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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 23:59

Le 15 janvier 2014, la Chambre des représentants des Etats-Unis a inscrit dans la loi l'obligation pour le Département d'Etat américain de mettre en application une résolution de 2007, tendant à faire pression sur le gouvernement japonais pour qu'il reconnaisse le crime constitué par l'esclavage sexuel de milliers de femmes asiatiques - dites "de réconfort" - dans les bordels de l'armée japonaise avant et pendant la Seconde guerre mondiale. Solidaire du combat des "femmes de réconfort", notamment lors de la visite de Mme Kim Bok-dong en France en septembre 2013, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) se félicite du vote de la Chambre des représentants, en appelant à ce que plus jamais les femmes ne soient des armes de guerre.

C'est un vote historique qu'a émis la Chambre des représentants du Congrès américain, le 15 janvier 2014, en inscrivant pour la première fois dans la loi un document annexé appelant le Département d'Etat américain à faire pression sur le gouvernement japonais pour qu'il prenne en compte les questions soulevées dans la résolution de la Chambre des représentants de 2007 sur les "femmes de réconfort" (H. Res. 121).

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Issue d'une action portée par le Conseil des électeurs américains (Korean American Voters’ Council, KAVC), la résolution de 2007 a été le fruit du combat mené par le député démocrate Mike Honda, d'origine japonaise, avec le soutien de son collègue - également démocrate - Steve Israel. Elle appelle le gouvernement japonais à reconnaître sa responsabilité dans les crimes de guerre qui ont été commis, à présenter des excuses officielles et à se conformer aux recommandations de la communauté internationale sur la nécessité d'éduquer et de sensibiliser sur ces questions la génération née après-guerre.

Le vote a une portée directe pour le gouvernement américain : le secrétaire d'Etat John Kerry et le Président Barack Obama sont tenus de mettre en oeuvre la résolution de 2007 dans les relations diplomatiques avec le Japon, au moment où une visite du Premier ministre japonais Shinzo Abe au sanctuaire Yasukuni, où sont honorés des criminels de guerre japonais, soulevait une tempête de protestations en Asie de l'Est et dans le monde. Il est plus que temps que le Japon reconnaisse ses erreurs du passé en se conformant aux standards démocratiques du droit international,  au regard des souffrances indélébiles endurées par les "femmes de réconfort".

Sources : AAFC, Hankyoreh (dont photo).

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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 22:01

Une délégation du Parti du travail de Corée (PTC) a participé à la 15ème rencontre internationale des partis communistes et ouvriers, qui s'est tenue au Portugal à l'invitation du Parti communiste portugais (PCP). Une déclaration de soutien à la lutte du peuple coréen a été adoptée par les participants à la conférence le 10 novembre 2013. Auparavant, la délégation du PTC conduite par M. Ri Yong-chol, directeur adjoint de département au Comité central (CC) du PTC, a visité la France, où elle a notamment rencontré une délégation du bureau de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) (photo ci-dessous), les représentants à l'international de plusieurs partis politiques, ainsi que des parlementaires.

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Après la disparition de l'Union soviétique et des démocraties populaires à l'Est de l'Europe, le Parti du travail de Corée (PTC) - au pouvoir en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) - a repris le flambeau de la solidarité internationale au sein du mouvement communiste. En avril 1992, la déclaration de Pyongyang a été adoptée lors d'une conférence qui s'est tenue dans la capitale de la RPD de Corée. Les délégués de 70 partis - dont 48 chefs de parti - ont réaffirmé leur conviction dans l'idéal socialiste et l'émancipation des masses populaires, en estimant que "l'échec de l'édification du socialisme dans certains pays tenait d'abord à leur structure sociale qui ne convenait pas aux exigences fondamentales des masses populaires, et à la méconnaissance des exigences de la théorie du socialisme scientifique" (source : La Corée du XXe siècle en points, éditions en langues étrangères, Pyongyang, 2002, p. 151).

Dans le contexte nouveau de l'après guerre-froide, la RPD de Corée a aussi eu à faire face à des difficultés économiques engendrées par la disparition de l'URSS, et à un environnement international dominé par la superpuissance américaine. Ces données sont de nature à expliquer la priorité accordée à l'édification d'une puissance économique et à l'élévation du niveau de vie de la population, ainsi qu'à la recherche d'alliés face à la politique hostile des Etats-Unis vis-à-vis de la RPDC et de son système socialiste. Ces deux aspects figurent dans la déclaration adoptée par les participants à la 15ème rencontre internationale des partis communistes et ouvriers, au Portugal, le 10 novembre 2013, dont une délégation du PTC conduite par M. Ri Yong-chol, directeur adjoint du département international du Comité central du PTC.

Auparavant, la délégation avait visité la France, où elle a rencontré les représentants à l'international de plusieurs partis politiques ainsi que des parlementaires. Un déjeuner a été offert en l'honneur de la délégation par le bureau national de l'AAFC.

Des échanges qu'a eus la délégation en France est ressortie la volonté de réduire les tensions en Corée, par la voie du dialogue et de la négociation, en construisant la paix et la sécurité en Asie du Nord-Est. Un environnement pacifié est également propice à une présence accrue des investisseurs étrangers en RPD de Corée, alors que les autorités nord-coréennes ont annoncé la construction de zones économiques spéciales dans chacune des provinces.

L'AAFC soutient les efforts pour la reprise des pourparlers bilatéraux et multilatéraux, afin de permettre l'avènement d'une ère de paix et de prospérité dans l'ensemble de la péninsule coréenne.

Sources : AAFC, KCNA. Photo Alain Noguès     

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 00:56

Du 28 au 31 octobre 2013, le président mongol Tsakhiagiin Elbegdorj a effectué une visite d'Etat en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), à l'invitation de son homologue, le Président Kim Yong-nam, Président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême. La visite a permis de resserrer les relations d'amitié traditionnelles entre les deux pays, en mettant notamment l'accent sur les coopérations économiques - chacun des deux Etats cherchant à diversifier ses échanges, tant en ce qui concerne la RPD de Corée, dont la Chine est le principal allié et de loin le premier partenaire économique, que la Mongolie, qui a développé le concept de "troisièmes voisins", c'est-à-dire les pays tiers par rapport à la Chine et à la Russie.
    
Tsakhiagiin-Elbegdorj_Kim-Yong-nam_octobre-2013.jpg
La visite d'Etat du Président Tsakhiagiin Elbegdorj coïncidait avec le 65ème anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la RPD de Corée et la République de Mongolie, ainsi qu'avec le 25ème anniversaire de la seconde visite effectuée en Mongolie par le Président Kim Il-sung. La délégation mongole comprenait également Luvsanvandan Bold, ministre des Affaires étrangères et du commerce, Khaltmaa Battulga,  ministre de l'Industrie et de l'agriculture, Tsagaandari Enkhtuvshin, secretaire général du Conseil de sécurité nationale, Tseministerrendejid Byambajav, commandant en chef des forces armées, témoignant de la diversité des domaines de coopération - tant diplomatiques que stratégiques, culturels et économiques. Des accords bilatéraux sectoriels ont été signés lors de la visite, notamment pour renforcer les échanges économiques et stratégiques.

Outre le Président Kim Yong-nam, qui a offert un banquet au nom du praesidium de l'Assemblée populaire suprême, le chef de l'Etat mongol a rencontré le Premier ministre Pak Pong-ju et Choe Thae-bok, Président de l'Assemblée populaire suprême.

Lors du banquet, le Président Kim Yong-nam a rappelé que les relations traditionnelles d'amitié et de coopération entre les deux pays s'étaient fondées sur des échanges entre leurs dirigeants au plus haut niveau. Il a loué le niveau de développement économique et social atteint par la Mongolie et salué la volonté d'Oulan-Bator de développer une politique étrangère indépendante, basée sur la diversification des partenariats. Le Président Tsakhiagiin Elbegdorj s'est félicité du renforcement de l'amitié historique nouée entre la Mongolie et la République populaire démocratique de Corée, en soulignant qu'un consensus avait été atteint sur l'ensemble des sujets en discussion. Il a souhaité plein succès à la RPD de Corée sous la direction du Maréchal Kim Jong-un dans la construction d'un pays prospère, pour la paix et la réunification de la péninsule.

Le programme de visite comportait également un spectacle donné par la troupe Mansudae en l'honneur de la délégation, un match conjoint de jeunes Coréens et Mongols, des déplacements à Panmunjom et à l'Université Kim Il-sung, ainsi qu'une visite du Palais mémorial Kumsusan. Le Président Tsakhiagiin Elbegdorj a déposé une gerbe aux monuments des martyrs révolutionnaires, rendant ainsi hommage à la guérilla antijaponaise. Une rencontre a eu lieu à l'hôtel Yanggakdo devant des hommes d'affaires mongols et des responsables de l'économie nord-coréenne.

La Mongolie a exprimé à plusieurs reprises sa volonté de participer  pleinement à la sécurité collective en Asie du Nord-Est, pouvant jouer un rôle de bons offices, ce qu'a implicitement rappelé le Président Tsakhiagiin Elbegdorj pendant sa visite par ses références à la paix et à la stabilité régionales. En outre, le port nord-coréen de Rason pourrait offrir un débouché maritime à l'économie mongole aujourd'hui en pleine expansion, qui bénéficie d'une exploitation accrue de son important potentiel minier. La RPD de Corée apparaît particulièrement intéressée par des échanges d'expériences avec la Mongolie dans l'élevage, domaine traditionnellement peu développé dans la péninsule coréenne. Elle a également bénéficié d'actions de solidarité du gouvernement mongol suite aux catastrophes naturelles ayant affecté ses récoltes.

Sources : AAFC, KCNA (dont photo).

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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 23:05

2108dai_634495603100260000.jpgEgalement situé aux portes de la Chine, ayant dû subir une division nationale dans le contexte de la guerre froide, le Vietnam, comme la Corée, a dû affronter à la fois une période de domination coloniale puis s'engager dans une guerre où l'ennemi principal était américain. Dès lors, il était attendu que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), qui partage avec la République socialiste du Vietnam un système politique de démocratie populaire, salue la mémoire du général Vo Nguyen Giap, vainqueur par deux fois dans la lutte de libération nationale du Vietnam, contre les Français puis les Américains. Nous reproduisons ci-après, traduit de l'anglais, le communiqué de l'agence nord-coréenne KCNA, en date du 11 octobre 2013, rendant compte du message de condoléances des autorités de la RPD de Corée, adressé par le Président Kim Yong-nam, qui a rang de chef d'Etat, et qui souligne également le rôle joué par le général Giap dans le développement des relations d'amitié entre le Vietnam et la RPD de Corée.

"Kim Yong-nam, président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la RPDC, a envoyé vendredi [11 octobre 2013] un message de condoléances à la Commission d'Etat vietnamienne pour les funérailles de Vo Nguyen Giap, ancien membre du bureau politique du Comité central du Parti communiste vietnamien, ancien ministre de la Défense et ancien commandant en chef de l'Armée populaire vietnamienne.

Le message a souligné que Vo était un militant politique et un homme d'Etat de premier plan, ayant consacré toute sa vie à la lutte de libération nationale et à la cause du socialisme au Vietnam, depuis sa jeunesse, conformément aux intentions du Président Ho Chi Minh. Proche ami du peuple vietnamien, il a contribué aux relations amicales et de coopération entre la RPDC et le Vietnam.

Il a relevé que les nobles exploits accomplis par Vo pour son pays et son peuple resteront gravés dans le coeur du peuple vietnamien et des peuples progressistes du monde".

Source : KCNA (traduction de l'anglais AAFC). Image : blog Ilove-vietnam.blogspot.
 

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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 23:29

Alors que la réouverture de la zone industrielle de Kaesong ouvrait l'espoir d'un cours nouveau dans la péninsule coréenne, le récent regain de tensions atteste que les conditions d'une restauration de la confiance, préalable à la reprise du dialogue entre les principaux acteurs impliqués (principalement, les deux Corée, les Etats-Unis et la Chine), ne sont toujours pas réunies. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) analyse les tenants et les aboutissants de la situation actuelle, dommageable aux intérêts de l'ensemble des parties. 

USS_George_Washington_-CVN-73-_F.jpgLes tensions actuelles ont un air de déjà vu. Des exercices militaires conjoints (dénommés SAREX) ont été lancés ce jeudi 10 octobre 2013 entre les Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon, impliquant le porte-avions George Washington, (photo à gauche) qui peut transporter environ 70 aéronefs (avion de chasse, hélicoptères anti-sous-marins et avions d'alerte précoce). De vives protestations ont été émises par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) qui a mis ses troupes en état d'alerte et déclaré qu'elle répondrait à l'attaque par l'attaque, la notion fondamentale de riposte à ce qui serait une attaque en premier des Etats-Unis étant une fois encore absente de la plupart des articles de presse publiés en Occident. Le comité pour la réunification pacifique de la Corée, basé à Pyongyang, a en effet déclaré qu'en cas d' "attaque nucléaire", les ennemis s'exposeraient à une violente contre-attaque.

Des dénégations ont été présentées par les Etats-Unis sur le caractère prétendument pacifique de ces exercices, allant même cette fois-ci - probablement en raison de l'implication peu habituelle du Japon, que sa Constitution pacifiste interdit de s'engager ouvertement sur des théâtres d'opérations extérieures - jusqu'à les qualifier d' opérations "humanitaires" pour récupérer des épaves. Ce serait alors probablement la plus grande chasse au trésor - pardon, récupération d'épave - de l'histoire de l'humanité.  Enfin, en réponse, dans l'enchaînement h'abituel de mesures et contre-mesures, une tournée d'inspection  a été effectuée par le Maréchal Kim Jong-un de la RPDC. Selon KCNA, il a conduit personnellement les manoeuvres de nouveaux bâtiments militaires, lesquelles ont donc été quasi-simultanées aux exercices des Etats-Unis et de leurs alliés qui entraînent toujours des répliques de Pyongyang, de plus ou moins forte intensité, ainsi qu'un gel temporaire du dialogue ou des propositions de dialogue.

Pour comprendre le regain actuel des tensions, on peut certes mentionner la signature, lors d'une réunion annuelle le 2 octobre dernier, d'une "stratégie de dissuasion adaptée" par le ministre sud-coréen de la Défense Kim Kwan-jin et son homologue américain Chuck Hagel. Cette stratégie implique la possibilité de frappes "préventives" contre la RPD de Corée en cas d'attaque nucléaire.

Une interprétation erronnée consisterait à ne resituer l'épisode actuel que dans l'alternance de phases de dialogue et de tensions en Asie du Nord-Est. Car il y a bien eu un changement de ton et de calendrier : les exercices SAREX n'ont rien d'opérations qui seraient menées habituellement chaque année, et la réunion annuelle entre les ministres de la Défense américain et sud-coréen n'avait pas comme conséquence nécessaire la réaffirmation du principe d'une frappe préventive, c'est-à-dire d'une attaque laissée à la libre appréciation des Etats-Unis dès lors qu'ils estiment une menace avérée.

Certains observateurs ont prétendu que Pyongyang avait laissé jusqu'à fin septembre un délai à Washington pour revenir à la table des négociations. La vérité est que les Etats-Unis n'ont fait aucune proposition nouvelle - malgré les pressions en ce sens de Pékin - et ont choisi de montrer leurs muscles, au moment où le revirement du Président Obama sur le dossier syrien l'expose à des critiques en interne sur sa faiblesse supposée vis-à-vis des régimes qui ne sont pas les amis des Etats-Unis. Les déclarations récentes et les exercices militaires conjoints ne coûtent pas cher pour donner l'apparence de la fermeté à une puissance en réalité sur la défensive. Si le gouvernement américains a pu envisager un assouplissement de son refus de principe de reprise sans conditions du dialogue avec Pyongyang, comme auraient pu le permettre les avancées dans les relations intercoréennes, les réflexes conservateurs de l'appareil d'Etat ont en tout cas eu raison de ces velléités.

Selon nous, le principal facteur d'évolution se trouve en réalité à Séoul. Par le passé, Pyongyang a toujours adopté une position binaire : dialogue avec les gouvernements sud-coréens qui acceptent les échanges, confrontation et gel des relations dans l'hypothèse inverse. Le gouvernement de Mme Park Geun-hye est confronté à ce dilemme, pris entre des feux contradictoires dont a témoigné récemment une étrange cacophonie : alors que le chef des services de renseignement (NIS), auditionné par le Parlement sud-coréen, a affirmé le 8 octobre que la RPD de Corée avait repris ses activités d'enrichissement sur le site nucléaire de Yongbyon, le ministère de la Défense a démenti ces affirmations comme non confirmées. Un tel couac est très préoccupant : soit les services secrets sud-coréens ont échappé au contrôle gouvernemental et se permettent de prendre des initiatives propres, ce qui est contraire au devoir de loyauté de n'importe quel service de renseignement dans tout pays au monde ; soit le responsable du NIS, empêtré dans les scandales, lance des "ballons d'essai" pour sauver son administration - et son poste - avec l'accord tacite du gouvernement sud-coréen en grossissant la prétendue menace nord-coréenne. Selon le professeur Choi Jong-kun de l'Université Yonsei, en Corée du Sud, interrogé par le quotidien Hankyoreh, "le service national de renseignement se comporte actuellement comme l'organisation politique suprême (...) Le chef d'une agence de renseignement ne peut pas agir comme cela de manière autonome, sans l'accord explicite ou tacite du Président".

En tout état de cause, des contradictions internes traversent le camp conservateur sur la position à avoir vis-à-vis de la RPD de Corée (le NIS n'étant qu'un des porte-voix et soutiens habituels des faucons, sans disposer en dernier ressort du pouvoir décisionnel). C'est en ce sens qu'on peut interpréter les formules vis-à-vis de la présidente sud-coréenne Park Geun-hye récemment employées par Pyongyang, et jugées irrespectueuses au Sud du 38ème parallèle (le même argument du respect n'étant d'ailleurs pas appliqué au Sud vis-à-vis des dirigeants nord-coréens...). C'est à la chef de l'Etat de faire usage de son autorité pour faire émerger une ligne politique claire, à moins qu'elle ne préfère rester dans l'ambiguïté comme l'avait fait son prédecesseur Lee Myung-bak - ce qui, au final, avait conduit les relations intercoréennes dans le mur. La Corée se trouve bien à un tournant décisif.

Sources : AFP, Hankyoreh (article en date du 10 octobre), KCNA, Xinhua (dépêches du 2 octobre et du 10 octobre)

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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 21:30

Il y a dix ans se sont ouverts les pourparlers à six (réunissant les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon) qui, sous l'égide de la Chine, visent à la dénucléarisation de l'ensemble de la péninsule coréenne. Après la suspension du dialogue en 2009, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et la République populaire de Chine ont appelé à plusieurs reprises à la réouverture des discussions multilatérales, afin de trouver une réponse diplomatique à la question nucléaire. Cet engagement a été réaffirmé par les deux pays à l'occasion du dixième anniversaire de l'engagement des pourparlers à six, alors que certains chercheurs affirment que l'activité aurait repris sur le site du réacteur nucléaire de Yongbyon - une information restant toutefois à confirmer, auquel cas elle pourrait également s'interpréter comme un mouvement de Pyongyang pour inciter les Etats-Unis et leurs alliés à revenir à la table des négociations, conformément au principe de la diplomatie nord-coréenne qu'on ne négocie qu'en position de force. 

photo_1379516300484_1_0-193jke6.jpgLe 17 septembre 2013, à l'issue d'une rencontre entre Kim Kye-gwan, vice-ministre des Affaires étrangères de la RPD de Corée et principal négociateur sur la question nucléaire (photo à droite), et Wang Yi, ministre des Affaires étrangères de la République populaire de Chine, le ministère chinois des Affaires étrangères a rendu compte de la position nord-coréenne - partagée par la Chine - en faveur d'une reprise sans conditions des pourparlers à six sur la dénucléarisation de la Corée ("nous sommes prêts à entrer dans les discussions à six sans conditions préalables") "afin d'assurer la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne". Cette nouvelle offre de dialogue multilatéral intervient dans un contexte de réchauffement des relations intercoréennes.

Le négociateur nord-coréen aux pourparlers à six a rappelé que la dénucléarisation de l'ensemble de la péninsule coréenne constituait le voeu du Président Kim Il-sung et un objectif politique de la RPD de Corée.

Kim Kye-gwan a ajouté que poser des préconditions serait l'expression d'une méfiance, et contraire à l'esprit de la déclaration du 19 septembre 2005 sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, adoptée dans le cadre des pourparlers à six.

Le 10 septembre 2013, Glyn Davies, représentant des Etats-Unis pour la Corée du Nord, avait rejeté le principe d'une reprise à court terme des pourparlers à six, sauf si la RPDC manifestait déjà sa volonté de revenir sur son programme nucléaire. S'il s'agissait de la réaffirmation de la position traditionnelle des Etats-Unis, il ne faut pas exclure que la Chine puisse peser efficacement sur les Etats-Unis pour explorer les voies d'une possible reprise des pourparlers à six, seul cadre viable pour une résolution négociée, par des moyens diplomatiques, de la question nucléaire dans la péninsule coréenne.

Sources : AAFC, AFP (dont photo), Bloomberg, Time.

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 11:55

Dans un communiqué publié le 24 août 2013, l'agence KCNA de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a cité l'Association des skieurs de la RPDC dénonçant l'application de la politique d'embargo des Nations Unies à l'encontre de la RPD de Corée pour empêcher l'achat d'équipements destinés à une station de sports d'hiver, dont la construction est en voie d'achèvement après avoir reçu à plusieurs reprises la visite du maréchal Kim Jong-un, au col Masik (photos ci-dessous, source Rodong Sinmun). Un exemple supplémentaire qui montre les incohérences et le ridicule de la politique de sanctions appliquée vis-à-vis de la RPD de Corée, où n'importe quel produit peut être interdit de vente sous le prétexte que le consommateur final pourrait appartenir à la direction du pays. L'AAFC décrypte le vrai enjeu des politiques d'embargo : étrangler économiquement les Etats qui ne veulent pas se soumettre au bon vouloir de l'hyperpuissance américaine.

 

Kim-Jong-Un station-de-ski Masik Corée-du-Nord

 

Initialement, la politique d'embargo à l'encontre de la RPD de Corée visait les équipements militaires et les technologies de pointe - ce qui n'a pourtant pas empêché le pays de se doter de l'arme nucléaire ni de capacités balistiques parmi les plus avancées au monde. Non contents d'imposer par ailleurs un embargo sur les opérations financières avec la Corée du Nord, les Etats-Unis et leurs affidés ont alors décidé d'élargir le champ des sanctions : sous leur impulsion, en 2009, après le second essai nucléaire de la RPDC, le Conseil de sécurité des Nation Unies a inclus tous les produits dits "de luxe", sans bien sûr en donner de définition. Ainsi, les bouteilles d'Evian et les balles de golf sont aujourd'hui interdites d'importation en RPD de Corée... en effet, n'était-il pas connu que le dirigeant Kim Jong-il jouait au golf ? Dans leur délire obsessionnel de prétendument viser la direction de la RPDC, ceux qui décident, seuls, du champ des sanctions se fichent sans doute pas mal de savoir s'il n'existe d'autres joueurs de golf en RPDC, ou s'il est normal d'interdire à un Pyongyangais de boire des eaux minérales importées d'Europe.

En réalité, derrière l'absurdité apparente des sanctions transparaît une logique implacable : mettre à genoux la RPDC en édictant des principes suffisamment flous pour être applicables à tout et n'importe quoi, en visant en fait tout équipement susceptible de contribuer à la modernisation économique du pays. Il suffira ensuite de faire accepter cet état de fait à l'opinion publique et à la presse occidentales en récitant la fable des sanctions ciblées contre les seuls dirigeants. Car, en matière d'embargo, la capacité des opinions publiques d'Europe et d'Amérique du Nord à accepter les sanctions les plus injustifiables est éprouvée. Les Etats-Unis n'ont-ils pas réussi naguère l'exploit d'affamer la population irakienne, alors que l'Irak est un des pays disposant des plus importantes réserves de pétrole au monde ? L'Irak était alors interdite d'exporter du pétrole, ou plutôt devait quémander des autorisations dans le cadre du programme "pétrole contre nourriture" qui était une négation de ses droits élémentaires d'Etat souverain. Cette pratique d'embargo était par ailleurs mise en oeuvre pour le plus grand profit des autres pays producteurs de pétrole de l'OPEP, qui voyaient disparaître un sérieux concurrent, sans que les Etats-Unis et leurs acolytes ne trouvent à redire sur les droits de l'homme dans ces Etats qui sont leurs alliés. Le seul tort de l'Irak était bien de refuser de se soumettre aux diktats américains. Il en va aujourd'hui de même pour la RPD de Corée

 

N'importe qui ayant un peu visité la RPD de Corée s'apercevra que les pratiques sportives, culturelles et de loisir en RPDC sont très développées, proposées à un prix symbolique. Elles sont favorisées dès le plus jeune âge dans les palais des enfants qui, à travers tout le pays, accueillent les élèves les plus doués, et bien sûr quelle que soit leur appartenance sociale. Suivant la logique absurde des représentants des pays membres du Conseil de sécurité des Nations Unies, interdira-t-on demain d'importer des violons ou des pinceaux en Corée du Nord ? Il est vrai que lesdits représentants n'ayant, pour la plupart, jamais mis les pieds en RPDC se contenteront certainement de rediffuser en boucle les légendes qui circulent sur le pays, notamment sur Internet, savamment distillées par les services secrets sud-coréens et leurs complaisants relais médiatiques, avides de scoops et d'histoires extraordinaires. Ces mêmes services n'ont-ils pas à deux reprises répandu la rumeur que l'équipe nord-coréenne de football avait fini en camp de rééducation, après ses qualifications en coupe du monde en 1966 et 2010 ? Pour l'équipe de 1966, un réalisateur britannique, Daniel Gordon, a tordu le coup à cette rumeur en réalisant un film sur l'épopée des joueurs coréens, retrouvés une génération plus tard. S'agissant des footballeurs de 2010, ils sont également réapparus dans d'autres compétitions internationales, révélant le peu de sérieux des informations pourtant distillées à grand bruit par certains titres de presse qui avaient cru  - consciemment ou non - à la fable des joueurs emprisonnés dans les pires conditions.

 

S'agissant des équipements pour la station de ski du col Masik, si l'agence KCNA ne cite pas le pays exportateur, selon l'agence Reuters la RPDC aurait passé commande à des sociétés suisses pour des télésièges et d'autres télécabines d'une valeur de sept millions de francs suisses (5,7 millions d'euros). Pour sa part, l'Association des skieurs de la RPDC citée par KCNA a dénoncé les pressions exercées par les Etats-Unis et une politique d'embargo qui vise les populations, en violation de la Charte des Nations Unies.

 

col_masik_pass_coree-du-nord_north-korea.jpg

 

Peu soucieux de recouper leurs informations, la plupart des médias occidentaux reprennent mot à mot les éléments de langage du gouvernement américain : la station de ski ne bénéficierait qu'à "l'élite" de la RPDC et les équipements incriminés sont donc des produits de luxe relevant de l'embargo...  Sidérant raisonnement qui qualifie un produit en fonction de ses consommateurs finaux ! Les Américains, les Français ou les Suisses utilisant les télécabines des stations de ski sont donc tous d'infâmes privilégiés, consommant des produits de luxe ? Il est vrai que tout consommateur d'une bouteille d'Evian a lui aussi accès à un luxe tapageur et inacceptable, si l'on suit la fine analyse du comité des Nations Unies chargé de la mise en oeuvre de l'embargo contre la RPDC...

Comme pour les millions de Coréens qui ont assisté aux spectacles de gymnastique de masse Arirang, ceux qui pratiqueront le ski à la station du col Masik ne seront évidemment pas des privilégiés. On retrouvera, parmi eux, des citoyens récompensés pour leur contribution au développement du pays, des habitants de la région - un peu comme si, en France, un habitant des Alpes fréquentait la station de sport d'hiver située près de son domicile, à cette différence fondamentale que, en RPDC, les loisirs sont quasi gratuits - ou encore des élèves sélectionnés pour leurs aptitudes sportives, la RPDC participant déjà régulièrement aux Jeux olympiques d'hiver, dont l'édition de 2018 se tiendra au Sud de la péninsule. Des voix se sont d'ailleurs élevées, de chaque côté de la péninsule, pour associer les deux Corée à cet événement. La construction de la station Masik ne doit-elle pas aussi être resituée dans ce contexte ?

 

Ceux qui, croisés de l'anticommunisme, néoconservateurs affolés par la réalité d'une RPDC dotée de l'arme nucléaire et devenue une puissance spatiale, sont les plus ardents défenseurs de l'embargo contre la RPD de Corée ont évidemment d'autres objectifs moins avouables : non seulement ruiner la Corée du Nord, mais aussi la frapper au moment le plus opportun. La station de Masik est presque terminée. En empêcher l'achèvement en frappant d'embargo des télésièges et des télécabines, c'est caresser le secret espoir qu'elle ne verra jamais le jour. On peut aussi imaginer leur jubilation à l'idée que les Nord-Coréens soient dans l'incapacité d'accueillir une partie des Jeux olympiques de 2018 comme l'idée en circule au Nord et au Sud de la péninsule coréenne, tout en entravant la possibilité pour les sportifs de la RPDC de s'entraîner dans des conditions satisfaisantes.

 

Il est désormais temps que la raison l'emporte, et que l'absurde politique d'embargo qui frappe d'abord - sinon exclusivement - les seules populations nord-coréennes soit enfin levée.

 

Sources : AAFC, KCNA (dépêche du 24 août 2013), Reuters (cité par  Les Echos).

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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 14:43

Les deux Etats coréens ont célébré séparément l'armistice ayant mis fin à la guerre de Corée, le 27 juillet 1953. Si la République de Corée (du Sud) a cherché à réunir des représentants de tous les Gouvernements ayant fait partie de la coalition des Nations Unies ayant combattu en Corée sous commandement américain (16 pays [1], auxquels s'ajoutent 5 pays ayant envoyé une assistance médicale [2]), la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) n'a pas été en reste - non seulement le vice-président de la République populaire de Chine, intervenue aux côtés de ses soldats, mais des délégations gouvernementales de plusieurs pays alliés du Tiers Monde étaient présents aux cérémonies commémoratives (ci-dessous : le Maréchal Kim Jong-un de la RPDC, aux côtés du vice-président chinois Li Yuanchao et du vice-président zambien Edward Kiwanuka Ssekand), redessinant ainsi la carte géopolitique des soutiens de chaque Etat coréen.

 

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Au Sud de la Corée, il a été décidé, le 26 juillet 2013, que le jour de l'armistice serait proclamé "Jour de la participation des forces des Nations Unies", signalant la mise en avant du rôle des anciens combattants étrangers par rapport aux déclarations visant à transformer l'accord d'armistice en traité de paix.

 

Des cérémonies ont eu lieu dans les cimetières nationaux sud-coréens, où des carrés spécifiques signalent les tombes des anciens soldats étrangers morts pendant le conflit (photo ci-dessous, au cimetière national de Séoul, source Yonhap).

 

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Un concert classique s'est tenu à la gare de Dorasan, juste au sud de la DMZ. L’orchestre symphonique était formé d’artistes de 21 pays et a joué des morceaux appelant à la paix sur la péninsule coréenne.

 

Si le Président Barack Obama n'était pas présent aux commémorations à Séoul, privilégiant sa présence avec les anciens combattants américains, il a participé à une cérémonie commémorative de l'armistice à Washington. La délégation américaine présente aux cérémonies en Corée du Sud était conduite par l'ambassadeur des Etats-Unis en Corée du Sud, S.E. Sung Y. Kim, et comprenait notamment le général James D. Thurman, commandant en chef des forces américaines en Corée du Sud.

 

La Nouvelle-Zélande a été représentée par son Premier ministre John Key (ci-dessous, avec la présidente sud-coréenne Park Geun-hye, source Yonhap). La France était également représentée par son Premier ministre Jean-Marc Ayrault, dont le déplacement a été salué par l'agence Yonhap comme "la première visite d’un haut dignitaire européen en Corée après l’investiture de l’administration Park Geun-hye". Il a rencontré par ailleurs la présidente sud-coréenne. Lors de sa rencontre avec son homologue sud-coréen Chung Hong-won, le projet de conception de l’hélicoptère coréen Surion avec la participation d’Eurocopter a été mis en exergue comme exemple de coopération franco-coréenne réussie. Les deux chefs de gouvernement ont également envisagé des échanges de délégations en 2015-2016, à l'occasion du 130ème anniversaire en 2016 de l'établissement des relations diplomatiques entre la France et la Corée.

 

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L'Italie, la Norvège et les Philippines ont envoyé en Corée du Sud leurs ministres de la Défense. Selon le Gouvernement sud-coréen, les délégations gouvernementales présentes étaient originaires de 27 pays.

 

Les commémorations en République populaire démocratique de Corée ont été marquées par la présence d'un nombre un peu plus important de représentants au niveau des chefs d'Etat et de Gouvernement. Alors qu'il n'y avait pas de représentant américain d'un niveau ministériel lors des cérémonies s'étant déroulées au Sud (ce qui a été en partie compensé par une cérémonie spécifique à Washington, une première pour un président américain en exercice à l'occasion de la commémoration de l'armistice de la guerre de Corée), la Chine était représentée à Pyongyang par son vice-président Li Yuanchao, également représentant du PC chinois, qui a souligné la solidarité de la Chine avec la RPD de Corée et rappelé que son pays était pour la paix et la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

 

Deux autres vices-présidents étaient présents à Pyongyang lors des cérémonies officielles : Guy Scott, vice-président de la République de Zambie, et Edward Kiwanuka Ssekand, vice-président de la République d'Ouganda.

 

Plusieurs partis au pouvoir avaient envoyé des délégations en RPD de Corée : Abdullah al-Ahmar, secrétaire général adjoint du Parti arabe socialiste Baath syrien, conduisait la délégation syrienne. La secrétaire générale adjointe du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie conduisait la délégation du Congo démocratique, et le Mouvement de libération populaire de l'Angola était représenté par un membre de son bureau politique. Le Parti communiste de Cuba était représenté par le chef de son département international, le Parti communiste du Vietnam par Tran Quoc Vuong, secrétaire du Comité central, le Parti révolutionnaire du peuple lao par Cheuang Sombounkhan, secrétaire du Comité central, qui représentait aussi le gouvernement laotien. Des délégations militaires du Mozambique et de la Mongolie étaient conduites chacune par un vice-ministre de la Défense. Le numéro deux de l'armée conduisait la délégation militaire iranienne, le président nord-coréen Kim Yong-nam étant parti en visite officielle pour l'Iran dès la fin des cérémonies. Une délégation militaire tanzanienne a aussi participé aux cérémonies.

 

La délégation gouvernementale indonésienne était conduite par un conseiller à la présidence, et la délégation namibienne par un vice-ministre de la Justice. Des délégations gouvernementales représentaient aussi le Cambodge, le Népal, le Soudan, la Malaysie et le Pakistan. Le président palestinien avait également envoyé un représentant. Une délégation gouvernementale de Guinée équatoriale a aussi visité la RPDC - soit, selon notre propre décompte, les représentants de 21 gouvernements ou Etats étrangers, sans compter la Russie ou l'Italie dont les situations sont particulières.

 

L'URSS n'ayant pas officiellement participé à la guerre de Corée, la Russie était représentée par Ya. V. Kanov, vice-président du Conseil de Russie des vétérans de la guerre de Corée.

 

Par ailleurs, Paolo Romani, vice-président du Sénat italien, était présent, alors que son pays a fourni une assistance médicale aux troupes des Nations Unies pendant la guerre de Corée et qu'une délégation gouvernementale était présente simultanément au Sud. Il a été reçu par le maréchal Kim Jong-un.

 

Par ailleurs, des messages de félicitations à l'occasion de la victoire dans la guerre de libération de la patrie ont été adressés au Maréchal Kim Jong-un par le président algérien Abdelaziz Bouteflika, le président guinéen  Alpha Condé et le président tchadien Idriss Déby, mais sans que ces pays n'aient visiblement envoyé de délégations officielles, selon les comptes rendus publiés par l'agence nord-coréenne KCNA.

 

Les cérémonies ont été marquées par l'inauguration d'un monument aux soldats morts pendant la guerre de Corée, une parade militaire (photo ci-dessous), un défilé civil et un feu d'artifice, ainsi que l'inauguration du nouveau musée de la guerre. Le message était double : rappeler le sacrifice des combattants coréens et chinois - dont les vétérans occupaient les premières places lors des cérémonies officielles. Après les cérémonies auxquelles ont participé les délégations étrangères, les vétérans étaient d'ailleurs présents, à partir du 30 juillet, à des manifestations avec les seuls Coréens, en présence du Maréchal Kim Jong-un. Mais le discours des autorités de la RPD de Corée rappelait aussi la nécessite d'un traité de paix en lieu et place de l'accord d'armistice de 1953.

 

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Le nouveau spectacle de gymnastique de masse Arirang inauguré à l'occasion des cérémonies a accordé une place particulière à l'amitié entre les peuples, notamment avec la Chine et la Russie, qui ont participé à la guerre de Corée aux côtés des soldats de l'Armée populaire de Corée. Le schéma narratif a suivi le fil habituel - de l'occupation japonaise à la perspective de la réunification de la Corée, en passant par la libération, la guerre de Corée (naturellement mise en avant cette année), la construction du socialisme (plus brièvement évoquée cette année) et la construction d'un pays puissant et prospère, pour laquelle les succès technologiques - lancement réussi de la fusée Unha-3 en décembre 2012 - et les nouveaux équipements collectifs (centre de loisirs Rungna et delphinarium, rue Changjon...) ont été à l'honneur. Les numéros d'acrobates, réalisés notamment par les artistes des troupes de cirque de RPDC régulièrement récompensés dans les festivals internationaux, ont été particulièrement impressionnants.

 

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[1] Afrique du Sud, Australie, Belgique, Canada, Colombie, Etats-Unis, Ethiopie, France, Grèce, Luxembourg, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Philippines, Royaume-Uni, Thaïlande, Turquie.

[2] Danemark, Inde, Italie, Norvège, Suède.

 

Principales sources (dont photos) : KCNA, Yonhap. Photos d'Arirang : Alain Noguès.

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 12:45

Le 23 janvier 2001, la Belgique annonçait l'ouverture de relations diplomatiques complètes avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Des coopérations diverses, notamment dans les domaines économique et culturel, se sont nouées depuis entre les deux pays.

 

Dans une dépêche en date du 20 juillet 2013, l'agence KCNA de la RPD de Corée a fait part d'un message de félicitations adressé par Kim Yong-nam, Président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême, au roi des Belges Albert II, à l'occasion de la fête nationale belge. Il est en effet d'usage que la Corée du Nord adresse des messages de félicitations aux dirigeants des pays étrangers avec lesquels elle a noué des relations diplomatiques, lors de leur élection ou de leur nomination et à l'occasion des fêtes nationales.

 

Pendant la guerre froide, la Belgique avait établi des relations diplomatiques dans la péninsule exclusivement avec la République de Corée (du Sud). Un bataillon de 3 500 soldats belges avait participé aux combats de la guerre de Corée menés sous le drapeau des Nations Unies, sous commandement américain. Selon le site du ministère belge des Affaires étrangères, "depuis la participation de quelque 3 500 volontaires belges à la guerre contre la Corée du Nord qui a duré trois ans, des liens particuliers se sont noués avec la Corée du Sud tant sur le plan politique qu'économique".

 

Les progrès dans les relations intercoréennes après l'élection en Corée du Sud du démocrate Kim Dae-jung, marqués par le sommet intercoréen du 15 juin 2000, ont ensuite favorisé l'établissement de relations diplomatiques entre le royaume de Belgique et la République populaire démocratique de Corée. L'annonce qui en a été faite par le ministre belge des Affaires étrangères, dans un communiqué en date du 23 janvier 2001 suite à la signature d'un accord bilatéral, s'inscrivait dans un cadre européen. En janvier 2000, l'Italie avait pris la première l'initiative d'une reconnaissance de la RPDC.

 

Une position européenne en ce sens avait été prise lors d'une réunion s'étant tenue le 10 novembre 2000. Au sein de l'Union européenne, deux pays, la France et l'Irlande, s'étaient désolidarisés des treize autres Etats membres de l'UE (qui comptaient alors 15 membres) et opposés à l'établissement de relations diplomatiques, en faisant état de la situation des droits de l'homme et des programmes balistiques et nucléaires. L'Irlande a depuis noué des relations avec la RPDC, quand la France reste un des deux derniers Etats de l'Union européenne - avec l'Estonie - à ne pas avoir franchi le cap de l'établissement de relations diplomatiques.

 

Lors de la publication du communiqué du 23 janvier 2001, le cabinet de Louis Michel, ministre des Affaires étrangères, avait observé que « depuis le sommet intercoréen de juin 2000, le climat politique dans la péninsule coréenne s'est amélioré, grâce à la politique d'ouverture et d'engagement » du dirigeant nord-coréen Kim Jong-il.

   

koenraad-rouvroy.jpgLa Belgique devenait alors le neuvième pays de l'Union européenne à établir des relations diplomatiques avec la RPD de Corée. Il était convenu entre les deux parties que l'ambassadeur de Belgique en Corée du Sud soit également accrédité auprès des autorités nord-coréennes, tandis que l'ambassadeur de la RPDC en Suède serait aussi ambassadeur pour la Belgique. Par ailleurs, le gouvernement belge annonça l'accréditation de deux autres diplomates - l'un en poste à Séoul, et l'autre à Pékin - auprès du gouvernement nord-coréen, et qui assisteraient l'ambassadeur de Belgique en Corée du Sud. Koenraad Rouvroy (photo à gauche, source), ambassadeur résident à Séoul, a visité la RPDC du 18 au 23 juin 2011. Il a présenté ses créances à Yang Hyong-sop, vice-président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême, et rencontré le 20 juin Paek Nam-sun, ministre des Affaires étrangères de la RPD de Corée, lors d'une visite où ont été évoquées notamment les questions internationales et humanitaires.

 

Un objectif commun était aussi l'essor des échanges économiques, non seulement avec la Belgique mais avec d'autres pays de l'Union européenne, comme en a témoigné une tournée européenne (Belgique, Italie, Suède) du ministre nord-coréen du commerce extérieur en mars 2002. Avant 2001, un diamantaire d'Anvers faisait déjà tailler ses pierres en Corée du Nord. En septembre 2002, une mission économique belge, à nouveau conduite par l'ambassadeur Koenraad Rouvroy, s'est rendue au Nord de la péninsule. Plusieurs sociétés déjà implantées au Sud étaient représentées. Agfa Gevaert, Umicore, Tractebel et Hamon participèrent à cette mission. 

  

D'autres délégations de la RPDC, y compris du ministère des Affaires étrangères, se sont rendues en Belgique, mais le plus souvent dans le cadre plus large des relations avec l'Union européenne. 

 

L'ambassadeur de la RPD de Corée en Belgique réside aujourd'hui au Royaume-Uni. Lors de l'accréditation de S.E. Hyon Hak-bong (photo ci-dessous, source) en mai 2012, selon l'agence KCNA le roi Albert II a déclaré que, malgré leur éloignement géographique, la Belgique et la RPDC avaient un grand potentiel de coopération dans différents domaines. Le souverain belge a exprimé le voeu d'un essor des relations d'amitié et de coopération, ainsi que le souhait d'une diminution des tensions dans la péninsule coréenne et d'une amélioration des relations Nord-Sud.

 

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Les échanges entre la RPD de Corée et la Belgique se sont également développés dans un cadre extra-gouvernemental. Homologue de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), avec laquelle elle a organisé des voyages communs en RPD de Corée, l'association d'amitié belgo-coréenne Korea-is-one (KIO), aujourd'hui disparue, a notamment offert un tracteur à la ferme d'Ontchon, avec laquelle elle était jumelée. Dans l'attente de la reconstitution d'une association d'amitié en Belgique, d'anciens membres de KIO ont adhéré à l'AAFC, où ils relèvent du comité Nord.

 

Par ailleurs, le Belge Anja Daelemans a coproduit, avec le Nord-Coréen Kim Gwang-hun et le Britannique Nicholas Bonner, le film Comrade Kim Goes Flying, comédie romantique sortie sur les écrans en 2012 racontant l'histoire d'une trapéziste de la troupe de cirque de Pyongyang, diffusée dans plusieurs festivals internationaux, y compris au festival de Pusan, en Corée du Sud.

 

Sources :

- AAFC ;

- page Asie et Océanie du site du ministère des Affaires étrangères de Belgique, consultée à la date du 21 juillet 2013 ;  

- KCNA, dépêches en date du 16 mai 2012 et du 20 juillet 2013 ;

- dépêche de l'agence Kyodo, en date du 23 janvier 2001

- dépêche de l'agence Kyodo, en date du 19 juillet 2001;

- La Libre Belgique, article paru le 23 janvier 2001 ;

- Nicolas Levi, "Une nouvelle inflexion des relations entre la Belgique et la Corée du Nord ?", article publié le 26 août 2012.

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 21:08

Si la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) est aujourd'hui un récipiendaire net d'aide publique au développement (APD), la Corée du Nord a pendant longtemps apporté une aide publique au développement à des pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine, après avoir été un des premiers Etats du Tiers Monde à accéder à l'indépendance après la Seconde guerre mondiale. Pour les dirigeants nord-coréens, au premier rang desquels le Président Kim Il-sung, fondateur de la RPDC, il était du devoir de solidarité internationale des Nord-Coréens de contribuer non seulement à soutenir politiquement et militairement les luttes de libération nationale, mais aussi de favoriser le développement économique des pays du Tiers Monde, comme l'a rappelé une dépêche en anglais de l'agence nord-coréenne KCNA, publiée le 9 juillet 2013, intitulée "Kim Il Sung pays deep attention to developing nations' economic development" ("Kim Il-sung a accordé une attention particulière au développement économique des pays en développement"), que nous analysons ci-après.

 

Che-Guevara_Kim-il-sung.jpgEn 1964, un groupe de 200 techniciens nord-coréens s'est rendu à Cuba, et en janvier 1969 d'autres techniciens de la RPD de Corée se sont rendus dans la grande île des Caraïbes, à la demande des autorités cubaines, pour apporter une aide au développement. Après la révolution, Cuba, dont l'économie était dominée par les pays étrangers, s'intéressait en effet fortement à l'exemple de la RPDC qui affichait des taux de croissance économique de plus de 10 % par an pour mettre en place une économie nationale indépendante, au-delà de la proximité politique avec la Corée du Nord et d'une solidarité qui s'est poursuivie jusqu'à nos jours. Durant l'hiver 1964-1965, Che Guevara en visite à Pyongyang avait ainsi rendu un vibrant hommage à la Corée du Nord (à gauche, Kim Il-sung et Che Guevara en 1960, source : site Internet Sons of Macolm).

 

Le Sri Lanka a fourni un autre exemple d'assistance technique. Au début des années 1970, le gouvernement sri lankais souhaitait en effet développer la production agricole, et s'était tourné vers les ingénieurs nord-coréens qui avaient réussi le tour de force de faire de leur pays, peu favorisé au plan agricole (seules un sixième des terres sont arables), un exportateur net de produits agricoles jusqu'à la fin des années 1980. Le Président Kim Il-sung s'était ainsi directement impliqué par l'envoi non seulement de plus de 100 tracteurs, mais aussi de pompes à eau et de tuyaux en plastique dans la grande île du Nord de l'Océan indien.

 

Le père du socialisme tanzanien, Julius Nyerere, s'était pour sa part rendu à Pyongyang pour solliciter une aide technique de la RPD de Corée, qui lui a été largement accordée.

 

En janvier 1984, la Corée du Nord avait ainsi aidé à la construction de 30 usines dans 22 pays, à la mise en place de systèmes d'irrigation dans plus de 20 pays et à l'envoi de techniciens dans quelque 50 pays en développement.

 

Lorsque la RPDC a subi le contrecoup de la disparition de l'URSS et des démocraties populaires d'Europe de l'Est, puis de catastrophes naturelles à répétition, sa propre situation économique l'a conduit à réviser nettement à la baisse ses programmes d'aide publique au développement. Toutefois, les liens ainsi créés ont permis d'établir des réseaux de solidarité, qui se sont notamment exprimés lors de la disparition du dirigeant Kim Jong-il, en décembre 2011. La volonté aujourd'hui renouée de développer les coopérations économiques Sud-Sud participe de la  diversification des partenariats techniques et commerciaux, en évitant un face à face avec la Chine.

 

Sources : AAFC, KCNA.

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