position de Séoul, en tant que membre du CSNU. Alors que l'histoire de la Corée n'a été que trop marquée par une subordination aux grandes puissances, il serait logique que la République de Corée devienne un Etat pleinement souverain et indépendant sur l'ensemble des questions de politique internationale. L'issue du scrutin présidentiel du 19 décembre 2012 jouera à cet égard un rôle déterminant. Alors que la candidate conservatrice Park Geun-hye incarne la continuité de l'alliance resserrée avec les Etats-Unis du président sortant Lee Myung-bak, le candidat d'opposition Moon Jae-in a été un des collaborateurs de l'ancien président Roh Moo-hyun qui a montré qu'il ne prenait pas ses ordres à Washington, notamment - mais pas seulement - sur la question nord-coréenne.

 

Principales sources : AAFC, KCNA, Kyunghyang Shinmun. Carte Wikipédia.

 

 

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 23:19

assemblee_nations_unies.jpgLe 18 octobre 2012, la République de Corée (du Sud) a été élue membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies pour les années 2013 et 2014. Cette reconnaissance du rôle nouveau de la Corée du Sud sur la scène internationale - même si elle a déjà été membre du Conseil de sécurité des Nations Unies en 1996 et 1997 - doit être soulignée. Elle soulève toutefois des interrogations, au regard des déclarations du ministère des Affaires étrangères sud-coréen après cette élection.

 

La Corée du Sud l'a emporté facilement sur le Cambodge et le Bhoutan (par 149 voix contre 43 voix au Cambodge) pour être, sur le continent asiatique, le membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies élu pour les années 2013 et 2014. Membre des Nations Unies depuis 1991 - date à laquelle elle avait rejoint l'organisation internationale en même temps que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) - la République de Corée (du Sud) avait déjà été membre non permanent du Conseil de sécurité en 1996 et 1997. Le 18 octobre 2012, quatre autres membres non permanents ont été choisis pour la période 2013-2014 : l'Argentine, l'Australie, le Luxembourg et le Rwanda. Le Conseil de sécurité compte quinze membres, dont cinq permanents disposant d'un droit de veto (les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni et dix membres non permanents, dépourvus du droit de veto, renouvelés par moitié tous les deux ans.

 

Le ministère des Affaires étrangères sud-coréen a déclaré que "la Corée du Sud pourra prendre une part déterminante dans les efforts des Nations Unies pour la paix et la sécurité du monde", ce qui est effectivement le mandat des Nations Unies, mais tout en ajoutant que "occuper un siège à nouveau au Conseil de sécurité doit aussi contribuer à une gestion stable des situations dans la péninsule coréenne". Les mots sont pesés : il ne s'agit pas de promouvoir la paix dans la péninsule coréenne, ce qui serait d'ailleurs une bien curieuse façon d'utiliser le canal multilatéral pour des négociations qui ont déjà un double caractère bilatéral (entre Séoul et Pyongyang, de même qu'entre Pyongyang et Washington), alors que l'engagement des forces sous le drapeau des Nations Unies et sous commandement américain pendant la guerre de Corée (1950-1953) a décrédibilisé l'ONU comme acteur impartial sur la question coréenne. Mais il s'agit bien de fait face à des "situations", sous-entendu des cas de crise dans la péninsule coréenne, où la Corée du Sud a été l'une des parties impliquées, et ayant entraîné des saisines du Conseil de sécurité. Que le gouvernement conservateur sud-coréen affirme sans ambages qu'il souhaite être juge et partie sur les questions touchant à la péninsule coréenne serait non seulement contraire aux principes d'arbitrage et de médiation dans les relations internationales, mais constituerait aussi un dévoiement des principes fondateurs de la Charte des Nations Unies.

 

La déclaration sud-coréenne est d'autant plus malencontreuse qu'elle intervient dans un contexte tendu entre les deux Corée, et que les initiatives sud-coréennes jettent de l'huile sur le feu : la visite du Président conservateur Lee Myung-Bak sur l'île Yeonpeong, théâtre d'affrontements meurtriers entre les deux Corée il y a moins de deux ans, a soulevé de vives protestations de la Corée du Nord, qui a rappelé qu'elle ne reconnaît pas la ligne de démarcation maritime tracée unilatéralement par les Etats-Unis à la fin de la guerre de Corée.

 

Sources : Le Nouvel Observateur, Yonhap (notamment, dépêche du 19 octobre 2012 et photo).

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