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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 17:36

Dans un contexte d'hostilité croissante des Etats-Unis, et de leurs alliés, à l'égard de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), et face au déferlement médiatique que subit ce pays, le Professeur Robert Charvin,  doyen honoraire de la Faculté de droit et sciences économiques de Nice, et vice-président de l'Association d'amitié franco-coréenne, a fait une mise au point que nous reproduisons ci-après. Ce texte a été rédigé après l'essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier 2015 et avant la mise sur orbite du satellite Kwangmyongsong-4 par la RPDC le 7 février.

Certains événements montrent que des situations qui s'éternisaient peuvent être réglées positivement. L'embargo qui pesait sur Cuba a été levé par les Etats-Unis ; celui qui voulait isoler l'Iran vient de cesser. La persévérance des victimes et les intérêts des grandes puissances ont décidé de ces mutations.

Par contre, d'autres problèmes, particulièrement inéquitables pour les peuples concernés, ne sont pas en voie d'être résolus. Parmi ces problèmes, il y a la domination quasi-coloniale d'Israël sur le peuple palestinien qui dure depuis 70 ans. Il y a aussi le refus par les Etats-Unis d'ouvrir des négociations de paix avec la RPD de Corée et de cesser les menées d'ingérence mettant en cause sa souveraineté. L'hostilité ouverte des Etats-Unis, du Japon, de la Corée du Sud et des Etats européens (dont la France, incapable de mettre en œuvre une simple reconnaissance diplomatique de la RPDC), sans aucun fondement, est une mesure discriminatoire vis-à-vis d'un Etat membre des Nations Unies, comme cela a été le cas dans le passé à l'égard de la Chine.

L'ONU, pourtant directement concernée par la question coréenne, étant donné son intervention directe lors de la guerre de 1950-1953, reste inerte.

L'Agence internationale de l'énergie atomique, pratiquant la politique du « deux poids, deux mesures », à l'instigation des grandes puissances nucléaires, et  contrairement à la légalité internationale, est plus rigoureuse vis-à-vis de la RPDC (qui s'est légalement retirée du Traité de non prolifération) qu'à l'égard de pays comme Israël (qui n'a jamais adhéré à ce même traité).

Les dispositions fondamentales de la Charte des Nations Unies, de multiples résolutions de l'Assemblée générale, sont violées : chaque peuple est en droit de choisir sans ingérence son régime. Le principe de l'égale souveraineté des Etats est toujours en vigueur ! L'affirmation explicite des grandes puissances de vouloir détruire le régime de la RPDC est une forme d'agression et de provocation permanente, de même que l'image donnée en Occident sur Pyongyang.

La question des droits de l'Homme, mis en avant par la France, notamment, est irrecevable de la part d'un Etat qui a des relations étroites avec nombre de régimes totalement indifférents aux conceptions occidentales des droits humains, comme l'Arabie saoudite, le Qatar et diverses dictatures africaines soutenues par des réseaux d'intérêts français.

La résistance que manifeste le peuple coréen depuis 1950, c'est-à-dire depuis plus d'un demi-siècle, est digne de respect. La Corée se veut coréenne, n'en déplaise à nombre d'occidentaux. L'originalité de sa société est une contribution à la richesse politico-culturelle du monde.

Les amis de la RPDC s'engagent, une fois de plus, à exprimer leur solidarité au peuple coréen, à sa réunification, au maintien de la paix dans la région et à tous les efforts de développement que réalise Pyongyang malgré toutes les difficultés que la RPDC doit surmonter. 2016 sera une nouvelle année de luttes et de résistance victorieuses.

 

Paris, le 5 février 2016

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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 23:17

Les organisateurs du Forum économique mondial de Davos - qui se réunit chaque année depuis 1974 dans la station de sports d'hiver suisse - ont retiré l'invitation qu'ils avaient donnée à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) de participer à leur prochaine réunion, prévue du 20 au 23 janvier 2016. Ce revirement de décision, pris suite à l'essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier 2016, a suscité de vives protestations des autorités nord-coréennes, qui avaient prévu d'envoyer une délégation conduite par Ri Su-yong, ministre des Affaires étrangères de la RPD de Corée.  

S.E. Ri Su-yong, ministre des Affaires étrangères de la RPD de Corée

S.E. Ri Su-yong, ministre des Affaires étrangères de la RPD de Corée

Dans une lettre adressée aux organisateurs du Forum de Davos, citée par l'agence nord-coréenne KCNA, le représentant de la RPD de Corée à Genève a dénoncé un mélange des genres entre la politique et l'économie qu'il estime contraire aux règles propres aux instances internationales telles que le Forum de Davos :

Ce comportement du forum est un acte inquiétant qui contrevient à l'impartialité et aux principes élémentaires devant être respectés par une instance internationale

http://www.kcna.kp/

Toujours selon la même lettre, il s'agit d'une décision prise brutalement, sous l'influence des forces hostiles à la RPD de Corée.

Mais le propre même du Forum de Davos est bien d'exprimer la soumission des dirigeants mondiaux aux intérêts du capitalisme, qui tire profit des situations de conflits et des politiques de sanctions. Exclure la Corée du Nord est dans la suite logique de cette relation de subordination. Pays le plus sanctionné au monde - ce qui rend grandement inopérant ses appels répétés aux investisseurs étrangers (notamment dans ses zones économiques spéciales) - la RPD de Corée n'avait rien à gagner d'une telle participation, imaginée par les organisateurs du Forum dans ce qui apparaissait surtout comme un coup de publicité - avant que les contingences des relations internationales fassent avorter le projet. Pour que la boucle soit bouclée il ne leur restait plus qu'à se dédire eux-mêmes - ce qu'ils ont fait.

Source :

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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 12:36

Le 6 janvier 2016, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a annoncé avoir testé avec succès sa première bombe à hydrogène (bombe thermonucléaire), ou "bombe H". Il s'agit du quatrième essai nucléaire de la RPD de Corée, après ceux du 9 octobre 2006, du 25 mai 2009 et du 12 février 2013 qui avaient entraîné la mise en place d'un régime international de sanctions contre la RPD de Corée. L'essai du 6 janvier 2015 a ainsi suscité de fermes critiques des Etats-Unis et de leurs alliés, ainsi que des autres membres du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui doit se réunir le même jour. Pour sa part, Pyongyang a réaffirmé son droit à l'autodéfense face à la politique hostile des Etats-Unis.

L'annonce du premier essai nucléaire de bombe à hydrogène par la Corée du Nord - par la présentatrice Ri Chun-hee - a été suivie dans le monde entier (ici, en Corée du Sud).

L'annonce du premier essai nucléaire de bombe à hydrogène par la Corée du Nord - par la présentatrice Ri Chun-hee - a été suivie dans le monde entier (ici, en Corée du Sud).

Selon la RPDC, l'essai nucléaire a été conduit le 6 janvier 2016 au moyen d'une bombe miniaturisée à 10 heures (heure locale), par des technologies qu'elle a développées en propre. La Corée du Nord se félicite d'ainsi accéder au club des pays avancés en matière de technologie nucléaire.

Selon l'agence nord-coréenne KCNA, il s'agit d'une mesure d'autodéfense rendue nécessaire par la politique hostile des Etats-Unis, tandis qu'était rappelé l'attachement de Pyongyang à la paix et à la sécurité régionale qui implique, toujours selon KCNA, une politique de dissuasion nucléaire :

Cet essai est une mesure d'autodéfense prise par la RPDC pour protéger fermement la souveraineté du pays et le droit vital qu'a chaque nation de se protéger contre la menace nucléaire et le chantage toujours grandissants des forces hostiles conduites par les Etats-Unis, et pour sauvegarder de manière fiable la paix dans la péninsule coréenne et la sécurité régionale.

http://www.kcna.kp/

La RPD de Corée a réaffirmé qu'elle était une puissance nucléaire souveraine, excluant l'usage en premier d'armes nucléaires ainsi que les transferts de technologies :

La RPDC, qui est un Etat nucléaire responsable, n'utilisera jamais d'armes nucléaires en premier et ne transfèrera en aucunes circonstances les moyens et les technologies nécessaires, comme elle l'a déjà affirmé.

http://www.kcna.kp/

La condamnation rapide par les Etats-Unis et la communauté internationale n'est pas nouvelle. L'essai nucléaire nord-coréen intervient dans un contexte de blocage du dialogue, après que les propositions nord-coréennes de revenir à la table des négociations se sont heurtées à une fin de non-recevoir par Washington, qui avait posé des conditions préalables dont il savait qu'elles étaient inacceptables. De même, la proposition de la RPDC de conclure un traité de paix avec les Etats-Unis, réitérée en 2015, avait été rejetée par la Maison Blanche.

Dans ce contexte, la Corée du Nord a poursuivi le développement de son programme nucléaire, dont l'étape suivante était de se doter de la bombe H - suivant une annonce faite en ce sens, en décembre 2015, par le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Les experts militaires occidentaux avaient alors mis en doute la maîtrise par la RPDC de la technologie de la bombe H. Le 6 janvier 2016, ils ont annoncé avoir détecté des mouvements sismiques sur le site de Punggye-ri à l'heure annoncée de l'essai nucléaire, tout en précisant qu'ils devaient conduire des recherches supplémentaires quant à sa nature et à sa portée.

Source (outre KCNA)

En plus de ces essais, Israël ou l'Afrique du Sud, voire les deux conjointement, auraient effectué un essai le 22 septembre 1979 dans l'océan Indien.

En plus de ces essais, Israël ou l'Afrique du Sud, voire les deux conjointement, auraient effectué un essai le 22 septembre 1979 dans l'océan Indien.

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1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 18:29

Chaque année, le discours prononcé par le Maréchal Kim Jong-un à l'occasion du nouvel an est étudié et analysé en détail - non seulement en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), mais aussi à l'étranger par les spécialistes des questions coréennes - pour les orientations qu'il donne sur la politique interne et externe de la RPD de Corée. Le discours du nouvel an 2016 prend cette année une importance particulière, à quelques mois du VIIe Congrès du Parti du travail de Corée - le premier depuis 1980. Comme les années précédentes, il met l'accent sur l'édification d'un pays puissant et prospère. Par ailleurs, en dépit des vives réticences qu'ont opposées en 2015 les conservateurs sud-coréens à l'approfondissement du dialogue Nord-Sud, le Maréchal Kim Jong-un réaffirme l'engagement de la RPD de Corée pour le dialogue, la paix et la réunification dans la péninsule.

Discours de nouvel an de Kim Jong-un : "notre Parti considère le bien-être du peuple comme la première de toutes les affaires nationales"

Saluant non seulement les militaires et les civils nord-coréens oeuvrant à l'édification de la patrie socialiste, mais s'adressant aussi "aux frères du Sud et aux Coréens de la diaspora qui luttent pour la réunification de la patrie, aspiration de la nation, de même qu’aux peuples progressistes et aux amis étrangers", le dirigeant suprême exprime d'emblée le voeu que "toutes les familles débordent de concorde et d’affection et que les rires de bonheur de nos chers enfants retentissent plus haut".

Revenant ensuite sur l'année écoulée, marquée par le 70e anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée, il souligne en premier lieu les réalisations économiques - ainsi que les exploits sportifs obtenus - en associant constamment le peuple travailleur à ces succès :

On a vu s’ériger les centrales des Héros-Jeunes de Paektusan, les centrales en étages de Chongchongang, le Palais de la science et de la technique, la cité des scientifiques Mirae, la ferme coopérative de culture légumière de Jangchon et d’innombrables autres monuments et villages merveilleux dignes du socialisme, concrétisation des idées et de la politique du Parti, montrant le dynamisme de notre patrie qui avance en faisant en un an ce que les autres ne pourraient faire qu’en dix ans.

Après l'accord conclu avec le Sud en août 2015, il exprime sa conviction que la politique du Parti a permis d'éloigner le danger d'un nouveau conflit armé qui aurait ravagé la péninsule coréenne.

La jeunesse et l'éducation occupent une place primordiale dans le discours du Maréchal Kim Jong-un, conformément à la politique qu'il a menée depuis quatre ans (marquée notamment par l'allongement à douze ans, en 2012, de la durée de la scolarité obligatoire) : après la référence liminaire aux enfants des familles coréennes, il adresse à la jeunesse des félicitations particulièrement appuyées comme étant les "dignes continuateurs de la cause révolutionnaire Juche", et mentionne in fine la jeunesse comme l'une des composantes sociales (à côté de la classe ouvrière, mentionnée à plusieurs reprises en tant que telle, des intellectuels et des cadres) devant contribuer au développement de l'économie nationale.

Evoquant le congrès à venir du Parti du travail de Corée, il souligne l'objectif de renforcer l'économie nationale pour élever le niveau de vie de la population, développant ensuite les problèmes économiques actuels dont la résolution apparaît ainsi comme une priorité. Au premier rang figure le "problème de l’énergie électrique" - décrit également comme la "pénurie d’électricité" (suivant une formule peu habituelle s'agissant des difficultés rencontrées) - qui requiert non seulement l'accroissement des capacités de production de l'électricité sous ses différentes formes (y compris à partir du charbon) - en mentionnant tout particulièrement la construction de la centrale de Tanchchon - mais aussi, de manière nouvelle, les économies d'énergie. Sont également évoqués le transport ferroviaire (dont l'obsolescence est un handicap au développement économique) et la production métallurgique, encore loin du niveau maximum qu'elle a atteint en 1990, avant le recul économique de la "dure marche". Par ailleurs, la référence à la lutte contre "la pollution de l’atmosphère, des cours d’eau et des mers" s'inscrit dans le cadre des objectifs de développement durable, tels qu'ils ont été réaffirmés lors de la conférence de Paris sur le climat par le ministre des Affaires étrangères en décembre 2015.

Comme les années antérieures, des instructions spécifiques portent sur le potentiel de défense du pays. L'accent est mis sur la formation et la discipline, et non sur le développement des armes non conventionnelles - en ne mentionnant pas la force de dissuasion nucléaire - et sur les capacités balistiques. Depuis le troisième essai nucléaire nord-coréen survenu le 12 février 2013, les médias conservateurs américains et sud-coréens annoncent régulièrement la survenue imminente d'un quatrième essai nucléaire, ou d'un nouveau tir de missile à longue portée. Cette omission dans le discours du dirigeant nord-coréen doit donc être appréciée comme la poursuite, au contraire, par la RPD de Corée d'une politique de la main tendue, pour réduire les tensions dans la péninsule, en s'abstenant d'initiatives qui auraient entraîné un nouveau cycle de tensions et de sanctions.

Suivant un usage bien établi, la réunification de la Corée et les relations internationales occupent la fin du discours - et ont retenu plus particulièrement (sinon exclusivement) l'attention des commentateurs étrangers.

Concernant les rapports Nord-Sud, le Maréchal Kim Jong-un blâme ouvertement les autorités sud-coréennes pour avoir mené en 2015 une politique de confrontation, alors que l'anniversaire de la libération de la Corée de l'occupation japonaise, en 1945, aurait au contraire dû créer un contexte favorable :

L’année dernière marquée par le 70e anniversaire de la libération du pays, nous avons lancé un appel invitant à ouvrir une large voie à la réunification indépendante grâce à l’union des forces de toute la nation, et nous nous sommes attachés à le réaliser. Pourtant, les forces anti-réunification et hostiles à l’amélioration des rapports Nord-Sud se sont démenées pour des manœuvres belliqueuses, créant ainsi une situation critique au bord de la guerre et suscitant une grande inquiétude à l’intérieur comme à l’extérieur. Les autorités sud-coréennes, allant à l’encontre du dialogue Nord-Sud et de l’amélioration des rapports Nord-Sud, ont poursuivi ouvertement le « changement de régime » de notre part et, l’« unification des régimes », leur thèse unilatérale, aggravant ainsi la méfiance et l’affrontement entre le Nord et le Sud.

En dépit de ces difficultés, les autorités nord-coréennes réaffirment qu'elles sont prêtes à renouer le dialogue avec le Sud, en incitant les autorités sud-coréennes à appliquer avec sincérité les précédents accords Nord-Sud (notamment les déclarations du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007) qui ont été signés au nom du Gouvernement sud-coréen, et non des démocrates qui étaient alors au pouvoir à Séoul. En effet, les conservateurs revenus à la présidence sud-coréenne en 2008 ont tourné le dos aux perspectives de rapprochement Nord-Sud qui avaient ainsi été ouvertes, l'opposition démocrate leur reprochant d'avoir joué un rôle essentiel dans la dégradation des relations intercoréennes.

Vis-à-vis des Etats-Unis, mentionnés explicitement cette année à de nombreuses reprises, les critiques nord-coréennes se fondent sur trois arguments : le refus opposé par Washington à la proposition de Pyongyang de signer un traité de paix en lieu et place de l'accord d'armistice de 1953 ayant clos les combats de la guerre de Corée ; l'exploitation de l'argument des droits de l'homme ; les exercices militaires de grande ampleur que les Etats-Unis et leurs alliés ont poursuivis dans la péninsule coréenne l'an passé. En cas de guerre provoquée par les Etats-Unis, la RPD de Corée exprime clairement sa volonté de riposter.

Envers le reste du monde (dont aucun pays n'est nommé, ni le traditionnel allié chinois, ni la Russie avec laquelle la RPDC a opéré un rapprochement depuis 2014), le discours de nouvel an du Maréchal Kim Jong-un réaffirme enfin la position traditionnelle de Pyongyang favorisant l'essor de relations d'échanges et de coopération :
 

Notre Parti et le gouvernement de notre République renforceront davantage la solidarité avec les peuples du monde entier s’opposant à l’agression, à la guerre, à la domination et à l’asservissement, élargiront et développeront les relations d’amitié et de coopération avec tous les pays qui respectent la souveraineté de notre pays et nous traitent amicalement.

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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 22:39

Le 4 décembre 2015, le Musée panoramique d'Angkor, situé dans la Cité des temples Siem Reap, a été officiellement inauguré en présence de Sok An, vice-Premier ministre du Cambodge, et S.E. M. Hong Ki-chol, ambassadeur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) au Cambodge. Le musée a été construit entre 2011 et 2015, pour un coût de 24 millions de dollars sur une superficie de 6 115 m2, par les artistes nord-coréens pluridisciplinaires du groupe Mansudae - à l'origine d'autres réalisations architecturales dans le Tiers Monde, comme le Monument de la renaissance africaine à Dakar (lire sur le site de l'AAFC http://www.amitiefrancecoree.org/article-le-monument-de-la-renaissance-africaine-une-demonstration-de-la-statuaire-nord-coreenne-au-senegal-45932647.html).

Vue d'ensemble du Musée panoramique d'Angkor

Vue d'ensemble du Musée panoramique d'Angkor

S'inspirant du style architectural khmer, le Musée panoramique d'Angkor apporte une vue d'ensemble de l'histoire de la civilisation khmère (y compris sa défense vis-à-vis de ses voisins) - en abritant des reproductions miniatures des temples et du parc d'Angkor (avec des détails sur l'histoire architecturale de la construction des temples), une salle de cinéma qui diffuse des films en 3D et une fresque longue de 120 mètres décrivant la vie quotidienne des anciens Khmers. La réalisation du bâtiment elle-même donne lieu à une section spécifique au sein du musée.

Pendant dix ans, le groupe de développement international Mansudae (Mansudae Overseas Project Group) de la RPD de Corée co-gèrera le musée avec le gouvernement cambodgien (Autorité Apsara), suivant un partage égal des bénéfices, avant son transfert à l'Autorité Apsara. La construction et la gestion du musée relèvent des accords build-cooperate-transfer (BCT, construire-coopérer-transférer) mis en place par le Cambodge. Le Musée panoramique d'Angkor traduit aussi la politique d'investissements à l'étranger de la RPD de Corée dans le secteur de la construction et du tourisme.

Inauguration du musée panoramique d'Angkor, construit par les artistes nord-coréens des ateliers Mansudae

Lors de l'inauguration officielle, Sok An, vice-Premier ministre du Cambodge cité par l'Agence Kampuchea Presse, a souligné la qualité des réalisations artistiques du musée, qui contribue à l'essor du tourisme international dans la région d'Angkor :

Les œuvres d’art au Musée panoramique d'Angkor ont été méticuleusement conçues et réalisées avec une grande créativité, reflétant de différents thèmes à travers des peintures et des films en 3D montrant l’évolution de l’Empire khmer, des scènes de guerre, la construction de temples, et la vie quotidienne des Cambodgiens à cette époque-là.

Pour sa part, Hong Ki-chol, ambassadeur de la RPD de Corée au Cambodge, a souligné que la réalisation du musée s'inscrivait dans le cadre des relations d'amitié entre les deux pays, marquées par la relation personnelle qu'avait nouée le Président Kim Il-sung de la RPD de Corée et le roi Norodom Sihanouk (lire sur le site de l'AAFC http://www.amitiefrancecoree.org/article-kim-il-sung-et-norodom-sihanouk-une-histoire-d-amitie-111381329.html).

Un restaurant nord-coréen de la chaîne Pyongyang est déjà implanté sur le site d'Angkor, qui constitue par ailleurs l'une des destinations privilégiées des touristes sud-coréens en Asie du Sud-Est.

Inauguration du musée panoramique d'Angkor, construit par les artistes nord-coréens des ateliers Mansudae

Sources :

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 11:43

Enseignant, Denis Gorteau s'intéresse de longue date à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et est en contact avec l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), notamment Benoît Quennedey, vice-président des actions de coopération, auteur de L'Economie de la Corée du Nord : naissance d'un nouveau dragon asiatique ? - qu'il a interviewé, dans un entretien repris par Denis Gorteau dans l'ouvrage qu'il vient de publier : se présentant comme un essai, Corée du Nord, le pays qui n'était pas là a le grand mérite de bousculer les idées reçues, avec une volonté d'objectivité.

Au-delà des idées reçues : "Corée du Nord, le pays qui n'était pas là" de Denis Gorteau

Le mythe d'une seule Corée conduit parfois à exclure du champ de l'existant l'Etat qui occupe la moitié Nord de la péninsule, la République populaire démocratique de Corée (RPD de Corée) - au point que ce serait un Etat qui n'existe pas, "qui ne serait pas là", pour reprendre l'expression qui retient l'attention de Denis Gorteau. Les autorités sud-coréennes n'ont-elles pas protesté officiellement contre le gouvernement japonais ayant annoncé qu'il envisageait une attaque en premier contre la RPD de Corée, non pas parce que la présidente sud-coréenne serait soudain devenue pacifiste, mais parce que le gouvernement conservateur de Séoul s'offusque d'une action militaire sur un territoire... qu'il considère être le sien !

Denis Gorteau ne prétend pas être un expert - mais faire oeuvre de pédagogie, en géographe qui s'intéresse aux relations internationales, dans son essai consacré à la Corée du Nord. Et au moyen de chapitres courts et d'une plume alerte il réussit à démonter les idées reçues qui entourent la RPDC, de façon plus synthétique et plus incisive que ne le font les (trop souvent) longs articles du blog de l'AAFC (pour ne citer qu'eux, autocritique bien ordonnée commençant pa soi-même).

L'approche finale de l'avenir de la RPD de Corée, dans le champ géopolitique, a le mérite de la modestie et du réalisme, loin des prévisions et des supputations dépourvues de toute rigueur d'analyse.

Evidemment, le parti pris de l'essai n'exclut pas certaines affirmations qui mériteraient approfondissement et discussion - notamment sur les origines de la guerre de Corée, l'utilisation désormais avérée d'armes chimiques par les Américains pendant ce conflit, le manque de fiabilité d'un Shin Dong-hyuk, défecteur nord-coréen, ou encore les points communs entre les systèmes politiques nord-coréen et chinois qui tend à relativiser l'exceptionnalité de la RPDC... Mais il aurait été difficile, voire impossible, de garder une approche utilement synthétique en se lançant dans de tels débats, qui méritent par ailleurs d'être posés.

Corée du Nord, le pays qui n'était pas là est ainsi une première approche précieuse et utile pour qui veut comprendre la RPD de Corée, au-delà des clichés et des passions.

Pour acheter le livre :

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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 16:39

Dans des données publiées le 5 mars 2015, l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) a détaillé quels sont les pays étrangers visités chaque année par les citoyens de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord, hors Chongryon) entre 1995 et 2014 (ou 2013 pour certains Etats). Il faut tenir compte des traditionnelles réserves méthodologiques sur les statistiques propres à la RPD de Corée : ainsi, une absence de chiffre pour un pays et une année donnée ne signifie pas nécessairement qu'il n'y aucune entrée de Nord-Coréen dans ce pays pour l'année considérée, mais seulement que les données manquent, rendant ainsi non pertinente toute consolidation au niveau mondial ; par ailleurs, selon toutes apparences les sources proviennent principalement des Etats tiers à la RPDC, et pas de la RPDC elle-même ; les statistiques sont disponibles plus tardivement que pour d'autres pays, et comportent des lacunes par Etat (en particulier, la France, le Royaume-Uni et la Corée du Sud sont absentes) ; enfin, les données agrégées sont susceptibles de comptabiliser pour la RPDC des chiffres relevant en réalité de la République de Corée (Corée du Sud), ce qui pourrait expliquer certaines anomalies dans les séries statistiques par pays (par exemple, le nombre de 10 717 Nord-Coréens ayant visité la Tanzanie en 2012 correspond-il à une exception, et si oui comment l'expliquer, ou à erreur ?). En outre, certains biais méthodologiques sont propres à la nature des données elles-mêmes : alors que les voyages à l'étranger des Nord-Coréens s'effectuent à notre connaissance principalement par train, puis par avion (le détail par mode de transport n'étant pas disponible pour les données consultées) , la République populaire de Chine est le principal pays de transit (loin devant la Fédération de Russie) vers d'autres destinations à l'étranger, et il n'est pas certain que les données de l'OMT distinguent les cas où la Chine est la destination finale, de ceux pour lesquels elle n'est qu'un pays de transit. Sous ces importantes réserves, les statistiques de l'OMT offrent un panorama utile des pays avec lesquels la RPD de Corée a des échanges de personnes - dans le sens des visites effectuées par les Nord-Coréens à l'étranger.

Le siège de l'Organisation mondiale du tourisme, à Madrid

Le siège de l'Organisation mondiale du tourisme, à Madrid

Sans surprise, le voisin chinois est le pays qui reçoit - de loin, et de manière croissante - le plus grand nombre annuel de visiteurs nord-coréens par an : 60.000 à 70.000 entre 1995 et 1999, 70.000 à 80.000 de 2000 à 2003, 100.000 à 120.000 entre 2003 et 2010, plus de 150.000 en 2011, 181.000 en 2012 et 207.000 en 2013, les données pour 2014 n'étant pas disponibles. Cette augmentation suit celle des échanges de marchandises, ainsi que des investissements chinois en RPDC, mais alors que les données économiques connaissent parfois des à-coups brutaux (partiellement liés à l'application des sanctions internationales par la Chine), le nombre de visiteurs nord-coréens en Chine croît régulièrement, par paliers jusqu'en 2010, puis suivant une croissance annuelle comprise entre 15 % et 25 % en 2011, 2012 et 2013. Ces données conforteront les analystes qui pointent un risque de dépendance de la Corée du Nord vis-à-vis de la Chine. Par ailleurs, les visites à Hong Kong sont faibles (quelques centaines par an), bien qu'il s'agisse d'une des principales portes d'entrée commerciale sur la Chine, et à peine supérieures dans le cas de Macao (1 000 à 2 000 par an).

La Russie est un lointain second, accueillant chaque année entre 9.000 et 24.000 Nord-Coréens. La tendance est à la hausse, mais beaucoup moins rapidement et nettement que pour la Chine, confirmant que la politique d'équilibre suivie par Pyongyang entre Moscou et Pékin du temps de la guerre froide appartient à l'histoire - même si la Russie tente aujourd'hui d'accroître ses liens avec la RPDC, dans le cadre notamment de l'année croisée Russie-Corée.

Pour les autres pays, les évolutions sont très souvent heurtées, à l'image des relations commerciales de la RPDC avec d'autres pays que la Chine ; l'Inde a accordé annuellement des visas à 5.000 à 8.000 Nord-Coréens par an entre 1995 et 1997, puis ce nombre a spectaculairement baissé (jusqu'à 4 en 2009) avant de remonter légèrement en restant faible (332 en 2013). Pour la Malaisie, ce nombre a dépassé 10.000 par an entre 2003 et 2004, avant de tomber à environ 1.000 par an ces dernières années. Le Pérou a accueilli chaque année, entre 2004 et 2006, 5.000 à 8.000 Nord-Coréens, les données n'étant plus disponibles depuis 2007.

Certains Etats accueillent toutefois régulièrement un nombre relativement élevé de Nord-Coréens : la Belgique (plus de 4.000 par an, sans doute en partie partiellement du fait d'échanges avec les institutions de l'Union européenne), la Finlande (1.000 à 2.000 par an depuis 2008), le Honduras (plus de 4.000 en 2012 et en 2013), la Pologne (15.000 en 2010, 4.000 en 2013).

Au final, ces chiffres sont à l'mage de la volonté de diversification de ses échanges avec l'étranger de la Corée du Nord, en dehors des partenaires traditionnels que sont la Chine et, dans une moindre mesure, la Russie.

Source :

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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 23:31

Le 5 septembre 2015, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a participé à un séminaire à Helsinki, organisé par la Société finno-coréenne, à l'occasion du 70e anniversaire de la libération de la Corée. Lors de son intervention, Mme Danuta Pajak, secrétaire générale de l'Association polono-coréenne, est revenue sur les relations bilatérales entre la Pologne et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Nous reproduisons ci-après, traduit de l'anglais, l'extrait de son discours relatif à ce sujet, et qui montre l'étroitesse des liens qui avaient été noués entre Pyongyang et Varsovie à l'époque de la République populaire de Pologne, notamment par l'accueil d'orphelins de la guerre de Corée à l'origine de ce qui allait devenir, en 1982, l'Association polono-coréenne.

1948 et 1951 sont deux dates très importantes pour les relations entre la Pologne et la Corée sur lesquelles je voudrais revenir en quelques phrases.

La Pologne - à l'époque la République populaire de Pologne (RPP) - a été le troisième pays dans le monde, après la Russie et la Chine, à reconnaître la RPDC à l'automne 1945, légitimant ainsi le caractère légal du nouveau pays.

Les relations diplomatiques aussi rapidement établies ont contribué à créer des liens de compréhension et de respect mutuels malgré la grande distance géographique entre nos deux pays (plus de 10 000 km) et des différences culturelles significatives. Dès l'origine la Pologne a apporté à ses lointains amis un soutien sur la scène internationale alors qu'elle devait faire face aux ravages de la guerre et devait reconstruire son pays, à l'instar de la Corée.

Le respect mutuel était probablement l'une des raisons pour lesquelles le Président Kim Il-sung a demandé au Président Jozef Cyrankiewicz de la RPP d'abriter les enfants devenus orphelins pendant la guerre de Corée qui, un an après son déclenchement, avait entraîné une récolte dramatiquement faible et créé un drame pour de nombreuses familles. La Pologne a immédiatement répondu à cet appel : entre 1951 et 1953 ce sont plus de 1 200 enfants, accompagnés de dizaines d'accompagnateurs adultes, qui sont arrivés par train dans notre pays. Les petits Coréens ont été hébergés dans deux centres en Basse-Silésie et à Mazovie où ils ont pu surmonter le traumatisme des expériences de la guerre, être éduqués et grandir grâce aux soins de centaines de Polonais, professeurs, éducateurs, enseignants et infirmières. Lors de sa première visite en Pologne, le Président Kim Il-sung de la RPDC a visité Swider près de Varsovie, où il a rencontré les enfants - le futur de la nation coréenne, en exprimant sa confiance dans les soins apportés par ses amis polonais. Les Coréens sont restés en Pologne jusqu'en 1959, date à laquelle ils sont retournés dans la Corée alors en reconstruction, enrichis des nouvelles expériences qu'ils avaient vécues en Europe.

Il faut noter qu'à l'époque où les jeunes Coréens résidaient en Pologne, notre pays a décidé de soutenir la reconstruction de la RPDC en construisant et en équipant l'hôpital orthopédique de la province de Hamhung, qui jusqu'à nos jours est souvent qualifié de "polonais".

L'aide désintéressée apportée à nos frères dans le besoin a renforcé les liens entre nos pays et construit un pont entre nous qui a uni nos deux pays indépendamment des changements socio-politiques. Ce fut l'une des raisons de la création de l'Association polono-coréenne dont les membres étaient et sont des personnes qui ont pris soin des enfants coréens pendant leur séjour en Pologne. Après avoir été un groupe informel, notre association a été officiellement créée après la seconde visite du dirigeant de la RPDC en Pologne en 1982, quand il a été décidé que nos relations amicales devaient se développer sous une forme organisée dans les domaines de la science, de la culture, des arts et pour promouvoir la prise de conscience de notre histoire commune.

Quand la Pologne appartenait au bloc oriental, les relations sociales, politiques et économiques se développaient avec succès. Malheureusement, après le changement de régime en Pologne et à cause des campagnes hostiles anti-RPDC des médias, les activités en Pologne pour l'amitié avec la Corée sont devenues de plus en plus difficiles à mener (...)

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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 18:21

Le 5 septembre 2015, la Société Finlande-Corée - homologue de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) en Finlande - a organisé à Helnsinki un séminaire européen pour commémorer le 70e anniversaire de la libération de la Corée, le 15 août 1945, avec la participation d'associations d'amitié de plusieurs autres pays européens et d'une délégation du Comité coréen des relations culturelles avec les pays étrangers, venue de République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Cette manifestation coïncidait avec la célébration du 45e anniversaire de la fondation de la Société Finlande-Corée. Une délégation de l'Association d'amitié franco-coréenne était présente. 

Après un dîner le 4 septembre, les délégations européennes, venues du Danemark, de France, de Pologne, de Suède et d'Espagne, et la délégation coréenne ont participé le 5 septembre au séminaire sur le 70e anniversaire de la libération de la Corée, organisé par la Société Finlande-Corée.

L'Association d'amitié franco-coréenne était représentée par Benoît Quennedey, vice-président chargé des opérations de coopération, et Patrick Kuentzmann, secrétaire général. Dans un message lu par Benoît Quennedey, Guy Dupré, président de l'AAFC qui ne pouvait pas être personnellement présent, a souligné combien le mouvement de libération nationale antijaponaise conduit par le Président Kim Il-sung avait façonné non seulement le destin de la Corée, mais aussi celui des peuples combattant pour leur indépendance. Il a également plaidé pour une reprise du dialogue intercoréen en vue d'abaisser les tensions, alors que les conservateurs de retour au pouvoir à Séoul en 2008 ont tourné le dos aux déclarations conjointes Nord-Sud du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007. La délégation de l'AAFC a souligné par ailleurs les activités qu'elle a engagées en France aux côtés des militants progressistes sud-coréens s'opposant à la dérive autoritaire à l'oeuvre à Séoul, et des pacifistes japonais refusant la modification de l'article 9 de la Constitution japonaise : les luttes pour la démocratie au Sud de la péninsule et contre le militarisme japonais sont parties prenantes des objectifs que s'est fixée l'AAFC depuis sa fondation en 1969, pour la paix, la liberté et la réunification en Corée.

Un échange entre les participants a permis de souligner les risques que pouvaient personnellement encourir, dans plusieurs pays, les militants des associations d'amitié avec la Corée, en raison de leur action.

En clôture de leurs travaux, les participants ont adopté une résolution conjointe, lue par Pekka Kotkasaari, président de la Société Finlande-Corée, plaidant pour une réunification pacifique et indépendante de la Corée, et soutenant la RPDC dans l'édification d'un pays prospère.

Pekka Kotkasaari, président de la Société Finlande-Corée

Pekka Kotkasaari, président de la Société Finlande-Corée

Le soir du 5 septembre, un banquet finno-coréen était organisé à l'organisation du 45e anniversaire de la fondation de la Société Finlande-Corée, accompagné d'un concert donné par l'orchestre Saalem, qui s'est récemment produit en République populaire démocratique de Corée. Dans son discours, M. Ryu Kyong-il, directeur du département Europe du Comité des relations culturelles avec les pays étrangers, qui conduisait la délégation de la RPD de Corée, a félicité l'association finlandaise pour l'organisation du séminaire et sa solidarité sans faille avec le peuple coréen depuis 45 ans.

Ryu Kyong-il, directeur du département d'Europe du Comité des relations culturelles avec les pays étrangers de la RPDC

Ryu Kyong-il, directeur du département d'Europe du Comité des relations culturelles avec les pays étrangers de la RPDC

Le lendemain, 6 septembre, les délégations européennes et coréenne ont pu poursuivre leurs échanges de manière plus informelle au cours d'une excursion dans la campagne finlandaise.

L'AAFC se félicite de ces riches échanges d'expériences, qui font ressortir tout l'intérêt des réunions organisées jusqu'en 2010 par le Comité international de liaison pour la paix et la réunification en Corée (CILRECO, fondé en 1977), dont le secrétaire général, Guy Dupré, a été salué pour son action par les participants, notamment les organisateurs de la société Finlande-Corée.

 

L'Association d'amitié franco-coréenne remercie la Société Finlande-Corée pour son invitation et la  félicite pour l'excellente organisation du séjour en Finlande des délégations étrangères, du 4 au 6 septembre 2015. La Société Finlande-Corée a montré un haut degré d'organisation et de savoir-faire, qui la positionne incontestablement parmi les plus dynamiques associations d'amité avec la Corée sur le continent européen. L'AAFC formule tous ses voeux de succès et de réussite à son homologue finlandaise.

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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 11:19

Le 17 août 2015, comme tous les ans, les manoeuvres militaires américano - sud-coréennes de grande ampleur "Ulji Freedom Guardian" alimentent les tensions autour de la péninsule coréenne. Les autorités de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ont dénoncé ces exercices de guerre comme le prélude à un nouveau conflit meurtrier sur la péninsule coréenne, en insistant qu'elles défendraient la souveraineté du pays en cas d'attaque. Ces propos ont été réinterprétés par les autorités américaines et sud-coréennes comme le signe selon eux d'une belliquosité de la RPD de Corée, tout en leur permettant d'autojustifier leurs exercices de guerre. Pour sa part, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) déplore l'escalade des tensions. Elle regrette vivement que les Etats-Unis et leurs alliés (dont la France, mentionnée comme participante aux exercices militaires) n'aient pas tiré profit du 70e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale en Asie pour créer un contexte favorable à la paix et à la détente en annulant, ou tout au moins en différant, les manoeuvres militaires "Ulji Freedom Guardian".

Les 7 000 manifestants anti-guerre réunis à Séoul pour le 70e anniversaire de la Libération de la Corée ont exigé l'arrêt des exercices de guerre Ulji Freedom Guardian.

Devant durer 12 jours à compter du 17 août 2015, les exercices de guerre "Ulji Freedom Guardian" (UFG) impliqueraient, selon Mark Banham de l'International Business Times, des "milliers de soldats des pays alliés des Etats-Unis, dont l'Australie, le Royaume-Uni, le Canada, le Colombie, le Danemark, la Finlande et la Nouvelle-Zélande". Si cette information était confirmée, elle marquerait un changement d'échelle dans la participation d'autres pays que les Etats-Unis et la Corée du Sud aux manoeuvres militaires internationales conduites deux fois par an dans la péninsule coréenne.

Plus que le nombre de soldats qu'elles impliquent, les opérations "Ulji Freedom Guardian" utilisent des simulations par ordinateur, préparant les guerres américaines de demain fondées sur une intensification de l'usage des moyens électroniques.

Selon une rhétorique bien huilée, le commandement conjoint américano - sud-coréen a insisté sur le caractère selon lui purement défensif de ces exercices de guerre : il s'agirait de "protéger la région et de maintenir la stabilité dans la péninsule coréenne". Car il est bien connu qu'officiellement les Etats-Unis ne font plus la guerre, prétendant seulement mener des opérations de police pour faire régner l'ordre et la sécurité aux quatre coins de la planète.

A la veille du début des exercices militaires, 7 000 militants pacifistes sud-coréens se sont réunis au centre de Séoul. Ils ont dénoncé la résurgence du militarisme japonais, appelé à des excuses des autorités nippones pour les crimes commis à l'encontre des "femmes de réconfort" (anciennes esclaves sexuelles de l'armée japonaise) et ont demandé l'arrêt des exercices militaires conjoints américano - sud-coréens.

Cité par l'agence nord-coréenne KCNA, un porte-parole du Comité pour la réunification pacifique de la patrie de la RPD de Corée a dénoncé dans les exercices UFG une "répétition de guerre d’invasion nucléaire contre le Nord destinée à absorber la péninsule coréenne", en soulignant que la RPDC répliquerait à toute agression :

La RPDC est totalement prête à contrer toute méthode de guerre des impérialistes américains et a des muscles assez puissants pour contenir toute guerre nucléaire pouvant être provoquée par les Etats-Unis.

Dans un autre communiqué, le ministère des Affaires étrangères de la RPD de Corée a fait implicitement référence à la force de dissuasion nucléaire, appuyée sur des capacités balistiques accrues, dont s'est dotée la Corée du Nord :

Contrairement aux années 50, nous avons une force militaire puissante capable de faire face à tout type de guerre que voudraient les Etats-Unis.

Pour l'AAFC, il convient d'éloigner le risque que le déploiement exceptionnel de forces dans le cadre de UFG ne dégénère, intentionnellement ou accidentellement, en un conflit ouvert. Il existe aussi un besoin impérieux d'engager un processus de désarmement - nucléaire et conventionnel - en relançant le dialogue et la négociation entre toutes les parties concernées, ce qui plaide pour la restauration d'un climat de confiance exigeant préalablement d'arrêter les provocations militaires. Si les Etats-Unis et leurs alliés désirent sincèrement la paix, il est encore temps d'annuler, ou à tout le moins de suspendre, les exercices de guerre "Ulji Freedom Guardian".

Sources :

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  • : Association d'amitié franco-coréenne
  • : Soutenir une réunification indépendante et pacifique de la Corée, conformément à l'aspiration légitime du peuple coréen et dans l’intérêt de la sécurité et de la paix dans le monde
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