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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 12:13

Après l'interdiction le 19 décembre 2014 du Parti progressiste unifié (PPU, gauche) en République de Corée (Corée du Sud), suivant une procédure et des principes contraires à toutes les normes démocratiques, la répression s'étend à présent à ses dirigeants et aux militants pro-réunification. Aujourd'hui comme hier, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) est pleinement solidaire du combat pour la démocratie, les libertés et les droits des travailleurs en Corée du Sud. L'AAFC exige la libération immédiate de tous les prisonniers politiques, ainsi que l'abandon des poursuites engagées sur la base de la loi dite de sécurité nationale, suite aux plaintes déposées par des groupes d'extrême-droite qui agissent en sous-main du gouvernement sud-coréen. L'AAFC souligne l'impérieuse nécessité que le PPU soit autorisé à se reconstituer et ses députés rétablis dans leurs mandats et droits. Enfin, l'AAFC demande aux militants des organisations sociales et politiques françaises de ne pas se taire face à la dérive autoritaire en Corée du Sud : le silence est la meilleure arme de ceux qui, consciemment ou insconsciemment, choisissent d'être complices des autorités sud-coréennes. Notre vigilance s'étend à l'Europe, et tout particulièrement à l'Angleterre, où il apparaît que les agents du Service national de renseignement sud-coréen (National Intelligence Service, NIS) violent de plus en plus ouvertement les lois nationales et internationales.

Prononcée (hasard ou coïncidence?) par la Cour constitutionnelle le jour du deuxième anniversaire de l'élection de Mme Park Geun-hye à la présidence de la République en Corée du Sud, le 19 décembre 2014, l'interdiction du Parti progressiste unifié a enhardi les forces de police et les juges sud-coréens à lancer un vaste coup de filet, préparé de longue date, contre les militants pro-réunification. Leur action se fonde encore et toujours sur les dispositions de la loi sud-coréenne dite de sécurité nationale qui, en violation ouverte des principes démocratiques de base, sert depuis plus de soixante ans à réprimer les forces d'opposition en Corée du Sud, au nom d'une collusion, réelle ou fastasmée, avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).

Manifestation à Séoul du Parti progressiste unifié et d'autres organisations progressistes contre la Présidente Park Geun-hye, élue il y a deux ans, le 19 décembre 2014  (source : "Hankyoreh")

Manifestation à Séoul du Parti progressiste unifié et d'autres organisations progressistes contre la Présidente Park Geun-hye, élue il y a deux ans, le 19 décembre 2014 (source : "Hankyoreh")

Après avoir qualifié fallacieusement le PPU de groupe "pro-Nord", dont l'existence serait contraire à la loi de sécurité nationale, l'appareil militaro-policier sud-coréen cherche à présent à frapper les organisations et militants pro-réunification comme "aidant l'ennemi", dans l'instruction des plaintes déposées en ce sens par des groupes d'extrême-droite qui servent souvent de faux-nez au gouvernement sud-coréen et à ses agents du NIS. Après l'interdiction du PPU, une plainte a été déposée à l'encontre de Mme Lee Jung-hee, présidente du PPU, et des cinq députés du PPU déchus de leurs mandats suite à la décision de la Cour constitutionnelle, en vue de les condamner comme "aidant l'ennemi" : non seulement la déchéance d'élus de la nation est une violation manifeste des règles de base de la démocratie parlementaire, en particulier de l'inviolabilité du mandat de législateur, mais cette attaque ciblée s'inscrit dans le cadre d'une persécution des minorités, condamnée par les tribunaux pénaux internationaux. 

Le 22 décembre 2014, une descente de police a eu lieu dans les locaux de l'Alliance coréenne, les domiciles de neuf de ses membres et chez un pasteur qui milite pour la paix, au motif qu'il aurait rencontré des Nord-Coréens lors d'un colloque qui s'était tenu en novembre 2013 à Potsdam. Bien sûr, la loi de sécurité nationale, qui interdit aux Sud-Coréens tout contact avec des Nord-Coréens, ne s'applique pas en dehors de la péninsule coréenne, mais les autorités sud-coréennes ont pris l'habitude de tenter de faire prévaloir une interprétation de cette loi contraire au principe de territorialité, pourtant l'un des fondements du droit international.

La police a avoué que l'enquête sur l'Alliance coréenne avait commencé dès le milieu de l'année 2012. Elle reconnaît ainsi que les coups de filet n'ont rien de spontané mais obéissent à un scénario ourdi de longue date, avant que l'interdiction du PPU ne serve de déclencheur face à l'apathie de la majorité des citoyens sud-coréens, mais aussi d'une fraction des démocrates prêts à collaborer avec les autorités conservatrices en acceptant l'interdiction du PPU. Cette situation est extrêmement inquiétante quant à l'avenir de la démocratie sud-coréenne, conquise de haute lutte après la mort de milliers de Sud-Coréens dans les années 1970 et 1980 : le manque de courage - ou la simple résignation - du plus grand nombre, ainsi que les jeux troubles de certains opposants pour accéder au pouvoir en s'engageant sur la voie de la collaboration, ont été, de tout temps et sur tous les continents, les adjuvants indispensables à la mise en place des dictatures.

C'est suivant la même logique que les agents du  Service national de renseignement sud-coréen sont de plus en plus fréquemment impliqués dans des actions illégales visant, cette fois, des non-Coréens qui militent pour la réunification de la péninsule, ou des Coréens à l'étranger. En France, l'Association d'amitié franco-coréenne est une cible pour le NIS, en raison de la solidarité de l'AAFC avec les Sud-Coréens en lutte pour la démocratie et la paix. Au Royaume-Uni, le NIS aurait agi de sorte que le représentant local de la Korea Friendship Association (KFA) doive quitter son emploi après des attaques ad hominem dans la presse britannique. De tels agissements du gouvernement sud-coréen et du NIS, ainsi que l'utilisation de réfugiés nord-coréens par le NIS, ont lieu dans d'autres pays d'Europe. Malgré les grandes divergences entre l'AAFC et la KFA, l'Association d'amitié franco-coréenne condamne avec la plus extrême fermeté les actions menées en violation du droit britannique et des lois internationales.


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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 12:13

Suite au vote par l'Assemblée générale de l'ONU d'une résolution sur les droits de l'homme en Corée du Nord, s'appuyant essentiellement sur les conclusions controversées du rapport d'une "commission d'enquête sur les droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée", le bureau national de l'Association d'amitié franco-coréenne, réuni le 19 décembre 2014, a adopté la déclaration suivante.

La défense des droits de l'homme ne doit pas servir de prétexte

à une guerre destructrice en Asie

 

À l'heure où le monde applaudit à la normalisation des relations entre les États-Unis et Cuba, la guerre froide se poursuit en Corée. Washington et ses alliés resserrent même chaque jour davantage l'étau sur la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), suivant une politique aussi contradictoire que dangereuse dans une des régions les plus militarisées du monde.

Le 18 décembre 2014, l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies a adopté une résolution appelant le Conseil de sécurité à saisir la Cour pénale internationale de crimes contre l'humanité qui seraient commis par la Corée du Nord. Le vote de cette résolution coparrainée par 62 pays, dont la France, se fonde sur le rapport d'une commission d'enquête, rendu public en février, accusant la Corée du Nord de commettre des atrocités « sans égal dans le monde contemporain ».

Il est établi que ce rapport - sans réelle valeur scientifique d'après plusieurs spécialistes - est d'abord le fruit du travail des milieux néo-conservateurs les plus hostiles à la RPDC aux États-Unis, notamment un certain « Comité pour les droits de l'homme en Corée du Nord » (Committee for Human Rights in North Korea, HRNK).

Ce n'est pas la défense des droits de l'homme en Corée du Nord qui motive les promoteurs du rapport sur lequel s'appuie la résolution adoptée le 18 décembre. En ravivant ainsi les tensions en Asie du Nord-Est, il s'agit surtout d'y justifier une présence militaire massive, conformément à la stratégie du « pivot asiatique » de l'administration américaine.

La défense des droits de l'homme mérite mieux que l'instrumentalisation de cette question et une Corée transformée en champ de bataille entre grandes puissances.

L'Association d'amitié franco-coréenne regrette que la France, obéissant ainsi à des intérêts qui ne sont pas les siens, ait été en pointe pour faire adopter la résolution contre-productive du 18 décembre. C'est la paix, le dialogue et l'abandon de la politique des sanctions qui offrent les meilleures garanties de progrès pour les droits de l'homme. L'administration Obama semble l'avoir compris pour ce qui concerne Cuba. Elle doit agir de la même façon, et la France avec elle, en Asie, et singulièrement en Corée.

 

Le bureau national de l'Association d'amitié franco-coréenne

Paris, 19 décembre 2014

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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 18:53

Le 17 décembre 2014, le président américain Barak Obama a annoncé un assouplissement de l’embargo américain à l’égard de Cuba. Alors que les dirigeants d’Amérique du Sud et d’ailleurs dans le monde (dont le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius) se félicitent d'un geste diplomatique qui tient de la « rectification historique » (selon le président vénézuélien Nicolas Maduro), une interrogation demeure : comment expliquer ce courage diplomatique (le choix de Barak Obama ne fait pas consensus au sein du Congrès américain) à géométrie variable ? En effet, de l’autre côté de la planète, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) réclame depuis des décennies l’établissement de relations diplomatiques normales avec les États-Unis (et la France) ainsi que la fin du plus vieil embargo au monde. Mais Pyongyang se heurte à un mur.

Les pays avec lesquels la RPD de Corée entretient des relations diplomatiques, en 2014

Les pays avec lesquels la RPD de Corée entretient des relations diplomatiques, en 2014

« Deux poids, deux mesures ». Si on ne peut que se réjouir pour le peuple cubain de l’annonce de l’assouplissement de l’embargo et de l’échange d’ambassadeurs entre Washington et la Havane, on note aussi, une fois de plus, la diplomatie à géométrie variable des États-Unis. Le Président Obama a justifié le desserrement de l’étau américain sur la plus grande île des Caraïbes par le fait que Washington entretien des relations diplomatiques très actives avec d’autres pays communistes, citant notamment la Chine et le Vietnam. Barak Obama oublie sans doute qu’un autre pays d’Asie, la République populaire démocratique de Corée, constitue, à l’instar de Cuba, un pays socialiste avec lequel les États-Unis refusent de communiquer.

Deuxième argument développé par M.Obama , la libération de l’espion Alan Gross, détenu à Cuba depuis 2009, ainsi que d’un agent de renseignement infiltré à Cuba depuis plusieurs décennies. Là encore, cet argument détonne pour un connaisseur de la question coréenne. En effet, en novembre 2014, la RPDC a libéré plusieurs citoyens des États-Unis ayant violé la loi nord-coréenne, et ne retient aujourd’hui plus aucun prisonnier américain sur son territoire.

Enfin, le président américain a appuyé son initiative diplomatique sur l’échec de l’embargo américain visant à faire tomber le régime castriste. Or, contrairement a ce qu’a indiqué la presse, le plus vieil embargo imposé par les États-Unis n’est pas celui visant la Havane mais celui ayant pour cible la Corée du Nord, dont l’économie vit sous embargo depuis 1950, soit onze ans avant Cuba.

Les pays occidentaux qui refusent encore aujourd’hui la reconnaissance diplomatique pleine et entière de la RPDC (États-Unis, France, Japon notamment) devraient s’interroger sur leurs pratiques diplomatiques à géométrie variable et certainement « désidéologiser » leur vision des relations internationales en acceptant que d’autres régimes politiques puissent exister à leurs côtés.

 

Sources :

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 23:34

La résolution des Nations Unies sur les droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a entraîné une vive réaction des autorités nord-coréennes. La Commission de la défense nationale de la RPD de Corée a souligné que la Corée du Nord ne se considérait plus tenue par la suspension de ses essais nucléaires, ce qui a entraîné des menaces des Etats-Unis, de la Corée du Sud et de leurs alliés - y compris la France - qu'un quatrième essai conduirait à un renforcement des sanctions internationales contre Pyongyang. Cette nouvelle escalade des tensions démontre le caractère contre-productif de la résolution des Nations Unies. Face à cette impasse, la Russie met en exergue qu'une autre voie est possible : la reprise des pourparlers à six, à laquelle la RPD de Corée est prête à participer sans conditions préalables.

Démonstration de masse à Pyongyang, le 25 novembre 2014, dénonçant la "politique de racket" des Etats-Unis dans le cadre de l'adoption de la résolution des Nations Unies sur les droits de l'homme en RPDC

Démonstration de masse à Pyongyang, le 25 novembre 2014, dénonçant la "politique de racket" des Etats-Unis dans le cadre de l'adoption de la résolution des Nations Unies sur les droits de l'homme en RPDC

Un plaidoyer pour la reprise des pourparlers à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon), cadre de négociations pour la dénucléarisation de l'ensemble de la péninsule coréenne, a été formulé par Grigory Logvinov, représentant du ministère russe des Affaires étrangères, le 22 novembre 2014, dans le cadre de la conférence de Moscou 2014 sur la non-prolifération nucléaire.

S'interrogeant sur l'opportunité et le format du cadre de discussions multilatérales, Grigory Logvinov a déclaré : "Quand et comment est-ce que le processus à six peut reprendre? Est-il tout simplement possible? Il l'est. Et je pense que le format à six est toujours le plus approprié, étant donné que le problème doit être résolu dans le cadre d'un processus mondial multi-format et à grande échelle".

Dénonçant comme "disproportionnées" les mesures militaires prises par les Etats-Unis face à la RPD de Corée, le représentant du MAE russe a déploré les conditions "inacceptables" mises par Washington à une reprise des pourparlers à six : selon lui, le gouvernement américain "ne devrait pas mettre en avant des conditions préalables dont elle sait qu'elles sont contestables et inacceptables".

Ayant voté contre la résolution des Nations Unies sur les droits de l'homme en Corée du Nord, à l'instar de la Chine, la Russie exhorte par ailleurs la RPD de Corée à abandonner ses armes nucléaires en contrepartie d'une levée des sanctions.

Ces déclarations sont d'autant plus significatives de la volonté de Pyongyang de reprendre le dialogue - à condition que les Etats-Unis ne poursuivent pas sur la voie de l'escalade - qu'elles interviennent au lendemain d'une visite en Russie de Choe Ryong-hae, en qualité d'envoyé spécial du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

Source principale :

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 17:38

Le 18 novembre 2014, l'Organisation des Nations-Unies a adopté une résolution demandant à la justice internationale de se pencher sur la situation des droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). La RPDC a fermement rejeté cette résolution, ajoutant que, loin d'inciter à des échanges constructifs à propos des droits de l'homme, elle ne ferait que l'encourager à développer sa force de dissuasion pour faire aux menaces américaines symbolisées par la résolution du 18 novembre. 

Réunion de la Troisième commission de la 69eme Assemblée générale des Nations Unies, 18 novembre 2014

Réunion de la Troisième commission de la 69eme Assemblée générale des Nations Unies, 18 novembre 2014

Le 18 novembre 2014, la Troisième commission de la 69ème Assemblée générale des Nations Unies, qui traite de la question des droits humains, a adopté par 111 voix pour, 19 contre et 55 abstentions, le projet de résolution qui avait été déposé conjointement par 60 pays membres, dont ceux de l'Union européenne, appelant le Conseil de sécurité des Nations Unies à saisir la Cour pénale internationale au sujet des violations des droits de l'homme qui seraient commises en RPD de Corée. 

 

En réaction, le ministère des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée a publié le 20 novembre un communiqué dénonçant cette résolution adoptée grâce aux "pressions politiques et économiques" exercées par les Etats-Unis sur certains pays et "parsemée d'accusations malveillantes".

 

De fait, la résolution du 18 novembre s'appuie essentiellement sur les conclusions du rapport d'une "commission d'enquête sur les droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée", rendues publiques le 17 février 2014, commission qui est une émanation directe des cercles néoconservateurs américains les plus hostiles à la RPDC, en particulier le Committee for Human Rights in North Korea (HRNK).

 

Pour ces cercles, il s'agit d'utiliser la RPDC comme prétexte à l'encerclement de la Chine, identifiée au moins depuis le début des années 2000, comme le grand adversaire stratégique des Etats-Unis. 

 

Le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a regretté que la volonté de la RPDC d’avoir une "coopération étendue dans le domaine des droits de l'homme" a été ignorée, "les forces hostiles  [ayant] finalement refusé la coopération et choisi la voie de la confrontation". "Ce comportement a révélé que l'appel des supporters des Etats-Unis pour un dialogue sur les droits de l'homme était hypocrite et ils ont fermé eux-mêmes la porte à ce qui concerne le dialogue sur les droits de l'homme mais aussi à d'autres dialogues, échanges et coopérations", a déclaré le porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères.

 

Le même jour, à l'issue de sa rencontre avec Choe Ryong-hae, envoyé spécial du dirigeant de la RPDC Kim Jong-un, le ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie Sergueï Lavrov a lui-même estimé "contre-productive" la résolution "conflictuelle" des Nations Unies. "Nous sommes convaincus que les structures de l'ONU consacrées aux droits de l'homme ne doivent pas être transformées en instrument judiciaire ou de poursuite", a ajouté le ministre russe, affirmant qu'une telle résolution était destinée à "punir publiquement" des pays, et non à chercher une solution.

 

La Fédération de Russie et la République populaire de Chine ont voté contre la résolution du 20 novembre.

 

Faisant référence à "la guerre en Yougoslavie déclenchée par les Etats-Unis en 1999 sous le prétexte 'de protection des droits de l’homme et d’une minorité'", le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a souligné que "la grave situation qui prévaut et voit la loi internationale violée par des pratiques autoritaires justifie davantage la position constante de la RPDC selon laquelle les droits de l'homme signifient précisément la souveraineté nationale", voyant dans la résolution du 18 novembre une "tentative de renverser le système social [de la RPDC]" et "la manifestation la plus flagrante de la politique hostile [des Etats-Unis] à l'égard de la RPDC". 

 

En conséquence, "maintenant que la politique hostile des Etats-Unis à l'égard de la RPDC contraint celle-ci à ne plus se restreindre dans la conduite d'un nouvel essai nucléaire, ses moyens de dissuasion se renforceront de manière illimitée afin de faire face à l'intervention armée des Etats-Unis."

 

Après sa réunion du 20 novembre avec l'envoyé spécial du Dirigeant Kim Jong-un, le ministre russe des Affaires étrangères a néanmoins déclaré que la RPDC était prête à relancer  "sans conditions préalables" les pourparlers à six pays (deux Corée, Etats-Unis, Chine, Russie, Japon) sur le programme nucléaire nord-coréen, interrompus depuis 2009.

 

En Corée, les questions de la paix et des droits de l'homme sont étroitement liées. Ainsi, une amélioration de la sécurité dans la péninsule coréenne et davantage de confiance entre les parties en présence, ce qui passe par la signature d'un véritable traité de paix - toujours refusé par les Etats-Unis - ne peuvent qu'être bénéfiques à la situation des droits de l'homme, auxquels semblent tant attachés les Etats-Unis et leurs alliés.

 

Or, les Etats-Unis stationnent près de 30 000 soldats en Corée du Sud, maintiennent tout un réseau de bases militaires en Extrême-Orient, déploient des moyens aéronavals, y compris nucléaires, et disposent de missiles intercontinentaux, tout en menaçant la RPDC d'attaques préventives

 

Ceux qui, à Washington, ont tellement à cœur la défense des droits de l'homme en Corée du Nord sont pourtant censés avoir lu les Pères fondateurs des Etats-Unis d'Amérique, pour lesquels la guerre et la menace de guerre constituent toujours le plus grave obstacle à la liberté : 

 

"La protection contre le danger extérieur est ce qui détermine le plus puissamment la conduite. Même l'amour ardent de la liberté cèdera, au bout d'un temps, face à ce qu'elle ordonne. La destruction violente de vies et de biens qui découle de la guerre, l'alerte et les efforts permanents inhérents à un état de danger permanent obligeront les nations les plus attachées à la liberté à recourir pour leur quiétude et leur prospérité à des institutions qui ont tendance à supprimer leurs droits civils et politiques."

(Alexander Hamilton, "The Effects of Internal War in Producing Standing Armies, and Other Institutions Unfriendly to Liberty", 17 septembre 1787)


Sources : 

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 23:04

Dans un rapport d'une commission d'enquête des Nations Unies sur les droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), dont les conclusions ont été rendues publiques le 17 février 2014, un témoignage a été largement médiatisé, notamment par la portée des atteintes aux droits de l'homme en RPDC qu'il dénonce : celui du réfugié nord-coréen Shin Dong-hyuk, dont la biographie a été publiée par le journaliste Blaine Harden sous le titre Rescapé du camp 14 - aujourd'hui un des best-sellers sur la Corée du Nord en Occident. Alors que Shin Dong-hyuk se présente comme le seul Nord-Coréen né dans un camp de travail qui soit parvenu à quitter une "zone de contrôle maximal", son récit a soulevé des interrogations chez des spécialistes de la RPDC pourtant peu suspects de sympathies pour le régime de Pyongyang, avant qu'un rapport nord-coréen dénonce cette enquête en mettant en cause la véracité de certains témoignages, dont celui de Shin Dong-hyuk. Les médias nord-coréens ont aussi diffusé un reportage où ils donnent la parole au père de Shin Dong-hyuk et à d'autres citoyens de la RPDC qui l'accusent d'être un affabulateur et d'avoir fui le pays après avoir commis un crime de droit commun, un viol sur mineure. Alors que Shin Dong-hyuk n'a pas cherché, à notre connaissance, à démentir point par point les graves accusations portées à son encontre (il se contente de rejeter le récit de son père comme le résultat d'une manipulation par les autorités nord-coréennes), la question est posée : qui manipule réellement qui et qui est vraiment Shin Dong-hyuk ?

A l'Assemblée nationale sud-coréenne, les députés démocrates sont mécontents : ils viennent d'entendre l'énième témoignage extraordinaire d'un réfugié nord-coréen qu'ils soupçonnent, une nouvelle fois, d'agir pour le seul compte d'activistes anti-RPDC, voire des services de renseignement sud-coréens. Car leur but n'est pas d'entendre des militants livrer des récits plus ou moins fantasmatiques, mais bien de connaître la vérité sur la Corée du Nord par des témoins dignes de foi.

Aujourd'hui, l'histoire bafouille, à propos des droits de l'homme en Corée du Nord et de nouveaux témoins extraordinaires. Mais lorsque la commission d'enquête des Nations Unies sur les droits de l'homme en RPDC a mené son enquête, elle ne s'est - hélas - pas embarrassée de porter le moindre regard d'analyse critique, ni de donner la parole à la défense, se transformant en tribunal ayant instruit à charge (ne s'agirait-il pas à présent de traduire les dirigeants de la RPDC devant la Cour pénale internationale ?).

Parmi les témoignages capitaux, celui de Shin Dong-hyuk détonne : s'exprimant avec aisance, belle gueule, dentition parfaite, le réfugié nord-coréen "rescapé du camp 14" ne semble pas porter les stigmates qu'on pourrait attendre d'un long séjour dans un des camps de rééducation réputés les plus durs de RPDC. Pour Konstantin Asmolov, chercheur russe au Centre d'études coréennes à l'Institut des études d'Extrême-Orient, le doute est réel : "A ces auditions publiques il y avait 30 personnes qui ont raconté toutes sortes d'histoires horribles. Il y avait Shin Dong-hyuk qui ne parle pas avec un accent nord-coréen, et dont les mains sont celles d'un intellectuel plutôt que d'une personne qui aurait vécu dans un camp toute sa vie. La commission (des Nations Unies) n'a pas procédé à un nombre suffisant d'entretiens privés pour pouvoir accuser le gouvernement [nord-coréen] de crimes de guerre et de famines, c'était un show."

Dans un documentaire intitulé "Lie and Truth" (mensonge et vérité), d'abord publié sur le site nord-coréen Uriminzokkiri, les accusations portées contre Shin Dong-hyuk par son père et plusieurs personnes de son entourage sont extrêmement lourdes. Pour son père Shin Kyong-sop, Shin Dong-hyuk, né sous le nom de Shin In-gun avant de changer son nom suite à son départ au Sud, n'est pas né en 1982 dans un camp, comme il le prétend, mais le 19 novembre 1980 dans le village de Soksan. Shin Kyong-sop ajoute être né en 1944, et pas en 1946 comme le prétend son fils, et que les blessures de Shin Dong-hyuk ont des origines accidentelles, remontant à l'enfance, dont il livre les détails. Shin Dong-hyuk n'aurait jamais vécu dans un camp de concentration, mais il aurait travaillé à partir de 1997 dans la mine de son village de Soksan, où un accident survenu en août 2002 aurait entraîné son invalidité partielle à une main (Shin Dong-hyuk affirme qu'il s'agit d'une punition au camp). Si Shin Kyong-sop aurait bien été condamné à une peine de rééducation en 1975 suite à un vol contre l'Etat (et non à cause du comportement d'un des membres de sa famille, comme le prétend Shin Dong-hyuk), il déclare avoir épousé Jang Hye-kyong, la mère de Shin Dong-hyuk, bien avant, en 1972, et non dans le camp de rééducation 14 (où il déclare n'avoir jamais vécu) comme l'affirme son fils. Enfin, la mère de Shin Dong-hyuk et son frère aîné auraient été condamnés à mort et exécutés en 1996 suite à un meurtre avec préméditation - alors que pour Shin Dong-hyuk ils auraient été tués devant lui et son père pour avoir tenté de fuir le camp 14.

Accusé de vols et surtout d'avoir commis un viol à l'encontre d'une fillette de 13 ans, Lee Eun-ha, en 2001, Shin Dong-hyuk a ensuite cherché à fuir la RPDC, parvenant finalement à rejoindre la Corée du Sud après une première tentative ayant échoué, selon le documentaire publié par Uriminzokkiri.

Il est, à notre connaissance, sans précédent que les médias nord-coréens publient un tel reportage relevant du journalisme d'investigation. Le récit ainsi donné n'est pas nécessairement des plus flatteurs pour la RPDC, qui notamment ne communique pratiquement jamais sur les condamnations à mort qu'elle prononce - or, elle reconnaît les exécutions de la mère et du frère aîné de Shin Dong-hyuk, mais dans des circonstances bien différentes de celles données par le réfugié nord-coréen. Le meurtre avec préméditation pour un motif d'argent est au demeurant un crime qui n'avait rien d'exceptionnel dans le contexte des sévères pénuries alimentaires pendant la "dure marche" des années 1990.

Interrogé par CNN sur ce reportage, Shin Dong-hyuk a reconnu que c'est bien son père qui s'est ainsi exprimé, tout en estimant qu'il est un "otage". Mais les autorités nord-coréennes auraient-elles ainsi pris le risque de faire parler publiquement, en prenant à témoin leur entourage et leurs connaissances, autant de personnes ayant connu intimement Shin Dong-hyuk? Aucune des autres mises en cause à son encontre - pas même sur son identité et sa date de naissance - n'est mentionnée dans l'article de CNN, ni donc a fortiori démentie par l'intéressé.

Quand Shin Dong-hyuk prétend qu'on ne sort pas du camp 14, son père Shin Kyong-sop en est bien manifestement sorti : et pour cause, il affirme n'y être jamais entré! Comme son fils, il ne porte pas les signes d'une captivité prolongée (perte de dents, de cheveux...). Il observe que son fils a probablement pensé qu'il était décédé, en raison de ses problèmes cardiaques, et qu'il était donc le seul survivant de sa famille. Shin Kyong-sop, remarié, a ajouté que Shin Dong-hyuk avait aussi participé au choix de sa belle-mère, qui apparaît également dans le documentaire.

Enfin, le documentaire nord-coréen apporte des détails qui mériteraient une analyse spécifique, indépendamment de la question ici traitée : Shin Kyong-sop a été condamné en 1975, à une époque où il n'existait pas de prisons mais seulement des camps de rééducation en Corée du Nord ; contrairement à une idée reçue, tous les hommes nord-coréens ne rejoignent pas l'armée s'ils échouent aux examens d'entrée à l'université, comme le fait apparaître le récit de Shin Dong-hyuk, qui serait devenu mineur en 1997 après avoir terminé ses études secondaires...

Shin Dong-hyuk pourrait donc n'être qu'un affabulateur. Quels intérêts sert un tel "témoignagne" répété à l'envi jusqu'à écoeurement par des médias du monde entier, sans le moindre recul ni sens critique? Certainement pas ceux de la défense des droits de l'homme, en Corée du Nord ou ailleurs.

Sources :

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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 23:49

Le 13 septembre 2014, l'Association de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pour les études sur les droits de l'homme a publié un rapport qui apparaît comme une réponse au rapport très médiatisé de la commission d'enquête des Nations Unies sur les droits de l'homme en RPDC, rendu public en février 2014. Au-delà des mises en cause des Etats-Unis de leurs alliés comme instrumentalisant la question des droits de l'homme à des fins politiques et relevant d'une politique du "deux poids deux mesures", d'autant qu'ils sont eux-mêmes loin d'être un modèle en ce domaine, le rapport nord-coréen permet d'apporter un éclairage plus original sur la manière dont la RPD de Corée définit positivement les droits de l'homme, tout en abordant des sujets connexes néanmoins importants pour comprendre le contexte international, tels que la question nucléaire (p. 104). Pour quiconque veut comprendre la position nord-coréenne, en vue notamment d'engager un dialogue sur un des sujets donnant lieu à de vraies divergences avec les pays occidentaux, ce rapport nord-coréen mérite assurément d'être lu.

Le rapport de l'Association de la RPDC pour les études sur les droits de l'homme est déjà en soi une somme, dans la mesure où il présente dans un seul document l'ensemble des institutions du pays intervenant sur la question des droits de l'homme et dresse une liste exhaustive des fondements constitutionnels et légaux de protection des droits et libertés.

Tout d'abord, les auteurs du rapport dressent le constat d'une absence d'interprétation unique des droits de l'homme, pour développer une approche issue des idées du juche, qui considère l'homme comme étant au centre de tout et maître de toutes choses : dans ce contexte, les "droits humains fondamentaux" sont considérés comme étant les droits sociaux-politiques, le respect de la dignité de chaque être humain, le droit à l'existence et l'inviolabilité de la personne humaine ("l'homme est l'être le plus digne et ayant le plus de valeur au monde", p. 10-11).Cette conception se rapproche plus des approches humanistes que de celles strictement marxistes, même si les droits sociaux - de même que les droits à la culture et à l'éducation - occupent une large place dans la liste des droits et libertés qu'établit le rapport. Si chaque pays doit ainsi pouvoir développer sa propre conception des droits de l'homme - en RPD de Corée, sur la base notamment du rejet du colonialisme japonais et du féodalisme après la libération en 1945 - les chercheurs nord-coréens n'en considèrent pas moins que la RPD de Corée doit respecter les traités et conventions internationales auxquels elle est partie, et auxquels le rapport fait de longues références. Par ailleurs, des institutions spécifiques ont été mises en place pour la mise en oeuvre des conventions internationales : par exemple, le comité national de coordination pour la mise en oeuvre de la Convention des droits des enfants a été constitué en 1999, et le Comité national pour la mise en oeuvre de la Convention pour l'élimination de toutes les formes de discrimination contre les femmes en 2001 (p. 48-49). L'Association de la RPDC pour les études sur les droits de l'homme, auteur du rapport, a quant à elle été constituée le 27 août 1992 (p. 52).

Certaines modalités d'exercice des droits sociaux et politiques apparaissent ainsi propres à la RPD de Corée - ainsi du droit de pétition (p. 58), pour lequel une filiation peut par ailleurs être établie avec la Corée de l'époque royale, et qui implique le devoir pour les responsables politiques de prendre en compte les requêtes ainsi formulées. Cette forme de démocratie directe a aussi été très valorisée en d'autres périodes et d'autres lieux, par exemple dans la France révolutionnaire après 1789, étant de nature à réduire la distance entre les citoyens et les élus qu'induit nécessairement la mise en place d'un système représentatif.

Parmi les droits sociaux, on observera que si la durée quotidienne du travail est normalement de huit heures, celle-ci est abaissée à sept heures (pour les travaux souterrains, par exemple dans les mines) et même à six heures pour les métiers les plus pénibles. La gratuité des soins médicaux a été mise en place dès la fin de la guerre de Corée (1950-1953), dans un contexte où il devenait encore plus urgent de secourir les populations éprouvées par le conflit.

S'agissant des droits civils et politiques, le code de procédure pénale a été largement refondu en 2011. Par ailleurs, peu après l'accession au pouvoir du Maréchal Kim Jong-un, une amnistie a été décrétée en janvier 2012 (p. 94).

Dans l'intense activité législative plus récente sur les questions relatives aux droits de l'homme, la première loi sur la protection de l'environnement a été promulguée en 1986.

Les auteurs du rapport revendiquent ouvertement des différences d'approche avec les Occidentaux - par exemple sur l'application de la peine de mort, toujours en vigueur en RPDC, même si celle-ci ne peut pas être appliquée aux mineurs ni aux femmes enceintes (p. 63).

Un des aspects les plus originaux et intéressants du rapport porte sur la coopération initiée par la RPDC avec des ONG et des organisations internationales de protection des droits de l'homme (p. 95 et suivantes) : Amnesty International a effectué plusieurs visites dans le pays, de même que les représentants de l'Union européenne (UE) en 2001-2002. Mais en 2003 la présentation par l'UE d'une résolution sur les droits de l'homme en RPDC devant la Commission des droits de l'homme des Nations Unies a mis fin à ce dialogue.

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 10:30

Comme nous l'annoncions dans notre édition du 7 septembre 2014, une délégation du Parti du travail de Corée (PTC), conduite par Kang Sok-ju, secrétaire du PTC chargé des relations internationales et également membre du bureau politique, a visité la Mongolie (le 6 septembre dernier) puis quatre pays européens (Allemagne, Belgique, Suisse et Italie), du 7 au 16 septembre 2014 - faisant ainsi suite aux visites qu'avaient effectuées des représentants politiques de pays européens en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Nous revenons ici sur les responsables rencontrés par la délégation du PTC pendant son séjour en Europe. 

Kang Sok-ju avec le sénateur Antonio Razzi, président du groupe interparlementaire d'amitié Italie-RPD de Corée du Sénat italien, lors d'une rencontre à Pyongyang le 27 août 2014. Kang Sok-ju a à nouveau revu le sénateur Antonio Razzi lors de sa visite en Italie en septembre 2014.

Kang Sok-ju avec le sénateur Antonio Razzi, président du groupe interparlementaire d'amitié Italie-RPD de Corée du Sénat italien, lors d'une rencontre à Pyongyang le 27 août 2014. Kang Sok-ju a à nouveau revu le sénateur Antonio Razzi lors de sa visite en Italie en septembre 2014.

Comme la délégation de la RPD de Corée représentait le Parti du travail, les rencontres ont essentiellement été conduites au niveau des partis politiques, avec une prédominance - mais sans exclusivités - des partis socialistes et sociaux-démocrates. Mais des échanges ont aussi eu lieu avec des représentants des Parlements (témoignant ainsi de la corrélation qu'établissent les Nord-Coréens entre les discussions interpartisanes et interparlementaires, qui complètent celles d'Etat à Etat) et donc, moins systématiquement, avec des représentants des ministères des Affaires étrangères. La dépêche de l'agence nord-coréenne KCNA sur laquelle nous nous appuyons mentionne aussi des rencontres avec des personnalités du milieu économique, sans mentionner de noms

Les personnalités qui ont reçu la délégation nord-coréenne étaient d'un niveau équivalent à celui du chef de la délégation du PTC, celle-ci ayant été exceptionnellement conduite par un membre de son bureau politique, M. Kang Sok-ju, secrétaire aux relations internationales.

Cette visite en Europe n'avait pas comme but de conclure des accords, mais de renforcer les échanges en évoquant largement les relations bilatérales avec l'Union européenne et les pays européens. Plusieurs des personnalités rencontrées devraient à leur tour visiter la RPD de Corée, la dépêche de KCNA mentionnant leur intention de se rendre dans le Nord de la péninsule coréenne. 

En Allemagne,  la délégation du PTC a rencontré Niels Annen, membre du bureau politique du Parti social-démocrate (SPD) et président de la commission internationale du parti, ainsi qu'un fonctionnaire de "haut niveau" du ministère des Affaires étrangères dont le nom n'a pas été précisé (tant dans la version en anglais que dans celle en coréen de la dépêche de KCNA, cette précision étant utile puisque les traductions en anglais des dépêches en KCNA omettent fréquemment de traduire les noms de certaines personnalités étrangères, en n'indiquant que leurs fonctions). Il s'agissait donc vraisemblablement d'une rencontre sous couvert d'anonymat, alors que l'Allemagne est en pointe au sein de l'Union européenne pour les relations avec la RPD de Corée : d'une part, elle est le principal partenaire économique de la RPDC en Europe ; d'autre part, elle a elle-même connu l'expérience de la division et de nombreuses délégations sud-coréennes ont ainsi visité l'Allemagne pour envisager des scénarios de réunification.

Alors que le Parti socialiste européen (PSE), qui regroupe les élus socialistes et sociaux-démocrates au sein du Parlement européenn, était l'une des puissances invitantes de la délégation du PTC, celle-ci a rencontré un certain nombre d'élus : le Roumain Victor Bostinaru, vice-président du groupe, l'Allemand (CDU) Elmar Brok, président de la commission des Affaires étrangères. La dépêche de KCNA mentionne aussi un collaborateur d'élus, le Belge Yonnec Polet, secrétaire général adjoint chargé des relations extérieures du PSE, ainsi placé de manière inhabituelle (car contraire aux usages parlementaires occidentaux) au même niveau que les élus et les représentants de partis, ainsi que l'ancien député européen et ministre des Affaires étrangèrs grec Stavros Lambrinidis, représentant spécial pour les droits de l'homme du Service d'action extérieur européen.

En Suisse et en Italie, les personnalités rencontrées recouvrent un spectre politique plus large que la social-démocratie, s'étendant notamment aux autres partis de gouvernement situés à droite de l'échiquier politique :

- en Suisse, Beatrice Wertli Meierhans, secrétaire générale du Parti chrétien-démocrate, Pascal Couchepin, ancien président de la Confédération suisse, Yves Rossier, secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères (haut fonctionnaire rattaché directement au Conseil fédéral, organe exécutif de la Confédération suisse) et Yohannes Matyassy, secrétaire général adjoint, directeur pour la région Asie-Pacifique ;
 

- Maurizio Gasparri, vice-président (Forza Italia) du Sénat italien, Paolo Romani, président du groupe parlementaire de Forza Italia au Sénat, Massimiliano Fedrica, président du groupe parlementaire de la Ligue du Nord à la Chambre des députés, Gian Marco Centianio, président du groupe parlementaire de la Ligue du Nord au Sénat, le sénateur Antonio Razzi, mentionné en sa qualité de secrétaire général de la commission des Affaires étrangères du Sénat (et non de président du groupe interparlementaire d'amitié avec la RPD de Corée). Jugeant visiblement plus significatives les rencontres au niveau parlementaire que celles avec les représentants des partis italiens, la dépêche de KCNA ne mentionne pas d'audience avec des membres du Parti démocrate, dont des représentants ont pourtant certainement été rencontrés, suite notamment à la visite en RPDC, en 2012, de son secrétaire aux relations internationales.


Enfin, la dépêche de KCNA mentionne une rencontre avec le diplomate britannique Jonathan Powell, ancien chef de cabinet de Tony Blair lorsqu'il était Premier ministre.


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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 05:43

Le 6 septembre 2014, une délégation du Parti du travail de Corée (PTC), au pouvoir en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), a quitté Pyongyang pour visiter la Mongolie et plusieurs pays européens, selon l’agence KCNA de la RPD de Corée. Ce déplacement, prévu jusqu’au 16 septembre, est d’autant plus marquant pour le développement des relations entre la RPD de Corée que la délégation du PTC est conduite par Kang Sok-ju, secrétaire du PTC chargé des relations internationales.

Kang Sok-ju, secrétaire du Parti du travail de Corée chargé des relations internationales

Kang Sok-ju, secrétaire du Parti du travail de Corée chargé des relations internationales

En Europe, la délégation du PTC visitera l’Allemagne, la Belgique, la Suisse et l’Italie. Cette visite fait suite au déplacement récent de plusieurs délégations de parlementaires et responsables politiques européens en RPDC, notamment du Parti travailliste britannique, du Parti social-démocrate allemand et du Parti social-démocrate suédois en mars dernier. Le Parti socialiste européen (PSE) a ainsi invité en retour la délégation du PTC, à l’instar d’autres partis sociaux-démocrates européens – ce qui marque une intensification des échanges et des contacts par le canal des partis. L’implication du PSE explique l’étape bruxelloise de la visite en Europe.

 

Le niveau de l’invitation, assez peu commun, explique la présence de Kang Sok-ju à la tête de la délégation. Ce déplacement s’inscrit dans une phase où la RPD de Corée manifeste une volonté de détente internationale et effectue des gestes d’ouverture à l’égard des pays occidentaux – toujours en septembre 2014, Ri Su-yong, ministre des Affaires étrangères de la RPD de Corée devrait s’exprimer lors de l’Assemblée générale des Nations Unies, et ce sera la première prise de parole à ce niveau d’un diplomate nord-coréen dans l’enceinte de l’ONU depuis 1999.

 

L’Union européenne, actuellement absente des pourparlers multilatéraux sur la question nucléaire, pourrait être en position de jouer un rôle accru si elle le souhaitait.

 

On ne peut que regretter que la France soit, une fois encore, à la traîne parmi les pays européens dans le dialogue avec la RPD de Corée qui permet d’améliorer la compréhension mutuelle – même si les visites de parlementaires français, qui se sont accrues depuis 2011, ont permis de nouer d’utiles canaux d’échanges.

Sources :

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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 21:08

La République de Corée (Corée du Sud) est le seul pays membre du G20 qui n'a pas officiellement réagi à l'opération Bordure protectrice conduite par Israël, ce qui démontre les limites de la puissance diplomatique de la Corée du Sud - cette dernière ne se donnant toujours pas les leviers d'influence nécessaires à ses légitimes ambitions sur la scène internationale. Néanmoins, Séoul a une longue tradition de coopération militaire avec Israël, héritée de la longue période où les généraux étaient au pouvoir à Séoul. Dans ce contexte, le 31 juillet 2014, l'antenne sud-coréenne d'Amnesty International a demandé aux autorités de Séoul de "suspendre urgemment ses transferts d'armes vers Israël" jusqu'à ce que l'Etat hébreu "cesse de commettre de graves atteintes aux droits de l'homme". Amnesty International a également lancé une pétition pour que l'Etat d'Israël cesse d'attaquer les civils palestiniens à Gaza.

Amnesty International Corée demande à la Corée du Sud de suspendre ses ventes d'armes à Israël

Il y a une longue tradition de refus de l'usage aveugle de la violence par l'armée israélienne parmi les militants pacifistes et des droits de l'homme en Corée du Sud. Alors que l'opération Bordure protectrice a entraîné plus de 1.300 morts et 7.500 blessés depuis son déclenchement le 8 juillet 2014, Amnesty International Corée a demandé, dans une lettre remise le 31 juillet au ministre des Affaires étrangères M. Yun Byung-se, que le gouvernement sud-coréen cesse ses livraisons d'armes à Israël. Selon l'ONG, les ventes d'armes sud-coréennes à Israël depuis 2008 ont atteint 22,7 milliards de won (soit 22 millions de dollars) - des armes dont les victimes à Gaza sont, pour 78 % d'entre elles, des civils, parmi lesquels 21 % d'enfants. La République de Corée (du Sud) est le 10ème fournisseur d'armes à Israël. Les Etats-Unis, dont la Corée du Sud est l'un des alliés les plus proches en Extrême-Orient, sont le premier fournisseur d'armes à Israël.

Les branches locales d'Amnesty International à Taïwan et en Thaïlande ont également adressé des lettres demandant la suspension des fournitures d'armes à Israël aux représentations diplomatiques sud-coréennes à Taipeh et Bangkok.

Mme Kim Hee-jin, secrétaire générale d'Amnesty International Corée, a rappelé que la République de Corée est signataire du traité sur le commerce des armes, qui interdit l'usage d'armes telles que les missiles, les tanks et les armes de poing contre les populations civiles. Alors que la Corée du Sud a l'obligation de rendre compte des exportations de ces armes conventionnelles, Mme Kim Hee-jin s'est dite profondément préoccupée que la Corée du Sud fournisse de telles armes à Israël pour tuer des civils innocents.

Kim Hee-jin, secrétaire générale d'Amnesty International Corée

Kim Hee-jin, secrétaire générale d'Amnesty International Corée

La campagne de signatures d'Amnesty International Corée contre la livraisons d'armes à Israël par la Corée du Sud et pour que cessent les attaques contre les civils en Palestine a déjà réuni 1.400 signatures, l'objectif étant d'atteindre 10.000 signatures.

L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) soutient pleinement la campagne menée par Amnesty International Corée. Elle appelle les autorités sud-coréennes à se conformer à leurs obligations internationales en cessant les livraisons d'armes à Israël, alors que l'armée israélienne a déjà tué plus de 1.300 Palestiniens, dont de nombreux enfants.

Sources :

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