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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 17:58

Le scandale du bacille actif de la maladie du charbon envoyé par un laboratoire de l'armée américaine dans divers endroits du monde s'étend puisque ce sont désormais quatre pays étrangers (l'Australie, le Canada, la Corée du Sud et la Grande-Bretagne), et non trois comme annoncé initialement, et 19 Etats américains, et non 17, qui ont reçu « par erreur » des échantillons de cet agent pathogène extrêmement dangereux au cours du mois de mai 2015. Le 5 juin, le représentant permanent de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) auprès de l'Organisation des Nations Unies a adressé une lettre au secrétaire général des Nations Unies et au président de son Conseil de sécurité, demandant que ce dernier se saisisse de cette affaire. La requête nord-coréenne s'inscrit dans le cadre du point 103 de l'ordre du jour de la 69session de l'Assemblée générale des Nations Unies, portant sur la Convention sur l'interdiction de la mise au point de la fabrication et du stockage des armes bactériologiques (biologiques) ou à toxine et sur leur destruction L'Association d'amitié franco-coréenne présente ci-après la traduction française officielle de cette lettre, telle qu'elle figure sur le site des Nations Unies. 

Conseil de sécurité des Nations Unies, 29 mai 2015 (photo : ONU)

Conseil de sécurité des Nations Unies, 29 mai 2015 (photo : ONU)

Voici le texte des lettres, datées du 4 juin 2015, adressées en des termes identiques au secrétaire général et au président du Conseil du sécurité des Nations Unies par le Représentant permanent de la RPD de Corée auprès des Nations Unies :

J’ai l’honneur de vous faire tenir ci-joint une déclaration faite le 3 juin 2015 par un porte-parole de la Commission de défense nationale de la République populaire démocratique de Corée au sujet du péril que représentent les projets de guerre biologique contre le pays échafaudés par les États-Unis d’Amérique (voir annexe).
Il a été révélé récemment que des bacilles mortels actifs de la maladie du charbon avaient été expédiés clandestinement depuis une installation militaire située à Dugway (Utah), placée sous le contrôle du Département de la défense des États-Unis, aux bases militaires américaines situées en Corée du Sud et dans d’autres pays.
Cela montre clairement que non seulement les États-Unis possèdent des armes de destruction massive meurtrières qui sont formellement interdites en vertu de la Convention sur les armes biologiques, mais également qu’ils tentent de les utiliser à des fins guerrières contre la République populaire démocratique de Corée sur le territoire de la péninsule coréenne.
La République populaire démocratique de Corée condamne dans les termes les plus énergiques les États-Unis pour leurs actes génocidaires contre l’humanité, et prie instamment le Conseil de sécurité de se pencher sur la question de l’envoi de bacilles du charbon, en vue de mener une enquête approfondie sur les projets de guerre biologique des États-Unis.
Je vous serais reconnaissant de bien vouloir faire distribuer au plus vite le texte de la présente lettre et de son annexe comme document de l’Assemblée générale, au titre du point 103 de l’ordre du jour, et du Conseil de sécurité.

L’Ambassadeur,
Représentant permanent
(Signé) Ja Song Nam

En annexe des lettres adressées au secrétaire général et au président du Conseil du sécurité des Nations Unies par le Représentant permanent de la RPD de Corée auprès des Nations Unies, figure une déclaration faite le 3 juin 2015 par un porte parole de la Commission de la défense nationale de la RPDC, telle que rapportée par l'agence officielle nord-coréenne KCNA :

 

Pyongyang, le 3 juin – Un porte-parole de la Commission de défense nationale de la République populaire démocratique de Corée a publié aujourd’hui une déclaration dévoilant au grand jour le sinistre dessein des impérialistes américains, qui cherchent à plonger la nation coréenne dans une terrible guerre biologique.
Dans cette déclaration, il est indiqué que la récente révélation de l’introduction de bacilles du charbon en Corée du Sud par les États-Unis prouve que ces derniers ne sont qu’une bande d’escrocs menaçant l’existence de l’humanité, des barbares qui s’abaissent à toutes les infamies pour faire de la Corée du Sud un enfer et un terrain d’essais pour armes biochimiques, et de cruels meurtriers qui défient jusqu’au droit international.
Compte tenu de la situation actuelle, cette déclaration est venue préciser la position de principe de la République populaire démocratique de Corée, qui est la suivante :
1. Les États-Unis doivent avouer le crime trois fois maudit qu’ils ont commis à l’encontre de la nation coréenne et du monde, et se retirer sans délai de la Corée du Sud, en emportant avec eux tout l’arsenal nucléaire et biologique qu’ils y ont dissimulé, y compris dans leur base aérienne située à Osan.
La moitié sud de la Corée n’est pas une terre où les assassins américains peuvent régner en maîtres, en ourdissant leur complot visant à déclencher une horrible guerre nucléaire et biologique ayant pour but d’exterminer la nation coréenne par tous les moyens.
2. Les Sud-Coréens de toutes les sphères de la société devraient s’allier à l’échelle nationale pour déjouer les plans de guerre nucléaire et biologique des impérialistes américains.
Ils devraient défendre leur terre et leur avenir en menant des efforts concertés au sein de la nation coréenne en vue de lutter contre les sophismes dont usent les États-Unis, ce démon meurtrier sans égal contre lequel la nation doit mener un combat acharné, et en s’attaquant sans merci à Park Geun–Hye, qui s’aplatit devant lui.
3. Le monde devrait reconnaître le projet des États-Unis, qui refusent même d’admettre qu’ils préparent une guerre biologique, pourtant strictement interdite au niveau international, pour ce qu’il est, à savoir la plus grande menace qui soit pour la paix et un crime odieux au caractère génocidaire, et le punir sans pitié.
La Cour pénale internationale doit traduire en justice le Président des États-Unis, son Secrétaire d’État à la défense et le chef des forces de l’agresseur impérialiste présentes en Corée du Sud, qui sont les instigateurs de ce crime, ainsi que les autorités fantoches de la Corée du Sud et leurs complices, afin que tous soient sévèrement punis aux yeux du monde entier.
Il était souligné dans la déclaration que le sinistre dessein de l’empire des démons de faire de la péninsule coréenne une terre désolée et le théâtre d’une guerre biologique, en plus de l’exposer aux dangers de la radioactivité, ne devait jamais devenir réalité.

Il y a néanmoins peu de chance que le Conseil de sécurité condamne, même timidement, les pratiques d'un de ses membres permanents en matière de manipulation d'armes de destruction massive hors de ses frontières. En effet, le département d'Etat américain a jugé que les demandes nord-coréennes sont « ridicules » et « ne méritent pas de réponses ». Compte tenu du passif des Etats-Unis en Corée, on n'espérait pas davantage de la part de l'administration américaine.

 

 

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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 16:23

Le 11 mai 2015, S.E. Ri Sung-gil a présenté ses lettres de créances au président vénézuelien Nicolas Maduro, qui a souligné la solidarité de Pyongyang et Caracas dans "le combat pour l'indépendance et le socialisme, contre l'impérialisme" selon l'agence nord-coréenne KCNA. Suite à un accord intergouvernemental en ce sens conclu en juin 2014, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ouvre ainsi une ambassade à Caracas - où elle avait auparavant mis en place une délégation commerciale, l'ambassadeur nord-coréen auprès de la République bolivarienne du Venezuela étant en poste à Cuba (tandis que l'ambassadeur vénézuelien auprès de la RPD de Corée est en poste à Pékin).

Du 2 au 4 octobre 2013, Jon Yong-jin, ambassadeur de la RPD de Corée en poste à Cuba également accrédité auprès du Venezuela, avait visité la République bolivarienne en vue de l'ouverture d'une ambassade à Caracas, où il s'était déjà rendu en mars 2013. Le 4 octobre 2013, il avait rencontré deux députés présidant la commission des Affaires étrangères, le communiste Yul Jabour (C) et le socialiste Julio Chavez. A l'occasion de cette visite, le Président vénézuelien Nicolas Maduro avait "exprimé sa conviction que les relations amicales et de coopération entre les deux pays se renforceraient sur la base du respect mutuel et des intérêts bilatéraux". L'ambassadeur nord-coréen avait pour sa part déclaré qu'en cas d'attaque américaine sur le Venezuela, la RPDC "n'hésiterait pas à rejoindre le combat contre l'Empire pour défendre la souveraineté nationale et la Révolution bolivarienne", et souligné le rejet par la RPDC de "la politique interventionniste conduite par les Etats-Unis à travers leurs ambassades".

La RPD de Corée et le Vénézuela ont établi des relations diplomatiques en 1974, mais il n'y avait pas eu jusqu'alors d'ouverture d'une ambassade nord-coréenne à Caracas, ni d'une ambassade vénézuelienne à Pyongyang. Pour sa part, la République de Corée (du Sud) avait établi des relations diplomatiques avec le Vénézuela en 1973.

En 1991, un bureau commercial de la RPD de Corée a ouvert ses portes au Vénézuela.

Après la révolution bolivarienne, Caracas et Pyongyang ont renforcé leurs liens, avec des visites réciproques de délégations dans les domaines économique et diplomatique. En octobre 2005, Yang Hyong-sop, alors vice-président du Praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée, avait visité le Venezuela. Un accord commercial bilatéral a été conclu en 2005. En 2010, les équipes nationales de football ont joué des matchs amicaux, avant la participation de la RPD de Corée à la Coupe du monde.

Au lendemain de la disparition du Dirigeant Kim Jong-il en décembre 2011, le Président Hugo Chavez avait témoigné de "ses sentiments de profonde solidarité avec le peuple coréen qui a perdu son dirigeant", et exprimé "sa conviction que le peuple coréen réaliserait certainement la prospérité de son pays".

Lorsque le Président Hugo Chavez nous avait quittés en mars 2013, le Président Kim Yong-nam, président du Praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée, exerçant à ce titre les fonctions de chef d'Etat, avait adressé ses condoléances à Nicolas Maduro, alors vice-président et chef d'Etat par intérim, en soulignant les réalisations du premier président de la République bolivarienne du Venezuela pour défendre la souveraineté de son pays et permettre l'intégration régionale en Amérique latine.

Après les visites diplomatiques de 2013, le ministère vénézuélien des Affaires étrangères avait annoncé, en juin 2014, l'ouverture d'une ambassade nord-coréenne à Caracas. Il s'agit de la cinquième ouverture d'ambassade de la RPD de Corée en Amérique latine, après celles (dans l'ordre alphabétique) du Brésil, de Cuba, du Mexique et du Pérou.

Dans sa dépêche en date du 17 mai 2015 rendant compte de la remise de créances de S.E. Ri Sung-gil au Président Nicolas Maduro, l'agence nord-coréenne KCNA a souligné la convergence des combats menés par Caracas et Pyongyang contre l'impérialisme et pour la souveraineté des nations :
 

Le Président a dit que le Venezuela et la RPDC sont éloignés géographiquement mais qu'ils entretiennent des relations fraternelles, car ils ont toujours coopéré ensemble et se sont soutenus mutuellement dans leurs efforts pour construire le socialisme et contre l'impérialisme.

Il a ajouté que les deux pays ont approfondi leur compréhension mutuelle à travers des visites et des contacts de haut niveau. Ils ont coopéré étroitement sur la scène internationale, et ont ainsi développé leurs relations bilatérales.

Il a appelé à renforcer fermement le soutien et la coopération mutuels pour élever encore davantage le niveau des relations bilatérales, et à poursuivre main dans la main le combat pour l'indépendance et le socialisme, contre l'impérialisme.

La solidarité anti-impérialiste ainsi exprimée par deux pays ciblés par Washington, notamment sur le terrain des droits de l'homme, n'est pas seulement verbale : la République bolivarienne du Vénézuela a rejeté de manière constante les résolutions des Nations unies et de sa Commission des droits de l'homme sur la RPD de Corée, considérant qu'il s'agissait de manoeuvres des Etats-Unis et de leurs alliés. Début 2015, la Bolivie et l'Equateur ont par ailleurs rejoint le Vénezuela dans son opposition.

La Révolution bolivarienne insiste, comme les idées du Juche, sur le principe d'indépendance nationale dans la construction du socialisme, ainsi que l'a souligné Adina Bastidas, ancienne vice-présidente de la République bolivarienne du Vénézuela, lors d'un séminaire sur les idées du Juche qui s'est tenu au Vénézuela le 11 avril 2015.


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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 21:59

Alors que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) célèbre le 15 avril 2015 le 103e anniversaire de la naissance de son fondateur, le Président Kim Il-sung, le bureau de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a invité à dîner, le 13 avril 2015, S.E. Kim Yong-il, délégué général de la RPD de Corée en France, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire auprès de l'UNESCO, et M. Ri Ho-yong, conseiller. A cette occasion, Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération, s'est exprimé sur un aspect souvent méconnu en Occident, mais fondamental, de la diplomatie nord-coréenne, impulsé par le Président Kim Il-sung : le soutien aux mouvements de décolonisation et la participation active au Mouvement des non-alignés (MNA).

Les Présidents Sukarno et Kim Il-sung, en 1965

Les Présidents Sukarno et Kim Il-sung, en 1965

En Corée, la libération de l'occupation japonaise en 1945 a été synonyme de division du pays ; elle n'en a pas moins marqué l'accession à l'indépendance. La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), en tant qu'Etat souverain fondé en 1948, a considéré que le soutien aux peuples encore colonisés pour se libérer du joug de la domination coloniale répondait au devoir de solidarité internationaliste, le nouvel Etat ayant lui-même veillé à s'affranchir de la domination des grandes puissances pour préserver son indépendance.

La RPD de Corée s'est toujours considérée comme un représentant des pays en développement. Après la qualification du Cheollima pour la Coupe du monde de football en 1966 - où l'équipe coréenne devait l'emporter sur l'Italie et permettre, pour la première fois, à une nation asiatique d'accéder en phase finale de la compétition - le Président Kim Il-sung avait rappelé aux joueurs qu'ils portaient les espoirs non seulement de la RPD de Corée, mais qu'ils étaient aussi les représentants des pays d'Asie, d'Afrique et d'Océanie.

Le soutien aux mouvements de décolonisation a été constant. La RPD de Corée a été le premier Etat non arabe à reconnaître le Gouvernement provisoire de la République algérienne, tout en apportant son soutien politique et militaire au FLN.  Elle a aussi été le premier Etat non africain à reconnaître la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Quand les Sud-Vietnamiens étaient le principal allié des Américains dans la guerre du Vietnam, les pilotes nord-coréens appuyaient le Nord-Vietnam. Les Nord-Coréens ont appuyé le combat des Palestiniens et pesé dans la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud, en Namibie et en Rhodésie. Le Président du Zimbabwe Robert Mugabe a déclaré s'inspirer des idées du Juche de la RPD de Corée, et le président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la RPDC Kim Yong-nam était l'invité des cérémonies du 18e anniversaire de l'indépendance de la Namibie. Dans ce contexte, les coopérations économiques et culturelles entre pays en voie de développement ("Sud-Sud") ont été prônées comme un moyen pour s'affranchir des tutelles néocoloniales. Les projets du groupe Mansudae Overseas Project en ont été une des manifestations dans le domaine architecturale, jusqu'à nos jours avec l'inauguration, en 2010, du Monument de la renaissance africaine à Dakar.

La participation au Mouvement des non-alignés (MNA) s'est inscrite dans la continuité du primat posé par la RPD de Corée à l'indépendance des pays nouvellement décolonisés, alors que l'époque a été présentée comme celle du djadjouseung, ou ère de l'indépendance des nations. Après que les ministres des Affaires étrangères des pays non-alignés eurent accepté à l'unanimité la candidature de la RPD de Corée lors de la conférence de Lima en 1975, le Président Kim Il-sung, dans un entretien donné à la revue argentine Le Guide du Tiers Monde, en date du 16 décembre 1975, a déclaré que "l'impérialisme et le colonialisme sont des foyers d'agression et de guerre et constituent l'obstacle principal au développement indépendant et au progrès social des nouvelles forces montantes". Les années 1980 ont été marquées par l'organisation, à Pyongyang, de nombreuses rencontres des non-alignés, dans des domaines diverses : économie, sport, culture... Les principes d'indépendance et de souveraineté nationale, de promotion de la coopération internationale et de refus des guerres néocoloniales ont continué d'être les fondements de la diplomatie nord-coréenne jusqu'à nos jours.

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 21:20

THAAD, acronyme de Terminal High Altitude Area Defense, désigne un système de missiles antibalistiques américain en service depuis 2008, consistant à détruire les missiles balistiques de portée moyenne ou intermédiaire en phase finale d'approche  en s'écrasant contre eux (hit-to-kill). Aujourd'hui, les Etats-Unis envisagent clairement le déploiement de THAAD dans la péninsule coréenne, officiellement pour contrer la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), en réalité pour s'opposer à la Chine et à la Russie. Si ce projet venait à se concrétiser il entraînerait une course aux armements dont les Coréens feraient les frais les premiers. C'est pourquoi, attachée à la paix et à la sécurité dans une zone où un traité de paix n'a jamais clos les combats de la guerre de Corée, l'Association d'amitié franco-coréenne s'oppose fermement à toute perspective de déployer THAAD dans la péninsule coréenne.

Schéma d'un missile du système THAAD

Schéma d'un missile du système THAAD

Y aura-t-il bientôt des missiles THAAD en Corée du Sud ? A la veille de sa visite en Asie, Ashton Carter, secrétaire américain à la Défense, est intervenu devant un parterre républicain où il n'a pas fait mystère de ses "préoccupations" vis-à-vis de la Chine, même si officiellement son discours parlait également d'améliorer la "compréhension" mutuelle entre Washington et Pékin, en déclarant ainsi à propos de la Chine :

"L'opacité de son budget de défense, ses agissements dans le cyber-espace, et son comportement [dans les conflits territoriaux en mer de Chine] soulèvent une série de questions sérieuses. [...] Mais il y a des opportunités [pour] améliorer la compréhension [et] réduire le risque."


Mais si "risque" il y a, c'est bien celui d'une course aux armements et d'une escalade que souhaitent ardemment les faucons démocrates comme M. Ashton Carter. Ainsi que l'a souligné l'agence de presse chinoise Xinhua, "M. Carter, qui a pris ses fonctions en tant que secrétaire américain à la Défense en février, est connu pour être un fervent défenseur de la défense anti-missile" THAAD.

Le ministère des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), cité par l'agence nord-coréenne KCNA, a souligné que, face au risque que faisait courir le déploiement des missiles américains dans la péninsule dans un contexte déjà lourd de menaces au moment de la conduite des exercices militaires américano-sud-coréens, l'Armée populaire de Corée n'avait d'autre choix que de renforcer ses capacités de défense, ce qui a ainsi pour effer d'éloigner toute perspective de règlement du contentieux nucléaire en Corée :
 

"Plus les Etats-Unis et leurs fantoches en Corée du Sud recourent fébrilement aux exercices militaires et accumulent les armements visant la République populaire démocratique de Corée, plus cette dernière consolidera ses forces d'endiguement afin de leur faire face. [...] En déployant le système (THAAD), les Etats-Unis veulent parachever leurs préparatifs pour faire une frappe préventive sur la Corée du Nord et créer des conditions favorables pour supprimer la Chine et la Russie, leurs adversaires stratégiques."


Toujours lors de sa récente conférence devant l'Institut universitaire John McCain, Ashton Carter a exprimé en termes très clairs la concentration de la puissance militaire américaine dans la région Asie-Pacifique : "contribue(r) à créer les bonnes incitations et conditions pour encourager la Chine à respecter les règles de l'ordre international." Il s'agit bien d'exercer une pression militaire sur la Chine, accusée de perturber l'ordre mondial sous domination américaine.

Face aux déclarations menaçantes d'un secrétaire américain à la Défense autant en phase avec les faucons néo-conservateurs, Alexandre Timonin, ambassadeur russe en Corée du Sud, a exprimé ouvertement ses inquiétudes dans un entretien donné à l'agence de presse sud-coréenne Yonhap :

"La volonté des Etats-Unis de déployer le système THAAD sur le sol sud-coréen pose des menaces à la sécurité non seulement de la Russie mais aussi de toute la région."


Face aux appétits guerriers de l'administration Obama, les autorités sud-coréennes temporisent en déclarant qu'aucune décision n'a été prise concernant le déploiement de missiles THAAD dans la péninsule. Mais ces propos reflètent-ils sincèrement des interrogations au sein du camp conservateur ? Ne faut-il pas plutôt y voir un double langage destiné à abuser la Chine et la Russie ? Car les députés du parti Saenuri (au pouvoir), plaident déjà, quant à eux, pour le déploiement de THAAD, en s'opposant ainsi aux démocrates qui ne veulent pas faire de la Corée une nouvelle fois le champ de bataille des rivalités entre grandes puissances.

En janvier dernier, le Président Obama se révélait partisan des choix néo-conservateurs d'une stratégie inspirée de la poliorcétique pour abattre la RPD de Corée. Les conservateurs sud-coréens, en ayant fait de la subordination aux Etats-Unis leur ligne de conduite diplomatique et militaire, se retrouvent entraînés dans les choix bellicistes de la puissance américaine à laquelle ils ont aliéné leur sécurité, quels que puissent être les intérêts propres des Sud-Coréens. 


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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 23:45

Le 14 mars 2015, l'Alliance coréenne et l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) ont organisé une journée d'études et de débats dans le cadre de la quatrième conférence internationale de Paris sur la Corée. Alors que les atteintes de plus en plus graves aux droits de l'homme et aux libertés publiques en République de Corée (Corée du Sud) exigent une mobilisation internationale d'ampleur pour sauver la démocratie sud-coréenne, c'est dans une ambiance de lutte que les participants, français et coréens (dont une délégation de Coréens d'Allemagne), ont échangé sur les moyens nécessaires à la victoire dans le combat pour la paix, la réunification et les droits de l'homme dans la péninsule coréenne.

En ouverture de la conférence, Stephen Cho, directeur de l'Institut de recherches coréennes du XXIe siècle, a rappelé la gravité de la situation en Corée du Sud : après l'interdiction en décembre 2014 du Parti progressiste unifié, dont il était membre, les perquisitions au siège et aux domiciles de plusieurs membres de l'Alliance coréenne, co-organisatrice du colloque, témoignent d'un climat nouveau de répression dans la Corée du Sud de Mme Park Geun-hye, fille du général Park Chung-hee ayant dirigé la junte militaire au pouvoir à Séoul après le coup d'Etat qu'il avait fomenté en 1961 avec l'appui des troupes américaines présentes au sud de la péninsule. La récente agression de l'ambassadeur américain Mark Lippert, dans un contexte de manoeuvres américano-sud-coréennes faisant courir un risque de guerre dans la péninsule, sert ainsi de prétexte à un renforcement annoncé de l'appareil répressif policier-militaire au nom de la lutte contre le "terrorisme", utile fourre-tout pour réprimer les mouvements d'opposition.

Animateur des débats, Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération, a souligné le tribut versé par les militants pour la paix et la réunification en Corée - Stephen Cho ayant lui-même été emprisonné pendant sept ans de 1992 à 1999. Il a aussi rappelé le combat constant de l'AAFC pour la démocratie en Corée du Sud, et la nécessité d'organiser la solidarité en France et à l'étranger : tel est le rôle du Comité d'initiative contre la répression politique en Corée du Sud, constitué le 22 janvier 2015. Plus le comité s'élargira, plus il pourra peser pour la défense des droits politiques et sociaux en Corée du Sud.

L'économiste Samir Amin a resitué la question coréenne dans le contexte de l'évolution du système mondial depuis 1945 : il y a soixante ans, la conférence de Bandung, en avril 1955, a marqué l'émergence d'un monde multipolaire après la libération des peuples d'Asie et d'Afrique, en vue de compléter l'indépendance politique par l'indépendance économique. Des projets nouveaux ont été mis en place dans les différents pays non alignés : dirigés par des bourgeoisies à vocation nationale, ces projets ont été nationaux, mais pas démocratiques, dans le sens où il n'ont pas impliqué de participation active et autonome des classes populaires. Malgré ces limites, ils n'en ont pas moins permis des progrès économiques et sociaux significatifs, avant un reflux au lendemain de la conférence de Cancun, en 1981, qui a vu le retour des puissances impérialistes états-unienne et européennes. Mais les récentes insurrections populaires, comme en Egypte, ont marqué une volonté de reconquérir la souveraineté nationale, tout en amorçant des formes nouvelles de solidarité économique - au sein du groupe de Shanghaï, de l'ALBA ou du projet de banque des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).

Colloque sur la Corée : un parfum de luttes pour gagner les batailles de la démocratie et de la paix

Le professeur de philosophie Jean Salem a ensuite resitué ces enjeux internationaux pour la péninsule coréenne, en s'appuyant sur un article à paraître de Rémy Herrera, qui n'a pu être présent à la conférence. Si la Corée du Sud a accompli d'indéniables progrès économiques depuis 1960, les louanges sur la Corée du Sud de certains "ravis de la crèche" ignorent les failles grandissantes de la démocratie sud-coréenne. L'absence de participation populaire et les atteintes aux droits des travailleurs représentent des tares fondamentales, alors que la Corée du Sud reste un pays dominé économiquement, politiquement et militairement, la présence de près de 30 000 soldats américains se doublant du versement de 900 millions de dollars annuels par la Corée du Sud aux troupes d'occupation. Néanmoins, le puissant mouvement étudiant a créé les conditions d'un changement de perception des problèmes politiques et sociaux, qui a permis une démocratisation après 1987. Depuis l'élection controversée de la candidate conservatrice Mme Park Geun--hye en 2012, les symptômes d'une dérive autoritaire font courir un danger de mort clinique à la démocratie sud-coréenne conquise de haute lutte par les militants progressistes : interdiction du Parti progressiste unifié, représenté au Parlement, dans des conditions ignorant les standards démocratiques internationaux ; ingérence politique de l'agence nationale de renseignement (NIS) sanctionnée par la condamnation à une peine de prison ferme, en février 2015, de son ancien directeur ; atteintes au droit syndical et à la liberté d'expression. La solidarité internationale n'en apparaît ainsi que plus nécessaire.


L'avocat Roland Weyl, fondateur de l'Association internationale des juristes démocrates, a souligné la nécessité de rendre possible l'exercice par les Coréens de leur droit à la souveraineté nationale, bafoué par la division du pays en 1948. Ce combat doit s'inscrire dans le cadre du droit international public, et des principes consacrés par la Charte des Nations Unies en 1945 et trop souvent bafoués par les Nations Unies elles-mêmes. L'Etat n'est que l'instrument de l'exercice par les peuples de leur souveraineté. La réunification doit s'envisager en prenant en compte les moyens d'expression des deux parties du peuple coréen, pour qu'il recouvre son unité et sa souveraineté, alors que la guerre de Corée s'est soldée par un accord d'armistice dont l'article 4, inappliqué depuis plus de 60 ans, prévoyait la tenue d'une conférence sur la Corée dans un délai de trois mois.

Le professeur Robert Charvin, ancien doyen de la faculté de droit de l'Université de Nice, a mis en exergue la nécessité constante de dépasser les approches caricaturales qui continuent de prévaloir sur la Corée : ignorance des conséquences de l'embargo sur la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ; illusion tenace, entretenue par les médias, que la Corée du Sud du régime militaire aurait été un pays "en voie de démocratisation", comme s'évertuait à le faire croire un grand quotidien du soir. Au-delà des faux prétextes du nucléaire et des droits de l'homme, utilisés comme des arguments à géométrie variable par les diplomaties occidentales, la péninsule coréenne a souffert de sa position géopolitique, qui l'a placée au coeur des rivalités d'intérêts entre les grandes puissances. Mais la coréanité traduit un attachement à la souveraineté nationale et un refus de l'uniformité qui est un facteur puissant d'essor et de développement pour le peuple coréen, que l'on retrouve tant dans l'unité monolithique du Nord, vilipendée par occidentalo-centrisme, que dans les luttes sociales et politiques des militants progressistes au Sud.

Colloque sur la Corée : un parfum de luttes pour gagner les batailles de la démocratie et de la paix

Récemment interdit d'entrée en Corée du Sud, Patrick Kuentzmann, secrétaire général de l'AAFC, a mis en exergue l'orchestration de la répression par les forces gouvernementales sud-coréennes, lesquelles suivent la "partition" d'une législation répressive anti-démocratique, la loi de sécurité nationale, adoptée en 1948 au lendemain du soulèvement dans l'île de Jeju, orchestrée par un appareil répressif surdimensionné, instrumentalisé à des fins politiques par les conservateurs qui ont dominé la scène politique sud-coréenne pendant six des sept décennies de l'après-1945 : l'actuelle agence nationale de renseignement (National Intelligence Service, NIS), est l'héritière d'une agence impliquée dans les enlèvements de citoyens sud-coréens à l'étranger, la torture et les meurtres d'opposants, tout au long d'une répression politique qui a conduit à l'élimination de milliers de militants, progressistes ou libéraux, pour la seule année 1980. Son programme d'action est inspiré de ses devanciers américains, le FBI et la CIA de la Guerre froide : propagande, contre-espionnage, rumeurs et désinformations, assassinats de dirigeants. Les opposants sud-coréens à l'étranger, comme les militants étrangers pour la réunification et la démocratie sociale et politique, sont, aujourd'hui comme hier, ses cibles privilégiées. La constitution à Paris du Comité d'initiative contre la répression politique en Corée du Sud a été la réponse nécessaire au danger accru que fait peser l'actuel gouvernement sud-coréen sur la démocratie et les libertés, sur le sol de la péninsule coréenne et dans le monde, et qui exige l'alliance la plus large de tous ceux qui refusent l'ingérence étrangère. 

Intervenant au nom de l'Alliance coréenne, Stephen Cho a souligné que l'interdiction soudaine du Parti progressiste unifiée ne correspondait à aucun changement de ligne politique dans la gauche sud-coréenne, constituée en parti depuis 2000 (le Parti démocratique du travail, très lié au syndicat indépendant KCTU), et qui avait toujours respecté les limites imposées à la liberté d'expression par la loi de sécurité nationale. La chute de popularité de la présidente sud-coréenne, confrontée à une colère grandissante après la gestion désastreuse du naufrage du ferry Sewol le 16 avril 2014, et les scandales dans son entourage immédiat ont requis de détourner l'attention de l'opinion publique en ciblant l'opposition radicale. La décision d'interdiction du Parti progressiste unifié n'a reposé ni sur des bases juridiques solides, ni sur des faits matériels avérés, en l'absence de preuves quant à la prétendue existence de l'organisation révolutionnaire qu'aurait constituée un des députés du parti, déchu de son mandat et condamné pour complot contre l'Etat, Lee Seok-ki. Elle a révélé l'absence d'indépendance du pouvoir judiciaire et de l'exécutif, et a été le point d'orgue d'une répression commencée à Séoul dès l'accession au pouvoir du conservateur Lee Myung-bak, avec des condamnations de journalistes, un recours accru à la loi de sécurité nationale et l'interdiction de syndicats. La grève que lancera la KCTU, et les manifestations prévues prochainement un an après le naufrage du Sewol, témoignent néanmoins de la résistance du peuple sud-coréen face à l'arbitraire.

Tout au long d'un débat très riche, des discussions ayant ponctué les interventions des conférenciers, les participants ont souligné la nécessité de faire converger les luttes sociales et politiques, en Corée, en France et dans le monde. Ils ont aussi exprimé leur intention de peser sur les institutions nationales françaises, pour que ne soit plus ignorée l'inquiétante dérive autoritaire de la Corée du Sud, au moment où le Président François Hollande a annoncé son prochain déplacement à Séoul. Les années croisées France-Corée (septembre 2015 - décembre 2016), en mettant en lumière les relations franco-coréennes, constitueront une occasion privilégiée de mettre en exergue la dérive autoritaire à Séoul, de même que l'approche des Jeux olympiques de Séoul en 1988 avait conduit les autorités sud-coréennes à lâcher du lest alors que leurs violations des droits de l'homme avaient été ainsi mises sous les feux de la rampe.

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 22:35

Le samedi 14 mars 2015, de 10h à 18h30 à la Maison des Mines (270 rue Saint-Jacques, 75005 Paris), l'Alliance coréenne et l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) co-organiseront la quatrième conférence internationale sur la Corée, intitulée "La Corée au coeur des enjeux contemporains : entre universalisme et particularisme", avec la participation du Comité d’initiative contre la répression politique en Corée du Sud, le Forum mondial des alternatives et le Comité européen pour l'application de la Déclaration commune Nord-Sud du 15 juin. L'AAFC présente le programme de cette conférence. Entrée libre et gratuite, dans la limite des places disponibles. 

Dans le monde entier, la crise financière s’aggrave, des forces extrémistes émergent et les contradictions sociales s’intensifient. L’année 2015 marque le soixante-dixième anniversaire de l’indépendance et de la division de la Corée. Dans le même temps, en Corée même, l’oppression gouvernementale sous couvert de sécurité publique s’accélère, avec l’interdiction d’un parti politique représenté au Parlement dans des conditions non conformes aux standards démocratiques internationaux, tandis que les tensions militaires s’exacerbent. La Corée reste ainsi confrontée à des enjeux qui lui sont propres, et dans le même temps elle doit répondre à des questions contemporaines de portée universelle, ce qui entraîne des situations complexes aux solutions difficiles. En confrontant les particularités coréennes aux problèmes de notre époque de portée universelle, nous examinerons la situation actuelle de la démocratie sud-coréenne, ainsi que les progrès possibles et nécessaires vers la paix et la réunification de la péninsule coréenne afin d’envisager des principes d’action et d’identifier les voies de résolution de ces questions.

Programme

10h – 12h Exposés et discussion

Samir Amin : Vers un renouveau de l'esprit de Bandoung

Jean Salem : Oppression politique et enjeux démocratiques

12h – 14h Pause

14h – 16h Exposés et discussion

Roland Weyl : Les deux Corée et le droit international

Robert Charvin : L’indépendance de la Corée après soixante-dix ans de division

16h – 16h30 Pause

16h30 – 18h30 Exposés et discussion

Patrick Kuentzmann : Enjeux coréens, répression mondiale : quelle solidarité internationale

Stephen Cho : La crise politico-économique et l’institutionnalisation de l’oppression par la sécurité publique

Animateur : Benoît Quennedey

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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 22:31

Le 7 mars 2015, Stephen Cho, directeur de l'Institut de recherches coréennes du XXIe siècle, était le conférencier invité à l'Université de la Sorbonne dans le cadre du séminaire "Marx au XXIe siècle, l'esprit et la lettre", organisé avec le soutien du CERPHI (École normale supérieure de Lyon) et du Cercle universitaire d’études marxistes (CUEM). Devant une centaine de personnes, Stephen Cho est intervenu sur les luttes sociales et politiques contemporaines en Corée, à la lumière des analyses marxistes. L'AAFC rend compte de cette conférence-débat.

Stephen Cho, intervenant du colloque "Marx au XXIe siècle" à la Sorbonne

Conformément au principe du séminaire qui vise à une confrontation avec les textes de Marx et du marxisme dans une perspective transdisciplinaire, Stephen Cho a tout d'abord resitué les luttes sociales et politiques en République de Corée (Corée du Sud) suivant une grille de lecture marxiste. De même que le succès de la Révolution d'Octobre en Russie s'était inscrit en porte-à-faux avec les prévisions de Karl Marx selon lesquelles un succès du socialisme devait déjà être envisagé dans les pays les plus anciennement industrialisés, la Corée a connu, après la colonisation japonaise (1910-1945), des transformations sociales et politiques profondes alors qu'elle était encore marquée par des structures féodales. Mais si le Nord a connu une révolution socialiste, au Sud les collaborateurs du pouvoir japonais (puis de l'occupant américain) et leurs familles ont continué de dominer économiquement et politiquement jusqu'à aujourd'hui, malgré les mouvements sociaux qui, avec le soutien des intellectuels et des étudiants, ont mené des batailles politiques victorieuses, en 1960, en abattant le régime de Syngman Rhee, et en 1987, en obtenant le rétablissement de l'élection du Président de la République au suffrage universel direct.

L'important développement économique et industriel de la Corée du Sud après 1960 s'est inscrit dans le cadre d'une domination économique par le capital étranger, et d'une déformation des structures productives, caractérisée par un essor inégal des différents secteurs économiques (agriculture, industrie légère et industrie lourde). L'injection massive de capitaux étrangers, d'abord américains et japonais, a visé à faire du pays, très en retard économiquement au sortir de la guerre de Corée (1950-1953), une vitrine du capitalisme en Asie du Nord-Est, pour faire pièce aux progrès du socialisme en Asie et dans le Nord de la péninsule coréenne.

Dominée économiquement, la Corée du Sud l'est aussi politiquement, par la présence de bases américaines jusqu'au coeur même de la capitale, et par l'approbation - , explicite ou tacite - par les autorités américaines de tous les changements politiques qu'a connus le pays. L'accession au pouvoir d'administrations démocrates (1998-2008) a cependant permis un assouplissement politique. Un parti issu de la classe ouvrière et du syndicat indépendant KCTU, le Parti démocratique du travail (PDT), devenu le Parti progressiste unifié (PPU), a ainsi été créé en 2000 et un rapprochement Nord-Sud a eu lieu, sur la base des positions communes aux propositions confédérales (du Nord) et d'appartenance à une même communauté coréenne (du Sud), aboutissant aux Déclarations du 15 juin 2000 et 4 octobre 2007.

Le combat actuel des militants politiques et syndicaux en Corée du Sud vise à la défense des droits des travailleurs, à la réunification de la Corée, à la paix, à l'arrêt des ingérences extérieures, ainsi qu'à l'établissement d'un régime pleinement démocratique, alors que la loi de sécurité nationale, instaurée en 1948, est utilisée de manière accrue pour réprimer l'opposition de gauche et, en général, toute voix discordante en Corée du Sud. Stephen Cho en est un symbole vivant, ayant été emprisonné pendant sept ans (de 1992 à 1999) avant d'être aujourd'hui pourchassé par la police politique sud-coréenne, dans un contexte où un parti ayant obtenu plus de 10 % des voix aux dernières élections législatives en 2012, le Parti progressiste unifié, a été interdit. C'est que qu'a rappelé le professeur Jean Salem, organisateur du séminaire, qui s'est rendu à plusieurs reprises en Corée du Sud dans la période récente et préside par ailleurs un Comité d'initiative contre la répression politique en Corée du Sud, basé à Paris et composé de militants, de juristes et d'intellectuels originaire de plusieurs pays (France, Belgique, Italie, Liban, Sénégal...).

La conférence a été suivie d'une riche discussion, portant notamment sur les classes sociales en Corée du Sud, la domination américaine et la concurrence entre les puissances impérialistes, ainsi la structure du capital dans les entreprises sud-coréennes : à cet égard, si le capitalisme sud-coréen a d'abord consisté en la formation de conglomérats (chaebols) sur une base familiale, la diversification de leur actionnariat, à la faveur de leur entrée en bourse, en fait désormais des groupes clairement multinationaux.

Rendez-vous a été donné aux participants pour poursuivre ces échanges et organiser la solidarité avec les militants progressistes sud-coréens : après le colloque du 12 avril 2014, l'Alliance coréenne co-organisera avec l'Association d'amitié franco-coréenne un nouveau colloque international sur la Corée, le samedi 14 mars 2015 de 10h à 18h, à la Maison des Mines de Paris (270 rue Saint Jacques, Paris 5e), sur le thème "La Corée au coeur des enjeux contemporains : entre universalisme et particularisme".

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 23:42

Du 2 au 27 mars 2015 se tient à Genève la vingt-huitième session du Conseil des droits de l'homme de l'Organisation des Nations unies. Est inscrit à l'ordre du jour l'examen d'un rapport de Marzuki Darusman sur la situation des droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), un an après la présentation, le 17 février 2014, des conclusions de la très controversée Commission d'enquête sur les droits de l'homme en RPD de Corée. Dans la continuité de la déclaration adoptée par le bureau de l'AAFC, le 19 décembre 2014, "La défense des droits de l'homme ne doit pas servir de prétexte à une guerre destructrice en Asie", après que l'Assemblée générale de l'ONU se fut prononcée, la veille, pour une saisine de la Cour pénale internationale de crimes contre l'humanité en RPD de Corée, le bureau de l'AAFC a décidé de réagir, en adressant la lettre ouverte ci-après au Président du Conseil des droits de l'homme, l'ambassadeur d'Allemagne M. Joachim Rücker.

Palais des Nations, à Genève, où se tient la 28e session du Conseil des droits de l'homme

Palais des Nations, à Genève, où se tient la 28e session du Conseil des droits de l'homme

 

Paris, le 1er mars 2015

 

Monsieur Joachim Rücker

Président du Conseil des droits de l'homme

Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme

Genève

 

 

 

Monsieur le Président,

 

Œuvrant depuis 1969 à la paix et à la réunification dans la péninsule coréenne, l'Association d'amitié franco-coréenne souhaite vous faire part de ses graves préoccupations sur les travaux de la Commission d'enquête sur les droits de l'homme en République populaire démocratique (RPD) de Corée, ainsi que sur leurs conséquences, alors qu'un rapport sera présenté par le rapporteur spécial, M. Markuzi Darusman, lors de la vingt-huitième session du Conseil des droits de l'homme.

Nous voulons vous faire part de nos sérieuses interrogations quant à l'impartialité et à la conformité aux standards internationaux des travaux de la Commission d'enquête sur les droits de l'homme en RPD de Corée : des auditions ont eu lieu de manière collective et non individuellement, en face à face ; les travaux ont été effectués en dehors du pays ; il n'a pas été donné suite aux propositions des autorités de la RPD de Corée d'accueillir les membres de la Commission. De même, le respect du principe du contradictoire eût dû inciter à présenter, préalablement à leur publication, les conclusions aux autorités de la RPD de Corée, en vue d'engager un dialogue respectueux tant des droits fondamentaux de la personne humaine que du respect de la souveraineté des États, fondement du droit international.

Nous déplorons également que les organisations non gouvernementales engagées dans un dialogue avec les autorités gouvernementales sur les droits de l'homme en RPD de Corée n'aient pas été suffisamment entendues, alors qu'elles auraient pu apporter leur expertise de terrain sur la situation actuelle, les évolutions en cours et les perspectives offertes par ce processus d'échanges auquel, pour notre part, nous adhérons pleinement, convaincus de la plus grande efficacité d'une politique de changements engagés en coopération avec les gouvernements, par rapport à une démarche d'admonestations.

S'agissant de la fiabilité des données recueillies, plusieurs témoins clés sont depuis un an revenus sur leur récit ou ont été pris dans leurs contradictions, notamment M. Shin Dong-hyuk et Mme Park Yeon-mi, dont la proximité avec les services de renseignement sud-coréens et/ou des militants politiques de la mouvance néoconservatrice aurait pourtant dû conduire à porter un regard critique sur l'exactitude matérielle de leurs récits en décalage avec ceux, bien moins spectaculaires, des dizaines de milliers de réfugiés nord-coréens anonymes. Au lieu de s'interroger sur les conditions de réalisation de leurs travaux, les membres de la commission d'enquête ont alors tendu à minimiser les révélations sur les conflits d'intérêts de ces témoins très médiatiques. 

Il est très regrettable que les travaux de la Commission d'enquête aient négligé le respect des droits fondamentaux des réfugiés nord-coréens en République de Corée, sans davantage s'interroger sur les raisons pour lesquelles certains ont fait le chemin inverse d'un retour au nord de la péninsule, tout comme il n'est pas fait mention des atteintes aux droits de l'homme en République de Corée, qui préoccupent pourtant de plus en plus fortement les ONG internationales de défense des droits de l'homme.

Dans ces conditions, la conclusion de déférer les dirigeants de la RPD de Corée devant la Cour pénale internationale nous semble non seulement fondée sur des bases friables, mais aussi exposer gravement le Conseil des droits de l'homme aux critiques selon lesquelles il pourrait être l'instrument des politiques de certains États. En outre, le rapport publié il y a un an a conduit, à notre grand regret, à une aggravation du contexte de tensions dans la péninsule coréenne, éloignant encore les perspectives de paix et de réunification auxquelles aspire l'ensemble du peuple coréen.

En vous sollicitant pour que les futurs travaux sur les droits de l'homme en RPD de Corée puissent faire l'objet de travaux mieux étayés, en toute impartialité et dans le respect du principe du contradictoire, et nous tenant à votre disposition pour contribuer à l'atteinte de ces objectifs, nous vous souhaitons, Monsieur le Président, plein succès dans la conduite de votre mission.

 

 

Le Bureau national de l'Association d'amitié franco-coréenne

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 21:41

Le 4 février 2015, Benoît Quennedey, auteur de "L'économie de la Corée du Nord" et de plusieurs articles sur la Corée, par ailleurs vice-président de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) chargé des actions de coopération, est intervenu devant les étudiants en coréen de l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), à l'invitation du Professeur Patrick Maurus : son intervention en cours de civilisation devant les étudiants de première année s'intitulait "Introduction à l'étude des relations diplomatiques des deux Corée" ; devant les étudiants de troisième année (cours de langue et civilisation), son exposé a porté sur les relations entre la France et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Nous présentons ci-après un résumé de la première de ses deux interventions, chacune d'entre elles ayant été suivie d'un débat et d'échanges avec les étudiants.

Benoît Quennedey était déjà intervenu devant les étudiants de l'INALCO, le 19 mars 2014, sur l'économie de la Corée du Nord (ci-dessus), avec Patrick Kuentzmann, secrétaire général de l'AAFC.

Benoît Quennedey était déjà intervenu devant les étudiants de l'INALCO, le 19 mars 2014, sur l'économie de la Corée du Nord (ci-dessus), avec Patrick Kuentzmann, secrétaire général de l'AAFC.

S'agissant des relations diplomatiques des deux Etats coréens - la République de Corée (au Sud) et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, au Nord) - Benoît Quennedey a tout d'abord rappelé que celles-ci doivent faire l'objet d'une étude conjointe, dans la mesure où la diplomatie de chaque Etat prend fortement en compte la diplomatie de son voisin coréen, chacune des deux Corée ayant aspiré - au moins jusqu'en 1972 - à représenter l'ensemble de la péninsule coréenne.

L'étude des relations diplomatiques des deux Corée est à resituer dans son contexte : la péninsule coréenne est située à un carrefour stratégique, à l'extrémité orientale du continent eurasiatique, au coeur des nouveaux échanges économiques en Asie du Nord-Est. La Corée s'est trouvée de longue date sous l'influence de ses puissants voisins - ce dont rend compte le proverbe coréen des baleines et des crevettes, à savoir que lorsque les baleines se battent (en l'espèce, les grandes puissances : les Etats-Unis, la Chine, le Japon, la Russie), ce sont les crevettes (les Coréens) qui trinquent. Les ingérences étrangères ont conduit à confisquer la souveraineté nationale coréenne, puis à la division du pays. Le nationalisme coréen, très fort, a entraîné une vive critique - pas seulement par le Nord, mais aussi par les progressistes sud-coréens - de la présence jusqu'à ce jour de plus de 28 000 GIs au Sud de la Corée (alors que le Nord, marqué par la personnalité de son fondateur, le Président Kim Il-sung, et de ses héritiers, n'abrite plus de troupes étrangères). Par ailleurs, au regard du poids de ses voisins, la République de Corée continuer à se considérer comme une puissance moyenne, malgré son poids démographique (presque équivalent à celui de la France) et ses succès économiques, qui en ont fait une des quinze premières économies mondiales, membre de l'OCDE et du G20.

L'après-guerre froide a rebattu les cartes diplomatiques, accélérant des évolutions préparées en amont : elle a permis un essor des relations intercoréennes, tout particulièrement pendant la décennie de la politique sud-coréenne du "rayon de soleil" (1998-2008) des présidences démocrates de Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun ; elle a entraîné l'établissement de relations diplomatiques entre la Corée du Sud et l'URSS (1991) et la Chine (1992) d'une part, la Corée du Nord et la plupart des pays occidentaux après 2000 (à l'exception notable des Etats-Unis, du Japon et de la France) d'autre part.

L'étude des sources nécessite un examen critique : la "diplomatie secrète", qui a longtemps été la règle dans la diplomatie mondiale, n'a pas pris fin dans le cas de la Corée, et beaucoup de données présentées comme des informations traduisent en fait la volonté de chaque Etat à imposer sa propre perception de l'autre Etat, les services de renseignement sud-coréens jouant à cet égard un rôle très actif de désinformation sur la Corée du Nord. Une étude approfondie doit d'abord s'appuyer sur les sources primaires, celles-ci provenant officiellement de chacun des Etats coréens et de ses médias à capitaux publics, mais aussi des pays tiers dans la mesure où ces derniers définissent une politique coréenne - les intentions diplomatiques qu'ils prêtent à l'un ou l'autre des Etats coréens n'étant jamais indissociables d'objectifs de politique internationale qui traduisent en priorité leurs intérêts nationaux. Parmi les sources secondaires, les travaux universitaires américains et sud-coréens méritent d'être retenus, les sources en langue française étant nettement plus pauvres que celles en langue anglaise. S'agissant des sites Internet, ceux consacrés au Nord sont surreprésentés par rapport à ceux qui s'intéressent également au Sud : le site 38 North mérite tout particulièrement d'être consulté.

Sur ces bases, quelques erreurs d'analyse - qui seraient dues au poids trop fort d'une vision unilatérale des questions coréennes - doivent être évitées. Quelle que soit la prégnance du discours sur les droits de l'homme, ceux-ci n'ont de facto jamais constitué un déterminant majeur de la diplomatie des Etats. En particulier, les positions des Etats-Unis et de leurs alliés vis-à-vis de la Corée du Nord apparaissent davantage surdéterminées par un refus de l'arme nucléaire nord-coréenne et de la possibilité que la RPD de Corée dispose des capacités balistiques nécessaires pour atteindre le territoire des pays occidentaux : pour Washington, il s'agit d'éviter que tout Etat non allié des Etats-Unis puisse devenir une menace stratégique. Par ailleurs, l'influence de la Chine sur la Corée du Nord ne doit pas être surestimée, quelle que soit l'importance qu'elle accorde par ailleurs à ses intérêts économiques au Nord de la péninsule. Si Pékin refuse la présence d'armes nucléaires en RPDC, par crainte d'une escalade qui conduirait d'autres Etats de la région (à commencer par le Japon) à devenir à leur tour des Etats dotés de l'arme nucléaire, elle mise également sur la stabilité de la région et est également consciente que, malgré les très forts courants d'échanges économiques mis en place avec la Corée du Sud et les Etats-Unis, elle est perçue comme un rival stratégique des Etats-Unis. C'est pourquoi la Chine est défavorable aux exercices militaires conjoints américano-sud-coréens, comme à la construction d'une base navale dans l'île de Jeju, au Sud de la Corée, qui visent implicitement à endiguer sa montée en puissance militaire, conformément à la vision américaine du pivot asiatique (la région Asie-Pacifique étant considérée comme le nouveau centre du monde, où doivent se concentrer l'essentiel des forces américaines).

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 23:42

Dans Rescapé du camp 14, le journaliste Blaine Harden a décrit le récit de Shin Dong-hyuk qui est devenu l'un des best-sellers de la littérature mondiale sur la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Par ses récits à glacer le sang, Shin Dong-hyuk est ainsi devenu le plus célébre des réfugiés nord-coréens, et son témoignage a pesé dans la commission d'enquête des Nations Unies en RPDC. Mais comme pour une autre célèbre réfugiée nord-coréenne au récit époustouflant, Park Yeon-mi, le "réfugié du camp 14" a pris des libertés avec la vérité - comme il a dû le reconnaître.

Shin Dong-hyuk

Shin Dong-hyuk

Shin Dong-hyuk l'a finalement admis sur sa page Facebook : son récit de réfugié nord-coréen comporte des "imprécisions", et dans une attitude très coréenne il a présenté des excuses publiques tout en envisageant de mettre fin à ses activités de militant des droits de l'homme.

"On se dit qu'il est acceptable de ne pas révéler le moindre petit détail, et que cela ne fait rien si certaines parties ne sont pas claires. A ceux qui m'ont soutenu, qui m'ont fait confiance et qui m'ont cru pendant tout ce temps, je suis tellement reconnaissant et en même temps tellement désolé."

 

Mais de quelles "imprécisions" s'agit-il ? Il se serait enfui du camp 18 et non du camp 14, d'où il aurait été transféré ; il aurait perdu un doigt après avoir tenté de s'échapper, et non suite à une punition après avoir fait tomber une machine à coudre ; il aurait été torturé vers 20 ans et non plus à l’âge de 13 ans...

Ces changements interviennent alors que plusieurs spécialistes nord-coréens s'étaient interrogés sur la véracité de son récit, et avant qu'un site nord-coréen ne publie, dans un reportage dédié à Shin Dong-hyuk, des témoignages de sa famille et de ses proches - déclarant notamment qu'il n'aurait jamais vécu en camp et qu'il aurait commis un viol sur mineure. Il semblerait que ce soit suite à ce reportage, publié il y a déjà quelques mois, que Shin Dong-hyuk (dont ce ne serait pas le vrai nom) ait reconnu ses erreurs. La quasi-totalité des médias occidentaux n'avaient alors pas jugé d'interroger Shin Dong-hyuk, qui avait alors seulement affirmé que son père aurait parlé contre lui sous la contrainte.
 

Le journaliste Blaine Harden a estimé avoir été induit en erreur par Shin Dong-hyuk, à qui il a demandé des explications sur les différences entre le récit qu'il avait donné à des amis et celui livré dans le livre-choc publié par le journaliste américain. C'est ensuite que Shin Dong-hyuk a publié un message sur sa page Facebook, le dimanche 18 janvier 2015.

La commission d'enquête sur les droits de l'homme en Corée du Nord a été conduite dans des conditions peu conformes aux principes du droit international. Les imprécisions de taille entourant le récit de Shin Dong-hyuk ne sont qu'une des failles de ces travaux, sur la base desquels les Etats-Unis et leurs alliés veulent pourtant traduire les dirigeants nord-coréens devant la Cour pénale internationale.  

Sources :

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