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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 23:04

Dans un rapport d'une commission d'enquête des Nations Unies sur les droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), dont les conclusions ont été rendues publiques le 17 février 2014, un témoignage a été largement médiatisé, notamment par la portée des atteintes aux droits de l'homme en RPDC qu'il dénonce : celui du réfugié nord-coréen Shin Dong-hyuk, dont la biographie a été publiée par le journaliste Blaine Harden sous le titre Rescapé du camp 14 - aujourd'hui un des best-sellers sur la Corée du Nord en Occident. Alors que Shin Dong-hyuk se présente comme le seul Nord-Coréen né dans un camp de travail qui soit parvenu à quitter une "zone de contrôle maximal", son récit a soulevé des interrogations chez des spécialistes de la RPDC pourtant peu suspects de sympathies pour le régime de Pyongyang, avant qu'un rapport nord-coréen dénonce cette enquête en mettant en cause la véracité de certains témoignages, dont celui de Shin Dong-hyuk. Les médias nord-coréens ont aussi diffusé un reportage où ils donnent la parole au père de Shin Dong-hyuk et à d'autres citoyens de la RPDC qui l'accusent d'être un affabulateur et d'avoir fui le pays après avoir commis un crime de droit commun, un viol sur mineure. Alors que Shin Dong-hyuk n'a pas cherché, à notre connaissance, à démentir point par point les graves accusations portées à son encontre (il se contente de rejeter le récit de son père comme le résultat d'une manipulation par les autorités nord-coréennes), la question est posée : qui manipule réellement qui et qui est vraiment Shin Dong-hyuk ?

A l'Assemblée nationale sud-coréenne, les députés démocrates sont mécontents : ils viennent d'entendre l'énième témoignage extraordinaire d'un réfugié nord-coréen qu'ils soupçonnent, une nouvelle fois, d'agir pour le seul compte d'activistes anti-RPDC, voire des services de renseignement sud-coréens. Car leur but n'est pas d'entendre des militants livrer des récits plus ou moins fantasmatiques, mais bien de connaître la vérité sur la Corée du Nord par des témoins dignes de foi.

Aujourd'hui, l'histoire bafouille, à propos des droits de l'homme en Corée du Nord et de nouveaux témoins extraordinaires. Mais lorsque la commission d'enquête des Nations Unies sur les droits de l'homme en RPDC a mené son enquête, elle ne s'est - hélas - pas embarrassée de porter le moindre regard d'analyse critique, ni de donner la parole à la défense, se transformant en tribunal ayant instruit à charge (ne s'agirait-il pas à présent de traduire les dirigeants de la RPDC devant la Cour pénale internationale ?).

Parmi les témoignages capitaux, celui de Shin Dong-hyuk détonne : s'exprimant avec aisance, belle gueule, dentition parfaite, le réfugié nord-coréen "rescapé du camp 14" ne semble pas porter les stigmates qu'on pourrait attendre d'un long séjour dans un des camps de rééducation réputés les plus durs de RPDC. Pour Konstantin Asmolov, chercheur russe au Centre d'études coréennes à l'Institut des études d'Extrême-Orient, le doute est réel : "A ces auditions publiques il y avait 30 personnes qui ont raconté toutes sortes d'histoires horribles. Il y avait Shin Dong-hyuk qui ne parle pas avec un accent nord-coréen, et dont les mains sont celles d'un intellectuel plutôt que d'une personne qui aurait vécu dans un camp toute sa vie. La commission (des Nations Unies) n'a pas procédé à un nombre suffisant d'entretiens privés pour pouvoir accuser le gouvernement [nord-coréen] de crimes de guerre et de famines, c'était un show."

Dans un documentaire intitulé "Lie and Truth" (mensonge et vérité), d'abord publié sur le site nord-coréen Uriminzokkiri, les accusations portées contre Shin Dong-hyuk par son père et plusieurs personnes de son entourage sont extrêmement lourdes. Pour son père Shin Kyong-sop, Shin Dong-hyuk, né sous le nom de Shin In-gun avant de changer son nom suite à son départ au Sud, n'est pas né en 1982 dans un camp, comme il le prétend, mais le 19 novembre 1980 dans le village de Soksan. Shin Kyong-sop ajoute être né en 1944, et pas en 1946 comme le prétend son fils, et que les blessures de Shin Dong-hyuk ont des origines accidentelles, remontant à l'enfance, dont il livre les détails. Shin Dong-hyuk n'aurait jamais vécu dans un camp de concentration, mais il aurait travaillé à partir de 1997 dans la mine de son village de Soksan, où un accident survenu en août 2002 aurait entraîné son invalidité partielle à une main (Shin Dong-hyuk affirme qu'il s'agit d'une punition au camp). Si Shin Kyong-sop aurait bien été condamné à une peine de rééducation en 1975 suite à un vol contre l'Etat (et non à cause du comportement d'un des membres de sa famille, comme le prétend Shin Dong-hyuk), il déclare avoir épousé Jang Hye-kyong, la mère de Shin Dong-hyuk, bien avant, en 1972, et non dans le camp de rééducation 14 (où il déclare n'avoir jamais vécu) comme l'affirme son fils. Enfin, la mère de Shin Dong-hyuk et son frère aîné auraient été condamnés à mort et exécutés en 1996 suite à un meurtre avec préméditation - alors que pour Shin Dong-hyuk ils auraient été tués devant lui et son père pour avoir tenté de fuir le camp 14.

Accusé de vols et surtout d'avoir commis un viol à l'encontre d'une fillette de 13 ans, Lee Eun-ha, en 2001, Shin Dong-hyuk a ensuite cherché à fuir la RPDC, parvenant finalement à rejoindre la Corée du Sud après une première tentative ayant échoué, selon le documentaire publié par Uriminzokkiri.

Il est, à notre connaissance, sans précédent que les médias nord-coréens publient un tel reportage relevant du journalisme d'investigation. Le récit ainsi donné n'est pas nécessairement des plus flatteurs pour la RPDC, qui notamment ne communique pratiquement jamais sur les condamnations à mort qu'elle prononce - or, elle reconnaît les exécutions de la mère et du frère aîné de Shin Dong-hyuk, mais dans des circonstances bien différentes de celles données par le réfugié nord-coréen. Le meurtre avec préméditation pour un motif d'argent est au demeurant un crime qui n'avait rien d'exceptionnel dans le contexte des sévères pénuries alimentaires pendant la "dure marche" des années 1990.

Interrogé par CNN sur ce reportage, Shin Dong-hyuk a reconnu que c'est bien son père qui s'est ainsi exprimé, tout en estimant qu'il est un "otage". Mais les autorités nord-coréennes auraient-elles ainsi pris le risque de faire parler publiquement, en prenant à témoin leur entourage et leurs connaissances, autant de personnes ayant connu intimement Shin Dong-hyuk? Aucune des autres mises en cause à son encontre - pas même sur son identité et sa date de naissance - n'est mentionnée dans l'article de CNN, ni donc a fortiori démentie par l'intéressé.

Quand Shin Dong-hyuk prétend qu'on ne sort pas du camp 14, son père Shin Kyong-sop en est bien manifestement sorti : et pour cause, il affirme n'y être jamais entré! Comme son fils, il ne porte pas les signes d'une captivité prolongée (perte de dents, de cheveux...). Il observe que son fils a probablement pensé qu'il était décédé, en raison de ses problèmes cardiaques, et qu'il était donc le seul survivant de sa famille. Shin Kyong-sop, remarié, a ajouté que Shin Dong-hyuk avait aussi participé au choix de sa belle-mère, qui apparaît également dans le documentaire.

Enfin, le documentaire nord-coréen apporte des détails qui mériteraient une analyse spécifique, indépendamment de la question ici traitée : Shin Kyong-sop a été condamné en 1975, à une époque où il n'existait pas de prisons mais seulement des camps de rééducation en Corée du Nord ; contrairement à une idée reçue, tous les hommes nord-coréens ne rejoignent pas l'armée s'ils échouent aux examens d'entrée à l'université, comme le fait apparaître le récit de Shin Dong-hyuk, qui serait devenu mineur en 1997 après avoir terminé ses études secondaires...

Shin Dong-hyuk pourrait donc n'être qu'un affabulateur. Quels intérêts sert un tel "témoignagne" répété à l'envi jusqu'à écoeurement par des médias du monde entier, sans le moindre recul ni sens critique? Certainement pas ceux de la défense des droits de l'homme, en Corée du Nord ou ailleurs.

Sources :

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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 23:49

Le 13 septembre 2014, l'Association de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pour les études sur les droits de l'homme a publié un rapport qui apparaît comme une réponse au rapport très médiatisé de la commission d'enquête des Nations Unies sur les droits de l'homme en RPDC, rendu public en février 2014. Au-delà des mises en cause des Etats-Unis de leurs alliés comme instrumentalisant la question des droits de l'homme à des fins politiques et relevant d'une politique du "deux poids deux mesures", d'autant qu'ils sont eux-mêmes loin d'être un modèle en ce domaine, le rapport nord-coréen permet d'apporter un éclairage plus original sur la manière dont la RPD de Corée définit positivement les droits de l'homme, tout en abordant des sujets connexes néanmoins importants pour comprendre le contexte international, tels que la question nucléaire (p. 104). Pour quiconque veut comprendre la position nord-coréenne, en vue notamment d'engager un dialogue sur un des sujets donnant lieu à de vraies divergences avec les pays occidentaux, ce rapport nord-coréen mérite assurément d'être lu.

Le rapport de l'Association de la RPDC pour les études sur les droits de l'homme est déjà en soi une somme, dans la mesure où il présente dans un seul document l'ensemble des institutions du pays intervenant sur la question des droits de l'homme et dresse une liste exhaustive des fondements constitutionnels et légaux de protection des droits et libertés.

Tout d'abord, les auteurs du rapport dressent le constat d'une absence d'interprétation unique des droits de l'homme, pour développer une approche issue des idées du juche, qui considère l'homme comme étant au centre de tout et maître de toutes choses : dans ce contexte, les "droits humains fondamentaux" sont considérés comme étant les droits sociaux-politiques, le respect de la dignité de chaque être humain, le droit à l'existence et l'inviolabilité de la personne humaine ("l'homme est l'être le plus digne et ayant le plus de valeur au monde", p. 10-11).Cette conception se rapproche plus des approches humanistes que de celles strictement marxistes, même si les droits sociaux - de même que les droits à la culture et à l'éducation - occupent une large place dans la liste des droits et libertés qu'établit le rapport. Si chaque pays doit ainsi pouvoir développer sa propre conception des droits de l'homme - en RPD de Corée, sur la base notamment du rejet du colonialisme japonais et du féodalisme après la libération en 1945 - les chercheurs nord-coréens n'en considèrent pas moins que la RPD de Corée doit respecter les traités et conventions internationales auxquels elle est partie, et auxquels le rapport fait de longues références. Par ailleurs, des institutions spécifiques ont été mises en place pour la mise en oeuvre des conventions internationales : par exemple, le comité national de coordination pour la mise en oeuvre de la Convention des droits des enfants a été constitué en 1999, et le Comité national pour la mise en oeuvre de la Convention pour l'élimination de toutes les formes de discrimination contre les femmes en 2001 (p. 48-49). L'Association de la RPDC pour les études sur les droits de l'homme, auteur du rapport, a quant à elle été constituée le 27 août 1992 (p. 52).

Certaines modalités d'exercice des droits sociaux et politiques apparaissent ainsi propres à la RPD de Corée - ainsi du droit de pétition (p. 58), pour lequel une filiation peut par ailleurs être établie avec la Corée de l'époque royale, et qui implique le devoir pour les responsables politiques de prendre en compte les requêtes ainsi formulées. Cette forme de démocratie directe a aussi été très valorisée en d'autres périodes et d'autres lieux, par exemple dans la France révolutionnaire après 1789, étant de nature à réduire la distance entre les citoyens et les élus qu'induit nécessairement la mise en place d'un système représentatif.

Parmi les droits sociaux, on observera que si la durée quotidienne du travail est normalement de huit heures, celle-ci est abaissée à sept heures (pour les travaux souterrains, par exemple dans les mines) et même à six heures pour les métiers les plus pénibles. La gratuité des soins médicaux a été mise en place dès la fin de la guerre de Corée (1950-1953), dans un contexte où il devenait encore plus urgent de secourir les populations éprouvées par le conflit.

S'agissant des droits civils et politiques, le code de procédure pénale a été largement refondu en 2011. Par ailleurs, peu après l'accession au pouvoir du Maréchal Kim Jong-un, une amnistie a été décrétée en janvier 2012 (p. 94).

Dans l'intense activité législative plus récente sur les questions relatives aux droits de l'homme, la première loi sur la protection de l'environnement a été promulguée en 1986.

Les auteurs du rapport revendiquent ouvertement des différences d'approche avec les Occidentaux - par exemple sur l'application de la peine de mort, toujours en vigueur en RPDC, même si celle-ci ne peut pas être appliquée aux mineurs ni aux femmes enceintes (p. 63).

Un des aspects les plus originaux et intéressants du rapport porte sur la coopération initiée par la RPDC avec des ONG et des organisations internationales de protection des droits de l'homme (p. 95 et suivantes) : Amnesty International a effectué plusieurs visites dans le pays, de même que les représentants de l'Union européenne (UE) en 2001-2002. Mais en 2003 la présentation par l'UE d'une résolution sur les droits de l'homme en RPDC devant la Commission des droits de l'homme des Nations Unies a mis fin à ce dialogue.

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 10:30

Comme nous l'annoncions dans notre édition du 7 septembre 2014, une délégation du Parti du travail de Corée (PTC), conduite par Kang Sok-ju, secrétaire du PTC chargé des relations internationales et également membre du bureau politique, a visité la Mongolie (le 6 septembre dernier) puis quatre pays européens (Allemagne, Belgique, Suisse et Italie), du 7 au 16 septembre 2014 - faisant ainsi suite aux visites qu'avaient effectuées des représentants politiques de pays européens en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Nous revenons ici sur les responsables rencontrés par la délégation du PTC pendant son séjour en Europe. 

Kang Sok-ju avec le sénateur Antonio Razzi, président du groupe interparlementaire d'amitié Italie-RPD de Corée du Sénat italien, lors d'une rencontre à Pyongyang le 27 août 2014. Kang Sok-ju a à nouveau revu le sénateur Antonio Razzi lors de sa visite en Italie en septembre 2014.

Kang Sok-ju avec le sénateur Antonio Razzi, président du groupe interparlementaire d'amitié Italie-RPD de Corée du Sénat italien, lors d'une rencontre à Pyongyang le 27 août 2014. Kang Sok-ju a à nouveau revu le sénateur Antonio Razzi lors de sa visite en Italie en septembre 2014.

Comme la délégation de la RPD de Corée représentait le Parti du travail, les rencontres ont essentiellement été conduites au niveau des partis politiques, avec une prédominance - mais sans exclusivités - des partis socialistes et sociaux-démocrates. Mais des échanges ont aussi eu lieu avec des représentants des Parlements (témoignant ainsi de la corrélation qu'établissent les Nord-Coréens entre les discussions interpartisanes et interparlementaires, qui complètent celles d'Etat à Etat) et donc, moins systématiquement, avec des représentants des ministères des Affaires étrangères. La dépêche de l'agence nord-coréenne KCNA sur laquelle nous nous appuyons mentionne aussi des rencontres avec des personnalités du milieu économique, sans mentionner de noms

Les personnalités qui ont reçu la délégation nord-coréenne étaient d'un niveau équivalent à celui du chef de la délégation du PTC, celle-ci ayant été exceptionnellement conduite par un membre de son bureau politique, M. Kang Sok-ju, secrétaire aux relations internationales.

Cette visite en Europe n'avait pas comme but de conclure des accords, mais de renforcer les échanges en évoquant largement les relations bilatérales avec l'Union européenne et les pays européens. Plusieurs des personnalités rencontrées devraient à leur tour visiter la RPD de Corée, la dépêche de KCNA mentionnant leur intention de se rendre dans le Nord de la péninsule coréenne. 

En Allemagne,  la délégation du PTC a rencontré Niels Annen, membre du bureau politique du Parti social-démocrate (SPD) et président de la commission internationale du parti, ainsi qu'un fonctionnaire de "haut niveau" du ministère des Affaires étrangères dont le nom n'a pas été précisé (tant dans la version en anglais que dans celle en coréen de la dépêche de KCNA, cette précision étant utile puisque les traductions en anglais des dépêches en KCNA omettent fréquemment de traduire les noms de certaines personnalités étrangères, en n'indiquant que leurs fonctions). Il s'agissait donc vraisemblablement d'une rencontre sous couvert d'anonymat, alors que l'Allemagne est en pointe au sein de l'Union européenne pour les relations avec la RPD de Corée : d'une part, elle est le principal partenaire économique de la RPDC en Europe ; d'autre part, elle a elle-même connu l'expérience de la division et de nombreuses délégations sud-coréennes ont ainsi visité l'Allemagne pour envisager des scénarios de réunification.

Alors que le Parti socialiste européen (PSE), qui regroupe les élus socialistes et sociaux-démocrates au sein du Parlement européenn, était l'une des puissances invitantes de la délégation du PTC, celle-ci a rencontré un certain nombre d'élus : le Roumain Victor Bostinaru, vice-président du groupe, l'Allemand (CDU) Elmar Brok, président de la commission des Affaires étrangères. La dépêche de KCNA mentionne aussi un collaborateur d'élus, le Belge Yonnec Polet, secrétaire général adjoint chargé des relations extérieures du PSE, ainsi placé de manière inhabituelle (car contraire aux usages parlementaires occidentaux) au même niveau que les élus et les représentants de partis, ainsi que l'ancien député européen et ministre des Affaires étrangèrs grec Stavros Lambrinidis, représentant spécial pour les droits de l'homme du Service d'action extérieur européen.

En Suisse et en Italie, les personnalités rencontrées recouvrent un spectre politique plus large que la social-démocratie, s'étendant notamment aux autres partis de gouvernement situés à droite de l'échiquier politique :

- en Suisse, Beatrice Wertli Meierhans, secrétaire générale du Parti chrétien-démocrate, Pascal Couchepin, ancien président de la Confédération suisse, Yves Rossier, secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères (haut fonctionnaire rattaché directement au Conseil fédéral, organe exécutif de la Confédération suisse) et Yohannes Matyassy, secrétaire général adjoint, directeur pour la région Asie-Pacifique ;
 

- Maurizio Gasparri, vice-président (Forza Italia) du Sénat italien, Paolo Romani, président du groupe parlementaire de Forza Italia au Sénat, Massimiliano Fedrica, président du groupe parlementaire de la Ligue du Nord à la Chambre des députés, Gian Marco Centianio, président du groupe parlementaire de la Ligue du Nord au Sénat, le sénateur Antonio Razzi, mentionné en sa qualité de secrétaire général de la commission des Affaires étrangères du Sénat (et non de président du groupe interparlementaire d'amitié avec la RPD de Corée). Jugeant visiblement plus significatives les rencontres au niveau parlementaire que celles avec les représentants des partis italiens, la dépêche de KCNA ne mentionne pas d'audience avec des membres du Parti démocrate, dont des représentants ont pourtant certainement été rencontrés, suite notamment à la visite en RPDC, en 2012, de son secrétaire aux relations internationales.


Enfin, la dépêche de KCNA mentionne une rencontre avec le diplomate britannique Jonathan Powell, ancien chef de cabinet de Tony Blair lorsqu'il était Premier ministre.


Sources :

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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 05:43

Le 6 septembre 2014, une délégation du Parti du travail de Corée (PTC), au pouvoir en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), a quitté Pyongyang pour visiter la Mongolie et plusieurs pays européens, selon l’agence KCNA de la RPD de Corée. Ce déplacement, prévu jusqu’au 16 septembre, est d’autant plus marquant pour le développement des relations entre la RPD de Corée que la délégation du PTC est conduite par Kang Sok-ju, secrétaire du PTC chargé des relations internationales.

Kang Sok-ju, secrétaire du Parti du travail de Corée chargé des relations internationales

Kang Sok-ju, secrétaire du Parti du travail de Corée chargé des relations internationales

En Europe, la délégation du PTC visitera l’Allemagne, la Belgique, la Suisse et l’Italie. Cette visite fait suite au déplacement récent de plusieurs délégations de parlementaires et responsables politiques européens en RPDC, notamment du Parti travailliste britannique, du Parti social-démocrate allemand et du Parti social-démocrate suédois en mars dernier. Le Parti socialiste européen (PSE) a ainsi invité en retour la délégation du PTC, à l’instar d’autres partis sociaux-démocrates européens – ce qui marque une intensification des échanges et des contacts par le canal des partis. L’implication du PSE explique l’étape bruxelloise de la visite en Europe.

 

Le niveau de l’invitation, assez peu commun, explique la présence de Kang Sok-ju à la tête de la délégation. Ce déplacement s’inscrit dans une phase où la RPD de Corée manifeste une volonté de détente internationale et effectue des gestes d’ouverture à l’égard des pays occidentaux – toujours en septembre 2014, Ri Su-yong, ministre des Affaires étrangères de la RPD de Corée devrait s’exprimer lors de l’Assemblée générale des Nations Unies, et ce sera la première prise de parole à ce niveau d’un diplomate nord-coréen dans l’enceinte de l’ONU depuis 1999.

 

L’Union européenne, actuellement absente des pourparlers multilatéraux sur la question nucléaire, pourrait être en position de jouer un rôle accru si elle le souhaitait.

 

On ne peut que regretter que la France soit, une fois encore, à la traîne parmi les pays européens dans le dialogue avec la RPD de Corée qui permet d’améliorer la compréhension mutuelle – même si les visites de parlementaires français, qui se sont accrues depuis 2011, ont permis de nouer d’utiles canaux d’échanges.

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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 21:08

La République de Corée (Corée du Sud) est le seul pays membre du G20 qui n'a pas officiellement réagi à l'opération Bordure protectrice conduite par Israël, ce qui démontre les limites de la puissance diplomatique de la Corée du Sud - cette dernière ne se donnant toujours pas les leviers d'influence nécessaires à ses légitimes ambitions sur la scène internationale. Néanmoins, Séoul a une longue tradition de coopération militaire avec Israël, héritée de la longue période où les généraux étaient au pouvoir à Séoul. Dans ce contexte, le 31 juillet 2014, l'antenne sud-coréenne d'Amnesty International a demandé aux autorités de Séoul de "suspendre urgemment ses transferts d'armes vers Israël" jusqu'à ce que l'Etat hébreu "cesse de commettre de graves atteintes aux droits de l'homme". Amnesty International a également lancé une pétition pour que l'Etat d'Israël cesse d'attaquer les civils palestiniens à Gaza.

Amnesty International Corée demande à la Corée du Sud de suspendre ses ventes d'armes à Israël

Il y a une longue tradition de refus de l'usage aveugle de la violence par l'armée israélienne parmi les militants pacifistes et des droits de l'homme en Corée du Sud. Alors que l'opération Bordure protectrice a entraîné plus de 1.300 morts et 7.500 blessés depuis son déclenchement le 8 juillet 2014, Amnesty International Corée a demandé, dans une lettre remise le 31 juillet au ministre des Affaires étrangères M. Yun Byung-se, que le gouvernement sud-coréen cesse ses livraisons d'armes à Israël. Selon l'ONG, les ventes d'armes sud-coréennes à Israël depuis 2008 ont atteint 22,7 milliards de won (soit 22 millions de dollars) - des armes dont les victimes à Gaza sont, pour 78 % d'entre elles, des civils, parmi lesquels 21 % d'enfants. La République de Corée (du Sud) est le 10ème fournisseur d'armes à Israël. Les Etats-Unis, dont la Corée du Sud est l'un des alliés les plus proches en Extrême-Orient, sont le premier fournisseur d'armes à Israël.

Les branches locales d'Amnesty International à Taïwan et en Thaïlande ont également adressé des lettres demandant la suspension des fournitures d'armes à Israël aux représentations diplomatiques sud-coréennes à Taipeh et Bangkok.

Mme Kim Hee-jin, secrétaire générale d'Amnesty International Corée, a rappelé que la République de Corée est signataire du traité sur le commerce des armes, qui interdit l'usage d'armes telles que les missiles, les tanks et les armes de poing contre les populations civiles. Alors que la Corée du Sud a l'obligation de rendre compte des exportations de ces armes conventionnelles, Mme Kim Hee-jin s'est dite profondément préoccupée que la Corée du Sud fournisse de telles armes à Israël pour tuer des civils innocents.

Kim Hee-jin, secrétaire générale d'Amnesty International Corée

Kim Hee-jin, secrétaire générale d'Amnesty International Corée

La campagne de signatures d'Amnesty International Corée contre la livraisons d'armes à Israël par la Corée du Sud et pour que cessent les attaques contre les civils en Palestine a déjà réuni 1.400 signatures, l'objectif étant d'atteindre 10.000 signatures.

L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) soutient pleinement la campagne menée par Amnesty International Corée. Elle appelle les autorités sud-coréennes à se conformer à leurs obligations internationales en cessant les livraisons d'armes à Israël, alors que l'armée israélienne a déjà tué plus de 1.300 Palestiniens, dont de nombreux enfants.

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26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 21:12

Le 27 juillet 1953 prenaient fin les combats de la guerre de Corée, célébrée en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) comme la victoire dans la guerre de libération de la patrie après que l'Armée populaire de Corée eut réussi à tenir tête à l'armée américaine, la plus puissante au monde. Mais à l'issue d'un conflit meurtrier ayant causé des millions de morts, la signature de l'armistice ayant marqué la fin des hostilités n'a pas signifié la fin des antagonismes : c'est pourquoi l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) milite pour la conclusion d'un traité de paix dans la péninsule coréenne, qui jetterait les bases d'une paix durable en prévoyant la dénucléarisation de toute la Corée, le retrait des troupes étrangères et la mise en place de mécanismes de non-agression garantis internationalement. L'AAFC réitère l'exigence d'un traité de paix pendant la période du 25 juin (début de la guerre de Corée, en 1950) au 27 juillet (date de signature de l'armistice, en 1953), pendant laquelle elle se réunit tous les ans à l'occasion du mois de solidarité avec le peuple coréen.

Au 61e anniversaire de l'armistice, combattre pour la paix en Corée

Dans un communiqué rendu public le 20 juillet 2014, un porte-parole du département politique de la Commission de la défense nationale (CDN) de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a mis en cause les Etats-Unis et la République de Corée (du Sud) dans l'adoption d'une déclaration par la présidence du Conseil de sécurité des Nations Unies, le 17 juillet, ayant condamné les tirs de missile à courte portée auxquels avait procédé l'Armée populaire de Corée.

Si la réaction nord-coréenne était prévisible, elle a malheureusement signifié le risque que ne s'engage un nouveau cycle de tensions et de confrontations, alors que les Etats-Unis et leurs alliés n'ont pas voulu saisir les offres de dialogue formulées à plusieurs reprises par la RPDC depuis le début de l'année 2014, depuis le discours de Nouvel an du Maréchal Kim Jong-un, après la publication d'une lettre ouverte adressée en janvier aux autorités sud-coréennes, et enfin les propositions de la CDN (le 30 juin) puis du gouvernement nord-coréen (le 7 juillet) de cesser les hostilités - comme l'a d'ailleurs rappelé la déclaration de la CDN du 20 juillet. La rencontre de familles coréennes séparées par la division de la Corée, en février, malgré les exercices militaires conjoints américano - sud-coréens qui se tenaient déjà au même moment, et l'offre nord-coréenne d'envoyer une importante délégation aux Jeux asiatiques d'Incheon, qui se tiendront en Corée du Sud cet automne, ont été autant de gestes de bonne volonté des autorités nord-coréennes auxquels, malheureusement, ni Washington ni Séoul n'ont donné suite pour transformer les relations de confrontation et de défiance dans la péninsule coréenne en des relations de confiance, fondées sur l'objectif partagé de construire une zone commune de paix et de prospérité.

L'histoire récente des relations américano - nord-coréennes montre pourtant l'impasse des politiques de sanction des administrations qui se sont succédées à Washington, les seuls résultats tangibles - au sens où ils ont permis une diminution réelle des tensions - ayant été enregistrés sous le présidence de Bill Clinton, dans le cadre d'une vraie volonté de dialogue pour surmonter les divergences. Depuis, les essais nucléaires et les lancements de satellites de la RPDC ont signifié l'échec de la politique américaine de sanctions qui prétendait endiguer les progrès tecchnologiques de la RPDC. Dans le même temps, les manoeuvres militaires des Etats-Unis autour de la Corée sont devenues les plus grands exercices militaires au monde, faisant peser des risques importants pour la paix et la stabilité du Proche-Orient : non seulement Pyongyang dénonce des préparatifs de guerre, mais les risques d'accident font courir de lourdes menaces pour la sécurité des populations civiles et militaires, comme l'a rappelé le dramatique naufrage de la corvette sud-coréenne "Cheonan" au printemps 2010. 

Dans ce contexte lourd de menaces, l'Association d'amitié franco-coréenne réitère son combat permanent pour la paix en Extrême-Orient et dans le monde, ce qui implique l'ouverture enfin de négociations en vue de la signature d'un traité de paix, soixante-trois ans après l'armistice de la guerre de Corée.

Sources :

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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 21:54

Traditionnellement solidaire des Palestiniens, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a vivement dénoncé, le 15 juillet 2014, les "meurtres brutaux de nombreux Palestiniens sans défense" lors de l'opération Bordure protectrice, dans la réponse d'un porte-parole du ministère des Affaires étrangères à une question posée par l'agence nord-coréenne KCNA, et dont nous reproduisons ci-après des extraits. Pour sa part, la République de Corée (Corée du Sud) n'a pas officiellement réagi - alors que pendant la guerre de Gaza, en 2008-2009, elle avait fait part de sa "profonde préoccupation" quant à la "détérioration" de la situation et les pertes humaines qu'elle avait engendrées.

Sur cette carte, les pays en rouge ont condamné l'action d'Israël, les pays en bleu ont soutenu Israël (ou soutenu le droit d'Israël à se défendre). Les pays en vert ont appelé à la fin des hostilité ou condamné les deux - ou aucun - des belligérants. Les pays en jaune ont eu des réactions mixtes, et les pays en gris n'ont pas réagi officiellement. Israël et Gaza sont en noir.

Sur cette carte, les pays en rouge ont condamné l'action d'Israël, les pays en bleu ont soutenu Israël (ou soutenu le droit d'Israël à se défendre). Les pays en vert ont appelé à la fin des hostilité ou condamné les deux - ou aucun - des belligérants. Les pays en jaune ont eu des réactions mixtes, et les pays en gris n'ont pas réagi officiellement. Israël et Gaza sont en noir.

Dans une réponse à une question posée par l'agence de presse KCNA, le 15 juillet 2014, un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères a condamné dans les termes les plus fermes l'opération Bordure protectrice conduite par Israël, du nom de l'offensive lancée par l'armée israélienne contre la bande de Gaza, le 8 juillet, suite au meurtre de trois adolescents israéliens et d'un adolescent palestinien.

Le MAE nord-coréen a "dénoncé sévèrement le meurtre brutal par Israël de nombreux Palestiniens sans défense lors d'attaques militaires aveugles sur des zones résidentielles palestiennes qui vivaient en paix" comme "des crimes contre l'humanité impardonnables", en soulignant que le nombre de victimes avait d'ores et déjà atteint le chiffre de 1.000 à la date du 15 juillet.

Toujours selon le MAE nord-coréen, le lien entre l'opération militaire et la mort de trois jeunes Israéliens est "sans fondement".

Pour Pyongyang, Israël copie les pratiques arbitraires de la diplomatie américaine et ses actions militaires visent à contenir les forces de la résistance palestinienne et à créer des difficultés dans les activités du gouvernement national unifié palestinien.

Le MAE nord-coréen a exhorté Israël à arrêter toutes ses actions militaires illégales contre la Palestine et à apporter une réponse juste au conflit israélo-palestinien.

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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 08:47

Le dimanche 13 juillet 2014, la coupe du monde de football au Brésil s'est terminée sur la victoire de l'équipe allemande face à l'Argentine. Bien organisée, sans réels débordements, cette coupe du monde peut être considérée comme une réussite du point de vue de l'organisation et du spectacle offert. Pourtant, avant l'ouverture d'un des événements sportifs les plus rentables et les plus regardés au monde, de nombreuses voix se sont élevées au Brésil contre son organisation dans un Etat souvent considéré comme le pays du football. Les opposants ont trouvé des relais à l'étranger, notamment en Corée du Sud.

Soutien en Corée du Sud aux manifestants brésiliens contre la coupe du monde

De nombreux Brésiliens sont descendus dans la rue dès le mois de mai. D'abord des manifestations pacifiques, les rassemblements ont ensuite donné lieu à des affrontements avec la police et l'armée qui ont conduit une répression sévère. Parties de Porto Alegre suite à l'annonce de la hausse des tarifs d'autobus, les manifestations se sont étendues à l'ensemble du Brésil et ont débouché sur un mouvement aux revendications plus larges, critiquant la politique du Gouvernement et en particulier les dépenses liées à l'organisation de la coupe du monde de football de 2014, jugées dispendieuses : les opposants ont considéré que ces sommes auraient été plus utilement consacrées à l'action sociale, à la santé et à l'éducation. 

Ces actions ont rencontré un soutien international, notamment du mouvement sud-coréen  세월 호 몰살 에 분노 하는 노동자 행동 (Travailleurs en colère contre le meurtre du Sewol, créé suite au naufrage de ce ferry).

Le groupe, créé par des membres du syndicat coréen KCTU, a vivement critiqué la répression des autorités brésiliennes contre les manifestants. Dans une conférence de presse qui s'est tenue le 16 juin 2014, il a dénoncé le recours par les forces de l'ordre à des pistolets avec des balles en caoutchouc, 200.000 soldats ayant été déployés, ainsi qu'une hausse des prix des biens de consommation courante de plus de 6 % en un mois -  quand dans le même temps les bénéfices de la FIFA tirés de la vente des billets d'entrée aux matchs de la coupe du monde auraient atteint 4,5 milliards de dollars. Le collectif a aussi dénoncé les menaces de sanctions administratives du gouvernement sud-coréen contre les diffuseurs des chaînes de télévision et de radio si les matchs n'étaient pas retransmis - alors que le secteur sud-coréen des médias a connu de nombreux mouvements sociaux.  Les militants sud-coréens se sont ainsi déclarés solidaires de la lutte et de la résistance des travailleurs et des citoyens sud-coréens contre la coupe du monde, événement mercantile.


Les militants sud-coréens ont également entendu dénoncer les relations entre le pouvoir et les médias, dont rend compte la note du gouvernement sud-coréen aux chaînes de télévision et de radio. Déjà, en 2002, lors de la co-organisation de la coupe du monde par le Japon et la Corée du Sud, des scandales de manipulation des médias et de corruption avaient éclaté.

 

Le début des matchs a entraîné une nette baisse d'intensité des manifestations, à laquelle ont contribué tant le renforcement du dispositif militaire et policier qu'une forme d'union sacrée des Brésiliens autour de leur équipe nationale. Mais la contestation sociale devrait reprendre après le mondial raté de la sélection brésilienne suite à sa débâcle en demi-finale (défaite 1-7 contre l'Allemagne).

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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 15:43

En déboursant 350 millions de dollars (360 milliards de won) pour être sponsor de l'édition 2014 de la coupe du monde de football au Brésil, le conglomérat sud-coréen Hyundai n'avait sans doute pas anticipé qu'il serait une des cibles privilégiées des opposants brésiliens à l'organisation de la manifestation - dont ils dénoncent le coût prohibitif (11,5 milliards de dollars de dépenses publiques) au détriment de politiques sociales (santé, logement, éducation), ainsi que la répression des forces de l'ordre soucieuses de faire disparaître les traces d'une pauvreté endémique dans l'un des pays les plus inégalitaires au monde. Au total, près de deux cinquièmes des Brésiliens s'opposeraient à la coupe du monde. Dans ce contexte, avant les premiers matchs officiels, des actes de vandalisme ont été commis à l'encontre de Hyundai et le site Internet du groupe a été attaqué.

Manifestations, grèves et, pour les opposants les plus déterminés, des violences de rue et des affrontements avec la police anti-émeutes : les images qui nous proviennent du Brésil, au moment de l'ouverture du Mondial, sont celles d'un pays en révolte. Non seulement la politique spectacle du football comme sport professionnel - expression d'une économie capitaliste du divertissement - est mise en cause, mais de plus en plus de voix s'élèvent contre les conséquences sociales des lourds investissements publics ainsi engagés dans un pays profondément inégalitaire. Des groupes sociaux, comme le Mouvement des travailleurs sans terre, se sont pleinement engagés dans la contestation de la coupe du monde. La contestation a gagné plus de cinquante villes au Brésil.

La police anti-émeutes repousse les manifestants et les journalistes à Sao Paulo, à la veille du premier match

La police anti-émeutes repousse les manifestants et les journalistes à Sao Paulo, à la veille du premier match

Dans ce contexte, Hyundai - en tant que sponsor officiel de la quinzième coupe du monde - a été une des cibles de choix des opposants. Des images ont circulé montrant une voiture de la marque vandalisée à Sao Paulo, tandis que la boutique d'un concessionnaire du groupe Hyundai-Kia a été attaquée.

Les opposants à la coupe du monde ciblent le sponsor Hyundai

Par ailleurs, le site Internet de Hyundai a été attaqué par des hackers se revendiquant des Anonymous - à l'instar des sites d'autres institutions liées à l'organisation du Mondial, ainsi que des services de renseignement brésiliens - il y a quelque ironie du sort pour le conglomérat sud-coréen d'être en si bonne compagnie comme cible officielle des Anonymous, quand on sait que les services secrets sud-coréens sont largement derrière les attaques régulières de sites officiels nord-coréens, un temps conduites sous le masque des Anonymous. Le 11 juin 2014 a été déclaré journée de solidarité contre la coupe du monde par les Anonymous.

Les opposants à la coupe du monde ciblent le sponsor Hyundai

Au sein du groupe H, les Sud-Coréens affronteront la Russie le 17 juin, à 18h heure locale, au stade Arena Pantabal, à Cuiaba. Le précédent match (amical) contre la Russie, le 19 novembre 2013, s'était soldé par une victoire des Russes (2-1). Les Coréens seront ensuite opposés à l'Algérie, le 22 juin à 16 heures à Porto Alegre, puis à la Belgique le 26 juin à 17 heures à Sao Paulo. Les matchs de préparation ont été très décevants pour les hommes de Hong Myung-bo - qui avait conduit la Corée du Sud à décrocher une médaille de bronze aux Jeux de Londres en 2012 - défaits par la Tunisie (0-1) le 28 mai, puis par le Ghana (0-4) le 4 juin. Si les Sud-Coréens avaient dominé les deux matchs, ils avaient en effet commis de lourdes erreurs.

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 21:03

Dans une dépêche en date du 9 mai 2014, l'agence de presse nord-coréenne KCNA indique que Kim Jong-un, dirigeant suprême de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), a répondu aux messages de félicitations que lui ont adressé les dirigeants de partis politiques et les chefs d'Etat étrangers pour sa réélection comme Premier Président de la Commission de la défense nationale de la RPD de Corée, le 9 avril 2014. Si la dépêche ne prétend pas à l'exhaustivité (notamment pour les dirigeants de partis frères du Parti du travail de Corée), elle offre un aperçu des liens diplomatiques privilégiés qu'entretient la RPD de Corée avec des alliés de longue date.

Si la dépêche de l'agence KCNA mentionne (dans cet ordre) les dirigeants de partis et les chefs d'Etat, la particule "et" a un sens cumulatif : il s'agit bien de viser les plus hautes autorités de leur pays, en particulier dans les Etats socialistes où la fonction de dirigeant du Parti est, en pratique, la plus élevée dans l'exercice du pouvoir - même si le chef de l'Etat peut être protocolairement le numéro un, qui ont personnellement félicité le Maréchal Kim Jong-un pour sa réélection comme Premier Président de la Commission de la défense nationale de la RPD de Corée.

La liste, par nature incomplète, donnée par l'agence KCNA présente un autre intérêt - l'ordre de désignation apparaît également révélateur d'une certaine hiérarchie dans les amitiés de la RPD de Corée :

- en premier, la Chine, avec Xi Jinping, secrétaire général du Parti communiste chinois et Président de la République populaire de Chine ; la Chine est traditionnellement l'allié le plus étroit de la RPD de Corée, depuis les combats menés en commun contre l'occupant japonais puis lors de la guerre de Corée ; aujourd'hui, la Chine est - de loin - le premier partenaire économique de la Corée du Nord, à laquelle la lie par ailleurs un traité de coopération et d'assistance mutuelle ; enfin, contrairement à ce qu'escomptaient certains dirigeants occidentaux - américains en tête - Xi Jinping poursuit la longue tradition d'amitié sino-coréenne, exprimée notamment par les rencontres au sommet entre le dirigeant Kim Jong-il et le président Hu Jintao ;

Hu Jintao et Kim Jong-il, août 2010

Hu Jintao et Kim Jong-il, août 2010

- en deuxième, Raul Castro Ruz, premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba, président du Conseil d'Etat et président du Conseil des ministres de Cuba ; si Cuba, compte tenu de son éloignement de la Corée du Nord, n'est pas un de ses partenaires économiques majeurs, la solidarité est étroite et ancienne entre les deux pays socialistes, Cuba faisant partie des Etats ayant toujours choisi, jusqu'à ce jour, de ne pas établir de relations diplomatiques officielles avec la République de Corée (du Sud) ; chacun des deux Etats célèbre les fêtes politiques de l'autre ;

Che Guevara, en visite à Pyongyang en 1965, avec le Président Kim Il-sung

Che Guevara, en visite à Pyongyang en 1965, avec le Président Kim Il-sung

- en troisième, le président népalais Ram Baran Yadav ; il est intéressant de noter que la solidarité de la RPD de Corée avec les autorités népalaises transcende les liens traditionnels avec les principaux partis communistes, le Parti communiste du Népal (maoïste) et le Parti communiste du Népal (marxiste-léniniste unifié), puisque le Président Ram Baran Yadav est issu des rangs du Parti du Congrès ;

Ram Baran Yadav, président de la République démocratique fédérale du Népal

Ram Baran Yadav, président de la République démocratique fédérale du Népal

- en quatrième est mentionné Choummaly Sayasone, secrétaire général du Comité central du Parti révolutionnaire du peuple lao, qui avait été un des tout premiers chefs d'Etat étrangers à rencontrer le futur Maréchal Kim Jong-un, lors de sa visite officielle en RPD de Corée du 21 au 23 septembre 2011 ;

Le président Choummaly Sayasone, à Pyongyang, aux côtés du dirigeant Kim Jong-il et du général Kim Jong-un

Le président Choummaly Sayasone, à Pyongyang, aux côtés du dirigeant Kim Jong-il et du général Kim Jong-un

- en cinquième, Thein Sein, président de Myanmar ; les relations entre la Birmanie, qui avait participé à la guerre de Corée dans le bataillon des Nations Unies, sous commandement américain, avaient ensuite été équilibrées entre les deux Etats coréens avant d'être stoppées vis-à-vis de la RPD de Corée après 1983, puis ont connu un nouvel essor dans les années 2000 ;

- en sixième, le président mongol Tsakhiagiin Elbegdorj ; comme pour le Népal, les relations de coopération traditionnelles entre la Mongolie et la Corée du Nord dépassent les relations partisanes privilégiées du Parti du travail de Corée et des formations qui ont succédé au parti unique mongol, puisque Tsakhiagiin Elbegdorj est issu des rangs du Parti national démocratique ; des rencontres de très haut niveau ont eu lieu à plusieurs reprises entre la Mongolie et la RPD de Corée (notamment avec la visite à Pyongyang, en octobre 2013, du président mongol), et la Mongolie a effectué à plusieurs reprises des missions de bons offices avec les deux Corée pour un système de paix et de sécurité collective en Asie du Nord-Est, où elle partage avec les deux Etats coréens d'être un pays relativement petit entouré de puissants voisins ; les intérêts économiques sont également présents dans la relation bilatérale, notamment au regard de la présence de travailleurs nord-coréens en Mongolie et de la position de débouché maritime privilégié pour la Mongolie que peut constituer le port nord-coréen de Rason ;

- en septième, le roi du Cambodge Norodom Sihamoni ; les liens bilatéraux sont fondés sur la relation d'amitié privilégiée qu'avaient nouée le Président Kim Il-sung et le roi Norodom Sihanouk, qui avait pu trouver refuge au Nord de la péninsule coréenne lorsqu'il avait dû quitter son pays, et avait hautement apprécié la fidélité en amitié de son homologue de RPD de Corée, malgré qu'il n'occupât alors plus le pouvoir ;

Le souverain cambodgien Norodom Sihanouk et le Président Kim Il-sung

Le souverain cambodgien Norodom Sihanouk et le Président Kim Il-sung

- en huitième, Truong Tan Sang, président du Vietnam et président du Conseil de la défense nationale et de la sécurité du Vietnam (cette fonction étant explicitement mentionnée, sans doute par parallélisme avec les fonctions du Maréchal Kim Jong-un comme Premier Président de la Commission de la défense nationale de la RPD de Corée) ; les deux pays socialistes entretiennent traditionnellement de très bonnes relations, des pilotes de la RPD de Corée ayant participé à la guerre du Vietnam aux côtés du Nord, alors que la Corée du Sud avait fourni le deuxième contingent militaire étranger (après les Etats-Unis) au Sud-Vietnam ;

Le Président Ho Chi Minh et le Président Kim Il-sung

Le Président Ho Chi Minh et le Président Kim Il-sung

- en neuvième, Joseph Kabila Kabange, président de la République démocratique du Congo ; comme pour d'autres pays du Tiers Monde, le soutien à la RPD de Corée est, historiquement, largement transpartisan, le Zaïre alors dirigé par le Président Mobutu ayant été un des premiers Etats d'Afrique subsaharienne à ouvrir une ambassade à Pyongyang ;

 

- en dixième, le président angolais Jose Eduardo Dos Santos, et en onzième, le président algérien Abdelaziz Bouteflika, dont les messages de félicitations et les réponses qu'ils ont reçus s'inscrivent dans une longue tradition de soutien de la RPD de Corée aux mouvements de libération nationale, notamment dans ces deux pays - la Corée du Nord ayant ainsi été le premier pays non arabe à reconnaître le gouvernement provisoire algérien.

Sources :

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